‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 31 sur 216 · Le volcan Waïang-Windou · texte numérisé non relu

Le volcan Waïang-Windou

Cette montagne s'élève entre le haut plateau de Lodaïa et celui de Pangalengan; la partie la plus ancienne consiste en un très large cirque À, de 3100 mètres de rayon, dont il n’est resté toutefois qu'une petite portion de la moitié orientale. A ce massif appartiennent l’arête Bédil, dirigée du Nord au Sud et haute de 2070 mètres, et celle située entre les cratères Waïang et Windou, dont le point le plus bas est à l'altitude de 1880 mètres. La plaine à l'intérieur de cet ancien cirque se prolonge vers l’ouest jusqu'aux versants des volcans Tilou et Kéndèëns Waringuin, et elle est connue sous le nom de p/ateau de Pangalengan.

Au Nord-Ouest, ce plateau est limité, entre le lac Tileuntia et le pasanggrahan Pangalengan, sur près de 3 kilomètres de longueur, par un bord peu élevé mais bien apparent, de 1420 mètres d'altitude; la rivière Tii Sangkoui à creusé, dans ce rempart, une tranchée jusqu’au niveau de 1350 mètres et y passe sur une belle coulée de lave. Ce bord fait probablement partie d'une second et large cirque, qui est toutefois partout ailleurs enseveli sous les produits des points d’éruption plus récents. Voir la feuille N. XXI de la carte topographique à l'échelle 1 : 20.000.

Le lac de Tiüleuntia occupe la partie la plus basse de cette vallée et s'est formé par un endiguement artificiel.

Le versant extérieur de ces larges cirques anciens ne peut se reconnaître que par c1 par là, car ils sont, en grande partie, recouverts par les produits des volcans qui les entourent.

Au Sud de la cime Bëdil sont situés deux cratères mieux connus:

a. Le Waïang. Celui-ci consiste en un cirque de plus de 600 mètres de rayon, qui vers le Sud, au signal Windou, s'élève à l'altitude de 2181 mètres, vers l'Est à 1990 mètres et à 2070 mètres vers le Nord. Le bord est ouvert à l'Ouest. A la paroi du N.-E., on trouve les solfatares bien connues de Xawah Gounoung Waïang. Ce sont principalement des sources boueuses chaudes, qui déposent en même temps du soufre; voir EVERWIJN et VLAANDEREN |. c. et JUNGHUHN Java, 2e Séect. pp. 85 à 90 de l'édit holl. et pp. 65" 67 detléde allemande. Le croquis de JUNGHUHN n'est pas très exact.

b. A deux mille mètres au Sud du Waïang se dresse encore sur le bord de l’ancien cirque un deuxième cône d’éruption, le Wrndou, dont le sommet (2110 mètres) forme la moitié méridionale d’un petit cirque, de 170 mètres de rayon, qu'on appelle parfois aussi Gounoung Walang. Au versant Sud-Ouest, au pied d’une déclivité escarpée, se dresse le Xawah Bodas avec quelques fumerolles en activité.

Au pied du versant Sud-Est du grand cirque À s'étend /a plaine de Lodaïa, avec le lac peu profond Rantia guëdé (1620 mètres). La ligne de partage des eaux (signal Tëgal padoung à 1633 mètres) entre les côtes Nord et Sud de Java passe par ce terrain.

Le lac Rantia guëédé est probablement encore un ancien fond de cratère, car vers le Sud-Ouest on observe des traces d’un cirque; toutefois, il n’est pas possible de reconstruire ce dernier avec quelque apparence de vérité.

Ailleurs encore, dans la partie méridionale de la plaine de Lodaïa, au milieu d'une forêt vierge à arbres très élevés, on rencontre des endroits marécageux, nettement délimités, où ne croît rien que de l'herbe et qui sont en dehors de toute communication avec les rivières actuelles. Ils indiquent probablement les points où jadis se dégageaient des fumerolles.

ne.

On a recueilli, dans ce massif, les échantillons suivants :

Le No. 1632 provient de l’ancien grand cirque du mont Béëdil, un peu au Sud du signal. A l'œil nu, on y voit une pâte très fine, poreuse, gris clair, à nombreux feldspaths porphyriques brillants, augite et quelques cristaux de hornblende bien délimités. Au microscope, c’est une andésite à pyroxène et à hornblende.

Les échantillons No. 1633 ont été recueillis sur la coulée de lave qui est dénudée près de Kébonkatiang, dans le Ti Sangkouï. C’est une roche compacte, gris foncé, dans laquelle, à l’œil nu, on ne distingue que de très petits grains de pyroxène et de petites aiguilles de feldspath. Au microscope, on voit un basalfe à verre grenu sombre et un peu d’olivine, cette dernière toujours de teinte brun jaunâtre par décomposition.

Le No. 1629, du Kawah Gounoung Waïang, présente une pâte compacte, foncée et de nombreux feldspaths vitreux porphyriques. Au microscope, on voit que c’est une andésite à pyroxène, qui contient de la Lornblende et de Zl'olivine; mais ces deux minéraux sont toujours altérés.

La plupart des échantillons du Kawah sont tellement désagrégés qu'ils sont, en grande partie, changés en kaolin. On trouve ensuite des morceaux de gravier volcanique aggloméré par la cuisson; dans ce gravier se sont déposés du soufre (No. 1631) et du tuf siliceux (No. 1630).

Les plaines de Lodaïa et de Pangalengan consistent, à la surface, en argile rouge, dans laquelle sont disséminés çà et là quelques blocs de roche éruptive tout-à-fait altérés.

LORIÉ a examiné des échantillons dont JUNGHUHN a fait collection au Kawah Gounoung Waïang et sur le sommet du Waïang proprement dit. Il les décrit comme des roches dont il faut ranger quelques-unes parmi les andésites à pyroxène, vu leur teneur en hornblende et la présence d’un feutrage de microlithes dans la pâte; mais dont les autres se rapprochent des basaltes par le caractère basaltique de la pâte; il n’a signalé de l’olivine que dans une seule des préparations.

M. BEHRENS (1. c. p. 15) appelle ces échantillons recueillis par JUNGHUHN des andésites à augife, qui contiennent parfois de la hornblende.

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