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C. Dépots quaternaïres et modernes

Sourabaïa consiste, pour une grande partie, en sédiments post-tertiaires qui forment de vastes plaines et qui ont été déposés principalement par la rivière Sourabaïa ou Brantas et par le Solo. Quelques-unes de ces plaines sont constituées toutefois par des dépôts marins à coquillages marins nombreux ; et le plus souvent il est fort difficile d'établir une limite précise entre les dépôts des rivières et les sédiments marins ou d'eau saumâtre.

En ce qui concerne l’âge, ou peut distinguer :

Dépôts quaternaïres. Ms consistent, partie en matériaux arénacés volcaniques, partie en argile jaune et brune. La grande majorité de ces matériaux a été apportée par les rivières. L'argile jaune est aussi, pour une certaine portion, un produit d’altération local des roches tertiaires argileuses et marneuses sous-jacentes.

2. Dépôts alluviaux fluviatiles. Ceux-ci sont partout à moins de

15 mètres d'altitude, et d'ordinaire à quelques mètres seulement audessus de la rivière qui a déposé les sédiments. A la limite du quaternaire on peut remarquer parfois une différence de hauteur, une PebteMterrasse de 2Noutismetres;t/et\à cet endroit. la nature du sol change aussi d'ordinaire. L’argile quaternaire est le plus souvent jaune ou brune; seule la présence de débris de végétaux ou d'humus lui donne une teinte sombre. L’argile alluviale a d'ordinaire une teinte grise ou grisâtre. D'ailleurs, la transition des dépôts quaternaires à l’alluvium plus récent n’est pas toujours bien brusque; et dans ce cas on a, plus ou moins arbitrairement, fixé la limite à une dizaine de mètres d'altitude. Elle se trouve même d'ordinaire un peu plus bas. Ainsi tout ce qui, sur la carte de Sourabaïa, est représenté comme de l’alluvium, se trouve au maximum à 10 mètres au-dessus de la mer.

3. Alluvium marin. Celui-ci s'élève au plus à 5 mètres d'altitude, dans les limites tout au moins où les dépôts peuvent être distinctement reconnus comme sédiments marins. Il se peut qu’une partie de ce que nous prenons pour de l’alluvium de rivières — n’y ayant pas trouvé des coquilles marines — ait été tout-de-mème déposé par la mer, car il n’est pas rare que l'argile marine ressemble entièrement à l'argile fluviatile. On trouve ces dépôts d’alluvium marin, d’abord en une bande étroite le long de la côte que les indigènes ont aménagée en viviers de pisciculture. Ils sont situés plus bas que le niveau des hautes-eaux, et dépassent donc de 1 ou 2 mètres seulement le niveau moyen de la mer. Mais en Sourabaïa, ces sédiments marins s'étendent encore fort loin dans l’intérieur du pays, entre autres jusque dans le voisinage de Boundër et de Lamongan, qui actuellement se trouvent distantes de la mer respectivement de 9 et de 22 kilomètres ; à l'Ouest de Lamongan, on n'a pu encore constater la présence de l’alluvium marin, bien qu'il doive y exister probablement.

Il importe maintenant d'examiner d’un peu plus près ces diverses plaines. |

a. ZLa plaine de la rivière Brantas. Cette plaine est le prolongement de celle du Kédiri; elle est située à la frontière de Sourabaïa à 40 mètres d'altitude environ, tandis que la rivière Brantas se trouve près de 10 mètres plus bas. Les dépôts quaternaires du Brantas ont donc été entamés par la rivière elle-même jusqu'à une profondeur de 10 mètres; et nous devons admettre que lors du dépôt des matériaux de la plaine, le niveau de l’eau était plus élevé de 10 mètres au moins. Il faut de plus qu'à cette époque la rivière charriait notablement plus d’eau qu'aujourd'hui, car la vallée quaternaire du Brantas présente une largeur d'environ 20 kilomètres.

La plaine du Brantas incline faiblement vers l'Est. Depuis la: frontière du Kédiri jusqu'à la limite de l’alluvium, à la halte de Toulangan,

le terrain descend depuis 40 m. jusqu'à 10 m. sur une étendue de 60 kilomètres; puis, depuis Toulangan jusqu'à la mer, sur une étendue de 20 kilomètres, il descend encore de 10 mètres, de sorte que la pente moyenne de tout le terrain est de 1 sur 2000.

Du Nord au Sud, la vallée est légèrement évidée en forme d’assiette. Ainsi, au Nord de Modiokërto, la limite de la plaine et de la chaîne de collines tertiaires est à 40 mètres d'altitude; elle descend alors vers le Sud, jusque près Modiokérto, et jusqu'à 23 mètres environ (la rivière elle même descend jusqu'à + 20 m.); puis elle monte au Sud, vers le pied de la chaîne volcanique, jusqu'à 60 mètres et elle y passe très graduellement au pied du volcan. Les matériaux qui descendirent de la montagne sous forme de pâte, et ceux qui furent entraînés vers le bas par les eaux de pluie et par les rivières, se mêlèrent aux dépôts du Brantas et forment actuellement avec ces derniers une seule et même masse.

D'ailleurs il va de soi que non seulement le Brantas, mais aussi tous ses affluents ont contribué à la formation de la plaine. C'est ainsi que ‘ancienne rivière Konto à enlevé à l'Andiasmoro une grande quantité de blocs de basalte et les a déposés au S. W. de Diombang, sous forme d'une petite arête sur laquelle est situé à présent le signal Tounggorono (48 m. d’alt). Il serait difficile d'expliquer autrement la présence de ces blocs, car les blocs du Kélout, pour la plupart, ne consistent pas en basalte mais en andésite, et l'on ne peut pas davantage considérer la petite arête comme un point d'éruption distinct. Ces blocs auront donc bien été apportés par le Konto; mais ils doivent provenir de l'extrémité occidentale de la chaîne de l'Andiasmoro, dont nous avons déjà décrit les basaltes (voir Pasourouhan).

La roche du Tounggorono (No. 307) est gris-clair, à grain fin, quelque peuvporeuse ettellefathleter dune Mave volcanique récente. Au microscope c'est un basalte avec de l’olivine fraîche devenue brun-rouge seulement en partie.

La composition des matériaux de la plaine ne peut être déterminée que dans les couches supérieures, puisque les rivières sont tout au plus à 10 mètres en-dessous de la plaine, et que des sondages n'ont pas encore été effectués dans ce terrain. L’énorme majorité de ces couches consiste en matériaux volcaniques fins et grossiers, issus des volcans Kawi, Kélout, Dorowati-Loksongo et Andiasmoro. A la limite septentrionale de la plaine, à proximité de la chaîne de collines tertiaires, les matériaux volcaniques sont entremêlés davantage d'argile et parfois ils sont totalement argileux; cela est tout naturel, car les argiles altérées et les marnes ont fourni en partie les matériaux de cet endroit.

En direction orientale, dans la partie située à moins de 10 mètres au-dessus de la mer et signalée comme alluvium, aux environs de

Sidoardio, p. ex., lé sol, formé encore d'un sable fin, est déjà mélangé de beaucoup d'argile. Plus vers l'Est encore, on arrive dans la région côtière très basse, le terrain des viviers à poisson, qui consiste en argile alluviale marine.

Enfin, en ce qui concerne maintenant la composition de la partie de la vallée que nous ne pouvons observer, il n'est pas douteux que les couches tertiaires de la chaîne de collines Kabouh-Kémlagui, etc., horizontales ou du moins sensiblement horizontales, constituent la base des sédiments quaternaires, ainsi que nous l'avons admis pour le fond de la mer entre Madoura et Probolinggo. Car le terrain, occupé maintenant par la plaine du Brantas, n'est autre chose que le prolongement du détroit de Madoura, une anse formée par la mer, qui après le plissement et le soulèvement des couches tertiaires s'étendait encore fort loin probablement en Kédiri jusque près Touloungagoung et Trënggalek, et qui s'est comblée lentement, aux âges quaternaires et modernes, par les dépôts des rivières et la boue des volcans. Les couches inférieures de la plaine, notamment celles qui reposent directement sur les couches tertiaires, peuvent donc encore être fort bien d’origine marine ou provenir d'eaux saumâtres, et se trouver dérobées au regard par les dépôts fluviatiles qui les recouvrent.

L'existence réelle de couches tertiaires latentes sous la plaine alluviale, à proximité de la côte, nous fut déjà révèlée par les marnes à foraminifères amenées au jour par M. STOOP lors des sondages effectués au village de Krouko; elle fut encore confirmée davantage par les fragments de coquillages que rejettent les sources boueuses de Kalang aniar.

Les sources boueuses de Kalang antar et de Pouloungan. A V'Est de Guëdangan, très près de la côte, dans le prolongement de la chaîne de collines tertiaires de Lagoundi et de Sémongko (voir plus haut), on trouve deux petites collines, consistant l’une et l’autre en argile (No. 279) qui a été rejetée par des sources thermales. La plus orientale et en même temps la plus grande, est située près du village de Kalang aniar et porte sur son versant la ruine d'un monument hindou, ce. qui prouve que cette colline est vieille d'au moins 500 ans; car tel est le temps écoulé depuis qu'à Java le mahométisme a supplanté l'hindouisme et qu'il n'a plus été construit de monuments hindous dans l’île.

Autour de sa bouche, la source a édifié une colline de 13 mètres de hauteur; et elle projette encore constamment une ‘boue tiède (No: 270), des particules argileuses entremêlées d’eau salée; dans l'argile, on trouve des fragments de coquillages marins et des morceaux de calcaire (No. 280) qui ont été envoyés à Leyde pour y être déterminés. Ils proviennent du sous-sol tertiaire. La colline de Pouloungan est une

colline argileuse pareille, formée également par une source thermale, mais beaucoup plus petite et aussi moins haute que celle de Kalang

anlar.

L'eau de Kalang aniar (No. 278) fut analysée chimiquement à Freiberg en Saxe par M. le Dr. Pauz Mann.

Voici les résultats de l'analyse :

1000 grammes d'eau contiennent:

sulfate de potassium 0.058102 sulfate de sodium 0.015622 carbonate de calcium 0.173107 carbonate de strontium 0.030278 ) se trouvent dans l’eau à carbonate de magnésium 0.281738 \ l'état de bicarbonates.

carbonate de sodium P214OLC iodure de sodium 0.110487 bromure de sodium 0.086692 chlorure de sodium 24.094939 silice O.020117 Total des éléments fixes : 26.085092 gr.

Poids du résidu après calcination à 180° 26.205103 gr.

Les sels dissous consistent donc, pour la plus grande partie, en chlorure de sodium, avec un peu de carbonate de sodium. Mais l'eau de Kalang aniar contient, en proportion notable, de l'iode et du brôme, ce qui constitue une propriété remarquable de la plupart des sources jaillissant dans cette chaîne de collines tertiaires.

L'argile (No. 270) de la source de Kalang aniar fut examinée par M. E. ZIESSLER à Freiberg. Il la soumit à l'observation microscopique et il trouva, parmi les grains les plus volumineux de cette boue, du plagioclase, de l'augite, de la magnétite, du mica, de la titanite, du zircone, de la pyrite et de très jolies coquilles de foraminifères.

L'analyse d'une petite quantité de cette argile, desséchée à 120 degrés C. donna les proportions suivantes :

ÉILNES DE DR A ER STADE DES ur PAR EE ER APE AS AURA EE ESC of 2 diner sx 18.7 ORUE TORMEUR AC HAE OA RER ER, PE ER O oxyde. de pealcitm es lune RES (ee EMA 20 oxyde de ANA NÉS EM TT SR RC TA oxyde, dé fpotaAssium PRE REERC ee 1.87 Oxyde de SON 27 LE Re PR er auhydride-CarbOniQqUue RAR RSR te. ER 'otalitrs 95.66 %

L'eau, prise en deux points différents de la source Kalang aniar, a été analysée dans le temps par P. J. Marer. Il à trouvé (voir Nat. Tijdschr. van Ned. Indië XXX 1868, p. 226 et 230), dans 1000 grammes d’eau:

D D bi

fe B.

Crbonaterder clean tete, 0.13 72 CN 720 carbonate JE MMASNÉSIUNT. MR 2. O.1720 0.276060 Émlorurer de DOS TA Aer 0.1585 O.1855 CHIOTUTCAdE SSD An Li er ai2de 27 TO 24.1710 Chiorures COLOR ET neutre *0:0920 0.160630 Chofrurer de maenesInme 7. 200.4... ? ‘0.000600 O.1242 IQdure de Warner UNE SE LOINOT287 O 1440 bDromure deMMASNEStne NUL :106:03530 0.0338 PLNCELS ARR En EE NE) O6 r06 O.0118 x pare 250400 25.2863

Total des parties fixes, après calcination 25.667 26.300

Poids spécifique = 1.0198.

La moyenne de ces deux analyses donne à peu près la même teneur en chlorure de sodium et en iode, que l'analyse du Dr. Maxx.

Formation de la plaine du Brantas à l'époque préhistorique. Nous avons vu plus haut que les dépôts de la plaine du Brantas appartiennent aux âges quaternaire et moderne, c'est-à-dire à des époques très récentes, géologiquement parlant. Néanmoins, il s'en faut de beaucoup qu’on soit en droit de rapporter la formation de cette plaine, ou même sinplement d’une portion notable de celle-ci, aux temps historiques. Je me vois obligé de traiter brièvement ce point, parce que JUNGHUHN cherche à expliquer l’ancienne tradition que la capitale du royaume de Madiapahit aurait été jadis située à la mer”, en admettant que la partie de la plaine entre Modiokérto et la mer se serait formée dans les 6 derniers siècles; principalement par des inondations considérables provoquées par la rivière Brantas, après des éruptions du Kéëlout (Java IT édition hollandaise p. 113, édition allemande p. 83). L'absurdité de cette assertion est immédiatement évidente, si l'on considère que Modiokérto est à 23 mètres d'altitude et que les monuments hindous situés au Sud de cette localité sont de 40 à 50 mètres au-dessus de la mer. Si donc la mer s’étendait primitivement jusque près Modiokérto, on ne peut admettre que deux hypothèses: Ou l’ancienne Modiokërto se trouvait à la mer et est recouverte à présent par un dépôt du Brantas, épais de 23 mètres; dans cé cas, on ne saurait plus rien voir de l’ancienne capitale, mais il est incontestable que les monuments bien toute la plaine a été soulevée, dans les: 7 derniers siècles, de 23 mètres au niveau de la mer.

hmdous auraient été ensevelis en même temps. Ou Cette dernière supposition est tout aussi absurde que la première, car nulle part on ne reconnait sur les côtes de Java aucun indice d'un

moins au-dessus du

soulèvement aussi considérable à l’époque actuelle. ;

[Ne] [de [ÈS]

I existe d'ailleurs d’autres faits qui prouvent que l’état de la plaine n'a subi que peu de changements dans les temps historiques.

Au Sud de Krian, dans le village Kélaguen, existe une pierre portant la, date "059/Çaka (= /1037taprès J'\C)Mettonlon trouve letmomsdu village lui-même (kelagian) et en second lieu, la mention d'un débordement de la ,grande rivière” à proximité au village ,, Wringuin sapta,” nom sous lequel on désigne le Wringuin pitou actuel (sapta, sanscrit = pitou, Javanais, — sept). L'endroit où ce débordement eut lieu doit être très-probablement cherché sur la rive droite de la rivière, près de la forte sinuosité au village actuel de Péënambangan, à 2 kilomètres au Nord de Wringuin pitou (voir VERBEEK, dans les Notulen der Bestuursvergaderingen van het Bataviaasch Genootschap van Kunsten en Wetenschappen, Tome XXVII, 1889. p. 8 et 9). En outre on trouve aa tdésande Miandidérmo, Vàa45 kilomètres AMMESst dé KTan une porte en briques; et à Tiandipari, non loin de Porong, deux temples en briques, le tout de l’époque hindoue. L’un des temples de Tiandipari porte Mdate 203 Cake rez rtapres JCMrlesSe trouve dansune plaine alluviale très basse, à 7 ou 8 mètres d'altitude tout au plus.

Ces monuments datent de l'époque Modiopaïtique (à peu près entre 1292 et 1480, après J.C); ils prouvent on ne, peut plus clairement que la plaine du Brantas était alors tout-à-fait la même qu'à présent, même dans sa partie la plus basse et la plus récente. La pierre de Këlaguen prouve même qu'il en était ainsi bien longtemps avant, qu'alors les villages de Kélaguen et Wringuin pitou existaient déjà et que la rivière Brantas avait le même cours et présentait les même sinuosités que de nos Jours. On trouve aussi, dans d'anciennes inscriptions, quantité d’autres noms de désas existant encore aujoud'hui (Warou, Bangsri, Diniou, etc.); et nous pouvons donc tenir pour assuré, que dans les 10 derniers siècles foute la plaine du Brantas présentait la même configuration qu'aujourd'hut et qu'elle n'a subt que des modifications insionthantes dans les temps historiques.

On pourrait tout au plus rattacher à l’époque historique l’atterrissement de la bande étroite d'argile marine le long de la côte, ainsi que le transport de limon à la mer par les rivières Brantas et Solo, transport qui se continue toujours. Mais déjà sur la petite colline Kalanganiar, qui existe au bord de cette argile et qui n’est éloignée du rivage que de 3 kilomètres seulement, on trouve les restes d'un monument hindou construit en briques. Aussi, les briques que l'on trouve disséminées çà et là sur les collines Kalang aniar et Pouloungan, ne sont-elles nullement originaires des environs de Modiokérto, et elles n'ont pas été transportées à Pouloungan le long du fond de la mer sur une étendue de 40 (!) kilomètres, pour être rejetées ensuite par cette source boueuse — ainsi que l’admet JUNGHUHN (Java édition hollandaise IT p. 1171, édition

allemande II p. 794). Elles viennent de monuments qui existaient jadis en cet endroit et qu'on y rencontre encore en partie aujourd'hui. HAGEMAN (Nat. Tijdschr. v. N. I. XXIX 1867, p. 372) a déjà appelé jadis l'attention sur l'invraisemblance de l'explication donnée par JUNGHUEHN.

La tradition que Modiopaït était jadis situé à la mer et que de cet endroit des navires prenaient le large, doit donc être probablement comprise en ce sens, que le royaume de Modiopaït avait divers ports de mer. Ceux-ci doivent être cherchés surtout entre Banguil tr Grisée:

b. La plaine de la rivière Solo. Dans la résidence de Madioun, la rivière Solo perce au Nord la chaîne tertiaire tout près de Ngawi, et elle passe alors, en Rémbang, par une plaine quaternaire très étendue qui, à la hauteur de Bodionëgoro, présente une largeur de 20 kilomètres. A la frontière de Sourabaïa, le diluvium atteint une altitude de 70 mètres environ; il y recouvre la chaîne tertiaire; puis il descend vers le Nord avec une faible inclinaison, jusqu’à l'altitude de 10 mètres.

En Sourabaïa, une grande partie du terrain tertiaire, notamment celle qui est au Nord de notre 3° chaîne marneuse jusque près de Këdoung pring, Këémbang bahou, Tiérmée, et au voisinage de notre 2€ chaîne marneuse, se trouve également recouverte par une argile dont la teinte varie du jaune au jaune brun, entremêlée parfois de petits cailloux roulés. Dans cette argile, on ne peut généralement pas reconnaître de stratification, et à un examen superficiel, on est tenté tout d’abord de la prendre pour un vulgaire produit d’altération des argiles et marnes tertiaires inférieures, puisque la couverture suit la configuration du terrain sousjacent, et qu'en certains endroits elle a moins de 1 mètre d'épaisseur. Cependant il n'est pas rare que cette argile jaune présente aussi une épaisseur de plusieurs mètres, entre autres près Simo, sur la route de Mantoup, où, à la rive droite du Simo, l'argile est à découvert sur une épaisseur de 3 à 4 mètres. La partie inférieure de cette argile est jaune-clair, et on ne peut y reconnaître nulle part de stratification. Vers le haut, l'argile prend graduellement une teinte plus foncée, et au dernier demi-mètre elle a passé à une argile gris-sombre dans laquelle se présentent de nombreuses concrétions calcaires réniformes (No. 306). On a affaire ici à un terreau, une ancienne terre végétale, sur laquelle doivent s'être développé des plantes qui probablement ont accéléré ou occasionné le dépôt des concrétions calcaires. On sait que divers arbres et végétaux herbacés déposent de la chaux dans leur tige; et parmi ces plantes, le diati occupe le premier rang; cet arbre se développe maintenant encore de préférence dans les terrains calcaires (marnes et calcaire marneux) de Java oriental.

Je crois donc dès lors pouvoir admettre que partout où ces concrétions

calcaires apparaissent dans le sol argileux noir, croissaient jadis des arbres, principalement des diatis, qui déposaient dans leur tronc des concrétions de phosphate de calcium. Celles-ci après la mort et lors de la décomposition des troncs, restèrent sur l'argile, y furent transformées en carbonate de calcium et puis s'enfoncèrent lentement dans le sol mou, jusqu'à une faible profondeur. 1)

On trouve également ces argiles jaune et brune à une distance de 3 à05 kilomètres à l'Estrde Mantoup, sur la route de Tiërmée; elles y existent à découvert dans de petits ravins, sur une épaisseur de plusieurs mètres.

Je ne crois pas que cette argile soit uniquement un produit d’altération local des argiles et marnes tertiaires, mais je pense qu’elle a été apportée dans le temps par les rivières, à l’époque des crues. Il va de soi que cette argile doit avoir une grande. analogie avec le produit d’altération des marnes, que l’on trouve aussi en divers endroits aux collines mêmes, mais dont l'épaisseur n'est jamais considérable. En effet les matériaux déposés par les rivières ont été naturellement, dans le voisinage des marnes, enlevés aux collines tertiaires; puis ils ont été en partie emportés, mais en partie aussi déposés sur les marnes mêmes.

Sur les marnes marines de Tambak batou (No. 286 et 287) reposent, à Simo, des grès marneux et des marnes brècheuses avec fossiles d’eau douce (No. 288 et 289); puis, des bancs de conglomérats et de grès d'andésite (No. 290 et 291) de 20 mètres d'épaisseur peut-être; l’inclinaison du tout étant de 25 vers le Nord. Là-dessus il y a de l'argile

1) Les excrétions des diatis consistent, d’après une analyse de D. PLESs (Natuurk. Tijdschr. van Ned. Indië XV, 1853 p. 348) en phosphate de calcium hydraté contenant

oxyde de calcium ——1 20:00 anhydride phosphorique — 40.81 eau — 28.50

Par suite de la mort et de la décomposition de ces troncs d’arbre et de leur situation à la surface d’un terrain imprégné d’anhydride carbonique, les rognons de phosphate de calcium doivent se transformer en carbonate de calcium; l'acide phosphorique passe en dissolution et est emporté. e

Nous devons à la bienveillance du DR. J. G. KRAMERS, du laboratoire annexé au jardin botanique de Buitenzorg, l'analyse d’une de ces concrétions calcaires (No. 578) de l'argile noire quaternaire, recueillie dans la résidence de Solo (voir plus loin). Cette analyse a donné:

oxyde de calcium —1 4020006 anhyäride carbonique —V38:15 oxyde de fer et alumine — 1.92 silice — V8 \81 eau AMC IES anhydride phosphorique — 0o.— Total — 98.32 %

Il est à remarquer qu’il n’est pas mème resté trace d’anhydride phosphorique dans ces

concrétions. l

jaune en position horizontale. Si, comme il est probable, les marnes marines No. 286 et 287 appartiennent au miocène supérieur, il est fort possible que les couches d’eau douce No. 288 et 289, les conglomérats et les grès No. 290 et 291 soient déjà pliocènes. Ces derniers ne contiennent pas de chaux; de fossiles pas davantage; et ils sont probablement une ancienne formation côtière. Ces couches sont recouvertes par notre argile quaternaire. Dans la vallée de la rivière Solo, en Rémbang, 1l existe aussi à découvert de pareilles couches de conglomérats.

Un coup d'œil sur la. carte géologique nous fait voir que les dépôts quaternaires de l’ancienne rivièré Solo et de ses affluents recouvrent, . jusque près de Lamongan, la chaîne tertiaire dans laquelle apparaissent, pareils à des îles, quelques terrains marneux et marno-calcaires. A défaut d’'entailles suffisamment profondes, il n’est pas possible d'indiquer l'épaisseur de cette couverture d'argile; du reste, cette épaisseur varie d'un point à un autre. En divers endroits, on a observé une épaisseur de 1 à 5 mètres, mais il est probable qu’elle est çà-et-là notablement plus grande. Vers le Nord, notre couverture quaternaire aboutit à la plaine très basse de Lamongan. Déjà en Rëmbang, le terrain se trouve, de part et d'autre de la rivière Solo, à une altitude de moins de 10 mètres; et non loin de là vers l'Est, en Sourabaïa, à 3 ou 4 kilomètres de la frontière de Rémbang, la plaine n'est que de 4 à 5 mètres au-dessus de [a mer. Le terrain entre cet endroit, Lamongan et Sidaïou, est couvert de plusieurs marécages qui, aux crues de la rivière Solo, sont régulièrement inondés.

Nous avons affaire ici à une formation très récente, mais on se tromperait fort si on allait considérer toute cette plaine comme de l’alluvium de rivière. Lamongan, qui n’est qu'à 3 mètres d'altitude, est bâti sur une couche mince d'argile sableuse sous laquelle existe une couche de coquilles et de sable (No. 308), à une profondeur de 1 à 3 mètres seulement. Cette couche peut se voir dans un grand nombre de puits, car les coquillages marins sont si nombreux dans cette couche qu'on les extrait de puits creusés dans ce but, afin de les utiliser comme gravier pour les routes.

La couche de coquillages est encore à découvert, à la surface du sol, entre Boundèr et Tiérmée (No. 309), à proximité du village de Bandiar aniar lor. M. MARTIN, qui a examiné ces coquilles marines (No. 308 et 309) les tient pour modernes ou pour post-tertiaires. (Beiträge zur Geologie Ost-Asiens, etc., [IT p. 346 et V p.34). Cette dernière localité est à 9 kilomètres de la mer; Lamongan en est distant de 22 kilomètres; primitivement, la mer s’étendait donc au morns jusque là, et probablement encore beaucoup plus avant vers l'Ouest, jusqu'à la frontière de Rëémbang ou même plus loin encore; mais la couche de coquilles n'a pas encore été signalée au-delà de Lamongan. Sur ce

dépôt moderne, se trouve un peu d'argile et de sable, apportés peutêtre par les rivières, peut-être aussi par la mer elle-même.

Par un dépôt continuel de limon au voisinage de son embouchure, la rivière Solo a exhaussé considérablement le fond de la mer: et même dans ces derniers temps, ce limon a commencé à gêner la circulation des navires qui voulaient atteindre le chef-lieu Sourabaïa par la passe dite Westgat (entre Madoura et Sourabaïa). Pour cette raison, on a déplacé un peu vers l'Ouest, par un chenal, l'embouchure de la rivière Solo; mais comme cette amélioration a été jugée insuffisante, on s'occupe maintenant de faire une large percée depuis Wringuin anom en direction septentrionale jusqu’à la mer.

Sur la carte, le terrain situé au-dessus de 10 mètres a été marqué comme quaternaire; en-dessous de 10 mètres, il est indiqué comme alluvium. On peut réellement observer en quelques endroits, au voisinage de la ligne d'altitude de 10 mètres, une variation brusque dans la hauteur, une petite terrasse; et le terrain passe de l'argile grise sableuse à une argile de teinte plus jaune ou jaune-brun. Mais la limite n’est pas partout aussi nettement tranchée, ni sous le rapport topographique ni au point de vue géologique.

Nous avons dit plus haut qu'à l'époque moderne, la mer s'étendait probablement depuis Grisée et Sidaïou vers l'Ouest jusqu'en Rëémbang. Si maintenant nous allons plus loin, et que nous nous figurions enlevée la couverture quaternaire en Rémbang, il devient même probable qu'à l'époque quaternaire un bras de mer peu profond s’étendait depuis Sourabaïa par Rémbang vers Sëmarang et qu'il existait donc alors, à l’ouest de Madoura, une autre grande île, comprenant la partie septentrionale de Sourabaïa et de Rëémbang, tout Diapara et une partie de Semarang. En Diapara, le Mouriah existait alors à l’état d’île distincte. Nous reviendrons plus tard sur ce point.

D. Minéraux utiles.

Ceux-ci se bornent au pétrole et à l'iode. Ces deux substances apparaissent dans la série miocène d’argiles et de marnes et principalement sur la ligne de faîte des couches inclinées ou à proximité de celle-ci, mélangées parfois de gaz combustibles et toujours entremêlées d’eau salée.

Nous traiterons plus loin (voir Sëémarang) du gisement du pétrole et de l’iode.

Les points les plus importants où se rencontre l'eau iodée sont : les sources boueuses de Kalang aniar (No. 278), Guënouk watou (No. 285) et Kédoung warou.

La source de Guënouk watou donnait, en novembre 1887, 30 litres d'eau par minute, soit 43200 litres en 24 heures.

Une analyse de l'eau de cette source (No. 285) recueillie à cette époque, a été faite par le Dr. P. Maxx à Freiberg; elle a donné les résultats suivants: 1000 grammes d'eau contiennent en éléments non volatils:

carbonate de strontium.…..…. 0.147168 gr. | se trouvent dans l’eau à l’état carbonate de calcium... O:417099 ;, | de bicarbonates; ïl vient carbonate de magnésium... 0.331686 , s s'y ajouter du bicarbonate carbonate de potassium... GO 0021." | d’ammonium 0.301590; et carbonate de lithium.......… G020374 | du nitrate d’ammonium (?) carbonate de sodium......... 0.899404 ,;, J) 0.380461. lodurerdesodiume Pt" 7001181400

bromure de sodium.........… 0.027816 .,,

oblorure desoditn, 22.1 23-020073 ;,

anhydride silicique..........… C0047370 ;:

Total — 26.006977 gr.

Somme des matières fixes, après calcination du résidu à 180° centigr. — 26.199108.

Comparons cette analyse à celle de l'eau de la source boueuse de Kalang aniar (No. 278), nous verrons une grande concordance dans les éléments principaux:

Aalang antiar. Guenouk watou.

Somme des éléments fixes 26.09 pour mille. 26.01 pour mille. chlorure de sodium... 24.09 5 23-92 ») carbonate de sodium... 1.21 £ O.90 :

iodure de sodium .......… O.II " O.12 3 bromure de sodium... O.09 js 0.03 3;

Elles contiennent donc l'une et l'autre à peu près la même quantité de chlorure de sodium et d'iodure de sodium; la proportion de brôme seule est légèrement différente.

L'eau de Æédoung warou contient encore plus de matières solides et elle renferme aussi une plus forte proportion d'iode que les sources de Kalang aniar et de Guënouk watou.

En deux points de ces sources fort étendues, Marer a trouvé (Natuurk. Tijdschr. van Ned. Indié, Tome I 1851 p. 474):

26.768 et 27.468 grammes de matières desséchées et 0.11602 gr. d'iode pour mille.

L'eau de Këdoung warou a été analysée plus tard par SCHARLÉE et Mozxs. Ils trouvèrent, dans 1000 grammes, (Natuurk. Tijdschr. van Ned. Indië XXVI 1864 p. 350):

COM ACAICINMNE EE 2er: denses coup 0.555 CAPOTE MALNÉSIUNT. 25.200 uee nus ce ove 0.466 CAOATE TE PSOIUNT.. 0e nee celte constante LOS 70

ONG RE ONE SOON AS PNR OS APUE) node odiunn 0. Ls uscomritesran 20201 CHIORMER EM DONASSIUNN... 2-20 oc mesctosea 0.658 anhvdndeNlelques. an A UM TRANS 0.043 Totat — 26714 Total des matières fixes desséchées à 130° C. —N20607

1) Comme le bromure de sodium n’a pas été déterminé séparément, ce chiffre représente probablement l’iodure et le bromure de sodium réunis.

Mises en parallèle avec les sources iodées de l'Europe, celles de: Kalang aniar, de Gueénouk watou et de Kédoung warou sont exceptionnellement riches en iode. De toutes les sources iodées que je connaisse en Europe, celle de Hall dans la Haute Autriche est la plus riche en iode, et elle ne contient cependant que 0.0426 d'iodure de magnésium (— 0.0423 d'iodure de sodium), avec 0.0584 de bromure de magnésium (— 0.0579 de bromure de sodium) pour 1000 parties d’eau. La teneur en-iode n’est donc à peu près querle + de! celle denosfsources de Sourabaïa. Dans les sources de Kôünigsdorf, dans la Haute-Silésie, la proportion pour 1000 parties d'eau est de 0.016 d'iodure de sodium; pour la source Adelheid près du village de Heilbrünn dans les Alpes bavaroises, elle est de 0.028 (nouvelle analyse 0.030) d'iodure de sodium ; pour celle de Wildegg en Suisse, à Schinzach dans la vallée de l’Aar, de 0.025 d'iodure de sodium et de 0.030 de bromure de sodium. Pour toutes ces ‘sources, la teneur en aode varie donc du au de celle de nos sources.

Ainsi donc, Guénouk watou amène à la surface, en solution aqueuse et en 241beures:

1O2OOX ou 1037 kilogrammes de chlorure de sodium, * 1000 L k PRO & | 43200 X —-— ou 5.2 kilogrammes d'iodure de sodium, 1000 ; ; |

Ce quiet par an

365 XX, 1037 — ÆEr378500-kilopgrammes de chlorure (de sodium environ ;

3653 X 5.2 ou environ 1900 kilogrammes d'iodure de sodium contenant largement 1600 kilogrammes d'iode. Le propriétaire de cette source s'occupe depuis quelques années de la recherche d’un procédé peu dispendieux pour extraire l'iode de la solution.

Le chlorure de sodium pourrait aussi s’en extraire avec avantage ; dans l'Inde Néerlandaise, le débit du sel est un monopole du gouvernement, et on retire le sel de l’eau de la mer dans l’île de Madoura; comme cette eau contient 2.44 % de chlorure de sodium, il est plus avantageux, pour la fabrication du sel, de se servir de l’eau de la mer, que de celle des sources de Kalang aniar et Guénouk watou, même si l’on fait abstraction de cette circonstance que la première existe en quantité inépuisable.

L'eau de Guënouk watou a déjà été analysée dans le temps et à plusieurs reprises; on trouve dans la Natuurk. Tijdschr. voor Ned. Indie, tome XXVI 1864 p. 362, un ensemble des analyses de MAIER en 1850, de MICHIELSEN en 1856, de DIBBITS en 1857, de SCHARLÉE et MOENS en 1863. Ces chimistes ont trouvé respectivement, en 1000 grammes

de liquide :

substances fixes desséchées : 25.28 25.34 25.32 24.99 grammes Phlorurecde sodium’ 272302112430) 24.10, 23.01 : lodures de -sodium:.4,.#0e 00034110 1040 (0095 7L0LT187,

de sorte que la nature de l’eau de la source n'a pas changé sensiblement: toutefois la teneur en chlorure de sodium est actuellement un peu plus forte qu'auparavant.

Le pétrole jaillit dans la même chaîne marneuse à Lida et en d’autres points. Dans le prolongement de la chaîne de Guënouk watou, M. l'ingénieur STOOP a fait quelques sondages qui ont été couronnés de succès. Le pétrole a été, depuis certain temps, introduit daus le commerce et 1l est de vente courante.

Profil No. VII. On peut voir, dans le profil No. VII, le gisement des couches depuis la côte septentrionale jusqu'à la chaîne volcanique. Le sol est formé en bas par des marnes au-dessus desquelles repose du calcaire, recouvert à son tour par des dépôts quaternaires et alluviaux.

Profil No. VIII. Il résulte de ce que j'ai dit dans le texte à propos de la direction et de l'inclinaison des couches, que je ne puis admettre l'interprétation de leur gisement, telle qu'elle est mise en avant par M. J. Ph. ERMELING dans son rapport définitif sur le sondage profond effectué à Grisée (Bijdragen tot het Tijdschrift van het Koninklik Instituut van Ingenieurs, Afdeeling Oost-Java 1870 p. 5 à 13) et par M. P. vaN DiJK dans sa description de la partie septentrionale de la résidence de Sourabaïa. (Jaarboek Mijnwezen 1884 Wetensch. gedéeltép.5:)

Les données qui ont été recueillies lors des sondages faits à Grisée et plus tard à Sourabaïa, laissent beaucoup à désirer sous le rapport de la précision. Autant que j'ai pu m'en assurer, le sondage de Grisée traverse d'abord un peu d’alluvium; puis, à une profondeur de 17 mètres environ, on est arrivé immédiatement aux couches tendres d’argile et de marne qui viennent au jour dans les collines au Sud de Sourabaïa et qui dans les tableaux du sondage ont été mentionnées comme argile tendre Amon avis, lors ‘de ice sondage’ le calcaire de Grisée n'a nullement été percé, parce qu'il recouvre, en position sensiblement horizontale, les argiles sous-jacentes et que le sondage a commencé dans ces dernières couches. Ces argiles, etc., sont devenues marneuses à la profondeur de 170 mètres; et à celle de 193.5 mètres, elles font place à un calcaire marneux avec un peu de sable; à cette profondeur on a obtenu un peu d’eau, qui est venu sourdre en s'élevant un peu au-dessus du sol fréquenté, à 3 mètres d'altitude tout au plus. Ce calcaire gris marneux se continua jusqu'à 299 mètres et il fut alors remplacé par un calcaire plus pur. D'après les analyses, ce calcaire marneux contenait de

15 à 5 % d'éléments insolubles dans l'acide chlorhydrique; le cal-

caire n’en renfermait que 0.6 %. Cependant la transition du calcaire marneux au calcaire paraît se faire très graduellement, car la teinte de grise qu'elle est d'abord devient lentement plus blanche et finalement elle est d'un blanc pur. Or, MM. ERMELING et VAN DIJK rattachent ce calcaire aux couches des collines calcaires près Grisée, ce qui à mon avis n'est pas exact, car les couches sont toutes sensiblement horizontales et on a donc affaire à des couches calcaires d'âge différent.

Le calcaire continue jusqu'à 410 mètres; il devient alors marneux, et à 414 mètres environ il passe à des marnes grises et vert-grisâtre d'une grande épaisseur, car à la fin de l'opération, à la profondeur de 747 mètres, ces marnes n'avaient pas encore été complètement perforées.

Le profond sondage à Sourabaïa, sur lequel on trouve un rapport de M. l'ingénieur STOOP dans le ,,Jaarboek van het Mijnwezen 1883 Il”, et qui fut continué jusqu'à 370 mètres de profondeur, n'a #ullement rencontré la couche de calcaire marneux ni celle de calcaire du puits de Grisée; il resta continuellement dans les couches argileuses et marneuses que M. l'ingénieur STOOP range toutes dans le dépôt du delta de la rivière Brantas, mais qui, à mon avis, doivent incontestablement être en partie tertiaires, exactement comme les couches d'argile tendre de Grisée.

Pour ce qui concerne maintenant le peu de fossiles ramenés par le sondage de Grisée, et que M. MARTIN a considérés dans le temps comme éocènes, ainsi que les pétrifications de la localité nommée plus haut, Tambak batou au Sud de Simo, ce savant a modifié, il n'y à pas longtemps, son opinion sur l'âge de ces pétrifications. Une nouvelle collection de fossiles de Tambak batou lui fut prouvée se composer d'individus néo-tertiaires, miocènes probablement (Beiträge V p. 51) et ainsi vient à tomber l'un des motifs qui l'avaient engagé auparavant à admettre l'existence de couches éocènes dans le sous-sol de Grisée (Beiträge V p. 25). De même, l’orbitoïde trouvée dans le puits de sondage de Grisée à 201 mètres de profondeur, n'appartient pas du tout à l'espèce éocène O. ephippium; c'est une lepidocyclina, une vraie orbitoïde miocène, à chambres médianes rondes ou en forme de spatule; c'est ce que, grâce à l'obligeance de M. le Professeur MARTIN, j'ai eu l’occasion de reconnaître par moi-même.

Comme d’ailleurs la sonde n’a pas remonté des couches plus profondes une seule nummulite, alors que ces foraminifères sont toujours très nombreux dans les couches éocènes de Java, je regarde les couches perforées jusqu'à la profondeur de 747 mètres comme un terrain miocène marneux et argileux avec interposition d'un banc de calcaire de 220 mètres d'épaisseur. Nous rencontrerons en Rémbang une alternance pareille de marnes et de calcaires, et une épaisseur de 747 mètres n’est absolument pas inadmissible pour des couches miocènes,

AO

car en divers endroits de Java, ces couches atteignent une épaisseur de plusieurs milliers de mètres.

Je crois donc que les couches entre Grisée et Sourabaïa ont la disposition qui est figurée au Profil VIII. Les argiles tendres et les marnes tendres pauvres en chaux, qui ont été percées Jusqu'à 194 mètres, sont en partie les mêmes que celles des collines basses au Sud de Sourabaïa; mais la couche aquifère ne vient, paraît-il, nulle part au jour dans ces collines basses, et ceci explique la très faible hauteur ascensionelle de l’eau dans le puits de Grisée.

REMBANG.

Annexes: Profils No. IX à XI.

Catalogue de roches No. 310 à 352; ainsi que No. 359—361 et 369 —373 de Madioun. Dessins Fig. 23—24.

Topographie.

La résidence de Rémbang est le prolongement occidental de la partie septentrionale de Sourabaïa. Comme la chaîne de marnes et d’argiles de Guënouk watou—Simo—Kémlagui--Kabouh forme dans son prolongement occidental, la frontière méridionale de Rëémbang et des résidences de Madioun et Kéëdiri, la portion volcanique tombe complètement en dehors de cette résidence. La constitution géologique de Rémbang est donc dans ses grands traits la même que celle de Madoura et de la partie septentrionale de Sourabaïa. Seulement on trouve aux environs de Lasëm, près de la côte Nord, quelques masses éruptives, parmi lesquelles le Lasém atteint une altitude de 807 mètres; le Gg. Poutiak, plus au Sud, une altitude de 491 mètres et le Gg. Boutak, encore plus au Sud, une hauteur de 677 mètres au-dessus de la mer.

Rémbang a pour limites: à l'Est, Sourabaïa; au Sud, Kédini et Madioun ; à l'Ouest, Sémarang et Diapara; au Nord, la mer.

La rangée méridionale de collines, à la frontière de Madioun, atteint sa plus grande hauteur au Gg. Pandan, à 906 mètres d'altitude. Mais déjà au village de Kélino, non loin du sommet, la hauteur est réduite à 5oo mètres, et la crête de la chaîne ne dépasse nulle part cette altitude, pas plus à l'Est qu'à l'Ouest du Pandan. Aussi le petit massif du Pandan s’élève-t-1l isolément sur cette arête par une pente assez abrupte et attire-t-1l de bien loin déjà le regard.

L’altitude moyenne de la chaîne à la frontière de Rémbang, est de 100 à 150 mètres, et elle n’est plus que de 100 mètres à la brèche qu'y fait la rivière Solo.

A l'exception des monts susnommés (Lasém, Pandan, etc.), Rémbang consiste en un groupe de collines tertiaires, dont les crêtes atteignent de 200 à 300 mètres d'altitude, et qui, en quelques points seulement, s'élèvent jusqu'à 400 mètres au-dessus de la mer.

Entre ces rangées de collines tertiaires, se trouvent de vastes plaines, des dépôts fluviatiles d'une époque antérieure, parmi lesquels ceux de la rivière Solo sont les plus considérables. Ce dernier dépôt n’a pas moins de 20 kilomètres de largeur à Bodionëgoro. Ces plaines descendent depuis l'altitude de 100 mètres jusqu'à celle de 10 mètres; leur inclinaison suit la même direction que celle des rivières qui les arrosent, ce qui prouve déjà qu'elles doivent leur origine à ces rivières ellesmêmes. Le long de la côte Nord et à la limite entre Rémbang et Sourabaïa, au Nord de Bowérno et de Babad, on trouve des plaines alluviales qui sont à moins de 10 mètres d'altitude.

Bassins. Rémbang tout entière fait partie du bassin de la côte Nord.

1. La rivière Solo vient de Madioun et perce, entre Ngawi et Îles villages de Nglouwah et Nglounguir, la chaîne méridionale de Rémbang dans une direction sensiblement Sud-Nord. Ngawi est à 46 mètres d'altitude; en cet endroit, la rivière a une altitude de 37 à 38 mètres et près Nglouwah, de 30 mètres à peu près; la différence de niveau n’atteint donc pas 8 mètres dans la tranchée, dont la longueur est de 15 kilomètres en ligne droite, mais de 37 kilomètres en suivant les sinuosités nombreuses de la rivière. Depuis Nglouwah et Nglounguir, en passant par les localités Tiépou, Padangan, Malo, Pandiounan ou Kali tidou, Bodionëgoro, jusqu'à l'alluvium à proximité de la frontière de Sourabaïa, à Babad, la rivière coule dans un terrain plat qui descend depuis 50 mètres jusqu'à 15 mètres, tandis que la rivière Solo elle-même est à l'altitude de 30 mètres à Nglouwah, de 20 à Malo, de 15 à la limite de l’alluvium et de 10 mètres à la frontière de Sourabaïa. Ici la pente de la rivière est donc moindre encore que dans la percée, où elle est de +355 — +653, tandis que, entre Nglouwah et Malo, elle est de 457 et entre Malo et la frontière de Sourabaïa, de 55459 seulement.

Les principaux affluents de la rivière Solo, en Rëémbang, sont:

1. Le RXandou blatoung, dont l'embouchure est près de Wouni, et qui a lui-même pour affluents le 7?»boun et le Guëbrar; ce dernier prend sa source à la frontière de Sémarang; la large vallée de cette rivière forme le prolongement occidental de la vallée de la rivière Solo.

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