Marnes et argiles
RAC AICAIrE:
L'épaisseur de ces étages est d'ailleurs très différente, et parfois l'étage moyen manque, de sorte que le calcaire repose immédiatement sur les brèches. Aussi est-il difficile de tracer partout une limite précise entre ‘l'étage brècheux et les marnes, car il n’est pas rare que les grès offrent une faible proportion de chaux et passent ainsi graduellement aux marnes. Cependant on a établi cette limite sur la carte, de la manière la plus exacte possible.
L'étage brècheux. On verra sur la carte l'extension de cet étage qui se compose essentiellement de brèches d’andésite et de grès de gravier d'andésite.
Une colline: tsolée s'élève à Selorédio, non loin de la frontière du Pasourouhan, à la rive droite de la rivière Brantas. Ses sommets principaux sont le Guëbang et le Soko, tous deux à 470 mètres d'altitude ; tandis que la base volcanique qui les entoure n'a que 300 m. à l'Est et + 200 mètres à l'Ouest de la colline. À la surface, la roche brècheuse est altérée et transformée en une argile brune.
Une seconde colline brècheuse c'est le Gg. Pégat près Sréngat (No. 186. 187 et 188), une arête longue et étroite à paroi abrupte vers le Nord, ayant 339 mètres d’altitude, entourée par du sable volcanique du Kélout.
Un troisième terrain brècheux est situé au Sud de Touloungagoung entre les localités Sanggrahan, Kalidawir et Tiampourdarat (No. 190)
(chef-lieu du district Wadiak). Cette montagne se termine, par des parois abruptes, dans la plaine; le Gg. Boudég (No. 189) est à 472 mètres d'altitude (ou à 375 m. au-dessus de la plaine), le Gg. Walikoukoun n'a qu'une altitude de 370 mètres. Au Gg. Boundég, on trouve en deux endroits, taillés dans les brèches (No. 189), des temples hypogés du temps des Hindous, (le Gouwa Tritis et le Gouwa Selomangleng 1); et sur les contreforts du Walikoukoun, on rencontre en 5 endroits des ruines de temples. On ne peut bien observer ni la direction ni la pente des couches brècheuses; elles paraissent ou horizontales ou à faible pente vers le Sud, et elles sont directement recouvertes par du calcaire.
Le terrain brècheux le plus étendu se rencontre à l'angle Sud-Ouest de Kédiri, à la frontière de Madioun et au Sud du Lawou. Ce terrain commence un peu au Nord de Béndoungan, s'étend vers le Sud-Est jusqu'à la plaine près des villages de Kahouman (No. 192) (chef-lieu du district de Kalangbret) et Dourenan (chef-lieu du district de Pakis). Vers le Sud, il s'étend jusqu'à Trénggalek, s’infléchit alors autour de la plaine de Trénggalek et suit au Sud la frontière du Madioun jusque près Panggoul (No. 194); il s'étend ensuite par l’andésite sous-jacente vers Bendo ou Tawing (chef-lieu du district de Kampak), et pousse enfin divers prolongements vers la plaine. A sa limite avec la plaine, cette montagne présente aussi des parois abruptes qui s'élèvent de 600 mètres et plus au-dessus des environs.
Dans ce terrain, les couches paraissent äussi être sensiblement horizontales, en partie faiblement ondulées: au nord de Trénggalek elles inclinent vers le Sud-Est, au sud de cette localité elles penchent à la fois vers le Nord-Ouest et le Sud-Est. En certains endroits, elles sont recouvertes par les marnes; en d'autres, directement par le calcaire et elles reposent sur l'andésite dont les produits de désagrégation ont d'ailleurs servi à édifier ces couches.
Toutes les brèches nommées plus haut (No. 180, 193) contiennent des fragments d’andésite anguleux ou arrondis, rarement plus grands que la tête, parfois aussi notablement plus petits et gisant dans un gravier d’andésite. Ces fragments devenant moins nombreux, les brèches passent à des grès gris et verdâtres (No. 191), renfermant parfois beaucoup de petits morceaux de feldspath; tel est le grès (No. 195) du monticule près du village de Bountél au sud de Panggoul. Au microscope, la poudre lévigée présente dans ce cas constamment les éléments ordinaires des andésites et des basaltes; mais l’olivine y est le plus souvent complètement décomposée. Il n'est pas rare que ces brèches renferment de la pyrite, d'où s’est formé de lalun par suite de l'oxydation et de la combinaison de l'acide sulfurique avec l’alumine des feldspaths décomposés. Cet alun s’est déposé
‘parfois à la surface et dans les fentes, en belles fibres soyeuses, à l'état d'alun fibreux ; et souvent il contient une certaine proportion de sulfate ferreux. Cet alun fibreux (No. 196) se trouve entre autres en très beaux échantillons dans la grotte nommée Gouwa Proust ou Gouwa Akar, près du Gg. Lingga cité ci-dessus, un peu en aval dans la vallée de la rivière qui coule le long de cette montagne. La roche elle-même, aux parois de la grotte, est altérée au point d’être méconnaissable, et de la voûte il suinte constamment un peu d’eau par les fentes de la roche. C'est principalement içi qu'on trouve l’alun fibreux en aggrégats -entrelacés comme des cordes, ressemblant à de l'asbeste et se dissolvant aisément dans l'eau.
En 1887, l'administrateur d'alors Jhr. WICHERS découvrit dans les brèches altérées au nord de Trénggalek, dans la plantation de café de Soukorédio et à £ mètre seulement sous terre, un tronc d'arbre silicifié, (No. 197). Ce tronc a été transformé en un beau jaspe jaune-foncé, -qui à la surface, par désagrégation sur une épaisseur de 3 à 5 mm., a formé une croûte siliceuse arénacée jaune-clair. Mais il est douteux, vu la faible profondeur à laquelle l'arbre a été trouvé, s'il provient des brèches elles-mêmes, ou bien s'il s'est développé à la surface pour pénétrer plus tard dans le sol soumis à l'érosion et s'y silicifier. Dans la résidence de Bantam, où de pareils troncs d'arbres silicifiés sont nombreux, ils appartiennent incontestablement en grande partie au terrain tertiaire. La section transversale du tronc de Soukorëdio à une longueur de 15 centimètres et une largeur de 4 centimètres seulement, car 1l a été fortement écrasé.
L'épaisseur de l'étage brècheux ne peut être bien déterminée nulle part; elle est d'ailleurs en divers endroits fort différente, à cause de la surface inégale d'andésite sur laquelle ces couches ont été déposées. ‘On peut fixer à oo mètres le maximum d'épaisseur dans la partie Sud-Ouest près Panggoul.
L'étage marneux. Cet étage n'est que faiblement représenté ici, et consiste en grès et marnes calcarifères avec quelques bancs de calcaire interposés, des couches de brèches, des grès privés de chaux, des argiles, du schiste houiller et un peu de lignite. La limite avec l'étage brècheux sous-jacent xe peut nullement étre établie avec précision; les deux ‘étages passent bien plutôt graduellement l'un à l'autre. Sur la carte, il ne fut possible d'établir une séparation des étages marneux et brècheux que dans le terrain situé au Sud de Karangan, à Dongko et dans les environs, ainsi qu'au Nord de Prigui à proximité de la chaine calcaire. On ne peut voir ici que peu de brèches, sur le sentier de Prigui à Sripit, au Nord de l’andésite, et elles sont remplacées rapidement par des marnes tendres à fossiles brisés et peu distincts.
Sur le sentier qui conduit de Karangan par Dongko à Panggoul
on reste d'abord dans la plaine jusqu'à l’entrepôt de café à la désa. Diaboung; là commencent les collines de brèches, sur lesquelles la route monte Jusqu'au doukouh (le hameau) Padas; au village de Gading seulement 1l existe un peu de calcaire entre les brèches. Au hameau de Padas commencent des roches fines et tendres que l’on peut suivre sous forme d’une bande étroite, en passant par Dongko, jusqu’au gardou Nglaran. Elles consistent essentiellement en roches marneuses arénacées auxquelles viennent toutefois s'ajouter aussi des marnes calcaires; et au Sud de Dongko, on trouve même un terrain calcaire assez étendu qui paraît superposé à l'étage marneux, puisque à Dongko l'inclinaison des marnes est généralement vers le Sud. C’est ici qu'on a recueilli dans les marnes les fossiles No. 198, qui ont été envoyés à Leyde. A proximité de ces marnes, on rencontre aussi une petite couche de schiste houiller.
Tout près du hameau de Padas, et non loin de la limite septentrionale du terrain marneux, dans un petit ravin, se trouvent à découvert des couches marneuses avec quelques marnes calcaires (No. 199) à pétrifications brisées, ainsi que des grès d'andésite, dans lesquels apparaissent, entre des argiles, une couche mince de lignite (No. 200) de mauvaise qualité et quelques troncs d'arbre transformés en houille. Au point de vue technique, cette couche de lignite est sans valeur, La direction des couches est ici de 70”, leur inclinaison de 30° vers le N.W.
Au nord de Prigui, vers Sripit, la route passe d’abord par une plaine alluviale; on monte alors sur de l’andésite à pyroxène, puis on arrive dans des brèches qui y recouvrent l’andésite sous forme d’une bande étroite; ensuite, dans des marnes sablonneuses qui probablement sont à peu près horizontales; mais nulle part on ne put bien mesurer ni la direction n1 l'inchinaison des couches.
Les marnes recouvrent encore les brèches en d’autres points, le plus souvent cependant en couches de peu d'épaisseur; sans un relevé détaillé il est impossible de figurer sur la carte tous les petits terrains. marneux.
L'épaisseur de l'étage marneux n'est pas considérable, et semble ne dépasser nulle part 750 mèfres.
L'étage calcareux. Cet étage est à peu près exclusivement constitué par du calcaire, dont la nature varie depuis la structure totalement cristalline jusqu'à la structure marneuse arénacée. Ce n’est que sur la route de Kalidawir à Sine, à la côte Sud (au Sud de Touloungasgoung) que se trouve entre le hameau de Rédiosari et la désa Kalibatour un peu de conglomérat (No. 208) de fragments d’andésite dans: une pâte marneuse avec des fossiles brisés ; il repose sur le calcaire ou même entre les couches calcaires ; la disposition n’en est pas très:
distincte.
De
Il a été donné plus haut une énumération succincte des terrains calcaires; /e plus grand massif calcaire se trouve à la côte Sud, et 1l s'étend depuis la frontière du Pasourouhan jusqu'au mont Tanggoul; le contrefort le plus septentrional de ce terrain s'étend jusqu'à la halte du chemin de fer Rédiotagan, où la voie ferrée a nécessité une couple de tranchées dans le calcaire. On y trouve aussi une petite grotte, la grotte de Diadiar, dans laquelle est gravée la date de 1327 Çaka (— 1405 A. D.). Al'Est de Tiampourdarat, le calcaire repose directement sur des brèches; la position des couches est sensiblement horizontale, avec une très faible inclinaison seulement vers la côte Sud; leur épaisseur est de 150 à 200 mètres.
A l'Ouest du mont Tanggoul existe un second terrain calcaire, qui s'étend jusque tout près du mont Sikambe; on y trouve quelques grottes. Au Nord, ce massif présente une paroi abrupte, et à partir de Sripit on peut observer que le calcaire repose sur les brèches sousjacentes avec une faible inclinaison vers le Sud-Est. L'épaisseur du calcaire est tout-au-plus de 200 mètres.
Le calcaire au Nord de Dongko se trouve en couches minces entre les marnes et il a été classé par nous à l'étage marneux. Au Sud de Donghko existe cependant un terrain calcaire qui recouvre les marnes en inclinant faiblement vers le Sud, et qui a été figuré séparément sur la carte. Ce calcaire est marneux et il n’a également pas plus de 200 mètres d'épaisseur.
Le calcaire qui recouvre les brèches à Drokeétro, à la côte méridionale au Sud de Panggoul, a une faible pente vers le Sud et une épaisseur de 250" mètres.
A l'Ouest de Panggoul il y a encore un terrain calcaire sur les brèches; il se continue jusqu’à la côte Sud et jusqu'à la limite de Madioun. Ce calcaire incline aussi au Sud; le sommet Sanggar est à 486 mètres d'altitude ; l'épaisseur en paraît être aussi de 250 mètres environ.
Ainsi donc, l'épaisseur de l'étage calcaire en Këdiri méridional est de 200 à 250 mètres. Le calcaire varie beaucoup en couleur et en dureté ; 1l est en partie tendre et marneux, parfois arénacé grâce à une proportion assez notable de gravier d'andésite; les bons fossiles y sont toutefois rares. En quelques endroits, le calcaire est finement cristallin et même changé en un marbre exploitable. C'est ainsi qu'entre autres on trouve à Diokëtro un marbre cristallin fin (No. 207) dont la couleur il est vrai n'est pas fort jolie: c'est du gris ou du gris-bleuâtre en diverses teintes. On rencontre un marbre plus beau au Sud de Tiampourdarat, près de la désa Gamping (No. 203 et 204); en cet endroit Monsieur VAN RIETSCHOTEN a fait tailler dans la montagne diverses galeries d'exploration, afin de s'assurer si le marbre, qui à la surface est caverneux et brun ou taché de brun, serait d’une meilleure qualité
plus avant sous le sol. Mais le plus souvent il n’y eut que fort pew de changement à remarquer; et ce n'est qu'au Sud-Est de Gamping,. aux hameaux de Nibo et Grogolan, qu'existe un beau marbre blanc, dur, d'une légère teinte rosée extrêmement élégante; c’est incontestablement une espece de marbre que l’on doit préférer de loin à la plupart des variétés de l'Inde, grises ou gris-bleuâtre, que l’on emploie pour en tailler des carreaux. Jusqu'à présent toutefois, ce marbre n’a pas encore été exploité en grand.
Roches du terrain Sud. On examina divers fragments des drèches Jines et grossières ; 1s correspondent aux roches éruptives qui existent dans le voisinage. De ces fragments font partie :
fragment (No. 187) de la brèche No. 186 du Gg. Pégat près Sréngat. C'est une roche fort fraîche, qui contient du verre brun dans une pâte microlithique. Parmi les cristaux porphyriques on trouve, à côté du. pyroxène, de la hornblende brune et fraîche à bord noir. C'est une andésite. à pyroxène hornblendifère.
Autre fragment (No. 188) de la méme brèche No. 186 du Go. Pegat. C’est une tout autre roche que la précédente. Elle consiste en un mélange cristallin grenu de plagioclase feutré, et de pyroxène (augite et hypersthène) transformé en majeure partie en hornblende compacte vert-clair. L'origine augitique de la hornblende est mise hors de doute par les noyaux non altérés de pyroxène dans l’ouralite environnante. La roche ressemble à un gabbro décomposé, ou à une drabase cristalline ; mais: elle peut être aussi une excrétion cristalline de l’andésite. La première hypothèse nous paraît la plus probable.
fragment (No. 192) de la brèche du Gg. Guembolo à la désa Srigading.
Le Gg. Guëmbolo est une des premières collines qui, à l'Ouest de Touloungagoung, s'élèvent près Kahouman au-dessus de la base en pente faible du volcan. Des fragments foncés, à fins cristaux, furent reconnus au microscope pour une roche basaltique, avec beaucoup de baguettes de plagioclase dans la pâte, de l’augite, du minerai de fer et un peu de verre grenu. À l'état porphyrique: du plagioclase, beaucoup d’hypersthène, de l’augite, du minerai de fer et des cristaux décomposés en une matière vertterne, qui en majeure partie proviennent probablement de l'olivine, mais qui peuvent aussi en partie résulter de pyroxène, puisque quelques uns d’entre eux paraissent transformés en un mélange de chlorite et de spath calcaire. Ce serait dans ce cas un basalte riche en hypersthène (ou une andésite à pyroxène olivintfère), une roche qui relativement est assez rare puisque, dans les basaltes, l'hypersthène cède le plus souvent le pas à l'augite,
Fragment (No. 194) de la brèche au village de Bandiar, à la rive droite de la rivière Konang, an sud de Panggoul. En échantillons c'est une roche cristalline vert-foncé, à cristaux de feldspath. Au microscope, elle est entièrement grenue et cristalline sans pâte. Il s'y trouve du plagioclase,
du pyroxène, de la magnétite; le pyroxène est pour la plus grande partie transformé en une chlorite fibreuse, et par là la roche ressemble extrèmement à une d’abase ancienne. Toutefois elle peut être aussi une andésite à pyroxène cristalline.
Fragment (No. 190) de la brèche au Nord de la désa Gamping, en arrière de Tiampour darat.
Un basalte fort altéré, avec beaucoup de chlorite, de spath calcaire et de serpentine.
L'étage marneux n'a pas fourni de préparations microscopiques. Quant aux calcaires, .on examina divers échantillons au microscope, pour y chercher des foraminifères; mais beaucoup d'échantillons sont devenus entièrement cristallins et ne présentent plus dans ce cas de fossiles distincts. Tels sont entre autres:
No. 202. Calcaire du signal Gg. Pilang, de la Chaîne méridionale au Sud de Blitar, dans lequel on ne peut plus voir que des restes de Hithothamnium.
No. 2o1. Calcaire du signal Nouërah près de la désa Kédoung woungou, à 15 kilomètres à l'Est du précédent et également dans la Chaîne méridionale; il ne contient plus du tout de débris organiques reconnaissables.
No. 203 et 204. Calcaire du Gg. Gamping, près les carrières de marbre: il est aussi entièrement cristallin, les foraminifères sont devenus peu distincts.
No. 205. Calcaire de la désa Gambiran, au Sud de la désa Gamping; il est fort attaqué par les eaux et devenu aussi partiellement cristallin, mais il renferme encore des restes reconnaissables, parmi lesquels des orbitoïdes longs de 3 mm. et de 0.85 mm. d'épaisseur, à chambres médianes en forme de spatule, les uns à chambre centrale petite, les autres à grande chambre centrale ; puis des sections de globigérines, d’amphistégines, etc.
No. 206. Le calcaire de Popoh, sur la plage Sud et au Sud de Gambiran; il y a une direction de 90° et une inclinaison de 30 au Sud; contient beaucoup de lithothamnium, de petits orbitoïdes avec chambres en forme de spatule, des cycloclypées, des sections de rotalinidées et de quelques autres espèces.
IT. Ze terrain Nord.
A la limite septentrionale de Kédiri, on rencontre une rangée de collines qui font partie d’une longue bande s'étendant depuis Madioun, à la frontière de Rémbang, vers Sourabaïa. Cette rangée consiste en roches du tertiaire supérieur, la plupart des marnes, des argiles et des grès, avec un peu de calcaire, et recouvertes par une couche mince de déjections volcaniques, qui parfois sont soudées en un conglomérat peu cohérent et contiennent des os de mammifères fossiles. En Kédiri, les
couches inclinent toutes faiblement vers le Sud et elles disparaissent déjà au Nord de Lengkong sous la plaine de Kédiri qui y est sensiblement horizontale. En divers points, la rangée n’atteint que l'altitude de 100 à 150 mètres; toutefois aux environs de la désa Losari (au N. W de Lengkong) non loin de la frontière de Rémbang elle s'élève à des altitudes de 280 à 300 mètres.
Près du cours supérieur de la petite rivière Diourang Dandang, au N. W. de Lengkong, jaillissent dans la montagne quelques sources thermales d'eau salée qui dégagent en même temps une faible odeur de pétrole.
L'eau de cette source (No. 209), appelée Baniou Oumboul, et située à plus de 2 kilomètres au N.W. de Bangle, a été analysée par M. E.ZIESSLER à Freiberg. Cette analyse, effectuée entièrement suivant la méthode mentionnée pour l'analyse de l’eau du Banioupaït en Bësouki, a donné Je résultat suivant :
1000 gr. d'eau renferment:
Chlorirende ROIS MERE 0.215736 grammes.
Chlorure dé sSodlne en eeEees 17.061333 !
Bromurende SOMME TR 0.004050 :
lodure Mers GUN rEe PRE 0.005943 e CArbPOnAteTe MER AN COR AT ES 0.017157 à Carbonaterdetitnnun ee Rene 0.025312 5 Carbonate tdefsoditin ee tonne 1.278001 ; Carbonate de calcmin en tt eme 0.330113 Fe Carbonate de magnésiom 10 0.243290 * AUIAEIde SITEIQUE NRA PTE 0.000146 à Anhydride carbonique libre............... 0.276872 5
somme: 19.518559 grammes.
À déduire anhydride carbonique ........... 0.276872 À
Reste pour les éléments fixes... 19.241087 grammes. Après calcination à 180°, le poids du résidu fut trouvé égal à 19.658331 grammes.
Les sels dissous consistent donc pour la plus grande partie en chlorure
de sodium avec un peu de carbonate de sodium. C. Les roches volcaniques.
Dans la résidence de Kédiri sont comprises des parties des volcans Je Kawi, le Kélout et le Wilis.
Le NU.
Le versant S. W. seul de ce volcan fait partie de Kédiri; le reste et les deux sommets de cratère Kawi et Boutak ont déjà été décrits à propos du Pasourouhan.
À l'Ouest le Kawi touche au Kéëlout: les rivières Bangbang et Lekso II,
reliées par un aqueduc, y établissent à peu près la limite des deux manteaux, ainsi qu'on l’a déjà fait observer plus haut. Au Sud, le pied du Kawi s'étend jusqu'à la rivière Brantas et la montagne de brèches près Séloredio. Le sol du Kawi y consiste en sable d'andésite argileux fort altéré, qui fournit un terrain excellent pour la culture du café. Les roches sont les mêmes qu'en Pasourouhan; ce sont principalement des andésites à pyroxène, mais il y a aussi du basalte.
2. Le Kélouf se trouve en majeure partie en Këdiri; seule une petite portion du manteau appartient au Pasourouhan. Le Këlout touche à l'Est au Kawi; au Sud, à la rivière Brantas; à l'Ouest et au Nord- Ouest son pied se continue avec la plaine de Kédiri; le manteau du Kélout vient buter, au Nord, contre l'Andiasmoro ; et au Nord-Ouest, contre le Loksongo.
A son sommet le Kélout porte un lac de cratère dans un cirque effondré lequel, vu de loin, offre un aspect fort ébréché. Ce mont n’est qu'un peu plus haut que le Lëmongan, et comme celui-ci il fait partie des volcans qui entrent encore de temps en temps en activité violente. A ces époques, l’eau du lac est rejetée, ou bien (lors d’éruptions plus faibles), le mur s'écroule au point le plus bas et par l'ouverture des masses considérables de sable, de cendres et de pierres descendent emportées par l’eau, comme un fleuve de boue. Il n’est pas rare qu'elles exercent alors de grands ravages. (Ces torrents de sable se nomment ici ,lahar,’ mais on désigne aussi sous le même nom de ,,lahar” les ravins eux-mêmes que les courants boueux ont creusés dans le manteau meuble et dans lesquels, entre des parois abruptes, coule d'habitude une petite rivière. Tel est entre autres le Lahar Sourouan qui passe par la nouvelle parcelle Gambar wetan.
Les contreforts du Kélout se dressent en trois sommets escarpés, le Bromasan (093 m. d’alt.) près la limite du Pasourouhan, le Siwalan ou Pisang (860 m.) au versant méridional et l'Oumboh (1015 m.) au versant occidental de la montagne. Ce sont tous les trois des sommets pointus sans cratère.
La cime du mont a 3 cirques de cratère. Le plus grand et probablement le plus ancien n'existe plus que dans sa partie orientale, et fait partie d’un cercle de + 24 kilomètres de rayon. À droite et à gauche de ce cirque se trouvent près du sommet deux cratères plus petits.
Le cratère ortental est un fer à cheval irrégulier ouvert vers le S.E.; le rayon de la partie sensiblement circulaire de ce fer à cheval est de 420 mètres environ; de ce cirque fait partie le sommet avec le signal Kélout, à 1731 mètres d'altitude, le point le plus haut de tout le Kélout. A l'intérieur ce cratère a des parois presque verticales.
Le cratère occidental est celui qui porte un lac de cratère et qui
est encore actif de temps en temps. Le rayon du cirque qui entoure le lac est de 640 mètres environ; la superficie du lac est (selon la carte topographique à 1 : 20.000) 0,79 de kilomètre carré, et le niveau se trouve à 1252 mètres au-dessus de celui de la mer. Autour du lac, le mur s'élève presque partout de 200 à 300 mètres au-dessus de son niveau, sauf vers l'Ouest où il n’a que quelques mètres de hauteur. En cet endroit ont eu lieu déjà fréquemment des ruptures et des évacuations d’eau et de boue dans le Lahar Sourouan. A présent le lac n’a plus de décharge; le bord est fermé et c'est en dehors de ce bord que se trouve la source du Lahar Sourouan.
Les roches projetées lors des dernières éruptions (entre autres celles de janvier 1864 et 1875) sont encore toutes de couleur grise et elles consistent en andésite à pyroxène.
Un échantillon (No. 210) récolté près du monument antique de Sawéntar, à l’est de Blitar, est gris-clair à l'œil nu, avec des feldspaths et des augites. Au microscope c'est une andésite à pyroxène ordinaire avec fort peu d’hypersthène parmi les pyroxènes porphyriques.
De la cendre volcanique du Kéëlout, projetée en 1864, a été analysée par PRÔLSS (Neues Jahrb. f. Min. 1865 p. 287). Elle contient 52 °}, d’anhydride silicique. Dans sa Philosophie der Geologie, 1867, p. 178, VOGELSANG décrit une cendre du Kélout au point de vue microscopique, et LORIÉ (1 c. p. 198) traite d’andésites à hornblende et d’andésites à pyroxène les roches du Këlout décrites par JUNGHUHN (les ,,syénites” de cet auteur).
3. Le Wilis est une très grande ruine volcanique à plusieurs cratères effondrés. Dans les temps historiques il n'a pas été actif, et 1l fait probablement partie des volcans dont l'activité a cessé depuis fort longtemps. Toute la partie Nord-Ouest de la résidence, depuis le cheflieu Kédiri jusqu'à la frontière de Madioun, est occupée par son manteau. A l'Est il aboutit à la plaine de Këédiri, et au Sud il vient buter contre la chaîne brècheuse de Trénggalek.
Le Gg. Klotok. Au pied oriental du Wilis, non loin de Kédiri et à 4090 mètres d'altitude, existe un contrefort antérienr, le Gg. Klotok, ayant un cirque de cratère en fer à cheval irrégulier, ouvert vers le Nord et d'un rayon de + 500 mètres. Au Sud de celui-c1 se trouvent les restes peu distincts d'un cirque plus grand, d’un rayon de 930 mètres environ; un peu plus vers l'Est il y a un sommet beaucoup plus : petit, le Klotok këétul. Ces deux monticules consistent en basalte et en conglomérat de basalte; à l'Est du Klotok se trouve un temple hypogé, le Gouwa Selomangleng Il, dans lequel il y a des statues bouddhiques.
La roche du Gg. Klotok (No. 212) est gris-foncé brunâtre et elle renferme de nombreuses augites en cristaux. Au microscope, c'est un
basalte avec beaucoup d’augites et d’olivines porphyriques, ces dernières décomposées: en grande partie en matière brun rouge.
A proximité du sommet du Wilis on peut reconnaître des portions de 4 cirques de cratère, deux grands et deux petits.
Du premier cratère il ne reste plus qu’une partie du bord occidental, sous forme d’un fragment en arc de cercle, entre les sommets Wilis ou Toumpak nglouroup (2169 m.) et Pasar (2289 m.), et faisant partie d'une circonférence de 2.35 kilomètres de rayon. A côté de celui-ci se trouve un second cratère, dont le bord en forme d'arc reste encore debout dans ses parties méridionale et orientale et qui appartient également à un cercle de 2.35 km. de rayon; il est donc aussi grand que le premier. Ce fragment est compris entre les sommets Lombok (2302 m.), Pasar (2289 m.), un sommet non dénommé (2400 m.) et le Gg. Limas (2352 m.)
Au N. E. de ce second cratère existe un troisième cirque plus petit entre les sommets Limas (2352 m.) et Argotioubou (1685 m.), auquel appartiennent aussi les cimes Gadia moungkour (sur la carte topogr. Katja moenggoer) (2131 m.) et Tiémoro waïang (1435 m.) Ce cirque a un rayon de 1.1 kilomètre et il est ouvert au Nord-Est; une petite rivière y forme par-dessus une paroi abrupte une grande cascade nommée ,Baniou lawou.”’
Au N. de ce cratère, mais bien plus bas sur le versant, se trouve le mont Poundioul (789 m.), probablement un produit d’érosion et non un point d'éruption distinct.
Enfin, le quatrième cratère de la chaîne du Wilis est à l'Ouest des cratères précédents, et se trouve déjà dans la résidence de Madioun. De son cirque de 1 km. de rayon font partie les sommets Liman (2543 m.) à la limite de Këédiri et de Madioun, et Dorowati (2556 m.) en Madioun, la plus haute cime du Wilis.
Le Dorowati a été visité non seulement par JUNGHUHN mais aussi par le contrôleur F. FOKKENS, qui a donné une relation de son ascension dans le ,,Tijdschrift voor Ind. T. L. en Volkenkunde, Tome XXX 1885, p. 558-—507.
Les roches du Wilis dans la résidence de Kédiri sont des andésites à pyroxène grises ordinaires. Un échantillon (No. 211) de la désa Pénampihan (Touloungagoung) recueilli près des monuments antiques de cette localité, contient outre les éléments ordinaires, quelques cristaux de hornblende décomposés en matière noire grenue. Un échantillon (No. 213) de la désa Nguëtos (Bérbëk) est aussi une andésite à pyroxène commune, mais sans hornblende.
4. L'Andiasmoro. Une petite partie de cette chaîne, que nous avons déjà appris à connaître en Pasourouhan, se trouve encore en Kédiri à l'Est de la rivière le Konto. Cette partie s'enfonce comme un coin
entre les résidences de Sourabaïa et de Pasourouhan, et elle fait partie des cimes volcaniques Anahan, Dali et Bangbang, mentionnées déjà à propos du Pasourouhan. La rivière Konto forme ici la limite entre le pied de l’Andiasmoro et celui du Kélout.
D. Dépôts quaternaires et modernes.
La grande plaine de Kédiri consiste en dépôts sensiblement horizontaux, dont l'origine remonte à l’époque post-tertiaire. Au Sud, cette plaine est limitée partout par des roches tertiaires et 1l en est de même au Nord; au N. E. elle ne forme qu’un tout avec la plaine de Sourabaïa et au N. W. elle se continuait probablement jadis avec la plane de Madioun; mais elle en est séparée maintenant par le pied du Wülis, qui touche au Nord à la chaîne tertiaire et qui sépare ainsi les deux plaines par un pays de collines.
Il n’est pas douteux que sous le sol de la plaine de Kédiri se trouvent cachées des roches tertiaires dont la position est horizontale ou à peu près et qui unissent la série tertiaire septentrionale à la série méridionale. Ainsi qu'on l’a dit plus haut, les marnes et les calcaires de la série septentrionale montrent sous la plaine une faible inclinaison vers le Sud et il est probable que plus méridionalement ils passent à la position sensiblement horizontale. Lors du plissement des couches à la fin de l’époque tertiaire, celles-ci furent soulevées au-dessus du niveau de la mer; mais les couches moyennes, celles qui existent sous le chef-lieu actuel Kédiri, le furent moins que les couches des séries septentrionale et méridionale, et il est même fort possible que durant une partie de l’époque quaternaire la mer recouvrait encore ce terrain plat. Elle formait alors une grande anse dans les arêtes tertiaires soulevées, longeant Sidoardio, Diombang, Kédiri et Touloungagoung. Il est probable que cette anse était déjà à cette époque séparée de la côte Sud par une arête peu élevée; comme nous l'avons déjà dit, le dos est actuellement, en un point à l'Ouest de Popoh, haut de 115 mètres seulement; il est vraisemblable qu'il n'aura pas été beaucoup plus élevé jadis.
Sur ces couches tertiaires horizontales, soit qu’elles formassent déjà un terrain sec, soit qu’elles fussent encore recouvertes par la mer, il se: déposa des matériaux plus récents provenant principalement des deux volcans voisins le Wilis et le Kéëlout. Comme ces matériaux volcaniques n’ont été percés nulle part jusqu'à la couche tertiaire sous-jacente, on ne peut voir les dépôts quaternaires inférieurs, et on ne saurait donc affirmer avec certitude si ceux-ci sont encore d’origine marine. Les couches visibles sont toutes sans fossiles marins; elles se sont formées par le dépôt de matériaux volcaniques entremêlés d'eau, lesquels des-
cendirent en partie de la montagne à l'état de pâte ou de boue, et furent en partie entraînés par les rivières. La courbe de niveau de 100 mètres établit assez exactement la limite de la plaine et du terrain accidenté; seule la pointe envoyée par la plaine dans le montagne près de Trénggalek et le long du Brantas au Sud de Blitar est à une altitude un peu plus élevée. L'anse Ouest près de Trénggalek peut être considérée comme une vallée quaternaire de la rivière Béndo et de ses affluents. Les anses horizontales dans la chaîne calcaire au Sud de Blitar sont d'anciennes terrasses formées par la rivière le Brantas et consistent en grande partie en sable du Kéëlout. Les deux rivières (le Bëndo et le Brantas) existaient donc déjà à l’époque quaternaire et probablement elles charriaient alors notablement plus d’eau qu'aujourd'hui, puisque leurs anciens lits sont si larges. D'autre part, il faut admettre que la partie méridionale de la plaine se trouvait encore submergée à une époque relativement récente et formait donc un /ac; on considérera en effet que la limite en est parfaitement horizontale du côté de la chaîne tertiaire. La cause de ce fait réside sans doute dans l’activité du Kélout qui projetait ses produits jusqu’au pied du Wilis près Kédiri, fermait ainsi la plaine et entravait momentanément l'écoulement des eaux, ce qui devait naturellement ;provoquer l'inondation de la partie méridionale. Nous pouvons considérer le grand marais de Rawah Béning, près Tiampourdarat, comme un reste de ce lac. Ce marais diminue sans cesse en étendue par un dessèchement lent, et il y a quelques dizaines d'années seulement, il était encore bien plus vaste. Toutefois il faut attribuer en partie cet abaissement des eaux à une modification dans la décharge. En effet, à son cours supérieur nommé le Tawing, près la désa Dioungké, le Tiampour, qui . traverse le marais, se trouve maintenant réuni par un canal avec le Bëndo, en aval de Dourenan; de sorte qu'actuellement cctte rivière déverse dans le marais bien moins d’eau que dans le temps.
Au voisinage du Këlout et du Wilis, les dépôts de la plaine consistent à la base en tuf durci de sable volcanique gris et grisâtre avec fragments d'andésite et de basalte; à la partie supérieure, ce sont des produits incohérents, des cendres, du sable et des pierres, issus en grande partie du Kéëlout puisque le Wilis est en repos depuis longtemps. Près de Trénggalek, le gravier des fonds de vallée consiste en matériaux altérés des roches brècheuses environnantes, sable, argile et fragments d'andésite ancienne et de basalte, qui proviennent en partie des brèches, en partie de l’andésite compacte et du basalte même. Ici encore les couches inférieures se sont durcies en gâteaux tuffeux compacts.
Au nord. de Paré, la plaine est recouverte par du sable volcanique gris et frais issu du Kélout et apporté par les divers affluents ou bras du Konto.
Nous avons déjà fait observer que les grès et marnes tertiaires de la chaîne septentrionale, frontière du Rémbang, sont couverts d'une couche mince de déjections volcaniques meubles, du Wilis apparemment, qui se sont parfois durcies en grès et en conglomérats. Des ossements fossiles ont été trouvés jusque tout près de la frontière du Rëémbang, à Kédoung bëéning dans le district de Ngandiouk (90 m.) et à Diérouk dans le district de Lengkong (80 m. d’alt.), tandis que la plaine ellemême y est à peu près à 70 mètres au-dessus de la mer. (Voir Verslag van het Mijnwezen over het 2€ kwartaal 1892 p. 15).