‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 120 sur 244 · C. Dépôts quaternaires et modernes · texte numérisé non relu

C. Dépôts quaternaires et modernes

Les dépôts des plaines consistent en bancs sensiblement horizontaux de cailloux roulés, d'argile jaune et de sable, qui ont été principalement déposés jadis par les rivières à une époque de fortes crues, car 1l n'est pas rare que le lit actuel des cours d’eau se trouve de 10 à 20 mètres plus bas que le terrain environnant.

Comme couche supérieure, on trouve de l'argile jaune, plus foncée vers la surface et renfermant d'ordinaire ici en inclusions ces concrétions calcaires (No. 348) que nous avons déjà appris à connaître et que nous attribuons à des excrétions d'arbres ayant vécu auparavant en cet endroit. Le diati surtout a la propriété de former dans son tronc des concrétions de phosphate de calcium hydraté. A la mort de ces arbres et lors de leur décomposition, ces concrétions restent en liberté à la surface du sol, se transforment en carbonate de calcium dans l’humus imprégné d'anhydride carbonique; et peu à peu elles pénètrent dans l’argile à une faible profondeur. L’argile jaune elle-même, qui parfois est un peu calcareuse, est le plus souvent un produit local de décomposition des roches sous-jacentes, calcaires marneux et marnes. Mais on trouve aussi ce sol jaune et noir sur les brèches quaternaires et 1l paraît. y avoir été transporté par les rivières, du moins en partie. L'argile jaune devient souvent sableuse et passe au gravier d'andésite, avec ou sans cailloux roulés de la même roche.

La plaine de la rivière Solo. Au-delà de la coupe de la rangée de collines miocènes entre Ngawi et Nglounguir, on remarque sur les marnes tertiaires supérieures, qui inclinent de 25° et de 30 vers le Nord, dans le lit de la rivière Solo, d'abord des bancs quaternaires de cailloux roulés et des couches de grès inclinant aussi farblement au Nord; puis, de l'argile jaune et noire chez laquelle on ne peut plus observer ni direction ni inclinaison (voir Profil No. XI); et cela continue ainsi dans toute la vallée de la rivière Solo, jusqu'au voisinage de la frontière de Sourabaïa. Ici le sol devient plus argileux et peut-être est il déjà en partie constitué d’alluvium marin, puisqu'on a trouvé des coquillages marins jusque près Lamongan en Sourabaïa (voir plus haut Sourabaïa).

Le Randou blatoung, un affluent de gauche de la rivière Solo, coule avec ses sous-affluents (Timboun, Guébiar etc.) dans une large vallée quaternaire, prolongement occidental de la vallée du Solo jusqu'à la frontière de Sémarang. Cette vallée du Randou blatoung atteint sa plus grande hauteur près de la frontière de Sémarang, sur la limite des

bassins de cette rivière et du Lousi (un affluent de la rivière Sérang); l'altitude n'est que de 90 mètres. Il est donc bien possible qu'après le plissement des couches tertiaires et antérieurement aux dépôts quaternaires fluviatiles, la mer oecupait encore la dépression où coulent actuellement les rivières Solo, Randou blatoung et Lousi, et qu’alors la partie septentrionale de Sourabaïa et de Rémbang formait avec la partie méridionale de Diapara une seule île, comme c’est maintenant encore le cas pour Madoura. Néanmoins, cet état de choses n'aura pas eu longue durée, puisque nulle part on ne peut remarquer de dépôts marins récents ni sur le calcaire ni contre celui-ci. Partout on trouve immédiatement sur le calcaire des dépôts fluviatiles, ainsi que nous le ferons connaître plus en détail lors de la description de Sémarang.

La source boueuse Keèsongo. Exactement sur la frontière du Rémbang il y a une source boueuse de grande étendue, nommée Késongo; on y arrive le plus facilement en partant de Kouwou et de Kradenan, dans la résidence de Sémarang. Après avoir franchi la frontière, et en quittant le bois, on arrive brusquement dans une plaine entièrement dénudée, longue de 1000 mètres et large de 800 mètres environ, dans laquelle se trouvent disséminés un grand nombre de petits tas de boue, rejetés par autant de petits points d'éruption. Lors de ma visite, en octobre 1889, aucune de ces petites collines n'était en activité; néanmoins en 1887, l’un de ces points avait commencé brusquement, et avec une forte détonation, à projeter de la boue et de l’eau salée; et cet état de choses a duré à peu près trois mois.

L'espace dénudé est le sommet plat d'un petit cône, extrêmement peu prononcé, haut de 10 mètres environ et situé dans le terrain quaternaire. Parmi les déjections on trouve dans l'argile, d'abord des fragments des marnes calcaires sous jacentes, dans lesquels se trouvent les orbitoïdes (No. 343) décrites déjà plus haut; puis, des ossements et des dents fossiles (No. 349), originaires du quaternaire. La source Késongo se trouve sur une même ligne avec les sources de boue et d'eau salée de Kouwou et de Diono en Sémarang (voir plus loin).

Plaines le long de la côte Nord. Le long de la côte Nord, entre Soulang, Pamotan et Rémbang, existe un terrain très plat d'argile jaune et de tufs calcareux blancs, reposant probablement sur un sous-sol de calcaire marneux ; il en est encore ainsi à Sedan, à l'Est du Gg. Lasém. Les dépôts quaternaires de Sedan se continuent, par Balong et Kah képrok, avec le terrain quaternaire de Pamotan où ils recouvrent les couches calcaires encore visibles à Pamotan, dans la petite rivière Glangcane D = 0/4. 25 mSud Ouest Au NodedER Emo Enr jusqu'à Sidowaïah, Diombok et Téngguër, existe un terrain en plateau, creusé par les rivières, ayant de 70 à 80 mètres d'altitude et consistant entièrement en tufs blancs horizontaux, qui font vivement effervescence

avec les acides et qui sont évidemment un limon provenant des roches calcaires tertiaires. A la surface, sont répandues un grand nombre de de coquilles terrestres modernes. Partout autour du Lasëm, ces tufs, accompagnés parfois de cailloux roulés ou formant même des conglomérats, atteignent une hauteur de 70 à 8o mètres. Le tuf blanc No. 3514 vient du plateau situé au Nord de Pamotan, non loin du poste de Gaïam. Le No. 351 consiste en fragments de tuf blanc, à empreintes de plantes, récoltés par M. l'ingénieur VAN HEUCKELUM, aux environs de Lasém; on n'en connaît pas exactement le lieu d’origine. Un caillou roulé d’andésite à hornblende (No. 350) provient du tuf blanc, situé au Sud du village de Binangoun au poteau 12. Enfin, un peu au-dessus du village de Toulis, à 3o mètres d'altitude environ, on a recueil dans de l'argile quaternaire tendre grise, quelques coquilles d'huîtres fossiles (No. 352), qui ont été envoyées à Leyde.

En dessous de l'altitude de 10 mètres, on ne trouve que de l'argile marine et du sable de mer, qui ont été représentés comme alluvium.

Source d'eau douce à Touban. Il importe encore de faire mention d'une source d'eau douce qui apparaît juste au bord de la mer, dans la localité de Touban, ainsi que de plusieurs autres sources situées à l'Ouest de cette localité, au voisinage de la côte. Les plaques de calcaire marneux ont, près de Touban, une très faible inclinaison vers le Nord; l’eau douce continue son cours en-dessous de ce calcaire pour venir au jour tout près de la mer et se jeter en partie aussi dans la mer; à marée basse surtout, on voit l’eau sourdre de la vase. Cette source était déjà connue aux temps passés; c'était alors un petit lac; on y a maçonné maintenant un puits. Il en est fait mention entre autres dans une relation chinoise de l'an 1416 après J. C., communiquée par W. P. GROENEVELDT dans ses Notes on te Malay Archipelago etc. compiled from Chinese sources. (Verh. Bat. Genootschap, tome XXXIX 1880, p. 47).

D. Minéraux utiles.

Dans les marnes et les argiles, au Sud de Sédan, on trouve quelques couches de lignite de faible épaisseur (au maximum de 0.60 à 0.70 de mètre) et de qualité inférieure, ainsi que c'est d’ailleurs le cas pour tous les charbons du terrain miocène. Au point de vue technique, on ne peut donc en attendre grand’chose.

Au contraire, l’industrie du pétrole semble être d’un certain avenir en Rémbang. Il y a quelques temps, deux sondages effectués à proximité de Kéëdéwan, au Sud de Diatirogo, mais dans le district Tinawoun de la section Bodionégoro, ont fait découvrir une source abondante de pétrole de bonne qualité ; et il paraît que depuis peu des sondages ont fait trouver aussi du pétrole dans le voisinage de Panolan

(Tiëépou).

Page 1