II. Diabase
Dans la partie nord-ouest de Hitou, les rivières transportent toutes de nombreux fragments roulés de diabases qui affleurent dans leur cours supérieur. La diabase et principalement à nu dans les rivières Soula, en amont d'Asiloulou, Siah, en amont d'Ouring, Ëla, en amont de Lima, Hé, Walawaa, Bouyang, Houloun, IjOÏ et Wakahouli. Bien que la roche se montre principalement dans le lit des rivières et se recouvre d'ordinaire bientôt, sur les deux bords, de conglomérats et de brèches d'Ambonites, elle apparaît aussi sur les pentes des montagnes, entre autres près du petit lac (Tëlaga) Lana, au-dessus d'Asiloulou, à 415 m. d'altitude, et au mont Touna, jusqu'à laltitude de 410 m. Parfois la diabase est accompagnée de tufs et de brèches diabasiques vert- grisâtre ; et, tant dans ces deux roches que dans la diabase ferme, il s'est formé, par dégagement d'hydrogène sulfuré, une quantité très considérable de pyrite, ce qui les distingue déjà des Ambonites plus jeunes, lesquelles renferment rarement de la pyrite en proportion notable. Ces cristaux de pyrite, une combinaison du cube et de l'octaèdre, atteignent parfois la taille de 20 mm.
Dans les brèches et les tufs, les fragments de diabase sont souvent agglutinés par une pâte quartzeuse cristalline; il se forme ainsi des roches qui ressemblent à des porphyres quartzifères.
Bien que notre carte ne signale que peu de diabase dans la partie sud-ouest de Hitou, il se présente çà et là des fragments roulés altérés et de l'argile pyritifère, ce qui fait qu'il n'est pas invraisemblable
que, dans ce terrain, la diabase ait une extension assez considérable dans le sous-sol. C'est ainsi que dans la vallée de la Waï Lawa, audessus de Tawiri, Koperberg a trouvé une roche argileuse, gris-clair, (n^ lil), non disposée en couches, qui est probablement un produit d'altération d'une roche éruptive, gris sombre, pyritifère et à grain fin, qui affleure en amont de ce point, sans doute une diabase très altérée. Le «Hatou assa», un rapide de la Waï Sëkawiri (nommée aussi Ajër Bësar) en amont de Liliboï, est produit par une roche vert-grisâtre, d'un grain fin, (n®. 121) qui appartient à la diabase et que l'on peut suivre encore plus loin, sur une grande étendue, dans le lit de la rivière; elle apparaît aussi à la montée de la Sëkawiri vers l'arête Hatou Lalikoul, en direction occidentale. Dans un petit affluent de la Sëkawiri, non loin de Liliboï, on trouve aussi une argile pyriteuse blanc-verdâtre, que l'on emploie pour blanchir les maisons et qui est probablement un produit d'altération de diabase; celle-ci se rencontre aussi, profondément altérée, en fragments dans l'argile. Enfin, parmi les blocs roulés de la rivière Alang lama (ou Waï Waloh ), en amont d'Alang, il y en a quelques-uns qui sont des diabases (n° 131).
Dans la partie orientale de Hitou, il se présente de la diabase dans le ravin de la rivière Taïsoui, au passage de la route de Waë au Salahoutou, à 270 m. d'altitude, et plus en amont encore. D'énormes blocs sont disséminés en cet endroit (n<w. 65, 66, 68). En aval, à 170 m. d'altitude environ, à la cascade Batou Embouang, affleure une roche éruptive jeune, et en fait de diabase on ne trouve que quelques petits cailloux roulés (n". 166). Il ne paraît pas douteux que, par une exploration détaillée de tous les ravins du Salahatou, l'on ne rencontre la diabase encore dans le lit d'autres rivières, recouverte par les Ambonites de cette montagne.
Nous décrirons les roches diabasiques de l'est vers l'ouest.
Chaîne du Salahoutou, No». 65, 66 et 68. De très gros blocs roulés dans la rivière Taïsoui, à la traversée de la route de Waë au Salahoutou, à 270 m. d'altitude. La roche n'affleure pas en cet endroit, mais un peu plus en amont elle doit certainement exister comme roche massive, puisque les blocs sont si volumineux. En cet endroit, la rivière forme une petite cascade par-dessus une Ambonite qui ressemble à du porphyre quartzifère.
En échantillons, ce sont des roches vert-grisâtre, à grain fin, avec particules rondes de calcédoine, mais sans grands cristaux. An microscope, un mélange grenu, microcristallin de plagioclases étroits, d'augite et de minerai. La matière de l'augite est enserrée entre les plagioclases, et totalement transformée en chlorite et un peu de quartz. Le minerai est de l'ilménite, à bord de leucoxène. Comme produits secondaires, du quartz, de la calcédoine, du calcaire spathique et de la pyrite. Diabases,
N®. 166. A la cascade Batou Embouang dans la Waï Taïsoui, à 170 m. d'altitude. Blocs roulés. En échantillons, roche trouble, vertgrisâtre clair, à cavités dans lesquelles il y a de petits cristaux rhomboédri(j[ues de dolomie qui, d'après l'analyse de M. P. Huffnaqel à Delft, se dissolvent avec effervescence dans de l'acide chlorhydrique concentré et chaud. Au microscope, quelques sections cristallines très grandes, remplies de chlorite, de calcaire spathique et de quartz, proviennent d'augite. Ces cristaux gisent porhyriquement dans une pâte trouble de baguettes allongées de feldspath, de quartz, de minerai de fer à bord trouble, de chlorite et de calcite. La pyrite y est secondaire, de même que les particules de quartz, la chlorite, et le calcaire spathique. LHabase.
La Waï Lai, Comme nous l'avons dit, la vallée de la Waï Loi* fut explorée en 1899. Après avoir passé un peu d'alluvium et puis, des terrasses de cailloux roulés quaternaires (no». 19a, 6, c), on trouve une roche andésitique ferme (no». 19(i, e, J) jusqu'au delà du petit affluent de droite Kapa: on trouve ensuite dans la rivière un nombre de plus en plus grand de fragments roulés de diabase, dont on recueillit le n'. Vèg] et à S'/^ km. environ de Kaïtetou on arrive à une roche blanche, le porphyre quartzifère n°. 19/i, à l'état massif dans la rivière. I^ ravin est tout-à-fait comblé de très gros blocs roulés de cette roche blanche, qui empêchent de pénétrer plus avant dans le lit de la rivière. Aux talus des bords il y a des matériaux meubles avec fragments d'andésite. Ce n'est que plus en amont que la diabase apparaît comme roche massive. On la trouve entre autres à l'embouchure de l'affluent de gauche Touna de la Waï IjOï, sur le sentier de Saïd au lac Tëlaga Radja, une route que nous décrirons plus tard. En ce point, à 269 m. d'altitude, on a recueilli dans la
Waï Loï la diabase d". 19k; et la même roche affleure aussi dans la Waï Touna même et dans un petit affluent de cette rivière, tout près de son confluent avec la Waï Ix)ï. Plus haut dans la Waï Loï et dans la Waï Touna, la diabase se recouvre d'Ambonites et de brèches de ces roches.
N^ 19g. Bloc isolé dans la Waï Loi, à2Vi km. environdeKaïtetou. En échantillons, une roche vert-grisâtre, fraîche, avec quelques grandes augites ouralitisées. Au microscope, un mélange cristallin de plagioclase, à grands angles d'extinction (33°) des deux côtés de la ligne de suture, d'augite et d'un peu de minerai. Les augites sont totalement transformées en une ouralite en fibres fines; les aiguilles sont pléochroïques entre le vert-bleuâtre et le vert-jaunâtre, et sont à extinction oblique. Il n'y a plus de matière augitique inaltérée. EpidiabcLse,
N». 19k. Affleurant dans la Waï Ix)ï et dans le cours inférieur de la Waï Touna, non loin de son confluent avec la Waï Loi, à 269 m. d'altitude. En échantillons, vert-grisâtre, microcristalline, sans grands cristaux; la roche est traversée par de minces veines de calcaire apathique avec calcédoine, colorées légèrement en brun par de l'hydroxyde de fer. Au microscope, une très belle roche, car les plagioclases y sont encore très frais: ils forment des individus tabulaires, tant en longueur qu'en largeur; et ils sont très basiques, car on y mesure souvent des angles de plus de 30®, (môme de 36*^ et de 37**). Ils sont très purs, presque sans inclusions; seulement de la chlorite a pénétré du dehors dans les fissures des cristaux. De l'augite vert-clair, monoclinique, aussi à grands angles d'extinction (35® à 40®) ; le pyroxène rhombique manque. Une très forte proportion de particules vertes, enserrées entre les autres éléments, polarisant en fibres, probablement tous de la chlorite provenant d'augite, qui présente aussi des fibres de chlorite sur les bords des cristaux encore frais; on n'y aperçoit pas de serpentine provenant d'olivine. Dans la chlorite gisent de nombreuses particulesjaunes, allongées, de la forme d'un boudin ou d'une massue, irrégulièrement délimitées, des agrégats microgranuleux, qui appartiennent à l'épidote. Du minerai, en sections minces et allongées ou hexagonales, à peu près sans leucoxène, mais pourtant du minerai de fer titane, selon toute probabilité, car
certaines lamelles minces, régulièrement hexagonales, deviennent brunes et transparentes. Pas de pâte. Diahdse cristalline.
Cette roche présente une grande analogie avec les gabbros no». 145 et 151 décrits plus haut, dont le premier contient de la diallage et le second de Paugite commune. La transformation de l'augite en matière de hornblende s'observe aussi dans le bloc roulé n"*. 19^ de la Waï Loi*.
Nous trouvons donc ici une transition graduelle de la péridodite commune aux diabases cristallines et aux épidiabases no». 19i et 19g de la Waï Loï, en passant par la péridotite à plagioclase n®. 129 de la montagne à signaux (seinpostberg) près d'Alang, et les gabbros nos. 145 et 151 ; cela prouve que nous devons voir dans les péridotites et les diabases des membres d'une même famille, qui appartiennent probablement à une même période d'éruptions, quoique pas tous exactement du même âge. Toutefois, on n'a pas rencontré de filons de diabase dans la péridotite, ni réciproquement.
Le Tùuna. Deux routes conduisent de la côte du nord vers le Touna ; la première commence à mi-chemin entre Saïd et Hila, entre les petites rivières Kalouli et Jolang (ou Lola, comme on l'appelle dans son cours supérieur). En suivant ce sentier, on traverse la Waï Lola, et en montant toujours plus haut sur la même arête, on atteint la plus haute cime du Touna, celle de l'est, de 875 m. d'altitude. L'autre chemin, plus long et plus difficile, mais beaucoup plus intéressant, va de Saïd à la cime moyenne du Touna (861 m. d'altitude), par les versants ouest et sud de cette montagne, et de ce point on peut facilement arriver au sommet le plus élevé. A partir de Saïd on suit d'abord, sur une courte distance, la grand'route de Hila; on prend alors à droite (au sud) un sentier qui conduit d'abord par des brèches et conglomérats incohérents d'andésite, et qui côtoie le versant oriental (435 m. d'altitude) d'une petite cime avancée, laquelle porte le nom de Wawani et atteint l'altitude de 467 m. Sur cette cime on trouve deux canons brisés; c'est sans doute le monticule sur lequel on s'est fortement battu en 1643 et que Valentijn (Oud en Nieuw Oost-Indien, II, 2, Ambonsche zaken, bdz. 138) mentionne comme •l'escarpement sur lequel Kakiali avait placé, dans la déclivité de la montagne, une batterie fixe de 3 pièces et de 3 pierriers pour
balayer la route». C'est à tort que les habitants d'Ambon ont donné le nom de ce mamelon à toute la montagne, de sorte que celle-ci est appelée *Touna» par les habitants de Saïd, et -Wawani» par ceux d'AmboD et des alentours. La première dénomination seule est exacte.
On reste sur les brèches et les conglomérats incohérents (no». 13 et 14) jusqu'à l'altitude de 410 m. environ; ils sont remplacés alors par de l'andésite compacte (u". lo), qui apparaît çà et là en blocs de la hauteur d'une maison. Dans la petite rivière Tamboro, un affluent de droite de la Waï Houloun que l'on passe à 369 m. d'altitude, gisent exclusivement des blocs roulés de cette roche (n*^. 16). D'ici on descend pour remonter ensuite en pente faible jusqu'à 403 m., vers un endroit où se dégagent des vapeurs d'hydrogène sulfuré entre des fragments blanchis et fortement décomposés d'andésite (n". 17a), et où il s'est déposé un peu de soufre (n«. 17) ; ce lieu se nomme Latahouhoulehou. IjC gaz ne s'y échappe pas dans un espace cratériforme, mais au versant de la montiigne, et à l'entrée d'un petit ravin dont les eaux coulent vers la Waï Houloun, entre dos blocs incohérents. Ensuite le sentier monte et descend alternativement jusqu'à l'altitude de 395 m., où l'on passe de nouveau un petit affluent de droite de la Waï Houloun, la Waniï, qui forme ici une cascade sur de la diabase (n*. 18). Si l'on suit ce petit cours d'eau jusc^u'un peu en amont du passage, on trouve bientôt dénudé, à la rive droite, le profil représenté dans la fig. 38 (annexe IV), à 410 m. d'altitude environ. De l'andésite ferme (n**. 18c), divisée en placjues qui inclinent légèrement vers le nord ou le nord-ouest, repose ici sur la diabase, D (n°. 18a), dont la partie supérieure consiste en brî'ches et tufs de diabase, Dt (n**. 186). La diabase aussi bien que les brî'ches contiennent beaucoup de pyrite. Cette dénudation est remanjuable parce (qu'elle prouve qu'au Touna le sous-sol, qui se compose de diabase, atteint une hauteur considérable.
Si l'on continue à suivre ce sentier, on arrive, non loin au-delà de la Wanii, à un point où se dégage de nouveau une forte odeur d'hydrogène sulfuré, bien que la vapeur n'en soit pas visible. L'espoir d'atteindre d'ici, en montant vers l'est, la cime occidentale du Touna, de 804 m. d'altitude, fut déçu par la communication qui nous fut faite par les chefs et les indigènes qui nous accompagnaient, que par
suite du grand escarpement cette cime était inaccessible de cet endroit. Nous continuons donc notre route d'abord vers le sud, atteignons à 664 m. ia ligne de partage des eaux entre laWaïHouloun et la Waï Loi, descendons sur cette ligne jusqu'à 623 m., et trouvons ici une petite maison n*. 1, d'où l'on a une vue sur la pointe sud-ouest de Céram, nommée Tandjoung Sial. Tout près de cet endroit, on voit mise à nu une roche altérée (n^ 18d) qui, en échantillons, fut d'abord prise pour une diabase, mais dont on reconnut par l'examen microscopique qu'elle appartient aux Ambonites. Nous descendons d'ici, en pente raide, le flanc méridional de la montagne et, dans un petit affluent de la Waï Touna, nous trouvons de nouveau une dénudation d'une andésite très altérée (n®. 18e); dans la Waï Touna elle-même (affluent de gauche de la Waï Loi), nous trouvons aussi exclusivement de l'andésite (n**. 18/) dans un état assez frais, qui s'étend probablement jusqu'au sommet. Le sentier de la Waï Touna, au bord duquel nous avons établi, pendant notre excursion, un refuge n". 2, à 505 m. d'altitude, conduit d'ici, dans une direction sensiblement septentrionale, vers la cime du milieu du Touna, élevée de 861 m. A cause des fortes pentes, parfois de SO"* et plus, et des racines des arbres recouvertes de mousse, cette ascension est très fatigante et très peu intéressante, car on ne jouit qu'à quelques places d'un beau point de vue. notamment dans la vallée de la Waï Loï et du côté d'Ambon, entre autres à un endroit situé à 650 m. d'altitude environ, où la mësigit (église mahométane) d'Ambon est vue dans la direction de 1197»** (magn.); d'ailleurs nous n'avons pu recueillir nulle part des échantillons inaltérés de roches. Sur la cime moyenne du Touna, nous avons aussi construit un refuge n . 3, ou plutôt un abri sous un toit. De cet endroit, on peut facilement atteindre la cime orientale du Touna, la plus élevée (875 m.j ; mais ici encore il n'y avait à voir aucune roche fraîche; tout était recouvert d'humus et de mousse. A travers les nuages nous avions, de temps en temps, une bonne vue sur Kaïtetou, où nous pouvions voir l'embouchure de la Waï I^oï et son lit de blocs roulés.
Si nous résumons ce que nous avons pu observer dans la Waï Loï et au Touna même, nous voyons que le sous-sol de cette montagne
consiste en porphyre quartzifôre, diabase et brèches de diabase, les deux dernières jusqu'à l'altitude de 410 m. au moins ; et que là-dessus il s'est déposé de jeunes roches éruptives (Ambonites). A en juger d'après les fragments roulés dans le lit de la Waï Houloun, à proximité de son embouchure, il faut que dans cette rivière, du côté ouest de la montagne, la diabase existe aussi comme roche ferme. C'est là que fut recueilli l'échantillon n*. 152.
N®. 18. Roche de la cascade de la rivière Waniï, à proximité du passage du sentier. En échantillons, c'est une roche vert-grisâtre, à grain très fin, avec de nombreux cristaux de pyrite. Elle est en partie brécheuse, et elle paraît être plutôt une brèche ou un tuf qu'une roche éruptive compacte. Elle fait effervescence avec l'acide chlorhydrique chaud, et renferme donc des carbonates. Au microscope, on voit un mélange microcristallin de plagioclase, chlorite, minerai, quartz et calcaire spathique. Les plagioclases sont allongés et étroits, la plupart troubles par formation de spath calcaire et ils sont cassés aux extrémités. La chlorite, issue d'augite qui n'existe plus à l'état inaltéré, est serrée entre les feldspaths. Le minerai est du fer titane avec leucoxène. Le quartz se montre en cristaux plus grands, qui polarisent en mosaïque; ils sont entourés d'un bord de chlorite et renferment des inclusions de bulles liquides; ces cristaux sont sans doute primaires, mais les petites particules de quartz, irrégulièrement délimitées, probablement secondaires. La pyrite a disparu en grande partie des plaques par la taille; c'est encore un produit secondaire, provenant des émanations de H* S. Diabase transformée, ou plutôt brèche de diabase,
N^ 18a. Roche de la rive droite de la Waniï, située plus haut que le n". 18. En échantillons, elle ressemble à la précédente, mais elle n'est pas brécheuse; elle renferme beaucoup de pyrite. Au microscope, les éléments sont les mômes qu'au n^ précédent; mais il y a moins de quartz et plus de calcite; la chlorite est vert-brunâtre. Diabase altérée.
N". 18b. Fragment d'une brèche qui recouvre la roche précédente, à la rive droite de la Waniï. Renferme beaucoup de pyrite, est de teinte vert-grisâtre clair et ressemble à la roche précédente, mais contient un grand nombre de particules arrondies de quartz. Au
microscope, c'est une roche brécheuse, avec fragments d'une diabase très altérée, gisant dans une pâte quartzeuse qui polarise en mosaïque et contient beaucoup de pyrite. Ce quartz ne renferme pas d'inclusions liquides. Briche de diabdae imprégnée de quartz ou sUicifiée. La roche n^. 185 est recouverte d^andésite (n^. 18c).
N". 152. Fragments roulés de la Waï Houloun, àpeuprèsàl'/ikm. de l'embouchure. Roche vert-grisâtre, d'im grain fin, avec une très forte proportion de pyrite. Au microscope, un réseau d'aiguilles de plagioclase allongées, troubles, mais encore polarisantes, avec chlorite, ilménite avec leucoxëne, grains de titanite, un peu de quartz etime très grande quantité de pyrite. Diabase transformée.
Waï Elah, La vallée de cette rivière, qui se jette dans la mer à Lima, fut suivie par Kopebberq aussi loin que possible; puis, à la rive gauche, il fit une excursion au mont Latoua, qui sera décrite plus tard. Après avoir traversé l'alluvium à Lima, on trouve bientôt l'andésite et les conglomérats de cette roche ; puis la diabase (n®. 147), qui paraît se prolonger jusque bien haut dans la vallée. Toutefois, à 500 m. d'altitude,, on ne voit plus de diabase dans la Waï Elah ; on aperçoit seulement des Ambonites plus jeunes. Dans son cours inférieur, la rivière charrie aussi de nombreux blocs roulés de diabase.
N"*. 147. Roche affleurant à 3 km. environ de Lima, dans le lit de la Waï Elah. Elle est vert-grisâtre, à grain fin et contient de la pyrite. Au microscope, on voit qu'elle appartient, comme les diabases de la Wai Loï, aux diabases les moins altérées d'Ambon. C'est un mélange cristallin, grenu, de plagioclases allongés, d'augite de teinte claire et d'ilménite. Comme produits secondaires, beaucoup de chlorite, moins de calcaire spathique, peu de quartz; autour du minerai, leucoxène blanc trouble ainsi que des grains limpides de titanite; puis de la pyrite. Les plagioclases présentent des angles d'extinction de 20*^ et plus de part et d'autre de la ligne de suture. L'augite est en partie encore fraîche, d'une teinte verte très claire et transformée seulement en partie en chlorite, calcite et un peu de quartz. Diabase,
Waï SotUah et Telaga Lana. La Waï Soulah ou rivière d'Asiloulou prend sa source au Qounoung Lana (500 m. d'altitude environ), un contrefort au sud-ouest du massif du Latoua. Au versant nord de
Parête du Latoua, entre 250 et 450 m. d'altitude, il y a un terrain de diabase, dans lequel est situé à 415 m. un petit lac de 70 m. environ sur 50, rempli d'eau froide, couvert de lentilles d'eau, et entouré de sagoutiers. H est presque inutile d'ajouter qu'il n'a rien de commun avec un lac de cratère, dont il n'a d'ailleurs pas le caractère. Nous y avons recueilli les échantillons n^a. 143 et 144 de blocs volumineux. De toutes parts la diabase est bornée par des conglomérats et des brèches d'andésite, roche qui existe aussi à l'état massif dans le cours inférieur de la rivière. Ija diabase ne s'y trouve qu'en blocs roulés (n^. 142).
N". 142. Blocs roulés de la Waï Soulah, à peu près à 3 km. d'Asiloulou. Roche vert-grisâtre clair, à grain fin. Au microscope, une diabase microgranuleuse, avec plagioclases longs et étroits; l'augite est totalement transformée en chlorite, calcaire spathique et un peu de quartz. Ilménite avec leucoxène; hydroxyde de fer. Diabase.
N®. 143. Gros blocs près du petit lac Lana, à 415 m. d'altitude. Roche gris-verdâtre, à grain fin. Au microscope, moins microgranuleuse que l'échantillon précédent. Ici encore l'augite est totalement transformée en chlorite, qui est enserrée entre les plagioclases longs et étroits. Beaucoup de minerai, sans leucoxène, mais avec quelques taches brunes d'oxyde et, à ce qu'il paraît, en octaèdres réguliers; donc de la magnétite probablement. Calcite. Diabase.
N". 144. Gros blocs du lagon Lana, à 415 m. d'altitude. Roche gris-verdâtre clair, â grain fin, analogue au n°. 142. Au microscope, une diabase altérée comme la précédente, où de nouveau toute l'augite est transformée. Très forte proportion d'ilménite, bordée de leucoxène. Diabase.
Waï Alang lama ou Woa, Waloh, à Alang. Dans cette rivière gisent des blocs roulés de calcaire, de grès, de serpentine brécheuse et quelques uns de diabase, dont on a recueilli un échantillon (n". 131). Tja roche n'a pas été rencontrée à l'état massif.
N". 131. Bloc roulé de la Waï Alang lama, à Alang. Roche grisverdâtre à grain fin. Au microscope, elle ressemble au n". 147, car ici aussi une grande partie de l'augite, d'un vert très clair, est encore fraîche et n'a été transformée en chlorite que pour la plus petite moitié. Pour le reste, les éléments ordinaires, de longs plagioclases,
de lllménite avec leucoxcne, du calcaire spathique, du quartz, ainsi que des cristaux et des grains cristallins jaunes et bruns qui appartiennent à l'épidote. Diabaae.
Wai Sêkawiri (nommée aussi Wai Elah et Ajér hésar) à Liliboï. Dans le cours inférieur on trouve du calcaire corallien et puis divers petits rapides sur une roche un peu brécheuse, fort altérée (n®. 121). N^ 121. Boche du rapide Hatou assa, dans la rivière Sêkawiri (AjÔr bësar), à l'/» km. environ de Liliboï. En échantillons, roche grisverdâtre foncé, assez tendre, à grain fin, d'apparence tuffeuse. Au microscope, on voit des morceaux très altérés de diabase, avec bords sombres, riches en grains de minerai de fer, ce qui donne à cette roche un aspect brécheux. Plus haut dans la rivière, il doit y avoir encore plus de cette roche.. Diabase^ fort altérée.
Wdi Lawa, à Tawiri. Dans la vallée de cette rivière, on trouve des andésites riches en verre, parmi lesquelles une roche diabasique altérée apparaît çà et là à l'état massif; l'argile pyriteuse gris-clair (n". 111) est regardée comme un produit de désagrégation de cette diabase, mais elle appartient probablement aux sédiments quaternaires. Il n'a pas été recueilli d'échantillons de la diabase de la Waï Lawa.