‹ Description géologique de l'île d'AmbonChapitre 47 sur 62 · A M BONITE S · texte numérisé non relu

A M BONITE S

Basiques.

D'acidité moyenne.

Acides.

Andésite à bronzite

Mélaphyre (et verre)

Andésite à Andésite

-> Andésite à quartz et bronzite.

Roches vitreuses des diverses andésites H

quartz.

hornblende, à biotite.

Andésite Andésite

il quartz et :\(iuartz

hornblende, et biotite.

Liparite (dacite) à caract<>re de porphyre quartzifère.

Sur nos cartes no«. 1 et II, on peut voir comment sont distribuées les Ambonites î\ Ijcitimor.

1. Un grand terrain existe dans la partie orientale de la presqu'île, au sud du hameau Halérou; le 6. Maout (384 m.) en fait partie. Il s'étend au nord jusqu'à la VVaï Jori et au sud jus(iu'î\ proximité du mont gréseux Ehout. 2. Sur le rivage de la baie Intérieure, vis-î\-vis du cap Martafons, a 1 Vi km. à l'ouest de Halong, sur la route de Hatiwi

këtjil,' sont à nu des brèches grossières, sous lesquelles la roche ferme est à découvert sur une faible étendue. 3. Un vaste terrain se trouve sur de la péridotite au sud d'Amahousou et se prolonge jusqu'à la côte du sud, près de la baie de Seri. Sur la ligne de partage des eaux, la roche est fort altérée et friable. 4. Le dernier domaine se rencontre à la pointe ouest de Leitimor, près du cap Nousaniwi, et un peu plus au nord-est, à la côte; ici apparaît la variété basique, le mélaphyre.

Nous allons décrire ces diverses roches, non d'après les terrains, mais suivant les variétés pétrographiques.

a. Liparite, à caractère de porphyre quarUifhre,

Ce qu'il y a de caractéristique dans ce groupe, c'est que les éléments sombres y sont très faiblement représentés. H n'y a que peu de roches qui y appartiennent.

N". 191. Sur la feuille 3 de la carte n°. II, on peut voir qu'au nord de Routoung, sur la ligne de partage des eaux entre les côtes sud et est de Leitimor, la limite du grès et des Ambonites se trouve entre les cimes Ehont et Kamala houhoung. A 140 m. environ au nord de ce petit sommet, on arrive au cours supérieur de la Waï Polang, un affluent de la Waï Tané. Si de la ligne de partage on descend d'un peu moins de 20 m. (jusqu'à 180 m. d'altitude environ), on trouve dans le lit de la Waï Polang, sur une étendue considérable, un affleurement d'une roche éruptive ferme (n®. 191), qui en échantillons rappelle fort un porphyre quartzifère ancien. Elle est gris-clair, présente une pâte serrée, ressemblant à du (juartzite, dans laquelle apparaissent porphyriquement des cristaux de quartz et quelques paillettes sombres de biotite; elle est fort dure. Cette roche est séparée en bancs épais, qui n'offrent qu'une faible inclinaison. Au microscope, on observe du (juartz, en partie sous forme de beaux dihexaèdres, sans inclusions liquides, mais à inclusions de particules de verre avec bulle adhérente. On a trouvé aussi dans un grain de (juartz un très petit cristal de pyroxène à extinction droite et faible pléochroïsme (bronzite); mais il n'était pas certain si c'était une inclusion dans le (juartz, ou bien un cristal de la pAte, courbe, qui pénétrait le grain de quartz, et qui avait été atteint par la coupe.

Beaucoup de ces grains de quartz présentent un bord de particules de quartz et de feldspath, dont les premières sont orientées de la même manière que le cristal principal et s'éteignent donc (entre niçois croisés) toutes à la fois. Les dernières sont parfois fibreuses. C'est ce qu'on appelle du «quartz auréolé» (voir Rosenbusch, Physiographie der raassigen Gesteine. 18%. S. 684). Du plagioclase, en assez gros cristaux trî'S limpides, parfois à structure zonaire, presque dépourvus d'interpositions. La plupart présentent de petits angles d'extinction (10® environ); des angles supérieurs à 20o de part et d'autre de la ligne de suture n'ont pas été observés. On n'a pas pu y constater de la sanidine. Il s'y trouve de la biotite, en sections brunes, fortement absorbantes, mais en quantité très faible. Ce sont là les seuls cristaux porphyriques. La pA,te renferme d'abord des masses sphéroïdales limpides très nombreuses, souvent avec noyau intérieur limpide radialeraent fibreux, entouré d'un bord jaune trouble, qui est enveloppé à son tour par des particules limpides de quartz. Entre ces particules gisent quelques petites fibres de mica. Le bord jaune trouble, que l'on serait tenté de prendre pour un enchevêtrement très fin de feldspath et de quartz, consiste cependant aussi en quartz ou calcédoine, car, après l'attaque par l'acide fluorhydrique et la coloration par le vert de malachite, tous les sphérolithes restaient complètement limpides. Il est probable ([u'ils ont été secondairement transformés en calcédoine. Le groupement radial des fibres n'est presque jamais régulier, de sorte que la croix noire ne s'observe pas entre niçois croisés. Le plus souvent on observe, ou bien (jue les sphéroïdes s'éteignent simultanément dans des (quadrants ou secteurs opposés, ou bien que l'extinction est tout à fait irrégulirre, par suite d'un groupement des particules dans toutes les directions. Entre ces sphéroïdes se trouve la pAte proprement dite, consistant en particules de quartz et de feldspath, paillettes et libres de mica, petits cristaux de raagnétite, des granules bruns, transparents, d'un composé de fer, et des taches brunes d'hydroxyde de fer. Dans les fissures de la roche aussi il s'est déposé de l'hydroxyde de fer, avec de la calcédoine et de l'opale. Il y existe probablement aussi un peu de verre incolore, mais, par suite de l'énorme (luantité de particules cristallines, on n'a pas pu l'observer séparément.

La présence de plagioclase parmi les cristaux porphyricjues, jointe il l'absence totale ou presque totale de sanidine, donne à cette roche le caractère d'une dacite. Cependant il résulte de l'analyse chimique, qui sera communiquée plus loin, qu'on a affaire 'X une roche alcaline, avec un peu plus de potasse que de soude et peu de chaux. C'est donc une liparite.

b. And/siie à bronzite et andésite à qwirtz et bronzite.

Les vraies andésites à bronzite sans biotite ne se rencontrent que rarement à Leitinior. A ces roches appartient:

N°. 196. Bloc roulé de la Waï I-iastouni, au sud dq Touwi sapo (feuille 3). Il provient du pied nord-est du Gounoung Maout, mais d'un terrain quaternaire. Dans le lit de cette petite rivière gisent plusieurs blocs de la même roche. Elle est de teinte gris clair et finement poreuse par la présence de nombreuses petites cavités. A l'œil nu, on ne peut voir dans la pftte fine que quelques gros cristaux d'un feldspath frais. Au microscope, on y aperçoit des plagioclases et des bronzites limpides. Les plagioclases sont parfois troubles à l'intérieur, ce qui est occasionné par un grand nombre d'inclusions d'un verre brun tn-s clair avec bulle d'air enclavée, tandis que le bord est limpide et ne renferme prestiue pas d'inclusions. Us ont la plupart de grands angles d'extinction, atteignant chez quelques-uns jusqu'à 30", de part et d'autre de la ligne de suture; et ils appartiennent en majeure partie à la bytownite et à l'anorthite. Les bronzites sont pléochroïques entre le brun clair et le vert clair. La pftto se compose d'un verre incolore, qui est totalement rempli de fines baguettes et de grains de bronzite avec granules de minerai adhérents ou interposés, et de petites particules de feldspath. Autour des cavités de la roche existe le plus souvent un bord de chlorite, sombre, vert terne, probablement des grains cristallins de bronzite décomposés. IjC quartz, la biotite et l'augite font défaut. Andésite à brmmte, avec pflte riche en verre.

c. Andésite à hornblende.

Cette roche, je ne l'ai rencontrée nulle part î\ Leitimor ; elle api)araît au contraire à Hit ou, bien rjue rarement.

d. Anflésite à mica et andésite à quartz et mica,

Nû8. 104 et 177. Depuis la côte jusqu'à 100 m. d'altitude environ, le terrain au sud d'Amahousou consiste en matériaux quaternaires meubles; alors vient la péridotite (feuille 4), que l'on peut suivre, dans le sentier qui va d'Amahousou au sud, vers la ligne de partage des eaux, jusqu'à la maisonnette habitée par des Binoungkounais» à 320 m. d'altitude. On arrive ici dans un terrain fort accidenté, qui continue jusqu'à la c6te du sud et qui consiste entièrement en tufs et en brèches d'une roche micacée, que l'on pourrait, à première vue, regarder comme du granité très altéré. Des roches massives, des coulées de lave ou quelque chose d'analogue n'y apparaissent pas; toute la montagne semble constituée exclusivement de déjections incohérentes. T^e n". 104 a été recueilli parmi de gros blocs gisant dans un gravier fin, près d'une petite cime de 470 m. d'altitude, à l'ouest du sommet de 476.7 m. de la ligne de partage (feuille 4). I^ n®. 177 a été recueilli sur cette ligne elle-même, au sud du sommet de 476.7 m., à 280 m. environ de la limite de la serpentine et à 344 m. d'altitude, également dans des matériaux incohérents. T^ point d'éruption, qui a fourni ces produits, n'est plus à reconnaître. Il se peut que dans l'espace en fer à cheval, qui s'ouvre vers le sud et qui est fermé au nord par l'arête à laquelle appartiennent les sommets de 476.7 et 467 m. d'altitude, nous devions voir le cratère fort érodé de cet ancien point d'éruption. Mais cette cuve peut tout aussi bien s'être formée par érosion seule, car les matériaux meubles sont emportés très facilement. A comparer ici notre esquisse fig. 16 de l'annexe III. La «Montagne rouge» (Roode berg) de cette figure, ainsi nommée à cause des effondrements de couleur rouge au flanc oriental, est la cime de 467 m. d'altitude de la feuille 4 de la carte.

N*. 104 est, en échantillons, une roche gris-clair, à pâte fine, dans laquelle se trouvent porphyriquement des quartz limpides, des feldspaths blancs troubles et de grandes lamelles de biotite. Au microscope, on voit à côté de grands plagioclases basiques, limpides, quelques petites sections simples, à stries très fines, avec angle d'extinction plus faible, qui appartiennent aussi à du plagioclase; de la sanidine n'a pu y être constatée, et sa présence dans ces roches est aussi peu

probable. Ensuite de la bronzite, (jui s'est transformée dans les fissures en fibres brunes ou brun-vert d'un minéral chloriteux. A cause de la grande friabilité de la roche, les quartz ont disparu en majeure partie par le polissage. Us présentent de nouveau un bord de (|uartz auréolé, qui s'éteint ici totalement en même temps que le cristal de quartz. Beaucoup de mica brun, dont les fibres sont souvent recourbées. La pâte est microcristalline, et consiste en grande partie en petits cristaux de feldspath; ])uis de petites bronzites, devenues brunes par décomposition, du minerai de fer, toujours sans bords do leucoxène, et de petits grains bruns, transparents, peut-être aussi des bronzites décomposées. Çà et là on voit des particules incolores groupées radialement, en forme d'éventail, qui consistent en lamelles de tridymite empiétant les unes sur les autres, très faiblement biréfringentes. C'est un produit secondaire. Andésite à quartz et mica.

Le n*. 177 est aussi en échantillons une roche terne, gris-clair, avec cristaux de feldspath, de bronzite, de quartz et de biotite. Au microscope, elle ressemble beaucoup au n". précédent. I/CS cristaux de quartz contiennent des inclusions vitreuses il forme cristalline et bulle d'air adhérente; des inclusions liquides n'y ont pas été observées. TjCS cristaux de quartz, arrondis ou limités par des angles aigus, sont souvent bordés de petites particules de quartz polarisantes (comme dans le n". 104), qui s'éteignent en même temps que le cristal de quartz. Ici encore il se montre dans la pâte un groupement radial de paillettes de tridymite, qui sont souvent voisines de cavités dans la roche et sont évidemment secondaires. Andhite à qxuirtz et mica,

N*. 208. Mamelon à l'ouest de Halong, au rivage; le plus haut point de la route est à 9.4 m. d'altitude. Les brèches, qui constituent ici les collines, n'arrivent il la mer qu'en ce seul point, et au-dessous on peut voir à la côte, sur une faible étendue, la roche éruptive ferme (n®. 203), (jui contient de nombreux gros fragments d'une roche éruptive il cristaux fins, de teinte claire (n^ 208*). Ce point est indiqué sur la carte (feuille 2). En échantillons, le n^. 208 est une roche gris-clair, à pflte fine, terne, dans laquelle gisent dos cristaux d'un feldspath blanc et trouble, du (juartz, on cristaux qui peuvent atteindre une grosseur de 80 mm. ; do la biotite et une très grande «luantité de cordiérite bleue, partie en cristaux bien délimités

avec prisme et faces terminales, partie en masses sombres, irrégulièrement délimitées, qui atteignent jusqu'à 1 cm. de diamètre. La roche fondamentale grisâtre présente au microscope une pâte dans laquelle on voit des cristaux porphyriques de plagioclase, le plus souvent à grands angles d'extinction (34® et 35®), du quartz, de la biotite avec inclusions d'apatite, et de la bronzite. Çâ et là seulement on aperçoit un cristal isolé de cordiérite, reconnaissable au pléochroïsme et aux inclusions de touffes de sillimanite et de petits octaèdres de pléonaste. En coupes très minces, le pléochroïsme n'est pas perceptible, et alors, si les inclusions font défaut, on peut aisément confondre la cordiérite avec du quartz; le minéral peut néanmoins se distinguer par la figure d'interférence, dans des sections favorablement disposées, et aussi par voie microchimique. Des inclusions apparentes de bronzite, de biotite et de plagioclase frais appartiennent à la pâte enveloppante, qui a été atteinte par la taille et qui se trouvait au dessus ou au-dessous du grain de cordiérite irrégulièrement délimité. Le grenat manque dans cette roche. La pâte renferme un verre limpide, bourré de cristaux et de microlithes d'un plagioclase, qui est plus acide que les feldspaths porphyriques; puis encore de la bronzite ainsi que des grains de minerai. La bronzite surtout se réduit jusqu'à des individus et des fibres très petits. Non dans toutes les préparations, mais dans quelques-unes seulement, on observe des masses sphéroïdales, limpides, incolores ou jaune- verdâtre clair; elles sont souvent plus ou moins régulièrement sphériques; mais il en existe aussi qui sont anguleuses ou qui ont la forme d'hexagones ou de rectangles irréguliers. Elles polarisent le plus souvent en fibres, à groupement radial, lequel est cependant rarement si régulier que l'on peut voit apparaître la croix d'interférence; parfois la polarisation est tachetée. l/cs fibres ont un caractère optique négatif et appartiennent à la calcédoine. Nous avons évidemment affaire ici à une pseudomorphose de l'un ou l'autre minéral, de la cordiérite probablement, en calcédoine, tout comme dans la liparite n". 164 de Hitou (voir plus loin). Les plaques qui renferment ces pseudomorphoscs sont riches en particules brunes de limonite, ce qui indique une infiltration de liquides. And/dte à qtmrtz et mica. On voit au microscope que les parties bleu somlrre^ irrégxdiirement

(MifnitceSj de la roche ne consistent pas exclusivement en cordiérite ; mais ce sont des agrégats entièrement cristallins de cristaux de cordiérite, de plagioclase très frais, de bronzite, de biotite et de grenat ; le quartz paraît y faire défaut. I^a cordiérite forme divers individus avec polarisation d'agrégat; outre des touffes de sillimanite et un très grand nombre de pléonastee, qui souvent sont disposés, les uns derrière les autres, en cordons et en séries, elle enserre aussi des cristaux de bronzite et de petits prismes et grains limpides de zircone. De plus, la cordiérite renferme des inclusions vitreuses. Certaines grandes cordiérites sont divisées en nombreux fragments irréguliers, comme si elles s'étaient fendues; entre ces fragments se trouve un verre jaune-clair, qui s'y est évidemment formé par la fusion de la matière même de la cordiérite. Le grenat a une délimitation cristalline nette et ne présente pas de bord trouble de kélyphite.

Ces parties holocristallines, consistant en plagioclase, biotite, bronzite, cordiérite et grenat, sont probablement les premières sécrétions basi(|ues du magma qui sesontforméesdanslaprofondeur, et quiplus tard ont été incluses dans la portion plus acide du magma, lors de son éruption, et s'y sont fondues en partie. On peut s'expliquer la présence des éléments peu ordinaires, la cordiérite, la sillimanite, le pléonaste et le grenat, dans cette roche éruptive cristalline, par le percement de roches plus anciennes, riches en alumine (schiste argileux) ou en cordiérite et en grenat (gneiss, granité), dont des fragments ont été fondus, et la cristallisation ultérieure de ces minéraux à la suite d'une modification dans les conditions chimiques et physiques du magma sursaturé d'alunjîne, en présence de magnésie, d'oxydule de fer et de beaucoup d'acide silicique; mais toujours dans la profondeur, ce qui a donné lieu à la formation de roches holocristallines. La délimitation cristalline régulière de certaines cordiérites dans les andésites porphyriques prouve qu'ultérieurement il s'est formé encore de la cordiérite dans ce magma acide lui-môme. Andatsite cristalline à biotite, comme inclusion dans l'andésite à quartz et biotite.

N°. 208*. Outre les inclusions bleu sombre, riches en cordiérite, dont il a été question ci-dessus, la roche n°. 208 renferme encore d'autres fragments cristallins, d'un grain fin, jaune grisâtre clair, (jui, considérés superficiellement, ressemblent à du grès et qui présentent

des dimensions notables, atteignant même la grosseur d'une tête

(n". 208*). Il y a aussi un très grand nombre de petits morceaux de

cette roche (n^. 208**). Ils renferment quelques gros quartz et très

peu de petites cordiérites. Au microscope, on observe une pâte riche

en verre, dans laquelle il y a des plagioclases étroits, mais très longs,

qui ne consistent parfois qu'en une mâcle unique, et (jui ont en

partie de grands angles d'extinction (33** et 34"*). En certains points,

ils sont disposés radialement tout autour d'un petit tas de fins cristaux

de bronzite. Puis, de nombreuses bronzites, la plupart de teinte très

claire et alors faiblement pléochroïques; aux extrémités, les cristaux

sont souvent délimités irrégulièrement. La pâte renferme ces deux

mêmes minéraux ainsi que du minerai de fer; de plus, une très

grande quantité de verre limpide, qui ne contient que quelques petits

prismes vert clair de bronzite et des grains de minerai, mais qui est

pour le reste fort pur. Dans ce verre gisent des particules arrondies,

brun clair, disposées parfois autour d'un grain de minerai avec

microlithe adhérent de bronzite, et enclavant parfois aussi plusieurs

de ces fines baguettes. Ces particules agissent très faiblement sur la

lumière polarisée: l'on n'observe que rarement un groupement radial

des particules: le plus souvent elles sont groupées d'une manière

irrégulière. On n'a pu en déterminer le caractère de la biréfringence.

Elles consistent en microfelsite, dans l'acception que Rosenbusch

attribue à ce mot ; cette microfelsite est regardée par quelques auteurs

comme un enchevêtrement excessivement fin de feldspath et de quartz,

surtout depuis les belles analyses de grands sphérolithes d'Amérique

par Whiïman Cross et Iddings (voir Whitman Cross, Constitution

and origin of spherulites in acid eruptive roks. Bulletin of thc Philo-

sophical Society of Washington. Vol. XI 1892, p. 411—440. J. V.

Iddings. Spherulitic Crystallisation 1. c, p. 445 — 462).

Dans la pâte se montrent encore des agrégats limpides de tridymite, en forme d'évenUiil, tout comme dans les roches n*^^. 104 et n^ 177. La roche ne renferme pas de biotite, et dans les plaques on n'observe ni quartz ni cordiérite. Dans certains plagioclases, du verre bi^n^si inclus avec la forme du cristal, tandis que le verre de la j)âte est limpide et incolore. Andésite à bronzite, à grain fin et riche en verre, comme inclusion dans de l'andésite à quartz et mica.

De ce qui précède, on pourrait conclure qu'à Ambon l'andésite à brouzite est plus ancienne que l'andésite à mica. Mais cette conclusion serait inexacte. D'abord, cette inclusion a un habitus tout à fait différent de celui des andésites à bronzite ordinaires, lesquelles ne sont pas d'un grain aussi fin et sont, pour la plupart, riches en cordiéritc et en grenat; de sorte que nous ne pouvons déduire de l'âge avancé de cette inclusion que toutes les andésites à bronzite d'Ambon sont plus anciennes que les andésites à biotite. D'autre part, il existe de nombreuses andésites qui renferment de la bronzite aussi bien que de la biotite et qui forment donc des transitions des andésites à bronzite aux andésites à biotite; ces deux roches auront donc bien le même âge.

Nous arrivons à présent au grand domaine éruptif de la partie orientale de Leitimor, au sud du hameau Halérou. Quand on suit au nord de Routoung la ligne de partage des eaux entre les côtes sud et est de Leitimor, en passant par les sommets Hounitou, Tjolobaï et Ehout, on arrive î\ la limite du grès et de la roche éruptive à 300 m. environ au nord de la dernière cime (feuille 3). Déjà à 236 m. d'altitude, au versant sud de la cime Kamala houhoung (248.5 m.), on trouve de gros blocs d'une roche vitreuse (n*. 190), gisant dans un gravier fin. Cette roche consiste en un verre grisverdàtre, dans lequel on peut voir des grains de quartz et des feldspaths blancs troubles. Plus au nord, à une distance de 140 m. environ, sur le sentier qui conduit à Halérou (la ligne de partage dévie vers l'est déjà au sud de la cime Kamala houhoung), on arrive au cours supérieur de la Waï Polang, où apparaît la liparite n**. 191, déjà décrite ci-dessus. A cinq cents mètres plus au nord, à 286 m. d'altitude, affleure une )>rèche gris-clair (n°. 192), dans laquelle gisent des fragments d'une roche vitreuse gris-clair ou gris sombre. La pâte consiste en petites particules de verre qui se sont transformées par altération en une masse blanche, tendre A une distance de cent soixante mètres, la route se bifurque: l'une des branches conduit au nord et au nord-ouest et passe par la petite cime de 321.1 m., l'autre va d'abord à l'ouest, puis au nord-nord-est vers Halérou (feuille 3). Ces deux chemins suivent des arêtes qui enferment un espace en cuve, où la Waï Halérou prend sa source. Nous suivons le sentier

occidental et à la première descente, i\ 302 m. d'altitude, nous rencontrons de nouveau la même roche vitreuse et brécheuse que le n'. 192; et plus loin, au flanc nord de la petite cime de 290 m., à 284 m. d'altitude, nous avons recueilli un échantillon (n**. 193) de la roche devenant blanche par altération qui affleure ici de toutes parts. Dans cette masse blanche, fine, on ne peut voir que des cristaux de quartz et des lames sombres de biotite. Cette roche blanche et ce verre brécheux affleurent de toutes parts, aux alentours deHalérou. A la grande descente de Halérou vers la Waï Jori, sur le sentier qui longe la Waï Ijëléri, on a pris, à 182 m. d'altitude, entre autres une roche vitreuse, brécheuse, gris jaunâtre (n". 199), avec de nombreux fragments d'un verre gris-clair. A l'autre bord de la Waï Jori, à une altitude de 35 m. environ, dans le sentier qui mène à la cime Tëlaga oular, on trouve de nouveau des blocs de la roche quartzifère micacée blanche (n®. 200a;, avec de petits dihexaèdres de quartz cristallisés tout autour. Toutefois ces derniers blocs se trouvent déjà dans le terrain quaternaire.

Près du gué de la Waï Jori, à l'endroit où débouche l'affluent Ijëléri, une autre roche (n**. 200) est à nu dans le lit de rivière; elle est de teinte gris- terne et appartient aux mélaphyres; mais on ne peut certifier si elle pénètre en forme de filon dans la roche blanche quartzifère micacée, ou bien si elle est plus ancienne et n'a été mise à découvert que par l'érosion de la Waï Jori. La dernière hypothèse me paraît la plus vraisemblable.

Sur le sentier de Halérou à Houtoumouri prédomine du verre brécheux, qui est nettement dénudé entre autres dans le lit de la Waï Malako (cours supérieur de la rivière Touwi sapo), près du passage, à 168 m. d'altitude, où a été recueilli l'échantillon n®. 194. C'est une masse vitreuse altérée, fine, gris-clair, avec gros fragments d'un verre grisâtre.

Le point d'éruption qui a fourni ces andésites quartzifères, s'altérant en une masse blanche, avec les roches vitreuses qui s'y rattachent, ainsi que les brèches et les tufs, n'est pas non plus t\ reconnaître distinctement, vu que nous avons affaire non à une seule montagne, mais à différents sonmiets. Il se peut que l'espace en forme de cuve, près de Halérou, d'où sort la Waï Halérou, représente l'ancien cratère ;

alors le Gounoung Maout (334 m.) et le G. Kamala houhoung doivent avoir 6té des points d'éruption indépendants sur le versiint de cet ancien volcan crétacé. Le G. Maout est même plus élevé que le plus haut point du bord du cratère, qui n'a qu'une altitude de 321.1 mètres.

I^a limite du domaine qui s'est formé au-dessus des eaux et de celui qui s'est formé sous la mer ne peut être indiquée aisément ici. La majeure partie des produits situés sur la hauteur sont des brèches et des tufs, lesquels se montrent également dans les matériaux quaternaires qui forment le pied de la montagne et s'étendent jusqu'au rivage de la mer. Sur notre carte (feuille 3) ce terrain, qui alterne avec des calcaires coralliens, est indiqué comme quaternaire. Les calcaires les plus hauts sont situés, au sud-est de Halérou, à 306 m. d'altitude. Ce qui se trouve plus haut encore peut très bien s'être formé au-dessus du niveau de la mer; mais ce sont là seulement les deux cimes G. Maout (334 m.) et la cime de 321 m. au sud de Halérou ; le terrain situé plus bas, où le calcaire n'apparaît plus, entre la Waï Jori, Halérou, le G. Maout et le G. Kamala houhoung, s'est naturellement trouvé aussi sous les eaux ; les produits incohérents et le calcaire corallien qui y ont existé auparavant doivent avoir été enlevés par érosion.

Des roches mentionnées plus haut, quatre ont été analysées au microscope; l'une d'elles, le n**. 191, fait partie des liparites avec habitus de porphyre quartzifère (déjà décrit ci-dessus); une autre appartient aux andésites quartzifères ou aux liparites communes et les deux dernières aux roches vitreuses. Toutes les autres étaient trop friables pour être taillées en plaques.

Le n°. 193 est la roche blanche avec quartz et biotite, au sudouest de Halérou, à 284 m. d'altitude. Au microscope, elle ressemble à la liparite n®. 191 de la Waï Polang, mais elle est plus riche en biotite; cependant la pâte ne renferme pas de masses sphéroïdales, mais elle est tachetée de particules irrégulièrement délimitées de feldspath et de quartz, ainsi que de fibres vertes de mica. Cette pâte très finement cristalline est probablement issue secondairement du verre. Dans le voisinage on trouve encore des roches vitreuses inaltérées, qui seront décrites plus loin. Les particules blanches, troubles, floconneuses de la pâte qui, à un fort grossissement, paraissent consister en un amas de grains et de fibres transparents d'un

minéral vert ou vert-brunâtre très clair, ressemblant à de la muscovite, appartiennent probablement à du kaolin, produit par une décomposition du feldspath. Parmi les cristaux porphyriques, on trouve seulement du quartz, avec bord quartzeux plus jeune, quelques plagioclases frais et de la biotite; la bronzite manque, ainsi que la sanidine. Andcsite à quartz et miai; peut-être de la liparite, car elle apparaît non loin de la liparite n". 191.

e. Roches vitreuses.

W. 192. Brèche gris-clair, à 286 m. d'altitude, entre la cime Kamala houhoung et la cuve de Ilalérou. Dans la masse gris-clair se trouvent de nombreux fragments de teinte claire ou sombre à éclat résineux. Au microscope, on voit que la roche est très altérée ; elle est sillonnée de fissures, dans lesquelles il s'est déposé de l'opale, de la calcédoine et de la chlorite verte ; et queUiues formes, qui auparavant contenaient peut-être de la bronzite. consistent à présent entièrement en chlorite. Dans les plaques, il se présente cependant encore un peu de pyroxène inaltéré; celui-ci est à extinction droite et nettement pléochroïque, tout comme la bronzite des autres roches. Le feldspath fait complètement défaut dans les préparations A un faible grossissement, la pâte est trouble, gris-clair, et elle s'éteint totalement entre niçois croisés; seules quelques petites fibres et baguettes présentent des teintes de polarisation. A un grossissement plus fort, on voit que ce trouble est causé par un amas de microlithes de feldspath limpide et de pyroxène d'un vert très clair; les derniers appartiennent probablement tous â l'augite et non à la bronzite, car les plus grands sont à extinction oblic^ue et on n'y observe pas de pléochroïsme ; puis de nombreux grains de minerai. Ces grains sont cimentés par un verre limpide qui très probablement est hydrofère comme leg autres verres d'Ambon Rctinite andcsitique à bronzite; en grand, c'est une brèche.

N". 194. Brèche d'une roche vitreuse de la Waï Malako, dans le sentier de Halérou à Houtoumouri, â 168 m. d'altitude. La pâte est du verre, dans lequel ne gisent que (quelques gros cristaux de bronzite, avec très peu de plagioclasc et de temps en temps aussi, mais très rarement, un cristal de hornblende, reconnaissable à la forme des sections transversales (prisme avec les deua^ faces terminales), la

forte absorption et les directions des cliviiges qui se coupent sous un angle de 124''. Ce verre présente des fissures perlitiques, et dans les fissures il s'est formé un produit de décomposition du verre de teinte brun-clair. Le verre limpide est rempli de bâtonnets très minces, d'un vert excessivement clair, dont les grands seuls polarisent, sont en partie à extinction oblitiue et appartiennent donc bien a l'augite. Ils sont souvent disposés avec leurs grands axes les uns à la suite des autres, et donnent à cette roche, en certains endroits, une belle texture fiuidale, malgré les fissures perlitiques. En d'autres points, la disposition des microlithes est moins régulière; l'alternance des zones troubles et claires doit être attribuée à un entassement plus ou moins serré des microlithes. A côté des bâtonnets on observe de petits grains noirs de minerai, des paillettes de feldspath limpides et des inclusions transparentes brunes, les unes des bulles d'air à bord sombre, les autres des inclusions liquides avec bord clair et libelle mobile. Perliie andésitiqiie à bronzite,

f. Mélaphyre et verre.

Les membres basiques des Ambonites n'apparaissent à licitimor qu'au cap Nousaniwi et à l'embouchure de la Waï Lëléri dans la Waï Jori, c'est la roche n". 200 déjà citée plus haut. Nous avons déjà fait remarquer aussi que l'âge de cette roche, qui n'est dénudée que sur une faible étendue, relativement à celui des andésites plus acides à quartz et mica, n'est pas absolument certain; le mélaphyre est ici probablement plus ancien que l'andésite (juartzifôre.

N°. 200. Mélaphyre de la Waï Lëléri, à son embouchure dans la Waï Jori. En échantillons, c'est une roche gris-sombre, microgranuleuse, avec quelques gros pyroxènes verts. Dans les cavités, beaucoup de spath calcaire. Dans certains échantillons on observe un gros cristal de quartz fissuré, un minéral qui est d'ailleurs tout à fait étranger à cette roche basique et qui doit être considéré comme un fragment inclus. Au microscope, on voit une pâte sombre, avec cristaux porphyriques de plagioclase limpide, lequel est très basique et présente des angles d'extinction qui atteignent jusqu'à 86° des deux côtés de la ligne de suture; des cristaux d'augite d'un vert très clair à extinction oblique; on n'y a pas observé de bronzite; mais,

comme un très grand nombre de pyroxèncs ont été transformés en un minéral terne, vert clair (chlorite ou chlorite avec calcaire spathi- (lue), il est bien possible que dans le nombre il y ait eu de^ bronzites. De très grandes formes cristallines, à présent remplies de quartz et de calcaire spathique, sont, d'après leur figure, nettement originaires d'olivine, qui toutefois n'existe plus à l'état inaltéré. La pâte consiste en un verre sombre rempli de baguettes et de microlithes de feldspath; ce verre paraît être lui-même incolore, mais il est fortement chargé de granules sombres de minerai. Des hôtes singuliers dans cette roche, ce sont de gros grains de quartz, qui ne sont pas disséminés dans toute la masse mais qu'on n'y rencontre que sporadiquement. Ces quartz sont divisés par des cassures en de nombreux grains, entre lesquels a pénétré la pâte du mélaphyre. Au contact de cette pâte, la délimitation de ces quartz est irrégulière. Ces divers granules de quartz polarisent en teintes diverses ; ils n'enferment pas de liquide, mais uni(iuement des globules de verre, des grains de minerai et çà et là des filaments de sillimanite. Je tiens ces quartz pour des inclusions étrangères, originaires de roches plus anciennes; mais je dois rappeler ici que certains quartz dans des roches basiques, notamment dans le basalte, sont considérés à présent comme des sécrétions primordiales (inclusions endogènes). (F. Zirkël. Ueber Urausscheidungen in Rheinischen Basalten. Leipzig 1903, S. 92).

Do telles inclusions, nous apprendrons aussi à les connaître dans le mélaphyre du mont Kërbau, à Hitou. Mélaphyre.

Nous arrivons maintenant aux roches remarquables, qui nous ont principalement amenés à ranger les Ambonites dans le terrain crétacé, parce qu'elles correspondent à des roches éruptives crétacées de Java, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut.

Ces roches, qui font partie des mélaphyres, sont à nu dans l'ouest de Leitimor, près du cap Nousaniwi, et un peu plus au nord, à la côte. Kn ce dernier point, entre le cap Nousaniwi et la Waï Mémikar, elles ne sont visibles que jusqu'à 2 à 3 m. au-dessus des basses eaux, et sont recouvertes de matériaux quaternaires incohérents. Par con tre, près de Tandjoung Nousaniwi, la roche forme une paroi escarpée de 20 m. de hauteur, (jui est baignée par la mer à marée haute. A marée basse, la plage est à sec sur une largeur de 50 m.; elle

émerge alors tout au plus de 3 m. et laisse voir la roche de toutes parts. On y distingue deux bancs: la partie inférieure est séparée en sphéroïdes irréguliers et présente des croûtes vitreuses autour de ces boules; la partie supérieure n'est pas séparée en sphéroïdes mais en pla^jues épaisses et n'oflfre pas de croûtes vitreuses, ainsi qu'on Pa représenté dans la fig. 17 de l'annexe III.

Le n®. 99 est la roche inférieure du cap Nousaniwi. En échantillons, c'est une roche d'un grain fin, gris-verdâtre terne, sans grands cristaux, mais à cavités nombreuses dans lesquelles se sont déposés de la calcédoine et du calcaire spathique. Elle se divise, comme le représente la fig. 18 de l'annexe III, en grandes sphères et ellipsoïdes, qui présentent des fentes radiales, dans lesquelles s'est déposé du calcaire spathiciue, et qui sont entourées d'une croûte sombre, noirâtre, à éclat résineux. IjCS sphères sont en majeure partie séparées par des cassures conchoïdalcs ; au noyau intérieur gris-terne de la roche succèdent d'abord une ou plusieurs éciiilles sombres, mais ternes, de l'épaisseur de 1 à 17j cm., et puis vient la croûte vitreuse proprement dite, dont l'épaisseur n'est le plus souvent que de 3 à 5 mm. Çà et là on peut voir sur la croûte un reflet bleu, qui n'est autre chose qu'un phénomène d'altération. I-ia croûte vitreuse sombre paa<îe, par altération et par absorption d'humidité, à l'état de produit tendre, jaune clair. I^ verre ne contient que quelques pourcents (1 à 4) d'eau, tandis que le produit de transformation jaune en contient plus de 19 pet. Les dimensions des sphères sont très variables, depuis la grosseur d'une bille et d'une t(jte jusqu'à des masses très grosses ^® '/*) Vi ®* même 1 m. de diamètre. Entre ces sphères se trouvent des matériaux vitreux, devenus jaunes par décomposition, dans lesquels existent encore de nombreux restes d'un verre noir inaltéré, qui donnent à cette masse interposée une apparence brécheuse; ce n'est pourtant en aucune façon une véritable brèche.

Sur cette roche repose la roche compacte, gris-verdâtre terne n". 103, qui, en échantillons, ressemble parfaitement au n^ 99, mais ne présente pas de croûtes vitreuses. L'épaisseur visible de cette roche, séparée en plaques épaisses, est de 20 m. environ ; celle de la roche vitreuse sous-jacente (n°. 99) ne peut être donnée, parce que la roche sur laquelle elle repose est au-dessous de la surface du sol.

Ce quî est très remarquable, c'est une séparation de la roche vitreuse en couches successives assez régulières, laquelle, à ce qu'il me semble, ne doit pas être attribuée à des fentes parallèles, car elles correspondent plutôt aux surfaces de contact de coulées de lave superposées. Ces joints ont une direction de 235'* à 245® et une inclinaison de 24® vers le sud-est. Toutefois, ce n'est là en aucun cas l'inclinaison primitive des coulées, qui est rarement aussi forte loin d'un point d'éruption, et qui en outre doit avoir été plus faible autrefois, parce que le côté nord de la presqu'île, entre Silali et Tandjoung Nousaniwi, est plus exhaussé que le côté sud ; c'est ce que l'on reconnaît à l'apparition de la péridotite et du mélaphyre du côté nord, tandis que ces roches mancjuent vers le sud. Si cette langue de terre très étroite avait été partout également soulgvée, nous pourrions incontestablement observer aussi ces roches eruptives du côté sud. On reconnaît aussi à la situation du calcaire jeune entre Silali et Latouhalat (profil fig. 5, annexe II), que la côte nord de licitimor a été soulevée en cet endroit plus que la côte du sud.

Mais bien que la pente des coulées de mélaphyre ait été autrefois moins forte qu'à présent, la direction et l'inclinaison indiquent cependant un point d'éruption qui se trmivait au nord du cap Nousanim, queUjue part entre ce point et Hatou ou Liliboï, dans l'île d'Hitou, donc dans la baied^AmbonacUielle; la largeur de cette baie est si grande en cet endroit (8 km.), qu'une montagne à peu près de la hauteur du Salahoutou et avec une pente telle que la présente cette montagne au versant nord, pourraît y trouver place. Cette montagne aurait donc dû disparaître dans le gouffre lors de la formation de la baie d'Ambon, de sorte que le mélaphyre du cap Nousaniwi, au pied sudest de ce point d'éruption, formerait seul le restant de cette montagne.

La roche n°. 101, qui est à nu au nord, ou plus exactement an nord-est du cap Nousaniwi, à la côte, est de nouveau tout à fait analogue au n°. 99; elle se sépare en formes sphériques et présente des croûtes vitreuses (n**. 102) qui se transforment dans le même minéral jaune hydrofêre (n°. 102*). Ces sphères y atteignent jusqu'à Vj m. en diamètre; et les ellipsoïdes mOme 1 m. Dans les figg. 19, 20 et 21 de l'annexe III, on a représenté quelques-unes de ces formes glo})ulairos. Entre les sphères gris torno a, fendues radialemont, avec

croûte vitreuse 5, se trouvent des m»atériaux vitreux c qui sont transformés en partie en une masse jaune.

lia croûte vitreuse et le produit de décomposition de nos mélaphyres peuvent être comparés au verre basaltique récent, la «tachylyte-, et à son produit de décomposition, «la palagonite». La roche principale, le raélaphyre, a décidément un caractère ancien et ne ressemble en rien aux basaltes tertiaires de Java et de Sumatra, mais plutôt au mélaphyre crétacé de l'ouest de Java. A ma connaissance, de pareilles roches n'ont pas encore été décrites pour le sud-est de Bornéo ; il est vrai que Hooze (Jaarb. Mijnwezen 1893 p. 127) fait mention de porphyrites diabasiques qui présentent à V extérieur un éclat ré^neux, mais ceci semble se rapporter uniquement à la croûte d'altération et non à une vraie croûte vitreuse. Rrtgeiis (Jaarb. Mijnw. 1891, Wetensch. Ged. p. 48) décrit une de ces roches, celle du Soungei T^ampassie, comme porphyrite diabasique -ayant l'apparence d'un produit éruptif récent (?), notamment boursouflé, les cavités remplies de calcaire spathiqup, avec pAtc brune granuleuse, dans laquelle il y a du plagioclafle, de l'augitc et de la chlorite». Il n'est fait aucune mention d'une croûte vitreuse.

N«. 99. Couche inférieure, au cap Nousaniwi. Au microscope on voit, îl un faible grossissement, une pâte trouble, brune ; porphyriquement de très longues aiguilles étroites de plagioclase, souvent en mâcles, À grands angles d'extinction. Des parties chloriteuscs arrondies, parfois en formes cristallines (^ui rappellent le pyroxènc ot proviennent probablement d'augite. Cependant, il n'existe plus de pyroxènc inaltéré; de l'olivine fraîche pas davantage. A un fort grossissement la pâte se résout en un tissu extrêmement fin de cristallites, qui présentent une teinte verte très claire et (jui consistent probablement en une matière augitique; puis il y a de gros bâtonnets d'augite et de plagioclase et de petits grains de minerai. Lescristallites sont parfois entremêlés sans ordre, parfois ils sont disposés les uns à côté des autres comme les dents d'un peigne, suspendus î\ un microlithe de feldspath. La couleur brune de la pâte est produite par du verre brun, qui paraît exister partout, comme une membrane fine, entre les cristallites les plus fins ;çà et là ce verre est rempli de granules bruns excessivement fins, et dans ce cas, il est lui-même incolore,

parce que la matière colorante s'est concentrée dans ces grains. D'après ce qui précède, la roche elle même serait donc une porphyrite diabasique, mais elle appartient cependant aux mélaphyres, car la croûte vitreuse renferme de l'olivine.

Au microscope, la craûte du n°. 99 présente une pâte qui est en partie d'un brun de chocolat et sans interpositions ; mais elle est en grande partie dé vitrifiée cristallitiquement, par des bâtonnets et des grains vert-clair excessivement ténus, de l'augite sans doute, souvent avec grain de minerai adhérent. Ici encore la couleur brune est due à un verre brun-clair, parfois aussi à un verre granuleux brun-clair, qui s'interpose entre les particules les plus fines. Mais l'élément le plus remarquable de cette croûte vitreuse c'est l'olivine, en cristaux d'un vert excessivement clair et absolument inaUèrès, qui rangent cette roche parmi les mélaphyres. Le pyroxène fait absolument défaut; par contre, il s'y trouve du plagioclase, en nombreux bâtonnets longs, d'une grande fraîcheur. Les cristallites de la pâte sont parfois disposés comme les crins d'une brosse tout autour des microlithes de feldspath ; parfois aussi ils forment des agrégats à texture rayonnée. Mélaphyre avec croûte vitreitse,

N*. 103. Couche supérieure au cap Nousaniwi. Au microscope, c'est une roche pareille au n^. 99 ; cependant la pâte n'y est pas dévitrifiée cristallitiquement, mais surtout microlithiquement, par de petites baguettes d'augite et des grains de minerai. Outre du phigioclase et des pyroxènes transformés en chlorite, on y observe aussi distinctement, parmi les gros cristaux, de l'augite brune inaltérée. Des particules troubles, vert sombre, serpentineuses, en partie en formes de cristaux, doivent sans doute ôtre regardées comme de l'olivine décomposée. On n'a pu y trouver de la bronzite. Dans la pâte, il y a beaucoup de grains de minerai de fer et du verre brun. M/laphyre.

N". 101. Roche du nord-est du cap Nousaniwi, avec croûte vitreuse (n°. 102). Au microscope, roche pareille au n*. 99, avec plagioclases longs et étroits, et des particules vert-brunâtre, ternes, en partie peut-être de la chlorite issue de pyroxène, mais certainement en majeure partie de la serpentine provenant d'olivine. Il n'y existe plus ni pyroxène ni olivine à l'état inaltéré. La pâte brune est en majeure partie dévitrifiée cristallitiquement; seules les particules les

plus grandes et encore polarisantes peuvent-être reconnues pour de l'augite. Ensuite, il y a beaucoup de grains de minerai de fer et un verre brun, qui en certains endroits est rempli de grains bruns excessivement fins, et est alors lui-même incolore.

Le n*. 102 se présente au microscope comme un beau verre brun foncé, où sont disséminés un très grand nombre d'olivines limpides, complètement fraîches, quelques plagioclases, aussi très frais, consistant parfois en individus simples, à grands angles d'extinction, et de nombreuses touffes de cristallites bruns, troubles, parfois en forme de croix. L'olivine inclut d'abord de nombreux petits octaèdres de picotite brune transparente, parfois en amas et en cordons de 25 individus et plus ; ensuite, des globules brun-clair de verre avec bulle d'air adhérente, dans lesquels se montrent, bien que rarement, des cristallites. Les touffes brunes de la pâte se résolvent, à un fort grossissement, en cristallites excessivement petits, vert-clair, entremêlés ou superposés; la couleur brune paraît devoir être attribuée au verre qui se trouve entre les touffes ou au-dessous de celles-ci. Les feldspaths sont le plus souvent entourés d'un bord brun, trouble, de ces cristallites; les olivines n'ont pas de bordure pareille. Mélaphyre avec croûte vitreuse.

N.B. Pour la composition chimique voir la description de Hitou. TI« Sédiments tertiaires jeunes et quaternaires.

Dans une distinction entre les sédiments tertiaires jeunes et les quaternaires, qui était relativement aisée à Java et à Sumatra, on se heurte à de grandes.diflBcultés pour Ambon et l'archipel des Moluques en général.

A Java les premiers consistent, abstraction faite d'un peu de pliocène d'eau douce avec restes de mammifères fossiles, en marnes et calcaires ; les sédiments quaternaires, en débris volcaniques. Les premiers ont été soulevés, de sorte que les couches présentent une inclinaison ; les derniers sont horizontaux, ce qui rend la distinction facile. Par contre, aux Moluques toutes les couches, depuis le tertiaire supérieur jus(|u'aux sédiments modernes, sont tout il fait ou sensiblement horizontales, et les matériaux sont aussi les mêmes, savoir des débris

de toates sortes de roches éruptîves et sédimentaires, alternant avec des calcaires coralliens et à foraminifëree. Parfois le calcaire diminue, d'autres fois c'est le gravier, ce qui modifie il est vrai tant soit peu le caractère des deux dépôts; mais une distinction entre sédiments tertiaires et quaternaires est presque impraticable dans ces produits uniformes. Ce qui prouve que toutes les roches sont très jeunes, ce sont les coquilles fossiles, parmi lesquels une grande espèce de tridacne, que l'on rencontre non seulement dans les calcaires coralliens inférieurs, mais encore dans ceux qui sont situés à une très grande altitude. D'ailleurs les calcaires renferment essentiellement divers foraminifères, des lépidocyclines, des amphistégines, des rotalinidées, des textularidées, tandis que les discocyclines, les alvéolines et les nummulitos manquent complètement; de sorte que, même pour les plus anciens de ces sédiments, un âge éocène est exclu. Or, comme le mode de formation de ces dépôts est resté le même depuis l'époiiue tertiaire récente et que la faune marine des tropiques, depuis le tertiaire supérieur jusqu'à nos jours, n'a subi que de faibles modifications — ce qu'on a vu à Java entre autres, où une division des couches tertiaires récentes d'après les foraminifères fossiles était impossible — il s'ensuit qu'aux Moluques les données, tant paléontologiques que stratigraphiques et pétrographiques, qui pourraient mener à une division en sédiments tertiaires récents et quaternaires, font presque totalement défaut. Ces sédiments devaient donc être réunis sur nos cartes n«8. I et II et ils seront décrits ici ensemble.

On peut voir sur les cartes la distribuUon de ces jeunes sédiments. On les trouve tout le long des côtes nord et est; et même la pointe occidentale, le mont Kapal et ses alentours, consiste en matériaux meubles parmi lesquels apparaît, à la côte seulement, un peu de roche éruptive.

La hauteur à laquelle arrivent ces dépôts est très variable. Dans la partie occidentale, le G. Kapal est le plus haut point (2«% m.), Plus à l'est, entre Eri et Seri, le calcaire corallien atteint déjà une altitude de 846 m., et même la plus haute cime du G. Nona, qui est à l'altitude de 589 m., consiste également en calcaire corallien. C'est là aussi le plus haut point où le calcaire se montre à I^eitimor. Sur le G. Siwang, un peu plus à l'est, il y a bien des matériaux

meubles, mais pas de calcaire; et le G. Horiel, la seule montagne de Leitimor qui soit plus haute que le G. Nona, n'a du calcaire ni sur la crête ni sur les versants. On peut aller d'Ambon à la côte du sud près de la Labouhan Awahang, par Kousou kousou sëreh et Malaman, en restant toujours sur des matériaux incohérents et sur du calcaire corallien; les plus hauts points sont ici les monts calcaires Eri haou (361 m.) et Nanahou (377 m.) Plus à l'est, le jeune terrain devient plus bas ; au nord du mont Loring ouwang les plus hauts plateaux sont t\ 281 et *257 m. et un peu de calcaire corallien se trouve à 228 m. d'altitude.

Au sud- est d'Ambon, le terrain s'élève en forme de terrasses et atteint, p. ex. sur la route d'Ambon à Soja di atas, contre le granité, une altitude de 170 m. Les contreforts du mont gréseux Api angous ont la même hauteur; le G. Mouwal, au sud-est de Gëlala, est à

172 m.; le plus haut point du sentier de Halong îi l'Api angous, à

173 m., et la limite du jeune terrain contre le grès atteint aussi l'altitude de ± 170 m. Au sentier de Këlapa douwa à l'Api angous, le plus haut point est h 167 m.; mais un peu plus au nord se trouve une cime plate, î\ l'altitude de 211 m. Encore plus au nord, la hauteur des contreforts augmente de nouveau ; au nord du Wringin pintou est située une cime de 240 m. ; sur le sentier de Touwi sapo à Halerou, il y a des cimes calcaires de 289 et 296 m. d'altitude; et au sud-est de Halerou, près du sentier de Halerou à Houtoumouri, on rencontre les plus hautes cimes calcaires de toute la partie orientale de Leitimor, à 306 m. d'altitude. Tout autour du G. Maout il y a du calcaire et des matériaux meubles jusqu'à 280 m.; plus au sud, jusqu'à 278 m.; au-dessus de Houtoumouri, jusqu'à 156 et 170 m.; près de Routoung , au G. Amaherou, à 108 et plus au sud jusqu'à 70 m. seulement, tandis que les terres incohérentes entre Lea hari et le cap Hiharne dépassent pas 90 m. Plus à l'ouest, on ne trouve plus de calcaire corallien adossé à la péridotite du G. Horiel, sauf une couple de gros blocs au rivage, qui ne s'élèvent pas à plus de 5 m. d'altitude. Le terrain granitique entre Houkourila et Kilang est aussi privé de calcaire; celui-ci ne recommence qu'au côté occidental de la Labouhan Nakou, près du G. Post dont la cime a 178 m. d'altitude, et dans le terrain au sud de Mahija le calcaire atteint celle de 183 m. Enfin,

le G. Eri samau porte sur son dos 4 terrasses faiblement inclinées, dont la plus élevée est à 183 m. La plus haute cime de cette montagne, à l'altitude de 205 m., était aussi recouverte autrefois de matériaux incohérents, dont les blocs de granité qui y existent encore (voir plus haut) sont les derniers restes. Un peu plus à l'ouest, entre la Labouhan Ha et la Labouhan Awahang, on arrive de nouveau dans un terrain de calcaire et de gravier qui se prolonge au nord vers les monts calcaires Eri haou et Nanahou, déjà cités plus haut.

Mode de formatimi et conèiitution de ces divers terrains,

La position de ces jeunes dépôts e^t en général horizontale ou fort peu inclinée; et comme ils ont été rencontrés à toute hauteur, entre et 539 m. d'altitude, il s'ensuit déjà que ces sédiments ne se sont pas formés simultanément, mais successivement, ce que prouve aussi leur allure en forme de terrasses; de sorte que les dépôts des contreforts de la chaîne ancienne (péridotite, granité, grès) s'abaissent par degrés vers la mer.

Ces contreforts consistent en brèches et conglomérats durs, en gravier meuble de toutes les roches plus anciennes et en bancs de calcaire corallien, qui alternent les uns avec les autres. Les conglomérats, dont les fragments roulés sont souvent unis par du calcaire, forment la minorité; le gravier fin, incohérent, renfermant plus ou moins de fragments, mais non encore durci à l'état de grès compacte, constitue l'élément prédominant de ce terrain, même vis-à-vis des bancs de calcaire corallien qui ne prédominent qu'à certains endroits.

Ces conglomérats peuvent s'observer entre autres à la baie d'Ambon, au nord du cap Batou merah, au pied occidental du G. Koupang. Ils y ont une faible inclinaison vers le sud-est et ils sont recouverts de couches de sable et de calcaire corallien du G. Koupang. Le mamelon situé plus au nord, à la côte, entre Hatiwi këtjil et Halong, où l'on trouve la belle roche à cordiérite et à grenat n". 208, consiste aussi à la surface en brèches très grossières.

Du gravier incohérent, du sable avec des cailloux roulés de quartz, grands et petits, de grès et de roches éruptives, se trouve partout où se présentent les matériaux jeunes. Sur la route d'Ambon à Routoung, au pied oriental du mont Karang pandjang, à proximité de la

maisonnette indiquée sur la feuille 2, cabaret indigène où l'on vend du «s^erou* (vin de sagou, suc fermenté du palmier de ce nom), on peut voir une alternance de diverses couches qui se distinguent par une différence dans la composition. On y trouve trois couches de sable, séparées par du sable avec petits cailloux roulés de quartz; tout comme les conglomérats cités plus haut, ces couches ont une inclinaison de 3 à 5® vers le sud-est (voir fig. 22, annexe III).

liOS calcaires se présentent le plus souvent en bancs assez durs, parfois compactes et cristallins (nos. 56, 96, 98); d'autres cependant sont friables et renferment beaucoup de coraux en branches (n®. 189 du G. Karang pandjang), des fragments et du gravier de coraux ou même de roches éruptives. Les mollusques fossiles ne sont pas très nombreux et ils sont peu distincts, sauf les grandes coquilles de tridacnes, qui ont été rencontrées aussi bien dans les calcaires d'en bas que dans ceux situés à une grande altitude, p. ex. au G. Kramat (no. 49a) à 248 m. et au G. Nona (n^ 51) à 460 m. d'altitude. T^ dernière était tellement désagrégée qu'on pouvait à peine y reconnaître encore une coquille. D'autres couches de calcaire sont tendres et farineuses au toucher, entre autres la couche située entre Silali et la Labouhan Radja, dans laquelle on a taillé grossièrement un escalier de 145 marches, et le calcaire qui, au cap Batou ^pal, repose sur la péridotite (n». 8) et (\m est fin et arénacé. D'autres encore sont tout à fait remplis de foraminifères (n". 94, calcaire à globigérines du Bàtou pintou), tandis que la partie inférieure des couches calcaires gisant sur la péridotite englobe souvent de nombreux fragments de cette roche éruptive et forme une ophicalce moderne. Tel est entre autres le cas au sommet du G. Nona (n**. 95, calcaire avec petits fragments de serpentine, à proximité du refuge sur le G. Nona).

On peut observer distinctement en divers points que les couches calcaires alternent avec les couches incohérentes de gravier, et n'y sont pas adossées comme dépôt plus récent. C'est ainsi que la rivière Batou merah, près d'Ainbon, s'est creusé un chenal étroit, à parois très escarpées et de 100 m. de profondeur environ dans des couches alternantes de calcaire corallien et de débris de calcaire et de roches éruptives; et l'on peut suivre cette môme couche calcaire sur les deux bords de la rivière, un peu au-dessus de son niveau, sur une

étendue de plus de 1 km. Les rives abruptes de la Waï Tomo consistent également en pareilles couches alternantes. La rivière Batou gantoung coule sur de la péridotite, du granité et du grès, recouverts sur les deux bords de couches de matériaux meubles, entre lesquelles, à 100 m. d'altitude environ, se trouve une couche de calcaire corallien qui s'étend autour des monts Batou gouling et Batou gadjah, et qui est coupée par la rivière Batou gantoung, entre 90 et 100 m. d'altitude, près de l'endroit nommé < Batou pintou»; de sorte que les calcaires des deux rives se réunissent à cet endroit. L'enfoncement en forme de sac, à proximité de la route d' Ambon à Kousou kousou sëreh, où se trouve le petit lac marécageux «TÔlaga radja>, doit probablement son origine à ce que l'eau a pénétré par les couches suS'jacentes de gravier dans la couche calcaire en question et a trouvé un débouché souterrain; de cette manière, il s'est formé une légère dépression à la surface. Cette couche calcaire se recouvre à l'est sur une épaisseur de 60 m., à l'ouest, contre le G. Halinoung, sur plus de 100 m. d'épaisseur, de couches de matériaux incohérents, entre lesquelles s'interpose, à une altitude de 200 m. environ, une deuxième couche pareille. Elle est bientôt suivie, contre le G. Halinoung, par de la péridotite massive, sur laquelle il y a des matériaux meubles, tandis que les deux sommets de cette montagne, de 290 à 300 et de 810 à 325 m., consistent de nouveau en calcaire corallien. Un peu plus au sud, le calcaire monte à 340 m. ; puis vient la cime plate du mont Apinau, qui consiste en gravier incohérent; plus au sud, encore du calcaire jusqu'à 370 m.; et à l'ouest de ce point, de l'autre côté de la route d'Ambon à Siwang, le calcaire atteint même l'altitude de 400 m.; ici nous sommes déjà dans le domaine du G. Nona. Entre la rivière Batou gantoung et le G. Apinau, il se trouve donc, sur et contre la péridotite du domaine oriental du Nona, depuis jusqu'à 400 m. d'altitude, des matériaux meubles, entre lesquels apparaissent des couches calcaires au moins à 4 hauteurs différentes. Ce chiffre doit encore être augmenté de 3, car on observe aussi des afileurements de calcaire dans le cours inférieur de la Batou gantoung, à peu près à 10, 25 et 36 m. d'altitude. Le fameux «Batou Sëmbajang» (-pierre où l'on prie-, «oratoire»), masse calcaire, creusée par les eaux en forme de dais, reposant sur de la péridotite et que Semon a représentée

dans Bon mémoire n^ S6 sous le nom de «Batou gantoung», appartient à ces couches de calcaire. (')

Dans la partie orientale de Leitimor, la petite rivière Halérou coule entre deux parois de calcaire, depuis le hameau Halérou jusqu'au point où elle se divise en deux branches, et disparaît en deux points dans des grottes calcaires pour prendre un cours souterrain; ces murs calcaires, de 10 m. de hauteur (220 à 230 m. d'altitude) appartiennent, ainsi qu'on peut le voir clairement dans la partie orientale de notre profil géologique (fig. 1, annexe I), à une couche que la Waï Halérou a rongée jusque dans les couches de gravier sous-jacentes. A un niveau plus élevé gisent encore une ou deux couches calcaires, divisées en 3 séries, dont font partie les cimes calcaires de 268, 289 et 296 m. d'altitude. La série du milieu porte au nord et au sud des sommets qui ont plus de «^ m. d'altitude. Si nous suivons notre profil fig. 1 jusqu'à la côte, nous voyons que, jusqu'à Touwi sapo, il apparaît encore à 5 niveaux différents des couches de calcaire corallien, entre les couches incohérentes de gravier et de brèches d'une andésite blanchâtre à pyroxène et biotite; on trouve notamment du calcaire à des altitudes de 20à30, de96à 115, de 144 à 147, de 181 et de 251 à 253 m. La dernière couche paraît être la plus basse de Halérou, et elle aurait une inclinaison de 2^ vers l'ouest. IjCs fragments de calcaire à 90.2 m. semblent être des blocs descendus de la hauteur, de même que le grand bloc, d'une grosseur de 10 m environ, gisant un peu au nord du sentier de Halérou à Touwi sapo, à peu près à 182 m. d'altitude (feuille 3 de la carte), évidemment un fragment qui s'est détaché plus haut, ainsi qu'on peut le voir sur la fig. 24 (annexe IV).

Considérons à présent la partie occidentale de notre profil fig. 1, où l'on voit une coupe des collines avancées derrière Këlapadouwa, un terrain qui communique avec celui de Halérou, décrit plus haut, derrière Lata, Lateri, Nôntetou et le long du cours inférieur de la Waï Jori. Cette rivière coule ici aussi dans des sables et des brèches incohérentes de matériaux d'andésite, entre lesquels apparaissent.

(1) Salouon MliLi.RR aussi a publié un dessin du ,,Batou Oantoun^^'* dans les Verhandelingt^n der natuurkundige Commissie. Deel I>and- en Volkenkunde, Leijden. I83'J— I8ii. Planche 20.

près des cimes Tëlaga oular et Wringin pîntou, deux couches de calcaire corallien, à l'altitude de 100 à 117 m. pour l'une, et de 175 à 210 m. pour l'autre.

Les matériaux au-dessus de Këlapa douwa consistent en sable, cailloux roulés et brèches incohérentes d'andésite, entre lesquels il y a des couches calcaires en 8 endroits. Les terrasses de sable entre ces calcaires sont horizontales ou peu inclinées; là où se trouve le calcaire, le versant de la montagne monte en pente escarpée de 5 à 10 m. La couche calcaire supérieure s'y trouve à l'altitude de 140 à 145 m. et les collines avancées se terminent en une terrasse à peu près complètement horizontale, dont l'altitude est de 170 m. environ, que les rivières ont profondément aflfouillée et qui finit contre le mont gréseux Api angous.

Les collines en arrière de Halong consistent également en débris de nos roches éruptives récentes. En suivant le sentier qui mène vers l'Api angous on coupe, sur le versant nord de la première montagne, plate, de 153 m. de hauteur, 4 couches de calcaire corallien; et dans le même sentier on rencontre encore une fois les deux couches supérieures au versant sud, ainsi que le montre le profil fig. 6 (annexe II) ; la plus élevée de ces deux couches est de nouveau visible un peu plus au sud, dans la seconde colline. A cet endroit, la seconde couche ne se laisse pas voir, soit à cause d'une forte altération, soit à cause des débris d'éboulement <iui la recouvrent. Une partie du profil fig. 6 a été représentée à une échelle plus grande (les deux échelles horizontale et verticale sont de 1 : 5000) dans la fig. 7 ; comme la couche calcaire supérieure s'élève au nord il l'altitude de 102 à 103 et au sud à celle de 99 à 100 m. seulement, il en résulte que cette couche présente vers le sud, ou plus exactement vers le sud-est, une inclinaison trh faible qui a été calculée à 0° 32'. La couche inférieure s'étend au versant nord depuis 90 A 97 m., au versant sud depuis 83 jusqu'à 92 m. d'altitude. Comme cette couche ne se montre pas partout d'égale épaisseur, la face inférieure présente une inclinaison un peu plus forte que la supérieure, savoir, la première 0°47' et l'autre 0*40' d'inclinaison, également au sud-est.

Ainsi donc, de même que les couches brécheuses du G. Koupang et les couches arénacées à l'est du G. Karang pandjang, les couches

calcaires près Halong ont une faible inclinaison vers le sud-^t, donc de la côte vers VinUHeur, de sorte que les têtes des couches sont tournées vers la baie.

Au profil 6 on peut voir encore que la couche supérieure, de 99 à 100 m., est un peu plus élevée vers le sud, où l'altitude est de 100 à 106 m.; la portion sud a donc une inclinaison vers le nordouest, et cette couche doit, à l'endroit où elle a été creusée par la rivière, présenter une dépression en forme de pli synclinal ou bien un pli aigu, ainsi que le représente notre profil.

La colline Batou medja en arrière d'Ambon et le terrain sur la route d'Ambon à Soja di atas ont été coupés dans notre profil fig. 2 (annexe I). Au versant nord du Batou medja, 6 couches de calcaire s'interposent dans les débris incohérents, qui contiennent des matériaux de granité aussi bien que de serpentine. Entre ces couches existent de nouveau des plateaux de sable légèrement inclinés. Après le Batou medja (140 m.), on a coupé la Waï Tomo këtjil, dans le lit de laquelle apparaissent, à l'altitude de 80 m. environ, les couches de grès inclinant au nord-est; de sorte que l'épaisseur des couches sus-jacentes y est de 60 m. A l'autre rive de la Waï Tomo këtjil, la ligne du profil suit la route d'Ambon à Soja di atas, et elle s'y étend, sur une longueur de 900 m., sur un plateau parfaitement horizontal qui forme avec le Batou medja une terrasse unique, dont l'altitude est de 140 m. et qui n'a été entaillée profondément que par la Tomo këtjil. Déjà tout près du granité le terrain commence à monter, et l'on peut encore y voir le restant d'une terrasse plus haute, de 170 m. d'altitude, qui contient non seulement des morceaux de granité, mais aussi des fragments de péridotite.

Sur la route d'Ambon à Kousou kousou sëreh, le terrain monte d'abord en pente raide jusqu'à 98 m., où l'on rencontre la première couche calcaire, qui continue jusqu'à l'altitude de 112 m. Ensuite le chemin s'élève, également en pente assez niide, sur du sable meuble jusf[u'à 126 m. ; ici l'on atteint une première terrasse, qui s'élève en pente faible jusqu'à 133.5 m. Vient ensuite du calcaire jusqu'à 135 m. ; puis une 2© terrasse, faiblement inclinée, jusqu'à 140 m ; à celle-ci succède la 3e, long plateau de 1000 m. environ d'étendue, à l'altitude de 140 m. , qui correspond à celui de la route d'Ambon à Soja,

mais qui présente ici un 4e petit plateau encore, atteijçnant une altitude de 150 à 157 m. Enfin, près du granité, les collines de matériaux incohérents s'élèvent de nouveau jusqu'à 170 m., de même que plus loin à l'est.

Mais sur le granité, au nord du mont Loring ouwang, repose d'abord un peu de calcaire à 228 m. et puis deux petits plateaux à 257 et 281 m. d'altitude, restants d'une couverture jadis plus étendue, mais qui a disparu maintenant en grande partie par érosion. Nous avons ici un premier exemple de calcaire corallien reposant sur du granité. Cependant, ici comme ailleurs, ce calcaire n'est pas en contact immédiat avec le granité, mais il repose sur un peu de matériaux roulés, consistant essentiellement en débris de serpentine.

Le point de la rivière Batou gantoung que l'on appelle «Batou pintou» a déjà été cité plus haut. Au nord de ce lieu, le calcaire n". 94, riche en foraminifôres, présente une faible inclinaison vers l'est; près du point Batou pintou même, on peut même observer des plaques qui ont une inclinaison de 10 à 15^. Mais ce n'est pas là l'inclinaison normale; elle est la conséquence d'un éboulement, car la rivière a fouillé en cet endroit la base des plaques calcaires.

Tout près de Kousou kousou sëreh s'étend, dans le terrain de débris, une longue arête calcaire dans laquelle il y a la grotte bien connue, déjà décrite par Reinwardt (mémoire n°. •) sous le nom de «Batou lobang», ce qui signifie littéralement «pierre avec un trou». Le nom véritable est toutefois «Liang ékang». Actuellement cette grotte n'est accessible, à partir de l'entrée, que sur une longueur de 65 m. et à partir de l'ouverture étroite elle n'a pas plus de 4 m. de profondeur (i). Il y existe des stalactites, mais les formes n'en sont pas fort belles, de sorte que, même pour le touriste, cette grotte est peu remarquable, n y coule de l'eau qui se dirige vers l'ouest et se décharge dans la Batou gantoung par une ouverture dans la paroi calcaire. Co point est indiqué sur la feuille 5 de notre carte. On n'a pu observer aucune inclinaison dans les couches calcaires de la grotte.

Plus au sud, le terrain monte considérablement et atteint les plus

(ï) Studer (mémoire nO. 26, p. 218) parle d'une profondeur de 18 m., ce qui ne pouvait être exact même en 1876. La longueur qu'il donne à la grotte (300 paa) peut bien avoir été aussi grande, car depuis ce temps elle a diminué par des effondrements.

grandes hauteurs dans les oimes calcaires Eri haou (361 m.) et Nanahou (377 m.)* A l'exception du petit sommet de granité Hatou iroung et des couches calcaires susnommées, ce terrain consiste entièrement en matériaux argileux, roulés, incohérents, pour une grande partie des débris de serpentine. Ce qui montre clairement que nous n'avons pas affaire ici à de la serpentine altérée, c'est la constitution, car outre de la serpentine (n®. 186) on trouve dans l'argile brune de nombreux petits fragments d'un grès dur (n". 186) et de quartzite, ainsi que de petits cailloux roulés de granité, en un mot des morceaux de toutes les roches des alentours. Ce sont donc évidemment des matériaux polygènes, rassemblés par les eaux, que j'ai rencontrés tant du côté nord du G. Nanahou jusque immédiatement sous le calcaire, que du côté sud de l'Eri haou près d'une •pantjouran* (une source, origine d'un des affluents delaWaïSéma ou Waï Jari). Près de cette source on trouve surtout beaucoup de morceaux de grès. De très gros blocs de calcaire se trouvent non seulement aux deux montagnes citées tantôt, mais encore le long du sentier allant de la Labouhan Awahang à Malaman, notamment un à l'ouest de l'Eri haou et 4 au nord de la cime granitique Hatou iroung. Ces blocs paraissent tous s'être détachés et avoir roulé en bas.

Entre le Nanahou et le rivage de la mer, il y a 8 couches calcaires, alternant avec des couches de gravier, qui forment divers plateaux légèrement inclinés ou sensiblement horizontaux; ils renferment aussi des morceaux de serpentine, de grès et de quartzite, entre autres à proximité du sentier de Mahija à la Labouhan Awahang, à peu près à 200 m. d'altitude. Tout près de la plage, il vient s'y ajouter des morceaux de granité.

A l'est de la Labouhan Awahang, jusqu'à la Labouhan Roupang, il apparaît du calcaire en trois endroits différents du terrain granitique. Ici encore on trouve, sur le granité, d'abord une couche de débris de serpentine, et là-dessus le calcaire; le massif calcaire oriental qui se termine au cap Simanoukoung, et dans lequel se trouve une petite maison de Binoungkounais, forme trois terrasses nettes, que l'on peut observer de l'est, p. ex. du G. Post, et qui sont représentées sur la fig. 23 (annexe IV). A proximité de la Labouhan Roupang, le calcaire contient un très grand nombre de fragments de serpentine.

Nous avons déjà parlé plus haut des terrasses de la montagne de péridotite Eri samau, représentées sur la fig. 15 (annexe III).

Le G. Post (ainsi nommé d'après un poste à signaux qui y existait jadis) situé un peu plus à Pest, laisse voir en 4 points du calcaire, sous lequel il y a de nouveau un peu de débris de serpentine. C'est là le dernier point où apparaît le calcaire; plus à Pest encore, à Kilang, où nous avons levé un grand nombre de routes, on n'a trouvé de calcaire nulle part, et pas davantage dans tout le terrain granitique jusqu'à Houkourila. On pourrait explicjuer cette circonstance par la nature de la roche, car il est de notoriété que du sable quartzifère aigu, résultant de la désagrégation du granité, n'est pas favorable à l'édification du corail, et la mettre en rapport avec le fait, que dans le domaine du granité nous n'avons trouvé du calcaire qu'en ces points là seulement, où reposent sur le granité des débris de serpentine, originaires des montagnes de péridotite situées à proximité (Apinau, Loring ouwang et Eri samau). Toutefois, cela n'explique pas le fait qu'au G. Horiel le calcaire fait aussi défaut partout; tout à fait au pied nord de cette montagne, sur la route d'Ambon à Routoung, non loin de la Waï lia, il y a une terrasse peu inclinée d'argile brune; au pied méridional, à Lea hari, un peu de matériaux meubles sont adossés à la péridotite à l'altitude de 90 m., et aux caps Riki et Hihar il y a aussi du calcaire jusqu'à 30 m., tandis qu'à l'est de la montagne, sur la route de Routoung à Ambon, il y a un peu de calcaire à 124 m. d'altitude; mais dans le massif proprement dit du Horiel on ne connaît aucun dépôt de débris incohérents ou de calcaire corallien, ni sur la crête ni sur le versant. L'absence de calcaire ne peut donc être attribuée ici ni à la nature de la roche, car le calcaire corallien semble de préférence se déposer sur de la serpentine, ni à des pentes trop fortes, puisqu'au sud de la plus haute cime il y a des parties peu inclinées ou même horizontales. Il me semble donc que l'absence de dépôts de calcaire et de débris incohérents au G. Horiel ne peut s'expliquer qu'en admettant que cette montagne se trouvait déjà en grande partie au-dessus du niveau de la mer, avec le granité et le grès avoisinants, lorsque ces dépôts se sont formés ailleurs. Nous reviendrons plus loin sur cette question.

Nous noufl transportonB maintenant plus à l'ouest et nous considérons en premier lieu les couches calcaires qui, à Tandjoung Hati ari, se trouvent aux altitudes de 10 à 20 et de 30 à 40 m., et qui se réunissent plus à l'ouest pour n'en former qu'une. La surface de cette couche atteint, à l'extrémité occidentale, 70 m. d'altitude, et au-dessus du cap Hati ari, 40 m. seulement, de sorte que cette couche doit présenter une faible inclinaison vers l'est ou le nord-est, ce que l'on peut déjà constater lorsqu'on longe la côte du sud en bateau à vapeur.

Entre Silali et Latou halat, la route passe par un collet, (jui n'est qu'à 58 m. d'altitude. On y trouve exclusivement des matériaux incohérents, alternant avec du calcaire corallien, plus élevés au nord que du côté sud. La couche calcaire supérieure (voir profil fig. 5 de l'annexe II) ne se prête pas à un calcul de l'inclinaison, car elle a été trop entamée par les eaux. Il vaut donc mieux se servir de la couche qui apparaît aux altitudes de 47.2 et 38.3 m., et dont on peut déduire une inclinaison de 0** 35' environ au sud ou au sud-est.

La montagne Batou Kapal tout entière se compose aussi de matériaux incohérents avec bancs de cah^niro. Tout près du sommet, à 220 m. d'altitude, il se trouve un petit restant d'un banc calcaire qui existait auparavant à cette hauteur; entre 100 et 113 m. d'altitude, on voit encore différentes parties d'une deuxième couche, dont la face supérieure est à 113 m. d'altitude au cap Nousaniwi, mais à Silali à 104.7 m. d'altitude seulement, ce qui nidique une faible inclinaison à l'est ou au sud-est, ainsi qu'on peut le voir au profil fig. 4 (annexe II). A l'est de la route de Silali à Latou halat, les matériaux meubles et le calcaire montent, par les cimes Atana, Rousi et les petits sommets A et B, jusqu'à 346 m. d'altitude; une grande partie a de nouveau été enlevée par érosion, de sorte qu'on ne voit pas distinctement quelle est la correspondance des couches. On trouve une première couche à 75 m., une deuxième, depuis 86 juscju'à 90 m., une troisième, de 98 à 112 m. (fortement afifouillée), puis, entre 170 et 230 m., 5 couches qui ont une faible inclinaison à l'ouest ou au sud-ouest; puis encore 3 couches, entre 255 et 290 m.; enfin, le calcaire situé le plus haut entre les cimes A et B, qui descend de 343 à 317 m. et qui a été affouillé jusqu'à 296 m. par un affluent de gauche de la Waï Jowang, pour s'élever finalement, au sommet B, jusqu'à 346 m.

d'altitude. Un peu au-delà de ce point, les matériaux meubles aussi bien que le calcaire corallien, qui reposent sur la përidotite, finissent et l'andésite à quartz et mica commence.

Il est tant soit peu incertain si les couches calcaires entre 107 et 230 m. correspondent à celles de la petite cime A, ou bien à celles de la cime B (voir profil fig. 4). Dans le premier cas, elles auraient une inclinaison moyenne de TV^*» environ, ce qui me semble trop, eu égard à celle que présentent les couches du G. Rousi; dans le dernier cas, Pinclinaison est de 4'/^° environ au sud ou au sud-ouest, ce qui est bien plus vraisemblable, et c'est ainsi que c'est indiqué dans notre profil. Si nous comparons cette position avec celle des couches du G. Kapal, citées plus haut, on remarque qu'entre le cap Nousaniwi et la cime B les couches forment un pli synclinal, et que le point le plus bas de ce pli coïncide avec le collet entre Silali et Latou halat. Nous ne devons donc admettre ici l'existence ni d'une cassure ni d'une faille.

Si de Silali on suit la côte vers le nord, on ne trouve nulle part du calcaire corallien, depuis Eri jusqu'à Amahousou. IjCS matériaux y consistent en sable et brèches incohérentes d'andésite à quartz et mica qui, par leur teneur en quartz, paraissent avoir été défavorables pour l'édification des coraux. En arrière d'Amahousou, on peut voir plusieurs formes plates, plateaux ou terrasses, qui paraissent avoir une légère pente au nord-ouest(?), ainsi qu'on peut l'observer le mieux du nord, de la baie d'Ambon (voir fig. 26, annexe IV).

Entre Amahousou et Ambon, la route suit le pied du G. Nona, et l'on y trouve du calcaire corallien entre des débris de serpentine ; près de la rivière Tihamètèn, ce calcaire repose môme directement sur la serpentine massive.

Aucune domaine de I^eitimor n'est aussi riche en bancs de calcaire corallien que celui du G. Nona. Si l'on suit la grand' route d'Ambon à Siwang, ou les sentiers de Waï Nitou ou de Kouda mati vers cette montagne, on rencontre partout des bancs de coraux, alternant avec des débris de péridotite et de serpentii^e; en quelques points le calcaire repose aussi immédiatement sur la péridotite. On peut voir toutes ces couches sur notre profil fig. 8 (annexe I). La couche calcaire qui, dans le profil, a été coupée entre 880 et 400 m. et qui

s'étend le long des bordA nord et est de la montagne (voir carte n*. ni) peut s'observer très bien d'en bas, près de Kouda mati; et alors il saute déjà aux yeux que cette couche n'est pas parfaitement horizontale, mais qu'elle a une inclinaison légère vers l'est, et que de plus elle présente une dépression en forme de bassin (voir fig. 59). L'extrémité occidentale est la cime 466 de la carte III. Au profil fig. 8 une seconde couche calcaire, encore plus haute, a été coupée entre 420 et 440 m. Sur notre cArte n^ III, qui représente le sommet du G. Nona à une échelle double de celle de la carte principale, donc à 1 : 10 000, avec des courbes de niveau de 5 en 5 m., on peut voir que la couche supérieure s'étend en cercle autour de la cime de 475.6 m., laquelle se compose de débris de serpentine. Cîomme les portions sud-ouest de cette couche sont plus élevées que les autres parties, il est clair (|ue cette couche aussi a une inclinaison vers le nord-est, et en même temps que les cimes calcaires de 481 et 539 m. doivent faire partie de cette couche. La grande épaisseur qui a été donnée sur la carte au calcaire do la cime de 539 m. s'explique d'abord par cette circonstance, que les deux couches calcaires de plus haut paraissent avoir gagné en épaisseur; ces couches sont probablement séparées par des couches de débris de serpentine; mais les versants abrupts, recouverts d'une végétation dense, sont tellement couverts de blocs de calcaire, que l'on n'y peut voir ces débris et que le tout a dû être indiqué comme calcaire sur nos cartes. Comme les deux couches de calcaire ne sont pas divisées en bancs parallèles (\m pourraient servir à déterminer leur direction et leur inclinaison, nous avons dû recourir au calcul. Et d'abord, pour déterminer aussi exactement que possible la direction et l'inclinaison de la couche inférieure, nous avons choisi avec soin dans cette couche trois points de 470, 430 et 380 m. d'altitude (indiqués sur la carte n*. III), non situés en ligne droite et pris tous les trois à la base de la couche. On aurait pu les prendre aussi à la surface de celle-ci, mais il n'y aurait eu là aucun avantage pour le calcul; car, le plus souvent, la surface des couches calcaires est affouillée très irrégulièrement, de sorte que les 3 points ne sauraient être pris avec certitude sur la surface primitive. Toutefois, le choix de ces points à la base de la couche a aussi un inconvénient, savoir que la couche inférieure

n'a peulrôtre pas été déposée sur une surface parfaitement horizontale, bien que cette surface consiste ici en débris de serpentine qui ont été déposés sous les eaux.

Par une construction connue et bien simple on peut, connaissant la situation et la hauteur de ces 3 points, calculer la direction et l'inclinaison de la couche, et nous avons trouvé ainsi : D = 148o, l^S^'Sô' au nord-est.

Pour la couche supérieure on peut, d'après notre carte, calculer la direction moyenne, qui varie entre 132** et 136**; et pour l'inclinaison, on trouve des chiffres qui varient de 4Vi à 5*/^**.

Bien que ces chiffres puissent subir quelque modification par le choix d'autres points, ils montrent suffisamment que les deux couches ont une direction qui se rapproche du sud-est; que toutes deux ont une inclinaison vers le nord-est ; et que la cwiche nupérieure, la plus ancienne, incline wn peu plus fortement cjue Vautre.

Dans notre profil fig. 3 (annexe I), l'inclinaison des couches au sommet du G. Nona n'a été indiquée que d'une manière schématique; mais ce n'est pas là l'inclinaison véritable, parce que la ligne de profil n'est pas perpendiculaire à la direction des couches. De plus, les altitudes ont été prises à une échelle 4 fois plus grande que celle des longueurs, de sorte que dans ce profil l'inclinaison est représentée d'une façon fort exagérée.

En ce qui concerne maintenant les couches calcaires situées plus bas, que l'on rencontre au versant nord de la montagne jusqu'au kampong Waï Nitou, et aux versants nord-est et est jusque dans la vallée de la rivière Batou gantoung, celles-ci à leur tour ne sont généralement pas parfaitement horizontales. Je rappelle ici, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer plus haut, que les couches du Batou pintou ont une inclinaison faible vers l'est (ou le nord-est). Ces couches sont ù 100 m. d'altitude environ ; et pour les bancs calcaires situés en arrière de Halong, à une altitude d'environ 100 m., on a pu constater aussi, par le calcul, une inclinaison qui toutefois est déjà inférieure à V. Les couches calcaires dont l'altitude est encore plus petite peuvent être regardées comme horizontales; car il est le plus souvent absolument impossible d'évaluer sur le terrain une inclinaison de couches calcaires inférieure à 0^ 40^, tant par l'inégalité

de la surface que par la variation de l'épaisseur d'un point à un autre. Il arrive d'ailleurs assez souvent que ces couches se terminent en forme de coin (auskeilen) dans les dépôts de gravier.

n résulte de ce qui précède que les couches de calcaire et de gravier des hauteurs de Leitimor n'ont pas une position parfaitement horizontale, mais qu'elles ont une faible inclinaison; que cette inclinaison est la plus forte pour les couches supérieures, les plus anciennes, sans dépasser toutefois 57*° ; que les couches situées plus bas, jusqu'à 100 m. d'altitude, ont des inclinaisons de 37i** à 1** environ; et que les calcaires encore plus jeunes ont une position sensiblement horizontale, ou, dans tous les cas, ont des inclinaisons de moins de 1^, que l'on ne peut en aucune façon observer sur le terrain et que l'on ne peut calculer que dans des cas très favorables et par des levés effectués avec soin. D'autre part, on s'aperçoit que l'inclinaison de ces couches est souvent au sud-est, c'est-à-dire opposée à la baie d'Ambon, de sorte que la côte nord de Leitimor est le bord d'une faille. Enfin, qu'en différentes parties de Leitimor, la direction des couches est très variable: au Batou kapal elle est à peu près nordest; aux cimes A et B, au-dessus du G. Rousi, à peu près sud-est avec inclinaison vers le sud-ouest; au G. Nona, aussi à peu près sud-est mais avec inclinaison au nord-est; au Batou pintou, elle est plus ou moins est; en arrière de Halong ± nord-est; tandis que les couches de la partie orientale de Leitimor, entre autres des alentours de Halérou, ont une faible inclinaison (2*) vers l'ouest ou le sud-ouest, de sorte que leur direction est ± nord-ouest, et que par conséquent elles tournent leurs têtes vers la côte, du côté de Touwi sapô, où il y a donc une faille.

On peut déjà conclure de là que Leitimor n'a pas été soulevée uniformément en son entier, mais que des portions de l'île ont été atteintes d'une manière très irrégulière par des soulèvements réitérés. Les divers bancs de calcaire, que nous trouvons adossés à la montagne de péridotite Nona, font voir que ces soulèvements n'avaient pas lieu continuellement, mais se faisaient par périodes séparées par des époques de repos, pendant lesquelles il se formait chaque fois au niveau de la mer un banc de calcaire corallien, qui, lors d'un soulèvement nouveau, venait ajouter une nouvelle assise de calcaire à

celles qui existaient déjà autour de la montagne. Ces couches calcaires ne pénètrent donc pas très avant dans la montagne, car le noyau se compose de péridotite massive; on ne peut les suivre que jusqu'au point où s'arrêtent les matériaux incohérents, puisqu'elles alternent avec ceux-ci.

Si nous construisons un profil (voir fig. 60, annexe VI), sensiblement perpendiculaire à la direction des couches, par les cimes calcaires de 539 et de 481 m. du G. Nona, le sommet calcaire de 400 m. au sud-ouest de i'Apinau, puis, par cette montagne elle-même vers la petite cime calcaire de 325 m. au sud du Halinoung, la crête calcaire de 211 à 200 m. et celle de 100 m. environ jusque dans la vallée de la Batou gantoung, nous constatons que non seulement le calcaire de 325 m., mais même celui de 210 m., peuvent appartenir aux couches qui sont à nu au sommet du 6. Nona, si celles-ci continuent à descendre vers le nord-est avec une inclinaison de5Vt^ environ. Toutefois, la couche calcaire de ± 100 m. ne fait pod partie de cet ensemble; elle se trouve beaucoup plus bas, et, à ce qu'il paraît, sensiblement horizontale. Si nous nous rappelons à présent que les magnifiques plateaux horizontaux sur la route d'Ambon à Soja di atas et à Kousou kousou sëreh atteignent des altitudes de 140, 150 et Umt au plus de 170 m., et que les collines avancées de matériaux incohérents en arrière de Halong montent également, contre le grès, jusqu'à 173 m. , alors que la hauteur plus grande de la cime de 211 m. au sud de Lata doit être attribuée à une inclinaison excesdvemerU faible des couches vers le sud-est — laquelle a été constatée entre autres aussi aux couches en arrière de Halong, ce qui fait que les couches au sud de Lata doivent venir au jour un peu plus haut que plus au sud, contre le grès — il me semble que par ces données nous sommes à même de faire une séparation entre les sédiments anciens, tertiaires supérieurs, peut-être pliocènes, et les jeunes dépôts quaternaires. Ces derniers constitueraient alors entre autres les terrasses en arrière d'Ambon et de Halong jusqu'à 170 m. d'altitude environ, dont les couches sont sensiblement horizontales ou n'ont, au plus, que des inclinaisons de 1°. Par contre, les couches de calcaire et de gravier qui ont des inclinaisons atteignant 5'/%°, et qui précisément pour cette raison se présentent non seulement au haut du O. Nona, mais descendent

aussi le long du versant, p. ex. les couches calcaires jusqu'à 400, 300 et 200 m., et même celles du G. Rousi jusqu'à 170 m. d'altitude, toutes ces couches feraient partie des premiers dépôts. La possibilité existe même, que ces couches inclinées apparaissent encore à un niveau moins élevé, à la même hauteur que les calcaires quaternaires, et puissent ainsi être confondues avec ces derniers ; et dès lors il est tout-à-fait impraticable de séparer sur la carte les dépots pliocènes d'avec les sédiments quaternaires, non seulement pour la raison qui vient d'être donnée, mais aussi parce qu'il n'y a pas eu d'interruption dans les dépôts et que les matériaux sont restés tout à fait les mêmes. Mais ce qui vient corroborer parfaitement notre théorie des soulèvements périodiques réitérés, c'est que les sédiments les plus anciens sont aussi ceux qui ont la plus forte inclinaison.

Bien que pour Leitimor il ne soit donc pas invraisembable, que nous puissions admettre une limite entre les sédiments quaternaires et pliocènes, à l'altitude de 170 m. environ, il ne s'ensuit nullement que dans les autres îles des Moluques cette limite se trouve à la même hauteur; ceci me paraît même inadmissible pour plusieurs raisons.

Finalement, nous devons encore tâcher de découvrir la cause de l'absence du calcaire corallien dans le domaine du G. Horieletdans celui du granité qui s'y rattache du côté de l'ouest. Nous avons déjà fait observer plus haut que cette absence ne pouvait être mise exclusivement sur le compte de la qualité de la roche. Par altération, le granité donne des débris quartzeux très acérés qui sont défavorables à l'édification du corail; mais si ces débris sont entremêlés d'une certaine proportion d'éléments argileux, comme dans les collines en arrière d'Ambon et dans les vallées de la Waï Tomo et de la Waï Batou merah, alors ces circonstances défavorables se sont tellement modifiées que sur cette base il peut se former du calcaire corallien, ainsi que le prouvent les couches de calcaire que nous rencontrons entre les couches de gravier dont il vient d'être question.

En d'autres endroits reposent sur le granité des débris de serpentine, originaires des montagnes de péridotite situées à proximité; et sur ces débris les coraux ont pu se développer abondamment. Ceci n'empêche pas cependant que les sols granitiques ne soient en général

défavorables à l'édification du corail, lorsque les circonstances particulières dont nous venons de parler n'ont pas modifié la nature des produits d'altération servant de base.

Mais il en est tout autrement de la péridotite qui y confine ; celle-ci fournit un sol excellent pour la construction des coraux, ainsi que nous l'apprend le G. Nona. Et cependant, au Horiel, le calcaire corallien manqrie totalement, et les sédiments quaternaires, à peu près; au pied sud-est il y a des matériaux quaternaires jusqu'à 90 m.; au pied est, du calcaire à 124 m. ; et au pied nord, depuis 236 jusqu'à 222 m. d'altitude, un très petit plateau qui a été indiqué sur la carte comme quaternaire et (lui s'est probablement déposé sous la mer, bien qu'il puisse s'agir ici de débris de serpentine altérée rassemblés par les eaux pluviales. De même, il est quelque peu incertain si le petit plateau qui repose sur le grès un peu plus vers l'est, et qui s'élève depuis 261 jusqu'à 265 m. d'altitude, fait partie des sédiments marins ou bien de débris de grès altérés sur place et rassemblés par les eaux.

Des dépôts de débris de très faible épaisseur ont pu être pris pour de la serpentine altérée, et avoir échappé à notre attention dans nos recherches; mais tel n'est certes pas le cas pour le calcaire dur, inaltéré ; celui-ci, lorsqu'il existe, apparaît partout très distinctement, tant par ses parois escarpées que par sa couleur blanchâtre. Il n'y a donc pas lieu de douter que le Horiel ne présente nulle part sur sa crête du calcaire corallien, et on ne peut attribuer cette absence qu'à deux causes: ou bien, ce calcaire y a existé auparavant mais a été enlevé complètement par érosion; ou bien, ce calcaire ne s'y est jamais déposé. Dans le premier cas, on peut se demander pourquoi le calcaire corallien du G. Nona n'a pas disparu aussi en totalité, puisque sur les deux montagnes l'érosion pouvait agir avec la même énergie; ainsi que le montrent nos cartes et nos profils, une partie assez importante des couches calcaires a disparu aussi par érosion au G. Nona, mais une partie plus forte encore a été conservée; et tel aurait été à coup sûr le cas pour le G. Horiel aussi, si le calcaire y avait jamais existé. H ne reste donc qu'une seule hypothèse admissible, c'est que du calcaire corallien ne s'est jamais déposé sur le massif du G. Horiel; et ceci ne s'explique qu'en admettant que

la partie supérieure du G. Horiel s'était déjà soulevée au-dessus du niveau de la mer, avec une portion du terrain granitique et gréseux qui y confine, à Pépoque pliocène, lorsque se déposèrent sur le G. Nona voisin le gravier et le calcaire corallien. Si une partie du terrain gréseux se trouve à présent plus bas que les calcaires coralliens de l'est de Leitimor, il faut l'attribuer à un affouillement ultérieur par la Waï Jori et ses affluents. Sans doute ce terrain, dans la partie qui a été probablement recouverte par la mer pliocène, n'aura pas présenté beaucoup de calcaire corallien, puisque des débris de grès sont également défavorables aux formations coralliennes.

Le domaine du Nona était donc encore tout entier sous la mer lorscjue le Horiel émergeait déjà; les calcaires coralliens et les débris qui se sont déposés sur le Nona ont été soulevés plus tard à plusieurs reprises et le Horiel n'a pas pris part à ces soulèvements.

Dans le temps que je croyais encore que les calcaires coralliens avaient une position parfaitement, ou du moins presque parfaitement horizontale, je ne pouvais me l'expliquer qu'en admettant qu'il existait entre ces deux domaines une faille, une crevasse dans la croûte terrestre, le long de laquelle la portion occidentale de Leitimor (le terrain du Nona) avait été exhaussée relativement à la portion moyenne (le Horiel). Comme la portion orientale présente aussi des calcaires dans les hauteurs de Halerou, il devait y avoir aussi quelque part une faille du côté est du Horiel. La première faille pouvait bien coïncider avec celle constatée au sud d'Ambon ; mais la seconde n'a pas pu être signalée sur le terrain.

Depuis lors j'ai reconnu que les calcaires du Nona inclinent au nord-est et ceux de Halérou au sud-ouest; et que cette inclinaison, quelque légère qu'elle soit (2** à 5°), est suffisante pour expliquer l'absence de calcaire contre le Horiel, sans qu'on ait besoin d'avoir recours à des failles, bien qu'il ne soit pas absolument impossible que la faille au sud d'Ambon ait joué un certain rôle dans le soulèvement du domaine du Nona.

Si nous formons une coupe longitudinale de I^eitimor et que nous y indiquons les couches calcaires avec leur inclinaison, comme cela a été fait dans la fig. 61 — où toutefois les inclinaisons sont fort exagérées, puisque les altitudes ont été prises à une échelle 4 fois

plus grande que les longueurs — on s'aperçoit immédiatement que ces couches forment des plis synclinaux et anticlinaux, qu'elles ne sont donc pas horizontales mais plisaées; que les couches calcaires du G. Nona et de Halérou forment un pli synclinal et que la^ligne synclinale se trouve au pied du Horiel et à peu près au niveau de la mer, de sorte qu'il devient évident que les calcaires doivent faire défaut dans les hauteurs du domaine du Horiel. Pour expliquer ce fait, nous n'avons plus besoin maintenant de failles; le faible plissement des couches suffit. Seulement, nous devons considérer comme un fait que le Horiel formait un continent lorsque le G. Nona et le terrain de Halérou étaient encore sous les eaux. Le Horiel n'a pris presque aucune part au plissement et au soulèvement de ces deux terrains. Pl^s tard se sont déposés les produits quaternaires, qui ont aussi été soulevés périodiquement justju'à l'altitude de 170 m. environ. Bien que l'inclinaison en soit très faible, ils inclinent cependant légèrement vers le sud-sud-est; et par suite, du côté nord du G. Horiel ils sont plus élevés que du côté sud. Leitimor tout entière présente le long de la côte une bordure de ces jeunes matériaux, qui est plus large au nord qu'au sud, à raison de la faible inclinaison vers le sud et aussi parce qu'à la côte du sud les débris incohérents reposant sur le granité ont été çà et là enlevés par les eaux, en tout ou en partie. Une partie de la péridotite du Horiel, à la côte du sud, est aussi dépourvue d'une couverture de matériaux incohérents, par suite d'érosion par les eaux. Jusqu'ici nous n'avons parlé que de soulèvements périodiques, de sorte que les calcaires descendent en terrasses vers la mer et que les couches inférieures sont aussi les plus récentes. Mais parfois on a affaire à une autre disposition. C'est ainsi qu'au dessus du calcaire de la rivière Halérou (220 à 230 m.) il y a encore une couche plus haute (280 à 300 m.); ces deux couches ne se succèdent pas en forme de terrasses, mais la première se trouve sous la seconde dans toute son étendue; le même cas se présente à la Waï Jori, où il y a aussi deux couches calcaires superposées, à 100 et à 2(X) m. environ. Cette alternance prouve que la couche inférieure a été formée la première, la supérieure, la dernière; celle-ci est donc la plus jeune. Il doit donc y avoir eu ici tout d'abord une immersion, qui a permis à de nouveaux calcaires coralliens de se constituer au dessus de ceux qui

existaient déjà; après cela, probablement à l'époque pliocène, le tout a été soulevé, le plus souvent sous des inclinaisons de 2** à 5**; et finalement, contre ces formations coralliennes se sont déposés les sédiments quaternaires, qui ont été soulevés périodiquement et qui à présent forment des terrasses sensiblement horizontales adossées aux couches anciennes. Là où les calcaires gisent en cercles les uns sous les autres et se sont formés successivement autour d'une cime, ou bien là où ils sont étages en forme de terrasses, c'est le calcaire situé le plus haut qui est le plus ancien ; mais s'ils sont disposés les uns au-dessus des autres, alternant avec des couches de gravier, de telle sorte que la couche supérieure recouvre la couche inférieure, c'est la couche inférieure qui doit être la plus ancienne.

Pour finir, nous allons nous représenter la succession des couches des jeunes sédiments à Leitimor, aussi bien de l'ouest à l'est (fig. 61) que du nord au sud.

De Vouest h Pest, nous voyons en premier lieu les couches du G. Kapal, qui inclinent légèrement au sud-est; puis celles du G. Rousi avec inclinaison au sud-ouest; ensuite les couches du G. Nona, (|ui inclinent au nord-est, ainsi que les calcaires des monts Eri haou, Nanahou et Post. Les couches de Halérou inclinent de nouveau au sud-ouest, de sorte que, dans cette direction, nous avons afiaire à deux plis synclinaux successifs avec une interposition d'un seul pli anticlinal.

De nord au sud, l'inclinaison est en général trh faible vers le sudsud-est et le sud-est, de sorte que le long de la côte du nord les couches tournent leurs têtes vers la baie d'Ambon ; c'est le cas, entre autres, à Silali, au nord du cap Batou merah, et en arrière de Halong ; près de ce dernier endroit, elles forment à une plus grande distance de la côte un bassin peu prononcé; et plus loin encore, elles sont sensiblement horizontales, de même qu'aux terrasses derrière Ambon, à la colline Batou medja et sur les routes qui mènent du chef lieu à Soja di atas et à Kousou kousou sëreh.

La description quelque peu détaillée que nous venons de faire de la position des calcaires coralliens et des couches de débris qui les accompagnent est légitimée par le grand intérêt théorique que présente

cette question. Jadis cette position était assez généralement considérée comme parfaitement horizontale, bien qu'il faille ajouter qu'une partie des géologues n'y ont jamais ajouté foi. Ici à Ambon il a été démontré pour la première fois, par des levée précis, qu'un grand nombre de couches calcaires, notamment les plus anciennes, celles qui sont situées à la plus grande altitude, ne sont pas horizontales, mais présentent une certaine inclinaison ne dépassant cependant pas 5Vj° à Leitimor. Pour les couches un peu plus jeunes, l'inclinaison diminue jusqu'à 3**, 2** et 1°, et les couches plus jeunes encore, qui forment ici des terrasses jusqu'à 170 m. d'altitude, ont une inclinaison encore plus faible. Ces dernières couches, nous les rangeons parmi les dépôts quaternaires; les autres, dans le pliocène, ou en général dans le terrain tertiaire tn»s jeune, sans qu'il soit possible de séparer nettement ces deux dépôts sur le terrain et sur la carte. La position des couches est très variable, mais elle n'a rien de commun avec l'allure de la côte. La direction des calcaires des hauteurs est, en général, en travers de l'axe longitudinal de l'île; celle des jeunes couches des terrasses est, il est vrai, parallèle à la côte, mais avec une inclinaison opposée à la côte,

n est donc tout à fait inexact que jusqu'à ce jour «ausschliesslich — gleich manchen Strandbildungen an der Norwegischen Kûste — eine nach dem Meere zu gerichtete Schichtenneigung festgestellt worden ist», ainsi que le prétend Wichmann dans un compte-rendu de mon mémoire n®. 44 dans Petermann's Geogr. Mittheilungen, Litteraturbericht 1901, p. 51, n". 198. De plus, je ne m'explique nullement comment Wichmann s'est procuré les données pour cette hypothèse, — car son assertion formulée avec tant d'assurance n'est pas autre chose — ; du moins, dans mon mémoire n**. 44, je n'ai affirmé nulle part que les calcaires des Moluques inclinent toujours vers la mer; et Wichmann n'a constaté absolument aucune inclinaison, ni dans les calcaires coralliens ni dans les marnes blanches qu'il a observés dans l'Inde, à Timor et à Rôti; d'après sa description, ces couches seraient horizontales. Je veux toutefois signaler en passant qu'à Timor elles ont une inclinaison et qu'à 8oumba l'inclinaison est du sud au nord, de sorte qu'ici en réalité «ein Einfallen dem Meere zu,auf der einen Seite einer Insel, einem Abfallen auf der entgegengesetzten

Seite entspricht», exactement comme Wichmann, dans son compte rendu, l'attend de couches qui doivent leur inclinaison à un soulèvement. A la côte sud de Soumba, la roche sous-jacente, la diabase, apparaît même sous le calcaire corallien; à la côte du nord, nulle part. De même, tous les calcaires coralliens de l'île de Saleier, près de Célèbes, ont des inclinaisons vers l'ouest, de sorte que leurs têtes peuvent s'apercevoir du côté oriental de l'île, en haut contre la montagne.

L'assertion de Wichmann sera sans doute basée sur le fait que, comme Suess, il est partisan d'un abaissement du niveau de la mer; mais cette théorie, au moins en ce qui concerne les Moluques, a été renversée une fois pour toutes par mes recherches faites en 1899 dans les îles nombreuses qui entourent la mer de Banda; et déjà même en 1898, ainsi que nous l'avons vu plus haut, par les levés précis eflfectués au Gounoung Nona et ailleurs à Ambon. Partout où, comme à Ambon, les couches ont été contournées en forme de plis synclinaux et anticlinaux, même si les versants en sont faiblement inclinés, la cause en est un plissement et une pression, un soulèvement des couches au-dessus du niveau de la mer, et ce ne saurait être la conséquence d'un simple abaissement de la surface des eaux.

Description de qudquea roches.

N®. 98. Calcaire dense, gris-clair, à la cime G. Batou kapal, à 215 m. d'altitude. Au microscope, une masse cristalline fine, gris-clair, de calcite avec veines cristallines grossières de calcaire spathique. Des sections de teinte claire appartiennent à des foraminifères, dont on n'a pu déterminer aucun exemplaire. Présente le caractère d'un calcaire ancien, tout comme tous nos calcaires dont la structure corallienne a disparu. Calcaire microcristallin.

N®. 8. Calcaire très tendre, arénacé, farineux, tachant comme la craie, du cap Batou kapal; repose sur la péridotite, depuis 20 jusqu'à 30 m. d'altitude. On ne peut pas tailler de bonnes plaques microscopiques dans cette roche tendre. Au microscope, la poudre laisse voir des spicules de spongiaires, des radiolaires, des particules troubles de calcaire, des morceaux verts de serpentine et un peu de minerai de fer (magnétite). Ce calcaire est relativement jeune, et n'a probablement jamais renfermé de coraux. C'est un caicaire à radiolaires.

N**. 56. Calcaire compacte, blano-bleuÀtre, avec veines de calcaire apathique, au-dessus de Seri, sur la route de Siwang, à 246 m. d'altitude. Repose sur la péridotite sur une petite étendue, et il est possible que œ soit un calcaire ancien. Au microscope, on voit une pâte microcristalline do calcitc avec veines cristallines grossières de spath calcaire; puis quelques sections de restes organiques impossibles à déterminer. Calcaire microcristaUin,

N^. 97. Calcaire tendre, arénacé, tachant comme la farine, au kampong Siwang, à 408 m. d'altitude. Ressemble absolument au n**. 8 du cap Batou kapal, ce qui prouve que ces calcaires à radiolaires n'appartiennent pas exclusivement à la période la plus récente. La roche est trop tendre pour être polie. Au microscope, on peut voir dans la poudre de nombreux radiolaires et quelques spicules de spongiaires. Calcaire à radiolaires,

N". 96. Calcaire compacte, gris-bleuâtre, près de la «maisonnette chrétienne» (carte n». III) au G. Nona, à 500 m. d'altitude. Fait partie de la couche supérieure, la plus ancienne de cette montagne. Au microscope, on voit une pâte microcristalline avec veines de calcaire spathique et des sections de foraminifères et d'autres pétrifications qu'on ne saurait déterminer. Calcaire microcriatallin,

N°. 95. Enlevé au Gounoung Nona, au nord du refuge, à 450 m. d'altitude ; originaire aussi de la couche calcaire supérieure. Ce calcaire repose sur des débris de serpentine, et il renferme môme un très grand nombre de particules de serpentine et des veines épaisses de spath calcaire. Il a une teinte gris-brun et forme, dans la partie inférieure de la couche, dont provient notre échantillon, une brèche fine. Au microscope, on voit des particules de serpentine qui constituent au moins la moitié de la roche, cimentées par une pâte microcristalline de calcite sans pétrifications. Calcaire avec débris de serpentine,

No8. 50 et 61. Calcaire de la deuxième couche du G. Nona, recueilli à 480 m. d'altitude, au nord de la cime de 513.6 m. (carte n®. III). Calcaire blanc-jaunâtre, avec particules vert-jaunâtre de serpentine, où les eaux creusent des cavités, de sorte que ce calcaire présente beaucoup de trous, qui sont tapissés, en partie, de cristaux de spath calcaire. On peut y voir quelques restes de coraux et des moules de

coquilles. Sous les blocs de cette couche, on a trouvé un grand fragment de tridacne (n<». 51) de 15 cm., fortement désagrégé ; si la désagrégation avait été un peu plus avancée, on n'aurait plus du tout pu reconnaître la sculpture de la surface; et c'est peut-être pour ce motif que dans les calcaires les plus haut placés, les plus anciens donc, on a rencontré relativement peu de tridacnes. Au microscope on voit que ce calcaire est essentiellement microcristallin ; il contient cependant de nombreux restes organiques, des coraux, des lithothamnium, des globigérines et autres foraminifères impossibles à déterminer. Calcaire corallien,

N*. 49b. Enlevé à la môme couche calcaire (2©), mais plus à l'est, du versant nord de la montagne, à 422 m. d'altitude. Calcaire blanc rougeâtre, dur, un peu poreux avec de nombreux restes coralliens. Au microscope, masse microcristalline de calcaire avec sections de coraux, foraminifères, radiolaires, spicules de spongiaires et lithothamnium. Calcaire coraMien.

N*. 49a. Grande tridacne, de 33 cm., recueillie à 248 m. d'altitude, tout près du G. Kramat (255 m. d'altitude), au nord du G. Nona. Gisait librement à la surface du sol parmi de nombreux gros blocs de calcaire. L'intérieur de la coquille est tout-à-fait rempli de calcaire, et sa surface est altérée et creusée par les eaux, tout comme celle des autres blocs de calcaire répandus sur le sol. Tridacne fossile.

N'. 89. Calcaire recueilli au versant ouest du Gounoung Batou gouling, à peu près à 150 m. d'altitude. Jaune clair, assez compacte, avec quelques trous. Contient beaucoup de petits foraminifères et quelques moules de coquilles. Au microscope, on constate la présence de divers foraminifères, mais on n'y voit pas d'orbitoïdes, puis encore des radiolaires, des spicules de spongiaires et des lithothamnium. Calcaire,

N**. 183. Calcaire du versant sud du G. Nanahou, enlevé à peu près à 300 m. d'altitude. Calcaire dense, gris-clair, tout-à-fait compacte, avec veines de calcite. Au microscope, microcristallin avec beaucoup de sections de foraminifères qu'on ne peut déterminer. Caicaire microcristallin.

N**. 94. Calcaire en couches légèrement inclinées à l'est, de la rivière Batou gantoung, près de l'endroit nommé Batou pintou, à 95 m. d'altitude.

Calcaire granuleux, gris-blanchâtre, avec de petits trous. Les granules sont de petits foraminifères. Au microscope, un vrai calcaire à foraminifères, avec (juelques particules de serpentine brunes et vertes. Les foraminifères consistent certainement pour les V5 en globigérines de 0.3 à 1 mm. de diamètre ; puis, en petites araphistégines, miliolidées, rotalinidées et d'autres encore; quelques sections de coquilles et un peu de lithothamnium ; le tout dans une pâte calcaire microcristalline. Calcaire à globigérines,

N*. 44. Calcaire du cours inférieur de la rivière Batou gantoung; c'est un banc de calcaire corallien, à une dizaine de mètres d'altitude, de couleur blanc-jaunâtre, tant soit peu poreux. Au microscope, une pâte microcristalline de calcaire spathique, avec quartz, feldspath trouble et morceaux de mica; aussi un peu d'augite et de la chlorite ; dans le calcaire, quelques globigérines et autres foraminifères. Ce calcaire corallien renferme donc des débris de granité. Dans les plaques on ne voyait pas de restes de coraux, mais on les apercevait dans les échantillons.

N°. 189 est le calcaire corallien blanc-jaunâtre du pied oriental du Gounoung Karang pandjang, à l'est d'Ambon, sur la route de Routoung, de 80 à 100 m. d'altitude. Ce calcaire contient une très grande quantité de coraux en branches; le calcaire lui-même n'a pas été examiné au microscope.

N®. 82a. Couche calcaire sur des grès, à 124 m. d'altitude, dénudée à l'extrémité d'une terrasse au-dessus de Routoung, sur la route d'Ambon. Nous n'avons pu observer aucune inclinaison à cette couché, qui n'est visible que sur une longueur de 2 m. Nous avons ici un petit restant d'une couche, qui était jadis reliée avec les couches calcaires de Halérou, inclinées au sud-ouest, ainsi qu'il a été indiqué au profil fig. 61. En échantillons, ce calcaire est gris-jaunâtre clair, compacte, un peu schisteux, et il ne ressemble pas aux au très jeunes calcaires à foraminifères d'Ambon. probablement parce qu'il s'est déposé sur des grès argileux. A l'œil nu, on n'y voit pas de pétrifications. Au microscope, on voit, dans une masse très pure, microcristalline de calcaire spathique, avec quelques grains de minerai d'où partent des taches brunes, un très grand nombre de sections de petites globigérines dentelées; elles n'atteignent qu'un diamètre

de Vj mm., tandis que dans d'autres jeunes calcaires d'Ambon elles arrivent assez souvent à la taille de Vi à 1 mra. Il y a encore quelques autres foraminiferes. Calcaire à globigérines,

N^. 197. Calcaire enlevé au pied méridional de la cime de 286 m., à l'ouest de Halérou, à 266 m. d'altitude. En échantillons, il est blancrosé et plein de petits trous. Pas de restes coralliens visibles. Au microscope, une pâte microcristalline de calcaire spathique, dans laquelle il y a des sections de coraux (?), de coquilles, de globigérines et d'autres foraminiferes, ainsi que des lithothamnium. Calcaire.

JjQ n". 198 est une tridacne, longue de 30, haute de 18 cm., que j'ai recueillie moi-même dans le calcaire corallien de la Waï Liha (côte est de Leitimor), à peu près à 13 m. d'altitude. Elle était solidement fixée au calcaire et devait en être détachée à coups de marteau, de sorte que la pétrification se trouvait sans aucun doute dans la roche. Tridaxme,

N». 83. Fragment d'une brèche quaternaire, située immédiatement derrière la négorie Houtoumouii, à 6 m. d'altitude environ. Dans la négorie, à 150 m. au nord-est du pont sur la petite rivière Aâ, git près du rivage un bloc de calcaire énorme, haut de 7 m. environ, probablement le reste d'un banc de calcaire corallien jadis plus étendu qui a été détruit par les flots. C'est là le seul point entre les caps Houtoumouri et Riki où le calcaire se montre sur la plage., Immédiatement en arriore de Houtoumouri, il y a des brèches d'une roche vitreuse, passant par altération à une matière blanclie, arénacée, avec inclusions de morceaux d'un verre gris-sombre. Un de ces fragments a été examiné au microscope, et on a vu qu'il consistait en une roche vitreuse avec fissures perlitiques, renfermant de nombreuses petites baguettes et microlithes d'augite en aiguilles ainsi que de grands cristaux de bronzite, de plagioclase, de quartz et de cordiérite avec beaucoup d'inclusions de touffes de sillimanite, qui parfois remplissent totalement la masse de la cordiérite. C'est donc une brèche de perliie and/sitique à quartz et à bronzite, et elle ressemble au n*. 194 de la Waï Malako.

N°. 5. Fragment de brèches quaternaires incohérentes au-dessus d'Amahousou, à une cinquantaine de mètres d'altitude. Roche altérée, gris-sombre, à grands cristaux de quartz (6 mm.) en dihexaèdres,

feldspaths troubles, blancs (4 mm.), et biotites brunes (4 mm.) dans une pâte gris-clair. Au microscope, outre du quartz, du feldspath et de la biotite ainsi que du pyroxène rhombique (bronzite) parmi les cristaux porphyriques ; puis du minerai de fer. Pâte de plagioclase, de pyroxène altéré, de minerai et d'hydroxyde de fer et un peu de verre. Andésite h quartz et h mica.

N". 106. Brèche quaternaire, au rivage septentrional de Leitimor, près du cap Batou anjout. Pâte blanche kaolinique contenant du granité, en grands et petits fragments, qui sont en partie devenus blancs par altération. La roche n'a pu 6tre taillée. Brèche quaternaire de matériaux granitiques.

¥11. 8édlm<

A I^eitimor, les terrains modernes n'ont qu'une faible étendue.

La plus grande plaine est celle où est situé le chef-lieu Ambon. Elle n'est pas parfaitement horizontale, mais elle monte depuis la côte jusqu'à 12 m. d'altitude, contre le pied des collines quaternaires, derrière la maison de la résidence à Batou gadjah. Cette plaine consiste en débris de toutes les roches plus anciennes, principalement des matériaux enlevés par les eaux aux collines quaternaires, qui, à leur tour, se composent de débris de granité, de diabase, de grès, de serpentine, d'andésite et de dacite. On ne trouve pas de calcaire corallien dans la plaine elle-même, mais bien au bord méridional, au kampong Waï Nitou, depuis 5 jusqu'à 12 m. d'altitude. Il se construit d'ailleurs actuellement dans la mer un nouveau récif corallien; et lorsque, après quelque temps, le fond se sera soulevé de quelques mètres seulement, la plaine actuelle d' Ambon formera, contre le versant de la montagne, une nouvelle terrasse limitée par deux couches calcaires, celle de Waï Nitou et la couche de calcaire corallien qui se forme à présent dans la mer. Le calcaire de Waï Nitou ne continue pas toutefois en arrière d'Ambon; il s'arrête déjà à la rivière Batou gantoung; et nous constatons ainsi dans cette couche la même irrégularité que nous avons rencontrée dans certaines couches calcaires plus anciennes: elles disparaissent parfois brusquement, ou bien elles s'amincissent et se terminent en coin.

On trouve un second dépôt alluvial à Amahousou; il consiste en

li>9

partie en blocs roulés d'andésite à quartz et mica et de péridotite, apportés par la Waï lia et ses affluents ; ces blocs atteignent l'altitude de 10 mètres et sont limités par des terrasses quaternaires légèrement inclinées. Le terrain de péridotite derrière Amahousou est très friable et tellement escarpé, qu'après de fortes pluies cet endroit est parfois sérieusement menacé par l'énorme masse de débris et de pierres qui descendent des montagnes.

A Eri, à la Labouhan Radja et la Waï Mômikar il n'existe que des bandes étroites d'alluvium.

Une plaine alluviale, de 7 km. de longueur, s'étend le long de la côte du sud, depuis le cap Nousaniwi, par I>atou halat et Ajër Lo, jusque tout près du cap Hati ari. A Latou halat, la largeur de ce plateau est de Vi km. A 1 km. environ à l'ouest de cet endroit gisent dans la plaine quelques gros blocs de calcaire corallien, qui se sont détachés d'une couche calcaire quaternaire située plus haut; la plaine elle-même consiste d'ailleurs en débris et fragments roulés de melaphyre et d'andésite et en sable marin.

Les plaines de la côte du sud, jusqu'à Tandjoung Hihar, sont de peu d'importance. Au cap de ce nom commence une bande d'alluvium longue de 6 km., qui continue, par Lea hari, Routoung et Houtoumouri, jusqu'à proximité du cap Houtoumouri et dont la largeur est de 7s ^^- ^ Routoung. Des débris d'andésite et de grès et, au kampong Houtoumouri, un grand bloc de calcaire corallien constituent cette plaine qui, à 10 m. environ d'altitude, vient buter contre les collines quaternaires.

A la côte de l'est, la rivière Touwi sapo seule a près de son embouchure une plaine alluviale de '/, km. de longueur et V* ^^' de largeur.

La plaine de Paso, qui consiste en gravier et fragments d'andésite et de dacite et qui, en moyenne, ne s'élève pas à plus de 8 à ô m. au-dessus de la mer, relie Hitou à Leitimor; comme limite entre ces deux presqu'îles, ou plutôt îles, on peut admettre le canal de Paso, qui relie, à peu de chose près, la baie Intérieure à la baie de Bagouala. En tant qu'il s'agisse de la portion appartenant à Leitimor, cette plaine doit en grande partie son origine à des atterrissements de la Waï Jori.

A Nontetou, Lateri et Lata, on trouve du calcaire corallien, et entre Halong et Hatiwi këtjil un peu de brèche le long de la côte. D'autre part, une bande étroite d'alluvium s'étend depuis Paso jusque tout près du cap Batou merah. La plaine de Lateri est un delta de la Waï Rikan ; celle de Gélala, un delta de la grande rivière Waï Rouhou.

Des constructions coralliennes s'édifient tout autour de Leitimor; la profondeur à laciuelle se développent ces récifs coralliens n'est pas partout la même; elle varie de 5 jusqu'à 30 et 40 m. sous le niveau de la mer. Aux coraux magnificjuement colorés, que l'on peut apercevoir distinctement dann ces eaux limpides jusqu'à une grande profondeur, on a donné le nom de «jardins de la mer». Ceux qui existent entre Ambon et Halong sont particuli<*rement renommés.

On ne connaît, en fait de pétrifications dans ces jeunes sédiments, que celles de la plaine d 'Ambon. Elles furent découvertes au commencement de 1904 en creusant un puits sur le terrain de la nouvelle école normale pour instituteurs indigènes à Ajër wolanda, dans la partie occidentale de la plaine d'Ambon (feuille 2 de notre carte n". II et plan d'Ambon, fig. 54 de l'annexe V), à peu près à ô'/j m. au-dessous de la surface du sol, qui y est à plus de 5 m. d'altitude. J'ai reçu ces fossiles de M. L. Ph. Ch. Roskott, directeur de cette école.

Le Prof. BoETTGER à Francfort sur le Main a eu encore une fois l'obligeance de déterminer ces fossiles et de me communiquer le résultat de son examen. Voici la liste de ces pétrifications.

Vepzelchnis der recenten Versteinerungen von AMBON.

Von Professer Dr. 0. Boettger.

(Die mit * versehenoii Arten sind heute noch im Heere dort

besonders hftaflg).

Schnecken:

Page 1