‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 68 sur 216 · SOI · texte numérisé non relu

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sédimentation y a contribué; mais la cause principale réside probablement dans un léger soulèvement, par lequel la mer s’est retirée.

Entre le cap Karangragak et l'embouchure du Ti Mandiri, la chaîne se dresse à pic dans la mer; et c’est seulement à l'embouchure de cette rivière que l’on retrouve le terrain alluvial. Par suite de cette position abritée, la bande sableuse y est étroite; derrière le sable, il y a un marécage, le Rawah Kalong ; et le long des bords de la rivière est déposée de l'argile fluviatile où l’on a aménagé des rizières.

Le long de la côte Nord de la Wijnkoops-Baai, on trouve aussi d'ordinaire du sable marin; mais la zone y a rarement plus de 100 mètres de largeur, et ce n’est qu'aux embouchures des rivières qu’on rencontre, près Tiimadia et près Tusolok, de grandes plaines alluviales. Tout près de la frontière de Bantam, la ligne côtière s’avance de nouveau dans la mer, au cap Karang badar; et la chaîne tertiaire arrive directement au rivage.

Outre le sable de mer fin, le limon des lagunes et des marais et le corail mort, on observe encore, le long de la plage, des dépôts modernes de calcaires compacts, de conglomérats et de grès. Ces sédiments remarquables, sur lesquels JUNGHUHN et HUGUENIN ont déjà appelé l'attention, ne se montrent que là où la chaîne tertiaire arrive tout près de la mer. On y a recueilli les échantillons qui suivent.

Eestfragments No 1747 sonthorisinaires de la côte Sud, à la rive droite de l'embouchure du Ti Karang. La roche consiste en nombreux fragments de coquilles et de corail ainsi qu'en débris fins, arrondis, de roche éruptive avec quelques grains de quartz; le tout est aggloméré en une masse compacte par un ciment calcaire.

Les échantillons No. 1746 ont été recueillis à 5 kilomètres à l’est du cap Guënteng, à l'embouchure du Ti Kodéhel. Ce sont des calcaires presque purs, qui consistent en petits fragments calcaires et très peu de débris de grès, réunis par un ciment calcaire abondant. Ces particules calcaires sont des morceaux de coquillages et de corail; mais comme elles sont souvent recouvertes d’une couche du ciment, on ne peut pas toujours les reconnaître comme telles.

Les fragments No. 1745 ont été recueillis à l'embouchure du Ti Boulakan; ils consistent encore en débris fins de roche éruptive et en petits morceaux de coquillages, unis par un ciment calcareux abondant.

Les fragments No. 1744, originaires de l'embouchure du Ti Këpouh, se composent d’un conglomérat, dans lequel on retrouve toutes les roches des deux sections de l’éocène, agglomérées par un ciment calcaire.

Les échantillons No. 1743 ont été récoltés à l’ouest de Tusolok, sur la plage, près de Tübangban. On n’y a trouvé aucun débris de coquillage ; ils consistent exclusivement en gravier des roches qui existent dans le voisinage, relié par un ciment calcaire; c’est ainsi que la roche ressemble complètement à certains grès d’andésite tertiaires.

Il n'est pas difficile de se représenter comment ces roches prennent naissance encore de nos jours. Le long du rivage, on voit presque partout des débris grossiers de coquilles et de corail, entremêlés, dans une mesure plus ou moins grande, de gravier et de sable ou de cailloux roulés des roches tertiaires qui existent à proximité. Cette couche de gravier est sans cesse mouillée par les vagues qui viennent s’y briser, et puis mise à sec quand le flot se retire. C’est principalement là où les vagues s’élancent à l’assaut des rochers massifs que les eaux, par leur contact avec l'air atmosphérique, se chargent d’une certaine teneur en acide carbonique et acquièrent ainsi la propriété de dissoudre un peu du carbonate de calcium des fragments de coquilles et coraux morts. Lors du retrait du flot, l’eau s'infiltre dans le gravier; elle perd sa teneur en air atmosphérique et en acide carbonique et laisse déposer chaque fois une portions du carbonate de calcium dissous ; c'est ainsi que petit à petit le gravier s'agglomère par un ciment calcareux.

IT. Sédiments fluvratiles.

Sur toute la largeur d’une vallée, le sol est ordinairement couvert de cailloux roulés, de gravier et de masses de sable qui y ont été apportés par la rivière. Là où les cours d'eau ont une chute prononcée, et c'est la règle en Préanguer,. ces dépôts ne sont ‘pas épaistet sont fort irréguliers. D'ordinaire, la vallée n’est pas non plus fort large; et dans ces conditions il ne peut être question de sédimentation fluviatile parce que, à chaque déplacement du lit de la rivière, les dépôts sont de nouveau mis en mouvement. Quand la vallée s'élargit et que la chute devient plus faible, le déplacement du lit se fait dans des limites plus étroites, et la majeure partie des anciens dépôts n’est plus inondée qu'à l'époque des crues extraordinaires. C’est alors que ces terrains se trouvent dans les circonstances les plus propices pour l'établissement de rizières; grâce à l'irrigation incessante parles eaux troubles, ils se recouvrent d'une couche mince de sable fin et de limon. On trouve de pareils sédiments récents le long de toutes les rivières; et là où ils existent dans les parties élevées du bassin, ils trahissent d'ordinaire les endroits où le cours de la rivière est parallèle à la direction des couches de la chaîne tertiaire. Aux points où la rivière fait un grand coude, et où elle perce la chaîne, elle est d'ordinaire bornée par des rives escarpées et les zones alluviales sont interrompues.

La plupart de ces terrains ont trop peu de largeur pour pouvoir être représentés à l'échelle 1 : 200.000; c’est pourquoi on ne trouve, sur la carte, la teinte du moderne que le long des rivières principales ; et même pour ces dernières le long de leur cours inférieur seulement. Le gisement principal d’alluvium fluviatile le long du cours moyen d'une rivière s'observe au Tii Bouni, en aval du chef-lieu de sous-district Tiüirandiüi.

Il n'y a pas grand chose à dire de la composition de ces dépôts. Ils consistent naturellement en toutes les roches qui existent dans le bassin de la rivière; et comme la chaîne se compose à peu près des mêmes roches, depuis le miocène le plus ancien jusqu'aux volcans les plus jeunes, on ne rencontre, dans les sédiments des rivières, à peu près partout que des cailloux roulés et du gravier des diverses espèces d'andésite et de basalte. (On rencontre aussi des blocs calcaires, mais rarement à grande distance de leur lieu d’origine. Leur faible dureté fait qu'ils sont promptement usés, et aussi peu à peu dissous par l’eau courante, chargée d’acide carbonique.

IT. Sédiments de sources thermales.

Nous avons déjà vu, lors de la description géologique, qu'aux versants des volcans ainsi que dans la chaîne tertiaire Jaillissent de nombreuses sources thermales. JUNGHUHN a fait mention de quelques particularités concernant 25 des sources de cette résidence, dont 15 en terrain volcanique et 10 en terrain tertiaire. (Java, édit. hollandaise 2e sect. p. 1204 301sect. pr 471; édit. allemande 2e sect p. 864,-3° sect: p.307):

L'eau de 5 de ces sources, en terrain volcanique, a été analysée par P. J. MAIER à Batavia. Elles n’ont qu’une faible teneur en matières fixes. La source, qui jaillit sur le versant extérieur Sud du grand cirque, autour du Tangkouban prahou-Bourangrang, à l’est du village Diamboudipa, contient, pour 1000 grammes d’eau, 1.1254 gr. de matières solides ; la source près Tiipanas, à la face intérieure de la grande paroi du Lingkoung, à plus de 3 kilomètres au S. S. E. de Lembang, en contient 1.3558 grammes; et celle de Trogong, au pied de la plus jeune coulée de lave du Gountour, 1.1608 grammes pour mille. Les matières fixes de la première source consistent, pour la plus grande moitié, en sulfates, et puis principalement en combinaisons chlorées. Dans la deuxième source prédominent les carbonates; et dans la troisième on rencontre des carbonates et des sulfates, mais fort peu de chlorure de magnésium.

Les deux sources du versant Nord-Est du Guëdé qui furent analysées présentent des différences assez notables. L'eau qui se dégage au pied de la chaîne, derrière la campagne du Gouverneur général, à Tiipanas, contient, sur 1000 grammes, 4.07415 gr. de matières fixes, dont 2.1077 gr. de sel marin, et des traces de manganèse. Celle qui vient au jour au-dessus de Tiibeureum, au pied d’une coulée de lave qui n’est pas fort ancienne, contient, pour 1000 grammes, 1.6866 gr. de matières solides, en majeure partie des sulfates; mais on y rencontre aussi 0.0133 gr. de carbonate de magnésium. La croûte sombre à éclat de graphite, qui est déposée par l'eau, contient beaucoup de sesquioxyde de manganèse.

De l’eau qui jaillit dans le terrain tertiaire, JUNGHUHN n’a pas laissé d'analyses. Il signale seulement que la plupart des sources laissent

déposer un peu d'ocre ferrugineuse, de tuf siliceux ou de tuf calcaire. En ce qui concerne la source qui jaillit à la rive droite du Ti Woulan, à Tiguëlap, à 5 kilomètres au N. N. E. d'Eureunpalaï, au pied septentrional du mur calcaire escarpé m,, JUNGHUHN a décrit comment-le calcaire s'y métamorphose sous l’action des sources thermales. La masse calcaire se dissout, et il se dépose, à la place, du tuf siliceux. La mème chose a lieu, mais dans une moindre mesure, à la source thermale située dans la vallée du Tu Dadap, à l'ouest de Palabouhan ratou.

Nous n'avons recueilli des échantillons de dépôts de sources qu'aux points qui suivent.

Les échantillons No. 1749 sont des morceaux d’aragonite cristalline, que déposent les sources thermales au confluent du Ti Panas et du Tu Solok, à 1% kilomètre au nord du chef-lieu de sous-district Tusolok.

Au contact de l'andésite à hornblende quartzeuse et du calcaire marneux apparaît en abondance et en nombre de points de l’eau chaude accompagnée de vapeur. Dans l’eau froide de la rivière, on voit l’eau chaude s'élever brusquement à la hauteur de 3 décimètres, et l’on entend continuellement le bruit de la vapeur qui se condense dans l’eau froide. Il y bouillonne aussi beaucoup d’'anhydride carbonique et l’on perçoit une faible odeur d'hydrogène sulfuré. Aux endroits où l’eau chaude apparaît le long des rives, on voit sé former, autour de l'ouverture, un squelette fragile, comme une tour, formé de pyramides assez aiguës. L’eau s'écoule de toutes parts par les mailles de ce réseau, mais par le dépôt incessant d’aragonite ce squelette travaillé à jour finit par se transformer peu à peu en une masse compacte ; il se forme ainsi des cylindres, de 3 à 4 décimètres de hauteur, présentant au sommet une petite ouverture, par laquelle s’échappent avec force de l’eau, de la vapeur et de l’anhydride carbonique. La résistance éprouvée par les vapeurs qui se dégagent devient de plus en plus forte, jusqu’à ce qu'enfin elles trouvent, au pied, une autre issue ; la pression diminue alors et bientôt l'ouverture du sommet se bouche totalement. A l'intérieur de ces cylindres on trouve parfois un peu de soufre; les cristaux volumineux sont d'ordinaire de teinte jaune.

Les échantillons No. 1748 sont des tufs siliceux semblables à du silex, qu'on a trouvés dans le voisinage des sources thermales dont il vient d’être question et qui ont été probablement déposés par ces sources à une époque antérieure. |

Aux environs de Tiongguéang, au pied oriental du Tampomas, on rencontre diverses sources thermales, dont quelques-unes fournissent de l’eau salée. Elles jaillissent dans des couches marneuses m,, qui s’y trouvent directement sous la couverture volcanique. Les échantillons No. 1749 de #ufs calcaïres brun clair, magnésifères, qu'on a recueillis à

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l'Est de Tudémpet reposent sur des marnes; cependant, en cet endroit, on ne trouve plus à présent aucune source thermale.

Plus au Sud, aux environs de Tipating, on a rencontré des sources thermales au Nord-Est du chef-lieu de district Tnawi, dans la section de Tasikmalaïa. Celles-ci existent au pied Nord-Est du volcan Télaga bodas, non loin de la limite de la chaîne tertiaire. On y trouve des morceaux de {uf calcaire et de l’opale brune (No. 1751), qui contiennent de nombreux débris de plantes.

G. Minéraux utiles.

Cette résidence est fort pauvre en minéraux utiles; les gisements de charbon et de minerai, signalés jusqu'à ce jour, ont été, lors de l’exploration, reconnus trop pauvres pour une exploitation minière. Le pétrole brut, qui se montre en des endroits si nombreux de Java et dont l’avenir paraît plein de promesses en certains points, n'a pas été jusqu'aujourd’hui rencontré dans les Préanguer.

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