ÆRoches éocènes du terrain No
No. 1784. Roche éruptive près Howehwalad, dénudée dans le Ti Suh guëdé, près du confluent avec le Ti Saät, affluent de gauche. Roche gris verdâtre, à grain fin, consistant en plagioclases en forme de baguettes enveloppant de la chlorite, issue d’auÿite, de l’ilménite, du calcaire spathique et un peu de pâte grenue, trouble. C’est ne andésite à augite d'un grain fin, à caractère de diabase.
No. 1789. Endroit isolé dans le Ti Paguër, près de la cascade, en amont du kampoung Tukaras. Il est recouvert par des brèches miocènes. Roche d’un grain fin, gris verdâtre sombre. C'est encore une andésite à augite à grain fin, à caractère ancien. L'augite brun clair est, en grande partie, décomposée en chlorite et en mica brun.
No. 1787. Dans le Tn Hara, en aval de Lébaktoundoun. Probablement d’un banc concordant entre les grès quartzeux environnants ; mais le contact ne s’observe pas bien. A l'œil nu, cette roche est gris clair, à taches blanches de calcaire spathique. Au microscope, elle est extrèmement altérée : tout le feldspath est trouble; la chlorite, qui sans doute y existait auparavant, est décomposée à nouveau en quartz et en limonite; et ce dernier minéral a donné lieu à la formation de cristaux de pyrite. Les gros feldspaths font tous effervescence avec les acides, par suite de leur teneur en spath calcaire. Contient des veines minces de quartz. C'est ne andésite à augite très altérée, à caractère ancien.
No. 1786. Du cours supérieur du Ti Barengkok (affluent du Tu Hara), en amont de Tübarengkok, près du sommet Pasir Laka. Se trouve déjà aussi en terrain miocène. Roche gris verdâtre sombre, d’un grain fin. C’est de nouveau une andésite à augite à caractère ancien, mais elle contient de très grandes olivines, qui se sont décomposées totalement en serpentine et, le long des cassures, en hydroxyde de fer. Les augites brun clair sont encore passablement fraîches. Cette roche est donc un basalte, avec les caractères d'une diabase à olivine.
No. 1790. Du Ti Saroua (affluent du Tii Hara), au Sud de Tiibarengkok, sur la route de Tiasahan. Le contact avec les grès quartzeux est mal dénudé. C’est une roche gris brunâtre, d’un grain moyen, cristalline, à feldspaths tabulaires brillants; elle consiste en plagioclase,
augite, ilménite et pyrite. Les larges plagioclases sont encore passablement frais; l’augite brun clair est fibreuse, et changée en une matière ouralitique. C’est une andésite à augite cristalline, à caractère ancien.
No. 1791. Couches de roches entre des grès quartzeux dans le Ti Mandiri, au nord de Tiasahan, sur la route de Tiibarengkok. Cest une roche gris sombre, presque compacte, de la nature des schistes siliceux. Au microscope, on voit un agrégat de cristaux de quartz extrêmement fin, avec de la pyrite, qui y existe en cristaux, ainsi qu'en grains fins et veines minces. On n'y voit rien qui ressemble à de gros grains de quartz. Il est donc peu probable que cette roche soit un grès silicifié; il faut plutôt la ranger dans les guartzsites éocènes.
Les roches qui suivent sont originaires du Ti Peundeui, à l’est de Tüasahan; elles sont représentées dans le dessin Fig. 74.
No. 1780. Calcaire marneux gris sombre, en plaques épaisses, tant soit peu schisteux. A la surface altérée on peut voir des sections d'orbitoides et de petites nummulites. Au microscope, on observe que ce calcaire marneux est presque totalement rempli de coquilles d’'orbitoïdes, avec quelques petites nummulites. La plupart des sections transversales d’orbitoïdes sont tuberculeuses; les chambres médianes sont divisées en étages par des cloisons, ce qui rappelle le sous-genre Rhipidocyclina de GüMBEL; toutefois cette division des chambres médianes se présente aussi chez les Asterocyclina et les Actinocyclina; et la très grande majorité des sections me paraissent appartenir à l’un de ces derniers sous-genres 1). Dans certaines sections, on peut voir aussi une grande chambre centrale; dans d’autres, on n’en observe pas, mais On n'est pas sûr si ces sections passent par le centre. Les chambres médianes sont toutes rec{anoulaires; Ye plus souvent elles ont une longueur de 0.10 à 0.20 mm. et une largeur de 0.04 à 0.05 mm. Cependant il y a aussi de plus petites chambres ; mais la longueur semble n'augmenter que faiblement du centre vers les bords. Des sections complètes, horizontales, n'existent pas dans mes nombreuses préparations.
1) Il ne me paraît pas invraisemblable que les Actinocyclines et les Astérocyclines ne forment pas des sous-genres distincts, mais que ce soient uniquement des Discocyclines qui offrent, à la surface, un grand nombre de rayons ramifiés, ou des rayons simples moins nombreux. On peut aussi rattacher aux Discocyclines les KRhipidocyclines, car celles-ci ne se distinguent des premières que par la division des chambres en étages; c’est une conséquence de la grande hauteur des chambres, ce qui nécessite des cloisons pour la solidité de la coquille. On trouve la mème division des chambres médianes chez les Astérocyclines et les Actinocyclines, aux endroits où les chambres sont hautes, notamment dans les rayons Il est encore probable que les Lépidocyclines peuvent offrir une ornementation rayonnante à la surface, et dans ce cas on peut aisément les confondre avec les Actinocyclines ou les Astérocyclines. Il se peut qu'à ce genre appartienne l'O. radiata miocène de MARTIN, du lieu d’origine K. DE JUNGHUHN (au nord de Sindangbarang, Préanguer). Néanmoins, la forme des chambres médianes de ce fossile n’est pas connue.
Les orbitoïides les plus grandes ont 18 mm. de longueur et 2 mt. d'épaisseur; d’autres n'ont qu’une longueur de 6 à 8 mm. sur la même épaisseur (14 à 2 mm.).
Les nummulites sont en bien plus petit nombre que les orbitoïdes : elles sont lisses à la surface, longues de 34 mm. et épaisses de 2 mm.; elles ont une petite chambre centrale et 7 tours de spire; la plupart des parois des chambres offrent une belle courbure. Je n'ai pas rencontré, dans mes plaques, de sections complètes. L'espèce ressemble au N. Baguëlensis Il, à chambre centrale petite, qui correspond aux jeunes individus du N. javanus, var. 6.
Entre les orbitoïdes et les nummulites, on voit une pâte brune, qui paraît consister, au microscope, surtout en morceaux de coquilles d’orbitoïdes, de sorte qu'il reste peu de place pour le ciment calcaire proprement dit, de teinte brune. Pour la distinguer des autres calcaires à orbitoïdes, nous appellerons cette roche calcaire à nummulites.
No. 1781. Roche grise, silicifiée, à taches blanches, interposée entre le calcaire à nummulites No. 1780 et le tuf No. 1782 décrit ci-dessous. La roche ne fait pas effervescence avec l'acide chlorhydrique; et au microscope, on observe qu’elle se compose d’un agrégat cristallin, extrêmement fin, de particules de quartz, avec quelques lamelles de chlorite et beaucoup de pyrite. Les taches blanches sont des sections lenticulaires de petites nummulites silicifiées; chez la plupart les tours de spire ont été brisés par la taille; chez d'autres ils existent encore. Dame mm Pépaisseur—"2/mn;Nce sont, paraît-il, les mêmes nummulites que dans le No. 1780; les orbitoïdes y font totalement défaut.
Ce quartzite paraît être la partie inférieure du banc de calcaire à nummulites No. 1780, qui s'est modifié, au contact du tuf No. 1782, sous l’action de liquides chargés d'acide silicique.
No. 1782. Roche des cascades du Tii Peundeui, entre le quartzite No. 1781 et la roche éruptive No. 1783. C'est une roche à grain fin, grise, clastique, avec de nombreuses particules blanc terne, altérées, de feldspath; elle est légèrement effervescente avec les acides. Au microscope, on voit des fragments de feldspath tout à fait ternes, gisant dans une pâte trouble, brunâtre, qui, entre nicols croisés, présente beaucoup de particules polarisantes, les unes de feldspath, d’autres de quartz, d'autres encore sont de petites fibres de mica ou de chlorite d'un vert extrêmement clair. Puis, du minerai de fer dissous en partie, avec bord de leucoxène, blanche ou brune. Calcaire spathique. C'est, paraît-il, une roche tuffeuse, imprégnée d’anhydride silicique, provenant de la roche éruptive No. 1783, décrite ci-après.
No. 1783. Roche éruptive, gisant sous le tuf No. 1782, dans le Ti Peundeui, affluent supérieur du Ti Asahan. C’est une johe roche, d'un grain moyen, dans laquelle on observe des feldspaths blancs et des cristaux
foncés de hornblende ; elle contient des parties d’un grain fin, sombres, qui ont l'air de fragments inclus, mais qu'il faut probablement considérer comme des concrétions finement grenues. Tant au point de vue macroscopique que sous le rapport microscopique, cette roche ressemble tout-à-fait à quelques diorites anciennes, d'un grain moyen. À l'état porphyrique, on y voit du plagioclase frais, de la hornblende brun verdâtre, un peu de quartz et de l'ilménite. Les plagioclases, larges et tabulaires, ne sont devenus troubles qu’en partie, avec formation de zéolithes et de calcaire spathique. La hornblende est le plus souvent compacte, et, dans les sections transversales, elle présente des angles de 124”; elle est donc assurément primaire. Toutefois, une partie a une structure columnaire et il est bien possible que cette hornblende soit secondaire et issue d’augite. Nulle part cependant, dans les préparations, on n’observe de l’augite inaltérée ; ce qu’on voit, ce sont des sections qui rappellent l’augite ou l’hypersthène et qui sont totalement décomposées en chlorite et en calcaire spathique, mais qui semblent néanmoins provenir aussi de hornblende. Une grande partie de la hornblende brune est elle-même déjà changée en chlorite. Certains cristaux consistent à peu près tout entiers en calcaire spathique, chlorite, et quelques grains de titanite. Tout autour du minerai de fer on ne trouve pas ici la leucoxène terne, mais on y observe un bord limpide, jaune clair, de titanite, minéral qui y existe aussi séparement sous forme de petits grains et de cristaux pointus. Le quartz ne se présente qu'en quelques grains arrondis, dans lesquels la pâte pénètre en sinuosités; je n'ai pas pu y découvrir des inclusions liquides.
À un faible grossissement, la pâte a une apparence floconneuse, trouble, qui se résout, aux forts grossissements, en un agrégat de lamelles de feldspath, de fibres de chlorite et de grains de minerai de fer. Entre ces éléments, il existe probablement un peu de verre incolore, mais celui-ci n’est pas distinctement observable. La roche ressemble complètement à certaines diorites, ainsi qu'à des protérobases (diabases hornblendifères) et à des épidiorites (diabases où l’augite a été transformée en substance de hornblende) de Sumatra, de la période du calcaire carbonifère. Néanmoins, il est probable que la roche appartient au terrain éocène, bien qu'il importe d'ajouter que le mur de cette roche n’est pâs visible, comme 1l résulte de la fig. 74, et que dès lors elle pourrait bien être plus âgée. Plus en amont, on trouve les mêmes tufs des cascades, mais inclinant à l'Est, tandis qu'aux cascades ils inclinent à l'Ouest; de sorte que les couches forment ici une selle, dont la couche inférieure est la roche éruptive.
C’est donc une andésite à hornblende quartzifère (ayant contenu peut-être primitivement de l'augite) à caractère de diorite.
No. 1792. Détaché de gros blocs, tout près du kampoung Tiasahan.