C. Les roches volcaniques
A la limite des Préanguer et des plantations de Pamanoukan et de Tiiasëém, se dresse une série de volcans. A l’angle extrême Sud-Est de la résidence de Krawang, s'élève une cime qui, sur les feuilles détaillées des Préanguer, est nommée 1. Gg. Kadaka; sur la carte de Krawang, on l’appelle le Pangparang. tte cime consiste en un beau petit rempart en fer à cheval, de
e 80 mètres de rayon, qui s'ouvre vers le Sud et qui sera décrit
à propos des régences du Préanguer. A ce sommet succède, en Krawang même et plus au Nord, le cône abrupt
2. Gp. Tiagak, à cratère en fer à cheval, ouvert au Nord-Est.
3. Le PBoukit Tounggoul (2208 m. d’alt.), à la limite des Préanguer. Dans un très grand cirque de 2.95 kilomètres de rayon, il s’en trouve un autre plus petit, d’un rayon de 1.3 kilomètre, et dans ce dernier est situé, au signal, le point d’éruption le plus récent.
4. Le Lringkoung à bord effondré, d’un rayon de 3.45 kilomètres. À proximité de la frontière des Préanguer et déjà dans cette résidence, il existe dans ce cirque un petit point d’éruption, le Gg. Lingkoung. C’est une dépression, sans décharge à la surface. Du grand anneau font partie les cimes Tikéndoung, près du village de ce nom, Tiükondang et Kouloutouk, de la carte de Krawang.
5. Le Tangkouban prahou (2075 m. d’alt.), à l'Ouest du précédent. Au bord méridional, dans les Préanguer, se trouve un grand cirque, d’un rayon de 5.2 kilomètres; dans l’intérieur de celui-ci il en existe un plus petit, qui entoure les cratères du Tangkouban prahou et qui a un rayon de 1.16 kilomètres. Dans ce dernier, sont situées trois dépressions qui sont, de l'Est à l'Ouest: une plaine marécageuse dans un cirque en fer à cheval, le Kawah Oupas et le Kawah Ratou; dans ces deux dernières, il y a des solfatares et des fumerolles. Sur le bord du Kawah Ratou, vers l'Est, se trouve encore un point d’éruption, le
Kawah Domas. Ces cuves et leurs roches Nos. 8962, 896b et 896€ seront décrites plus en détail au chapitre Préanguer.
6. Le Bourangrang (2063 m.), à l'Est du précédent et de 1.2 kilomètre de rayon; avec le Tangkouban prahou, il est circonscrit par le grand cirque de 5.2 kilomètres de rayon, dont il vient d’être question.
Tous ces volcans ont projeté une partie de leurs produits dans les Préanguer, une autre partie en Krawang; le Tiagak seul est situé tout entier en Krawang. Les pieds volcaniques butent contre la chaîne tertiaire. |
Partant du Bourangrang, on peut suivre deux courants boueux, le premier par Wanaïasa et Tiaringgoul jusque Pourwakarta, où le pied du volcan passe à la plaine quaternaire; le second plus à l'Ouest par Tiisomang et Dépok vers Tiükaroïa et par Tiianting vers Tüdiantoung, au Sud de Pourwakarta. Ces courants boueux, consistant en sable et en pierres, recouvrent en discordance les couches inclinées tertiaires de brèches et de conglomérats.
Près de Wanaïasa se trouve un petit lac; ce n’est pas un lac de cratère; 1l doit uniquement son origine à l’endiguement d’une petite rivière, le Tiotiol boubout, affluent du Ti Hérang.
La rivière Ti Lamaïa constitue sensiblement la limite du pied du Bourangrang et de celui du Tangkouban prahou.
Sur le grand cirque est situé le petit cratère le Kawah Domas, déjà nommé; et, sur le versant Nord-Est on trouve quelques petits points d'éruption, le Gg. Malang, le Gg. Noulou et d’autres encore. Toute la plaine, à l'Est de Sëgalahérang, consiste en une coulée de lave, dont on peut voir de toutes parts les blocs poreux sur la grande route, entre Téngguëéragoung (à Ségalahérang) et Kasomalang. En deux points, cette coulée s’est frayé une issue, avec quelques produits meubles, jusque bien loin vers le Nord, en creusant des ravins entre des collines tertiaires, comme on l’a déjà signalé plus haut. Au Nord de Sëégalahérang, cette coulée est à découvert sur une épaisseur d’une dizaine de mètres et sur 100 mètres de longueur, dans la vallée du Tii Asém:; elle repose sur des couches brècheuses tertiaires inclinées. La rivière forme ici, par dessus la coulée, la cascade Tiouroukagoung. Au Nord de celle-ci, on peut encore suivre les matériaux volcaniques jusqu'aux villages de Tiüsapi et Tikangkoung, à plus de 20 kilomètres du cratère. Environ à 6 kilomètres plus à l'Est, on trouve une saillie analogue du terrain volcanique dans le terrain tertiaire, entre Gardou Tambakan et Pangkalan; on n’y voit pas distinctement de coulée de lave, mais simplement des matériaux volcaniques incohérents. Au Nord de Tiadasngampar (Kasomalang) s'étendent, sur la limite du terrain volcanique et des collines tertiaires, quelques petits lacs que l’on doit plutôt regarder comme des mares. Dans le lac situé près du village de Koumpaï, on
trouve une masse reposant sur l’eau, qu'on appelle , l’île flottante’; c’est un grand amas de broussailles et de joncs, qui se déplace sous l’action du vent (voir Tijdschr. v. Land- en Tuinbouw in Nederl. Oost-Indië IV p. 317).
A Tiisalak s'élève une cime, nommée Pasir Halang (638 m.), sur le versant du Boukit Tounggoul, point d’éruption indépendant sans cratère distinct. La limite des matériaux volcaniques et des collines tertiaires se dirige à peu près vers l'Est, à partir de Kasomalang; mais aux confins du Préanguer, elle fait un coude vers le Sud, jusque dans le voisinage de Tukramas.
Description microscopique. Les roches de cette longue chaîne de volcans sont toutes des andésites à pyroxène et des basaltes.
No. 895. Coulée de lave du Tangkouban prahou, entre Tiisalak et Ségalahérang. A l'œil nu, c'est une roche foncée et très poreuse. C’est un basalte, avec verre brun et rectangles de feldspath, peu d’augite et peu d’olivine.
No. 896. Coulée de lave du Tiouroukagoung, dans la vallée du Tü Asëm. Roche gris-clair, également très poreuse. Elle a les caractères d’un basalte, à nombreux rectangles allongés de feldspath et à pâte de feldspath, d’augite, de minerai de fer et de verre grenu brun. Mais, sous le rapport pétrographique, c’est plutôt une andésite à pyroxène, car parmi les cristaux porphyriques 1l.y a bien du plagioclase et de l’augite, mais presque pas d'olivine. Andésite à pyroxène à caractères de basalte.
No. 897. Originaire du Bourangrang, et enlevé à de gros blocs à Patrol Tiükéris, sur la rivière Ti Kao. Roche gris sombre, à cristaux d’augite. C’est un basalte, avec assez bien d'olivines à demi serpentinisées et de grandes augites.
D. Dépôts quaternaires et modernes.
La partie septentrionale de Krawang est une plaine qui se rattache à l'Est à celle de Chéribon, à l'Ouest à celle de Batavia. Ici encore il y a deux divisions; on peut reconnaïtre une section ancienne et une section récente; la section quaternaire ancienne consiste en argile jaune et brune avec cailloux roulés volcaniques et autres, ainsi qu’en matériaux des collines tertiaires. Elle atteint sa plus grande altitude, 130 à 160 mètres, à la limite du terrain tertiaire; puis, vers le Nord, elle descend graduellement jusqu’à une dizaine de mètres d'altitude.
Les matériaux de cette plaine ont été, sans doute, apportés par les rivières et déposés dans la mer; on peut donc s'attendre à trouver dans ces produits des fossiles d’eau douce aussi bien que des fossiles marins; mais jusqu'à ce jour, on n'y a rencontré aucun fossile. A Soubang et Kalidiati, cette bande a une largeur de 17 kilomètres.
Au Sud de Pourwakarta, le pied duvolcan Bourangrang passe graduellement à la plaine quaternaire; comme d'habitude, la limite n’y est pas bien nette.
Dans la vallée du Ti Taroum, il existe aussi des sédiments fluviatiles quaternaires, consistant en bancs horizontaux de tufs et de cailloux roulés qui s'élèvent jusqu'à 20 mètres au-dessus du niveau actuel de la rivière. Ces plateaux s’observent à Kandangsapi et Soukamana (Pagadoungan), entre Sémpeureuh et Tipamoulang et entre Tukao, en passant par Tiiampel, et l’ancienne fabrique de sucre Parakantérous.
Au nord de Pourwakarta, on peut suivre les dépôts quaternaires, d’abord par Tüukao vers la vallée du Ti Taroum; puis, par Garoungsang, Diomin, Dawouan et Kosambi jusque près de Telokdiambé, non loin de Krawang. Sur la grande route postale de Pourwakarta à Krawang, au poteau 244, le terrain descend brusquement de 2 à 3 mètres, et l'argile brune quaternaire fait place à de l’alluvium fluviatile gris. On trouve encore une petite terrasse pareille lorsqu'on se rend de Soubang à Pamanoukan, en passant par Pagadèn barou. Au Nord de cette dernière localité, mais encore au Sud du relais Kihnang, au poteau 144, la route descend de 4 mètres à peu près, en peu de temps, et le sol perd aussitôt sa teinte brune. L’altitude doit y être de 10 à 15 mètres; à Krawang cependant, elle doit être de plus de 30 mètres, car l'alluvium du Ti Taroum y est à une plus grande hauteur. Au Nord de Pourwakarta, la largeur de la plaine quaternaire est de plus de 20 kilomètres. Au nord de cette zone quaternaire, ONAÉTOUVE RCE MTONE MO mètres, en quelques endroits cependant entre 30 et o mètres d'altitude, de /’a//uvium fluviatile; ce sont les matériaux les plus récents apportés par les rivières et déposés sur le rivage de l’ancienne mer. Aux embouchures des grandes rivières Tioupounagara, Ti Lamaïa et Tni Taroum, on trouve des langues de terre triangulaires qui s'avancent dans la mer comme de véritables deltas. (C’est surtout le delta du Tu Taroum qu est remarquable; et à en juger d'après sa forme, 1l est probable que jadis le bras principal de la rivière, ou du moins l’un des bras principaux, avait son embouchure entre les villages de Sadari et Tiimara. Le bras principal actuel se jette dans la mer dans la résidence de Batavia; un petit bras de raccordement, le Bounguin, forme actuellement, près de la mer, la limite entre Krawang et Batavia.
Les matériaux de cette plaine consistent essentiellement en argile arénacée tendre, grise, Ççà et là avec quelques cailloux roulés; et, à proximité de la côte, en sable marin. Une grande partie de cet alluvium est marécageux et s'inonde lors des crues des rivières. La largeur de la zone alluviale est très variable ; au niveau de Pamanoukan, elle est de 24 kilomètres; à Tüasém, de r7 km.; à Tülamaïa, de 20 et à la hauteur de Krawang, dans le delta du Ti Taroum, elle est même de 42 kilomètres.