LeNGr Palo (Cooim Fer a cheval souvent er PES
13. Le Gg. Blinguer (470 m.). Petite arète sans cratère, s'étendant de l'Ouest à l'Est.
14. Un petit fer à cheval non dénommé au N.E. du Gg. Blingueër, 4250) met#dialt.
15. Le Gg. Pakeèm (380 m.) et le Gg. Wonoaïou (370 m.); parties d'un grand cirque à l’ouest de Ranouioso.
N.B. Les points No. 12—15 sont encore sur une même ligne, et un peu plus à l'Est est le Ranou Bédali, décrit avec le Lémongan.
16. Le Gg. Penawoungan, un grand et beau fer à cheval, ouvert vers l'Est, à l'Ouest de la désa Pénawoungan, à 520 m. d’alt. Le diamètre de l'anneau, du Nord au Sud, est de 1200 mètres.
17. Le Gg. Médio, un petit sommet sans cratère (280 m.), au Nord-Est du Penawoungan.
Tels sont les petits sommets à la face Est du Téngguër; ce sont des points d'éruption situés ox bien sur des coulées de lave, ox bien sur des fentes radiales d’où la lave a Jjailll çà et là. A cause des matériaux plus jeunes qui les couvrent, il n’est pas possible de déterminer avec certitude lequel des deux cas se présente ici. Les petits sommets consistent en déjections meubles.
À proximité de Ranouioso, les pieds du Lémongan et du Téngguër se rejoignent, et il n'est pas toujours possible de voir à quel volcan appartiennent les petits cratères, d'autant plus qu'ils consistent tous en basaltes.
La paroi intérieure du Pénawoungan consiste en couches alternantes de projections meubles fines et grossières. Les gros fragments (No. 110) sont, en échantillons, noir-terne et extrêmement poreux, même scoriacés. Au microscope on voit une pâte grenue foncée avec bâtonnets de feldspath, dans laquelle il y a seulement de gros cristaux de plagioclase et de l'olivine limpide en cristaux nettement délimités. Cette roche ne contient presque pas d’augite. C'est un basalte.
Le sommet du Tengguér sera naturellement décrit ici dans son ensemble, mais il sera traité des points d'éruption situés au versant occidental à propos de la résidence de Pasourouhan.
Grâce à la description qu'en donne M. FENNEMA, la forme et les dimensions de ce sommet sont déjà connues en détail. Le Teéngguëer est un cône tronqué, dont le plan supérieur est une ellipse irrégulière. Il doit sa forme à l'effondrement des sommets qui y existaient auparavant. Du cirque proprement dit du Téngguer, les parties Nord-Ouest et Sud sont à peu près circulaires, et font partie d'une circonférence de 4.2 kilomètres de rayon. La partie Nord-Estrde ce cirqueune
coïncide pas cependant avec cette circonférence, mais elle forme une muraille droite nommée Tiémoro lawang, qui réunit les sommets Pënandiahan (2780 m.) et Poundak lémbou (2635 m.) et qui, dans ses points les plus bas, descend jusqu'à 2220 et 2180 mètres d'altitude. La portion Sud du cirque à partir du sommet Poundak lémbou, passant par le sommet Diantour (2690 m.) jusqu'au sommet Idiou (2400 m.), porte le nom d’'Idér idér et est longue de 12 kilomètres; le rebord Nord-Ouest du sommet Pénandiahan, qui s'étend, en passant par le sommet Moungoal (2482 m.) jusque tout près du Gg. Idiou, sur une longueur de 5 kilomètres, ne porte pas de nom particulier, mais il est appelé communément dos du Mounggal d'après le défilé près du sommet Mounggal, qui est à 2355 mètres d'altitude et par lequel passe la route de Tosari au cratère.
Le cirque, produit évidemment par l'effondrement d'un cône d'éruption, est très escarpé vers l'intérieur et circonscrit une plaine de sable à peu près horizontale: ,la mer de sable” qui, nommée Dasar dans sa partie orientale et Roudiak dans sa partie méridionale, est recouverte dans sa partie occidentale par des produits d'éruption plus récents. A la surface la mer de sable consiste en une couche de sable volcanique meuble, sous laquelle toutefois existe de la lave qui çà et là perce le sable comme des écueils noirs. La hauteur de cette ,mer de sable” est de 2100 à 2130 mètres; elle est enserrée de toutes parts par le cirque lequel s'élève il est vrai à des hauteurs très différentes, mais descend partout à pic vers la mer de sable. Dans sa partie méridionale, au sommet Diantour, la paroi s'élève de 600 mètres au-dessus de la plaine de sable, et même de 660 mètres au bas du Pénandiahan: mais cette hauteur n’est que de 225 mètres au défilé du Mounggal et et dans la partie orientale, près du passage vers Ngadisari, elle n’est plus que de 95 mètres.
Du Pénandiahan (2780 m.) une arête assez plate s'étend en direction orientale vers le sommet Argowoulan, à 2725 m. d'altitude; puis, en pente faible et en direction toujours orientale, jusqu'à une série de sommets de 2500, 2400 et 2300 m. d’alt. Cette dernière partie, à l’est de l’Argowoulan, est circulaire et fait partie d’une circonférence de 3-15 kilomètres de rayon qui passe exactement par les sommets Pénandiahan et Poundak lembou. Depuis l’Argowoulan jusqu'à un sommet de 2300 m. d’alt., le rempart circulaire descend à pic, du côté Sud, de 600 mètres environ et se fait reconnaître ainsi comme le rebord d'un 2° cône effondré, dont le cratère était situé au N. E. du précédent et à une distance de 3.4 kilomètres.
Le cirque plus petit entre les Pénandiahan et Argowoulan, également en pente raide du côté Sud, appartient à un cercle de 1.2 kilomètre de rayon et représente ce qui reste encore d'un 3€ point d'éruption plus petit et effondré.
Entre le Mounggal et l’Idiou existe encore un 4° cône effondré, d’um rayon de 1.1 kilomètre.
Cependant nous n'avons pas terminé par là l’énumération des parties: du manteau du Téngguër, disparues lors d'une grande catastrophe unique. Aux parois escarpées de notre 2€ point d'éruption commence une vallée longue et large dont le fond descend régulièrement vers le N.-E. et dont les bords sont très abrupts. Ceux-ci sont hauts de 500 mètres jusque près Sapikérép; cette hauteur diminue jusque près de Soukapoura où les bords prennent la pente ordinaire des montagnes. Si cette vallée de Sapikérép (nommée aussi ,,vallée de Soukapara”) était plus ou moins circulaire, on pourrait de nouveau attribuer son origine et celle de ses parois escarpées à l'effondrement d'un point d’éruption qui jadis existait en cet endroit. Mais elle se prolonge sur une longueur de 7 kilomètres et se rétrécit régulièrement du côté de Soukapoura. Dès lors: il est plus vraisembable que cette vallée s’est formée par le refoulement, le balayage de matériaux meubles sous l’action de la lave surincombante, de la même manière, mais sur une plus grande échelle, que cela eut lieu en 1885 au côté Sud du Sémerou et lors de l’écoulement de lave du Lémongan la même année. Aux deux montagnes, la pression de la lave qui s'échappait du cratère produisit un glissement des matières meubles sises plus bas — une avalanche de pierres — pendant que la lave continuait son mouvement dans un lit à bords lisses et escarpés. Lors de la formation de la vallée de Soukapoura, la lave a jailh de la partie orientale de notre 2€ point d'éruption; car la paroi même y manque sur une étendue de 4000 mètres, et l'épaisseur des matières: meubles balayées doit y avoir été de 1000 mètres environ. Si nous ne rencontrons pas la lave dans la vallée elle-même, cela tient à ce que des matières plus récentes la recouvrent, qui proviennent de notre if point d'éruption. Toutefois, il est un fait important sur lequel surtout nous devons appeler l'attention, savoir que les bords d’effrondement escarpés des 4 points d'éruption cités plus haut et de la vallée de Sapi kérép se succèdent régulièrement et se touchent; ils donnent ainsi l'impression d’avoir été formés non d’une manière successive, mais en méme temps et par une seule grande catastrophe.
Avant de raconter les diverses vicissitudes du volcan à ses dernières époques, nous devons d’abord nous occuper de la structure du vieux cône.
Le Téngguër était à l’origine un volcan double avec deux points d'éruption principaux qui atteignaient probablement une hauteur de + 4000 mètres et qui étaient distants l’un de l’autre de 3.4 kilomètres (Voir Fig. 9).
L'ancien manteau du Téngguër, édifié par ces deux points, consiste en majeure partie en couches de déjections #ewbles, fines et STossièTres, situées en concordance l’une sur l’autre et qui alternent avec quelques
bancs de lave. Les déjections meubles consistent en cendre fine, en sable plus grossier, en lapilli ainsi qu'en conglomérats et brèches plus cohérents. La proportion entre les quantités respectives de couches fines et grossières d’une part, de produits meubles et de lave d'autre part, n'est pas la même pour les diverses parties du manteau. Au bord intérieur du Mounggal et de l’Idër idér, les vieilles couches du Téngguër sont à découvert en certains points sur une épaisseur de 600 mètres.
Près du défilé du Mounggal, les couches de sable et de lapilh se trouvent superposées et inclinées d’une vingtaine de degrés; entre ces couches n'apparaissent que 2 coulées de lave. La coulée supérieure, à 150 mètres environ au-dessus de la mer de sable (voir esquisse Fig. 7), est large de 160 mètres et à découvert sur cette largeur au moins; aux extrémités la coulée a une épaisseur de + 20 mètres; au milieu, où passe la route de Tosari, cette épaisseur n’est que de 4 mètres. On trouve ici le phénomène qui se présente fréquemment chez les coulées de lave, qu’au milieu elles sont moins épaisses que sur les bords, ce qui résulte d'un affaissement de la croûte solidifiée, par suite du déplacement de la lave restée fluide en-dessous de cette croûte.
Environ 40 mètres plus bas se trouve encore un gâteau de lave solidifiée, mais celui-ci n’est que très incomplètement à découvert.
Au Pénandiahan on ne trouve absolument pas de coulées de lave, mais seulement quelques couches de déjections meubles, la plupart fines, qui ont été déposées en nappes avec une régularité si parfaite qu’on ne pourrait pas en trouver un plus bel exemple dans les couches sédimentaires.
Par contre, au Poundak lémbou on rencontre au moins 4 coulées de lave, épaisses chacune de 15 à 20 mètres, entre les déjections meubles, qui, au moins pour la moitié, consistent en conglomérats volcaniques très grossiers et en brèches.
Plus vers le bas il n’y a dans le manteau que fort peu de coulées de lave à découvert. Un peu au-dessus de Soukapoura il y a à découvert dans le Diourang Kémanten une coulée de lave d’andésite à pyroxène, et dans le Djourang Prahou, une coulée de lave basaltique, toutes deux épaisses de 4 à 6 mètres.
La composition de la muraille transversale Tiëmoro lawang a été étudiée, il n’y a pas longtemps, d’une manière détaillée par l'ingénieur FENNEMA. Un dessin de cette digue est donné dans la Fig. 8. Les cercles d'effondrement des deux grands points d’éruption No. 1 et No. 2 se coupent mutuellement près le Penandiahan et le Poundak lembou, et la corde qui joint les deux points d’intersection coïncide avec la digue Tiémoro lawang. À partir du Pénandiahan, on voit ici les couches de lapilli meubles inclinées vers l'extérieur offrir un contraste frappant avec les couches tuffeuses à peu près horizontales, qui sont à découvert
de a en c (Fig. 8) et jusqu'à une petite hauteur seulement. Là-dessus repose de la lave solide, qui atteint la moitié de la hauteur de la digue et se trouve de nouveau couverte par des produits meubles, des lapilli scoriacés, du sable et des cendres. En 4, la lave disparaît sous la mer de sable, près e elle est visible sur une petite étendue, mais entre e et f la paroi est recouverte par une croûte de cendres fines provenant du Bromo encore en activité. En cet endroit les couches de la digue sont donc mal à découvert. Entre f et g on n'aperçoit que des couches de tuf, mais entre g et Æ on voit de nouveau la lave solide, qui d'abord s'étend presque jusqu'à la surface qu'elle atteint ensuite tout-à-fait. Il résulte évidemment de leur position respective que les couches de la digue sont toutes plus jeunes que celles du mur du Téngguër près Pénandiahan et Poundak lémbou. Après l’effondrement des 2 grands points d'éruption, il resta donc une muraille droite, debout entre leurs cônes d'effondrement, de la même manière que pour les deux cuves du Tangkouban prahou dans les régences du Préanguer et, dans une certaine mesure, pour le volcan Manindiou à la côte Ouest de Sumatra, bien qu'il ne soit resté ici que deux fragments de la muraille ou cloison.
De la lave a débordé de la grande cuve du Téngguër par-dessus cette muraille; elle s'est amassée à une épaisseur de 50 à 175 mètres, et finalement des produits meubles furent de nouveau lancés sur cette lave.
Histoire du Téngguer. L'histoire du Téngguër est donc, en résumé, ce qui suit: (voir Fig. 0),
1e période. L'ancien Téngguër forme un volcan gémellaire, haut de 4000 mètres, à deux cratères, dont les centres se trouvent sur une ligne dirigée du S.W. au NE. et à une distance de 3.4 kilomètres. Sur le versant se trouvaient au moins 2 petits cratères parasites, dont l'un est visible sur le dessin Fig. 0.
Catastrophe. La lave monte dans les tuyaux du cratère et liquéfie une partie du manteau et du sommet. Grande éruption, combinée avec l'effondrement des sommets des deux grands points d’éruption situés près de la cime et l'effondrement partiel des sommets des deux petits. De la lave s'échappe au côté Est du cratère oriental, et cette lave exerce une pression sur les produits meubles du manteau du volcan, qui sont chassés au dehors sur une largeur de 3700 mètres et une épaisseur de 1000 mètres. Puis, la lave jailissante se creuse dans le manteau une large vallée à bords escarpés; le fond de cette vallée se trouvait notablement plus bas que la vallée actuelle de Sapi kérep. Ecoulement de la lave dans deux espaces circulaires, dont les bords ont des rayons respectivement de 4.2 et 3.15 kilomètres, et forment ensemble avec les bords de 2 cratères plus petits un espace cratériforme irrégulièrement elliptique, long de 11 et large de 8 kilomètres, dans
lequel se trouvent à la fin de la catastrophe deux lacs de lave, à ur niveau de + 1500 mètres d'altitude (niveau de l'écoulement de la lave de la chaudière orientale). Ces deux lacs sont séparés par une digue transversale droite, qui se trouvait e-dessous de la digue actuelle Tiémoro lawang, dont on ne peut voir que quelques couches de tuf au pied du Pënandiahan sous la coulée de lave de la digue, et dont la crête était alors aussi en grande partie au-dessous du niveau de 2100 mètres.
2e période. L'activité cesse au cratère oriental après l'écoulement de la lave et celle-ci se solidifie. Au contraire, la lave reste fluide dans la cuve occidentale, son niveau s'élève notablement et elle déborde même par-dessus la digue transversale. Il y eut ensuite de grandes éruptions de produits meubles, qui recouvrent maintenant la nouvelle lave de la digue et qui constituent les couches tuffeuses régulièrement inclinées de la vallée de Soukapoura. C'est ainsi qu'à la surface on ne peut plus rien voir de la lave qui a coulé dans la vallée. Le versant extérieur du Téngguër fut alors aussi probablement un peu exhaussé par les projections meubles du cratère qui retombaient plus loin. Plus tard la lave se solidifia aussi dans ce cratère, au niveau de 2100 mètres, et forma ainsi le fond de notre ,,mer de sable” actuelle.
ge période. Sur cette croûte de lave, des éruptions répétées édifièrent successivement 5 cônes plus petits, le Widodaren, le Guini, le Këmbang, le Batok et le Bromo, suffisamment connus par la description qu'en donne M. FENNEMA. On doit attribuer à l’action de ces petits cônes les cendres mobiles qui couvrent la lave solidifiée, dans la mer de sable. En certains points, des flots de lave font saillie à la surface du sable et on peut alors remarquer Ççà et là que ces îlots inclinent vers l'extérieur autour d'un point central a (Fig. 10) et doivent apparemment leur origine à un mouvement faible de la lave déjà devenue visqueuse. L'activité du Bromo se continue encore; 1l projette de temps en temps des cendres et des pierres en même temps qu'il dégage beaucoup de vapeur d’eau. Mais pour le moment l’activité est faible, et l'érosion du versant extérieur du volcan et dans la vallée de Sapi kérép l'emporte de beaucoup sur le dépôt de nouveaux sédiments aériens.
Dans la Fig. 9 on voit représenté l'état du sommet du Téngguër à ses diverses périodes.
Les roches du Teéngguëèr. Quelques échantillons des roches du Téngguër ont déjà été examinés au microscope par M. LORIE (Bijdrage tot de kennis der Javaansche eruptiefgesteenten, 1879, p. 215-—237) et par M. BEHRENS (Beiträge zur Petrographie des Indischen Archipels IT. Verh. der Kon. Akad. v. Wetensch. Afd. Natuurkunde 1882 p. 51—54). Ils y trouvèrent l'un et l'autre des basaltes et des andésites à pyroxène olivinifères; les dernières ont été rangées aussi par LORIE parmi les pasaltes ; et à mon avis c’est à juste titre.
Nous avons nous-même examiné les roches suivantes :
No. 151. Coulée de lave du mur du Mounggal, représenté dans la Fig. 7. En échantillons c’est une roche foncée, poreuse, à éclat vitreux mat. (Ce point se trouve déjà en Pasourouhan).
No. 111. Des tufs du Pënandiahan.
No. 112. Fragment des tufs du Pëénandiahan. En échantillons roche de couleur grise avec de nombreux individus de feldspath.
No:mrrs Maven detiiNdique Tiëmorolawang, tout près de son extrémité Nord, au pied du Pënandiahan. Roche noir foncé, poreuse çà et là, à éclat vitreux.
No. 114. Lave du Tiémorolawang, recueillie un peu au N.W. de la route de Ngadisari. A l'œil nu, cet échantillon ressemble au précédent.
No. 115. Lave du Tiémorolawang, à proximité de son extrémité Sud, au pied du Poundak lémbou. En échantillons, structure très grenue passant à la structure compacte; de couleur gris-clair.
No. 116. Fragment de la brèche volcanique du bord de l'Idér idér, non loin et au Sud du Poundak lémbou. Couleur gris-clair ; poreuse Çà et là. No. 117. Ecueils de lave de la mer de sable, non loin du Fiémorolawang. No. 118. Coulée de lave du Diourang Prahou, un peu au-dessus de Soukapoura. Couleur gris-terne.
No. 119. Coulée de lave du Diourang Këmanten, un peu au-dessus de Soukapoura. Couleur gris-terne.
L'examen microscopique fit voir que cette dernière roche No. 119 est seule une andésite à pyroxène; toutes les autres appartiennent aux basaltes. La pâte de ces dernières contient le plus souvent un feutrage floconneux microlithique (microlithes de plagioclase et d’augite ainsi que des granules de magnétite) avec du verre grenu plus ou moins foncé, parfois aussi avec du verre de teinte brune. Dans cette masse se trouvent des plagioclases porphyriques oblongs limpides, parfois aussi de laugite et de l’hypersthène, bien qu'il ne soit pas rare que ces minéraux manquent absolument parmi les cristaux porphyriques; il y a aussi de l'olivine, tantôt en grande quantité, tantôt en quantité plus faible, partiellement devenue brune par décomposition. Puis de la magnétite. Ces roches présentent l’une par rapport à l’autre trop de ressemblance pour ne pas les ranger toutes dans les basaltes.
La roche No. 116 contient beaucoup d’hypersthène, ce qui est rare pour les basaltes. Seule la roche No. 119 du Diourang Këémanten ne renferme pas d'olivine du tout, et elle présente d’ailleurs le caractère d'une andésite à pyroxène commune.
Nous avons récolté au point d’éruption actif, le Bromo, des déjections et des cendres qui avaient été projetées en janvier et en mai 1886, les dernières quelques jours seulement avant notre visite (5 juin 1886),
alors que d’épais nuages de fumée et de cendres se dégageaient encore.
Les 4/ocs (No. 120 et 121) sont gris-foncé; les fentes seules produites par Je refroidissement ont l'éclat de la poix (de même que les déjections du Krakatau de 1883). Dans la pâte terne se trouvent des feldspaths brillants très nombreux. Au microscope, on voit un verre grenu noir, qui primitivement était brun, ainsi qu'on peut le reconnaître aux particules witreuses brunes incluses dans les feldspaths. Lors de la séparation des granulations noires et des microlithes très nombreux d’augite à inclusions de grains de magnétite, cette masse de verre s’est décolorée presque partout. On y voit encore de grands cristaux de plagioclase, de grandes augites vertes; de l’hypersthène aussi, en cristaux plus petits ; et pas beaucoup d’olivine, mais assez cependant pour faire ranger cette roche dans les basaltes.
Les cendres du Bromo, lancées en janvier (No. 122) et en mai 1886 (No. 123), ne sont autre chose qu'une poussière basaltique fine gris-foncé. ‘On peut encore voir ici des particules de pâte avec du verre grenu.
Du côté Nord, le pied du Téngguër se continue avec la plaine de Tongas et Probolinggo ; du côté Nord-Ouest, avec la plaine de Pasourouhan. A l'Est, le pied du Téngguër vient buter contre le Lémongan, ainsi qu'il a déjà été dit plus haut; enfin, au Sud, il touche à la ruine d’un volcan très-ancien, l’Aïék aïëk.