‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 59 sur 244 · EXC · texte numérisé non relu

EXC

Table de l'âge des roches de Fava (avec Madoura, Bawéan et Karimoun diawa).

Schistes argileux, quartzites avec filons de AGE. quartz, sans pétrifications (schistes de Kari- ? moun diawa).

Schistes à serpentine, micacés, chloriteux et argileux, quartzites elques couches Re

8 7 A DR A Crétacé.

calcaires et bancs interposés de roches éruptives (diabase, gabbro, porphyre quartzeux).

Grès quartzeux, argilolithes avec couches de

houille, brèches de diabase, quartzite, quartz, Tertiaire inférieur.

etc.,conglomérats de quartz et de granite, mar- Eocène. nes à alvéolines et calcaire à nummulites.

Tertiaire inférieur.

Andésites les plus anciennes, avec caractère Hécène:

de diorites et de diabases.

Tertiaire inférieur.

Terrain de Nanggoulan en Ioguiakarta.

Oligocène.

Roches éruptives à la base du terrain Miocène le plus miocène. ancien.

Etage inférieur du terrain tertiaire supérieur, nommé éfage brècheux. composé de brèches de roches éruptives tertiaires, de grès, d’argiles, mais de fort peu de marnes; de bancs

Miocène inférieur.

Roches éruptives dans l'étage artère}

calcaires.

Roches éruptives de l'étage précédent. Miocène inférieur. Etage moyen du terrain tertiaire supérieur, Miocène moyen et

nommé éfage marneux; beaucoup de marnes / supérieur (les couet de grès marneux, moins de grès et ( ches supérieures en d'argiles, quelques bancs calcaires. partie pliocènes. Roches éruptives de l'étage précédent. NOGCERE moe supérieur.

Etage le plus récent du terrain tertiaire supérieur, nommé éfage calcareux. Beaucoup Miocène supérieur de calcaire et de calcaire marneux alternant { et pliocène. parfois avec des marnes.

Miocène, pliocène, Roches volcaniques récentes. Volcans. quaternaire et moderne.

Sédiments post-tertiaires anciens, 7 Orient ment avec des mammifères fossiles.

Sédiments post-tertiaires récents. Moderne.

Description succincte des terrarns.

I. On ne trouve pas à Java même, mais seulement dans quelques îles de l'archipel Karimoun diawa, les roches schisteuses à filons de quartz, probablement très anciennes, qu’on rencontre à Sumatra et à Bornéo. Des fossiles n’ont pas été trouvés ici, pas plus qu'ailleurs dans ce terrain; les couches sont la plupart très-redressées et se composent essentiellement de quartzites et de schistes argileux gris à filons de quartz. Bien que Karimoun diawa appartienne à la même série que Bangka, Billiton, Singkep avec d’autres îles de l’archipel Riouw Lingga, et Malacca, on n’a pas encore, jusqu'à ce jour, rencontré dans cette île ni granit ni minerai d’étain.

II. Un autre terrain schisteux, probablement beaucoup plus jeune que le précédent, se rencontre en rapport intime avec des diabases et des gabbros et peut être considéré comme des tufs résultant de la métamorphose de roches riches en olivine, faisant partie de ce groupe. Ce terrain consiste pour la plus grande partie en schistes serpentineux parfois brècheux, en schistes chloriteux et micacés, schistes argileux durs, en quartzites et en quelques bancs calcaires interposés: ces derniers étant presque toujours devenus granuleux et cristallins et ne renfermant alors aucune trace de fossiles. Dans un de ces bancs, on a trouvé toutefois de petits foraminifères coniques, appartenant aux orbitolines, ce qui tend à prouver que ces schistes, bien qu'ayant en partiè un caractère ancien, ne sont pas plus vieux que /’éfage crétacé, vu qu’à Bornéo et ailleurs des orbitolines se montrent dans des roches appartenant à la formation crétacée.

On trouve aussi dans ces schistes des chapelets de quartz d’une très faible épaisseur pour la plupart. Au milieu de ces schistes apparaissent du gabbro, du diabase et du porphyre quartzeux; le diabase et le gabbro parfois en bancs concordants entre les schistes.

Ce terrain n’est à découvert qu'en trois endroits; il constitue probablement une grande partie du sous-sol de Java, mais il est soustrait au regard par la couverture épaisse de couches tertiaires. Ici encore les couches sont habituellement très-redressées et ont éprouvé des incurvations et des plissements nombreux.

III. Aux schistes à serpentine succèdent, par rang d'âge, des roches éocènes, qui ont été l’objet d’une étude spéciale parce qu’elles appartiennent au terrain houiller de l'Inde.

La roche principale est le grès, et notamment le grès quartzeux, avec quelques paillettes de mica, mais toujours sans fossiles; elle alterne avec des argiles tendres grises présentant des empreintes de plantes et avec des couches de houille. Les grès passent païfois aux conglomérats et aux brèches, avec des fragments de granit, de quartz de filon, de quartzite, de diabase, de schiste ancien, de calcaire, etc., en partie arrondis, en partie

angulaires. Puis viennent des argiles compactes, des marnes et du calcaire, avec de belles alvéolines, des orbitoïdes et des millions de nummulites, dont quelques-unes atteignent la taille de 37 millimètres.

Ce terrain, couvert par des couches miocènes, n'apparaît également au jour que sur une faible étendue. Il n'est toutefois pas douteux, bien que ceci n'ait pas encore été prouvé, que les couches éocènes existent dans le sous-sol en plusieurs endroits.

Les couches éocènes sont en partie repliées en forme de bassin, en partie fortement redressées. Elles reposent en discordance sur les schistes à serpentine et sont recouvertes à leur tour, et en discordance, parles couches miocènes.

IV. On trouve à Bantam, en stratification concordante entre les couches éocènes, des bancs de roches éruptives recouverts par leurs. brèches et celles-ci par des couches à nummulites, de sorte qu'elles appartiennent incontestablement au terrain éocène et ne sont pas d'une date plus récente. Ces roches éruptives présentent complètement les caractères de d'abases et de drorites, donc de roches prétertiaires, et non pas d’'andésites; preuve que la classification des roches éruptives suivant leur nature en prétertiaires et tertiaires ne peut être adoptée ici. Il faut ranger les roches éocènes au moins parmi les anciennes, et plus. tard nous apprendrons même à connaître des roches miocènes qui ont le caractère du ÿabbro.

V. Dans le district Nanggoulan de la résidence loguiakarta se rencontre, au pied de la montagne qui forme la limite avec Bagueëlen et sur une faible étendue, un terrain marneux sablonneux qui est riche en petites nummulites et en très grands orbitoïdes (Jusqu'à 50 millimètres).

Par son gisement sous les couches miocènes anciennes de la montagne limite, il appartient à un étage tertiaire plus ancien, ainsi que le prouvent également les orbitoïdes du sous-genre Discocyclina GüMBEL, que l’on rencontre bien dans les couches éocènes de Java, mais non dans le miocène. Toutefois, comme les foraminifères de ce terrain ne sont pas identiques à ceux de l’éocène et que les mollusques qu'on y trouve, et qui ont été examinés par MARTIN, ont même un caractère plus récent, miocène, il est probable qu'il occupe une place entre les terrains éocène et miocène, et appartient ainsi peut-être au terrain o/gocène ou groupe de Nari de l'Inde anglaise.

Outre les grès marneux dont il a été question, ce terrain contient des argiles dures avec une couche de lignite et quelques couches de marne. Les roches éruptives qui apparaissent en quelques points de ces couches forment probablement la base de ce terrain, puisqu'on n'y connaît pas des bancs interposés, mais bien des fragments de la roche éruptive, Cette roche peut être appelée basalte; mais on peut tout aussi bien la nommer un diabase à olivine, vu que toute l’olivine est complè-

tement transformée, ce qui est rarement le cas même pour les basaltes du miocène ancien.

VI. En différents endroits, on trouve à la base du terrain miocène des roches éruptives qui par l’écrasement ont fourni la matière des brèches, conglomérats et grès de la division sédimentaire inférieure du miocène. Ce sont essentiellement des 2ndésites à pyroxène et des basaltes à caractère récent. Cependant on y rencontre aussi des roches ayant un caractère plus ancien et qui ressemblent à du gabbro à olrivine (basaltes grenus cristallins), à du dabase, etc. A Bantam, une partie de ces dernières sont peut-être aussi éocènes, puisqu'elles ressemblent tout-àfait aux roches incontestablement éocènes de notre groupe IV.

VIT. Quant à l'étage inférieur du tertiaire supérieur, d'âge miocène ancien, 1l a été appelé par nous ,,étage brècheux,” parce qu’il se compose en grande partie de brèches et de conglomérats des roches éruptives mentionnées sous le No. VI. Cependant il vient s’y ajouter encore un grand nombre d’autres roches, des grès formés de grains d’andésite, des argiles, des argiles silicifiées passant à de véritables schistes siliceux, et quelques bancs de marne et de calcaire. Les fossiles se trouvent principalement dans les calcaires, mais rarement dans les grès, les argiles, etc. Les orbitoïdes de ces calcaires ont des chambres médianes rondes ou en forme de spatule et se distinguent par là des orbitoïdes des groupes plus anciens.

Il n'est pas rare que les couches de cette section, lesquelles ont en maints endroits plusieurs milliers de mètres d'épaisseur, soient fortement plissées et même verticales en plusieurs points. Rarement elles sont restées sans déformation. Bien que les brèches aient été déposées pour la plupart en couches distinctes et sous l’eau à coup sûr, une partie d’entre elles, moins distinctement stratifiées, appartiennent probablement au manteau de volcans tertiaires qui furent formés partie dans la mer, partie audessus de la mer. La limite est ordinairement difficile à établir d'une manière précise à cause de la forte érosion, de sorte que tous ces produits ont été réunis sur la carte dans l'étage m..

VIII. Quelques bancs de roches éruptives se trouvent en concordance entre les couches de brèches; ce sont surtout des andésites à quartz, mica et hornblende avec de beaux dihexaèdres de quartz, des andésites à pyroxène et des andésites à hornblende, toutes à caractère récent. Ce n’est qu'entre les couches de calcaire marneux de la rivière Sawarna en Bantam, qui appartiennent aussi à l'étage m,, que se trouvent des bancs d’une roche éruptive qui ressemble tout-à-fait au gabbro.

IX. Le second étage ou étage néo-tertiaire moyen m,, contenant probablement des couches d'âge moyen et néo-miocène et même d'âge pliocène, qui ne pouvaient toutefois être distinguées sur le terrain, a une épaisseur bien plus faible que la division inférieure, et a été appelé

par nous l'étage marneux” d’après la roche principale. On rencontre ici, outre dés grès calcareux avec de nombreuses coquilles marines, quelques couches de conglomérats et de brèches, bien moins cependant qu'à l'étage m,; puis des argiles, des grès non-calcaires et des bancs de calcaire, ces derniers encore une fois à orbitoïdes avec chambres en forme de spatule, (lépidocyclines). En général, les couches de l'étage m, sont plus calcarifères que celles de m, ; par leur faible consistance, une grande partie des couches a déjà été délayée et entraînée par les eaux. Il n’est pas rare que les couches supérieures de cet étage alternent avec des couches de calcaire et elles deviennent elles-mêmes aussi très riches en calcaire; ainsi s'établit lentement une transition à létasetmee

X. Des bancs éruptifs se présentent régulièrement en certains endroits en Bantam et dans les Préanguer entre les couches de l'étage m, ; on ne les a pas encore rencontrés ni dans l’est ni dans le centre de Java. Ce sont des andésites à pyroxène.

XI. L’étage m, supérieur néo-tertiaire, notre ,,étage calcareux,” se compose essentiellement de calcaire tantôt dur et cristallin, tantôt plus mou et marneux. Grâce à une proportion très importante de magnésie, ces calcaires deviennent parfois dolomitiques. En outre on trouve çà et là des marnes, aussi des grès marneux et même des argiles blanches, mais le plus souvent d'une manière accessoire. Le calcaire comprend de nombreuses pétrifications marines d'apparence récente et il est fort possible que la majeure partie des roches de cet étage soient déjà pliocènes, et que seules les couches inférieures doivent être attribuées au miocène supérieur.

Des couches éruptives concordantes n’ont pas encore été rencontrées dans la division m,.

Les couches de m, et m, sont fréquemment plissées et redressées, mais le plus souvent elles le sont moins fortement que celles de l'étage m.. Le calcaire forme aussi souvent sur une grande étendue des îlots peu inclinés, minés par l'érosion d’une façon singulière et présentant des milliers de petits sommets.

XIT et XIIT. Les sédiments post-tertiaires ont été en partie déposés dans des lacs intérieurs, en partie dans la mer, bien que les matériaux aient été en grande partie apportés par les rivières et qu'il n'est pas rare que le dépôt ait eu lieu dans des eaux saumâtres. Comme l'activité des jeunes volcans a coïncidé principalement avec l’époque quaternaire, il va de soi que les sédiments quaternaires se composent en très grande partie de matériaux volcaniques récents. Dès lors, l'analogie entre les sédiments quaternaires et les assises volcaniques formées en réalité au-dessus de l’eau, est si grande que la limite est souvent diffcile à établir, si la stratification ne peut être observée distinctement.

Il est vrai qu'il existe une distinction topographique notable entre les monts volcaniques escarpés et le quaternaire en forme de plateau, mais la pente des volcans diminue sans cesse vers leur base et il n’est pas rare que cette base passe insensiblement aux sédiments des eaux saumätres ou douces.

Bien que de l'époque éocène jusqu’à l’époque actuelle il y ait eu presque continuellement des éruptions, il y a cependant à signaler deux périodes dans lesquelles les éruptions ont te particulièrement énergiques. La première coïncide avec le début de l'époque miocène, lorsque les grandes étendues d’andésites, etc. de notre groupe VI se sont formées. La seconde se place après l’époque tertiaire et avant l’époque actuelle, donc dans la période quaternaire. C’est alors qu’ont surgi principalement les nombreux sommets volcaniques de Java, dont plusieurs s'élèvent à présent à plus de 3000 mètres au-dessus de la mer. Ils consistent pour la majeure partie en andésite et en basalte, sous forme de matières peu cohérentes et de courants de lave; exceptionnellement aussi en roches de leucite et en phonolithes qui en partie prirent déjà naissance à l’époque tertiaire.

Les sédiments quaternaires contiennent du gravier des mêmes matières et en outre beaucoup de matières ponceuses qui constituent presqu’entièrement les ,tufs blancs.’ Dans les couches inclinées tertiaires de tuf blanc en Bantam septentrional, qui reposent entre des marnes et des argiles, avec fossiles néo-tertiaires, on rencontre aussi beaucoup de matériaux ponceux et il en est de même dans quelques couches de notre étage m,; preuve que des éruptions de pierre ponce ont eu lieu pendant toute la durée des périodes miocène et pliocène jusqu’à l’époque actuelle.

XIV. Les sédiments de l’époque la plus récente, de l’époque actuelle, consistent en alluvions des rivières et de la mer, notamment en sable et en argile; puis en formations de corail et en déjections volcaniques. L’argile marine d’alluvion a une couleur grise ou bleu-gris; l'argile quaternaire présente le plus souvent à la surface une teinte rouge-brun par suite de l’oxydation du minerai de fer magnétique qui y est contenu; les parties constituantes sont d’ailleurs les mêmes, originaires toutes deux des volcans pour la plus grande partie.

Dans la description suivante des résidences nous dirons seulement ce qui est indispensable sur le gisement et la constitution des terrains; plus tard il en sera parlé tout au long dans la IIIe section de ce livre.

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