‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 112 sur 244 · LOS · texte numérisé non relu

LOS

Presque toujours elles sont groupées en agrégats de plusieurs cristaux pressés les uns contre les autres, parfois aussi enchevêtrés dans plusieurs directions, et 1l n’est pas rare qu’elles forment de belles macles en croix. Les cristaux présentent presque toujours une belle structure zonaire et les zones de teinte différente ont aussi un angle d'extinction différent. Dans l’augite on trouve essentiellement des inclusions de magnétite et d'apatite. Outre le pyroxène vert, il se trouve aussi dans certaines roches un autre pyroxène également monoclinique de couleur grisbrunâtre.

Les cristaux de hornblende non altérés sont brun-foncé, pourvus presque toujours d'un bord noir; la plupart sont en partie décomposés en grains noirs et entourés d'une aréole de petits cristaux d’augite. Il ne faut pas sans doute considérer ceux-ci comme résultant d’une transformation de la hornblende en augite, mais bien plutôt comme un phénomène d’attraction, un dépôt de petites augites autour des cristaux de hornblende préexistants dans la masse encore fluide.

Les cristaux bruns de mica sont aussi décomposés en grains noirs, et il n’est pas rare de voir dans les sections hexagonales, parallèlement aux trois directions, de longues aiguilles brunes, du rutile peut-être, puisque ce minéral paraît se former par la transformation de certaines espèces de mica. L’apatite y est d’ordinaire en inclusions.

Le plagioclase est relativement rare parmi les grands cristaux et il est le plus souvent en très bon état.

La sanidine se rencontre dans les basaltes, mais elle est rare aussi et constitue des cristaux d’une limpidité parfaite, la plupart avec quelques fentes irrégulières.

L'haüyne (ou noséane) paraît ne pas exister dans les basaltes de Bawéan.

L'apatite y existe le plus souvent en inclusions dans l’augite, dans la hornblende et dans le mica; mais aussi séparément en cristaux isolés sans toutefois constituer un véritable élément de la pâte. Il vaut donc mieux la ranger dans les minéraux porphyriques.

La pâte contient d'abord une masse fondamentale, qui devient obscure. entre les nicols croisés; comme elle reste sombre pendant la rotation de la préparation, on est fort tenté de la prendre pour du verre. Toutefois on peut y reconnaître parfois, non seulement les teintes de polarisation faibles de la néphéline, mais aussi les stries de la leucite et la délimitation propre aux grains de leucite; de sorte que, dans la plupart des cas, on a affaire à un agrégat de cristaux de leucite qui ne sont pas séparés d’une manière distincte les uns des autres. Il est d'ailleurs fort possible qu'il y a çà et là un peu de verre véritable.

Dans cette masse fondamentale quasi isotrope, on peut reconnaître presque toujours des cristaux et des microlithes de plagioclase, d’augite,

de magnétite, parfois aussi de leucite et de néphéline. Les grains de leucite atteionent la taille de'‘0.07 à o.15 de millimètre: mais la néphéline ne se .montre que rarement dans les basaltes en cristaux distincts ; toutefois comme la pâte fait parfois gelée avec l'acide chlorhydrique, la néphéline semblerait donc exister çà et là dans la masse fondamentale.

Comme produits de décomposition, les basaltes contiennent de la serpentine, de la chlorite, de la limonite, des zéolithes et du calcaire spathique. Par la diminution de la teneur en olivine les basaltes à leucite de Bawéan se rapprochent des téphrites avec lesquelles ils présentent aussi la plus grande analogie au point de vue de la microstructure. Ces deux roches n’ont pu être séparées sur la carte, puisqu'elles semblent se montrer ensemble partout (peut-être comme deux coulées différentes de lave issues d'un même point d'éruption), et non dans des corps distincts, nettement délimites.

Par l'augmentation de la proportion de sanidine, les basaltes à leucite forment la transition aux phonolithes; mais ce cas semble se présenter rarement.

2. Téphrites, auxquelles se rattachent les Nos..238 à 242, 24408 247 et 261. En échantillons, on peut à peine les distinguer des basaltes; seulement elles ne contiennent jamais d'olivine et elles ont souvent une teinte plus claire que celle des basaltes; cette teinte varie du gris-clair au gris-foncé, et les téphrites noir-sombre manquent.

Les cristaux porphyriques des téphrites sont, à part l'olivine, les mêmes que ceux des basaltes; quelques leucites y ont parfois la taille de 0.3 à 0.5 de millimètre, dans le No. 247 p. ex: Mais on y trouve en outre deux autres minéraux que nous n'avons pas rencontrés à l'état porphyrique dans les basaltes: ce sont la néphéline et l’haüyne.

La néphéline se présente en cristaux courts rectangulaires et limpides longs de 0.7 mm. et larges de 0.4 mm., et qui sont d'ordinaire très purs et privés d’inclusions. Le No. 244 surtout est néphélinifère.

L'haüyne (ou noséane) n'avait encore été trouvée nulle part avec certitude dans les roches de l'Inde Néerlandaise 1). Seules quelques roches de Bawéan renferment ce minéral, du moins on ne l’a pas encore rencontré dans les roches leucitiques de Béësouki (Ringguit, Lourous) et de Diapara (Mouriah).

Parmi les téphrites de Bawéan, je n'ai trouvé d'haüyne que dans IS Nos. 242 ‘et 247; parmi lés leucrites, le WNo248Net parminles phonolithes, le No. 216 seuls contiennent ce minéral, tandis qu'il n’a été rencontré dans aucun des basaltes leucitiques. Nous allons décrire

1) Les anciennes indications de la présence de l’haïüyne dans les andésites de l’Inde reposent sur une erreur.

simultanément les cristaux d'haüyne des quatre roches désignées

plus haut.

On ne peut voir à la loupe les noséanes brunes que dans le No. 242.

Les cristaux d’haüyne sont hexagonaux, quadrangulaires ou irrégulièrement limités, souvent aussi à faces courbes comme s'ils avaient été en partie refondus. La matière propre de l’haüyne ou de la noséane est limpide, incolore; pourtant par suite d’interpositions nombreuses, les cristaux deviennent bleuâtres ou bruns et cette dernière teinte se manifeste aussi aux bords par un commencement de décomposition. La couleur bleue n’est donc pas continue, mais elle est uniquement produite par les interpositions. Dans la Fig. 17 on a représenté quelques-uns de ces cristaux d’haüyne.

Dans les cristaux les plus frais, l’intérieur est limpide, mais le bord est bleuâtre, par la présence de petits grains extrêmement fins et de petites aiguilles qui se coupent sous un angle de 90”. Entre nicols croisés, le cristal devient naturellement obscur dans toutes les positions Dans les cristaux plus altérés, l’intérieur est laiteux, trouble et les interpositions y sont colorées en brun. Je tiens donc ces inclusions pour des filaments et des grains excessivement fins de magnétite ou d’un minéral riche en fer qui par la décomposition prend une teinte brune par suite de la formation d’hydroxyde de fer. De plus, il peut s’y trouver aussi des pores remplis d’air, mais on ne put le constater avec certitude même par les plus forts grossissements. La teinte brune, que présentent sur les bords certains cristaux, doit aussi être considérée comme un phénomène de décomposition. La couleur primitive du minéral est donc limpide, celle des interpositions est noir-sombre, et ce n’est que par altération que les cristaux deviennent bruns par la formation d'hydroxyde de fer. La grosseur des cristaux d’haüyne ne dépasse pas 0.8 mm. à 1 millimètre. |

Les leucites de la pâte atteignent le plus souvent la taille de 0.07 à o.1 de millimètre et elles sont visibles distinctement comme des grains séparés. La pâte de certaines téphrites ne fait pas gelée avec l'acide chlorhydrique ; chez d’autres, au contraire, cette réaction se produit.

3. Leucifites. Seul le No. 248 est si riche en leucite dans la pâte et relativement si pauvre en feldspath, que cette roche peut être rangée dans les leucitites; néanmoins le feldspath ne fait pas entièrement défaut et par là la roche se rapproche des téphrites avec lesquelles d’ailleurs elle offre de l’analogie sous tous les autres rapports.

Les cristaux porphyriques sont les mêmes que ceux dont il a déjà été question; les grains de leucite n’y atteignent que la taille de 0.25 de millimètre. Cette roche renferme aussi des cristaux d’haüyne à teintes bleues, souvent à bords limpides et troubles à l’intérieur par la présence d'un chevelu noir. La pâte ne présente rien de particulier.

En échantillons, cette leucitite est une roche grise qui ne laisse voir que des augites porphyriques.

b. ÆAoches de Bawéan du Musée de Batavia. J'ai examiné au microscope d'anciens échantillons, déposés au Musée de l'Administration des Mines à Batavia et apportés de Bawéan en 1851, par l'ingénieur des mines C. DE GROOT. J'y ai rencontré entre autres:

No. 474. K. (Musée de Batavia) Etiqueté ,,Ile de Bawéan,” sans plus. Une féphrite avec beaucoup de hornblende.

No. 483. K. Entre les poteaux 10 et 11, Bawéan. Pasalte leucitique. No. 485. K. Entre les poteaux 17 et 18 à Tandioung pring. Basalte leucitique avec des olivines extraordinairement grandes (5 mm.).

No. 515. K. Gg. Bantal sousoun. 7éphrite avec des leucites de la taille de 0.8 mm., les plus grandes leucites des roches de Bawéan. No. 516. K. Gg. Bantal sousoun. 7éphrite altérée.

No. 521. K. Sounguéi Radia. 7éphrite.

No. 532. K. Versant du Gg. Tinggui. Zeucifite.

c. Phonolithes. S'y rattachent les Nos. 214 à 218, No. 250, Nos. 252 à 257 et 262; mais il faut y distinguer deux espèces; les Nos. 252 à 257 qui tous existent à proximité du lac et qui renferment des olivines, et les autres roches qui sont tout-à-fait privées d’olivine. L’olivine de ces six roches fait toutefois l'impression d’avoir été enlevée à d’autres roches existant déjà et d’avoir été partiellement fondue à nouveau; comme ces échantillons contiennent aussi plus d’augite que les autres phonolithes, il est probable que lors de leur projection, il s’est pris dans leur masse des matériaux de basaltes leucitiques.

Dans les vraies phonolithes (Nos. 214 à 218, 250 et 262), il existe toujours une pâte Jaune, trouble et à grain très fin, dans laquelle se trouvent des cristaux porphyriques de sanidine, de néphéline, d’augite, de hornblende et d’haüvyne.

La sanidine y est en macles longues, limpides et parfaitement fraîches ; dans les cassures seules on remarque un commencement de décomposition en zéolithe. Dans quelques cristaux simples, on voit une lamelle maclée jusqu'à mi-hauteur. Ces sanidines atteignent la taille de 3 à 4 millimètres.

Les cristaux de réphéline sont la plupart épais, courts, rectangulaires,

longs au maximum de 1 mm. et larges de % mm.; ils sont également très purs et ne renferment que peu d'inlcusions.

Les cristaux W'augite, de hornblende et d'haüyne sont tout à fait identiques à ceux qui ont été décrits pour les téphrites

La pâte contient de petits cristaux de sanidine, de néphéline, de leucite, d’augite et de magnétite; en outre, une masse fondamentale qui devient sombre entre nicols croisés et qui, en grande partie, consiste probablement aussi en matière néphélinique puisqu'elle fait fortement gelée avec l’acide chlorhydrique. Les leucites y atteignent au plus la

taille de 0.15 mm., tandis que les néphélines n'y ont qu'une grosseur de 0.03 à 0.05 mm.

Comme produits secondaires, ces roches renferment de l’hydroxyde de fer, de la chlorite, de petits grains de magnétite, du calcaire spathique et des zéolithes.

Les roches en question sont compactes, d’une teinte qui varie du jaune au brun-hépar; les sanidines seules s’y distinguent en général à l'œil nu. Le No. 217 est une brèche grise à fragments de phonolithe. Le No. 216 est une roche tachetée dont la pâte est brun-hépar, mais dont certaines parties sont noires et irrégulièrement sphériques. Au microscope, il y a fort peu de différence à voir entre les structures des parties jaunes et foncées; toutefois la pâte de ces dernières est beaucoup plus limpide et elle fait, bien moins fortement que celle des autres, gelée avec HCI (et parfois même pas du tout). Il me parait donc que les parties sombres sont plus pauvres en néphéline que la masse principale brun-hépar de cette roche.

ÉÉSautres roches (Nos M2521a0257)èse présentent en fragments, (Nos. 252 à 256) dans un tuf gris (No. 251), aux environs du lac ,, Télaga’”’, et également en fragments (No. 257) dans les tufs fluviatiles quaternaires du village de Péroumahan; toutefois, il existe aussi, à l'Est du lac, de la phonolithe massive, que nous avons déjà décrite plus haut (No. 250) et qui ne contient pas d’olivine. Les six autres Nos. en renferment tous. Ces roches présentent dans une pâte fine, de teinte jaune ou grise, de grands cristaux de sanidine, de néphéline, d’augite, de hornblende, de mica et d’olivine.

L'élément le plus remarquable ici c’est /’olivine, un minéral qui n'existe pas dans les phonolithes et qui présente ici encore le caractère de fragments pris dans la masse en fusion. En effet les cristaux d'olivine, de même que les hornblendes et les feuilles de mica, sont entourés d'une aréole de petites cristaux verts d’augite; de plus, ils sont décomposés aux bords en petits grains, délimités d’une manière irrégulière et Jamais en formes cristallines bien nettes. Cela donne à penser que ces cristaux existaient déjà et qu'ils ont été refondus partiellement sur les bords dans un magma liquide. Les petites augites ont pu de la sorte se former en partie, mais elles peuvent aussi s'être développées directement dans le magma et s'être accumulées autour des cristaux fixes (hornblende, mica et olivine).

La pdte ressemble assez bien à celle des autres phonolithes, mais elle contient d'ordinaire plus d’augite et commence ainsi à se rapprocher de la pâte des basaltes à leucite. Je considère donc ces ,,phonolithes oliviniféres” comme des phonolithes qui se sont assimilé des matériaux de basaltes à leucite et peut être aussi de téphrites.

d. Autres roches éruptives de Bawéan. J'ai découvert deux roches

remarquables, l’une en de gros blocs (No. 249) sur la plage au poteau 11, et l’autre comme inclusion (No. 243) dans la téphrite No. 242 de Tandioung laïar; elles consistent toutes deux presqu'entièrement en cristaux de sanidine.

La première No. 249 est une roche microcristalline grenue d’une teinte blanc-rougeâtre; au microscope, on voit un agrégat de cristaux de sanidine limpides, ainsi que des taches d’hydroxyde de fer, provenant de la magnétite.

La seconde roche, No. 243, est gris-clair, et aussi entièrement cristalline; elle fait cependant une faible effervescence avec les acides à cause de la présence de calcaire spathique. Au microscope, elle contient encore principalement des cristaux de sanidine et un peu d’augite vertsombre ressemblant à la hornblende ; mais il n’y a que peu de magnétite. Puis, des zéolithes et du spath calcaire, peut-être des produits de décomposition de la leucite et de la néphéline que l’on ne peut pourtant plus y reconnaître.

Il n'est pas sûr si ces roches ne représentent, dans les téphrites, que des excrétions riches en feldspath, ou bien si ce sont des fragments de roches plus profondes ou bien encore des filons. La première hypothèse me semble la plus probable.

e. Aoches sédimentaires.

1. Les #7arnes (No. 258) de la rivière Sounguéi Radia près Kadou kadou consistent en gravier des roches leucitiques et néphéliniques environnantes, aggloméré par un ciment calcaire. Ou y trouve des fragments de téphrite (No. 261) et de phonolithe (No. 262), des morceaux de résine fossile (No. 260) et des pétrifications (No. 259) parmi lesquelles surtout des térébratules et des pectens en nombreux exemplaires. Ces derniers appartiennent, paraît-il, aux mêmes espèces que celles qu'on rencontre dans les marnes calcaires néo-tertiaires du Préanguer. Ils ont été envoyés à Leyde pour y ètre déterminés.

2. Des argiles de teinte gris-clair et vert-grisâtre ont été trouvées à proximité de la côte au poteau 29, entre le pasanggrahan Pamona et le village Guëédong diati (No. 276), à environ 30 mètres d'altitude, ainsi qu'au Nord de Sangkapoura, sur la route qui conduit à la côte Nord, entre les villages de Bëlikbak et Sounguéi trous (No. 263).

Cette dernière argile a une altitude de 200 à 250 mètres et contient des fragments (No. 264) d'une roche blanche totalement altérée (phonolithe?), ainsi que des coquilles marines brisées; c'est une preuve frappante qu'à l’époque néo-tertiaire Bawéan était recouvert par la mer au moins jusqu'au niveau actuel de 250 mètres. Dans la poussière de la roche, on peut reconnaître au microscope des particules de feldspath et un peu d’augite.

Au contraire, l'argile du poteau 29 (No. 276) ne contient pas de

fossiles du tout, et elle appartient probablement non au terrain tertiaire, mais au terrain quaternaire.

3: Les grès qui alternent avec les couches d'argile, entre autres à Kadou kadou (No. 265) et à Rodieng rodieng (No. 268), sont de véritables grès quartzeux qui consistent en grains de quartz pour plus de 90 %. Dans la poussière du grès de Kadou kadou (No. 265) qui, selon l'analyse chimique, contient 93.52 % de Si O,, on voit principalement des grains de quartz, limpides ou troubles, ainsi que quelques morceaux de feldspath, des grains d’augite, de la magnétite et de l’hydroxyde de fer, qui a coloré une partie des grains de quartz en jaune ou en brun. Enfin, on y trouve quelques cristaux légèrement teints en rose et réfractant fortement la lumière, en prismes quadrangulaires avec faces d’octaèdre. C'est du zircone.

Ce sable quartzeux ne peut provenir des roches de Bawéan ellesmêmes, car celles-ci n’ont pas de quartz. Il doit donc avoir été apporté par la mer, et il proviendra sans doute d'anciens granits. Dans des anses, furent déposés, mêlés à du sable et de l'argile, les troncs d'arbre que nous rencontrons maintenant à l’état de lignite à structure ligneuse (No. 266), principalement à Kadou kadou. Entre Kadou kadou et Mandheula, se trouvent encore des argiles avec des couches minces de lignite.

4. On a examiné au microscope divers échantillons des calcaires, dont la couleur varie du jaune-clair au gris-blanchâtre et qui, par places, sont quelquefois totalement silicifiés. (C'était surtout dans le but de s'assurer s’il y avait une différence de structure entre les calcaires des hauteurs dans l’intérieur de l'île et ceux qui se trouvent à la côte à quelques mètres d'altitude seulement. Mais il n'existe entre eux aucune distinction nette, d’où l’on aurait pu déduire une différence d'âge. La plupart des calcaires d’ailleurs sont plus ou moins cristallins et ne présentent que fort peu de foraminifères. Le calcaire No. 272, au sud de Mandheula et au Nord-Ouest de Sangkapoura, qui est totalement silicifié, contient quelques coquilles, parmi lesquelles des pectens. Un échantillon de ce calcaire a été expédié à Leyde.

Les calcaires No. 274 du village de Patar et No. 269 du Gg. Batou sont devenus entièrement cristallins.

Dans le calcaire No. 271, recueilli au nord de la désa de Trousan, ° non loin de la source thermale, on trouve des lithothamniums, des orbitoïdes, cycloclypeus, amphistegina et des restes peu distincts d’autres foraminifères. Enfin, le calcaire No. 275, récolté à la côte au poteau 11, contient les plus beaux débris de foraminifères, parmi lesquels les orbitoïdes figurent au premier plan. Ils atteignent de 2 à 3 mm. de longueur et 1.2 mm. en épaisseur; ils ont des chambres médianes en forme de spatule ; chez les uns la chambre centrale est plus grande, chez les

autres plus petite. Les dimensions de la grande chambre centrale sont d'ordinaire de 0.15 mm., et dans ce cas il y a à côté de celle-ci une 2e grande chambre d'un diamètre de 0.10 mm. Ce calcaire contient encore des cycloclypées, longues de 5 à 6 mm., et larges au maximum de 1 mm.; des textulariées, des amphistégines longues de 1.5 mm.; larges de 0.6 mm., avec de gros piliers au centre du disque, et une chambre centrale dont le diamètre est de 0.18 mm. Puis, le Trillina Howchini, de SCHLUMBERGER, en belles sections transversales, tout à fait identiques à la figure que SCHLUMBERGER a donnée de ce fossile (Bulldé la%soc.péol”de France, tiséne XXI r808 Mel ODMES AO)REL quelques autres espèces. Enfin, de beaux débris de Hthothamnium. Ce calcaire a une grande ressemblance avec quelques calcaires néomiocènes ou pliocènes de Java.

Le calcaire des villages de Patar (No. 274) et Rourng (au N. W: de Sangkapoura) se trouve, avec celui du poteau 11 (No. 275), à quelques mètres d'altitude seulement; celui de Roudung (No. 273) (au Nord de Sangkapoura), s'élève à 25 mètres; celui de Tandioung laïar et Trousan (No. 271), à 75 mètres; celui au Sud de Mandheula (No. 272) à 100 mètres; celui de Sounguéitrous (No. 270) à plus de 300 mètres et le calcaire du Gg. Batou (No. 269) à une altitude comprise entre 200 et 300 mètres. De là il résulte que postérieuremeut au dépôt de ce calcaire tertiaire, Bawéan s'est soulevée de 300 mètres au moins dans la partie centrale. Et si l’on ne veut pas admettre que cette partie centrale ait été soulevée plus que les côtes, il faut nécessairement que le calcaire qu'on rencontre à proximité de celles-ci soit plus jeune que celui de l'intérieur, ce qui toutefois n’est pas clairement prouvé par les fossiles.

Résultats. L'île de Bawéan, carré irrégulier de 197.7 kilomètres carrés ou de 3.6 milles géographiques carrés de superficie, consiste en une seule montagne, un ancien volcan d'une hauteur de 655 mètres. Au sommet de cette montagne, on peut distinguer deux anciens cirques et un lac volcanique. L'ancien cirque, le plus extérieur, passe par les sommets Ontié, Bésar (655 m., le point le plus élevé de l’île), Warimguin et Moungou, et il s'ouvre vers le Nord; le cirque intérieur, le plus jeune, est complètement fermé à l'exception d’une entaille vers l'Est où la décharge du lac l’a percé. Dans le cirque intérieur se trouve le lac nommé ,,Télaga”, sur les cartes Télaga Kastobo, carré irrégulier long de 600 m., large de 400 et profond de 139 mètres, à bords abrupts et à décharge du côté de l'Est. Du sommet, ou plutôt du cirque extérieur, le plus grand, la montagne descend de toutes parts vers la mer; elle porte sur son manteau un grand nombre de petits sommets qui ont dû en partie leur origine à l’action érosive des eaux, mais qu'on doit cependant, sans aucun doute, considérer en partie comme

des points d'éruption indépendants. Chez quelques-uns d'entre eux on peut même encore voir un cirque en forme de fer à cheval. Le plus remarquable de ces points est le cône effilé Gg. Tinggui près Bélikbak, haut de 615 mètres. Outre ces petits sommets éruptifs, on ren- Contre encore çà et là des roches sédimentaires, du calcaire et de l'argile, disséminés sur le manteau et au pied du grand volcan. Ces sédiments ont peut-être eu jadis une plus grande extension qu’à l'heure actuelle et ont pu être emportés en partie par les eaux. Dans tous les cas ils font l'effet, non de fragments d'une roche plus ancienne, qui lors de l'éruption auraient été entraînés par les laves, mais de sédiments qui se sont déposés tranquillement sur les roches déjà existantes sous forme d'argile, de sable et de calcaire corallien, et qui plus tard et probablement à plusieurs reprises, auraient été soulevés avec la couche éruptive sous-jacente et amenés à leur position actuelle. Les inclusions de fragments de téphrite et de phonolithe dans quelques-unes des marnes prouvent d’ailleurs clairement qu’une partie de ces sédiments sont incontestablemeut plus récents que la roche éruptive.

En ce qui concerne maintenant les produits de ce grand volcan, ce sont exclusivement des roches à leucite et à néphéline, les unes avec du plagioclase, les autres avec de la sanidine, de l’augite, de la hornblende et du mica. Il faut considérer comme les produits les plus anciens du volcan les phonolithes qui existent au pied Sud du mont près Mandheula, Poudaki timour et Poudaki barat, et il faut aussi les regarder comme formant l'extrémité plane d’une coulée de lave. À l'Ouest de l’île, au village de Guëlam, existe un second grand terrain de phonolithe, où quatre sommets se trouvent l’un près de l’autre, le Gg. Tinedin, à cirque en fer à cheval précédé du contrefort antérieur Gg. Batou bésar; le Gg. Pandiang, le Gg. Lantieng et le cône pointu du Gg. Pétahounan; ce sont probablement tous les quatre des points d'éruption distincts. Il est incertain si ces phonolithes sont du même âge que celles du terrain phonolithique du Sud, puisqu'on ne saurait voir distinctement si elles sont recouvertes par les téphrites et les basaltes leucitiques environnants.

Le volcan a ensuite mis au jour des téphrites et des basaltes leucitiques, roches qui constituent la masse principale de ce volcan. On n’a pu les séparer sur la carte et quand la teneur en olivine devient faible, elles passent d’ailleurs l’une à l’autre par leur caractère pétrographique.

Les produits les plus récents du volcan Bawéan sont encore des phonolithes, se présentant partie en coulées de lave, partie en fragments dans les tufs. On ne rencontre ces tufs qu'autour du cirque le plus jeune et le lac lui-même est situé dans les tufs. Cependant cette jeune phonolithe des tufs se distingue de la phonolithe plus ancienne par la présence de fragments d’olivine, irrégulièrement délimités et dont les

bords ont été en quelque sorte fondus et décomposés en matière grenue; ils font ainsi l’effet de dériver de roches plus anciennes. Je crois donc devoir admettre aussi que, lors de l'éruption de phonolithes la plus récente, des basaltes à leucite et des téphrites ont été en partie pris dans la masse en fusion, et que c’est de la sorte qu'il faut expliquer la présence de l’olivine dans ces phonolithes. Quelques roches cristallines, consistant en un agrégat grenu de cristaux de sanidine, parfois avec un peu de grains d’augite, sont ou bien d'anciennes inclusions, ou plus vraisemblablement, des excrétions riches en feldspath dans les téphrites et les phonolithes.

Le Gg. Tinggui, qui est situé au Sud de l’ancien cirque, a fourni du basalte leucitique gisant en gros blocs sur un tuf argileux blanc, probablement de nature phonolithique, et déposé peut-être sous la mer, bien qu'on n'ait pas rencontré de coquilles marines dans le tuf même, mais à proximité de celui-ci, dans une argile grise. Ce tuf blanc a probablement été projeté par le cratère principal et il appartient aux produits les plus anciens du volcan; peut-être date-t-il de l’éruption de phonolite la plus ancienne, laquelle a pu se faire sous la mer.

Comme curiosité pétrographique, il faut citer ce fait que certaines téphrites et phonolithes contiennent de petits cristaux d’haüyne (noséane).

Plus tard, des roches tertiaires se sont déposées en divers points du manteau. Dans les marnes de Kadou kadou, on trouve des fragments des roches des alentours, à côte de résine fossile et de coquilles marines néo-tertiaires. Moins âgés que ces marnes sont les grès, les argiles et les lignites de Kadou kadou, qui auront été apparemment déposés dans une anse; plus jeune aussi sont les argiles avec petites couches de lignite entré Kadou kadou et Mandheula; enfin, les grès quartzeux et les argiles près de la désa Rodieng rodieng.

L'étage supérieur du terrain tertiaire paraît ici, comme à Java, consister en calcaire, bien qu'on n'ait vu nulle part le calcaire au-dessus des argiles et des grès de Bawean. D'ailleurs, pour les raisons exposées déjà, 1l est fort probable que le calcaire qui existe à une altitude de 200 à 300 mètres, est plus ancien que celui qui se montre beaucoup plus bas près de la côte, car ce dernier peut être quaternaire ou même moderne.

En divers endroits de la côte, on trouve des dépôts d’alluvions des rivières, aménagés en rizières (sawahs) et consistant pour la plupart en argile grise et en sable marin. Mais à certaines places se trouvent, 10 à 30 mètres au-dessus du niveau de ces sawahs, des plateaux horizontaux ou faiblement inclinés d'argile brune, qu'on doit considérer comme des dépôts plus anciens des rivières ou de la mer; sur la carte ils sont signalés comme quaternaires. Un pareil plateau existe à la côte Ouest à la désa de Guëlam, à 12 mètres d’altitude, et un autre

es

encore un peu plus au Nord à la désa de Pékalongan, à une altitude moyenne de 20 mètres.

A la côte Nord, de pareils dépôts ne se rencontrent pas le long de la côte même; mais au village de Péroumahan, dans la vallée de la petite rivière qui sort du lac et qui se jette dans la mer près Tambak, on trouve une terrasse d'une hauteur de 10 à 12 mètres au-dessus du niveau actuel de la rivière et qui consiste en couches horizontales de sable et de lapilli enfermant de gros blocs de phonolithe. Ceux-ci donnent la preuve que cette petite rivière avait, à une époque antérieure, un niveau notablement plus élevé et charriait aussi beaucoup plus d’eau qu'à l’époque actuelle. Ce dépôt aussi à été signalé comme quaternaire sur la carte. Le long de la côte orientale s'étend un plateau quaternaire, à une vingtaine de mètres d'altitude aux désas de Daoun barat et Daoun laout.

Enfin, à la côte Sud on trouve l'argile quaternaire brun-rouge à l'Ouest de Sangkapoura, aux désas de Patar et Pamasaran jusqu'à 40 mètres au-dessus de la mer; un peu plus à l'Ouest, il y a encore un terrain pareil, à 3o mètres d'altitude. Dans cette argile brune on n’a pas rencontré de fossiles.

Dans l'argile alluviale à l'Est de Tandioung pring, à la côte septententrionale de l'île, on a trouvé des concrétions calcaires marneuses rondes, pareilles à ce qu'on nomme les ,,nodules du Krakatau.”

En quatre endroits de l’île apparaissent des sources thermales, savoir au Nord de Trousan; au village de Rouding, à proximité de Sangkapoura; et au mont Pétahounan, cité déjà plus haut. Toutes Jjaillissent du calcaire et déposent du tuf calcaire. Une quatrième source semble se trouver aussi dans le calcaire, à proximité de la côte Nord-Est à la désa Képouh laout; mais le temps m'a fait défaut pour visiter cette localité.

S'ourabaïa.

Ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut en passant, Sourabaïa consiste dans sa partie septentrionale en sédiments tertiaires, qui forment le prolongement de Madoura et qui en sont séparés par un bras de mer étroit lequel, dans ses parties les plus resserrées, n’a qu’une largeur de 2} à 3 kilomètres et une profondeur de 16 à 17 mètres. Afin d'expliquer comment le nord de Sourabaïa a été séparé de Madoura, il suffit d'admettre un léger plissement des couches en forme de bassin, et 1l n’est pas nécessaire de recourir à l'hypothèse d’une faille. Dès lors, les couches marneuses de Grisée et de Kamal doivent présenter, vers le milieu du détroit, une inclinaison de 4, c. à d. de o° 38' seulement.

A. Les roches miocènes.

Ainsi qu'à Madoura, les dépots tertiaires de Sourabaïa n'existent que dans deux étages et ils sont constitués, en bas par des marnes, en haut par du calcaire.

Etage marneux m,. Cet étage consiste en marnes tendres, marnes arénacées et argiles de différentes teintes, grises et grisâtres.

Les marnes apparaissent en /rors chaînes de hauteurs. Le long de la côte Nord, depuis Sidaïou jusqu’à la frontière du Rémbang, s'étend une chaîne de calcaire et de calcaire marneux, sous laquelle se montrent des marnes vers le Sud; celles-ci sont bien à découvert entre autres sur la route de Blimbing (poste Brondong) au Sud vers Wringuin anom, à la rivière Solo. Les calcaires et les marnes sous-jacentes n'ont qu'une légère inclinaison, le plus souvent vers le Nord, parfois aussi vers le Sud.

Une seconde chaîne de collines de roches marneuses existe au Sud de Sourabaïa ; elle s'étend de la rivière Sourabaïa, depuis le domaine de Gounoung sari, Jusqu'au Sud de Tiërmée, sur une longueur de 18.5 kilomètres, une largeur de 3 kilomètres environ, et à l'altitude de 40 à 50 mètres seulement, où à une hauteur de 30 à 40 mètres au-dessus de la plaine environnante.

Dans le domaine de Gounoung sari, au versant de la colline sur laquelle se trouve le tombeau de ROTHENBUHLER, membre du conseil de l'Inde Néerlandaise, s'échappe de ces marnes une petite source, dégageant une faible odeur de pétrole et dont l’eau est utilisée pour faire des pâtisseries du pays, auxquelles elles donne une saveur parfumée particulière.

À six kilomètres plus à l'Ouest, au village de Lida, il y a une source de pétrole, un liquide épais et brun.

Non loin de l'extrémité occidentale de la chaîne, la roche non altérée est très nettement visible d’abord aux désas de Watou wetan et Tiopèr, où elle est légèrement inclinée vers le Nord, et puis à la désa de Domas, où elle incline faiblement vers le Sud; la direction est de 85, l'inclinaison de 6° environ. Les marnes sableuses et les argiles y forment donc une selle peu développée, recouverte parfois d’un peu d'argile alluviale. De Tiopèr, une route conduit a Tiérmée par Bobok, en grande partie à travers une plaine d’alluvion sous laquelle apparaissent cependant, sur une petite étendue, des marnes sableuses au village. de Këébon dalëm, un peu au Sud de Tiérmée; D. — 105° et l—\x5 vers le Nord.

A l'extrémité orientale, au village de Wonokitri, les marnes ne sont pas visibles; on y trouve seulement des grès tuffeux quaternaires (No. 305), déposés horizontalement contre le versant de la colline.

La troisième rangée de collines est située au Sud des précédentes et

n'en est séparée que par une bande marécageuse de sawahs d’une largeur de 2 kilomètres. (Cette rangée commence aussi à la rivière Sourabaïa, vis-à-vis du grand marché Sépandiang. Elle s'étend à l'Ouest, par Këémlagui et par Kabouh, vers la frontière de Këédiri et de Rémbang et plus loin encore le long de la frontière de ces deux résidences, ainsi que nous l'avons déjà signalé dans la description de Kédiri. Dans sa partie orientale, elle n’a que 3 kilomètres de largeur; au Nord de Modiokérto, elle est large de 8 km.; entre Kémlagui et Simo, de 5 km., près Kabouh, de 4 et sur la limite de Kédiri, de 13 kilomètres, ce qui s'explique par les plissements, en nombre variable, des couches marneuses qui font saillie aus-dessus de la plaine. En moyenne l’inclinaison est d'environ 90° (80° à r10°); dans la partie Nord de la chaîne de collines, l’inclinaison a lieu vers le Nord; au Sud, elle a lieu vers le Sud, de sorte qu'il se forme une selle ou plusieurs selles successives, alternant avec des bassins. La 2e chaîne marneuse mentionnée plus haut se rattache elle aussi tout naturellement, sous forme de bassin, avec la 3e chaîne, par-dessous la plaine horizontale des sawahs, ainsi qu'on l’a figuré au Profil No. VIIT. La chaîne n’est pas entièrement constituée par des marnes, mais aussi par dur calearemenplobé carnet là dans: les, marnes, et en grès peu cohérents, conglomérats et brèches meubles de matériaux volcaniques, qui ne se montrent que dans les portions Nord et Sud de la série et sont toujours les couches les plus récentes. Elles sont déjà pliocènes peutêtre ou appartiennent même au quaternaire inférieur.

La hauteur de la chaîne marneuse est de 50 à 100 mètres dans la portion orientale; elle est de 150 à 170 m. plus vers l'Ouest, et près de la frontière du Kédiri elle atteint même environ 240 mètres.

À l'extrémité orientale de cette chaîne, non loin de la rivière Sourabaïa, les marnes sont encore une fois fort altérées et recouvertes par des grès quaternaires.

Un peu plus vers l'Ouest, entre Bambé, sur la rivière Sourabaïa, et Télogo tandioung, on trouve des marnes, des argiles grisâtres tendres, un peu de calcaire (No. 284), tout près de la fabrique d'iode de Guënouk watou appartenant à M. ELLINGER.

La direction et l’inclinaison de ces marnes ne peuvent y être bien déterminées, D — 105, 1 — + 20° vers le Sud; pour le calcaire, D — 80°, | — 15° vers le Sud. Plus au Nord, la direction ne saurait être mesurée, mais elle est, semble-t-il, légèrement Nord; les marnes disparaissent près Télogo tandioung sous une plaine horizontale, pour reparaître à 2 kilomètres plus au Nord, près du village de Sépat, dans la 2€ chaine de collines dont il a déjà été question. Les couches forment donc près Guënouk watou une petite selle; précisément au point le plus haut se montre la source saline iodée (No. 285) et tout près de là apparaît aussi un peu de pétrole.

Qi

Plus à l'Ouest, au Nord de Lagoundi, les couches forment encore une selle à Pékalonsan, D'=90% et 105 vers les id tausiend Baniou ourip (64 m. d’alt.) les couches sont probablement horizontales; à Watou pasang et Kédaméan la direction est encore 90°, mais l'inclinaison est de 20° vers le Nord. A l'Ouest de Kédaméan on voit à ciel ouvert dans ces couches une anomalie remarquable, dans une petite rivière qui se jette dans € grand étang (wadouk). On y reconnaît le profil Fig. 18, où les couches, par suite d’une faible faille, viennent buter l’une contre l’autre avec une direction et une inclinaison tout-à-fait différentes; l’une moitié incline vers l'Ouest, l’autre vers le Nord; et la direction des couches est de 90° pour l’une des parties, tandis qu'elle est de 180° pour l’autre; elles sont donc perpendiculaires l'une sur l’autre.

A l'Ouest de Lagoundr, au village de Sémongko, la direction est irrégulière et de -H 20°; l’inclinaison y est de 8° vers l'Est.

Encore plus à l'Ouest, au Nord du village de Karang gaïam, situé sur la rivière Sourabaïa, au poteau 25, on trouve au village de K'édoung warou et un peu au Nord de cette localité, les sources iodées:bien connues depuis longtemps. Ces sources prennent aussi naissance sur une petite selle, ainsi qu’on l’a représenté dans la Fig. 19. Au bord Sud de la chaîne de collines, les couches de marnes et d'argile ont une direction de 80’ environ et une inclinaison de 30° à 40° vers le Sud; un peu plus au Nord, cette inclinaison descend à 20° et même plus bas; à la source même, les couches sont horizontales et plus au Nord, à Soumbèër ploso, la direction est de 75° et l’inclinaison de 15° vers le Nord. Autour de la source, 1l s’est formé un petit mamelon plat de boue, sous lequel apparaissent sur les bords les marnes avec des coquilles marines brisées.

La source donne une eau saline iodifère, mélangée d’une argile grisfoncé très fine; il se dégage aussi du gaz des marais que l’on peut allumer si on le recucille avec prècaution. Le débit de cette source n'est pas considérable, mais on pourrait peut-être l’augmenter par des forages.

Au nord de Soumbèër ploso, où les couches inclinent de 15° vers le Nord, elles semblent d'abord incliner encore faiblement au Nord, prendre la position horizontale, incliner au Sud près Souko et enfin encore une fois au Nord près Lingsir. On peut ainsi se rendre compte pourquoi près Këdoung warou la chaîne de collines est deux fois plus large que plus à l'Est près Këdaméan; c’est que près Këdoung warou les couches forment deux selles adjacentes, tandis qu'elles n’en forment qu'une seule près Këédaméan.

Entre Kéëmlaguri et Simo, de plus en plus à l'Ouest, les couches paraissent ne former qu'une selle faiblement prononcée et la largeur de la rangée de collines n’y est que de 5 kilomètres. Au bord méridional de cette chaîne, au doukouh Trouneng (nommé par erreur Doekoeh Wonoredjo sur la carte topogr. feuille F. X), la direction des couches est de 105”, leur

inclinaison de 25° vers le Sud; plus au Nord, les couches sont moins inclinées, horizontales peut-être, mais on ne saurait le mesurer. Sur la route, un peu avant le village de Tiéndoro et près d'une petite maison isolée, on rencontre une anomalie dans le gisement, par suite d'un fort plissement; la direction est d'abord de 165”, la pente de 50° vers l'Ouest, et tout près de là, la direction est de 110° et l'inclinaison de 10 vers le Nord. (Voir Fig. 20). On a donc affaire ici à une petite selle aigue dans les mêmes marnes sableuses et argiles à teinte claire, ou seulement à une simple courbure (voir Fig. 21.)

Au Sud de Simo, dans la petite rivière du même nom, les couches sont bien à découvert près d’une localité appelée Tambak batou, distante de Simo d'un kilomètre au plus en ligne droite. On y trouve des marnes et des #arnes calcartifères (No. 287) avec les fossiles miocènes ordinaires (No. 286), (conus, oliva, etc).

Enfin, fout près de Simo, se trouvent à découvert dans la rivière outre des marnes (No. 288), des couches fines de brèches (No. 289), avec fragments de roches éruptives altérées. Elles font vivement effervescence avec les acides et contiennent un grand nombre de coquilles mal conservées, à éclat nacré, formant en partie des noyaux pierreux qu, selon M. le Professeur MARTIN, rappellent fort des unionides, de sorte que ces brèches sont des couches d’eau douce. Là-dessus reposent des bancs de cailloux roulés et des couches arénacées avec cailloux roulés d’andésite (No. 290 et 291) sans fossiles, ne faisant pas effervescence avec l'acide chlorhydrique et appartenant déjà peut-être, ainsi que les brèches d’eau douce de tantôt, au terrain pliocène. Puis vient de l'argile jaune, passant à l'argile noire dans sa partie supérieure, et contenant parfois des concrétions calcaires en rognons irréguliers (No. 306) dans les couches supérieures, que nous rattachons à l’âge quaternaire.

Toutes les couches tertiaires que nous venons de nommer sont inclinées vers le Nord; à Tambak batou, on trouva D — 90°, I — 20° vers le Nord; pour les couches de brèches calcarifères dans la rivière Simo, D — 80, I — 25° au Nord; les couches de conglomérat et de grès avec cailloux roulés d’andésite ont également une inclinaison de 20° à 25° N.; chez l'argile jaune seule on ne peut remarquer aucune disposition en couches, et par suite aucune direction ni inclinaison.

Au Sud de Tambak batou, existe une source insignifiante d'eau salée, à faible odeur d'hydrogène sulfuré; on la nomme ,,baniou banguër.”

Lorsqu'on suit la route qui conduit de Simo au Nord vers Mantoup, on arrive, près Ngagrok, au confluent de la rivière de Simo avec la rivière Lamong, dans une argile quaternaire jaune et noire. Environ à un kilomètre plus au Nord, à proximité du village de Gogo kédoung boundér, existent à découvert, dans une petite rivière, des marnes

sableuses avec couches de marnes calcareuses interposées (No. 292) fossilifères ; D. — 8o°,.1. — 20° vers le Sud.

Ces couches sont recouvertes immédiatement par de l'argile noire. S1 à partir de cet endroit, on continue vers le Nord, on reste dans un terrain sensiblement horizontal ou faiblement ondulé qui n'est constitué, autant que cela puisse se voir dans les ravins, que par de l'argile jaune quaternaire devenant peu à peu noire vers le haut. Près de Mantoup, on arrive à des couches de marnes calcaires, légèrement inclinées vers le Nord, et que nous décrirons ultérieurement.

Nous suivons à présent notre 3° chaîne marneuse, depuis Simo plus avant vers l'Ouest, et nous trouvons d’abord, à l'Ouest de la source ,baniou banguër” citée tout-à-l'heure, deux autres sources d’eau salée, mêlée de pétrole et contenant aussi une faible proportion d'iode. On les nomme Gounoung lantoung et Mouloudan. Au Sud-Ouest de celles-ci, non loin du village de Tioupak, il y a une autre source d'eau salée ; et à 74 kilomètres à l'Ouest de cette dernière, il y a encore une pareille source, au village de Guësing lor.

La grande route qui conduit de Diombang au Nord vers Nguimbang par Ploso coupe notre chaîne de collines entre Kabouh et Kambangan. À Kambangan même, les couches semblent incliner vers le Nord, mais on n'a pas bien pu déterminer cette inclinaison; au point le plus haut de la route, à 115 mètres d'altitude, un peu au Sud du hameau de

Broumboung, D: = %80;,; 1122 25 vers le Suds à 2 /kilometresiples au Sud, Lau Gg: Dowo, D\— 90° et I. — 40° vers le Sud; ar Nord de Kabouh, au Gg. Dakon, se montrent des marnes sableuses avec couches de marnes calcareuses interposées et dont D. — 85°, I. — 50°

vers le Sud; plus vers le Sud, l'inclinaison diminue jusqu'à 25°; à la cascade, encore la même inclinaison, toujours au Sud, jusqu’à ce que les couches disparaissent sous l'argile noire de la plaine, tout près de Kabouh. En ce dernier endroit, les couches sont fortement arénacées et passent même à des grès purs de gravier d’andésite (Nos. 293 et 294) qui ne font plus effervescence avec l'acide chlorhydrique. Seules les couches marneuses sous-jacentes à fossiles (No. 295) y sont calcarifères.

Encore plus à l'Ouest, la chaîne calcaire devient brusquement deux fois plus large que près Kabouh et garde cette largeur jusqu'à la frontière de Rémbang. Cela résulte de nouveau d’un double plissement, de la formation de deux selles juxtaposées.

Ax Sud-Ouest de Tèmpèl, à 4 kilomètres de cette localité, existe, dans la vallée d'une petite rivière, une source d’eau salée nommée ,,Mantroung””.

Au monticule Gouwa, non loin de la frontière du Rémbang, il y a du calcaire marneux (No. 206) entre les marnes.

Nous terminons ainsi la description de la 3° chaîne marneuse, la plus méridionale de Sourabaïa. Il nous reste encore à rapporter que divers

Page 1