‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 167 sur 244 · Le éerrain éocène · texte numérisé non relu

Le éerrain éocène

Celui-ci tombe presque tout entier dans la résidence de Baguëlen et se trouve au Sud et à l'Est des schistes, ainsi que le montre la carte à l'échelle 1: 100.000. Son extrémité \occidentale est au Sudde Mérden près du Lawang awou; ce nom est donné à un défilé qui existe sur la frontière entre Banioumas et Baguëlen. La limite septentrionale se dirige, au Nord de Somowongso, vers Këdoung loh et Lohkidang; la limite méridionale passe par Pënguëémpon, Kalipoutih, Losari, Pésawahan et Diati woungkous. Au Nord de cette dernière localité, les couches éocènes sont recouvertes par les couches miocènes de la chaîne de Paras, mais elles font de nouveau leur apparition entre Poutiangan, Sadang et Méëlohan, sous forme d’une bande étroite située

le long du Loh oulo. Un terrain plus large existe entre Mélohan, Lamouk et Lémbono, et c’est là que se termine le terrain éocène. .On voit donc que les couches éocènes, si elles ne reposent pas sur des schistes, touchent partout à des roches miocènes plus récentes. On connaît déjà, par les profils Nos. XIX à XXI, la disposition de ce terrain par rapport aux schistes. Les couches sont plissées à diverses reprises et forment une suite de bassins et de selles. Elles consistent en marnes, argiles, grès quartzeux, conglomérats de quartz, brèches de fragments de gabbro, de diabase et de schiste, agglomérés par un ciment calcaire, ainsi qu'en calcaire pur.

Les marnes No. 663 sont de teinte grisâtre et très tendres; elles doivent assez souvent une grande partie de leur teneur en calcaire aux coquilles des foraminifères qu’elles renferment. Elles appartiennent donc à vrai dire aux arprles, qui sont aussi de teinte grise et de plus fort tendres, et qui déjà ont été pour une grande partie entraînées par les rivières.

Les grès quartzeux et les conglomérats de quartz (Nos. 664 à 667) se distinguent des miocènes par l'absence complète de matériaux d’andésite. Il se montre parfois de petits fragments de schiste et de diabase altérée (No. 668); la plupart des matériaux quartzeux paraissent provenir de roches granitiques, peut-être aussi de filons quartzeux des schistes. La teinte de ces roches est le plus souvent jaune ou brune, parfois grise. Leur dureté est notablement plus grande que celle des argiles et des marnes.

Les brèches (No. 672) sont d'ordinaire ici des roches calcaires à nombreux fragments de gabbro, de diorite, de schiste, de calcaire cristallin et de quartz; l’andésite récente y fait également défaut. La masse calcareuse qui contient ces fragments, renferme aussi parfois des nummulites. Dans le Kali Sourouan, affleure une roche brècheuse vert grisâtre provenant de schistes à serpentine; elle fait faiblement effervescence avec les acides (No. 662).

Enfin, le calcaire forme par ses fossiles un membre très important, bien que secondaire, de ce terrain (Nos. 669 à 687). On ne connaît en tout que 3 bancs calcaires, qui font probablement partie d'une seule et même couche, ainsi qu'on l’a représenté au profil No. XIX. Néanmoins, cela n’est pas tout à fait certain, parce que la couche ne peut pas être suivie partout, que sa direction et son inclinaison ne peuvent être bien mesurées qu’en quelques points seulement, et que tantôt elle contient essentiellement de grandes nummulites, tantôt de petites. Mais comme ces deux espèces se rencontrent ensemble dans un même banc calcaire, cette circonstance ne doit pas nous empêcher de regarder ces bancs comme une seule et même couche. Une particularité de ces calcaires, c'est qu’ils renferment beaucoup de petits

cailloux roulés de quartz, de teintes banches et roses, la plupart à inclusions liquides. Ils proviennent peut-être en partie de porphyrite quartzeuse, mais le plus grand nombre est sans doute originaire de roches granitiques.

Direction et inclinaison. Dans le Kali Sourouan, au Sud du porphyre quartzeux, les marnes inclinent au Sud, et leur direction est sensiblement de l'Ouest à l'Est. Près Pésawahan, la direction est 80°; l’inclinaison peut atteindre aussi 80°, aussi bien au banc calcaire que dans les couches de grès et de conglomérats. Entre ces couches se trouvent, dans le Kali Tiatiaban, près du village Gagabaning, des grès quartzeux et des conglomérats à empreintes végétales peu distinctes ; la direction y est de 80”, l’inclinaison de 75° au Sud. Mais un peu plus au Sud, près du confluent du Tiatiaban et du Loh oulo, les grès ont une direction de 80° et une inclinaison de 45° au Nord; de même, un peu plus à l'Est, au monticule de grès situé à la rive gauche du Loh oulo près denKaranebsamboune Droit 714//au Nord lien SrEsulEe qu'il doit exister un pli synclinal près du Tiatiaban. Il n'est pas rare que, par suite de la constitution tendre des marnes, les couches plus dures, conglomérats, grès et calcaires, se soient déplacées, et l’on doit bien se garder de tenir pour véritables la direction et l’inclinaison qu'on peut y observer. D'autre part, comme le calcaire du Kali Gorang, à l'Ouest de Somowongso, contient les mêmes grandes nummulites que le calcaire de Karang samboung et que l’un et l’autre renferment en même temps que les grandes de nombreuses petites nummulites, qui se montrent sans les premières dans le calcaire de Pésawahan et de Diati woungkous, il n’y a aucune difficulté à ranger tous ces calcaires dans une seule et même couche, et à admettre par conséquent un plissement, qui est représenté dans notre profil No. XIX. Les inclinaisons sont parfois plus fortes encore qu’elles n’ont été indiquées au profil.

Si dans la vallée du Loh oulo nous remontons la rivière, nous trouvons, depuis Poutiangan jusqu'à Sadang, le plus souvent des argiles tendres fort contournées et désagrégées en une matière brune ou rouge; elles reposent sur des schistes et sont recouverts de brèches et conglomérats grossiers, sans fossiles, que nous avons classés dans le terrain miocène. La zone de roches éocènes reste très étroite jusqu'à Mélohan; puis s'élargit encore une fois entre Lamouk et Lëmbono. A proximité de la limite orientale des schistes, la direction des marnes et du calcaire est de 180, la pente est escarpée (80°) et vers l'Est. Dans la rivière Loh oulo, près de sa jonction avec l’affluent Drasi, on trouve à découvert un banc de conglomérat quartzeux (No. 664) de 24 mètres d'épaisseur ; la direction est de 30°, l’inclinaison, de 35 au Sud-Est. Là-dessus se trouve une couche de grès plus fine, qui ne renferme que peu de cailloux roulés de quartz, et dont l'épaisseur est de 1 mètre environ; sur cette

couche, des argiles tendres, gris foncé et fort contournées. Les conglomérats quartzeux ne contiennent que des cailloux roulés de quartz blanc, du quartzite foncé et des fragments schisteux ferrifères, mais ils n’ont nt calcaire #7 fragments éruptifs. Dans la rivière gisent de gros blocs d'andésite, et près du contact avec la roche miocène on les trouve de toutes parts sur les argiles éocènes. Ils ont été en partie transportés par les rivières; une autre partie est sans doute un reste de couches miocènes qui autrefois recouvraient les éocènes et qui ont été entraînées par le Loh oulo et par ses affluents. Dans le voisinage de Lëbak et de Lémbono, se trouve un monticule de calcaire, le Gg. Dèsèl, long de 3o0o mètres environ dans la direction du N.E. au S.W., qui présente vers l'Ouest une paroi verticale, de sorte qu'il me semble que c'est un banc calcaire redressé qui incline vers l'Est (Sud-Est). Mais, impossible de mesurer la. direction et l’inclinaison. L’épaisseur est de 4 mètres au moins. D’une manière générale, au contact avec les roches miocènes, les couches éocènes présentent partout une inclinaison différente ; mais elles s’enfoncent toujours sous les roches plus récentes.

Gisements des fossiles. Il nous faut à présent signaler plus en détail les divers gisements des calcaires, puisqu'ils constituent les principaux gîtes fossilifères de ce terrain. En dehors du calcaire, on a trouvé encore des foraminifères fossiles dans les marnes et dans les argiles de la rivière Sourouan (No. 663); et, tout à fait en dehors des limites de notre carte à l’échelle 1 : 100.000, dans des blocs de calcaire éocène (No. 687) englobés dans des brèches miocènes, au Sud du village de Sampang (voir la grande carte géologique). Les grès n’ont fourni que des empreintes végétales peu distinctes. Nulle part encore on n’a trouvé de mollusques dans ces couches.

Le calcaire existe aux endroits suivants (voir la carte à l'échelle 1-VA00:000)::

No. 669. Au Sud-Ouest du village Szkasour, à l'Est de Somoguëdé. C’est un calcaire blanc, cristallin, sans pétrifications.

No. 670. KXalr Gorang, près de son embouchure. Calcaire gris-clair à petites et grandes nummulites (No. 671), à alvéolines et orbitoïdes et avec beaucoup de petits cailloux roulés de quartz.

Entre le gisement précédent et Somowongso, un gros bloc dans la vallée de la rivière Tiatiaban; la roche y existe probablement en masse compacte.

No. 672. Entre Diati sawit et Kedoung loh. À une grande altitude, au Nord de la ligne de partage des eaux, entre ces deux localités. C’est une brèche, avec pâte calcaire, fragments de schiste, calcaire cristallin, calcaire spathique et grains de quartz. Fossiles peu distincts.

Les gisements cités jusqu'à présent se trouvent à peu près dans la direction W.—E., et ce sont probablement des portions d’une même couche.

No. 673. Village de Mirahan. Un calcaire gris, fin, au bord de la rivière Tiatiaban. A la surface désagrégée et lavée on voit en saillie un grand nombre de petites orbitoïdes et de petits cailloux roulés.

Entre Mirahan et Diati sawit, sur la rive gauche de la rivière Tiatiaban. Calcaire cristallin sans fossiles.

No. 674 et 675. ÆKarang samboung. Calcaire gris-clair, près du village Karang samboung, non loin de la rive gauche du Loh oulo. Il y affleure différents bancs, dont quelques-uns sont totalement remplis: de nummulites; d’autres, d'orbitoïdes.

Le calcaire à nummulites (No. 674) contient de grandes nummulites: (No. 676), dont le diamètre atteint 31 mm.; un nombre extraordinairement grand de petites nummulites, de la taille de 1 à 2 mm., qui, pour une partie, ont une grande chambre centrale, et ne sont donc pas de jeunes individus de la grande espèce, laquelle possède une petite chambre centrale. Puis encore, des alvéolines longues de 9 mm. épaisses de 4 mm., quelques orbitoïdes et des cailloux roulés de quartz fort nombreux. Ce calcaire est tout à fait identique à celui du Kali Gorang et renferme aussi la même grande espèce de nummulites.

Le calcaire à orbitoïdes (No. 675) contient 2 espèces d’orbitoïdes (No. 677), dont la grande atteint 33 mm. en diamètre; Il n’y a ni grandes nummuülites ni alvéolines, mais quelques petites nummulites. Puis, encore une fois de nombreux petits cailloux roulés de quartz.

Ces trois gisements se trouvent de nouveau sur une même ligne, dirigée W—E (+ 110‘), et ils semblent appartenir encore à une seule et même couche.

Près du village de Kalipoutih, à l'ouest de Losari, un fragment de calcaire au milieu d’argiles tendres désagrégées.

No. 678. Près du village de Pesawahan. Un calcaire fin, gris-clair, tout à fait rempli de milliers de petits grains et de petits disques d’une finesse entrême; ce sont pour la plupart des nummulites, de la taille de + mm. à 1 mm., des orbitoïdes et quelques petites alvéolines. Il y a encore de petits grains fins de quartz.

Entre Pésawahan et Pénounggalan. Calcaire gris-clair à grain fin.

No. 679. Grotte Silangsé près du village de Diati woungkous. Un calcaire gris-clair, d’un grain assez fin, à grains de quartz de teinte blanche ou rose. A la loupe, on reconnaît des sections d’alvéolines, et dans les plaques microscopiques, on voit aussi des orbitoïdes, des nummulites et d’autres foraminifères.

No. 680. Gg. Lodang, à l'Est de la grotte Silangsé, mais du même massif calcaire. Un calcaire gris clair. A la surface altérée et érodée,. on voit une quantité innombrable de très petits foraminifères de la taille de + mm.; ce sont principalement des orbitoïdes et des nummulites.

Les 5 derniers gisements appartiennent encore à une même couche;

la direction des 3 premiers dépôts est à peu près W—E; plus à l'Est, la direction atteint de 110° à 120 .

Enfin, il a déjà été dit plus haut et on a représenté au profil No. XIX, que les 3 couches nommées tantôt appartiennent probablement à un seul et même dépôt qui, par suite de plissements, se fait jour en plusieurs points.

No. 681. Grand bloc calcaire dans le Loh oulo, au passage de la rivière, entre Mélohan et Sétono. |

Ce gisement, ainsi que les suivants, se trouve daus la partie orientale du terrain éocène.

Ce gros bloc calcaire est situé dans l’alluvium de la rivière; on ne put y observer ni direction ni inclinaison, mais il semble être une portion d’une couche en masse compacte. Ce calcaire contient des échinides et des foraminifères peu distincts.

No. 682. Près la désa Kaligouwo, au sud de Lamouk. Bancs calcaires divers, qui probablement font tous partie d’une même couche, car ils se suivent dans la direction du Nord au Sud, et les couches de marnes et d’argiles y ont une direction de 180. C’est un calcaire gris-clair, à nummulites (No. 683) qui ont jusque 37 mm. de diamètre; ce sont les plus grandes de Java; il y a aussi des millions de petites nummulites de 3 mm. de diamètre, de gros cailloux roulés de quartz, des fragments altérés de diabase et enfin un assez grand nombre d’alvéolines, lesquelles ‘n’ont pu toutefois être enlevées de la roche dure en leur entier.

No. 684. Gros blocs calcaires dans la petite rivière Sawal, au Sud de Lamouk. Ce gisement se trouve un peu plus au Nord que le précédent et les blocs viennent de la même couche, qui se prolonge encore vers le Nord. La roche et ses fossiles (No. 685) sont les mêmes qu'au No. 682.

No. 686. Gg. Dèsèl, près Lémbono. Un monticule calcaire escarpé, près de l'extrémité orientale du terrain éocène. Le calcaire est d’un grain fin; il contient beaucoup de cailloux roulés de quartz, mais peu de foraminifères, d’ailleurs peu distincts.

Il se peut très bien que les 4 derniers gisements forment le point de départ d’une même couche, bien qu’on n'ait pu la suivre distinctement. Nous n’aurions dans ce cas, dans notre terrain éocène, qu'une seule couche calcaire à nummulites, orbitoïdes et alvéolines, donc un horizon bien défini.

Les derniers gisements qui aient fourni des pétrifications, se bornent aux deux suivants: ;

No. 663. Kali Sourouan, au Sud de la porphyrite quartzeuse. Marnes grises à 1 espèce de nummulites, 2 espèces d’orbitoïdes et 1 espèce d’alvéolines. C’est le principal lieu d’origine des alvéolines, que l’on peut enlever intactes de la roche tendre. L'espèce d’alvéolines des bancs calcaires est analogue à celle des marnes.

No. 687. Blocs calcaires, inclus dans des roches miocènes, au Sud du village de Sampang. Tout à fait en dehors des limites de notre petite carte, vers l'Ouest, à 15 kilomètres à l'Ouest du gisement Kali Gorang et près de la frontière de Banioumas, affleurent de toutes parts des brèches et des grès miocènes. Au Sud de Sampang, (voir la grande carte), se trouvent quelques fragments de calcaire, qui doivent provenir du terrain éocène, car ils contiennent 4 espèces de petites nummulites, des orbitoïdes et des alvéolines, les mêmes qui se montrent aussi dans les calcaires de Karang samboung et de Kali gouwo. Comme le terrain éocène n’est plus à découvert en cet endroit, ce sont des fragments éoeènes inclus dans des brèches miocènes. Ces fragments de calcaire sont de teinte grise.

Fossiles. Les fossiles, notamment les foraminifères, qui apparaissent dans notre terrain éocène, ont déjà été décrits sommairement dans mon ,,Voorloopig bericht over nummulieten, etc.” Nat. Tijdschr. van Ned. Indië, Tome LI 1891 p. 101 à 138. Pour une description plus détaillée et pour les figures, je renvoie le lecteur à la section V. Ces fossiles sont:

1. Nummulites javanus.ÿvar. 5. Un disque épais et obtus. Diam. — 31 mm., épaisseur — 12 mm. Se montre dans le calcaire du Kal Gorang et de Karang samboung.

2. javanus-\varty Une variété mince. Diam— 37 mm ep" à 7 mm. Existe dans le calcaire du Kali Sawal et du village de Kaligouwo, au Sud de Lamouk.

3- AN. javanus. var. d. Une variété petite et mince et très irrégulière dans ses tours de spire. Diam. — 16 mm; ép. — 4 mm. N'existe que dans les marnes à alvéolines du Kali Sourouan.

Outre ces grandes espèces, les calcaires à nummulites de Baguëlen contiennent une quantité innombrable de petites nummulites qui forment, “pour ainsi dire, la pâte de la roche ; dans cette pâte se trouvent quelques grandes nummulites et quelques orbitoïdes. Néanmoins, dans quelques calcaires, elles se présentent seules, sans les grands exemplaires. Ce sont en partie des individus jeunes de la grande espèce, en partie aussi des espèces distinctes. On en trouve de lataille de 4, 1, 2 jusqu’à 6 mm.

4 et 5. AV. Pagelensis Z. Une couple de nummulites, comprenant 2 espèces ou variétés, qui se distinguent par une grande et une petite chambre centrale. D. — 6 mm., ép. — 2 mm. Nombre des tours de SEL sta:

6 et 7. AN. Bagélensis II. Une couple de nummulites, comprenant aussi 2 espèces, qui ne se distinguent que par une grande et une petite chambre centrale, 1D—="#%3 mm épi han = CNE espèces ont donc, pour un rayon deux fois plus petit, autant de tours que les formes I.

Les 4 espèces de ces 2 couples de formes se montrent ensemble dans

les fragments calcaires (No. 687) situés près du village Sampang. J'en ai rencontré une ou plusieurs espèces dans des plaques microscopiques du calcaire de Kali Gorang, de Karang samboung, de Pésawahan, du Gg. Lodang et de Lamouk (Kaligouwo et Kali Sawal). A l'examen d'un nombre suffisant de ces plaques, on rencontrera sans doute les 4 espèces réunies dans tous ces calcaires.

8. Orbitoides papyracea BOUBÉE var. javana, minor. Une grande espèce d'orbitoïde, qui correspond en tout point à l'O. papyracea de loguia, sauf pour les dimensions. Celles-ci sont, en effet :

dome = 055" mm, Éép.——-, 54 à .0 mm.; d'ordinaire D”=20 à 30 mm., ép. — 5 à 54 mm., tandis que l’espèce de Ioguia atteint la taille de 50 mm.

9. © ephippium. SCHLOTH. var. javana. Une espèce lisse recourbée eniormende selle ta Varande chambre centrale (+-1mm.). D:—= #14 ép. — 34 à 4 mm.; elle est donc plus épaisse que celle d'Europe, dont l’épaisseur est de 1 à 2} mm.

Ces deux espèces se montrent aussi bien dans les marnes à alvéolines du Kali Sourouan, que dans le calcaire à nummulites de Karang Samboung et autres lieux d’origine; et comme les mêmes alvéolines se montrent dans les deux roches, il faudra considérer tout le terrain comme un seul ensemble de roches du même âge, bien que les foraminifères y soient irrégulièrement distribués.

Il importe de faire observer que les 2 espèces d’orbitoïdes du petit sommet Woungkal, dans la chaîne de Diwo (Solo), correspondent complètement à celles de Baguëlen, tandis qu’elles ne sont pas identiques aux orbitoïdes du terrain de Nanggoulan, en Iloguia.

Les deux espèces d’orbitoïdes de Baguëlen, dont il vient d’être question, se montrent partout ensemble et forment we couple, tout comme les nummulites.

10. Alveolina javana nov. spec. Une jolie espèce d’alvéoline, de forme oblongue, de 9 à 10 mm. de longueur et 3 à 4 mm. d'épaisseur; la plupart des exemplaires ont une longueur de 4 à 9 mm. et une épaisseur de 2 à 3 mm.

Existe dans les marnes à alvéolines du Kali Sourouan et dans la plupart des calcaires à nummulites des lieux d’origine nommés plus haut, entre autres Kali Gorang, Karang samboung, Pëésawahan, la grotte Silangsé, Lamouk (Kali Sawal et village de Kaligouwo) et dans les blocs calcaires de Sampang.

Dans les plaques microscopiques du calcaire à nummulites de Baguélen, J'ai trouvé encore d’autres petites sections transversales, de la taille de 0.6 mm., avec 9 tours de spire pour un rayon de 0.3 mm. Elles appartiennent probablement à une espèce d’alvéolines plus petite, dont les tours sont plus rapprochés que dans l’A. javana.

Les alvéolines fossiles que nous venons de citer n'apparaissent dans ancune autre roche de Java; on trouve les orbitoïdes dans les roches, éocènes également, de la chaîne de Diwo; et l’une des espèces de nummulites dans le terrain de Worawari, qui sera décrit plus loin. Les alvéolines nombreuses qui, dans l'Inde anglaise, ne se montrent que dans les couches tertiaires anciennes, assignent, avec une certitude complète, un Âge éocène à nos roches de Baguëlen. Dans la section inférieure de notre terrain miocène, à l'étage m,, on a trouvé aussi un érès petit nombre d'alvéolines; mais elles ont un tout autre caractère et elles sont aussi beaucoup plus petites que les éocènes.

Les grès, qui à Soukaboumi et dans le Sud de Bantam contiennent des houilles, ne renferment pas de charbon en Baguëlen. On n’a rencontré que quelques empreintes de plantes peu distinctes dans les grès de la rivière Tiatiaban, à Gagabaning.

Examen microscopique. On a taillé, des calcaires, un très grand nombre de plaques minces. Dans presque toutes on trouve du quartz à bulles liquides, des fragments de schiste et de diabase altérée, de nombreuses petites orbitoïdes et nummulites, qui souvent sont si rapprochées, qu’il ne reste plus que peu de place pour la pâte de calcaire spathique, laquelle est tantôt grise ou incolore, tantôt colorée en brun par de l’hydroxyde de fer. Puis des alvéolines, quelques cycloclypées en sections étroites et constamment l’algue calcaire lithothamnium. De plus çà et là d’autres foraminifères, très peu importants il est vrai à côté de ceux que nous venons de mentionner. Dans quelques calcaires, p. ex. à Sétono (No. 681) et au Gg. Dèsèl (No. 686) il n’y a ni orbitoïdes, ni nummulites; rien que le lithothamnium.

No. 668. Fragments d’un conglomérat de quartz, entre Kédoung loh et Pénguëmpon. C'est une roche gris sombre, à grain fin, qu'on reconnaît au microscope pour une roche entièrement cristalline, consistant en plagioclase, augite vert-clair et minerai de fer. Ce qui est remarquable, c’est la décomposition de l’augite: autour des noyaux irréguliers de ce minéral, il s’est développé de la hornblende brungrisâtre et du mica brun-rougeâtre; et la première, à son tour, a été décomposée en chlorite verte. On trouve aussi le mica réuni à de petites aiguilles vert-clair d’actinolite. Tous ces minéraux, tant la hornblende brun-grisâtre que la hornblende verte et le mica, sont des éléments secondaires, issus de l’augite. Il vient s'y ajouter du calcaire spathique. Autour de la magnétite il y a des taches d’hydroxyde de fer. Quelques gros cristaux vert-terne paraissent être de la serpentine et être issus de l’olivine. La roche est une belle drabase, qui primitivement était sans doute olivinifère.

IT. Ze terrain de Worawart.

Exactement au Nord de Lamouk, mais au-delà de la rivière Séraïou,

D Re ee —

se trouve le village de Worawari, sur la rive du Kali Toulis, rivière frontière entre Baguëlen et Banioumas. Près du village le Toulis reçoit l’affluent de gauche Worawari; et 14 kilomètre plus au Nord, l’affluent de droite Sidowangui; un petit terrain éocène, remarquable pour plus d’une raison, affleure dans ces trois rivières.

Les couches éocènes ne s'étendent que sur une longueur de 34 kilomètres de l'Est à l'Ouest, et sur une largeur de 14 kilomètre; elles ont une direction qui se rapproche de celle Nord-Sud; et comme les roches éocènes près Lamouk, décrités plus haut, ont aussi la même direction, nous pouvons les regarder comme le prolongement de ces couches, lesquelles, entre Lamouk et Worawari, sont recouvertes par des sédiments miocènes.

On a fait des observations en divers points de la vallée du Wora- Nan Re NoMAntrouve Dr 170" à 179.1: — 50 à“00, tantôt vers l'Ouest, tantôt vers l'Est. Il se présente aussi des inclinaisons plus fortes, de 80° à 90°; les couches forment donc une succession de selles abruptes et de bassins. Elles consistent en banes alternatifs de grès quartzeux (No. 746), de conglomérats de quartz (No. 688) dans lesquels se montrent des fragments de quartz, de schiste siliceux, de serpentine et de granite (No. 689), d’argiles (No. 690) et de calcaire à nummulites (No. 691). Ce dernier forme une seule couche, et s'élève dans les sawahs environnantes sous forme de 3 petites cimes, dont l’une, le Gg. Karang (No. 692), s'élève à une vingtaine de mètres au-dessus des sawahs et est la plus haute des trois ; elles se suivent dans une direction de 170°. Ces petites cimes calcaires se trouvent à la rive droite du Worawari, à peu près au Nord du village de Pégandoulan, et elles inclinent de 60° vers l'Ouest. Ce calcaire (No. 691) contient les mêmes nummulites que celui de Karang samboung, notamment le N. javanus var. 8, dont la roche est parfois totalement remplie; les plus grands exemplaires y ont un diamètre de 26 mm.

Les conglomérats grossiers et les brèches à fragments de granite nous fournissent la preuve que le granite doit exister ici quelque part dans le sous-sol de Java; il n’est pas sûr si le terrain éocène se trouve ici directement sur le granite, ou bien s’il repose sur les schistes, car nulle part on ne voit apparaître le lit Ce qui fait supposer que c'est le dernier cas qui se présente, c’est l’existence de fragments de serpentine dans les conglomérats éocènes; et la question reste indécise, si les fragments de granite proviennent d’une roche en masse compacte, ou bien de fragments situés dans les schistes. La dernière hypothèse me semble la plus probable, tout comme pour le fragment du Loh oulo près Sadang (No. 637), dont il a été question plus haut.

Sur les couches éocènes redressées se trouvent des argiles, qui sont découvertes entre autres dans l’affluent de gauche Wonadri de la rivière

Worawari; la direction y est d'abord de 170°, I. — 45° à l'Est, ainsi que dans les couches éocènes; mais elles changent bientôt de position, de manière que la direction devient 110°, I. — 25° au Sud, et dans

cette position nouvelle elles sont recouvertes par les argiles miocènes et les marnes. Dans le lit de la Wonadri, on ne trouve en masse compacte que des argiles et des grès fins, parfois marneux; on voit parsemés partout de gros blocs de brèches, qui contiennent des fragments de serpentine et de quartz; puis, des blocs volumineux de granite et enfin des cailloux roulés d’un calcaire marneux gris, qui très probablement forme entre les argiles des couches continues, qu’on n’a malheureusement pas pu trouver.

Ce calcaire marneux du Wonadri (No. 693) contient, dans une pâte microcristalline de calcaire spathique, de nombreux petits fragments de quartz limpide et un très grand nombre de foraminifères, parmi lesquels de petites nummulites, quelques exemplaires d’une très grande orbitoïde (50 mm.) et des orbitoïdes plates, fort nombreuses, dont le diamètre peut atteindre 12 mm. et qui portent au milieu un renflement globulaire. Ces dernières ont des chambres médianes rectangulaires, longues de 0.10 mm. à 0.08 mm., et qui #e deviennent pas plus grandes du centre vers les bords; la longueur reste la même, ou va même en diminuant; la chambre centrale est grande, — son diamètre est de 1 mm. environ. Ces orbitoïdes appartiennent évidemment à l'O dispansa Sow., espèce qui se présente aussi dans les marnes du terrain de Nanggoulan. Et comme il est à peu près certain que le calcaire marneux No. 693 se trouve entre les argiles qui, au Wonadri, se montrent entre les couches éocènes et les couches miocènes inférieures, rien n'empêche de les rattacher ici encore au terrain o/igocène, ou bien au terrain éocène supérieur, auquel nous avons rapporté également le terrain de Nanggoulan.

Dans le Wonadri, l’épaisseur des couches oligocènes n’est pas fort considérable, mais on n’a pu la mesurer exactement et, sur la carte, sans un levé détaillé, ce terrain ne peut, d'une manière précise, être séparé du terrain éocène; même l'épaisseur de ce dernier terrain ne peut être donnée d’une manière exacte, à cause des variations multiples de l’inchinaison.

Au Nord de notre terrain éocène, les couches wzocènes consistent en brèches fort redressées qui inclinent d’abord au Nord (D. = 55, |. = 60° au Nord-Ouest), plus loin, au Sud et au Sud-Est, et qui continuent jusqu'au nord du Gg. Tiowet (1336 m. d’alt.); elles sont ici fortement comprimées. Dans des argiles grises, au Sud de Watou malang, on a trouvé DAT. —" 90 Mau nord de cetteloclute DES, l — "à peu pres 25 au Sud-Ouest: plus auonord D = MIS QE etrun peusplus anlest ID UE NES anses

Au Tiowet et plus au Nord, près du Gg. Grong, et à l’autre bord du

Kali Toulis, près du Gg. Kouda, du Gg. Loumboung et du Gg. Diambou en Banioumas, affleurent aussi des brèches et des grès qui, vers l'Ouest, vers le Nord et vers l'Est, sont bornés par des matériaux volcaniques; ceux-ci proviennent du volcan près Karang kobar, des volcans situés au Nord de Batour et du Gg. Bismo (2365 m.). Le village de Walahan, à l'Est du sommet Tiowet, se trouve déjà sur des couches de lapilli, que l’on peut suivre au Sud jusqu’à Lëéksono, et vers le Sud-Est jusqu’à Wonosobo.

Au Sud de ces couches éocènes, se trouve d’abord une bande étroite de roches de l’étage brècheux, entre Pégandoulan et Garoung lor ; elles consistent essentiellement en argiles vertes et blanches avec quelques couches de brèches et une couche interposée de calcaire marneux (No 004) D = Nr20 "01" 30" au Sud-Ouest. Près de Garoung/lor, elles font place à des marnes m, (No. 722), avec de petits cailloux roulés de quartz, des fossiles, des morceaux de corail (No. 723) qu'on recherche dans ces marnes pour les calciner. On a trouvé aussi des fossiles et des débris de végétaux carbonisés (Nos. 724 et 725) dans les marnes de la rivière Lintang, près la désa Gounoung touguél; Dis NT P207 "au Nord-Est; "mais ün peu plus aw'Est; dela brèche (Nos. 695 et 696) apparaît sous les marnes dans le Kali Blébér. Dans le voisinage de la désa Télogo pété, on exploite la marne tendre (No. 726) pour en fabriquer des bornes kilométriques. Au Nord de Télogo pété, les marnes cessent promptement et elles sont remplacées par des brèches (Nos. 697 et 698) et des grès d’andésite (No. 699) qui, près de Baniou kémbar, ont D. — 90° et I. — 25 au Sud.

Au Sud de Garoung lor et de Télogo pété, les marnes se prolongent jusqu’à la vallée du Séraïou. A partir de la surface, et jusqu’à plusieurs mètres de profondeur, elles y sont désagrégées en une argile rouge.

Nous revenons à présent au terrain éocène et nous en suivons la limite occidentale, qui se trouve déjà en Banioumas. La bande de grès quartzeux éocènes sur la rive droite du Kali Toulis est fort étroite et atteint sa limite dans l’affluent Sidowangu. On y a trouvé, au village de Karang nongko, D. — 170’, I. — 50° à l'Ouest, dans des bancs épais de grès à grain fin (No. 747); mais chez les grès quartzeux (No. 746) de la rivière Sidowangui elle-même, D. = 90, I. = 90°.

Depuis le Sidowangui et le Kali Toulis jusque Watou malang, et plus au Nord le long du sentier jusque Paguëntan, on trouve constamment des brèches et des grès verts de débris d'andésite. Dans des roches schisteuses, à la rive droite du Sidowangui, dont D. = 140, I. — 40° au Sud, on trouve des filets de calcaire ou d’aragonite. Plus au Nord, on a déterminé D. — 105, I. — 50° au Nord et à la désa Soukorédio, D. — 80°, I. — 60 au Nord; les deux observations étant faites dans des grès d’andésite (No. 752) qui alternent avec des roches

argileuses. À 280 mètres en aval du pont de Watou malang, on a mesuré, dans des brèches redressées (No. 751): D. = 70°, I. — 80° au Sud. Près du pont, se trouve un banc éruptif de 10 mètres d'épaisseur (No. 749) reposant sur des schistes siliceux qui inclinent au Sud; au mur on a mesuré, pour des grès verts à filets de calcaire spathique (No.:750):1D:—= 70 = Yo ttaut;Sud;,etautlit dans lespschistes quartzeux (No: 748): D = 090) I — 80 à 85hau Sud-Ceskischistes siliceux et le banc de diabase sont peut-être plus âgés que les dépôts miocènes; ils sont éocènes sans doute; mais ils sont directement recouverts par de vrais grès verts de gravier d’andésite et leur étendue est trop faible pour les figurer séparément sur la carte.

Entre Watou malang et Paguëntan, on trouve d’abord un peu de schiste siliceux; puis, des grès de débris d’andésite dont D. — 130°, I. — 35 au Sud-Ouest; enfin, des matériaux volcaniques dans lesquels il existe des blocs d’andésite (No. 771).

Dans la Fig. 372 on a représenté la disposition relative des couches que nous venons de décrire; toutefois, la figure n'est qu'un croquis et la direction qu'on a admise pour le profil est sensiblement du N.E. au S.W. Aux couches éocènes fortement redressées de la vallée du Worawari, succèdent d’abord les argiles et le calcaire marneux à O. dispansa, oligocènes ; puis, vers le Nord, des brèches miocènes m,; vers le Sud, des brèches et des argiles m, ainsi que des marnes à fossiles m,.

Examen microscopique. Nous considérons ici le terrain de Worawari dans une acception étendue et nous y rattachons toutes les roches d'âge éocène, oligocéne et miocène que nous venons de décrire, ainsi que celles qui existent à l’autre rive du Kali Toulis en Banioumas. Ce sont les roches Nos. 746 à 752 et 771 de Banioumas et les Nos. 688 à 699 et 722 à 726 de Baguëlen.

No. 689. Blocs de granite (dans des couches de conglomérats éocènes ou oligocènes) du Wonadri, affluent du Worawari. Les échantillons sont un granite frais, gris clair, d’un grain moyen, dans lequel à l'œil nu déjà on reconnaît les éléments principaux, quartz, feldspath et mica. Au microscope, on voit des grains de quartz limpide à nombreuses inclusions liquides, de l’orthoclase trouble, du plagioclase moins trouble, de la biotite, un minerai de fer, probablement du fer titané, car il est entouré de gros cristaux de titanite; de l’apatite et de la pyrite. Le plagioclase contient des fibres et grains noirs d’une extrème finesse. C’est un granitite hornblendifère.

C’est incontestablement la roche la plus ancienne de Java; et 1l est probable qu'elle existe en masse continue sous les schistes à serpentine.

Les blocs qui existent dans les conglomérats éocènes ou oligocènes, dérivent probablement encore de ceux qui se trouvent dans les schistes,

car on les rencontre les uns et les autres conjointement avec des fragments de serpentine et de quartz.

No. 6g1. ÆCalcaire jaune clair au Nord du Worawari, complètement rempli de nummulites, qui atteignent un diamètre de 26 mm. Ces nummulites appartiennent au N. javanus var. f, et sont tout-à-fait identiques à celles de Karang samboung, décrites plus haut. D’autres foraminifères n’ont pas été trouvés dans ce calcaire.

No. 692. Calcaire jaune clair du Gg. Karang, non loin du No. 691. Cette roche appartient probablement aux mêmes couches que le calcaire à nummulites No. 691, et il est à remarquer qu’elle ne contient ni nummulites, ni orbitoïdes, mais renferme des sections d’autres foraminifères, méconnaissables pourtant, car la roche est devenue microcristalline.

No. 693. Couche de calcaire marneux gris, à cailloux roulés de quartz et à O. dispansa Sow. Cette O. dispansa y atteint la taille de 12 mm.; mais la plupart des exemplaires n’ont qu’un diamètre de 8 à 10 mm. et une épaisseur de 3} mm. Au microscope, ils sont tout-à-fait analogues aux exemplaires du terrain oligocène de Nanggoulan en Iloguia. Dans les sections des petites plaques du calcaire, on voit, dans une pâte de spath calcaire, d'abord de petits fragments très nombreux de quartz limpide et de feldspath, puis des fragments altérés d'une roche éruptive diabasique, à longs bâtonnets de feldspath et à chlorite. Parmi les foraminifères, on y trouve, outre les exemplaires très nombreux de l’O. dispansa, plusieurs exemplaires de la grande Orbitoïdes papyracea, var. javana, qui y atteint, comme au terrain de Nanggoulan, un diamètre de 50 mm. et une épaisseur de 8 mm.; cependant la taille de la plupart des exemplaires ne dépasse pas 30 mm. Pour la structure interne, ces orbitoïdes sont toutà-fait analogues à l’espèce oligocène de Ioguia.

La roche contient encore de petites nummulites, de 1 à 2 mm. de diamètre, à grande chambre centrale, probablement des exemplaires jeunes de N. loguiakartae. Puis, du minerai de fer et de la titanite, ainsi que de la chlorite vert-clair dans les chambres des orbitoïdes et des nummulites. Nous avons dit plus haut déjà que nous rangeons cette roche dans le terrain oligocène.

No. 749. Roche éruptive, entre du schiste siliceux et des grès verts à veines de spath calcaire, un peu en aval du pont sur le Kali Toulis, vis-à-vis de Watou malang, district de Batour, en Bandiarnégara. Le banc a une épaisseur d’une dizaine de mètres. C’est une roche vert terne, à grain fin, qui au microscope présente un mélange grenu et cristallin d’augite vert clair et d'hyperstène brun, lequel a été décomposé en partie en chlorite verte trouble et en mica brun; puis, du plagioclase blanc terne en longs rectangles et du minerai de fer. La roche n'a donc à proprement parler pas de pâte, et ressemble ainsi très fort à une diabase. C'est donc une andésite à pyroxène à caractère ancien,

et elle est peut-être, ainsi que les schistes siliceux qui y confinent, plus ancienne que le miocène, c. à d. oligocène ou éocène. En effet, de pareils schistes siliceux se montrent encore ailleurs (à Bantam et au Préanguer) dans le terrain éocène.

No. 748. Lit du banc éruptif No. 749 dans le Kali Toulis, district de Batour. Sciste siliceux gris. Au microscope, une roche siliceuse très fine, avec particules de quartz, minerai de fer et peut-être aussi des particules charbonneuses. Pas de foraminifères.

No. 750. Mur du banc éruptif No. 749 dans le Kali Toulis, district de Batour. Contient, en très grande quantité, des veines de calcaire spathique. La roche elle-même est vert clair et se compose de fragments et de gravier de la roche éruptive No. 749, à l’état fort désagrégé, et avec beaucoup de chlorite. C’est un grès vert.

No. 747. Roche arénacée fine, gris clair, de Karang nongko, district de Batour, Bandiarnëgara. Contient un très grand nombre de petites particules troubles de feldspath et de calcaire spathique; mais il n’y a presque pas de quartz. Paraît être un gravier altéré d’andésite ou de diabase; et, à la rigueur, elle peut être éocène, car dans le voisinage immédiat il existe des grès quartzeux. Pas de foraminifères,

No. 751. Fragment recueilli dans des brèches redressées, en aval des Nos. 749 et 750 dans le Kali Toulis, district de Batour. Roche éruptive très altérée, avec grands plagioclases troubles, augites complètement chloritisées, magnétite, spath calcaire, leucoxène et chlorite, ainsi qu'une pâte microlithique. Andésite à pyroxène fort altérée.

No. 752. Grès vert dans le Kali Toulis, près de Soukorëdio, en aval du No. 751, district de Batour, Bandiarnégara. C’est un gravier d’andésite à particules de pâte, comme le No. 751. Le pyroxène est en grande partie encore frais; une petite partie en a été décomposée en chlorite; il y a encore du feldspath terne, de la hornblende brune, du minerai de fer, du spath calcaire et de la chlorite.

No. 698. Fragment originaire des brèches du Gg. Tiowet, à l'Ouest du hameau de Pranten, district de Lëksono, section de Lëédok. Roche éruptive, à grains fins. C’est une andésite à pyroxène et à hornblende tant soit peu altérée. Dans les formes de hornblende, on trouve parfois du quartz et des aiguilles bleues limpides d’actinolite ou d’une autre espèce d’amphibole.

No. 771. Fragment originaire des matériaux volcaniques du village de Paguëntan, district de Batour, section de Bandiarnégara. Dans une pâte microlithique, se trouvent de grands feldspaths tabulaires limpides, quelques augites et des olvines sensiblement inaltérées. C’est une andésite à pyroxène olivinifère, probablement originaire du Gg. Bismo.

No. 696. Fragment d’une brèche du Kali Blébér, entre Tëélogo pété

et Garoung lor, district de Léëéksono, section de Lëdok. Andésite à pyroxène, avec quelques sections de hornblende à grains noirs.

No. 694. Couche calcaire, entre des argiles et des brèches de l'étage m,, entre Garoung lor et Pégandoulan, district de Lëksono, section de Lëdok. Contient des orbitoïdes, des cycloclypées, des amphistégines, des globigérines et le lithothamnium.

No. 723. Fragments de calcaire des marnes m,, près du four à chaux de Garoung lor, district de Lëksono. Ces échantillons consistent entièrement en morceaux de corail.

No. 726. Marne m,, à l'Ouest du pasanggrahan Télogo, près de Télogo pété, district de Léksono. Dans cette marne tendre gris clair on taille des bornes kilométriques. Elle contient, au microscope, des globigérines, des amphistégines, le lithothamnium et quelques autres espèces.

IT. Ze ferrain miocène.

Les schistes anciens et les couches éocènes, représentés sur notre petite carte à l'échelle 1: 100.000, sont environnés de toutes parts par des roches miocènes. Vers le Nord, ils reposent directement sur les schistes et on peut les suivre jusque dans la vallée du Seraïou; à Mërden, on trouve des marnes tendres m,; plus à l'Est, des roches brècheuses m, des monts Séligour, Plangon, Poulosari, Diambou et Midangan; ce dernier est le point le plus haut de ces régions; son altitude est de 1040 mètres, Plus à l'Est encore, ces brèches se prolongent par Kaliwiro jusqu’à Sapouran. Les marnes de Mërden se trouvent à l'Est, en une bande étroite reposant sur des brèches, et se terminent au Sud du Séraïou, à peu près à la hauteur de Midangan.

Au Sud de Mérden finissent les schistes, et l’on y trouve de tous côtés des roches brècheuses m,, qui continuent à l'Ouest vers le chef-lieu Banioumas, tandis que les marnes et les grès marneux n’y occupent également qu'une zone très étroite. Plus au Sud, les roches miocènes se prolongent en Baguëlen jusqu’à la plaine de Gombong, de Karang aniar et de Keéboumen ; mais près d’Idiou, elles se rattachent à la chaîne du Karang bolong. Nous savons déjà par les profils Nos. XX et XXII, que les couches consistent partie en brèches m,, partie en marnes tendres et en argiles m,, et que dans la chaîne du Karang bolong affleure aussi du calcaire m,.

Au Sud de la vallée du Loh oulo, on trouve, sur les argiles tendres éocènes, des grès grossiers, des conglomérats et des brèches avec des fragments de diabase et d’andésite à hornblende du Gg. Paras (516 m.), arête qui à l'Est porte les noms de Sirangkok (au Sud de Sadang) et de Kouta Pékalongan. Au Nord de Ngalian, où finissent les roches éocènes, les roches miocènes de la série du Midangan se réunissent à celles du Kouta Pékalongan. Ce Gg. Paras etc. a été tout entier rangé dans l'étage m,, à cause de l’analogie avec des roches de cet étage,

bien qu'on n’y ait pas trouvé de fossiles. La disposition des couches est donnée par le profil No. XXI. Aux brèches etc. du Gg. Sirangkok, succèdent, près Wadas malang, des marnes, des argiles etc., auxquelles appartiennent également les couches en forme de bassin du Gg. Indrokilo. Ces marnes m, y forment une saillie dans les roches brècheuses et on peut les suivre, depuis le Gg. Indrokilo vers le Nord-Est, par le village Wadas malang, jusqu'aux environs de Wadas lintang. A l'Est, elles sont bornées par le grand massif brècheux du Gg. Kémbang, une chaîne escarpée à plusieurs sommets, dont l'altitude est de 729 mètres, et qui consiste en brèches et conglomérats d’andésite; à son pied méridional, elle est constituée par des grès fins, gris (No. 715), dans lesquels on a creusé les temples hypogés çivaïtiques Gouwo Mérden, Gouwo Tépous ou Gong, Gouwo Lanang et Gouwo Tébasan. A l'Est, le Gg. Kémbang se rattache à un vaste terrain de brèches, de conglomérats et de grès, que l’on peut suivre au Sud jusqu'à Koutoardio et Pourworëdio, et au Nord, jusqu'à Sapouran, Ngalian et Kaliwiro.

Au Nord de Kaliwiro, à l’autre bord du Seraïou, et à l'Ouest de Wonosobo, il existe encore un terrain miocène dont fait partie, entre autres, le mont Tiowet, et qui se prolonge à l'Ouest vers Banioumas. Cette portion, qui au Sud consiste en marnes, au Nord en brèches, a déjà été décrite plus haut à propos du terrain de Worawari.

Le grand terrain tertiaire dont il vient d'être question, qui est situé entre Sapouran et Pourworëédio, s'étend à l'Est jusqu'aux frontières de Kédou et de Ioguiakarta. Ce sont pour la plupart des brèches, des conglomérats et des grès d’andésite, décomposés à la surface en une argile brune.

Au Nord de Pourworëdio seulement, près Kaliboto et Bénér, affleurent encore quelques marnes tendres, qui primitivement s’étendaient sans doute plus au Sud jusque près de Pourworëdio, mais qui y ont été emportées par le Bogowonto et ses affluents, de sorte que les brèches sous-jacentes arrivent au jour.

La disposition des couches dans la chaîne frontière de Ioguia nous est déjà connue par les profils Nos. XVII et XVIII. Vers la frontière de Kédou, la direction change de nouveau en Est-Ouest. Entre Koutoardio et Pourworëdio, au bord méridional de la chaîne, l’inclinaison est au Sud, et il en est de même près des temples hypogés du Gg. Lanang, où les grès gris (No. 715) ont une direction de 80° et une inclinaison de 5 à 7 au Sud. Les couches du Gg. Rawa tiatiing ou Gg. Lawang, à l'Est de Ngalian, inclinent aussi au Sud, de même que leur prolongement occidental, le Gg. Kouta Pékalongan—-Paras. Mais les couches au Nord de Kaliwiro inclinent au Nord, de même que celles du Gg. Midangan, de sorte qu'il existe une selle entre Ngalian et Kaliwiro.

La chaîne du Karang bolong mérite un examen plus approfondi.

Nous savons déjà, par le profil No. XXII, que les couches des étages m,, m, et m, sont ici toutes représentées. Près d’Idiou, les marnes ont une pente douce au Sud, laquelle se change toutefois vers le Sud en une pente douce au Nord; et le massif calcaire du Gg. Séwou, considéré dans son ensemble, est horizontal ou en pente douce au Nord. Les brèches sous-jacentes ont la même inclinaison, mais vers la côte elles forment une selle, de sorte qu’à la côte même les couches inclinent au Sud et au Sud-Est.

Dans les marnes m,, on a trouvé quelques fossiles (No. 732) au Nord du village Brombong. Dans la petite rivière Tiourouk maling, au pied des monts calcaires, les couches sont bien à découvert à l’endroit où la rivière forme une petite cascade. (Voir le dessin Fig. 38). Dans les marnes, il existe deux couches de lignite, épaisses respectivement de o.3 et de 0.8 de mètre, et séparées par des bancs marneux de 1.1 mètre d'épaisseur. Sur la couche de lignite supérieure, il se trouve encore 0.7 mètres de marnes et puis du stalagmite, provenant des eaux qui ont découlé des murs calcaires. Les couches y ont une direction de 82° et une inclinaison de 8’ Nord. Les lignites sont terreux et de qualité inférieure; on a trouvé les fossiles No. 732 dans les marnes qui se trouvent sur les charbons ou entre ceux-ci.

On a également trouvé des lignites en d’autres points de la chaîne du Karang-bolong, et constamment au pied des collines calcaires, de sorte qu'ils appartiennent sans doute en grande partie à l'étage m, ; cependant quelques-unes des couches consistent plutôt en argile colorée par des débris végétaux; elles se trouvent sous un gravier meuble d’andésite au bord de la chaîne, et sont peut-être, non pas tertiaires, mais quaternaires. Ceci est d'autant plus probable que sur les marnes, à l'Ouest du tunnel d’Idiou, on a trouvé dans de l'argile et du sable meubles quelques ossements de mammifères fossiles (No. 741), et que par conséquent il se trouve en réalité çà et làsur les couches tertiaires des sédiments quaternaires. Ou trouve des charbons de cette nature, de qualité toujours très mauvaise, entre autres:

1. Au-dessus du village de Kémousouk, au moins à 50 mètres au-dessus de la plaine, au bord de la chaîne escarpée; ils s'y trouvent en couches horizontales entre de l’argile blanche et du sable meuble (gravier d’andésite).

2. Près du village Kalibangkang, dans la rivière Watou béëlah; c'est une couche de lignite terreux, sensiblement horizontale, de près de 2 mètres d'épaisseur. Elle repose sur de l'argile blanche avec pyrite. Dans la petite rivière se trouvent de nombreux fragments de bois silicifié de couleur foncée (No. 733).

3 et 4 Au village de Kaligaleng on a trouvé du bois carbonisé dans une argile verdâtre. Il est probablement quaternaire. Un pareil gisement existe près du village de Médingklak.

5. Dans le Kali Soka et près de cette rivière, au voisinage de Bréngang, il existe une couche de lignite terreux (No. 734) que l’on peut suivre sur une longueur de 30 mètres; l'épaisseur de cette couche est de 2 mètres au moins. Elle est accompagnée de couches d’argiles schisteuses foncées (No. 735). ,

Toutes ces couches de lignite n’ont aucune valeur technique ; comme elles se montrent toutes au pied des monts calcaires, elles appartiennent peut-être à une seule et même couche, sauf les dépôts de sable de la surface qui sont probablement d'âge quaternaire.

Dans la brèche d’andésite au Nord de Karang bolong, dans la petite rivière Këdoung tiokol près du village de Guëndon, il y a un filon de quartz de 1.2 mètre d'épaisseur, dans lequel se trouve de la pyrite que l'oxydation a transformée à la surface en sulfate ferreux. Les gisements de lignite décrits plus haut ont été visités par M. l'ingénieur FENNEMA en décembre 1884.

La chaîne du Karang bolong est bornée à l'Ouest et à l'Est par un terrain plat. Ce qui prouvé qu’en-dessous de cette plaine, près Gombong et Karang aniar, des roches marneuses sont cachées sous l'argile quaternaire, c’est entre autres l'existence d’une petite colline de marne blanche entre ces deux localités, au Sud de la grande route postale, près du poteau 394. Du reste au puits artésien de Gombong on a percé le tertiaire jusqu'à 20 mètres de profondeur; et de 13 à 20 mètres on a trouvé sur les marnes un banc épais de cailloux roulés.

La chaîne au Nord d’'Idiou est très fortement plissée et comprimée; les couches inclinent tantôt au Nord, tantôt au Sud; elles sont en partie presque verticales et forment ainsi une succession de selles et de bassins, ainsi qu'on l’a représenté dans la figure plus ou moins schématique du profil No. XXII. Il n’est pas invraisemblable, vu la présence des blocs calcaires à nummulites près Sampang, que les couches éocènes gisent non loin de la surface; toutefois je n'ai pas pu les rencontrer en masse compacte. Des brèches grossières se trouvent à découvert dans ja rivière, au village de Kédoung wringuin; elles contiennent des morceaux de grès vert, des conglomérats de quartz et du calcaire à nummulites ; et en un seul endroit, entre Sëémali et Kéëdoung wringuin, les grès renferment de nombreux grains et cailloux roulés de quartz. Ce sont tous des produits d’écrasement des roches éocènes, et ils font présumer qu'ici encore ces roches existent très probablement à une faible profondeur en-dessous des couches miocènes.

Examen microscopique des roches miocènes. Les brèches miocènes se distinguent des éocènes en ce qu’elles contiennent (outre des fragments de diabase) des morceaux d’andésite et de basalte qui manquent dans les roches éocènes. D'autre part, on a déjà fait remarquer plus haut qu’elles englobent aussi de nombreux fragments de roches éocènes, des

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