‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 67 sur 216 · II. Sédiments fluviatiles · texte numérisé non relu

II. Sédiments fluviatiles

En décrivant le volcan Guëdé, nous avons déjà fait remarquer qu'une grande partie des matières volcaniques que ‘les eaux courantes ont étendues au pied des volcans pourraient se ranger dans les dépôts quaternaires des rivières. Toutefois, à cause du rapport intime entre l'activité volcanique et l'origine de ces dépôts, nous avons décrit ceux-ci en mème temps que les volcans.

Dans le terrain des sédiments tertiaires, ce n’est qu'en un seul point qu'on a trouvé des dépôts fluviatiles anciens, situés à une altitude plus grande que les cours d’eau actuels.

Le conglomérat de Palabouhan ratou.

Entre les entrepôts de Palabouhan ratou et le mont Boutak, la route de Tusolok passe sur du sable marin. Vers l’intérieur du pays, on voit une paroi assez abrupte, qui consiste en couches inclinées de brèches et grès miocènes. En un seul point cependant on trouve des bancs horizontaux de conglomérats grossiers, assez peu cohérents. Le point

le plus bas de la base de ces conglomérats est à plus de 2 mètres d'altitude et ils atteignent à peu près 15 mètres. Il est probable que ces couches signalent l’ancien cours de la rivière Ti Palabouhan, dont l'embouchure est à présent plus au Sud.

F. ZLes sédiments modernes.

[. Sédiments martns.

Le long du rivage sud des Régences du Préanguer, on trouve partout et toujours des brisants. L'accroissement de laterre ferme par un dépôt de limon entre des broussailles de bakau (rhizophores ou palétuviers), qui joue un si grand rôle à la côte Nord et surtout à la côte Est de Sumatra, ne s'observe ici nulle part.

Cependant, on trouve presque partout une zone étroite de sable marin; et ce sable s'est amoncelé, en quelques points, en dunes peu élevées. À l'embouchure de la plupart des rivières il existe derrière la bande de sable une lagune qui se remplit petit à petit de sédiments fluviatiles. C’est ainsi que jusqu'au pied de la chaîne tertiaire on trouve, en beaucoup d'endroits, une zone marécageuse (rawah), dont les plus hautes parties sont aménagées en rizières.

Le long des rives du Ti Fandoui s'étend un terrain bas, marécageux, qui appartient à la vaste plaine alluviale de Banioumas et qui a été décrit dans cette résidence. Il consiste en dépôts fluviatiles d'un grain très fin, principalement de l'argile gris bleuâtre.

Si, à partir de la frontière de Banioumas, nous suivons la côte vers

l'Ouest, nous remarquons, entre la presqu'île de Kabouioutan et le cap

Solok timoun des couches tertiaires, qui sont interrompues perpendiculairement à leur direction générale et sortent à pic de la mer. Depuis Solok timoun, jusqu'à l'embouchure du Poutra pinggang, la ligne côtière est de nouveau parallèle aux couches; et nous y trouvons une plage étroite, qui se perd toutefois près des rochers calcaires du mont Kapala.

Plus à l'Ouest, le rivage s'élargit; l’île primitive de Panandioung peut s'atteindre à présent, même à marée haute, par une lisière de sable, large de 200 mètres et elle s’est transformée ainsi en presqu'île. Entre Panandioung et Tidioulang, le long de la baie Dirk de Vries, on trouve une zone basse et étroite de sable; et, en arrière, avec une largeur moyenne de 4 kilomètres, un terrain bas et marécageux qui a été transformé, en grande partie, en sawahs.

À l'endroit où, au Sud de Tidioulang, la côte s'avance vers le Sud, les couches calcaires de l'étage m, sortent directement de la mer; mais au delà du cap Madasari, depuis Lëgokdiawa jusqu'à Rantiahérang, 1l existe de nouveau, en avant des couches calcaires, une bande dé sable qui toutefois n’a qu'une largeur de 300 à 400 mètres.

Entre Rantiahérang et Sindangbarang, l'étage calcaire m, manque et les marnes m, affleurent tout près de la côte Sud. Ici encore la lisière de sable marin n’a qu'une largeur moyenne de 300 à 400 mètres au plus; près du plateau de Leuweungdatar, à la limite des districts de Kandangwesi et Tiidamar, la chaîne pointe un peu en avant et les marnes se dressent à pic dans la mer sous forme d’un mur haut de 20 à 30 mètres. En d'autres points, et principalement tout près de l'embouchure des rivières, la bordure côtière est plus large. Près du chef-lieu de district Pameungpeuk p. ex. le Tu Laout eureun a formé un delta considérable; et à l’est de cette embouchure, jusqu’à la rivière Kaso IT, on trouve sur une longueur de plus de 6 kilomètres les plus hautes dunes de cette côte. Dans la partie moyenne, celles-ci forment une triple rangée, dont l’arête du milieu a plus de 30 mètres de hauteur, et qui a une largeur totale de 500 mètres. Derrière ces dunes existe un terrain bas, large de 2 kilomètres, qu'on a aménagé en sawahs aux alentours de Pameungpeuk; mais à l'Ouest il constitue un marécage, le Xantia Boungour.

Ces hautes dunes reposent sur un sous-sol de couches calcaires massives m,, qui sont dénudées au Sud du signal Pogor IT (30 mètres d'altitude), le long de la côte, sur une longueur de 200 mètres et qui forment, au Sud de l'embouchure du Ti Laout eureun, une arête étroite longue de 700 et haute de 15 mètres.

Vers l'Ouest, depuis la baie de Tilaout eureun jusqu’à 3 kilomètres de l'embouchure du Tii Kandang, on trouve du corail mort, qui est soulevé au-dessus du niveau actuel de la mer, ainsi que des bancs modernes horizontaux de sable corallien, de fragments de coquillages et de débris. de roches miocènes, le tout aggloméré par un ciment calcaire, à l'état de marnes calcaires dures. Ces couches se montrent aussi plus à l'Ouest, près Oudioung Guënteng, et nous les y décrirons plus en détail; mais plus à l'Est, on ne les a trouvées nulle part.

C’est JUNGHUHN le premier qui dans son ,,Java” Sect. II p. 1421 de l’édit. hollandaise et p. 957 de l’édit. allemande, a appelé l'attention sur ,cette brèche très récente de coquilles et de débris de coraux” et VON RICHTHOFEN en a décrit les caractères en détail dans le ,, Zeitschrift der Deutschen geologischen Geselschaft 1874 pp. 239 à 250, ,,Beobachtungen an dem gehobenen Korallenriff Udjong—Tjilaut—ürôn an der Südküste von Java.”

Entre les embouchures des rivières Ti Laïou et Ti Laki, la zone sableuse n'a pas plus de 80 mètres de largeur; on y rencontre, dans le sable, des bancs de cailloux roulés de roche éruptive. En arrière de la couche, on trouve presque partout un marécage assez profond, large de 50 à 60 mètres.

Les bancs de brèches m, décrits précédemment, qui sont à découvert près de l'embouchure du Tu Séla, s'élèvent directement dans la mer.

Près du chef-lieu de sous-district Tidaoun apparaissent quelques dunes qui ont plus de 10 mètres de hauteur: le long de la rive gauche du Ti Damar, on a aménagé en sawahs une bande de terrain de 1000 mètres de largeur.

À l'embouchure du Ti Oudioung, sur une longueur de 5 kilomètres, on rencontre des dunes de plus de 10 mètres de haut; et en arrière, il y a partout du terrain marécageux, dont la largeur est de plus de 1000 mètres au Xantia Daoun.

De Sindangbarang jusqu'au cap Guënteng, le calcaire marneux m, arrive de nouveau jusque tout près de la côte. La bordure de sable y a aussi une largeur de 100 à 200 mètres; et en arrière se trouve une zone marécageuse, de même étendue, qui ne s’élargit un peu qu'aux embouchures des rivières Tii Bouni et Tu Kaso I. Le plus haut point de la langue de terre qui se termine dans l'Oudioung Guënteng n'est qu'à 3 mètres d'altitude. A la surface, on n'y trouve que du sable marin; et entre ce sable et la chaîne tertiaire existe un marécage, le Rawah Guébang, de plus de 1500 mètres de largeur.

Entre Oudioung Guënteng et la ,,Zandbaaï” (baie du sable), la ligne des côtes se dirige du Nord au Sud; aux points nombreux qui s'avancent ‘dans la mer, la chaîne ancienne se dresse partout à pic; et dans les baies intermédiaires seules on trouve une bande étroite de sable marin.

Entre les embouchures du Tu Panarikan et du Ti Tiram, on voit le long du Httoral des couches anciennes recouvertes sur une grande étendue de corail mort, que les eaux -ne recouvrent. qu'auxatres hautes marées. La présence de ces dépôts et de ceux dont nous avons fait mention tantôt dans la baie de Tulaout eureun constitue dans les Préanguer l'unique témoignage d’un déplacement négatif de la ligne des côtes dans ces tout derniers temps.

Jusqu'à la ligne qui joint le cap Karangragak au cap Kounti, la Zandbaai n’a pas plus de 10 mètres de profondeur; le long de la côte Sud on ne trouve qu'en quelques points, aux embouchures des rivières, une bande étroite de sable marin; celle-ci fait totalement défaut à la côte Nord.

Dans le prolongement de la baie existe une vallée étendue, longue de 64 kilomètres dans la direction Sud-Est, et large de 2 kilomètres dans la direction perpendiculaire. Cette plaine est à moins de 10 mètres d'altitude et en partie marécageuse. Le cours inférieur du Tu Lètou présente aussi des rives larges et basses, depuis l'embouchure jusque tout près du flanc du Lingkoung. Ces terrains bas consistent, à la surface, en sable et limon marins; mais il est probable que la chaîne tertiaire existe partout à faible profondeur. C'est seulement dans ces derniers temps que la plaine a été mise à sec; l’exhaussement par

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