‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 86 sur 244 · L'Aïek aïëk · texte numérisé non relu

L'Aïek aïëk

De ce volcan, il reste encore la partie occidentale d’un grand cirque ainsi que quelques points d'éruption plus récents situés dans l’espace effondré. Du sommet du Sëémerou, cette montagne fut la première fois reconnue pour un volcan par JUNGHUHN, mais elle n'a pas été visitée par lui. La première description approfondie est celle de FENNEMA, dans son rapport déjà cité à diverses reprises, et 1] n'y a que peu de chose à y ajouter. Le grand cratère effondré doit être figuré avec une forme plus circulaire que ne l’a fait M. FENNEMA; leMrayonwest alors/ide 31-kilomètres et le cratère: s'étend. sur /les sommets Aïëk aïék (2819 m.), Diambangan (3020 m.) et le petit sommet & (2565 m.) de M. FENNEMA, au Sud du Képala. Il n’y a plus moyen de reconnaître la partie orientale du cirque.

Dans l’espace effondré s'élèvent 3 points d'éruption, nommés par M. FENNEMA I, II et III, tous les trois à bords en fer-à-cheval. Le point Il renferme un petit lac, le Ranou Kémbolo (3415 m. d’'alt.) et III une plaine de sable (2390 m. d’alt.). C'est à peu près dans cette plaine que se trouvait le cratère du volcan effondré Aïëk aïek. A l'Ouest de ces points d'éruption se trouvent 3 plaines de sable; celle du milieu (2465 m.) appartient probablement à un petit point d’éruption IV, à l'Ouest du Ranou Kémbolo; les deux autres plaines sont des parties du fond de cratère du grand Aïëék aïék; elles sont respectivement à 2410 m. et 2435 m. d’alt., la dernière a été probablement un peu exhaussée par les déjections du petit volcan IT.

Enfin, un 5€ point d'éruption c’est le Képala, situé au Sud du précédent; c'est un cône élevé (3035 m. d’alt.) et abrupt, à sommet en fer-à-cheval et ouvert vers l'Est.

Enfin au Nord du cirque de l’Aïék aîék, à la imite de cette montagne et du pied du Téngguër ou de l'Idér-idér, se trouvent encore trois petits lacs, le Ranou Régoulou (2100 m.), le Ranou Pani (2100 m.) et le Rawah Dringou (2090 m.). Le premier lac est un petit lac de cratère, enserré dans un cirque bien distinct; le Ranou Pani n'a pas un cirque pareil, mais c’est probablement aussi un petit lac de cratère; le troisième n'est qu'un marais allongé résultant de la présence d’un obstacle à la décharge des eaux, savoir des déjections du petit volcan Regoulou.

Les produits de l’Aïék aïék se sont répandus vers l'Est en passant par Sendoro jusque vers la plaine de Loumadiang et vers l'Ouest dans la direction de Pantiokousoumo dans le dictrict de Malang. Au Nord et au Sud, ces produits sont recouverts par ceux du Téngguër et du Sémerou.

Roches de l'Aïek aïek. M. FENNEMA seul a décrit des roches de l’Aïék aïék.

À la paroi intérieure du mur escarpé de l'Aïék aïék fut recueillie une roche gris-verdâtre à grains assez fins (No. 124), provenant de blocs situés dans un gravier plus fin, et qui au microscope fut reconnue pour une véritable andésite à pyroxène, avec beaucoup d'hypersthène et un feutrage de microlithes. Elle ne contenait pas d'olivine. C’est donc une andésite à pyroxène.

Des environs du Ranou Këmbolo, trois déjections furent examinées, qui déjà en échantillons ont un aspect différent. La première (No. 125) est légèrement brun-grisâtre et à grain fin; la seconde (No. 126) est gris-foncé et très poreuse; la troisième (No. 127) est noire et quelque peu vitreuse.

Au microscope, le premier échantillon (No. 125) se reconnaît pour une andésite à pyroxène commune, avec peu de verre brun-clair dans la pâte et quelques hornblendes décomposées en grains noirs. Il appartient au bord Sud-Ouest du cratère I.

La seconde roche (No. 126), une déjection du Ranou Kémbolo luimême et recueillie au bord sud du lac, est du basalte véritable, à pâte grenue noire et à beaucoup d’olivine limpide; toutefois, à cause de la porosité de la roche, on n’a pu en tailler des plaques suffisamment minces.

Enfin la troisième roche (No. 127), trouvée au même endroit que les deux précédentes, fait l'effet d’un produit fondu à nouveau. La pâte est foncée par suite des grains de magnétite et des microlithes qu'elle renferme. Parmi les grands cristaux, on remarque du plagioclase,

de l’augite, de l'olivine (fort peu) et de la magnétite. Ensuite, des fragments d’une roche incluse de couleur brune. Les feldspaths sont tous fendillés, ce qui prouve bien une action ultérieure de la chaleur. Il faut nommer cette roche une andésite à pyroxène olivinifère où au besoin un basalte.

Les déjections du Ranou Këmbolo et celles du petit cratère [ situé à proximité présentent donc les unes par rapport aux autres des différences notables dans leur structure pétrographique.

Enfin le Képala consiste en déjections meubles (No. 128) de matériaux basaltiques gris-clair. Au microscope, les plaques contiennent dans une pâte finement grenue (non microlithique), outre les cristaux ordinaires de plagioclase et d’augite, une très grande proportion d’olivine transformée en matière brune dans les fentes. C'est un basalte.

HR LENS amer:

Au sud du Kéëpala se trouve un cône très élevé, le cône de cendres du Sémerou.

A la cime, on trouve d’abord le Mahamerou, un sommet pointu sans cratère. D'après la carte topographique, il doit avoir existé en 1879, à l’est du signal, une petite dépression en forme de cratère qui déjà en 1885 était comblée par des déjections. Le sommet Mahamerou est à 3676 mètres d'altitude; c'est le point le plus élevé de Java.

Au Sud de ce sommet se trouve le Sémerou (3650 m. d’alt.). C'est une portion d’un ancien cirque qui délimite au Nord le point aujourd’hui en activité. Le cratère actuellement actif au Sud du Sémerou, nommé Dionggring Sëloko, avait en 1879 un petit cirque de déjections meubles, qui toutefois a disparu en grande partie lors de l’éruption de 1885, de sorte que sa paroi septentrionale escarpée touche à présent directement au pied du Sémerou. Ce point eut encore en 1885 une éruption qui dégagea de la lave et à la suite de laquelle une grande masse de sable et de pierres descendirent de la montagne; à l'exploitation de Kalibëning, cette avalanche coûta la vie à près de 70 personnes. M. FENNEMA a décrit en détail cette éruption avec les modifications qu'elle apporta au sommet de la montagne.

Le Sémerou confine au Nord au volcan Aïëk aïëk; au Sud-Est son pied se continue avec la plaine de Loumadiang; au Sud, ses produits touchent à la vaste chaîne de brèches du Koukousan-Sériti, etc., laquelle se prolonge encore au loin dans le Pasourouhan; enfin le pied se perd vers l'Ouest dans la plaine de Touren.

Roches du Semerou. Au sommet du Sémerou, M. FENNEMA récolta divers produits, provenant de l’éruption du Dionggring Séloko en avril 1885, et situés, en partie au pied Sud, en partie sur le sommet Mahamerou. À l’œil nu ce sont des roches dont la teinte varie du gris-clair au gris-foncé (No. 129 et 130), ayant parfois un éclat résineux dans.

les fissures fraîches et présentant toujours de nombreux cristaux de feldspath. Au microscope, elles se montrent être toutes des andésites à pyroxène véritables, sans olivine et avec une pâte microlithique foncée. Le No. 131 est de la cendre du Sëémerou, recueillie aux environs de Soumbér kérép et tombée le 1 avril 1885; le No. 132 est de la cendre du même cratère tombée à Toumpang, section de Malang dans le Pasourouhan, et projetée en avril 1885.

Nous rencontrons donc ici de nouveau ce fait remarquable, que des points d'éruption très voisins les uns des autres ont fourni les uns du basalte les autres des andésites à pyroxène: les roches du Sémerou sont des andésites à pyroxène; celles du Képala sont des basaltes ; celles de l'Aïék aïék de l’andésite; ceiles du Ranou Kémbolo du basalte; celles du petit cratère I de l’andésite; enfin celles du Téngguër sont encore du basalte.

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