Waldheimia ambonensis, n. sp
Drei mir vorliegcnde Stucke dûrften zu Waldheimia gehoren. Mit schon bcschriebenen Arten vermag ich das Vorkommen nicht zu vcrgleichen.
Es liegen ausserdcm noch Reste anderer Brachiopoden vor, die aber zu mangelhaft erhaltcn sind, um ci ne nahere Bestimmung zu ermoglichen. Ferner befindet sich in der Sendung des Herrn Kapitîin CT.TQNETT an Hcrm Verbeek, wie schon eingangs erwâhnt, ein anscheinender Pflanzenrest.
Wenn man versucht, auf Grund der obengenannten Brachiopoden einen Schluss auf das genauc Alter der sie umschlicssenden Kalko zu zielien, so stôsst man auf unûberwindliche Schwierigkeiten. Die Arten acheinen mir aile neu zu sein, sind aiso zur engen Horizontierung nicht ohne wciteres verwendbar. Aber auch die Gattungen fûhren zu keinem befriedigendcn Ergebnis. Spiriferina reicht nach ZiTTELS Grundzûgen der Paliiontologie (1903) vom Karbon bis zum Lias, Athyris vom Silur bis zur Trias, Waldheimia vom Silur bis in die Jetztzeit. Die Grappe Dielasma giebt Zittel 1. c. S. 269 von
Devon bis Perm an, doch reicht aie bis in die obère Trias. Es bleibt deshalb nur Rhynchopora. Dièse Gattung ist nun allerdings meines Wissens bisher nur im obem Karbon und in der Dyas bekannt, und sie ist um so wichtiger, als hier die Gattungsbestimmung nicht zweifelhaft ist. Aber es muss nachdrùcklich erwâhnt werden, dass das entscheidende Merkmal von Rhynchopora, nàmlich die punktierte Schale, leicht ûbersehen werden kann. Ks ist deshalb sehr wohl môglich, dass die in Frage stehende Gattung auch noch ins Mesozoikum hinaufreicht. Immerhin bin ich, wenn auch mit aller Reserve, geneigt, den Brachiopodenkalken der Insel Ambon ein jung-paliiozoisches Alter zuzuschreiben, man darf es vielleicht um so cher, als jùngcres Palàozoikum sowohl von Timor als auch von Sumatra bekannt geworden ist. Fur jûnger als Trias wird man unscre Brachiopodenkalke kaum halten kônnen.
Freiburg ijBr., 10 August 1905.
{Gez,) G. BoEiTM.
Conformément A, la détermination du prof. Boeiim, le terrain a été indiqué, sur les cartes n^s. I et \l,con\Tnepaleozaïqu€mpérieur; toutefois avec un point d'interrogation, car cet Age n'est pas encore tout î\ fait fixé, et il se pourrait (juc, par la découverte de nouveaux fossiles, ce terrain fût reconnu comme iriast^iibe.
Composition petrographi^jue des roches.
lia plupart des grès jaune clair sont trop friables pour se laisser tailler en plaques minces; tels sont, entre autres, le n°. 84 au-dessus de Routoung, le n". 86 A, l'ouest de la Waï Jouwa, î\ 250 m. d'altitude, l'un et l'autre sur la route de Routoung à Ambon, et le n*. 188 au sud de Kousou kousou sc^reh, sur la route de Mahija. Ils consistent en grains de quartz dans une pâte d'argile ferrugineuse, et de nombreuses petites paillettes de mica. Certiiins grès contiennent des veines minces de quartz. Il n'est pas douteux que ces grès n'aient été constitués par des débris de granité.
N". 72. Gr^^s gris verdâtre clair, dans la vallée de la Batou gadjah, en dessous du calcaire. Au microscope, des éclats de (juartz avec inclusions de bulles liquides, des feldspaths ternes, de petits morceaux
limpides de plagioclase, quelques sections allongées de muscovite, de petits grains de rutile, du minerai noir spongieux, ainsi que des grains de pyrite dans une pâte argileuse trouble, gris clair, contenant un très grand nombre de petites fibres de mica extrêmement fines. Donc, un gravier de granité. La croûte d^altération est brune. Grès.
N''. 78. Encore un grès de la vallée de la Batou gadjah, en dessous du calcaire, mais plus en amont. En échantillons, il est brun-grisâtre, à petits i)oint8 blancs (particules de kaolin). Au microscope, le grain est un peu plus grossier que celui du n©. 72 ; la roche contient cependent les mêmes éléments, sauf la pyrite. La couleur brune est produite par Phydroxyde de fer. Grh,
N^ 74 (= n\ 222). Calcaire de la vallée de la Batou gadjah, au-dessus des no». 72 et 73. En échantillons, compacte, de teinte gris clair, sans fossiles. Au microscope, la pâte trouble consiste entièrement en très petits grains de calcaire apathique. Elle contient quelques baguettes limpides, aiguilles de spongiaires peut-être, et un tros grand nombre de particules irrégulièrement limitées qui se font remarquer par une teinte un peu plus sombre que la pâte. Elles paraissent appartenir à des foraminifères, mais on n'a pu en déterminer aucune, leur structure n'étant visible nulle part. Calcaire,
N*. 82. Montagne en arrière de Routoung. Ce grès jaune clair ou jaune-verdâtre est très friable. Au microscope, du quartz, du minerai et des grains de pyrite dans une masse argileuse trouble, colorée en brun par de l'hydroxyde de fer. Cette pâte argileuse polarise en fibres, par le présence d'un grand nombre de paillettes de mica excessivement fines. Encore un débris de granité. Grh,
N". 201. Roche gris-verdâtre, assez compacte, à grain fin, en blocs incohérents et aussi à l'état massif dans le cours supérieur de la Waï Rikan, au nord du mont Api angous. La roche est traversée par de minces veines de quartz. Au microscope, des fragments anguleux ou arrondis de quartz, du feldspath trouble (orthoclase), de petits morceaux de plagioclase et de la muscovite incolore; le tout dans une pâte trouble de particules de quartz, de fibres vert clair de mica, de particules troubles d'argile, de grains de titanite, de minerai de fer avec leucoxène et de pyrite. Grès dur.
N»«. 203a et 208. Grès en bancs épais dans la Waï Warsia, en
amont du passage du sentier de Halong à Routoung, par le mont Api angous. Couleur gris-bleuâtre; roche dure, à grain fin. Le n®. 203 sont des fragments roulés àes couches 203a; ils sont gris-verdâtre et durs. En échantillons, et aussi au microscope, ils ressemblent fort au n*. 201. On observe au microscope quelques gros éclats de quartz avec de nombreuses inclusions de bulles liquides, dans une pâte plus fine, consistant en particules de quartz et de mica; ces dernières incolores ou vert clair, avec ilménite, titanite, lcucoxt>ne, pyrite, apatite, quelques zircones, très peu de calcite, ainsi (lue des taches d'hydroxyde de fer. Des particules troubles avec fibres de mica ont été probablement de l'orthoclase. Aussi des plagioclases qui polarisent encore distinctement, toujours à petits angles d'extinction (8® à 10°). Le mica tordu en corde est peut-être de la biotite décolorée; dans un seul éclat de quartz on trouva encore une paillette inaltérée de biotite; mais la plus grande quantité de mica est de la muscovite incolore ou vert clair. Orh^ évidemment un gravier de granité, de porphyre quartzifère et peut-être aussi de diabase quartzifère.
N". 219. Couche inférieure de calcaire dans la rivière Batou gantoung, au-dessus du rocher Batou Sëmbajang, entre des grès; épaisseur 8 m. Ce calcaire grisâtre sombre, compacte, contient quelques coquilles, des brachyopodes (décrits ci-dessus par le Prof. Boehm), dont on peut voir les sections au microscope. Pas de foraminifères reconnaissablés. Du minerai et de Phydroxyde de fer. La roche est en grande partie microcristalline. Calcaire.
N®. 220. Couche supérieure de calcaire dans la rivière Batou gantoung, plus en amont, entre des grès; épaisseur 8 m. En échantillons, grisâtre sombre jusqu'au grisâtre clair, compacte ; çà et là avec veines de calcaire spathique ; parfois brécheuse, par des morceaux de calcaire de teinte claire dans un calcaire plus sombre. Pas de grands fossiles, ni coquilles ni foraminifères. Au microscope, le calcaire brécheux laisse voir des morceaux de calcaire troubles, de teinte claire, microcristalling, gisant dans une pâte sombre. Dans ces morceaux clairs, on peut voir des sections de foraminifères, qu'on ne peut cependant pas déterminer. La pâte sombre consiste aussi essentiellement en calcaire spathique, avec beaucoup de minorai, en grains et en particules spongieuses et en forme de taches, et coloré par un pigment brun sombre, en granules
très petits. Ensuite, un très grand nombre de petits fragments de quartz avec inclusions de bulles liquides et un bord de particules limpides de calcite; peu de feldspath limpide avec de fines stries croisées, probablement de la microcline; des particules troubles sont sans doute en partie de Porthoclase transformée, en partie des morceaux d'un schiste compacte. Pas de foraminifères. C'est donc un calcaire, avec incltmons de débris de granité,
N*. 221. Grès dur, gris-verdâtre, en amont du calcaire n°. 220, interposé dans des grès tendres et des schistes argileux dans la rivière Batou gantoung. Au microscope, il ressemble beaucoup aux nos. 201 et 203a; il est seulement d'un grain un peu plus fin, et il contient beaucoup de pjrrite. Grès dur.
N®. 222 (=: n®. 74). Calcaire compacte, grisâtre clair; affleurant dans le lit de la rivière Batou gadjah. Recueilli plus tard que le n*. 74, mais du môme gisement. Des particules rondes de calcaire spathique sont probablement des sections de minces pédicules de crinoïdes. A l'oeil nu, d'ailleurs, on ne peut voir aucun fossile. Au microscoj)e, la roche microcristalline, de teinte claire, est totalement remplie de sections un peu plus sombres de foraminifiTCS et autres fossiles, que l'on ne peut absolument pas déterminer. Calcaire,
W, Roohes éruptiwes réoentes.
Nous arrivons maintenant au grand groupe de roches éruptives, que j'ai déjà réunies en 1899, dans mon mémoire n". 42 (Over de géologie van Ambon I) sous le nom d'«Ambonites'', parce que, bien que fort différentes par le caract<îre pétrographique, elles se font connaître comme des membres d'une même famille, tant par la façon dont elles se présentent, toujours ensemble, que par certîiins éléments caractéristiques; il est donc désirable de se servir pour elles d'un seul nom collectif, afin de ne pas devoir à chaque instant retomber dans des descriptions détaillées lorsqu'on parle de ces roches d'une manière générale. Ceci n'empêche pas cependant que les divers membres de ce groupe peuvent être désignée chacun par une dénomination spéciale, et le seront aussi d'ailleurs ; de sorte que le choix d'un nom collectif n'a nullement pour but ici d'y comprendre des grandeurs inconnues, ainsi que cela se pratique quelquefois.
Age, Dans la détermination de l'âge de ces roches, on rencontre quelques difficultés, parce que les sédiments qui y succèdent immédiatement sont d'âge tertiaire très récent sinon quaternaire.
Dans la montagne au sud d'Amahousou il existe de la péridotite au flanc de la montagne jusqu'à l'altitude de 317 m.; elle est recouverte jusqu'à la ligne de faîte par une roche porphyrique micacée qui appartient à nos Ambonites et qui est donc plus jeune que la péridotite.
Avant mon arrivée à Ambon, je ne doutais pas de l'âge tertiaire de ces roches, non seulement parce qu'elles avaient été décrites par ScHROBDER VAN DER KoLK comme uuc dacitc commune, mais aussi par ce qu'un géologue Indien est fort porté à tenir pour tertiaires toutes les roches éruptives récentes, vu que tel est constamment le cas dans la partie occidentale de l'Archipel Indien.
Mais, aussitôt mon arrivée à Ambon, mon opinion s'est modifiée rapidement; j'ai constaté que le Touna ou Wawani n'était pas un volcan ; et même qu'il n'y avait presque rien à voir d'anciennes ruines volcaniques; j'ai reconnu que les roches éruptives étaient tout autres que les tertiaires, même les plus anciennes de Java et de Sumatra; en échantillons déjà elles sont moins fraîches le plus souvent, et d'ordinaire elles ont des teintes remarquablement pâles, parfois presque blanches, à l'exception des membres basiques de la famille, les mélaphyres, qui sont gris-verdâtre ou vert-grisâtre, parfois presque noirs; mais ces derniers ne ressemblent en rien à nos basaltes tertiaires, qui renferment presque toujours de l'olivine encore inaltérée, tandis que ce minéral n'existe (jue très exceptionnellement sans altération dans les mélaphyres d' Ambon, où il est presque toujours totalement décomposé. C'est seulement dans les croûtes vitreuses de ces roches qu'il existe encore de l'olivine inaltérée et même très fraîche. Ensuite, les Ambonites renferment de gros cristaux de cordiérite bleue et de grenat rouge brun, qui donnent à ces roches un caractère tout particulier, difiérent de tout ce que nous avons pu trouver jusqu'ici dans l'Inde. Par contre, en Europe, ces deux minéraux — le plus souvent en inclusions, provenant de roches plus anciennes, principalement de gneiss à cordiérite, ou formées par la fusion de ces fragments — se présentent également dans les andésites et les dacites, qui sont
rattachées à la période tertiaire, quoique pas toujours avec une certitude absolue. C'est ainsi que parmi les roches du Cabo de Gâta, en Espagne méridionale, une petite partie, la «vérité», est pZua récente çu^ le pliocène; les andésites à pyroxène sont piîocèwe«; mais la plus grande masse, notamment les andésites à hornblende et à mica, ainsi que les dacites, sont plus anciennes que le pliocène; et PAge ne peut être déterminé plus exactement, à défaut de sédiments tertiaires plus anciens. Ce n'est que dans ce dernier groupe (andésites à hornblende et à mica et dacites) qu'il existe des filons de minerai, ce qui indique un Age notablement plus avancé relativement aux autres roches. (A. OsANN. Ueber den geologischen Bau des Cabo de Gâta. Zeitschr. d. d. geol. Gesellsch. XIJII, 1891, S. 342 und 344).
Les roches à cordiérite des Maremmes de la Toscane (Campiglia marittima, Roccastrada, etc.) appartiennent toutefois, d'après Lotti, Dalmer, Matteucci et d'autres encore, à la période tertiaire; il en est de même, selon Koch, de celles de la chaîne de montagnes à la rive droite du Danube, au nord de Buda-Pesth (B. Lotti: Correlazione di giaciatura fra il porfiro quarzifero e la trachite (juarzifera nei dintorni di Campiglia. Atti délia Società Toscana. Vol. Vil. K. Dalmer: Die Quarztrachyte von Campiglia etc. Neues Jahrb f. Min. 1887 II, 8. 206—221. R. V. Mattkucîci: La regione trachytica di Roccastrada (Maremnia toscana). Boll. R. Com. geol. d'Italia 1890 I, p. 237. A. Koch: Geologische BeschafFenheit der am rechten Ufer gelcgenen Hàlfte der Donautrachytgruppe (8t. Andrâ-Visegrader Gebirgsstock) nahe Budapest. Zeitschr. d. d. geol. Gesellsch. XXVIII 1876, S. 293 349).
On a rencontré aussi de la cordiérite dans une andésite de Lipari (A. Bergeat. Cordierit- uiid granatfiihrendcr Andesit von der Insel Lipari. Neues Jahrb. f. Min. 1895 II, S. 148).
L'Age d'une roche à cordiérite (vitrophyrite) de l'Afrique du Sud, décrite par Molengraaff, est inconnu. (N. Jahrb. f. Min. 1894 1, S. 79)
Dans les Indes néerlandaises on ne connaît des rognons de cordiérite qu'au Sapoutan, comme fragments d'Age inconnu inclus dans des produits d'éruptions récentes de ce volcan. i^H. Bùcking. Cordierit von Nord- Cclebes etc. Berichte der Senckenb. naturf. Gesellsch. in Frankfurt am Main 1900, S. 3 — 20). On a aussi trouvé de la cordiérite A certains volcans
du Japon (l'Asama, Plwaté et dans une colline près de Nagano) ; jamais il est vrai dans les coulées de lave mêmes, mais exclusivement dans des blocs blancs projetés par le volcan, à cassure conchoïdale, qui sont donc évidemment aussi des fragments anciens. (B. Kotô. On the géologie Structure of the Malayan Archipelago. Journal of the Collège of Science. Tokyo, XI, 1899, p. 97, note 32).
Dans les roches d'éruption tertiaires et plus récentes de l'ouest de l'Archipel Indien, les roches vitremes sont déjà peu fréquentes, et même les verres hydrofères sont particulièrement rares. Or ce sont précisément ces derniers qui, à Ambon, se rencontrent en très grande quantité parmi nos jeunes roches d'éruption.
Enfin la teneur en bronzite des espèces acides des Ambonites est bien plus grande que dans les andésites tertiaires de l'Inde, au point même qu'il n'est pas rare que l'augitc y manque totalement. C'est seulement dans les mélaphyres d' Ambon que le pyroxène rhombique arrive à l'arrière-plan relativement au pyroxène monoclinique.
Les points que nous venons d'énumérer donnaient aux Ambonites une place tout à fait spéciale parmi les roches éruptives de l'Inde, et rendaient déjà invraisemblable qu'elles pussent appartenir à la période tertiaire, bien qu'on restât toujours dans l'attente de données plus précises relativement à leur âge. C'était donc une heureuse trouvaille, lorsque nous rencontrâmes dans l'ouest de Hitou et à la pointe occidentale de Leitimor des mélaphyres divisés en sphères irrégulières et à croûtes vitreuses; ces dernières se montraient, à l'examen microscopique, parfaitement identiques à une roche vitreuse de la baie de Tjilëtou, dans l'ouest de Java, qui y fait également partie des roches très rares et qui, à la vérité, n'a été trouvée qu'en blocs incohérents roulés dans le lit de la petite rivière Bouwaja, mais provient incontestablement de conglomérats grossiers, affleurant plus haut dans la rivière comme base du terrain éocène (Verbeek et Fennema, Description géologique de Java et Madoura 1896, p. 656). Dans tout le terrain de Tjilëtou, ces conglomérats consistent exclusivement en blocs roulés et en fragments de roches pré-tertiaires, notamment de diabases et de mélaphyres, de calcaires cristallins, probablement crétacés, sans pétrifications, de tuf diabasique vert terne, de quartzites et de quartz blanc de filon. H n'existe pas
d'andésites dans ces conglomérats, et ne sauraient d'ailleurs y exister, car nulle part dans le voisinage on ne trouve de roches éruptives tertiaires; ce n'est qu'en dehors du terrain de Tjilëtou proprement dit, au pied de la paroi du Lingkoung, dans la vallée de la Tji (rivière) Kanté, et plus au nord, près du village Tjiëmas, qu'elles commencent à se montrer, et encore seulement en filons de faibles dimensions. En mai 1901, lors d'un voyage spécial au rocher «Batou nounggoul» (Vkrbkek et Fennema, 1. c. p. 559}, je me suis assuré de nouveau de ce fait, que les andésites font défaut dans ces conglomérats. Comme ce voyage avait un autre but, et que mon temps était fort limité, je ne pus alors, à mon grand regret, visiter la Tji Bouwaja elle même; mais il résulte clairement de ce qui précède, que la roche vitreuse trouvée dans cette petite rivière appartient indubitablement aux diabases et mélaphyres crétacés ; elle aura formé des croûtes autour des masses sphériques irrégulières, fendues radialement, suivant lesquelles se disjoignent les mélaphyres de Tjilëtou, tout comme ceux d'Ambon. Auparavant il me semblait donc plus correct de remplacer, pour ce verre de Tjilëtou, le nom de palagonite par celui de verre mélaphyrique, puisque nous avons afïaire à une roche pré- tertiaire. Il a été décrit par Rosenbusch (Ueber einige vulkanische Gesteine von Java. Berichte der naturf. Geselsch. zu Freiburg in Br. 1872) et i)ar Bkhrkns (Beitriige zur Pétrographie des Indischen Archipels. Verh. d. Kon. Akad. v. Wetenschappen. Amsterdam XX 1880, bdz. 17 — 19, Fig. 6), qui tous les deux, et à tort d'après moi, classent cette roche parmi les verres volcaniques jeunes (tertiaires).
L'analogie, au point de vue du caractère pétrographiciue, des mélaphyres de Java et d'Ambon, avec des croûtes vitreuses rend vraisemblable un seul et même âge pour ces roches excessivement rares; et c'est ainsi que j'en suis arrivé à admettre (jue les Ambonites basiques appartiennent au terrain crétacé.
Les Ambonites acides ne forment, pour autant (jue j'ai pu le constater, aucune transition aux mélaphyres ; mais \\ llitou, ces derniers renferment çà et h\ des cristaux de bronzitc, du (juartz et de lacordiérite, ce qui les met en rapport intime avt*c les autres Ambonites. A Hitou la partie supérieure du mont Kërbau, depuis l'altitude de ± 280 m. jusqu'au sommet (478 m.), consiste en mélaphyre, tandis
que sur le flanc de la montagne, près d'une petite cime avancée de 300 m. d'altitude, se présentent de gros blocs d'une Ambonite acide ; et au pied, à la baie d' Ambon, la même roche est à nu près du hameau Batou Koubour, séparée en plaques épaisses, qui ont une inclinaison vers le sud. Ici le centre de la montagne consiste donc en mélaphyre ; le versant ou le flanc en une roche plus acide; et comme le mélaphyre renferme des cordiérites bleues et du quartz en formes profondément corrodées, (jui peuvent très bien provenir des Ambonites acides, lesquelles sont d'ordinaire riches en ces cristaux, ce fait témoignerait en faveur d'un âge plus récent pour le mélaphyre. Une nouvelle visite à cette montagne, en 1904, m'a toutefois donné la conviction que l'âge relatif ne peut être déterminé ici avec certitude, et que le mélaphyre pourrait y être plus ancien, si les cordiérites en (question provenaient de roches plus anciennes, gneiss ou granité. En d'autres lieux encore, le mélaphyre 2>araîi parfois plus ancien (jue les Ambonites acides, mais il ne m'a pas été possible de reconnaître partout cette mC^me différence d'âge entre ces produits d'éruption divers; je les range donc tous dans la période craiacée.
Mahtin tient cependant un Age tertiaire pour probable. Dans son mémoire 40, p. 721, il dit: «Thatsache ist, dass das eigenthiimliche, durch Cordierit und Granat ausgezeichnete Wawanigestein in Indien ausserhalb Ambon iiberhaupt noch nicht bekannt ist; ich habe es daselbst zuerst gesammelt ; (en 1828 déjà 8. Muller recueillit ces roches à Ambon, donc plus d'un demi siècle avant Martin, et Leonhard les détermina comme roches «trachy tiques» à pâte gris-clair, où gisent des cristaux de tourmaline })leue (il faudrait cordiérite, V.) de feldspath et de mica; voir au chapitre •Bibliographie- la relation du mémoire n". 9) ; in Europa rechnet man analoge Vorkommnisse aber zu den Quarzandesiten».
Là où il s'agit de déterminer Tâgc de roches éruptives d'après leur analogie avec d'autres, il est incontestablement préférable de commencer par les îles voisines; c'est ainsi que j'ai procédé pour le mélaphyre â croûte vitreuse, par ce (juc dans le terrain de Tjilétou, dans l'ouest de Java, il appartient indubitiiblement au "groupe des diabases crétacées; cela a du moins plus de valeur, que de les comparer uniquement â des roches d'Europe. C'est pourquoi Martin a
cherché à démontrer, que l'âge de mes mélaphyres n'a rien de commun avec celui des Ambonites acides, c -à-d. de ses dacites. Dans le mémoire n". 40, p. 721 , nous trouvons : <er Cc.-à-d. Verbeek) identificirt dasselbe (savoir le mélaphyre du cap Nousaniwi, V.) mit einem fur cretaceïsch angesehenen Eruptivgesteine von Java. Aber wenn auch, wie ich vorlàufig annehmen will, nicht der geringste Zweifel ûber das cretaceïsche Alter des Gesteins vom Kap Nusaniwi bestehen soUtc, so ist das Wawanigestein dainit noch nicht l)estimnit(') ; denn ersteres stellt unter den Eruptivgcsteinen von Ambon einen ganz besonderen Typusdar».
Cependant, dans mon mémoire n". 42, p. 18, j'ai déjà fait ressortir clairement, (jue les mélaphyres sont étroitement liés aux membres acides de ce groupe, par la présence de bronzite et de cordiérite, et aussi par Thabitus le plus souvent frais des feldspaths et d'autres éléments encore. La différence d'Age, qui existe aussi d'après moi, ne peut donc en aucun cas aller si loin que les premiers seraient crétacés et les autres tertiaires.
Quelques lignes plus loin (1. c. pp. 721 et 722), Martin veut encore démontrer, par la sitication des roches, (qu'elles ne sauraient être crétacées; et cela, parce que les roches éruptives riches en verre, qui se sont formées en grande partie sous la mer, ne sont recouvertes nulle part par des sédiments crétacés et vieux-tertiaires, mais seulement par des calcaires coralliens quaternaires, ou tout au plus tertiaires très jeunes. Il en conclut «dass die Entstchung des Wawanigesteins nicht weiter als in die altère Tertiairzeit zuriickreichen kan».
C'est bien là l'argument le plus faible que Martin pût invoquer; car, s'il avait poursuivi son raisonnement d'une manière logique, il aurait dû arriver à la conclusion, que les Ambonites appartiennent à l'époque pliocène ou à la période quaternaire, parce que non seulement les sédiments crétacés et tertiaires anciens, mais encore les sédiments miocènes anciens, moyens et récents mancjuent comme base des calcaires coralliens! Il faut donc refuser à cette preuve (soi-disant ) toute importance, car la situation sous du calcaire corallien récent et l'absence de sédiments eocèncs et crétacés ne nous a})prend absolument rien sur l'âge des roches éruptives d' Ambon.
(1) 11 aura voulu dire: „80 ist das Alter des Wawanigesteins damit noch nicht bestimmt.
Dans un mémoire postérieur (n°. 47) «Reisen in den Molukken, Geologischer Theil. 2^ Lief., Seran und Buano», il revient encore une fois sur les roches d'Ambonet leur ancienneté dans un «Nachtrag zu Ambon und den Oliassern»; et il nous sert encore une fois l'ancien argument des -Lagerungsverhâltnisse» (rapports de situation) (jui, comme je viens de le dire, n'a aucune valeur; il y ajoute, ({u'un tuf îl radiolaires de Nousalaut, tertiaire probal>lement, contient des micro-organismes qui sont les mêmes que ceux d'un calcaire tertiaire de Hitou; il appelle cela une preuve paléontologi(iue de l'âge tertiaire des roches éruptives, ce qu'elle n'est pas plus évidemment que la couverture de calcaire corallien jeune dont j'ai parlé ci-dessus. De plus la détermination de l'âge d'un calcaire, principalement d'après les radiolaires ou les piquants de spongiaires, est très problématique. Enfin, il donne la description microscopiciue de deux roches et d'un tuf d'Ambon et de Saparoua, que F. von Wolpp classe dans les andésites (luartzif^res et les dacites, et de nouveau Martin en tire un argument en faveur de l'âge tertiaire des Ambonites. Mais tout pétrographe sait que la détermination de l'âge de roches éruptives, et surtout la distinction entre les crétacées et les tertiaires anciennes, est totalement impossible en se basant uniquement sur le caractère pétrographique, et ne peut se faire exclusivement que par leur relation avec des couches sédimentaires d'une ancienneté connue. Aucun des pétrographes cités par Maktin ne songera donc à fixer V âge de ces roches de l'Inde, uni<iuement par l'analogie que présentent quelquesunes d'entre elles avec les dacites tertiaires de l'P^urope. I^a ressemblance des mélaphyres d'Ambon avec des roches éruptives crétacées de Java, et les rapports de ces mélaphyres avec les Ambonites acides, ont pour moi plus de valeur (jue leur ressemblance avec les dacites d'Europe.
Bien que la preuve concluante de cet âge ne puisse être fournie pour le moment, je considère donc un âge crétacé comme le plus probable pour les Ambonites; et c'est pour ce motif qu'antérieurement, conformément à cette manière de voir, je les ai désignées sous le nom ancien de «porphyrites»* et non sous la dénomination plus récente d'« andésites-» et de -dacites». Dorénavant, je les appellerai •andésites» etc., parce (juc les Ambonites acides, relativement jeunes, se rapprochent pour l'âge et l'habitus des roches tertiaires, ce qui est
naturel et ce que j'ai déjà fait remarquer moi-même dans mon mémoire n". 42, p. 19; et encore, parce que le nom de -porphyrite» pourrait éveiller, chez ceux qui tiennent encore beaucoup aux noms, l'idée d'une roche très ancienne. Mais cette dénomination à été choisie dans cette idée que, d'après moi, on a affaire à des «méso-andésites», des «méso-liparites» et des «méso-dacites» (voir p. 42). Quant aux membres basiques des Ambonites, je continue h les désigner sous leur ancien nom, tout d'abord parce qu'ils n'offrent pas beaucoup d'analogie avec nos basaltes tertiaires; d'autre part, î\ Java, je lésai déjà décrits comme mélaphyres, de sorte que je me servirais autrement de deux noms différents pour une seule et même roche. Moimême, je n'attribue plus à ces noms aucune signification spéciale d'âge et, ainsi que je l'ai déjà fait observer plus haut (p. 41), ce serait une simplification heureuse, si on comprenait sous un seul nom les roches correspondantes anciennes et récentes. 11 est en effet de plus en plus évident, que des roches à habitus ancien se présentent jusque dans le tertiaire et c^ue des roches à caractî're récent apparaissent déjà dans la période crétacée. C'est ainsi que les roches éruptives de la chaîne du Plessur, en Suisse, sont décrites tout bonnement comme des diabases par Bodmer-Beder, bien qu'il les rattache à la période éocène. (11 est néanmoins possible, d'après moi, (jue ces roches soient encore crétacées; voir ci-dessus p. 57). A Java, on connaît des roches d'éruption, en couches alternantes avec des sédiments eocènes à nummulites, (jui ressemblent parfaitement à de la diabase et à de la diorite; pour faire ressortir leur âge tertiaire, je les ai désignées sous le nom «d'andésites» mais en y ajoutant «à habitus ancien» (Verbeek et Fennkma. Description géologique de Java et Madoura, pp. 948 à 952). Par contre, dans l'Inde Britannique, on trouve des roches à caractère de jeune basalte, dont la partie la plus ancienne a])partient probablement au terrain crétacé (Medlicott and BlanI'X)rd, Manual of the Greology of India, 2>»<i édition, 1893, Chapter XI, p. 282). Et nos Ambonites, que nous classons aussi dans le crétacé, ont les unes un caractère ancien, les autres un caractère récent. Il est donc certes désirable de n'attribuer, pour l'ancienneté, aucune signification déterminée aux noms des roches érui)tives, pas plus qu'à ceux des sédiments (grès, calcaire), et de comprendre sous la même
dénomination les produits d'éruption correspondants, d'âges divers, ainsi que cela est déjà fait pour le granité, la péridotite et la serpentine.
Les Ambonites comprennent des roches de composition très diverse ; ce sont pour la plupart des roches porphyriques, à pâte fine, dans laquelle gisent de gros cristaux, ce qu'on nomme des cristaux porphyriques. Cette pâte est parfois lithoïde, microcristalline, mais souvent riche en verre.
On peut y distinguer les groupes suivants:
Andésite à bronziie et andésite à quartz et bronzite. Du plagioclase, de la bronzite et dans la dernière roche aussi du quartz, dans une masse fondamentale le plus souvent de teinte claire. Il y existe souvent de la cordiérite bleue et du grenat rouge-brunâtre; parfois aussi un peu de biotite.
And(f8ite à mica et andésite à quartz et mica. Du plagioclase, de la biotite, de la bronzite, dans la dernière roche aussi du quartz, dans une pâte le plus souvent de teinte claire. Souvent de la cordiérite et du grenat.
Andésite à hornble^ide et andésite à quartz et hornblende. Du plagioclase, de la bronzite et de la hornblende dans une pâte ; parfois aussi de la biotite et du quartz.
Les deux derniers groupes sont, à proprement parler, des andésites à bronzite avec une notable teneur en mica ou en amphibole. Dans les roches du second groupe, la bronzite diminue parfois, mais pas toujours. La teneur en hornblende est rarement très forte. Les trois groupes forment des transitions nombreuses l'un dans l'autre et ils sont étroitement liés.
Liparite (dacite) à caractère de porphyre quartzifh'e. Du (juartz, de la sanidine, du plagioclase, dans une pâte de teinte claire. La biotite et la bronzite sont d'ordinaire peu importantes. Cette roche se rencontre rarement.
Roches vitreiises. T^a masse fondamentale des roches quartzifî^res nommées plus haut est souvent fort riche en verre, et il se forme ainsi des roches riches en verre et mcme des verres parfaits, (|ui renferment bien de nombreux microlithes, mais peu de cristaux porphyriques. Ds forment souvent des brèches compactes.
Mélaphyrôy partiellement avec croates vitreuses. Du plagioclase, de Paugite, de la bronzite, de Polivine, dans une pAte; parfois aussi de la cordiérite et du quartz.
On peut les réunir dans le schéma suivant: