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La chaïne frontière de Banioumas et Tegal

Dans le prolongement oriental de la chaîne que nous venons de décrire, on peut distinguer deux parties, dans lesquelles les couches présentent des anomalies dans les directions. La première partie est la portion comprise entre la route de Tiipakém à Sitouguëdé, la ligne de partage des eaux au nord du Tii Monteh, la frontière de Banioumas et le Ti Taäl. La direction de l’arête située à l'Est de Tiipakëm est de 40, et nous observons la même direction à Tiiwarou, dans le Tii Pahing (affluent du Tu Taäl). A la limite de Banioumas s'élèvent les cimes Tioulaméga, Soubang, Guëmbol (un point de la ligne de partage principale) et Podiok tiga II (1347 m.), que nous connaissons par la description de Banioumas, et qui tous consistent en brèches.

La seconde portion est située à l'Est et au Nord du Ti Taäl; c’est une succession de selles et de bassins, dans lesquels la direction des couches est de 110° à 130°. C’est ainsi que dans le Tüi Taäl, au village de Sogong, on a observé D. — 130’, I. — 30° au Sud-Ouest; au-dessus de Tiimara, à l'Est de Gounoungdiawa, D. = r10°, |. — 35° au Sud- Ouest. Dans le Tii Sanggaroung, à l’Est de Lourahgoung, D. — 130, [ — 25 au Nord-Ouest; la direction des arêtes de la montagne y est aussi le plus souvent du Nord-Ouest au Sud-Est. Cette chaîne consiste en roches brècheuses et en grès, tout comme le Gg. Koumbang, en Tégal,. dont elle est le prolongement. Entre Gounoungdiawa et Tiimara, il apparaît dans ces brèches un peu de calcaire (No. 826), au Gg. Karang.

À l'Est de Timara, les brèches se terminent par une tranche très abrupte, et font place à un terrain de collines, légèrement ondulé, qui consiste en marnes tendres. On trouve celles-ci dans le cours supérieur du Ti Angkelok et de son affluent le Ti Karo; puis, elles s’infléchissent vers l'Est, ensuite au Nord, autour de la montagne brècheuse Tangkouban prahou; à l'Ouest, elles se rattachent aux marnes fossilifères de la crevasse du Ménëntëéng, entre Tükeusik et Waled; et à l'Est, aux marnes (étage m,) de Tégal.

Les couches situées près de Waled sont les couches supérieures de ce terrain, et c’est dans celles-ci seules qu’on a trouvé des fossiles ; dans les grès et les brèches (m,), entre Gounoungdiawa et Tiikeusik, on n'a rencontré aucun fossile (sauf des foraminifères microscopiques). La direction des couches supérieures fossilifères dans la crevasse du Tu Sanggaroung, qui porte ici le nom de crevasse du Ménéntëéng, est la même que celle des brèches sous-jacentes, savoir 130. Au Nord de

Tükeusik, on a observé [. — 40 au Sud-Ouest; mais plus au Nord, les couches inclinent toutes vers le Nord-Est, d’abord de 20°, puis de 40. La limite de la petite arête de collines tertiaires, qui n’a qu’une altitude de 78 mètres, et de la plaine de Waled (25 m. d’alt.) est ici bien tranchée. La crevasse du Méneénteng est le lieu d’origine des fossiles Z. de JUNGHUHN; nos fossiles, qui proviennent de ce gisement, portent le No. 842, et ont été envoyés à Leyde. M. MARTIN les tient pour pliocènes (Beiträge V. p. 24 et 37).

3. La chaîne tertiaire, entre la crevasse du Méënenteng, Chéribon et Kountingan.

Les roches de la crevasse du Ménénténg s'étendent vers l'Ouest jusqu’à Koréak et Tiikaso. Au Nord de Koréak, cette chaîne perd sa cohésion: on n'y trouve plus que des cimes marneuses isolées, qui s'élèvent, pareilles à des îles, au milieu des produits volcaniques environnants.

Au Sud de Koréak, et à Soukadana et Tühiroup, la chaîne consiste en conglomérats, en grès et en marnes, qui sont rouges à la surface, par suite d’altération, et qui près Pamoulihan, ont D. = 130°, I. — 20° au Sud-Ouest. Sous ces dépôts, et vers le Nord, existent des marnes qui inclinent d’abord au Sud, puis au Nord-Est, comme les couches de la crevasse du Ménéntëng. On n'y a pas trouvé de fossiles; mais on en a rencontré plus loin, vers le Nord-Ouest, au Nord de Mandirantian, dans la colline située près de Tiimara. Ici les marnes grises tendres inclinent au Nord-Est dans la rivière Ti Niatou; on y a trouvé de nombreux fossiles (No. 845) qu'on a envoyés à Leyde pour y être déterminés.

Les couches situées au Sud de Koréak ne touchent pas immédiatement aux brèches qui se montrent plus au Sud; elles en sont séparées à la surface par des matériaux volcaniques. Il est probable que les marnes forment un bassin au-dessous de cette couche volcanique et gisent en concordance sur les brèches, dont au village de Kértasari, dans la vallée du Ti Sanggaroung, D. — 120° et I. — 30° au Nord- Est, exactement comme dans la chaîne située à l’est de Lourahgoung.

Nous retrouvons donc ici la portion de l'aile Nord qui manque dans notre profil No. XXV, et les couches supérieures fossilifères (Nos. 842 et 845) sont probablement du même âge que les couches du Gg. Gueulis et du plateau de Rantia.

Au Nord de Lourahgoung et de Lébakwangui s'élève une petite colline allongée, nommée Pasir Peuseuran, environnée partout de produits volcaniques, et qui, au Sud, est bornée par la rivière Sondé. Le Pasir Peuseuran consiste en un calcaire marneux (No. 827), dans lequel on peut observer une structure corallienne peu distincte. Les couches sont en pente douce au Sud; et bien qu'il soit possible que ce calcaire repose s#7 les couches brècheuses, recourbées en forme de bassin, et

qu'il puisse ainsi appartenir à notre étage m,, je tiens pour plus vraisemblable que ce sont des bancs de calcaire interposés dans les brèches mêmes, comme le calcaire du Gg. Karang à Gounoungdiawa. Le calcaire du Peuseuran est calciné et on l’a l’utilisé, entre autres, pour maçonner la digue dans le Ti Sanggaroung à Tukeusik.

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