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Le Xa/i Bèng, rivière frontière du Sourabaïa

Géologie.

À. Les andésites anciennes.

Parmi les andésites de Kédiri se trouvent des roches qui rappellent fort les roches éruptives anciennes, et comme en d’autres endroits de Java on rencontre des roches pareilles qui sont incontestablement antérieures à l'époque tertiaire, 1l se pourrait fort bien que parmi les roches de Kéëdiri que nous comprenons sous le nom ,,d'andésites anciennes (tertiaire inférieur ou moyen)” il y en ait quelques unes d'âge déjà reculé. Mais le caractère pétrographique seul ne suffit pas pour établir une distinction en roches anciennes et récentes, et c’est pour cette raison que nous les décrirons toutes ensemble.

Les roches en question existent principalement dans la partie méridionale de la division de Trénggalek.

1. Un grand terrain continu de roches éruptives à la côte Sud entre Panggoul et Popoh. Ces roches sont à découvert en nombre d'endroits, non seulement sur la côte, mais encore sur le sentier praticable aux chevaux qui conduit de Panggoul à l'Est, par Moundioungan ou Soumbréng, vers Këtawang ou Prigui. Elles sont en général quelque peu altérées et rappellent, par leurs caractères microscopiques, les roches pré-tertiaires.

Depuis Panggoul, le sentier se dirige d'abord au Sud sur de l'alluvium de la rivière Panggoul, jusqu'à Salam rédio; puis à l'Est, le long d'un monticule, consistant en grès gris et en brèches, vers le village de Bandiar, à l’autre bord de la rivière Konang. Ici le chemin commence à monter, par une pente escarpée, sur des brèches d’andésite qui, même avant d'atteindre le petit sommet Toumpak dali (505 m.), sont remplacées par de l’andésite compacte désagrégée. Par Ngoundou (écrit par erreur Ngënde sur la carte topogr. ancienne feuille A” XV = nouvelle feuille D XV) et le sommet Toumpak banar, on atteint la désa Guëntoungan; puis descendant toujours, on arrive à Karang rédio; entre ces deux villages, la roche éruptive contient de petits filets étroits de quartz, parfois aussi de la pyrite. On débouche bientôt dans la plaine alluviale de Moundioungan koulon ou Soumbréng. De cet endroit, le sentier mène, toujours à l'Est, par la vallée de la rivière Boudëng (affluent du Ngaliek) vers le village de Boudëng, et puis, par une forte pente, vers le défilé de Toumpak mangguis (580 m.), surnommé Rampaltoïo, (bambou aïer) d’après le nom d'une espèce de bambou dont les entre-nœuds sont en grande partie remplis d'eau. À partir de ce défilé, le sentier descend, par les monts d’andésite Mondo et Koumbokarno, dans la plaine de Prigui. Ainsi qu'on peut le voir sur la carte, la baie de Prigui est entourée d'une ceinture de montagnes qui

GEOLOGISCHE BESCHRIJVING VAN JAVA EN MADOERA.

De bazaltkolos G£ Lingga, bezuiden Trénggalek, in Kédiri.

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donnent l'impression d’un ancien cirque de cratère effondré et fortement érodé, dans l'intérieur duquel s'élève un cône d’éruption plus récent, le Koumbokarno (494 m.). Ce cirque d'effondrement aurait eu un diamètre de + 6 kilomètres. De même, les baies de Doukou, de Ngampiran et d’autres encore peuvent avoir été produites dans ce terrain par des effondrements moins importants de petits cratères.

Au NE. de Prigui, la roche éruptive se continue encore par les sommets Megongampar (640 m.), Sënarang (520 m.) et Tanggoul (66% /m.); elle est recouverte 1c1, à l'Ouest et à l'Est, par du calcaire; et au Nord elle se termine brusquement dans la plaine de Bandoung. Le Tanggoul surtout est une montagne extrêmement escarpée et vers le Sud-Ouest 1l présente même une paroi presque verticale.

Plus à l'Ouest, ce terrain d’andésite est limité partout au Nord par des brèches et des grès de matériaux d’andésite, la plupart à faible pente vers le Sud.

Non loin de la côte Sud il y a un certain nombre de petites îles qui consistent aussi en andésite.

2. Le Go. Kambe ou Sikambe, au Nord de Prigui, est un mont d'andésite fort escarpé et presque vertical à son sommet ; il a 842 mètres d'altitude,

3. Le Gg. Séwouwour, à côté du précédent, est aussi très escarpé, et haut de 860 mètres. Les deux sommets sont entourés de brèches et de marnes; ils s'élèvent à pic au-dessus des alentours et se voient de loin.

4—8. Une série de ÿ sommets au Sud de Trenggalek, savoir: l'Orak artk, le Sawe et Boutak, le Diaboung, le Sapou et le Sélrmer, tous au pied de la chaîne et à la limite de la plaine de Trénggalék.

9. Le Gg. Lingga (Planche No. 4), à l'Ouest des sommets précédents, apparaît entièrement isolé dans les brèches, les grès et les marnes. Le nom de cette montagne a été fort bien choisi, car par sa forme abrupte il rappelle le ,,ingga””, le symbole bien connu de la force chez les Ciwaïites. Le Gg. Lingga se trouve dans la vallée de la rivière de Karangan, qui a emporté les dépôts environnants plus tendres de brèches, de grès et de marnes au moins jusqu’à une profondeur de 450 mètres. En effet, l'altitude des sommets environnants de brèches et de marnes est de 840—864 mètres; et la vallée de la rivière, au pied du Gg. Lingga, n'est qu'à 400 mètres au-dessus de la mer. Lors de cette érosion le Gg. Lingga a été épargné, grâce à sa grande dureté, et 1l s'élève à présent, comme un colosse de pierre, au milieu de la vallée. L’altitude de cette montagne est de 690 mètres.

La vallée étant ouverte vers l'Est et le Nord-Est, la montagne frappe aussitôt le regard par son allure singulière, surtout de ce côté. On peut se figurer cette forme par notre esquisse Fig. 13, qui fut prise de l'Est très près de la montagne. Une particularité de celle-ci c'est que la

roche à été élégamment divisée en prismes à 3 et 6 pans, parfois aussi

en colonnes rondes dont les extrémités apparaissent partout à la surface, de sorte que la position de ces colonnes doit être à peu près telle qu'elle est figurée en coupe dans notre esquisse Fig. 14. Dans sa partie supérieure le Gg. Lingga est totalement dénudé et inaccessible.

La roche de la montagne Orak arik citée plus haut est aussi divisée en colonnes, mais moins belles que celles du Gg. Lingga.

10. Dans la chaine au Nord de Trénggalek. on trouve sous les brèches et les grès de l'andésite compacte représentant la base des couches tertiaires; c'est le cas entre autres à la cascade de la petite rivière Bendoungan près du village du même nom.

Description macroscopique et microscopique des roches.

No. 174. Village de Guëntoungan, entre Panggoul et Soumbrëng. En échantillons, c'est une roche terne gris-verdâtre à gros feldspaths. Au microscope, on voit une pâte microlithique gris-clair et floconneuse, dans laquelle se trouvent des plagioclases porphyriques devenus partiellement toubles par métamorphisme, de l'augite fraîche et des hypersthènes totalement transformés en chlorite. Autour du minerai de fer il y a parfois des taches blanches de leucoxène, c’est donc ou bien en partie de l’ilménite, ou bien de la magnétite titanifère. Comme produits de décomposition on y trouve répandus partout la chlorite, l'épidote et un peu de spath calcaire. Par le haut degré de décomposition cette roche rappelle certaines diabases anciennes. C'est une andésite à pyroxène altérée.

No. 175. Gg. Toumpak blodo près Soumbrèng. Prise sur le rivage au Sud de Moundioungan koulon (Soumbréng), cette roche est, en échantllons, terne et de couleur vert grisâtre. Au microscope, elle ressemble beaucoup à la précédente et contient de la chlorite, de l'épidote et du calcaire spathique comme produits de décomposition. La chlorite y provient en grande partie de l'hypersthène.. C'est une andésite à pyroxène altérée.

No. 176. Vrllage de Télogorédio entre Soumbréng et Prigui. En échantillons c'est une roche gris-vert à grains fins. Au microscope, elle ressemble beaucoup à la précédente, mais elle a moins de pâte. Les augites y sont encore fraîches, les plagioclases sont en partie altérés et troubles. Tout l'hypersthène y est transformé en chlorite. Autour du minerai de fer il y a presque partout des taches de leucoxène; c’est peut-être en grande partie de l’ilménite. Il y a encore beaucoup de chlorite, d'épidote et de calcaire spathique, en quoi cette roche rappelle aussi très bien une ancienne diabase. C'est une andésite à pyroxène altérée.

No. 177. Pate de Prigui, côté Est, vis-à-vis la petite île de Karang pégat. En échantillons c’est une roche vert-grisâtre à grains fins. Au microscope, elle ressemble aux roches précédentes; ici non seulement

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l’hypersthène est transformé en chlorite, mais même la plus grande partie des augites ont été transformées en un minéral fibreux pléochroïque, probablement de l'ouralite (fibres de hornblende); il y a encore de l’épidote, de la chlorite et du spath calcaire. Le haut degré de décomposition donne à cette roche le caractère d’une diabase. C’est une andésite à pyroxène altérée.

No. 178. Village de Soumber, au Nord de Prigui sur la route de Prigui à Sripit. En échantillons, une roche grise avec gros feldspaths. Ressemble aux précédentes au point de vue microscopique. L'hypersthène n'y est transformé que partiellement en chlorite. C’esé une andésite à pyroxène altérée.

No. 179. Gg. Tangooul, au Sud du village de Bandoung. En échantillons, gris-clair avec de grosses hornblendes ternes. S'écarte considérablement des précédentes. Contient une pâte microcristalline de plagioclase, d’augite et de magnétite; des plagioclases porphyriques décomposés en partie en une masse terne (zéolithisés ?); de la magnétite, de l’apatite et de nombreuses grandes hornhlendes totalement transformées en un mélange de grains d’augite et de minerai de fer. Iln'y a plus de hornblende non altérée. C’est une andésite à hornblende altérée.

No. 180. Gg. Sikambe ou Xambe près du village de Watou limo. En échantillons, gris-clair, avec du plagioclase et de l’augite en gros cristaux. Au microscope, c'est une roche assez fraîche et sensiblement inaltérée, pouvant servir de type pour les andésites non altérées de la chaîne méridionale. Dans une pâte peu abondante à petits cristaux d'augite, de minerai de fer et de plagioclase on trouve à l’état porphyrique du plagioclase, beaucoup d’hypersthène, moins d’augite et de la magnétite. On n'y trouve que fort peu de chlorite; l’hypersthène est à peu près complètement frais et fortement pléochroïque, les teintes variant entre le vert et le brun. C'esé une andésite à pyroxène.

No. 181 en 182. Gg. Lingga. L'échantillon No. 181 fut enlevé à des fragments en forme de colonnes, dans la rivière au pied de la montagne; 1il est gris-foncé et à grains fins, avec quelques gros feldspaths seulement qui sont gris et brillants et présentent Çà et là des cavités. Le No. 182 nous fut apporté dans le temps (avant notre visite) par des indigènes, comme provenant du Gg. Lingga. Il est plus

altéré et par suite de couleur gris-clair à l'œil nu, mais au microscope

il ressemble tout-à-fait à l'échantillon que nous avons nous-même recuellli.

Au point de vue microscopique, il a les caractères d’un basalte, mais il ne renferme pas d’olivine. La pâte y est microcristalline, et consiste

en baguettes étroites de plagioclase, en grains d’augite, en magnétite

<t un peu de verre grenu noir. On y trouve en outre des particules

ternes brun-verdâtre de serpentine, probablement un produit de métamorphisme d’olivine, mais il n’y existe pas d'olivine non altérée. Parmi les grands cristaux on ne rencontre que du plagioclase et quelques. hornblendes décomposées en matière grenue. C’est probablement ## basalte altéré, mais il peut être également une andésite augitique pauvre en olivine et hornblendifère.

No. 183 et 184. Gg. Orak arik, au Sud de Trénggalek. En échantillons, c'est une roche compacte gris-foncé, à petits cristaux brillants de feldspath. Le No. 183 a une pâte microcristalline de plagioclase, d'augite, de magnétite, contenant aussi probablement du verre. Puis, du plagioclase porphyrique, de l'augite, des cristaux d’hypersthène transformés en chlorite; puis encore quelques coupes qui rappellent l’olivine et dans lesquelles se sont déposés de l’hydroxyde de fer et du calcaire spathique; enfin de la magnétite. On trouve répandu partout de lhydroxyde de fer brun. La roche est passablement altérée. C’est un basalte pauvre en olivine. Le No. 184 a la pâte des basaltes avec les baguettes rectangulaires de plagioclase, et 1l ressemble ainsi à la roche du Gg. Lingga. Il contient aussi quelques sections vert-terne; il est presque certain qu’elles proviennent d'olivine. C'est un basalte altéré avec peu d’olivine.

Les roches de l'Orak arik et du Gg. Lingga sont toutes deux des basaltes avec peu d'olivine totalement serpentinisée. Ainsi qu'on l’a déjà dit plus haut, elles se présentent l’une et l’autre sous forme de colonnes.

No. 185. De la cascade dans la petite rivière Bendoungan près Béndoungan. En échantillons, c’est une roche gris-clair, altérée. Au microscope, elle présente une pâte floconneuse, trouble, avec du plagioclase, du minerai de fer et de la chlorite. De grands feldspaths porphyriques et beaucoup de sections de hornblende, toutes entièrement transformées en chlorite et en minerai grenu. De la magnétite. Ressemble à la roche du Gg. Tanggoul (No. 179). C'est une andésite à hornblende, altérée.

Résultat. Les roches éruptives du tertiaire inférieur de Kédiri consistent donc en andésite à pyroxène, andésite à hornblende et basalte. Elles sont pour la plupart quelque peu altérées et quelques-unes: rappellent des roches plus anciennes par leurs produits de décomposition (leucoxène, chlorite, spath calcaire, épidote, etc.), surtout des. diabases.

B. Les roches miocènes.

A l'exception des andésites déjà décrites, toute la partie Sud et Sud-

Ouest de Keëdiri, depuis la limite de cette résidence et de Pasourouhan jusqu'à la frontière de Madioun et le pied du Wilis, est occupée par

des sédiments tertiaires, des brèches, des grès, des marnes et du cal- Caire. On trouve un second terrain tertiaire dans le Nord de la résidence, à la frontière de Rémbang et de Sourabaïa.

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La chaîne calcaire du Pasourouhan se continue à l'Ouest en Kédiri jusqu’au Gg. Tanggoul. En Blitar, cette chaîne est large de 15 à 20 kilomètres; au Sud de Kalidawir de 10 Km., près Popoh de 34 Km. et plus à l'Ouest encore de 24 kilomètres seulement. Un massif calcaire isolé s'étend entre les monts Tanggoul et Sikambe. Alors le calcaire cesse pour longtemps et ne reparaît qu'à Dongko, et puis au Sud de Panggoul à Diokëétro ainsi qu'à l’ouest de Panggoul. (Sur la carte topographique à l'échelle de 1: 100.000, Panggoul se trouve non en Kédiri, mais en Madioun, puisque cette localité faisait partie auparavant de la section Patitan de la résidence de Madioun ; mais actuellement Panggoul appartient à la section de Trénggalek).

Sous ce calcaire apparaissent en divers endroits vers le Nord des brèches, des grès, ou des marnes. Le terrain miocène se présente ici dans ses 3 divisions, savoir, de bas en haut:

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