‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 62 sur 244 · TI · texte numérisé non relu

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I. Bassin de la côte Sud. Nous ne nommerons ici que les rivières principales.

Le PBondoïoudo, qui prend sa source dans le Probolinggo, et dans son cours inférieur forme avec son affluent le Diatiroto la limite entre Bësouki et Probolinggo. Ce cours inférieur est aussi appelé Kali Diantoung. Un grand affluent du Diatiroto c’est le Tanggoul, qui a sa source sur l’Argopouro.

Le Bédadoung, qui a son origine dans l’intérieur du pays au sud de Soukowcn> (Soukokéërto,) arrose Diembër et se jette dans la mer près Pouguër, où il reçoit, juste à son embouchure, la rivière Bésini; l'embouchure elle-même porte aussi quelquefoisce nom. Un affluent important de droite est le Poutih, avec son sous-affluent le Dinoïo, qui prend sa source sur l’Argopouro et arrose Rambi poudii. Le Sanen, qui a son embouchure près Watou oulo. Un grand affluent c’est le Maïang, qui prend sa source à l’est de Sémpolan:; sous-affluent le Mrawan. Le Sanen et ses affluents arrosent principalement la chaîne de montagnes méridionale inhabitée, formant la limite entre Diémbër et Baniouwangui.

Le Xali Barou, qui a sa source sur le Raoun.

Il: Bassin de la: côte Est.

Le Séjfaïl, dont la source est sur le Raoun, qui arrose Gambiran et Kradenan et se jette dans la baie du Pampang.

Le Pampang qui, avec plusieurs affluents, descend du Raoun, arrose Këbaman et se jette dans la mer près Tratas.

Le Méëngarang ou Bomo et ses affluents, venant également du Raoun pour déboucher dans la mer près Bomo.

Le Zogonto avec affluents, descend du Tiampid et arrose Rogodiampi.

Le Tambong, appelé Këdawoung dans son cours supérieur, et qui vient du sommet Ranti, constitue la limite entre les districts Rogodiampi et Baniouwangui.

Le Bendo qui a aussi sa source sur le Ranti et arrose Soukaradia. Le Badioul mati, rivière limite des sections Baniouwangui et Sitoubondo, a son origine sur le sommet Ringguih.

IT. Bassin de la côte Nord.

Le PBaniou poutih ou Baniou païf, décharge du lac de cratère du Kawah Idien; l’eau en a un goût astringent par suite de la présence de sulfates de fer; elle est aussi aigre à cause des acides libres qu’elle contient. Elle se jette dans la mer à l'est de Asëmbagous. Le Sampéïan, rivière importante, avec nombreux affluents de droite et de gauche. Elle prend sa source sur le petit sommet Tanah

woulan à l'Ouest de Mahesan, coule alors à l’est de Bondowoso par Pradiékan et Sitoubondo vers Panaroukan où elle se jette dans la mer. Les plus grands affluents du Sampéïan viennent du mont Idien. Près Sitoubondo on a creusé un canal important à l'effet de prévenir les inondations de cette localité à l’époque des hautes eaux.

14. Le Délouwang qui naît sur la plaine dite Aloun aloun près du sommet Argopouro et qui débouche dans la mer à l’est du chef-lieu Bésouki.

Géologie.

Le centre de Bésouki se compose de roches volcaniques récentes ; vers le Nord il y a peu de roches tertiaires; mais à la côte Sud l'étendue de ces roches est très considérable. A cette même côte on trouve en outre quelques roches éruptives tertiaires que nous décrirons ici en premier lieu comme étant les plus anciennes de Bésouki.

A. Andésites anciennes de la côte Sud.

Nous rappellerons ici que nos anciennes” andésites sont de l’âge tertiaire, en grande partie même de l’âge 70ocène, et qu'elles sont appelées ,,anciennes” en opposition avec les andésites néo-volcaniques qui constituent les volcans. C’est un fait certain pour beaucoup d’andésites anciennes qu'elles ne forment pas de belles montagnes coniques, amassées autour d’un centre, mais qu'elles ont apparu plutôt à travers des fissures et à l’état visqueux, et que dans la plupart des éruptions d'andésite, les produits #eubles n’ont joué qu’un rôle secondaire. Elles se montrent en effet sous forme de couches etre les couches miocènes, et sous forme de filons #raversant celles-ci, de sorte que sous tous les rapports elles sont intimement liées avec le terrain miocène; surtout que des terrains étendus de brèches et de conglomérats paraissent constituer sur tout le territoire de Java l'étage inférieur des sédiments miocènes, et qu'il n’est pas rare que ces roches, leurs particules devenant plus ténues, se transforment graduellement en grès d’andésite, avec ou sans calcaire et avec des fossiles manifestement miocènes.

Sur la côte Sud, entre Pouguër et Gradiagan, au S. W. du Raoun, se trouve un terrain montagneux très sauvage et tout à fait inhabité, qui consiste pour la plus grande partie en brèches d’'andésite. La roche éruptive sous-jacente, dont sont issues les brèches, se rencontre en divers points sur la côte, entre autres près de Gradiagan et près de Watououlo (qu’on écrit aussi Batou oulo).

1. Aoche de Gradiagan. (No. 26.) Cette roche apparaît au sud de cette localité, sur la côte, et elle se trouve déjà couverte par des brèches d’andésite à une faible hauteur au-dessus de la mer. Des échantillons de cette roche, évidemment fraîche, furent recueillis au Gg: Tioko, un

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petit sommet entre le monticule Widodaren de la carte et les tandjoungs (caps) Widodaren et Guëédong. En échantillons c’est une roche gris-clair finement cristalline dans laquelle on peut voir seulement quelques feldspaths et augites plus développés. Au microscope, on observe que la roche n’est plus très fraîche parce qu’elle contient relativement beaucoup de calcaire spathique. Dans une pâte gris-clair et floconneuse se trouvent des cristaux de plagioclase, d’augite vertclair et de minerai de fer. Comme produits secondaires, on y voit du spath calcaire, de la limonite et des paillettes de tridymite, partie dans la pâte partie en cristaux petits ou grands qui rappellent parfois l’olivine, mais qui proviennent très probablement d’hypersthène, puisqu'il n’est pas rare de voir ce minéral se métamorphoser en les produits secondaires nommés plus haut. La pâte contient beaucoup de microlithes de feldspath et relativement peu de verre. La roche est donc une andésite augitique; il est probable que primitivement elle contenait de lhypersthène; c’est donc une andésite à pyroxène. Quant au minéral ressemblant à de la noséane que ROSENBUSCH a rencontré dans une roche de cette localité (Neues Jahrb. f. Min. 1872, p. 953, etc.) je n'ai rien pu en découvrir dans mes plaques microscopiques.

2. La roche de Watou (ou Batou) oulo (No. 27). La petite desa Watou oulo se trouve sur la côte à l’est de Pouguër. On trouve ici plusieurs îlots escarpés, qui portent les noms suivants: Poulou Réëénini, l'ile la plus orientale, à l’ouest de la desa; P. Péngatigan, P. Sarat (par erreur Matiqan sur la carte topographique) ; P. Toumpang (par erreur Srojo sur la carte topogr.) et Gg. Sroïo, à proprement parler une presqu'ile; c'est l’ilot le plus grand, dont l'altitude est de 108 mètres. Ces îlots consistent tous en une roche verdâtre cristalline à grains fins, dans laquelle on ne distingue à l'œil nu que des plagioclases. Au microscope, on s'aperçoit que cette roche aussi est déjà profondément métamorphosée, puisqu'elle contient, comme produits secondaires, dla richlorite, du wspath «calcaire et de, la tridymite. La pâte est ici un agrégat finement cristallin de plagioclase et d’augite. Parmi les grands cristaux le plagioclase figure au premier plan; à côté viennent se placer de l’augite fraîche vert-clair, des agrégats vert-foncé de chlorite présentant distinctement la forme de l’hypersthène que l’on connaît d’après d’autres andésites, et provenant doncindubitablement de ce minéral.Viennent encore de la magnétite et de l’apatite, puis les produits secondaires déjà cités plus haut. C’est donc bien une andésite à pyroxène comme celle de Gradiagan, mais les formes d’hypersthène se reconnaissent ici plus distinctement, bien qu’elles soient aussi déjà totalement décomposées.

3. Sur la côte entre Watou oulo et Gradiagan Y'andésite doit affleuret certainement en plusieurs points encore; mais comme il a été constaté qu’ en divers endroits la montagne consiste en brèche avec andésite

sous-jacente, on a renoncé à un examen plus détaillé de l’intérieur et de la côte de ce pays complètement inhabité, puisque d’un tel examen, qui eût coûté beaucoup de temps et d'argent, il n'y avait pas de résultats importants à attendre.

B. Les roches miocènes.

Ainsi qu'il a été dit plus haut, les sédiments tertiaires ne se rencontrent à Bésouki que sur la côte méridionale et près de la côte septentrionale. Nous commençons par la description du.

1. Terrain de la côte Sud. Au Sud-Ouest du Raoun commence près Tiora manis un terrain fort accidenté qui se prolonge jusqu’à la mer, et s'étend à l'Ouest jusque Watou oulo, à l'Est jusque Gradiagan, avec une interruption produite par la bande d'alluvion de la rivière Barou. Aux endroits où il fut exploré, ce terrain consiste en brèches et en conglomérats d’andésite, sous lesquels l’andésite compacte apparaît çà et là sur la côte Sud. II s'élève par le Gg. Lampong à 811 mètres, par le Gg. Guëndong à 892 mètres, près du signal Tiéplok au Sud de Garahan, à 897 mètres, près du signal Lémbou I et du signa] Gg. Maïang a 920 mètres, par le Gg. Tadiëm à 1036 mètres et par le Gg. Bétiri, sur la limite de Diémber et Baniouwangui, même jusqu’à 1223 mètres au-dessus de la mer. L'intérieur de ce pays appartient incontestablement à la partie la plus inaccessible de Java: il est totalement inhabité et ne fut jamais exploré avec exactitude pour les raisons données ci-dessus.

Les brèches et les conglomérats sont constitués de fragments d’andésite, qui d'ordinaire ne dépassent pas la grandeur d’une tête d'homme, au sein d'un gravier d’andésite plus ténu; le plus souvent ces fragments sont plus petits, et il n’est pas rare que par la diminution de leurs dimensions ces conglomérats passent à des grès d’andésite. Ils ne contiennent pas de fossiles.

Au nord. de Gradiagan, dans la direction de Kradenan, la brèche est recouverte par une marne calcaire blanche sableuse; la colline où apparaît ce calcaire, près du poteau 118, est appelée Watou poutih. C’est probablement de cette localité que provient le calcaire employé pour la construction du temple hindou à Méërou, nommé communément ,Matian poutih,” d’après la desa de ce nom située dans le voisinage. Les murs de ce temple sont bâtis en deux couches de pierre différente ; la couche intérieure, d’une épaisseur de 14 centimètres, est en briques rouges; l’extérieure, épaisse de 21 centimètres, est en pierres de taille d’un calcaire tendre jaune-blanc, qui correspond exactement à la roche de la colline Watou poutih.

La brèche se présente, en dehors de ce grand massif, en petits mamelons isolés qui font saillie dans la plaine entre Diémbér et Amboulou, et sont reliés incontestablement avec le grand terrain brècheux sous la

couverture plus récente de sable volcanique. Ces petits pics sont:

Le Gg. Diénggowo, très escarpé, à 236 mètres au-dessus de la mer et à 176 mètres au-dessus de la plaine. Le Gg. Tépas, aussi très escarpé, à 234 mètres au-dessus de la mer et à 183 mètres au-dessus de la plaine. Le Gg. Karang manggar, au nord d’Amboulou, un massif beaucoup plus grand que les précédents, avec les sommets Gaïam (240 m), Manggar (274 m.) et le signal Pétout (410 m.). On donne spécialement le nom de Karang manggar à l'extrémité orientale de l’arête; la plaine environnante est à 40 mètres au-dessus de la mer. Le Gg. Amboulou près de la desa Amboulou, s'élève à 191 mètres et un peu plus à l’Est le Gg. Pontang à 200 mètres; la plaine environnante est ici à 50 mètres au-dessus de la mer. Enfin à plus grande distance vers l'Ouest se trouve encore un petit sommet, le Gg. Bèsèk, haut de 162 mètres et à 140 mètres au-dessus de la plaine. On rencontre aussi en Baniouwangui, du côté Est du massif, deux sommets brècheux isolés: le Gg. Bandiar tiarang de 420 mètres et le Srawëd, de 294 mètres d’altitude.

On a recueilli, en divers endroits, des blocs enfermés dans la brèche, pour les soumettre a l'examen microscopique. Près de Tiora manis, sur les confins de Diémbër et Baniouwangui, on ne trouva que des fragments d'une andésite à pyroxène (No. 28) complètement décomposée; au Gg. Sabrang près Sabrang on rencontre une andésite à pyroxène (No. 29) très fraîche avec pâte microlithique et verre brun; au Gg. Amboulou se rencontre une andésite à pyroxène également très fraîche (No. 30); au Gg. Pontang, une andésite à hornblende fort altérée (No. 31); au Gg. Karang manggar, une brèche (No. 32) avec fragments d'andésite à pyroxène (No. 33); au Gg. Diéngowo enfin, une andésite à hornblende ‘et pyroxène fraîche. Quand ces fragments ne sont pas altérés, on les distingue à peine des roches compactes des volcans récents. Il n’est pas rare toutefois qu'ils soient plus ou moins décomposés. Nous voyons déjà ici, ce que nous rencontrerons d’ailleurs en nombre d’autres lieux de Java, que les andésites à hornblende et les andésites à pyroxène se présentent foutes deux en fragments dans les brèches tertiaires.

Ces brèches sont en divers points recouvertes par du calcaire, bien que le contact puisse rarement être observé. Au Nord de Pouguër existe un sommet calcaire, nommé Sadeng (No. 35), haut de 203 mètres au-dessus de la mer. Ce sommet est partout environné par l’alluvium. L'inclinaison des couches est faiblement au Nord; la direction à peu près W.—-E. Entre Pouguër et Watou oulo, se trouve un grand massif calcaire, limité du côté Nord par la plaine, du côté Sud par la mer, et qui, au sommet Watangan (No. 36) s'élève à 490 mètres d'altitude. L'extrémité orientale se nomme Gg. Pégat (240 m.) Près de l’embouchure de la rivière Pouguër, ces couches inclinent encore faiblement

vers le Nord. La grande île de Poulou (ou Nousa) Baroung, au S.—W. de Pouguër, consiste aussi entièrement en calcaire. Lors de ma visite à Pouguër, je ne pus atteindre cette île à cause du ressac violent qui se manmifestait alors à l'embouchure de la rivière Pouguër. Plus tard toutefois j'ai reçu des échantillons du calcaire (No. 37) de cette île par l'intermédiaire de M. l'inspecteur des forêts KOORDERS.

On trouve un troisième terrain calcaire entre Gradiagan et Kradenan, dans la colline Watou poutih (No. 38), déjà citée plus haut. Bien qu'il repose directement sur la brèche, le contact ne put pas davantage être observé, par suite de l’état d’érosion. des roches et de la végétation qui les couvrait.

Un quatrième terrain calcaire forme la presqu'île Pourwo, l'angle extrême Sud-Est de Java, nommé aussi Blambangan sur les cartes. Vers le Nord, il se termine en une langue de terre étroite qu’on appelle Gg. Ikan et qui est séparée du bord opposé par la baie de Pampang. La stratification de ce calcaire (No. 39) est presque complètement horizontale; la presqu'île de Pourwo atteint au sommet Lingga manis et par quelques autres sommets une altitude de 340 mètres; le Gg. Ikan, en particulier, atteint 204 mètres au-dessus de la mer. Sur le rivage de la baie de Pampang, et d'après M. KOORDERS en d’autres points encore de cette baie situés plus au Sud, on trouve du tuf d’andésite et de la brèche (No. 80). Il n’est pas invraisemblable que le calcaire de Pourwo fut séparé par une faille du calcaire au Nord de Gradiagan, lequel repose beaucoup plus bas, et que jadis 1l existait un bras de mer peu profond de la côte Sud à la baie de Pampang. Ce terrain est encore maintenant à moins de 10 mètres au-dessus de la mer.

Ces calcaires (No. 35—39) ont tous une structure très finement cristalline ou compacte, et sont d'habitude blancs ou gris-clair, parfois colorés en rouge tendre par un peu d'hydroxyde de fer. La couleur du calcaire de Watou poutih varie du jaune-blanc au gris-blanc et la roche est quelque peu marneuse. Seul, le calcaire de Nousa Baroung contient des mollusques, le plus souvent comme noyaux. Dans des plaques minces, on observe quantité de foraminifères, souvent peu distincts, le calcaire étant devenu cristallin. Il est évident que dans les calcaires ont circulé le plus souvent des liquides (eau pure ou chargée d'acide carbonique), qui en ont dissout la chaux pour la déposer ailleurs sous forme de calcaire spathique. Par là les contours des fossiles ont dû souvent disparaître. On peut y reconnaître: des globigérines, des textularidées, des rotanilidées, des operculines, des amphistégines, des cycloclypées, de petits orbitoïdes de 1# mm. de longueur avec chambres médianes en forme de spatule, ainsi que quelques autres espèces. Très souvent on y distingue aussi l’algue calcaire litho thamnium.

Ce calcaire constitue ici l’assise supérieure du terrain tertiaire, et il n’est recouvert que par des matières volcaniques quaternaires ou modernes ainsi que par l’alluvium de la mer et des rivières.

2. Terrains tertiaires près de la côte Nord. En deux endroits, on rencontre des sédiments tertiaires près de la côte Nord, savoir près de Sitoubondo et au Sud de Mlandingan, aux deux extrémités de l’arète du Bèsèr (chaîne du Ringguit.)

2a. Le terrain près de Sitoubondo commence sous forme d’un pays de collines au Nord de Pradiékan, se dirige vers le Nord-Est jusque près de Sitoubondo, et s’infléchit ensuite vers l'Est jusque près d’Ardioso (Kalitikous), où la série se termine. Au nord de Pradiékan, les collines peuvent atteindre 171 mètres, près de Sitoubondo environ 100, au Sud de Kapongan 90 à 120 mètres d'altitude. Elles consistent pour une petite partie en calcaire, pour la plus grande en roches sableuses, à grains fins ou gros et inclinées; pour une partie aussi en roches marneuses et en couches de conglomérats d'une roche éruptive dont il sera question plus loin. Elles sont recouvertes par des tufs horizontaux, néo-volcaniques, de teinte jaune-grisâtre, qui tant du côté Nord que du côté Sud de la série de collines butent contre les couches inclinées ou les recouvrent.

Juste au-dessus de Sitoubondo, la rivière Sampéian pêrce la chaîne de collines et la divise en deux moitiés; dans la moitié occidentale les couches présentent une direction de 50 à 55°, tandis que dans la partie orientale la direction semble se rapprocher davantage de 90°, c. à. d. de l'Est. Toutefois nulle part au Sud de Kapongan la direction ne put être exactement mesurée.

Canal de Sitoubondo. Afin d'empêcher les fortes inondations du terrain qui entoure Sitoubondo, jadis produites par la rivière Sampéian à l’époque des crues, on a creusé, exactement à l’endroit où la rivière perce les collines, un canal dirigé vers l'Ouest et qui, en aval de Sitoubondo, revient dans le Sampéian. Dans ce canal, qui, en septembre 1886, était tout à fait à sec, je pus observer un profil de couches tel qu'il s’en rencontre malheureusement trop peu dans l’Inde, et qui est représenté dans la Fig. 3. Afin de bien faire voir les différences d'altitude, on a agrandi les hauteurs 24 fois par rapport aux longueurs; cela fait que l’inclinaison des couches a été également exagérée sur la figure.

L'embouchure de ce canal, qui a ici 29.5 mètres et plus loin 20 mètres de largeur, se trouve dan un calcaire (No. 40) faisant bientôt place à des roches grises sableuses (No. 41—43), qu'on peut suivre jusqu'à 1200 mètres environ de distance de l'embouchure. Toutes ces couches ont une pente de 20 à 28° vers le N.W., une direction de 50 à 55, et sont toutes en concordance de stratification. Entre les roches finement gréseuses, avec de petits cailloux roulés de roches éruptives,

de la grandeur d'un pois, on trouve aussi quelques grossiers conglomérats (No. 44), contenant des cailloux roulés de la grandeur de la tête. Outre cette embouchure, il y a encore un seul endroit où l’on trouve du calcaire alternant avec des couches de conglomérats. Le calcaire de l'embouchure ne constitue pas les couches inférieures du terrain, car sur l’autre bord du Sampéian les mêmes grès apparaissent de nouveau. Dans le lit même de la rivière, les couches ne sont pas visibles, masquées par un léger dépôt d’alluvium. Ces couches ont une surface fortement ondulée et creusée par les eaux d'une façon irrégulière; elles sont couvertes pas des roches tuffeuses Lorzzontales, de teinte jaune grisâtre (No. 81), avec des cailloux roulés qui bien souvent se sont rassemblés sur l’ancienne surface, mais que l’on rencontre aussi plus haut dans les couches de tuf.

Les grès gris inclinés (No. 41—43) ne contiennent pas de pétrifications ; par contre, le calcaire de l'embouchure (No. 40) en renferme, ainsi que des coquilles et des coraux; parmi ces coquilles on trouve une belle espèce de pecten et quelques gastéropodes de très grande taille. Suivant M. le Prof. MARTIN, elles sont miocènes.

Si l’on descend le canal à partir de son embouchure on voit que le calcaire blanc (No. 40) à coraux et à piquants d’échinides, est bientôt recouvert pas les grès gris (No. 41) et ceux-ci à leur tour par les tuis horizontaux. (No. 81). On arrive ainsi au pont de Kapouran, où la grande route postale de Sitoubondo à Pradiékan coupe actuellement le canal. En cet endroit une partie des rives du canal est garnie de maçonnerie, qui cache la limite entre le tuf et les grès inclinés. Plus loin les tufs seuls (No. 81) se montrent jusqu'au fond du canal; à ceux-ci succèdent, jusqu’à la surface, des grès alternant avec des couches de conglomérats, le tout parcouru par une grande crevasse (pas de faille). Puis viennent, après un peu de tuf, de nouveaux grès avec quelques conglomérats d'une épaisseur de + m. à + mètre; puis du calcaire, alternant avec des couches de conglomérats; puis encore des grès (No. 42), qui montent lentement à la surface, toujours recouverts par des tufs horizontaux, jusque près du pont suspendu. Alors les grès (No. 43) arrivent encore une fois à la surface et alternent avec quelques bancs de conglomérats (No. 44), parmi lesquels il en est un de 2 mètres d'épaisseur. Plus loin, ces roches restent encore longtemps à la surface jusqu’à ce qu'elles soient définitivement dérobées au regard par les tufs sus-jacents. Comme l'inclinaison des couches est en moyenne de 20° au moins, et que l’étendue horizontale sur laquelle ces couches sont à découvert dans le canal est de 1080 mètres, si on la mesure perpendiculairement à leur direction (50°), leur épaisseur est de 1080 X sin 20° — 369 mètres; toutefois ceci n'est pas encore l'épaisseur de tout le terrain; car d’abord, sous le calcaire il y a encore des couches qui, au Nord de Pradiëkan, si

la direction y est également de 50° et la pente de 20°, ont au moins une épaisseur de 1600 X sin 20° — 547 mètres; en second lieu, il est probable qu'elles se prolongent encore vers le nord de notre profil sous Sitoubondo, bien qu'elles n’y arrivent plus au jour nulle part et qu'il soit dès lors impossible d'en mesurer l'épaisseur. L’épaisseur des couches visibles s'èlève donc pour le moins à 900 mètres; celle de toute la formation doit être notablement plus grande. ;

Pour ce qui concerne maintenant la composition des ,,grès gris” et des conglomérats, un examen microscopique des grands cailloux roulés des couches de conglomérats (No. 44) fit voir qu'ils sont pour la plupart formés de roches leucitiques, tandis que les petits cailloux roulés du grès gris, de la grosseur d’un pois, (No. 41—43) consistent en basalte, andésite à pyroxène et pierre ponce. Dans les tufs horizontaux sus-jacents les leucites ont moins d'importance, car les cailloux roulés se composent ici principalement d’andésites néo-volcaniques et de basaltes. Ce fait important nous donne une idée de l’origine et du mode de formation des couches dans le canal. Nous devons considérer ces ,,grès” comme des couches de tuf et de lapilli provenant des volcans voisins; en particulier les gros conglomérats comme venant de l’ancien volcan Bèsèr situé dans le voisinage, et les pierres plus petites enfermées dans les tufs comme des produits de l’Idien. Il est possible qu'une partie de la matière volcanique ait été apportée par l'ancienne rivière Sampéian; mais la plus grande partie provient certainement de l’Idien. La présence de calcaires avec coquilles marines, en deux endroits, entre ces couches, l'alternance d’un de ces calcaires avec des conglomérats et leur dépôt très régulier en bancs concordants, tout cela fait supposer que la plupart de ces couches, sinon toutes, ont été’ déposées sous la mer, bien qu'on n'ait rencontré de coquilles marines nulle part dans les couches de tuf, mais seulement dans le calcaire. Après le soulèvement de ces couches, la mer recouvrait encore les collines, comme le semble prouver la surface fortement creusée des couches de tuf. Sur cette surface rongée se déposèrent des tufs néovolcaniques. À en juger par leur localisation entre Sitoubondo et Soumbér warou, ces tufs proviennent surtout du volcan Idien. Il peut aussi s’y trouver mélangées des matières charriées par le Sampéian et originaires de l’Hiang et même du Raoun; mais elles sont incontestablement en quantité bien plus faible que celles de l’Idien, qui descendaient probablement en torrents vaseux et aussi grâce aux eaux des rivières, inondant les collines tertiaires pour se déposer au pied même du volcan, sur la côte ou près de celle-ci ainsi qu'au fond de la mer. Ces tufs sont donc apparemment en partie des tufs d’eau douce, en partie des tufs d’eau saumâtre ou d’eau salée; mais on n’a pas encore réussi à y trouver des fossiles.

Les cailloux roulés des conglomérats (No. 44) sont enfermés dans une

pâte arénacée qui a de l’analogie avec les couches de tuf les plus fines. Au point de vue microscopique, se sont pour la plupart des roches noir-foncé cristallines à grains très-fins, dans lesquelles on ne découvre à la loupe que quelques aiguilles de feldspath et des augites noires. D'autres sont de couleur grise et, dans les parties altérées, on peut observer parfois des leucites de + mm. à 1 mm.; d’autres encore renferment des leucites plus grandes, complètement décomposées en une matière blanc-terne, et atteignant la taille de 7 mm. Ces dernières roches sont particulièrement remarquables parce qu'elles n’ont été rencontrées nulle part ni dans la chaîne du Bèsèr ni dans celle du Ringguit, et que par conséquent des leucites de ces dimensions sont ici très-rares. Au point de vue microscopique, elles ne diffèrent d’ailleurs aucunement des roches du Bèsèr et du Ringguit, sauf que les leucites sont transformées en un minéral zéolithique blanc-laiteux. Quelques échantillons contiennent beaucoup d’apatite brune. Enfin quelques roches sont des basaltes altérés sans leucite.

Les petits cailloux roulés, de la taille d'un pois, compris dans les couches tuffeuses inclinées (No. 41—43), sont pour la plupart fort altérés, mais, pour autant qu'on ait pu le reconnaître, 1ls ne proviennent pas de roches leucitiques, ou pour une toute petite fraction. On rencontra seulement dans le nombre: des basaltes altérés poreux à pâte noire et grenue et olivines devenues brunes par décomposition; des andésites à pyroxène et assez bien de pierres ponces incolores ou brun-clair avec de nombreuses bulles gazeuses dans le verre.

La poudre lévigée d’une des couches (No. 42) situées près du pont suspendu, de couleur gris-brun, contient du plagioclase microscopique, de la magnétite et des particules de pâte microlithique brune. La poudre, également lévigée, d'une couche calcaire gris-clair près du pont de Kapouran (No. 41), contient du plagioclase, de la magnétite, de l’augite vert-foncé et vert-clair, de l’hypersthène et quelques particules d’olivine d'un vert très clair (ceci est quelque peu douteux parce que l’augite est aussi en partie vert-clair) ainsi que les mêmes particules brunes de pâte que dans la roche précédente. Les deux roches sont donc des andésites à pyroxène réduites en gravier. Il fut impossible d'y trouver de la leucite.

ob. Le terrain au Sud de Mlandingan. Entre la désa Mérahan et le hameau Watou këbo ainsi que dans la rivière Watou këbo se trouve à découvert un petit terrain, consistant en marnes avec foraminifères (No. 45) et des couches calcaires interposées. La direction des couches est de 75°, l’inclinaison de 45° vers le Nord. A l'examen microscopique on constate que ces marnes consistent pour la plus grande partie en gravier d'andésite, avec spath calcaire et foraminifères. La leucite manque; le gravier provient donc ou bien du volcan Hüang, ou bien d’andésites plus anciennes, qui toutefois ne se montrent ici nulle

part. Les parties constituantes sont le plagioclase, l’augite, l’hypersthène, l’'amphibole, toutes fraîches, un peu de mica brun, du minerai de fer, de l’apatite, un peu de quartz, des particules de pâte grenue brune et noire et enfin du calcaire spathique. Parmi les foraminifères, on remarque surtout des globigérines, mais aussi diverses autres espèces.

Parmi les grains ternes et troubles, il fut impossible de constater avec certitude la présence de leucite, ce qui est étonnant, puisque le pied occidental du Bèsèr confine très étroitement à ces marnes. Des fragments roulés de roches éruptives trouvés dans la rivière Watou këbo (No. 72), laquelle prend sa source un peu plus au Sud dans une vallée très profonde, ont été reconnus pour des basaltes originaires de l'Hiang et non du Bèsèr.

Age des couches miocènes. Les brèches de la côte Sud reposent direcment sur de l’andésite compacte et appartiennent indubitablement à notre étage miocène inférieur m,; les calcaires près Pouguër, ceux au Nord de Gradiagan, et ceux de la presqu'île de Blambangan, correspondent complètement aux calcaires de l’étage ms, que l’on connaît dans d’autres localités. Pour le moment il n'y a pas grand’chose à dire de l’âge des couches de Sitoubondo et de celles près de Mlandingan, car les quelques fossiles du calcaire No. 40 près de l'embouchure du canal nous apprendront tout au plus que ces couches sont miocènes. Elles sont probablement d'âge miocène moyen ou miocène supérieur et, sur la carte géologique, elles sont aussi marquées sous le signe me.

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