III. Rochi
Les roches de ce groupe consistent principalement en granitites, en partie aussi en porphyres quartzifères ; ces derniers semblent n'apparaître qu'aux limites des massifs de granité. I^^es granités à hornblende n'existent pas, dans toute l'île d'Ambon, comme roche de quelque étendue. Ce sont essentiellement des granités micacés, sou-
vent avec une certaine teneur en cordiérite. Certains granités, entre autres ceux de la Waï lia, sur la route d'Ambon à Routôung, sont plus ou moins schisteux, et ressemblent alors à du gneiss.
En deux endroits seulement le granité forme nettement des filons dans la péridotite, et, comme il a été dit plus haut, il a décomposé cette roche près de Tandjoung Seri en une roche très dure, semblable à une coméenne. Nulle part ailleurs, sur la limite du granité et de la péridotite, on n'a trouvé ce produit de contact, mais bien cà et là en blocs isolés, dans du terrain quaternaire. D'autre part, on ne connaît pas davantage des filons de péridotite dans le granité, ce qui indiquerait des éruptions alternatives des deux roches dans une môme période. Il est donc vraisemblable que partout le granité est plus récent que la péridotite.
Par contre, le granité est plus ancien que le grès, dont les couches ont été formées pour de beaucoup la plus grande partie par du gravier quartzeux originaire du granité. D'ailleurs, on n'a aperçu nulle part, ^ la limite du granité et des schistes ou des grès, quelque trace d'action de contact que l'on pourrait attribuer au granité. L'âge du granité ne pe^U donc être plus jeune que permien.
a. Le plus vaste terrain granitique est situé au sud-est du chef-lieu Ambon, et il forme la chaîne qui s'étend du nord de Soja di atas jusqu'à la côte du sud. Dans ce domaine se trouvent les villages Soja di atas, Hatalaï, Ema, Houkourila, Nakou, Kilang et Mahija. L'un des sommets les plus élevés est le Sirimau (463 m. d'altitude, d'après notre nouvelle carte); mais à l'est de celui-ci le granité est adossé au mont Horiel jusqu'à l'altitude de 520 m. C'est le plus haut point atteint par le granité dans toute l'île d'Ambon.
Ce grand terrain de granité est borné comme suit: à l'est et au nord-est par la péridotite, au nord-ouest et à l'ouest par des matériaux meubles quaternaires, au sud par la mer. A l'extrémité septentrionale le granité est schisteux et la roche semble passer au porphyre quartzifère (n°. 88). Des blocs incohérents sont répandus ici partout, mais on n'y a pas trouvé de fragments de contact avec le granité. Dans le terrain môme, il se présente de la péridotite en trois endroits différents, et puis on observe cà et là une couverture de matériaux quaternaires meubles et de calcaire corallien; cette couverture était
sans doute plus importante jadis qu'actuellement, mais elle a disparu dans le cours des années par la profonde altération du granité et par l'action des eaux. Quelques parties plates, telles que celles ou sont situées Kilang (131 m.), Nakou (157 m.), Houkourila (140 m.) et Mahija (254 m.), sont peut-être le restant de terrasses autrefois plus étendues; mais il se peut aussi qu'elles aient été formées en partie par la main de l'homme, car à la surface le granité se désagrège en un sable meuble que l'on peut remuer très facilement. S'il ne repose donc pas sur le granité des matériaux dont la provenance étrangère est évidente (débris de péridotite, calcaire corallien etc.), il est parfois difficile de décider si ces petites portions en forme de plateau sont d'origine naturelle et ont été la cause de l'établissement des villages en cet endroit, ou bien si leur formation en a été l'effet.
IjC long de la côte méridionale, le granité s'étend depuis la baie de Houkourila, nommée Labouhan Ihouresi,jusqu'à la baie de Mahija ou Labouhan Ha; la petite anse orientale de cette dernière baie, à l'embouchure de la petite rivière Ijang, se nomme Labouhan Ijang. La côte du sud présente entre ces deux points 4 anses, les Labouhan Hahila, L. Nanseri (baie de Kilang), L. Nakou et L. Roupang. D'ici jusque passé le cap Simanoukoung le calcaire corallien vient immédiatement au rivage; puis vient encore du granité, du cap Noukinarou, le long de la Labouhan Da, jusqu'à la Waï lia; plus à l'ouest, une bande étroite de granité est visible jusqu'au cap Noukinahoun, où le calcaire corallien arrive un moment û. la côte. Ensuite, le granité reste visible au bord oriental de la Labouhan Awahang jusqu'à proximité de l'embouchure de la Waï Jari (appelée Waï Sema dans son cours supérieur); mais à une faible hauteur il se recouvre déjà de calcaire corallien. Il est donc bien clair, que notre premier terrain granitique se rattache, sous les jeunes couches qui le recouvrent, avec le second terrain que nous allons décrire maintenant.
6. Le bord occidental de la Labouhan Awahang, entre la Waï Jari et le cap Seri, présente çà et là un peu d'alluvium côtier, derrière lequel s'élève bientôt la montagne, qui consiste de nouveau en granité, dont de gros blocs gisent sur la plage. Cette roche est à suivre au nord jusqu'à proximité de la ligne de partage des eaux, à l'est de Siwang, mais elle ne forme pourtant que la portion inférieure du
versant; plus à l'ouest se trouve la péridotite, qui continue vers les monts Si Wang et Nona; et à l'est, le granité disparaît sous des matériaux incohérents, sur lesquels passe le sentier qui mène de la Labouhan Âwahang vers Malaman et Kousou kousou sëreh.
c. Tout près de ce sentier existe un troisième terrain de granité de faible étendue, au nord du mont calcaire Eri haou ; ce monticule est appelé «Hatou iroung*, atteint 232 m. d'altitude et ne s'élève que de 30 m. au-dessus des matériaux quaternaires environnants. Cette petite montagne prouve de nouveau que les terrains de granité a et 6 se rejoignent sous les couches quaternaires qui les couvrent.
d. A l'ouest de la Labouhan Awahang se trouve, près de Seri, la grande anse Labouhan Seri. Au nord-ouest de cette baie est l'embouchure de la Waï Wémi, et dans le cours inférieur de cette rivière gisent de très gros blocs de granité, qui bientôt se recouvrent de matériaux quaternaires, de blocs de péridotite et de fragments d'autres roches éruptives. C'est là vers l'ouest le point extrême de la côte du sud où l'on voit apparaître le granité.
e. Sur la route d'Ambon à Soja di atas, le granité affleure en un seul point; cette route s'étend sur le granité sur une longueur de 50 m., depuis 80 jusqu'à 83 m. d'altitude. Au nord, cette roche peut se suivre jusque dans le lit de la rivière Tomo kôtjil; au sud, elle cesse promptement, de sorte qu'en bas des grès elle ne peut plus être aperçue dans le lit de la rivière Batou gadjah; ce qu'il faut probablement attribuer à une faille sur laquelle nous nous étendrons davantage plus loin. Si de ce point on se dirige vers Ambon, on arrive dans la plaine, après une dernière descente rapide de 30 m. sur des matériaux quaternaires; et, avant d'atteindre la grand' route, on rencontre quelques maisonnettes du kampong Batou medja, entre lesquelles sont dispersés de très grands blocs de granité; de sorte qu'on reçoit l'impression que du granité doit affleurer ici, ou du moins qu'il doit exister comme roche massive très près de la surface, car ces blocs ne ressemblent en rien à des galets roulés. Au sud et au sud-ouest de ce point, du côté de la maison de la résidence, ces blocs n'apparaissent plus, ce qui, à mon avis, est de nouveau une conséquence de la faille dont nous venons de parler, par laquelle le granité se trouve, à l'est de cette ligne, plus haut qu'à l'ouest de celle-ci.
/. Dans la vallée de la rivière Batou gantoung, en bas de la petite cime Batou gadjah, apparaissent sur une petite étendue de gros blocs de granité; il est douteux que la roche y affleure.
g. Dans la petite rivière Eoung, affluent de la Batou gantoung, un peu de granité est à découvert dans le lit de la rivière, à une altitude de 140 à 160 m.; la roche est colorée en vert par une faible teneur en cuivre et elle présente des veines de quartz. Ici la roche affleure incontestablement, mais aux bords de la rivière elle est recouverte par des matériaux meubles.
h. Au sud du village Amahousou on trouve le cap Kajou bësi, et un peu plus au sud les petites rivières Néropâng, Wartowéo et Nènèr se jettent dans la mer. On trouve ici le long de la plage un très grand nombre de blocs de granité assez volumineux, de sorte qu'il est hors de doute que cette roche existe dans le voisinage comme roche massive; plus au nord on trouve encore des blocs de granité; mais, plus on s'avance vers le nord, plus ils sont entremêlés de blocs de péridotite. Plus au sud, on ne trouve plus de granité; le cap Batou anjout consiste en un conglomérat quaternaire, avec beaucoup de fragments de granité.
Néropâng est probablement le même endroit que le «Roubang» où Macklot a déjà recueilli du granité; toutefois il n'existe pas de kampong de ce nom, et à cet endroit le granité ne forme nulle part une colline d'environ 100 pieds de hauteur, ainsi que le mentionne MûLLER (mémoire n<>. • p. 25 et n°. S9 p. 23, note 2); les blocs de granité ne se trouvent nulle part à plus de 11 m. d'altitude, et les collines plus élevées consistent toutes en matériaux quaternaires incohérents.
k. Le cap Batou nierah, au nord-est d'Ambon, consiste en porphyre quartzifère (n**. 1) absolument identique au n". 88 de la Waï Ha. Sur la roche ferme repose un sol meuble quaternaire avec des éboulements rouge sombre, qui ont donné son nom à ce cap (Batou merah = pierre rouge). La ligne, qui joint les deux points où apparaissent les porphyres quartzifères nos. i et 88, représente probablement la limite septentrionale du domaine du granité, car au nord de cette ligne le granité n'affleure plus. I^e magma granitique s'est donc solidifié au centre comme granité, et sur les bords à l'état de porphyre
quartzifëre. A cette modification dans la solidification correspond d'ordinaire une composition tant soit peu plus acide.
Nous avons ainsi énuméré tous les points où des roches granitiques se présentent à Leitimor; il est vrai que dans le cours inférieur des rivières Tomo et Batou merah gisent encore de gros blocs de granité, mais ils semblent avoir été enlevés par les eaux à des matériaux quaternaires, qui renferment naturellement aussi des blocs de granité. Il est probable qu'en ces endroits la roche ferme ne se trouve pas à une grande profondeur au-dessous du fond des vallées.
Un coup d'ceil sur la carte synopti([ue n*". I fait voir, que presque toute la partie centrale de Tjeitiraor consiste en granité, qui vient au jour dans la partie méridionale et est recouvert, dans la portion septentrionale, par des grès et des produits quaternaires. I^ pointe occidentale et toute la partie orientale de Ijcitimor sont au contraire totalement privées de cette roche.
Description de quelques granités.
N®. 37. Affleurement au bord occidental de la Labouhan Ihouresi (baie de Houkourila). Granitite de teinte claire, il grain fin; le feldspath est blanc, le quartz est en partie colore en jaune et en brun par de l'hydroxyde de fer. Beaucoup de mica noir, pas de hornblende. Au microscope, le feldspath consiste à la fois en orthoclase et en plagioclase, ce dernier toutefois en quantité plus faible. La biotite est partiellement transformée en chlorite, avec des inclusions de minerai et des grains de zircone. Peu de minerai, peu d'apatite. Quelques agrégats bruns, troubles, consistent en fibres ténues de muscovite, incolores ou d'un vert très léger, colorées en jaune et en brun par de l'hydroxyde de fer; ils proviennent probablement de cordiérite, mais ce minéral on ne le trouve plus inaltéré dans les plaques examinées. Granitite.
N®. 87a. D'un instituteur indigène j'ai reçu un petit morceau de granité «des environs de Houkourila» (le gisement précis n'était pas connu) avec de très beaux cristaux de (|uartz, apparemment cristallisés dans une cavité du granité. Les cristaux limpides de quartz ont
une longueur de 7i ^ 1 cm., et une épaisseur de 1 à 3 mm.; ce sont des prismes avec un rhomboèdre A. l'extrémité libre.
N^ 42. De la rivière Eoung, affluent de la rivière Batou gantoung; affleurant dans le lit de la petite rivière. Granitite blanche fort altérée, avec mica chloritisé. Au microscope, de l'orthoclase terne, moins de plagioclase, de la chlorite issue de biotite, du quartz, du leucoxène et des grains de titanite, provenant de minerai. Granitite^ altérée.
N". 43. Rivière Eoung; filon de (juartz dans la roche précédente, de 5 cm. environ d'épaisseur; contient beaucoup d'hydroxyde de fer brun et un peu de minerai de cuivre, principalement de la malachite, reconnaissable à sa couleur verte. Au microscope, on voit un agrégat de grains de quartz, avec beaucoup de lamelles et de fibres de chlorite vert clair, ainsi (]ue quehiues cristaux de pyrite cuivreuse ; dans les fissures des quartz, il s'est déposé de l'hydroxyde de fer et une belle malachite verte. Filon de quartz avec minerai de cuivre.
N**. 67. Cap (tandjoung) Seri près de Seri. Granitite blanche, dont la biotite brune est transformée en grande partie en chlorite. Au microscope, la roche paraît assez altérée; l'orthoclase et le plagioclase sont troubles tous deux, mais ils polarisent néanmoins encore distinctement; du quartz; le mica a pâli et est transformé en chlorite. Ilménite et titanite pléochroïque, rouge clair. Granitite.
Nos. 60 et 61. Ce sont deux petits filons de granitite dans la péridotite du cap Seri, épais de 3 et 5 à 6 cm.; dans le voisinage de ces filons, la péridotite est totalement modifiée, transformée tant au point de vue chimitjue que minéralogique, à l'épaisseur de '/i ™ i en une roche dure (n*». 59). Le granité des filons est tout à fait identique à la roche fondamentale, la granitite n". 57 de Tandjoung Seri. La biotite, primitivement brun sombre, est aussi transformée, dans la roche de filon, en grande partie en chlorite. Granitite enfilons.
N®. 79, Encore un filon dans la péridotite; une roche blanche, très quartzifère, qui fut regardée tout d'abord comme un filon de quartz. Il contient de très petites cavités où se sont formés des cristaux de quartz. Epaisseur 8 à 10 cm., direction 30<>, inclinaison 90». Le filon se trouve à 300 m. environ de la limite du granité, à l'est
de la baie de Houkourila, à proximité du cap Nouar, et il est dénudé dans le sentier qui mène vers Lea hari en suivant la côte du sud. Au microscope, on voit que la roche se compose essentiellement de particules de quartz, qui présentent la polarisation en mosaïque. Mais on y trouve aussi du feldspath, non seulement de Porthoclase, mais encore du feldspath triclinique finement strié, parfois avec des stries croisées; ce dernier est en grande partie de la microcline. Peu de chlorite (biotite transformée) et un minerai fin, spongieux; des grains cristallins brun sombre, parfois en mâcles géniculées, appartiennent au rutile; titanite jaune-verdâtre clair. Quelques rares grains de zircone. Roche aplitique en filan^ qui doit être en communication avec la granitite de Houkourila, bien qu'on n'aperçoive aucun raccordement à la surface.
N*. 70. Au sentier allant de la Waï Tomo à Soja di atas. Grands blocs, à 140 m. d'altitude, dans du terrain quaternaire. Roche à grain fin, de teinte claire, avec quartz limpide, feldspaths colorés en brun jaunâtre et lamelles de biotite. Au microscope, du quartz, de Porthoclase terne, très peu de plagioclase, de la biotite partiellement décolorée et transformée en un minéral vert. Ilménite, beaucoup de titanite. Granitite,
N". 77. Affleurement au kampong Hatalaï. Granitite gris clair, à grain fin. Au microscope, beaucoup de quartz, de Porthoclase, moins de plagioclase, beaucoup de petites lamelles brunes de biotite, devenues vertes pour une petite partie. Minerai de fer, titanite, apatite. Granitite.
N^. 76. Un peu au nord du kampong Hatalaï un filon de quartz (n**. 76), coloré en jaune par de Phydroxyde de fer, passe à travers la granitite; direction 90<* environ, inclinaison 90®, épaisseur 10 à 11 cm.
No. 78. Roche d'un grain moyen, affleurant à la baie de Nakou (Labouhan Nakou). Elle renferme des parties riches en mica, finement grenues, sombres. Au microscope, du quartz, plus d'orthoclase que de plagioclase, de la biotite, du minerai, de Papatite, de la chlorite et quelques gros cristaux de cordiérite, en partie encore firais et devenus brun-jaunâtre dans les fissures seulement, partiellement transformés en un fin tissu de fibres do muscovite, ({ui paraissent ici aussi d'un vert excessivement clair. Granitite.
N**. 106. Blocs isolés sur le rivage, entre le cap Batou anjout et le cap Kajou bôsi. Roche brunâtre, d'un grain fin. Au microscope, du quartz, de Porthoclase trouble, beaucoup de plagioclase, de la biotite, du zircone en petits prismes à extrémités aiguës, longs de 0.14 mm., et épais de 0.05 mm. ; peu de minerai. Quelques agrégats troubles, vertjaunâtre de mica, ayant parfois la forme d'un rectangle peu net, sont probablement des cordiérites totalement décomposées. Granitite,
N". 178. Roche d'un grain moyen, gris-brunâtre, avec ([uelques feldspaths de 8 mm. et des sécrétions sombres riches en mica. Affleurant au kampong Mahija. Au microscope, du quartz, de Porthoclase terne, du plagioclase demi-trouble, de la biotite, partiellement transformée en chlorite et criblée d'apatite; du minerai. Assez bien de cristaux de cordiérite, en partie encore frais et remplis de fines baguettes de sillimanite, qui, à un faible grossissement, donnent aux cristaux un aspect laineux; transformés parfois aussi dans les fissures en une substance brun-jaunâtre. Granitite,
N®. 179. Affleurant à l'embouchure de la Waï Wémi, à la côte du sud. Roche blanche, d'un grain moyen, avec beaucoup de biotite. Au microscope, du quartz, de Porthoclase, du plagioclase, de la biotite profondément transformée en chlorite. De Pilménite, beaucoup de titanite, peu d'apatite et quelques sections de cordiérite totalement décomposées. Granitite,
N®. 181. Affleurant à proximité de la ligne de faîte, au-dessus de la Labouhan Awahang. Granitite blanche, d'un grain fin. Au microscope, les éléments ordinaires ; beaucoup de plagioclase. Aussi diverses grandes cordiérites, à inclusions de sillimanite; quelques sections sont encore presque entièrement fraîches, devenues fibreuses sur les bords seulement ou dans les fissures. Ce granité a quelque chose du porphyre, parce que la masse fondamentale est un agrégat de petits grains de quartz, qui polarise en teintes de mosaïque et dans lequel les gros cristaux de feldspath, de mica et de cordiérite sont disséminés porphyriquement. Granitite,
N®. 182. Roche blanche, à grain fin, venant à la surface au monticule Hatou iroung, au nord du mont calcaire Eri haou. Au microscope, du quartz, de Porthoclase trouble, pas de plagioclase, de la biotite transformée en chlorite, du minerai. Granitite, quelque peu altérée.
Nos. 71a et 71b. Affleurement sur la route d'Ambon à Soja di atas, à Paltitude de 80 à 83 m. Granitite gris clair, à grain fin, avec quelques parties plus grossières ; çà et là des taches brunes, dues à la présence d'hydroxyde de fer Au microscope, du quartz, de Porthoclase, une très grande quantité de plagioclase et aussi de biotite, quelques petits prismes rouges de zircone, du minerai sans bords de leucoxène et quelques agrégats de muscovite, probablement des cordiérites décomposées. Aucune des plaques minces ne présente la moindre trace de hornblende. Granitite.
N®. 1. Affleurant au cap Batou merah, au nord-est du chef-lieu Ambon. En échantillons inaltérés, c'est une roche gris-bleuâtre ; mais par altération elle devient d'abord jaune clair et même presque blanche et après rouge-brun, ainsi qu'on peut le voir à la croûte. Elle présente une pâte serrée, dans laquelle il y a de nombreux grains cristallins de quartz limpide (1 à l'/i mm.) et de feldspath (3 mm.); ce dernier minerai est le plus souvent transformé en une matière blanche kaolinique. La roche est traversée de fissures, dont les parois sont tapissées de cristaux de quartz, tandis que l'on peut voir dans quelques cavités outre du quartz, encore de petits cristaux limpides, tabulaires, de feldspath ; dans les fentes, il s'est déposé avec le quartz une très grande quantité de pyrite, çà et là aussi de l'hydroxyde de fer rouge-brun. Au microscope on voit de gros quartz limpides, le plus souvent en grains arrondis, avec inclusions vitreuses mais non liquides. Des feldspaths ou ne peut voir qu'en certains endroits des restes inaltérés; ceux-ci présentent l'extinction droite et ils ne montrent pas de stries, de sorte qu'ils appartiennent bien à Porthoclase. D'autres cristaux porphyriques manquent. La masse fondamentale consiste en une pâte de particules de quartz limpides et d'autres de feldspath troubles, jaune-grisâtre, irrégulièrement délimitées, parfois plus ou moins arrondies; celles-ci sont assez fortement biréfringentes et s'éteignent à la fois sur toute la surface. Si on installe entre niçois croisés sur le maximum de clarté, une pareille boulette de feldspath paraît granuleuse, ce qui a pour cause un mélange du feldspath avec de petites particules de quartz. Quelc^ues parties de la pâte montrent nettement un entrelacement de quartz et de feldspath, comme dans le granité graphique (Schriftgranit) ou la pegmatite; pour lessphérules
les plus petites cette texture ne peut s'observer d'une manière aussi nette, bien qu'elle y existe probablement aussi. Ensuite, la pâte renfenne- encore de la pyrite, de petites fibres de muscovite et des granulations brunes transparentes ; quelques petits prismes de zircone, parfois à extrémit«is aiguës, et de petits cristaux bleuâtres et limpides d'anatase en octaèdres pointus et en petites tables quadratiques. On ne peut observer aucune base vitreuse entre les particules cristallines, et elle n'existe probablement pas.
La composition chimique, qui sera donnée ci-après, montre que la roche du cap Batou merah est un porphyre quartzifôre, avec beaucoup plus de potassium que de sodium et extrêmement peu de calcium. C'est donc une roche d'orthoclase, sans plagioclase, mais peut être avec une faible teneur en orthoclase sodique. Porphyre quarisàjh-e granophyrique,
N«. 88. Provient d'un très grand bloc dans la Waï lia, au gué de la route d'Ambon à Routoung. Dans la rivière il se trouve ici une île de blocs roulés; et dans les deux bras de la rivière, aussi bien que sur l'île, on trouve de gros blocs d'un granité schisteux, de serpentine et quelques-uns de porphyre quartzifère. En amont de l'île, le granité existe comme roche massive; le plus souvent il est tant soit peu schisteux et par là-même gneissique. On n^a pas trouvé de jBragments de contact entre le granité et le porphyre quartzifère, ni des roches de transition entre ces deux, ce qui est bien étonnant, si le porphyre quartzifère est un faciès limite du granité. L'échantillon n". 88 a été enlevé à un des plus grands blocs, dont le volume est peut être de 1 m', ou même plus. Il ressemble parfaitement à la roche n". 1 du cap Batou merah; seulement il y existe plus de cristaux de quartz ayant une délimitation cristalline nette. La teinte est gris-bleuâtre, celle de la croûte d'altération est brun clair. Au microscope, on voit que les gros feldspaths altérés, décomposés en kaolin, ont été en majeure partie enlevés aux plaques par le polissage; les parties qui existent encore sont sans stries; quelques sections sont à extinction droite et appartiennent à l'orthoclase ; seul le quartz se présente en gros cristaux, bien délimités, toutefois aussi en grains arrondis et en éclats î\ délimitation irrégulière, avec des inclusions de particules vitreuses, brunes, en formes rhombiques.
La masse fondamentale est la même que celle du n?. 1, mais les éléments constituants y sont beaucoup plus petits. Ici encore il n'existe aucune base vitreuse entre les éléments cristallins. Dans quelques particules arrondies, les fibres de quartz et de feldspath présentent un groupement radial irrégulier. La roche est traversée de petits cordons de quartz avec cristaux de pyrite. Porphyre quartzifire granophyrique,
IjC résultat de cet examen est, que les grcmitea de Leitimor appartiennent exclusivement aux granitites pures, avec biotite, mais sans hornblende. La roche ramassée par Martin au sentier d'Ambon à Soja di atas et décrite par Sghroëder van dbb Kolk, laquelle renferme de la hornblende brune, constitue donc une grande exception et appartient probablement à une sécrétion basique de la granitite. Elle n'existe pas à l'état de roche de quelque étendue, car j'ai recueilli au même endroit des granitites communes (no». 71a et 716).
Du zircone en prismes et en grains s'y rencontre souvent, mais toujours en petite quantité. Le rapport entre l'orthoclase et le plagioclase est très variable; dans quelques granités il n'y a pas du tout de feldspath triclinique; dans d'autres, il en existe un peu, mais la plupart en contiennent beaucoup. Dans les granitites fraîches, il existe assez souvent de la cordiérite; dans les roches altérées, ce minerai s'est transformé et il est souvent devenu tout à fait méconnaissable par sa décomposition en fibres de muscovite; dans ces conditions il arrive aisément que l'on n'y fait pas attention. La cordiérite des granités d'Ambon se présente en grains cristallins irrégulièrement délimités; en plaques minces, elle est incolore et non pléochroïque, ce qui distingue fort ce minéral de la cordiérite des roches éruptives récentes d'Ambon, laquelle est nettement colorée en bleu et fortement pléochroïque, et se montre d'ailleurs assez souvent en cristaux franchement limités.
Les porphyres quartzijires n'apparaissent qu'au bord septentrional du grand massif granitique et ils se sont apparemment formés suivant un mode de solidification du magma granitique tout autre sur les bords que dans l'intérieur. 11 n'existe pas de cordiérite dans ces porphyres; par contre, ils renferment souvent de la pyrite, un minéral
fort peu fréquent dans les granités ou qui y manque totalement. La pâte de ces porphyres est microcristalllne, avec entrelacement micropegmatitique (granité graphique) de quartz et de feldspath; ce sont donc des porphyres quartzifères granophyriques.
Le porphyre quartzifêre n**. 1 de Tg. Batou merah a été analysé
par le Dr. 0. Brungk, professeur à l'académie royale des mines à
Freiberg en Saxe:
Ns 1.
Si 0* . = 77.46
TiO* = traces
Fe*0' = 1.50
FeO = 0.85
CaO = 0.17
MgO = 0.12
Na»0 = 1.36
Total = 99.37
La prédominance des alcalis, surtout de la potasse, par rapport à la chaux, prouve que la roche fait partie des porphyres quartzifères et non des porphyrites quartzifères ; d'autre part, la teneur en soude est trop faible pour la ranger dans les kératophyres quartzifères, avec lesquels les roches no». 1 et 88 ont beaucoup d'analogie en échantillons.
L'ingénieur P. Kleij, professeur extraordinaire pour la michrochimie à Delft, avait déjà analysé, dans le temps, la roche n*. 1, spécialement au point de vue de sa teneur en alcalis; il en trouva environ 7 pet., et il constata, par voie microchimique, qu'au moins 4 à 5 pcl. appartiennent à K*0. Ce résultat a été pleinement confirmé plus tard par l'analyse de tantôt.
IF. Le terrain gréseux.
Des couches de grès sont à nu en différents points de licitimor. IvC plus grand terrain gréseux existe au nord et au nord-ouest de Routoung; au mont Api angous, il s'élève jusciu'à 309 m. d'altitude, alors que les cimes Ehout, Tjolobaï et Hounitou atteignent respec-
tivement les altitudes de 273, 239 et 268 m. Ce terrain a été fortement aôouillé par les affluents Warsia et Tané de la rivière Jori, de sorte que la roche sous-jacente, une diabase, apparaît même dans le lit de la Warsia. Au nord de PApi angous, le grès disparaît sous les dépôts quaternaires, mais s'y laisse voir dans nombre de rivières, entre autres dans le lit de la Waï Hoka (affluent supérieur de la Waï Batou merah), de la Tomo, de la Tomo këtjil, de la Batou gadjah et de la Batou gantoung. Puis, il y a du grès au nord du kampong Batou merah, à la montée vers le tombeau de Diepo Nëgoro, où il se recouvre de matériaux quaternaires à cailloux roulés ; puis encore à la première montée au sud d'Ambon, sur la route de Kousou kousou sëreh ; ensuite, un peu au sud de ce kampong, dans le sentier vers Mahija (n". 188), en contact avec le granité à 170 m. d'altitude; enfin, sur la route d'Ambon à Soja di atas, depuis 83 jusqu'au delà de 100 m. d'altitude, confinant encore au granité. Il n'est donc pas douteux que le granité, (jui s'étend sous la couverture quaternaire de Soja di atas jusque près d'Ambon, est presque partout recouvert de grès et que les assises de grès de Kousou kousou sëreh, dont il vient d'être question, continuent jusqu'à l'Api angous. Canatitution. La roche principale de ce terrain est un grès quartzeux, pas fort dur, de teintes jaunes et brunes, parfois avec de petits filonnets de quartz. Les couches inférieures de ce terrain et aussi quelques couches interposées sont vert-grisâtre et très dures. Entre les grès gisent des couches d^argilolites tendres, schisteuses, de teintes grisâtres, et quelques bancs calcaires, la plupart d'épaisseur considérable ; les derniers sont assez souvent devenus cristallins, et ne présentent alors aucune trace de pétrifications; néanmoins, on a rencontré en certains points quelques fossiles dans le calcaire gris sombre, principalement dans la rivière Batou gantoung. On peut voir distinctement que les schistes alternent avec les grès, entre autres sur la route d'Ambon à Soja di atas. Après avoir passé le granité, la route s'étend d'abord pendant 70 m. sur du grès, puis pendant 50 m. sur des schistes argileux et des argilolites tendres, très fissiles ; ensuite de nouveau sur du grès pendant 85 m.; et puis le tout se recouvre de matériaux quaternaires incohérents. I^e plus haut point de la route où Ton puisse encore apercevoir les couches est à plus
de 100 m. d'altitude; ces couches se rattachent aux couches degrés de la Tomo këtjil.
On trouve des argilolites tendres, très finesjaunes et rouges (n°. 84) sur la route de Routoung à Ambon, après avoir passé la péridotite, près la petite cime de 303 m. d'altitude; plus loin à l'ouest, dans le même sentier, dans la vallée de la Waï Jouwa, le grès a été creusé jusque dans la roche sous-jacente et l'on voit apparaître des péridotites et des serpentines très modifiées, notamment une roche chloriteuse tendre, verte (n**. 85), et une roche de serpentine et de muscovite (n*. 85a), qui ont déjà été décrites plus haut. Plus à l'ouest encore, jusqu'à la péridotite de la Waï lia, viennent des grès communs (n^. 86). Enfin, les gros blocs de brèche de serpentine (n°. 205) de la Waï Warsia, au sentier de Halong à Routoung, font probablement aussi partie des couches inférieures du terrain gréseux.
Position, La direction et l'inclinaison des couches fait voir que ce terrain a été fortement troublé et qu'il a été contourné suivant un grand nombre de plis synclinaux et anticlinaux.
A partir de l'extrémité occidentale, on trouve en premier lieu, à la première montée sur le terrain quaternaire, derrière la maison de la résidence, sur le sentier d' Ambon à Kousou kousou sëreh, un peu de schistes grisâtres, dont la direction est de 30°, Tinclinaison de 50** au nord-ouest. Aux couches dans la Batou gantoung, la direction ne peut d'abord être nettement établie; et il en est de même pour la couche de calcaire (n". 219) de 8 m. au moins d'épaisseur, interposée dans les grès en amont du Batou Sëmbajang, à la grande sinuosité de la rivière; mais plus en amont il y a entre les grès une couche de calcaire (n^ 220) de 8 m. d'épaisseur, dont D = 30°, I = 70° au sudest. On a donc afi*aire ici à un pli anticlinal,' dont le flanc septentrional, près de la maison de la résidence, incline au nord-ouest, le flanc méridional, au sud-est. La distance horizontale entre les deux points où apparaît cette couche épaisse, mesurée perpendiculairement à la direction de la couche, est de 900 m. Si ces deux couches calcaires appartiennent à une seule et même couche d'un simple pli, l'épaisseur de la partie inférieure de ce terrain, jusqu'à la couche de calcaire, est, pour une inclinaison moyenne des couches de GO"*, égale à V, X 900 X sin. 60^ ou 390 m. Cependant Tépaisseur totale du terrain
est considérablement plus grande, parce que très probablement les couches inférieures du pli, au niveau de la rivière Batou gantoung, ne sont pas les couches les plus basses de tout le terrain, et qu'au dessus du calcaire il y a encore des couches de grès- et d'argilolite.
Si Pou prolonge la ligne de direction vers le nord, depuis le point
où le calcaire supérieur (n^ 220), nommé plus haut, apparaît dans
la rivière Batou gantoung, cette ligne coupe la rivière Batou gadjah
précisément au seul point où l'on voit du calcaire (n°. 222) dans
cette rivière, de sorte qu'on a indubitablement affaire ici à la môme
couche de calcaire. En amont de ce point, on ne trouve bientôt plus
de grès dans la Batou gadjah, mais uniquement de gros blocs de
granité, ce qu'il faut attribuer à une faille qui existe en cet endroit.
En eliet, les couches qui sont à nu dans la petite rivière Tomo këtjil
ont une tout autre direction que celles de ci-dessus; cette direction
varie de 140"* à 170®, et l'inclinaison est de 20° au nord-est. La dénuda-
tion sur le sentier voisin d'Ambon à Soja di atas ne permet aucune
mesure précise, car les couches y sont fortement contournées ; aux grès,
j'ai mesuré D=140**, Iz=2o*' au nord-e.st; mais aux argilolites
et aux schistes j'ai trouvé pour inclinaison 15**, 20°, 30°, surtout
40^ et même 70°. La faille qui existe apparemment entre les rivières
Batou gadjah et Tomo kétjil, côtoie probablement de très près ces
couches coniprimoes du sentier de Soja di atas. Au nord-est de cette
faille, le granité semble se trouver plus haut ({u'au sud-ouest de la
faille, ainsi qu'elle est dessint'e sur la feuille 5 de la carte n®. II;
ce qui explique d'une manière satisfaisante aussi bien la cessation
brus<iue des grès dans la rivière Batou gadjah, près du calcaire, et
l'absence de granité dans le cours inférieur de la môme rivière, que
la présence des très grands blocs de granité au kampong Batou medja,
î\ 300 m. au nord de la maison de la résidence, ainsi qu'il a déjà été
dit lors de la description du granité.
Dans la rivière principale, la Tomo, ne gisent que de gros blocs de grès; et on ne peut pas davantiige mesurer la direction aux couches du kampong Batou merah. Par contre, dans la Waï Hoka, cours supérieur de la rivière Batou merah, les couches apparaissent distinctement et y forment un pli anticlinal aigu dont D = 50° et I ^ 80° au nord-ouest, au flanc nord et 50° au sud-est au flanc sud. A
l'est de ce point, la route de Routoung s'étend sur un plateau quaternaire jusqu'à la Wàï lia. le principal affluent supérieur de la Waï Rouhou, qui se jette dans la baie Intérieure pn»s de Gëlala; ensuite on monte en pente raide sur de la péridotite et à 250 m. d'altitude viennent de nouveau des grès (n''. 86) dont D =i 150** environ, mais dont l'inclinaison n'est pas distincte, parce que la dénudation est fort limitée. Aux argilolites tendres (n". 84) à la cime de 303 m. d'altitude, on ne peut mesurer la direction. Viennent ensuite des grès avec une couche calcaire interposée, déjà trouvée par Martin (37, p. 69). Je n'ai pu en déterminer la direction. A la descente abrupte vers Routoung, j'ai mesuré aux grès (n^ 82), D = 140**, 1 = 30° au sud-ouest; on arrive alors, à l'extrémité supérieure d'une terrasse, à une couche de calcaire gris clair, un peu schisteuse (n*. 82a), de 124 m. d'altitude, épaisse de Vj ni., qui repose sur les grès et fait partie d'im terrain beaucoup plus jeune; puis, à des schistes argileux, bleus et gris, dont D = 168°, I = 74° à l'est et D = 170% I = 80° à l'est; enfin, encore à des grès jusqu'à Routoung. On voit qu'ici encore les couches forment un ou plusieurs plis aigus, synclinaux et anticlinaux.
Bien qu'on ait levé la ligne de faîte depuis le mont Hounitou jusqu'à l'Ehout, en passant par le Tjolobaï, ainsi que le sentier qui de Routoung se dirige au nord vers le mont Api angous, en traversant les rivières Tané, Djërëmehou et Warsia, on n'a pu, presque nulle part, déterminer exactement la position des couches. Dans la Djërëmehou on pouvait voir des couches d'un grès dur, vert, en bancs épais sensiblement horizontaux, avec une légère inclinaison vers l'est ou le nord-est. Dans la Warsia on trouve, en aval du gué du sentier de Routoung à l'Api angous, les blocs de brèche de serpentine (n*. 205) déjà cités ci-dessus, et la diabase (n**. 204a) y existe à l'état de roche massive. Mais en amont de ce passage on trouve des grès pyritifores très durs, gris-bleuâtre, en couches nettes, formant des bancs épais, dont D := 120°, I = ± 50° au nord-est. Ces couches appartiennent sans aucun doute à la partie inférieure du terrain, et il en est probablement de même des brèches de serpentine de la Warsia.
Comme le sentier qui conduit de ce point jusqu'au sommet de
TApi angous s'étend dans une direction sud-ouest, donc sensiblement perpendiculaire à celle des couches dont nous venons de parler, nous avons non seulement levé ce sentier, mais nous l'avons même exploré avec le plus grand soin, dans l'espoir d'y trouver un profil complet du terrain, depuis les couches les plus basses jusqu'aux plus élevées, et d'en déduire l'épaisseur de ce terrain. Toutefois, je n'ai pu y réussir, car à la montée on ne voit nulle part des couches convenables, mais çà et lil seulement des fragments d'un gros jaune, pas très compacte, dont la direction et l'inclinaison ne sont pas à mesurer et dont on n'est môme pas certain s'il se trouve en concordance ou en discordance sur les couches de la Wursia. Il y a une dififérence sous le rapport pétrographique : les couches inférieures sont très compactes et la plupart de teinte verte; celles situées plus haut sont moins cohérentes et jaunes, ce (jue je crois toutefois pouvoir attribuer uniquement il l'altération, puisqu'on observe la même chose dans les rivières Batou gantoung et Batou gadjah. Ailleurs encore, je ne suis pas arrivé à découvrir des étages différents dans le terrain gréseux; le tout me semble former un ensemble continu, qui. avec les couches calcaires interposées, a été comprimé de manière à former plusieurs plis.
La différence de hauteur entre le point de la Warsia, où l'on peut voir les couches inférieures, et le sommet de l'Api angous s'élève à 220 m.; la distance horizontale de ces points, mesurée perpendiculairement à la direction des couches (120*) et de 860 m. Si l'on admet que les couches se succèdent partout régulièrement, et conservent l'inclinaison de ôO**, leur épaisseur devrait être exprimée par
860 sin. 50*» — 220 cos. 50*» = 517 m.
Et si les couches au sud-ouest de l'Api angous conservent aussi la même direction et la même inclinaison, l'épaisseur de tout le terrain peut même s'élever au double de 517, donc à 1000 m. environ. Mais, je le répète, nous n'avons pu constater ni la succession régulière des couches ni leur inclinaison, et par suite leur épaisseur demeure incertaine. Si p. ex. l'inclinaison moyenne des couches était, non de 50**, mais de 40** seulement, le chiffre 517 se changerait déjà en 384 m.; et l'on arrive î\ de tout autres valeurs encore, lorsqu'on a affaire à des plis anticlinaux et synclinaux. II est donc clair, qu'à
défaut d'un profil complet, on ne saurait indiquer l'épaisseur des couches d'une manière exacte. Comme nous avons trouvé plus haut pour l'épaisseur d'une partie du terrain de la rivière Batou gantoung le chififre de 390 m., on ne peut tenir pour absolument inadmissible celui de 500 m. et même de 1000 m., pour l'épaisseur totale du terrain de l'Api angous.
Au dessus de Routoung, sur la route d'Ambon, gisaient en 1898 quelques morceaux d'un calcaire sombre; je ne les ai plus retrouvés en 1904, et il m'a été communiqué que dans le temps on les avait transportés en cet endroit pour combler les creux de la route, fortement entamée par les eaux. Ils étaient probablement originaires de la couche calcaire qui apparaît plus haut dans la montagne et dont il a déjà été question ci-dessus. Du moins, je ne connais pas d'autre point où il existe du calcaire dans la chaîne de Routoung.
Age du terrain. L'âge exact de ce terrain de grès et de schiste argileux n'a pas encore pu être déterminé, par suite du manque de pétrifications nettes. Celles-ci ne se montrent que dans les bancs de calcaire interposés, lesquels sont assez souvent complètement cristallins et ne présentent plus dès lors aucune trace de fossiles, comme cela a lieu, entre autres, dans la rivière Batou gadjah.
Le calcaire sombre (n®. 219) de la couche dans la rivière Batoù gantoung, dénudé un peu en amont du Batou Sëmbajang, et dont quelques gros blocs gisent aussi plus bas dans le lit de la rivière, est jusqu'ici le seul qui ait fourni des cocjuilles assez bien conservées, dont quelques-unes ont été examinées, pour la première fois, par le Baron A. VON Reinach à Francfort sur le Main. D'après ce savant, les pétrifications ressemblent à celles du calcaire de Hallstàdt (trias des Alpes), quelques-unes même à des fossiles du Rothliegendes (grès rouge du dyas) ; mais il cause de la rareté et de la mauvaise conservation des matériaux, il n'a pu émettre aucun jugement sur leur âge exact. Plus tard, on a trouvé encore d'autres pétrifications qui ont été envoyées au Prof Martin à Leyde. Dans un compte rendu de mon mémoire n°. 42 (Over de géologie van Ambon (I)), publié dans leTijdschriftvanhet K. N. Aardrijkskundig Genootschap, XVI, 1899, bdz. 656, Martin dit de ces pétrifications, que pour une détermination précise elles étaient dans uû état de conservation tout à fait insuffisant ; mais qu'au point
de vue pëtrographique, la roche ressemble fort à du calcaire carbonifère, entre autres à celui de Visé et de Ratingen, ainsi qu'il l'avait déjà dit dans son mémoire n°. 97 (p. 69).
Depuis cette époque, conformément au désir exprimé par le Prof. G. BoEHM à Fribourg en Brisgau et par moi-même, on a recueilli, par pétardement, une grande quantité d'échantillons de ces deux couches de calcaire dans la rivière Batou gantoung, avec le concours et l'aide si appréciés du capitaine du génie F. W. P. Clignett à Ambon. Néanmoins la récolte utile en fossiles a été fort maigre. Le Prof. BoEHM, qui a examiné ces fossiles, a eu l'obligeance de me faire à ce sujet la communication suivante.
Ueber Braohiopoden aus einem ftlteren Kalkstein der
Insel Ambon.
Von Professor Dr. G. Boehm.
Im Jahre 1904 verôffentlichte ich — Palaeontographica, Supplément IV — den ersten Abschnitt der ersten Abtheilung meiner «Beitràge zur Géologie von Niederlàndisch Indien». In der «Allgemeinen Einleitung» ist dort erwâhnt, dass Herr Dr. R. D. M. Vbrbebk mir in seinem gastfreien Hause in Buitenzorg verschiedene Fossilien aus den Molukken vorlegte ; darunter befanden sich auch einige aus dem Batu gantung Taie auf Ambon. Sie waren 1898 von Verbeek aus einem losen Block gesammelt, steckten in einem dunklen, unreinen Kalkstein, der in der Sammlung Verbeek die Gesteinsnummer 219 trug, waren aber so mangelhaft erhalten, dass jede nâhere Bestimmung unmôglich erschien. Jetzt kann ich sagen, dass das eine Fossil sicher zu Rhynchopora malayana gehôrt, einer neuen Art, die spâter behandelt werden wird. Femer legte mir Herr Verbeek Kalkstiicke vor, die ziemlich weit flussaufwârts im Batu gantung Taie einer zwischen Sandsteinen anstehenden Kalkbank entnommen waren. Sie trugen die Nummer 220 und enthielten Fossibeste, die zur Zeit ebenfalls fîir mich unbestimmbar waren. Jetzt kann ich sagen, dass Rhynchopora ambonerms vorliegt, auch eine neue Art, die spîiter behandelt werden soll.
Bei meinem wiederholten Aufenthalte in Ambon habe ich mich
vergeblich bemûht, im Bâta gantung Taie anstehende Kalkbânke zu finden. Dagegen sticss ich daselbstauf einengrossenBlockschwarzgrauen Kalkes, der zahlreiche Durchschnitte von Fossilieu enthielt. Es war unmôglich, mit Hammer und Meissel Stûcke abzuschlagen und Sprengmittel waren zur Zeit nicht verfûgbar (i). Dagegen teilte mir der Herr Oenie-Kapitan F. W. P. Clignbtt, der damais in Ambon garnisonierte, mit, dass er in naher Zeit solcbe Mittel zur Zerstorung des alten Forts erwarte, alsdann woUe er auch jenen Block fur mich sprengen lassen. Ich verliess bald darauf Ambon, der dortige Naturalienhàndler Rey jedoch, der mich auf der einen Exkursion im Batu gantung Taie begleitet und sich auf meinen Wunsch die liage des Blockea genau gemerkt batte, konnte die Fûhrung ûbernehmen. Einige Zeit nach meiner Ankunft in Freiburg i. Br. trafen denn auch von Rey Gesteinstrûmmer von Ambon ein. Sie stellten einen richtigen Brachiopodenkalk (*) mit zahlreichen Brachiopoden dar, andere Fossilicn waren in dem Gestein nicht vorhanden. Herr Clignett bat dann spâter Herrn Vebbeek und mir je eine Sendung Kalke von Ambon goschickt. Tn der Sendung an Herrn Verbeek fand sich, wenn auch selten, Rhynchopora ambonensia und ferner ein kohliger Stengelabdruck. Der Kalk ist wiederum sehr unrein, unter anderem mit vielen Glimmerblâttchen.
Im Jahre 1904 kam Herr Verbeek erneut nach Ambon. Er besuchte, und zwar in Gesellscbaft des Herrn Clignett, noch einmal das Batu gantung Tal und stellte hierbei fest: 1. Dass seine eingangs erwàhnten Handstûcke N". 219 des Jahres 1898 von dem Blocke stammten, den Herr Clignett spiiter fur mich sprengen liess und dcssen Bruchstûcke mir Rey zugeschickt bat. 2. Dass die erwàhnten Sendungen Clignetts an ihn und mich aus einem Kalk stammten, der etwas oberhalb jenes losen Kalkblocks ansteht.
Herr Verbeek besuchte damais auch, mit Herrn Clignett, die weiter flussaufwàrts anstehende Kalkschicht, von der er mir Proben mit Rhynchopora ambonensis schon 1900 in Buitenzorg vorgelegt batte. Auch von dieser liess Herr Clignett, der Bitte Verbeeks fol-
Ci) Vergl. Zeitschrift d.d. f^eol. Gesellschaft, Banrl 5i, 1002, S. T^.
(S) Vergl. Comptes rendus du IX Congrès géoi, internat, Vienne, 1903, p. 4.
gend, sarameln; das Materîal cnthielt nur unbestimmbare Spuren von Fossilien.
Es ist nach den obigen Mittheilungen nicht zu zweifebi, dass aile in Rede stehenden Kalke zusammen gehôren. Dies um so weniger, als nach Angabe des Herm Verbêek die petrographische Beschaffenheît der betreifenden Kalke ziemlich die gleiche ist; nur enthâlt N*. 220 ein wenig Granitgrues, hauptsâchlich Quarzscherben.
Eine eingehende Darstellung der Brachiopoden von Ambon werde ich demnâchst an anderer Stelle geben. Hier beechrânke ich raich, dem Wunsche des Herm Verbeek folgend, aiif eine kurze Beschreibung. Bevor ich jedoch dazu ûbergehe, ist es aiich mir eine angenehme Pflicht, Herrn Genie-Kapitiin F. W. P. CLiaNETT fiir seine unermûdliche Liebenswûrdigkeit herzlich zu danken.
Spiriferina, d'Orbigny.
Zur Gattung Spiriferina stelle ich im Nachfolgenden 3 Arten, die sich nach ihrer Skulptur leicht unterscheiden lassen. Da das Material es mir nicht ermôglichte, Beobachtungen ûber den inneren Bau anzustellen, so bleibt die Gtittungsbestimmung, besonders bei Spiriferina malayana, zweifelhaft.