CARTE N
La constitution géologique de Hitou est tout à fait la même que celle de Leitimor, ce qui n'est pas étonnant de deux îles qui confinent l'une à l'autre, et qui d'ailleurs formaient probablement jadis une île unique, avant la formation de la baie d'Ambon. Seulement à Hitou le terrain gréseux ou bien fait défaut, ou bien est recouvert de produits plus récents, car nulle part il n'apparaît à la surface.
De même que pour un relèvement topographique précis, le temps nous a manqué, comme nous l'avons dit plus haut, pour une exploration géologique détaillée. L'intérieur de Hitou, qui est une île beaucoup grande que Leitimor, est totalement inhabité et couvert d'une végétation très dense, de sorte qu'on ne peut voir un bon panorama que de quelques cimes seulement. Sur les crêtes montagneuses la roche est le plus souvent fort altérée, et de plus, elle est souvent recouverte de matériaux quaternaires (ou tertiaires supérieurs) incohérents. Dans ^e lit des rivières, on peut mieux voir la roche massive, mais, dans la plupart des cas, un coup d'œil d'ensemble y est impossible, à cause des bords escarpés; d'autre part, pendant notre séjour à Ambon, le niveau des rivières était très élevé.
Hitou a été explorée géologiquement en 1898, en grande partie par l'ingénieur des mines Koperberg et pour une petite partie par moi-même. Nous avons alors fait ensemble l'ascension des montagnes Touna et Salahoutou. Dans une partie des mois de mars et d'avril 1899, et d'avril et de mai 1904, j'ai fait encore quelques excursions, au G. Kërbau, à Tandjoung Tapi, au Touna, au lac Tëlaga Radja et à la rivière Loï ; à cause de la hauteur des eaux, cette dernière n'avait pas pu être explorée suffisamment en 1898, car nous étions alors à Ambon durant la saison des pluies (avril à juillet). Les violentes averses gênaient fort l'exploration, surtout d'une île aussi boisée que
Hitou; elles nous empêchaient d'ailleurs de jeter un coup d'œil d'ensemble sur l'île.
Mais, malgré ces circonstances défavorables, notre carte n". I donne cependant, dans ses traits principaux, une image exacte de la constitution géologique de Hitou. Seule la limite entre la roche éruptive massive, avec les brèches et les conglomérats qui y appartiennent, que nous rangeons parmi nos Ambonites, et les matériaux incohérents (tertiaires supérieurs ou quaternaires) qui les recouvrent, n'a pas pu être examinée partout en détail. D'ailleurs, par des éboulements et des afiFouillements continuels des matériaux meubles, de nouvelles portions de la roche éruptive sont sans cesse mises à nu et deviennent visibles à la surface, en des points où auparavant elles étaient recouvertes de matériaux plus récents, de sorte (|ue la limite en question subit constamment de légères modifications.