Le Rogodiambangan et
6. le Promo paraissent être tous les deux, à en juger par la forme, des points d'éruption indépendants; ils présentent chacun un espace cratériforme d’effondrement, le premier au Sud en Banioumas, le second au Nord; ou du moins il semble qu'il en soit ainsi, car les dépressions qui y existent pourraient aussi devoir leur origine à l'érosion. Toutefois, à cause de leur situation rapprochée, il est probable que ce ne sont que deux points d’éruption d’un même volcan et qu'ils forment ainsi ce qu'on nomme des volcans jumeaux.
Du côté Nord, se trouve une cuve très grande et très profonde dans laquelle coulent les affluents supérieurs de la rivière Séngkarange. Cette cuve est très probablement un ancien cratère d’effondrement, dont il reste encore une grande portion du bord, au Sud, entre Krèsèk et Tiourouk mountiar (abusivement Télogo moentjar sur la carte topographique), et auquel appartient, au Nord, le dos Pérwoto (Praboto sur la carte topographique) haut de 1572 mètres. Cet espace circulaire a un rayon de 24 kilomètres. Sur le versant extérieur de ce volcan circule la route de Doro à Sawangan, par Pékoulouran; elle va ensuite, de Sawangan au pasanggrahan Pétoung kriono en traversant l'aire d’effondrement. On y voit principalement des matériaux incohérents, de l'argile
volcanique, avec de gros fragments. Néanmoins, près de Tiourouk mountiar, on rencontre aussi une grande coulée de lave d'andésite, sur laquelle descend, en cascades, un affluent supérieur du Sëngkarang.
Au pied oriental du Rogodiambangan est situé le village de Goumélém, tout près de la limite de Banioumas; de ce point, un mauvais sentier pour cavaliers se dirige vers Sibébek, sur la route de Batour à Karang kobar. Près de Goumélém, on ne voit encore que des matériaux meubles, de même que sur le sentier, en très mauvais état, qui conduit de Goumélëm au lac Télogo Indro, le long de la frontière.
Sur ce volcan, on a recueilli la roche No. 784, enlevée à de gros blocs gisant non loin de Pëtoung kriono; donc, au versant méridional du Gg. Pérwato. C’est une andésite à pyroxène volcanique ordinaire; quelques petits cristaux vert terne paraissent être de l’olivine décomposée.
Le No. 785 a été détaché de blocs situés près de Goumëlém. C’est une andésite à pyroxène, à feutrage de microlithes de teinte claire. Outre le pyroxène, cette roche contient de la hornblende brune et un peu de cristaux d’olivine limpides, nettement délimités. C'est une andésite à pyroxène hornblendifère et (peu) olivinifère.
7. Le groupe du Gg. Bèsèr et du Go. Dioukoung, présente du côté Sud, en Banioumas, une pente volcanique régulière, qui aboutit, au Sud- Ouest, à la plaine de Kalibëning. Les deux sommets font partie d'un cirque de cratère, qui comprend aussi les cimes Bédil et Aro. Au centre de l'aire d’effondrement, sont situés les villages de Pémoutouh et Këédondong, sur la rivière Këméëniëk, autre affluent supérieur du Séngkarang. Le rayon de cette aire est de 24 kilomètres, il est donc le même que celui de l’espace effondré Pérboto-—Tiourouk mountiar — Krèsèk qui y confine à l'Est.
A Pémoutouh, on a pris, à de gros blocs gisant dans la rivière Kéméniëék, la roche gris-clair No. 786. C’est un basalte, qui contient de gros cristaux d’augite, d'olivine, de plagioclase et de minerai de fer, dans une pâte de cristaux plus petits d’augite, de plagioclase et de minerai, sensiblement dépourvue de verre grenu, circonstance à laquelle le basalte doit sans doute sa teinte claire. C’est donc une roche presque entièrement cristalline; l’olivine aussi bien que l’augite v sont devenues brunes dans les cassures. (C’est un basalte cristallin.
Le No. 787 a été enlevé à de gros blocs, au dos du Gg. Bëdil. C’est une roche plus sombre que le basalte No. 786, et elle consiste en andésite à pyroxène fraiche ordinaire.
Le pied de cette montagne s'étend depuis Doro par Karanganiar, Bouwaran et Tambaksari, vers la chaîne tertiaire.
Le terrain des volcans décrits en dernier lieu, le Sikouting, le Rogodiambangan, le Bromo et le Bèsèr, est particulièrement accidenté.
En plusieurs endroits, sur les sentiers, on a déposé dans l'argile volcanique des troncs de fougères arborescentes, pour y aménager ainsi des espèces de gradins praticables aux chevaux. Tous ceux qui ont fait la route de Doro à Pétoung kriono par Sawangan; puis, de Pétoung kriono à Késimpar par le chemin en escalier; et par Garoung et Sikouting vers le lac Télogo Indro, le long de la frontière de Banioumas vers Goumélëm; et enfin le chemin de retour, en pente raide, vers Pétoung Kriono, s'étonnent de la force et de la résistance des chevaux indigènes. Les routes qui conduisent de Pétoung kriono, par Tiourouk mountiar, Songgowéëdi, Krèsèk, Pémoutouh et Kédondong, au pasanggrahan Lébakbarang près de Kétiémbang, ne sont pas beaucoup moins accidentées La route qui conduit de ce dernier village à Paninggaran, monte d’abord en pente raide vers Koutarémbet; puis, elle passe assez bien de niveau par le dos Bédil; ensuite, elle descend rapidement en passant par Kétouran et Simaling vers Sémbodio, près de la limite de Banioumas; elle continue à descendre jusque Paninggaran, où il y a un bon pasanggrahan. Le chemin de retour de Paninggaran à Kadien au Nord, par Sawen et Linggo, monte et descend aussi alternativement, mais il est mieux construit que les autres sentiers.