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peu d’augite, du minerai de fer et de l’olivine. Ce dernier minéral est en majeure partie encore frais, et décomposé en matière brune pour une faible partie seulement. En outre, on y trouve du spath calcaire comme produit secondaire. Ce sont des basaltes véritables (basaltes à feldspath).
Trois échantillons furent recueillis entre Béëésouki et Bondowoso; le No. 72 provient de grands blocs du cours supérieur de la rivière Watou kébo, près des roches marneuses qui y sont à découvert (No. 45). Le No. 73 a été détaché de grands blocs situés dans l'argile brune au poteau 9 sur la route de Bésouki à Bondowoso, et près de la montée abrupte qui conduit au point nommé Arak arak. Le No. 74 provient aussi de grands blocs situés près le poteau 16 de la même route, entre le plus haut point, ce qu'on appelle le Lawang seéketeng (509 m.) et la désa Poler. Les trois roches se ressemblent parfaitement toutes les trois, aussi bien au point de vue macroscopique que microscopique. Ce sont des roches très finement grenues, gris-sombre, dans lesquelles à la loupe on ne peut reconnaître que des feldspaths. Elles ne présentent #7 cavités #1 boursouflures, comme les vraies laves des coulées, et elles ont donc probablement été projetées ou poussées hors du cratère à l’état de blocs déjà isolés. Dans la pâte elles contiennent beaucoup de petits cristaux de minerai de fer, mais peu de verre grenu; puis, les éléments habituels, du plagioclase et de l’augite. Enfin, on y trouve à l'état porphyrique du plagioclase, de l’augite, du minerai de fer et de l'olivine, laquelle est transformée partiellement en fibres vertes.
Dans le No. 74 on rencontre beaucoup d'olivine et d’augite ainsi que de l’apatite brune. Ces roches sont des basaltes.
Les roches qui suivent (No. 75—79) ont été recueillies sur la route qui va de Bésouki par les désas Diatian et Badéran vers l’Aloun aloun bésar, le Sémerou et le sommet Argopouro.
Le No. 75 provient de blocs trouvés près de la désa Diatian. C’est une roche gris-brunâtre dans laquelle on peut voir de nombreux feldspaths et de petites cavités. Au microscope, on remarque que la couleur brune a pour cause de l’hydroxyde ferrique provenant d'une décomposition partielle de nombreuses olivines. Elle ressemble d’ailleurs aux trois précédentes. C’est un basalte.
Le No. 76 provient de blocs isolés près le pasanggrahan Badéran. C'est aussi une roche gris-brunâtre, mais sans cavités. À l’œil nu, on y reconnaît de l'augite et du plagioclase. Au microscope, on voit plus de verre grenu brun que dans les roches précédentes ; l’olivine n'a été transformée en minéral brun que pour une faible partie. C'est un basalte.
Le No. 77, recueilli près l’Aloun aloun bësar, au monticule situé derrière la source de la rivière Délouwang, provient probablement du
cratère du Sémerou (voir plus haut). C'est une roche gris-clair à feldspaths nombreux. Au microscope, on voit une pâte microlithique, formée essentiellement de petites augites et de grains de minerai de fer; dans l’intérieur de cette masse se trouvent de grands cristaux de plagioclase, beaucoup d’hypersthène, moins d’augite, peu d'olivine, de la magnétite et des apatites brunes. Cette roche s'écarte donc sensiblement des précédentes: c'est une andésite à pyroxène olivinifère.
Le No. 78 fut récolté sur le dos sis à l’ouest du signal Sémerou, sur la route qui conduit au sommet Argopouro. En échantillons, c'est une roche gris-foncé avec de nombreux gros feldspaths. Elle présente au microscope une pâte de feldspaths en baguettes, de grains d’augite, de minerai de fer et de verre grenu. On y voit à l’état porphyrique des plagioclases, beaucoup d'hypersthène, moins d’augite, assez bien d’olivines transformées en fibres vertes et de la magnétite. Cette roche est à la limite du basalte et de l’andésite à pyroxène; la forte proportion d'hypersthène témoigne en faveur de cette dernière roche, car dans les basaltes ce minéral n’est distribué habituellement qu'avec parcimonie; toutefois la pâte avec verre grenu est basaltique et la grande teneur en olivine semble indiquer aussi que c'est un basalte. On peut donc l'appeler tout aussi bien un basalte qu'une andésite à pyroxène riche en olivine; et elle constitue une belle preuve de ce fait que les deux groupes basalte et andésite n'ont pas une limite bien tranchée, bien que les transitions soient relativement rares.
Le No. 79 a été pris à l’arête entre les petits cratères No. I et II (Fig. 6), près le petit sommet sur lequel se trouvent les antiquités hindoues, et il provient probablement du sommet Argopouro. C'est en échantillons une roche gris-clair, poreuse ça et là, avec beaucoup de gros feldspaths; elle ressemble au No. 77. Au microscope, on voit la combinaison assez rare de plagioclase, d'hypersthène, d’augite, de biotite partiellement décomposée en grains noirs, d'olivine fraîche de couleur claire en cristaux effilés, ainsi que de magnétite; le tout dans une pâte de couleur claire formée de bâtonnets de plagioclase, d'augite et de minerai de fer. Il est probable que la biotite est un minéral originaire de roches plus anciennes ; mais les autres minéraux ont incontestablement cristallisé dans le même magma. C'est donc encore une fois une andésite à pyroxène riche en olivine, mais comprenant cette fois aussi de la brotite. Le pâte est celle des andésites et non celle des basaltes.
Les roches collectionnées par JUNGHUHN du côté Nord et au pied Sud de la montagne sont, d'après LORIÉ, des basaltes; une roche du sommet de l’Argopouro est une andésite.
Les plus anciens produits de l'Hiiang consistent donc en basaltes qui se sont répandus en longues coulées de lave jusqu'à la côte septentrionale, et qui ont aussi été projetés à l'état de matériaux meubles.
A ceux-ci succèdent /’andésite à hornblende et les andésites à pyroxène olivinifères du Tanah woulan, du Sahing, du Sëémerou et d’autres volcans; puis enfin les andésites à pyroxène olivinifères du sommet Argopouro et d’autres points, lesquelles par leur richesse en olivine se trouvent à la limite des basaltes. En général, les roches de l'Hiiang sont bien plus riches en olivine que les produits de l'Idien.
D. Dépôts quaternaïres et modernes.
Les matériaux qui forment les dépôts post-tertiaires de Bésouki sont, ainsi que c'est le cas d’ailleurs pour tout Java, en grande partie d'origine volcanique; pour une petite partie il vient s’y rattacher aussi des bancs de corail qui se trouvent actuellement de plusieurs mètres au-dessus des plus hautes eaux. Leur stratification est à très peu de chose près, sinon tout à fait, horizontale, ce qui constitue un caractère excellent pour distinguer les tufs quaternaires des tertiaires, p. ex. dans le canal de Sitoubondo décrit plus haut. Au pied des volcans, les produits d'éruption, formés déjà peut-être a l'époque tertiaire, passent graduellement à des tufs horizontaux; et souvent il est très difficile de tracer ici une limite exacte, car il n’est pas rare que les produits des pentes des volcans soient descendus à l’état de pâte ou de limon et offrent alors une grande ressemblance avec les tufs marins quaternaires. Au point de vue pétrographique, les tufs d’eau douce déposés pas les rivières correspondent aux autres. Au point de vue topographique, les sédiments quaternaires se distinguent de ceux des versants volcaniques en ce qu'ils sont plus planes; ils constituent des plaines étendues, la plupart à quelques dizaines de mètres seulement au-dessus de la mer, et limitées d'ordinaire le long de la côte par une bande d’alluvium plus ou moins large, qui consiste ou bien en une argile grise et bleuâtre apportée par les rivières, ou bien en sable marin. La hauteur au-dessus de la mer de cette bande alluviale est d'ordinaire inférieure à 10 mètres, elle n'est souvent que de 5 à 8 mètres; d'autres fois cependant elle atteint 15 mètres. On a figuré séparément sur la carte les preds des volcans (formés en grande partie au-dessus du niveau de la mer), les plaines (en grande partie quaternaires, en partie aussi plus récentes) ainsi que /'alluvium.