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I. Le terrain brécheux du sud-est de la résidence

Ce vaste terrain occupe, à l'exception d'une bande étroite le long de la frontière occidentale, tout le district de Tülangkahan et la partie méridionale des districts de Sadiira, Lebak et Paroungkoudiang. Le terrain houiller de Baïah avec les dépôts voisins, qui ont déjà été décrits en détail précédemment, sont enfermés dans ce territoire.

Ainsi qu'on doit s'y attendre, à la frontière orientale de la résidence la section inférieure du miocène forme le prolongement des couches correspondantes des Préanguer et de Batavia. Si l’on suit la route qui mène de la frontière près Tubarénok vers Sawarna, on monte’en pente raide sur des couches qui consistent presque constamment en brèches et qui sont fort inclinées vers le Nord; sur le plateau, dans une couche de grès interposée, on a observé D. — 100°, |. — 40° au Nord. En montant de Tübarénok vers le plateau, on passe par trois bancs de calcaire. Près de Tülograng on est déjà dans la région des couches disposées en manteau autour de la chaîne éocène, que nous avons décrites à propos du terrain houiller de Baïah.

Le long de la frontière de la résidence, près de Rahong, les couches inclinent encore de 20° au Nord; mais près de Tiigondok, on observe déjà une pente au Sud; et bien que de bonnes lectures fassent défaut, on peut admettre que plus loin, jusqu’à la limite de l’andésite compacte, la pente est dans l’ensemble assez douce et vers le Sud. Un peu au sud du hameau Tiisoungsang, on trouve dans le lit d'une petite rivière qui se dirige vers le Tu Kidang, une couche calcaire située entre des couches, assez redressées par places, dont D'— 70, L. — 45° au Sud.

Dans le pays de montagnes, fort accidenté et très peu peuplé qui s'étend au Sud-Ouest de l'andésite compacte du Bentanggading jusqu'aux terrains éocènes décrits plus haut, et au Nord jusqu'à la ligne de partage des eaux, prédominent des bancs épais de brèche qui presque nulle part ne laissent apercevoir une stratification. L'allure de ces couches ne peut donc être signalée en détail; et parfois on ne peut pas constater sur le terrain d'une manière très certaine si on a bien affaire à des sédiments déposés sous l’eau. Toutefois ce qui met hors de doute le caractère neptunien de ces dépôts, c'est que des bancs calcaires avec débris de foraminifères y sont interposés, et que nulle part les couches minces de grès et de marnes ne font complètement défaut.

Les brèches n’ont pas partout la même composition. Parfois, à la cime Diaïa sëémpou p. ex. (1333 m.), (à l’ouest du Gg. Bentang gading), ce sont des bancs durs, dans lesquels les fragments constituants sont agglomérés par un ciment siliceux. Ailleurs, p. ex. sur la ligne de partage des eaux, sur la route de Tiütoudia à Tütorek, et plus au Sud, sur la route de Langkop, la cohésion est moins forte et il y a un ciment abondant renfermant de la ponce. Les gros morceaux sont souvent altérés d’une façon singulière, qui donne à la roche une teinte claire, nrème blanche, et qui fait trouver sur les lèvres des crevasses un très grand nombre de cristaux de pyrite. Des dépôts secondaires d'anhydride silicique paraissent aussi avoir joué un certain rôle dans cette altération, car on rencontre dans la roche de nombreux cordons de quartz; et dans les rivières on trouve des morceaux de quartz qui proviennent de hlons épais et de concrétions irrégulières. Il y existe aussi des fragments à sécrétions de calcaire spathique. Dans le domaine de ces brèches à ciment ponceux, au-dessus et au-dessous de Tiitorek, la vallée du Ti Madour s'élargit et le sol se recouvre de dépôts fluviatiles quaternaires consistant en bancs alternatifs de conglomérat d'andésite et d’une masse arénacée, kaolinique. Cette dernière est en grande partie issue de pierre ponce, et contient des cristaux de feldspath et de mica.

Plus au Sud, dans la chaîne qui porte la cime Sogué (1000 mètres) et sur la route de Langkop à Tüdiengkol, le ciment ponceux manque; mais On y a observé encore en nombre de points la singulière altération blanche décrite plus haut.

“Dans ces brèches, on voit en général aussi bien des morceaux d’andésite diabasique que des fragments d’andésite et de basalte à caractère ordinaire.

En dehors des points dont il a déjà été fait mention, on trouve du calcaire dans la vallée du Ti Madour près de Langkop. Ce calcaire est dénudé sur les deux bords de la vallée, profondément encaissée, sur une couple de mètres d'épaisseur, à 440 mètres d’altitude au bord septentrional et à 560 mètres au bord méridional, ou respectivement à 130 et 250 mètres de hauteur au-dessus du lit de la rivière. Dans ce lit on trouve aussi assez bien de morceaux de calcaire.

Le long de ces parois abruptes on observe, outre le calcaire, des rès verts d'andésite, ordinairement à faible teneur en calcaire; des rès

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argileux qui sont parfois bitumineux, et deux couches minces 0.15 et 0.25 m.) d'un lignite schisteux, de mauvaise qualité. Au bord sud, directement sous le calcaire, se trouve une couche mince de grès quartzeux d’un grain assez grossier.

On a observé de pareilles roches arénacées et argileuses plus à l'Ouest, sur le plateau près de Tiitiaroutioup (le signal est à 793 mètres d’altitude) et sur la route de Lèbaklarang à Tiisoungsang; mais ailleurs les brèches cohérentes prédominent dans ce terrain. En quelques points,

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on trouve entre les couches tendres des bancs bien apparents et très souvent de gros morceaux incohérents d'une roche blanche, silicifiée, compacte, dans laquelle se montrent parfois de nombreux quartz limpides et qui ressemble alors à de la liparite. La plupart de ces roches correspondent aux pseudo-liparites que nous avons déjà appris à connaître en Préanguer et sont issues de marnes ou d’argiles, à la suite de dépôts secondaires d’anhydride silicique.

En général, on ne peut observer que difficilement la direction et l'inclinaison des couches dans ce terrain ; aux deux rives du Ti Madour, le banc calcaire paraît, du côté nord, incliner au Sud, et du côté sud, vers le Nord; mais on n’a pu y faire des lectures exactes. Dans des couches de la roche siliceuse blanche, au sud du signal Titiaroutioup, on a constaté D. — 120, I. — 16° au Nord.

Plus au nord, au versant oriental de la cime Sogué, on a observé une inclinaison au Sud; dans le cours supérieur du Ti Madour, au versant du Diaïasempour, une pente au Nord; et au nord de la ligne de partage des eaux, dans la rivière Patapaän, de nouveau une inclinaison au Sud.

On a recueilli et analysé les échantillons suivants.

Un fragment, originaire d'une brèche de la rive droite du Ti Madour, à 2400 mètres à l’est de Tütorek, est à l'œil nu une roche compacte, sombre, à éclat de pechstein, dans laquelle sont disséminés de petites aiguilles de feldspath et quelques gros grains verts. Au microscope,

c'est une andésite à pyroxène avec verre brun clair abondant dans la pâte; les particules brun verdâtre, troubles, paraissent être non pas de l'olivine, mais des hypersthènes décomposés.

Le No. 1887 a été recueilli à l’est de Titorek, au versant nord du Diaïasémpour ; c'est une #rèche cohérente, d'un grain fin, qui consiste en petits morceaux d'andésite entièrement altérés, reliés par un ciment arénacé.

Le No. 1905 est originaire d'un brèche à ciment ponceux de la crête du Këndëng, au nord de Tutorek. C'est une roche sombre, presque noire, à feldspaths brillants; au microscope, c'est une andésite à pyroxène avec un beau verre brun et beaucoup de chlorite dans la pâte.

Le No. 1907 a été pris dans une brèche du mont Kamourang, un peu au Sud du signal Sogué. Dans la roche gris pâle, tant soit peu tachetée, on découvre, à la loupe, un grand nombre d’'aiguilles de feldspath et de grains de pyroxène, mais de petite taille. Au microscope, elle ressemble à une diabase ancienne, plus ou moins altérée; le feldspath y est en partie trouble par décomposition, et une grande quantité du pyroxène est changé en chlorite; comme produits de décomposition, on y observe encore beaucoup de pyrite et d'épidote. Andésite à pyroxène à caractère de drabase.

À un degré de décomposition plus avancé, ces roches passent à des roches gris clair, tachetées, dans lesquelles on découvre déjà à l'œil nu beaucoup de pyrite.

Le No. 1908 a été recueilli plus au Sud, à la rive droite d’un affluent du Tu Koulouwoung; à l'œil nu, il ressemble à l'échantillon précédent, mais au microscope on observe une différence. Dans une pâte andésitique, d’un grain fin, gisent des plagioclases et beaucoup de pyrite secondaire, de l’épidote et quelques cristaux de quartz; la roche contient aussi de l’oligiste à taches de leucoxène. C'est une andésite à pyroxène altérée.

Dans la brèche de l’arête Pitioung, entre Tütiaroutioup et Lëbaklarang, 1l s’observe des fragments d’une roche brillante sombre, d’un grain très fin dans la cassure. Au microscope, on voit un mélange totalement cristallin de grains de plagioclase limpide et d’augite vert clair; l’augite est remplie d’un fin réseau de cheveux droits, noirs, qui se coupent sous un angle de 70°; le long des bords, les cristaux d’augite sont décomposés en hornblende compacte (ouralite), de sorte qu’il ne reste qu'un noyau d'augite inaltérée, devenant parfois très petit et pouvant même disparaître totalement. La roche contient ensuite de la pyrite, des cristaux gris jaunâtre, assez volumineux, de titanite et un peu d’épidote jaune. On devrait l’appeler une épidiorite, c.à.d. une diorite issue de diabase; d'anciennes diorites en filons sont souvent constituées de la même façon. Ici il faut nécessairement la ranger dans les andésites

à pyroxène à caractère de diabase.

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