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Zerrain de la côte Sud

Au Sud-Est et au Sud du Sëmerou est un terrain inhabité consistant en brèches d’andésite qui se continuent plus à l'Ouest en Pasourouhan, mais y sont recouvertes par le calcaire. En Probolinggo le calcaire ne semble pas, à la côte Sud, recouvrir les brèches. Les sommets de cette chaîne de montagnes sont: le Sawour (847 m.), le Woungkal (1041 m.), le Koukousan-Sëriti (947 m.), le Sériti (515 m.), le Rarapsari (665 m.), le Kato (ou Këtouk?) (729 m.), le Lintung (427 m.), et le Gadiamoungkour (350 m.).

Près Pasirian, il y a encore deux petits sommets isolés, entourés de terrain volcanique. Le plus occidental, le Gg. Tambouk, est à 271 mètres ; le plus oriental, le Poutiangrangga, est à 175 mètres d'altitude.

Toutes ces montagnes consistent en brèches pareilles à celles qui ont déjà été décrites pour la côte Sud de Béësouki. Ce sont pour la plupart des roches fort dures, avec des fragment de la grandeur d'une tête, tantôt plus tantôt moins, comprises dans un gravier plus fin d'andésite. On distingue rarement un dépôt en couches. A la côte Sud, près le petit cap Gounoung Dampar (102 m.), M. l'ingénieur FENNEMA vit des couches épaisses de 0.2 m. à 3 mètres et plus, dont la direction était de r10° et la pente vers le Sud de 21°. Quoiqu'il

en soit, cette grande pente à la côte doit probablement son origine à l'érosion et à l’affaissement ; et les couches paraissent en général assez peu inclinées, sinon entièrement horizontales.

Les échantillons (No. 82) des fragments éruptifs de la brèche au N.W. du Gg. Woungkal, et recueillis sur la parcelle Gounoung Tounggangan, appartiennent à une roche gris-foncé avec de nombreux petits feldspaths brillants. Au microscope, on y reconnaît une roche extrèmement altérée. Dans une pâte trouble se trouvent des cristaux porphyriques de plagioclase, de la hornblende brune, transformée en grande partie en chlorite verte (une partie des cristaux chloritisés peut cependant provenir de pyroxène); du quartz en cristaux bien limités, parfois arrondis, la pâte pénétrant dans les cassures, et des inclusions liquides très nombreuses remplissant les cristaux ; de l’ilménite et de la leucoxène. Dans la pâte, on trouve du feldspath, de la magnétite, de la chlorite et-xde dépidote. «Les /inclusions de quartz (ont l'airdedtproveniide roches plus anciennes, car elles contiennent elles-mêmes un très grand mombre de petites bulles liquides. Mais il se peut aussi que l’échantillon soit lui-même un fragment d’une roche plus ancienne, une diorite quartzeuse, qui se rencontre ici dans la brèche. C’est donc ou bien une diorite quartzeuse, où bien une andésite à hornblende quartzifère, probablement la première.

D’autres fragments (No. 83) sont toutefois des andésites à pyroxène ordinaires, dans lesquelles les hypersthènes sont totalement transformées en chlorite. L’hydroxyde de fer brun qu'on y trouve provient peutêtre de la décomposition d'un peu d'olivine. C’est une andésite à pyroxène.

Nous avons recueil dans la brèche (No. 84) du Gadia moungkour, au Sud de Pasirian, des blocs gris-foncé (No. 85); on reconnut au microscope qu'ils consistaient en une andésite à hypersthène très fraîche, avec beaucoup d’hypersthène, #rès peu d'augite et une pâte feutrée.

Au petit cap Gounoung Dampar, à la côte méridionale, furent récoltés des échantillons de grès et de brèche (No. 86). On trouva que les fragments inclus (No. 87), de couleur gris-foncé à gris-brun, consistaient en partie en andésite à pyroxène fraîche avec beaucoup d’hypersthène et un verre brun-foncé ou en certains endroits brun et grenu. D’autres (No. 88) sont des andésites à pyroxène avec de nombreuses Lornblendes brunes, décomposées partiellement en grains noirs et modifiées par le magma. Elles appartiennent incontestablement aux cristaux plus anciens, qui s'étaient déjà formés dans le magma encore fluide, ou lorsque, déjà solidifié peut-être, il s'est liquéfié de nouveau. Ce sont des andésites à pyroxène.

24 Lenterrain.à lascite Nora.

À l'est de Probolinggo, au bord même de la route postale et près

le poteau 5, on rencontre un terrain tertiaire de faible étendue. Il consiste en marnes grises, qui y sont à découvert sur une épaisseur de 35 mètres environ et se terminent en pente abrupte vers le Nord et vers l'Est. Ces couches marneuses sont recouvertes par un banc calcaire de 3 mètres d'épaisseur. La direction des marnes et des calcaires est de 1809 (N—S); l'inclinaison de 20° vers l'Ouest. Le calcaire (No. 89) est plein de trous, marneux comme celui de Madoura, et il contient, examiné en plaques microscopiques, des foraminifères peu distincts, des globigérines, des operculines, etc.; puis encore des lithothamniums.

Profil No. VI. Puisque les mêmes marnes et calcaires se montrent sur le bord opposé du détroit, dans l’île de Madoura, il n'y a pas de doute que ces couches se rejoignent sous la mer. Il est probable que les marnes ou les couches de calcaire marneux y sont à peu pres horizontales, ainsi qu'on l’a figuré au Profil No. VI. Ce profil porte, à une échelle plus petite, la coupe du Profil No. II de Madoura; et il a été continué, dans une direction à peu près Nord-Sud, par le détroit et la résidence de Probolinggo jusqu’à la côte Sud, en passant par les marnes près le poteau 5 (poste Béntar), le pied du Lémongan, les petits lacs profonds Ranou Bédali, Ranou Klakah et Ranou Pakis.

B. Les roches volcaniques.

Probolinggo comprend le flanc Nord-Ouest de l’'Hnang, le Lémongan ainsi que le versant oriental des volcans Téngguër, Aïék aïék et Sëémerou. |

1. L'Hiang. En traitant de la résidence de Bésouki, nous avons déjà décrit les sommets Patrol (1520 m.), Saëng (2103 m.) et Malang (2280 m.), représentant ce qui reste du plus ancien cirque d’effondre ment; puis le bord du Sémerou avec le signal Sémerou (2947 m.) et les points d’éruption situés près du sommet, notamment un sommet au nord du Sëémerou (2900 m.), l’Argopouro (3088 m.), un sommet au S. W. de l’Argopouro (2600 m.) avec un petit cratère de 40 mètres de profondeur, ainsi que l’Alas batour (2090 m.) effondré, avec son petit lac. Il a été fait mention également du ravin, profond de 1500 mètres, de la rivière Tiangkahan au Nord du sommet Saëng.

On n’'aperçoit pas de coulées de lave distinctes dans la partie du manteau de l’Hiüang qui est en Probolinggo; le tout consiste en sable meuble, en cendres et en pierres; et les petits points d’éruption qui sont situés à son pied au Sud de Wangkal n’ont fourni non plus que des produits meubles. ;

Au Nord de la vallée de Tiangkahan se trouve une autre vallée parallèle, limitée au Nord par un pli de terrain qui porte les sommets

Pétapan (590 m.), Goundil (660 m.) et Boundér (760 m.). Au versant méridional du Goundil furent pris des échantillons (No. 90) de gros blocs qui gisent dans un fin gravier volcanique délité. Ces roches, gris-clair et quelque peu poreuses, consistent en basalte avec des plagioclases limpides et beaucoup d'olivine fraîche. La pâte n'a presque pas de verre et elle est formée d'un mélange microcristallin de plagioclase, d'augite et de magnétite. On doit attribuer la couleur claire de cette roche à l'absence de masse vitreuse foncée. C'est un Dasalte.

Au Nord de Renteng et entre Renteng et Pandanlaras, nous avons recueil aussi des échantillons de blocs, en deux endroits différents. L'un de ces échantillons, trouvé au Nord de Renteng (No. 91), est noir-foncé; l’autre, pris au Sud de Renteng (No. 92), est gris-verdâtre et contient de nombreux feldspaths brillants très-volumineux qui donnent à cette roche une apparence singulière. Le premier (No. 91) contient beaucoup d'olivine serpentinisée, formant une pâte finement cristalline avec de nombreux petits cristaux de minerai de fer: c'est un basalte ordinaire plus ou moins altéré. L'autre échantillon (No. 92) au contraire a une structure de gabbro; il contient beaucoup de plagioclases d'aspect feutré (par inclusion de grains et de filaments excessivement ténus), avec des angles d'extinction de 30° de part et d'autre de la ligne de suture, et qui rappellent complètement les plagioclases (labradorite) de certains gabbros. Il s'y trouve ensuite de l’augite diallageuse de couleur gris-vert, du minerai de fer ainsi que des grains cristallins transformés en un réseau de minerai de fer spongieux et de couleur noire, provenant apparemment d'olivine. [Il y a enfin un peu de chlorite. La pâte manque. Je tiens cette roche non pour une roche volcanique récente, mais pour des fragments d’un gabbro ou d'un gabbro à olivine provenant du sous-sol et rejeté par le volcan à l’époque la plus reculée de son activité. Il sera reconnu plus loin que les gabbros doivent se rencontrer encore en d’autres endroits dans le sous-sol de Java; çà et là ils apparaissent même à la surface du sol.

1. Ze Watou langgar. Près de la désa Pandanlaras existe un petit sommet éruptif, le mont Watou langgar, sur lequel est placé le signal Pandanlaras (968 m. d’alt.). Ce monticule consiste en déjections meubles, de grain variable, avec blocs d'une roche gris-clair (No. 93) dans lesquels on peut distinguer de grandes augites. Au microscope, cest une andésite à pyroxène commune avec beaucoup d’hyperstène, peu d’augite et sans olivine. Ce monticule n’a pas de cratère.

2. Le Woulouh pandak. Plus loin se trouve encore un petit sommet éruptif au Nord-Ouest du précédent, au Sud de Wangkal et près la désa Woulou pandak. Ce monticule, nommé Woulouhk pandak, a un assez grand cratère effondré en forme de fer-à-cheval, d'un diamètre de 1200 à 1400 mètres. Le plus haut point du mur est à 460 mètres

d'altitude. On détacha de blocs isolés des échantillons (No. 94) noirfoncé et passablement compacts. Au microscope, ce sont aussi des roches très finement grenues avec peu de plagioclases et d’augites plus volumineux. On y trouve encore des cristaux d’hypersthène transformés en un mélange de chlorite et de calcaire spathique, ainsi que quelques petites olivines brunes totalement décomposées aussi. Dans la pâte, il y a beaucoup de minerai de fer, des baguettes de plagioclase longues et étroites, des grains d’augite et presque pas de verre. La roche a le caractère des basaltes, mais elle contient fort peu d’olivine. C'est donc un basalte.

L'Hiang a donc fourni des basaltes et des andésites à pyroxène, aussi bien de ce côté-ci que du côté de Béësouki.

Au côté Nord, le pied va se confondre avec la plaine de Kraksaän et de Diaboung; vers l'Ouest, son manteau vient buter contre le Lémongan, au Sud de Tiris; le défilé est à 555 mètres d'altitude.

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