‹ Description géologique de l'île d'AmbonChapitre 39 sur 62 · II. Olabase · texte numérisé non relu

II. Olabase

Alors ({u'à Hitou la diabase vient au jour en plusieurs points, l'affleurement de cette roche est bien moins fréquent à Leitimor, ce qui doit être attribué aux roches plus récentes qui la recouvrent; de sorte que la diabase apparaît seulement en ces points-là où les roches sus-jacentes ont été enlevées par érosion. On n'en connaît l'affleurement qu'en deux points de Leitimor.

Nos. 204 et 204a. De Halong et Këlapa douwa, à la baie Intérieure, des sentiers mènent vers l'Api angous, une montagne de grès de 309 m. d'altitude; et d'ici on descend en pente rapide dans une direction est-nord-est vers un affluent supérieur de la rivière Jori, la Wàï Warsia. En cet endroit, appelé Amakirouang, nous avons construit un refuge de nuit pendant nos opérations de relèvement. Dans la vallée de cette rivière, en aval (à l'est) du gué, on peut voir affleurer de la diabase; à côté on voit des fragments roulés de grès et de péridotite. Aux versants de la vallée, la diabase est bientôt recouverte par du grès, et c'est évidemment par l'érosion de ce grès qu'elle est devenue visible, de sorte que la diabase est la roche la plus ancienne. En échantillons, cette diabase (nos. 204 et 204a) est gris-verdâtre terne et d'un grain très fin, de sorte qu'à la lou])e on ne peut voir que des feldspaths blancs. Au microscope, le n°. 204 est un mélange microcriatallin de plagioclase trouble, en cristaux longs et étroits, entre lesquels sont enclavés les autres éléments (texture ophitique); du quartz à inclusions liquides, en partie en cristaux avec des contours hexagonaux nets, donc primaires sans aucun doute, mais aussi en grains provenant en grande partie d'augite; de l'augite brun clair, presque sans pléochroïsme, et

en majeure partie transformée en chlorite, en quartz et en calcaire apathique; du minerai de fer titane et de la titanite. Diabaae ou diabase quartzifire.

N°. 202. On s'aperçoit que la même roche doit encore être cachée sous le grès plus au nord, aux nombreux fragments roulés dans le cours supérieur de la rivière Rikan, qui prend sa source à l'Api angous et a son embouchure près de Lateri. Toutefois on n'a pas trouvé d'affleurements de la roche en cet endroit. La diabase (n°. 202) est en échantillons tout à fait identique à la roche précédente, seulement elle est d'un vert grisâtre un peu plus clair. Au microscope, elle donne assez bien la même image; seulement on y aperçoit moins de restants d'augite inaltérée; la majeure partie est décomposée en chlorite et calcaire spathique. Ensuite, des plagioclases longs, étroits et ternes, du quartz, de l'ilménite avec leucoxène, et de la titanite. Diabase ou diabase quartzifères.

N®. 195. Le deuxième endroit, où la diabase existe à l'état de roche fernae à Leitimor, est situé au nord de Houtoumouri, sur le sentier qui mène à Halérou, dans la vallée de la rivière Sërmeti, qui se jette dans la mer, sous le nom d'Ajer bësar, à l'est de Houtoumouri. Ici la diabase n'est pas immédiatement recouverte par le grès, bien que celui-ci affleure dans le voisinage, mais par des matériaux quaternaires meubles. La roche (n". 196) est en échantillons vertgrisâtre terne et finement grenue; â la loupe, on peut voir des feldspaths blancs et des particules vert sombre. Au microscope, on voit (jue la roche est profondément décomposée. Du quartz en grains irrégulièrement délimités, à inclusions liquides ; du plagioclase trouble ; de l'augite, totalement transformée en chlorite et calcaire spathique ; de l'ilménite lessivée et devenue spongieuse, en majeure partie transformée en leucoxène blanc-jaunâtre. Diabase ou diabase quartzifère.

N°. 100. Bloc roulé terne, vert-grisâtre, d'un grain fin et très dur, d'un terrain (juate maire meuble, sur le sentier de Latou halat à Silali, dans la partie occidentale de Leitimor. En échantillons, la roche ressemble parfaitement au n". 204 de la Waï Warsia, mais elle n'a pas été trouvée comme roche massive. Au microscope, un mélange cristallin de plagioclase et de hornblende vert clair. Les plagioclases, en rectangles courts, sont encore très frais, et présentent

de grands angles d'extinction, qui indiquent une espèce de feldspath très basique. La hornblende n'est primaire nulle part, mais elle doit être interprêtée, vu sa structure en tiges et fibres, comme de l'ouralite issue d'augite. Il n'existe plus de matière augitique inaltérée. Quelques cristaux très volumineux, qui ont été probablement d'abord de l'augite, consistent maintenant sur les bords en ouralite, qui présente un commencement de transformation en chlorite; le centre est changé en calcaire spathique trouble, dans lequel sont enfermée des grains cristallins d'un vert très clair qui appartiennent à l'épidote, sauf ceux à extinction droite, qui sont probablement de la zoïsite. I^es bâtonnets d'ouralite, qui descendent à des dimensions très faibles, sont d'un vert jaunâtre clair qui passe au brun clair ; aux extrémités et sur les bords, ils sont parfois d'un vert plus sombre qu'au centre, probablement par un commencement de chloritisation. Puis, du minerai spongieux, cà et là avec du leucoxène. Comme produits secondaires, du calcaire spathique et un peu de chlorite. C'est un^ diabase, dans laquelle l'augite est transformée en ouralite; donc, une èpidiabase,

N°. 63. Bloc détaché sur de la serpentine, entre Ambon et Amahousou, près de la petite rivière Tihamètèn. Il provient probablement de matériaux quaternaires qui recouvrent çà et là la serpentine. Nulle part on n'a trouvé de diabase massive dans les alentours. En échantillons, c'est de nouveau une roche à grain fin, vert-grisâtre, ressemblant aux diabases décrites ci-dessus. Au microscope, un mélange finement cristallin de plagioclase et d'ouralite, issue d'augite. Ici encore, la matière augitique inaltérée n'existe plus nulle part, pas plus que dans le n°. 100. Puis, de l'ilménite, avec du leucoxène et de petites titanites. Peu de chorite et de calcaire spathique. La roche appartient, comme la précédente, aux ^fndiabasea.

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