Le Lawou
Nous savons déjà, par la description de Madioun, que le Lawou présente un promontoire méridional, le Diogolarangan ou Koukousan, qui se rattache près du défilé Tiëmoro séwou au massif du Lawou proprement dit (3265 m.).
Du côté de Solo, le Lawou n’a pas de petits cratères parasites; le Diogolarangan, pas davantage. Du sommet, les deux manteaux descendent régulièrement au Nord et à l'Ouest jusque dans la plaine de Solo, au Sud jusqu'à la chaîne tertiaire, et même de ce côté une coulée de lave est descendue du Diogolarangan par une vallée du terrain tertiaire, jusque dans la plaine de Madioun.
Le Lawou forme avec. le Diogolarangan un cône imposant, surtout du côté de Solo, où il a pu s'étendre d’une manière régulière Jusqu'à la plaine qui est à peu près à l'altitude de 100 mètres. Pour la hauteur, c’est la 6€ montagne de Java (Sëmerou, Slamat, Ardiouno, Soumbing, Raoun, Lawou). Au versant méridional, se trouvent les monuments hindous bien connus de Soukoh et de Tiéto.
Les versants Nord.et Ouest se raccordent si bien avec la plaine, qu’on ne peut établir la limite précise entre cette dernière et le pied du volcan.
Roches. No. 551. De gros blocs, près l’établissement Balong, sur le terrain de l’entreprise de Tarik, au pied Nord du Lawou. A l'œil nu c'est une andésite grise avec feldspaths; et au microscope, c’est une andésite à pyroxène ordinaire avec quelques hornblendes à grains noirs.
No. 552. Enlevé à des blocs incohérents près du monument de Soukoh. Andésite à pyroxène à feutrage fin de microlithes.
No. 553. De blocs incohérents de l’arête plate à | W. N. W. de Karang pandan. Andésite à pyroxène.
No. 554. De blocs incohérents dans la rivière Guëémbong, au Sud de Mëtéseh. Ce sont tous des basaltes; c'est même le seul gisement de basalte dûment constaté sur le Lawou. De l’olivine, en grande partie d'une fraîcheur parfaite, s’ÿ montre en des cristaux nombreux et volumineux. Donc, des basaltes.
No. 555. D'un conglomérat volcanique de la rivière Tiilanta, entre Sangguen et Diourouk, au versant occidental du Diogolarangan. Les roches contiennent toutes de la hornblende brune à bords sombres; certaines d’entre elles renferment en outre de l’olivine. Ce sont des andésites à hornblende et à pyroxène qui parfois se rapprochent des basaltes par une teneur très notable en olivine. Cependant la roche a tout-à-fait le caractère d’une andésite, tant par la forme et l’aspect du pyroxène et du feldspath, que par la nature de la pâte, formée d'un feutrage de microlithes et de verre brun.
No. 556. De la rivière Toumanggal, entre Sangguen et Këdondong. au versant occidental du Diogolarangan. Andésite à pyroxène ordinaire.
No. 557. Du cours supérieur de la rivière Arouwan, en amont du village Kédondong. Andésite à pyroxène.
No. 558. Enlevé à de gros blocs au défilé Tiémoro séwou, sur la frontière de Madioun. C’est encore la même roche remarquable que le No. 555; elle a les caractères des andésites, mais elle contient assez bien d’olivine et des cristaux bruns de hornblende, exactement comme les roches du Pandan (voir Rëmbang). Il s'y ajoute des fragments d'une roche basaltique plus sombre, avec de l’olivine fraîche. A cause des caractères qu'elles offrent au microscope, ces roches se classent de préférence parmi les andésites à pyroxène hornblendifères et olivinifères, bien que la teneur en olivine soit assez importante pour les faire ranger dans les basaltes. Dans les Nos. 555 et 558 l’olivine a été peut-être empruntée en partie à des basaltes, qui furent enfermés dans des matériaux d’andésite en fusion, et dont on rencontre encore des fragments dans le No. 558. Toutefois, les cristaux d’olivine ne font #wllement toujours l'effet de fragments inclus par fusion, mais le plus souvent de cristaux primitifs.
No. 559. Fragments de la ,,crevasse méridionale du cratère” (JUNGHUHN) près du défilé Tiémoro séwou. Contient du pyroxène, de la hornblende et du verre limpide, tout comme le No. 558, mais 7/ n'y a pas d'olivine. C’est une andésite à pyroxène avec hornblende. Autour de l’hypersthène il s'est parfois développé de l’augite et même les hornblendes ont souvent un rebord d’augite ; ce dernier toutefois paraît n’y jouer qu'un rôle secondaire.