‹ Description géologique de l'île d'AmbonChapitre 51 sur 62 · III. Roches granitiques · texte numérisé non relu

III. Roches granitiques

A ce groupe appartiennent, à Hitou comme à Leitimor, aussi bien les granitites que les porphyres quartzifères.

Le granité apparaît dans le sud-ouest de Hitou, dans la grande négorie Alang, et entre celle-ci et la négorie Liliboï, à la côte. De plus, les dépôts quaternaires à l'ouest et au sud-ouest de Liliboï renferment beaucoup de fragments de granité. Dans la négorie Alang, on a taillé dans le granité altéré un escalier de 52 marches, que l'on se propose de continuer juscju'à 65 marches environ, vers la partie de la localité située plus haut. Au nord gisent sur le granité des matériaux incohérents; à l'est, la roche confine à l'alluvium de la rivière Namakoli, et puis à la péridotite du cap Namakoli. Plus au nord-est, il apparaît encore un peu de granité à la côte, et il existe de gros blocs le long de la côte jusqu'à proximité de Liliboï. Plus à l'est encore, il n'y a plus de granité nulle part à Hitou, pas même en blocs isolés.

Le porphyre quartzifère se rencontre dans le lit de la Waï Loi, et dans diverses rivières au pied du Salahoutou.

N*. 10. Roche d'Alang. Granité grisâtre, d'un grain moyen ou fin, avec quartz, feldspaths blancs et ternes et biotite. Renferme beaucoup de sécrétions grises, d'un grain très fin, irrégulièrement délimitées. Au microscope, on voit que parmi les feldspaths il y a de l'orthoclase trouble et encore plus de plagioclase demi-trouble. Ensuite, beaucoup de biotite, transformée partiellement en chlorite, un peu de minerai et ([uelques grains de zirconc. Quehjues gros cristaux, à noyau limpide et incolore, sans pléochroïsme, mais transformés d'ailleurs en une muscovite vert-clair, en fibres très fines, appartiennent à la cordiérite. Oranitite.

N^ 11 est une sécrétion gris-clair, d'un grain très fin, delà graniti te n". 10 d'Alang. Des deux plac^ues micro8Copi(iues, l'une est un granité commun, confinant à la sécrétion, et semblable au n^. 10, mais avec beaucoup de plagioclase qui présente des stries croisées, et de nombreuses cordiérites incolores, qui ne sont (lu'en partie transformées et devenues brun-jaunâtre. Dans les parties limpides de ces cordiérites il y a de la sillimanite, parfois beaucoup, mais le plus souvent pou, ainsi (lue des octaèdres de pléonaste d'une belle teinte verte. L'autre plaque est la sécrétion fine elle-même, et elle consiste en quartz, plagioclase, beaucouj) moins d'orthoclase, beaucoup de petites biotites, du minerai et des grains de zirconc. La cordiérite manque, ainsi que la hornblende. C'est donc aussi une granitite, à grain fin.

N*. 127. Enlevé à de gros blocs, au rivage, entre Alang et Lîlîboï, à proximité de la petite rivière Ijapiarounout. En échantillons, un granité brun d'un grain moyen. Au microscope, du (juartz, du plagioclase, encore une fois moins d'orthoclase, de la biotite, du minerai, et de nombreux cristaux de cordiérite limpides, transformés en partie en une masse brun-jaunâtre, en partie même finement fibreux par des agrégats vert-clair de muscovite. Chlorite, limonite. Pas de hornblende. Granitite,

N°. 19h. Roche ferme dans la rivière Loi, à SV» km. de Kaïtetou; cette roche blanche ne peut se voir que dans le lit de la rivière, divisée en bancs épais qui inclinent au nord. Elle ofiFro <[uelque ressemblance avec certaines diabases et tufs diabasiques, blanchis et

imprégnés de quartz, qui se montrent ailleurs, au Touna. A l'examen microscopique, on reconnaît cependant qu'elle n'appartient nullement aux diabases, mais fait partie des porphyres quartzifôres. Une comparaison minutieuse des plaques microscopiques des diverses roches du Touna a fait voir, que la constitution géologique de cette montagne est encore plus compliquée que je ne le croyais tout d'abord. Aux bords des rivières, le porphyre quartzifère se recouvre de matériaux roulés; on ne sait pas au juste jusqu'où ceux-ci continuent en amont, car le lit de la rivière est comblé de blocs énormes du porphyre, qui empêchent d'y pénétrer plus avant, ou du moins en rendent l'accès très pénible. Ce qui est certain, c'est qu'à V/^ km. en amont, à l'embouchure de la Waï Touna, à 269 m. d'altitude, il n'y a plus à voir de porphyre quartzifère, mais la diabase n**. 19fc, décrite plus haut, y vient au jour.

En échantillons, le porphyre quartzifère n**. 19A est une roche blanc terne, dure, dans laquelle on ne peut voir que des quartz et des cristaux de pyrite. Au microscope, on observe une pâte microgranuleuse dans laquelle sont disséminés porphyriquement des grains de quartz arrondis et des feldspaths. Ces derniers sont tous troubles; quelques-uns polarisent encore comme des cristaux simples ou comme des mâcles d'orthoclase ; d'autres présentent distinctement les stries des plagioclases. Les quartz contiennent des inclusions de particules solides de verre aussi bien que de petites bulles liquides. I^ pâte consiste en particules de quartz et de feldspath, qui forment des agrégats irrégulièrement délimités, dans lesciuels ces particules sont enchevêtrées à la façon du granité graphique. La roche renferme ensuite de l'ilménite, non seulement avec bord terne de leucoxène, mais encore avec beaucoup de titan i te limpide et polarisante, de teinte grisâtre ou jaune-grisâtre. La chlorite n'y existe que dans une faible mesure ; l'augite, ou tout autre élément sombre (bronzite, hornblende, biotite), pas du tout. La pyrite s'y trouve en cristaux relativement volumineux. Porphyre qunrtzifère granophyrique,

NO. 64. Fragments roulés dans la rivière Sakowé, affluent de la Sëlaka qui se jette dans la mer au nord de Waë. Les morceaux ont été recueillis au point d'intersection de la rivière et du sentier qui conduit de Waë à la cime orientale du Salahoutou, et que nous décri-

rons plus tard à propos des liparites. En échantillons, c'est une roche gris-bleuâtre clair, avec pâte serrée et des quartz porphyriques. Ressemble tout à fait au n*. 1 de Tg. Batou merah et présente aussi la même croûte d'altération jaune-brunâtre. La roche est traversée de fissures, dont les parois sont tapissées de cristaux de quartz et de petites paillettes hexagonales d'un minéral limpide qui, d'après l'analyse de M. P. Hupfnaqet. Pz., étudiant à l'Eole Polytechnique de Delft, appartient à la margarite (mica calcaire). Au microscope, elle donne sensiblement la même image que le n«. 1. En cristaux porphyriques, rien que du quartz et du feldspath, ce dernier en faible quantité, car il a été en partie transformé en kaolin qui a disparu au polissage. Quelques longs rectangles, primitivement du feldspath, sont transformés en un agrégat de grains de quartz. Les quelques restants de feldspath qui existent encore sont sans stries, ne présentent que de petits angles d'extinction et appartiennent à l'orthoclase. La pâte consiste essentiellement en particules de quartz limpides et en d'autres jaune-brun trouble, plus ou moins arrondies, de feldspath, qui, tournées entre niçois croisés, s'éteignent sur toute la surface et sont rarement pénétrées de grains de (quartz. Dans cette pâte, on ne peut observer distinctement un enchevêtrement micropegmatitique ou graphogranitique de quartz et de feldspath, comme dans le n*. 1. Entre les particules, on trouve de belles tables quadratiques et des octaèdres aigus d'anatase, transparents, d'un bleu d'acier, résultant probablement d'une décomposion de la biotite. Ensuite, la pâte renferme encore de petites fibres de muscovite, des grains bruns d'hydroxyde de fer et un peu de pyrite. Porphyre quartzifîre.

N<>. 67. Fragments roulés de la rivière Taïsoui, à la traversée du sentier de Waë au Salahoutou, à 270 m. d'altitude environ. Une masse compacte, gris-bleuâtre, ressemblant presque à un schiste siliceux, avec quelques petits quartz et des veines de calcédoine. Au microscope, on voit une pâte d'un grain fin, qui consiste en de nombreuses particules polarisantes de quartz et de feldspath brun trouble, avec beaucoup de calcédoine. Des quartz porphyriques, présentant des poches dans lesquelles la pâte s'est introduite. Il s'y trouve quelques orthoclases, en cristaux simples ou en mâcles. Certains feldspaths sont transformés en quartz ou en calcédoine. Porphyre quartzifhre.

Le porphyre quartzifère n*. 64 a été analysé par M. D. Funk, !•' assistant au laboratoire de chimie de l'Académie des mines à Freiberg, en Saxe. La composition est:

SiO» = 80.94

Fe»0» = 0.50

FeO = 0.47

CaO = 0.30

MgO = 0.10

Na*0 = 1.73

Total . . . = 100.02

Les roches n^». 1 et 64 sont donc fort rapprochées par la composition ; seulement, le n*^. 64 est plus riche en acide silicique, par suite de la forte teneur en quartz de la pâte.

1¥. Terrain gréseux.

Le terrain gréseux, qui joue un rôle si important à Leitimor, n'apparaît pas à Hitou. Il est pourtant probable que ce terrain existe aussi dans le sous-sol de Hitou, car on y a rencontré çà et là quelques fragments roulés de grès et de calcaire compacte. Ces fragments ont été trouvés aux points suivants:

1. Dans la rivière Sêkamri, à Liliboï, à proximité du rapide Hatou assa, qui consiste en diabase (n*. 121) et qui a déjà été décrit plus haut; on y a trouvé des blocs de calcaire compacte, gris-clair (nM22), ressemblant à ceux de la vallée de la Batou gadjah, en arrière d'Ambon, et qui concordent peut-être avec ces derniers par l'âge. Malheureusement, ce calcaire ne renferme pas *de fossiles.

2. A Voueat (PAlang, et aussi à l'est du «mont du poste à signaux» (la cime au-dessus de Tandjoung Alang), quelques blocs de calcaire compacte, (no*. 128 et 130) gris-foncé et gris-clair, surgissent du sol quaternaire; ils ressemblent aussi au calcaire ancien de I^eitimor. Dans la petite rivière voisine, Titilanang, qui coule à l'est du mont du poste, on en a cherché les couches fermes, mais on ne les a pas trouvées.

3. Dams la rivihe Alang lama^ qui débouche dans la mer à l'ouest du mont à signaux, on a rencontré des fragments roulés d'un grès (n®. 132), passant au conglomérat, et de petits morceaux d'un calcaire compacte, noir, qui ont un caractère ancien. Cependant, aussi loin que la rivière a été explorée, on n'a pu voir nulle part des couches de grès. Le grès consiste en débris de granité; les petits échantillons de calcaire n'ont malheureusement pas été conservés.

L'âge des calcaires dont il vient d'être parlé n'est pas tout à fait certain, non seulement parce que nulle part on ne les a trouvés en couches et qu'ils ne renferment pas de fossiles, mais encore parce que les calcaires coralliens jeunes deviennent parfois compactes ou très finement cristallins, et qu'ils ressemblent alors parfaitement à des calcaires anciens. Les fragments roulés qu'on a rencontrés peuvent donc parfaitement provenir du terrain de calcaire corallien. Des recherches ultérieures devront élucider cette question.

NO. 122. Blocs incohérents de la rivière Sôkawiri, à Liliboï, à peu près à 10 m. d'altitude. Calcaire compacte, gris-clair, avec de grosses veines de spath calcaire. En échantillons il ressemble fort au calcaire gris, ancien (nos. 74 et 222) de la vallée de la Batou gadjah. On n'y voit pas de pétrifications. Au microscope, on observe uniquement des sections de fossiles impossibles à déterminer, probablement en grande partie des foraminifères. Les globigérines, si répandues dans les calcaires tertiaires et plus récents, manquent ici, de même que tous les minéraux qui pourraient provenir de jeunes roches éruptives. C'est un calcaire très pur, un mélange microcristallin d'individus de calcite. Calcaire cristallin.

Nos. 128 et 130. Au sud-ouest d'Alang se trouve la petite cime sur laquelle il y avait auparavant un poste à signaux et qu'on appelle, pour cette raison, le «mont du ^oste» (seinpostberg). A l'est de ce monticule coule la petite rivière Titilanang, et un peu plus loin, à l'est de cette rivière, à 45 m. d'altitude, sur la route d'Alang, quelques blocs d'un calcaire compacte, gris-clair (n". 130), à parties sombres (n®. 128), non des blocs roulés proprement dits, mais usés et arrondis et qui paraissent consister en coraux, surgissent du sol quaternaire. Un peu plus à l'est, dans la rivière Alang lama, il apparaît, à 42 m. d'altitude, du calcaire reposant sur de la serpentine; mais, suivant

KopSRBEBG, c'est du calcaire corallien jeune ordinaire. Au microscope, le n^ 130 présente de nouveau une masse très pure de calcaire spathique, avec des restes de coraux et de foraminifères impossibles à déterminer. Calcaire cristallin.

Les calcaires nos. 122, 128 et 130 ressemblent il est vrai aux calcaires anciens des vallées de la Batou gadjah et de la Batou gantoung, mais aussi aux variétés denses, compactes, des jeunes calcaires coralliens, comme ceux du sommet du Gounoung Kapal (n". 98) et du Gounoung Nona (n°. 96); de sorte qu'il est encore possible qu'ils fassent partie des jeunes calcaires, car les fossiles ne donnent pas de renseignements suffisants.

N®. 132. Bloc roulé de la Waï Alang lama, à 1 km. environ de l'embouchure. En échantillons, une roche grise, dure, à feldspaths ternes et avec peu de pyrite. Au microscope, roche élastique, avec éclats de quartz, orthoclase devenu trouble par formation de mica, peu de plagioclase limpide, quelques particules de rauscovite, ilménite avec leucoxène, pyrite et calcaire spathique qui cimente les éléments. Dans les quartz, de nombreuses bulles liquides. C'est un grès calcarifère de débris de granité, qui ressemble aux grès anciens des vallées de la Batou gantoung et de la Batou gadjah, en arrière d'Ambon.

V« Les poches éruptives récentes.

La répartition des Ambonites à Hitou peut se voir sur notre carte n**. I. La limite de la roche ferme contre le terrain quaternaire ou pliocène, là où ce dernier consiste en brèches des mômes roches et non en matériaux entremêlés, ne peut pas toujours être donnée d'une manière précise, surtout parce que les matériaux incohérents, apportés par les eaux, atteignent à Hitou de très grandes hauteurs. I^es versants abrupts des montagnes se composent le plus souvent de matériaux massifs, tandis que les cimes plates et les collines moins accidentées au pied des montagnes sont constituées, en grande partie, de produits incohérents; mais ici encore il y a des exceptions.

1^8 trois grands massifs du Salahoutou, du Loumou loumou Walawaa-Touna et du I^toua consistent en roches éruptives jeunes. On trouve encore celles-ci au Gounoung Kërbau, en divers points de la côte et dans le lit d'un grand nombre de rivières, accompagnées

presque partout de brèches et de tufs arénaeés, que l'on ne doit pas considérer comme des sédiments, mais comme des produits éruptifs, formés simultanément avec l'éruption des matières massives. Une partie de ces produits fermes et incohérents paraît cependant s'être formée sous la mer, ce qu'indique aussi la présence de beaucoup de roches vitreuses; et ce sont surtout ces produits déposés sous les eaux qui rendent souvent difficile d'établir la limite avec les dépôts pliocènes et quaternaires, disposés en couches peu distinctes.

Sous le rapport pétrographique, nous suivons ici la même division que pour la description des Ambonites de Leitimor.

a. Liparite (et dcunte) à caractère de porphyre quartzifère.

Ces roches ne se présentent qu'au Salahoutou, principalement sur la route qui conduit de Waë au sommet de cette montagne.

Sentier de Wàé à la cime orientale du Salahoutou.

En arrière des bains de Waë, où une source limpide jaillit de dessous le calcaire corallien, on passe d'abord par un peu d'alluvium' puis par le calcaire corallien, ensuite par des matériaux roulés, avec fragments d'andésite et de liparite. Au passage de la rivière Sakowé (117 m. d'altitude', affluent de droite de la rivière Sôlaka, on trouve dans le lit de cet affluent beaucoup de fragments roulés du porphyre quartzifcre n^. 64 décrit plus haut. De l'autre côté de ce ravin, le sentier monte graduellement jusqu'à l'altitude de 242 m. La pente devient alors plus forte, et l'ascension, qui jusqu'ici pouvait se faire en chaises à porteurs, doit se continuer à pied. Une cime avancée se nomme G. Katila (834 m.) ; l'arête qui y succède, G. Këtaro (430 m. environ). Le sentier descend maintenant rapidement vers la rivière Taïsoui, que l'on passe à l'altitude de 270 m. En cet endroit gisent de nombreux blocs de diabase (noa. 65, 66 et 68) et quelques autres de porphyre quartzifère (n". 67), qui ont déjà été décrits cidessus. Un peu en aval du gué, la rivière forme une petite cascade sur une liparite séparée en bancs épais (n®. 69). D'ici jusqu'à la maisonnette du sommet (986 m.), on ne voit plus çà et là qu'un peu de liparite, très altérée, entre l'épaisse couverture de mousse. Le sol, où elle affleure, consiste en une argile jaune clair, gluante;

et sur la cime, à l'entrée d'un petit ravin, on ne peut voir encore que de l'argile jaune, avec quelques petits fragments de quartz.

On peut voir encore la liparite, à l'état de roche ferme, dans la rivière Taïsoui, en aval du point cité plus haut, notamment à la cascade Embouang, à 170 m. d'altitude environ. On atteint cette cascade en suivant le sentier de Waë au Salahoutou, décrit ci-dessus, jusqu'à l'altitude de ± 340 m.; puis, il faut descendre en pente raide, d'abord au sud-ouest et ensuite au sud vers la vallée de la Taïsoui. On voit ici la roche n^. 164 affleurer en bancs épais, tandis que, de toutes parts, des roches d'andésite riches en verre (n^ 165) se montrent en fragments roulés, enlevés par les eaux aux brèches.

Plus loin, au versant sud-est du G. Emulera, il apparaît une roche fortement silicifiée (n^ 161), qui probablement appartient aussi aux liparites; on la trouve en blocs détachés, à 318 m. d'altitude. Cependant, la cime de cette montagne se compose, à ce qu'il paraît' totalement en roches andésitiques riches en verre, car on rencontre celles-ci (n*. 160) à 366 m. et ailleurs aux alentours. A l'altitude de 371 m., au versant oriental du G. Kadera, et à proximité du cours supérieur de la Waï Reuw (affluent de la Waï Routoung), il existe un petit lac peu profond, de 16 m. de largeur, à fond marécageux, que l'on nomme «Tëlaga Namang». C'est une mare ordinaire, de peu de profondeur, remplie d'eau froide; il ne s'y dégage pas de gaz, et, d'après Koperberq, elle n'a rien d'un lac de cratère. On peut atteindre le Tëlaga Namang aussi bien de Souli que de Toulehou. Le sentier reste assez longtemps sur un terrain quaternaire, faiblement incliné, jusqu'au passage de la Waï Reuw, à 178 m. d'altitude; cette rivière forme ici une cascade sur des brèches d'une andésite quartzifère à mica (n°. 162), une roche qui, avec différents produits riches en verre, constitue tout le versant de la montagne.

Le terrain quaternaire entre la Waï Reuw et la Waï Mamina renferme beaucoup de fragments de liparite (n**'. 169); il en est de même des environs de la source d'hydrogène sulfuré à l'ouest du Tëlaga Birou, près de Souli (n*^. 158), qui sont en partie recouverts d'une croûte de tuf siliceux (n*^. 213), provenant de sources thermales.

Enfin, la Waï Tomol, qui charrie les eaux venant du versant nord

de la montagne, transporte de nombreux blocs de liparite (n*. 170), provenant des cimes centrales.

Il résulte de cette énumération, que les liparites pauvres en éléments sombres se bornent au centre de la montagne ; elles sont plus anciennes que les produits des points d'éruption qui sont répartis sur les flancs du Salahoutou, et qui ont fourni des andésites, dont quelques-unes riches en verre. Plus anciens encore sont les porphyres quartziferes des rivières Sakowé et Taïsoui et les diabases de la dernière, qui forment le sous-sol du Salahoutou, ainsi que celui du Touna. Toutefois, sur le chemin que nous avons suivi, on les trouve, non comme roche ferme, mais seulement en gros blocs roulés.

De la cime orientale (985 m.) que nous avons gravie, se détache à Test une arête vers le G. Lapiarouma (611 m.), au dessus de Liang. De notre refuge sur la cime de 985 m., on a une vue sur trois cimes plus élevées, situées plus à l'ouest, et qui sont séparées de notre point d'observation par un ravin profond de 200 m., la vallée en crevasse du cours supérieur de la Waï Routoung. Ces cimes, hautes respectivement de 989, 1024 et 1027 m., représentées dans la fig. 36 de l'annexe IV, sont dessinées d'après une photographie prise par KoPERBERQ, de sorte que les contours en sont exacts. Les deux dernières cimes sont les plus hautes de toute la chaîne, et passent pour inaccessibles chez les habitants, à cause des parois escarpées de la partie supérieure; j'ignore toutefois si vraiment des Européens ont jamais fait des tentatives pour atteindre ces sommets.

Dans nos figures 30, 33, 34 et 35, ce sont les cimes 1 et 2; la cime de 989 m. est le n'. 5, et notre refuge se trouvait sur la cime no. 7. Sur la fig. 35, prise au nord du kampong Siwang, à Leitimor, on peut voir que la cime tout entière peut être considérée comme un ancien point d'éruption eifondré, un volcan crétacé, dont le bord de cratère fort érodé passe par les cimes 5, 2, 1 et 7; la Routoung sort de l'ancien cratère. Sur les flancs de cette montagne se trouvent diverses élévations que l'on doit considérer comme des points d'éruption indépendants; tels sont le G. Kadera (741 m.), le G. Sipil (fig. 35) et un petit sommet, désigné par|> dans cette figure, entre le G. Sipil et les pics les plus hauts du Salahoutou, mais situé un peu plus au nord; le G, Setan (567 m.), cime très escarpée à

proximité de la côte du nord, représentée dans la fig. 50; la chaîne du Tomol, au cap Tomol, avec divers sommets (fig. 48), le G. Houhou, au cap Houhou (fig. 47) et enfin le G. Lapiarouma (511 m.), déjà nommé, au sud de Liang, auquel sont adossés, en forme de terrasses, des matériaux incohérents, avec du calcaire corallien jusqu'à 250 m. d'altitude (fig. 51).

Description des liparites (et des dacites).

Comme les roches que nous allons décrire ici renferment d'ordinaire très peu de feldspaths porph3rriques, il se peut que dans le nombre il y ait aussi des dacites, ce que l'analyse chimique seule peut décider. Les roches qui ont été analysées, et qui au microscope renfermaient distinctement du plagioclase, ont cependant une teneur en alcalis notablement supérieure à celle de la chaux, et appartiennent par conséquent aux liparites.

N«. 161. Blocs du versant sud-est du Gounoung Kadera, à 318 m. d'altitude. En échantillons, une masse dense, gris-clair, avec feldspaths transformés en une matière blanc trouble et des cristaux de quartz. La croûte est colorée en brun par de l'hydroxyde de fer. Au microscope, on voit une pâte jaune-brunâtre, qui ne renferme porphyriquement que des quartz arrondis, dans lesquels il y a des poches où la pâte a pénétré; des espaces vides ont été occupés par des feldspaths, qui ont disparu en grande partie au polissage; quelques restants de cristaux de feldspath se sont transformés en calcédoine. La pâte a un aspect tout à fait particulier, par un grand nombre d'anneaux et des particules irrégulièrement délimitées, de teinte brune, à bord limpide. Ce bord consiste en calcédoine ; la masse brune interposée est de l'opale, bien qu'elle polarise faiblement, çà et là même assez fort, ce qui s'observe surtout lorsqu'on fait usage de la plaque de gypse. Ensuite, un peu de minerai. H ne reste plus rien de la pâte primitive ; le tout est totalement silicifié. lÂpariie silicifiée ou docite. La transformation doit sans doute être attribuée à une source thermale qui existait jadis en cet endroit et qui renfermait de l'acide silicique en dissolution.

N". 69. De la rivière Taïsoui, au gué du sentier de Waë au Salahoutou, à 270 m. d'altitude environ. Roche séparée en bancs épais, par-dessus lesquels la rivière forme une petite cascade. En échantil-

Ions, elle eet •gris-yerd&tre clair, avec quelques cristaux de pyrite. Au microscope, une pâte trouble, consistant en particules polarisantes de quartz, en petites baguettes étroites de feld^^ath, souvent en mâcles à angles d'extinction très petits, et partie aussi en cristaux sphériques; de l'ilménite avec leucoxène, pyrite, lamelles vertes de chlorite et des grains bruns très fins qui occasionnent le trouble. Porphyriquement, rien que des quartz limpides, en formes cristallines bien délimitées, et aussi en grains arrondis ; la pâte s'est engagée dans des poches dans ces cristaux, qui renferment des inclusions de bulles liquides et sont entourés d'un bord quartzeux plus jeune, que nous avons déjà désigné au n°. 191 sous le nom de «quartz auréolé», lequel s'éteint en grande partie en môme temps que le cristal principal; seules les particules de feldspath qui pénétrent les cristaux de quartz polarisent alors. lAparite, ou dacUe. Par sa teneur en chlorite et par les feldspaths étroits, la roche rappelle certaines diabases quartzifères. Ija teneur en acide silicique est environ de 74 pet.

N^. 164. Roche affleurant à la cascade Batou Embouang, dans la rivière Taïsoui, à peu près à 170 m. d'altitude. Pâte compacte, grisverdâtre clair, à cristaux de quartz. Au microscope, de grands quartz en cristaux nettement limités et en grains arrondis; ils renferment de très petites bulles liquides, et présentent en partie un bord de jeune quartz. Le plagioolase, en cristaux très limpides à structure zonaire, y existe en proportion assez forte; ces cristaux ne présentent pas d'angles d'extinction particulièrement grands, la plupart de 10® seulement, et au maximum 20** pour quelques individus. Quelques sections simples, parallèles à la face M, donnaient une extinction de 12"*. Il se peut que ces sections n'appartiennent pas à un plagioolase, mais à une sanidine sodique. La pâte est brun trouble et polarise comme un mélange fin de quartz et de feldspath. Dessphérolites de calcédoine, irrégulièrement sphériques, y sont disséminés en grand nombre; quelquefois cependant, ils ont des contours sensiblement hexagonaux ou en rectangles courts, de sorte qu'on a affaire ici à de la calcédoine pseudomorphique dans la forme de l'un ou l'autre minéral, probablement de la cordiérite ; ce minéral, je ne l'ai toutefois pas rencontré à l'état frais, ni dans cette liparite-ci, ni dans aucune autre iiparite d'Ambon.

La corroeion par l'acide fluorhydrique et le traitement subséquent par une matière colorante laissaient tous ces sphérolithes incolores; c'est une preuve qu'on a afiaire à de l'acide silicique pur, et non à du feldspath ou de la cordiérite. La p&te brun trouble contient, à côté de feldspath et de quartz, des fibres fines impossibles à déterminer (feldspath ?), de petits grains de minerai et des granules bruns, transparents. Le verre parait faire défaut.

La prédominance du plagioclase sur les autres cristaux porphyriques donne à cette roche le caractère d'une dacite. Il ressort toutefois de l'analyse, dont nous ferons mention plus loin, que la teneur en alcalis est beaucoup plus forte que celle en chaux, de sorte que la roche appartient aux liparites. JjSl composition chimique se rapproche fort de celle de la liparite n^. 191 de Leitimor.

N^. 170. Grands blocs roulés du lit de la Waï Tomol, au versant nord du Salahoutou, à proximité de la côte. Roche grisâtre, terne, à feldspaths altérés et ternes et quelques petits quartz. Au microscope, elle ressemble à la roche précédente. En cristaux porphyriques, du quartz et du feldspath. Des sections simples, à extinction droite, appartiennent à la sanidine ; la plupart présentent cependant les stries du plagioclase. I>a p&te renferme de nouveau de petites particules de feldspath et de quartz, des fibres de muscovite vert-clair, un peu de minerai de fer et des granules bruns, transparents. Très nombreux aussi sont des corpuscules ronds, limpides, qui présentent la plupart un groupement radial des fibres; ils consistent probablement aussi en calcédoine. Liparite.

N°. 169, Blocs d'un terrain quaternaire, entre la Waï Reuw et la Waï Mamina, à 104 m. d'altitude. Roche gris-clair, avec quelques cristaux de quartz. Au microscope, porphyriquement rien que des quartz, gisant dans un mélange de ([uartz et de feldspath polarisant en fibres fines et en filaments, avec fibres de muscovite, minerai de fer et hydroxyde de fer. Cette pâte polarise en taches irrégulières, et elle est probablement issue secondairement d'une roche vitreuse Il n'existe plus de grands feldspaths. Liparite (ou dacite).

NO. 168. Blocs près de la source d'hydrogène sulfuré, à la Waï Môlirang, affluent supérieur de la Waï Wasia. Roche d'une couleur grise, légèrement brunâtre, avec quelques quartz. Elle est criblée de

trous, probablement une conséquence de l'action des vapeurs d'hydrogène sulfuré et de l'enlèvement des éléments décomposés, du feldspath sans doute. Au microscope, porphyriquement des cristaux limpides de quartz à contours nets, et quelques feldspaths transformée en un agrégat quartzeux. La pAte, qui est colorée en brun par de l'hydroxyde de fer et par des grains bruns, consiste en particules de quartz limpides et en d'autres brunes, troubles, auparavant du feldspath peut-être, ou bien un enchevêtrement de quartz et de feldspath qui à présent est probablement transformé tout à fait en calcédoine. lApariU (ou dcLàte).

b. Andésite à brormte et andésite quartzifère à hronzUe,

A ce groupe appartiennent uniquement les roches, dont la pâte renferme essentiellement des cristaux porphyriques d'un pyroxène rhombique avec plagioclase, parfois aussi avec du quartz, mais où la biotite et la hornblende ou bien font défaut, ou bien ne sont que fort secondaires. Au point de vue géologique, elles sont intimement liées aux groupes qui suivent, de sorte que dans la description suivante des terrains ces roches seront traitées simultanément. Qeiie description est pour la plus grande partie l'œuvre de l'ingénieur Koperberg; l'autre partie, la plus petite, est de moi.

Le massif du Salahoutou. Nous avons déjà décrit succintement les excursions de Waë à la cime du Salahoutou et à la cascade Embouang, dans la Taïsoui, ainsi que celle de Souli ou de Toulehou au petit lac Tëlaga Namang, au versant oriental du Gounoung Kadera. Trt'S près de ce lac, on trouve une roche riche en verre, poreuse et par là même tant soit peu ponceuse (n". 160), à 366 m. d'altitude. La Waï Reuw coule dans des brèches d'une andésite quartzifère à biotite, dans lesquelles on a recueilli l'échantillon n**. 162, un peu au-dessus d'une petite cascade, à peu près à 180 m. d'altitude. La roche de liparite, qui forme la cascade Embouang dans la Taïsoui (n<^. 164), est recouverte de brèches quaternaires d'une andésite riche en verre (n". 165), et les rivières au nord de Waë transportent principalement des blocs d'andésite quartzifère à biotite (n". 163), qui proviennent également d'un terrain quaternaire. Les brèches quaternaires, avec bordures de coraux en forme de terrasses, constituent toute la partie

orientale de Hitou, depuis Liang jusqu'à Toulehou et Souli. Elles sont encore visibles à l'est de Toulehou, aux récifs «Batou Anjout», qui ne s'élèvent pas beaucoup au-dessus de la haute mer; de cette roche, on a recueilli un échantillon (n®. 31). Il faut qu'il existe ici une source thermale (•); mais lors de mon exploration je n'en ai rien aperçu, parce que j'ai visité ces écueils au moment de la marée haute et que la source se trouvait alors probablement sous la mer.

Du côté nord du Salahoutou, nous trouvons dans la Waï Houhou de grands blocs roulés d'une belle andésite à hornblende (n«. 167), originaires très probablement du monticule Houhou (fig. 47). Un peu plus à l'ouest se trouve le rocher «BatouMètèng», consistant en une roche vitreuse, un peu brécheuse, (nos. 168, 169). Vient ensuite le cap Tomol et la rivière de ce nom, avec blocs roulés d'une andésite riche en verre (n*. 171). A l'ouest du cap Waïlmata, la roche ferme commence à la côte, au petit cap Hourouman, où nous avons détaché le morceau d'andésite à biotite n". 172. I^a paroi de ce rocher s'étend le long de la côte jusqu'au delà de la Waï Moki, où l'on trouve la même roche, mais riche en verre Cno". 173 et 214); à l'embouchure de la rivière, à la rive droite, la roche vitreuse, sombre, en bâtons, se dresse en deux aiguilles pointues, presque verticales, avec une inclinaison raide au nord-ouest; un conglomérat éruptif de la même roche vient s'y adosser (fig, 49).

On a ensuite le cap Setan, derrière lequel s'élève la cime rocheuse, très escarpée, du Gounoung Setan (567 m. d'altitude; voir fig. 50). Dans sa partie la plus abrupte, cette montagne consiste aussi en une roche sombre, très riche en verre (n*. 216), par dessus laquelle un petit cours d'eau forme une cascade ; mais de toutes parts elle est entourée ou recouverte de conglomérats et de brèches d'andésite commune à mica (n". 174) et d'andésite quartzifère à mica et à grenat (nos. 30 et 215). Les brèches appartiennent ici sans aucun doute aux brèches éruptives, tandis que les conglomérats doivent être rangés parmi les dépôts quaternaires.

Enfin, le mont Eri (465 m.), au nord de Nania, doit aussi être

(1) Valentîjn. Ou(1- on Nieuw-Oost-Indien. II, le predeeîte 1734., bdz. 106 (Batoe Ilatoeboe). Wiciimann. TijdHchria v. h. K. N. Aardr. Gen. XV, 1898, p. 211, note 2. Rapport de N. A. T. Arriëns.

compté parmi les contreforts du Salahoutou. Jusque très près du sommet, cette montagne consiste en brèches d'une andésite quartzifère à mica (n^ 210), tandis que le sommet lui-même se compose de calcaire corallien. C'est en même temps le point le plus haut de toute l'île de Hitou où l'on trouve du calcaire corallien. Une deuxième bordure, plus basse, de ce calcaire se trouve à 222 m. d'altitude.

Si nous continuons à nous diriger vers l'ouest, nous arrivons dans la partie centrale, très étendue de Hitou; cette partie, la plus basse de l'île, s'étend jusqu'au Loumou loumou; elle est constituée par des matériaux meubles et du calcaire corallien, où apparaît çà et là la roche ferme.

Sur 1(1 route principale à travers Hitou, qui conduit de Raumah tiga à Hitou lama^ et qui est représentée fig. 8 (annexe II) en projection horizontale et en profil, à l'échelle de 1 : 20000, des blocs d'une brèche riche en verre surgissent du sol rouge foncé en deux endroits seulement; d'abord, à la première montée, au-dessus de Roumah tiga, à 85 m. d'altitude, et puis au nord de la ligne de faîte, à l'altitude de 196 m. (n". 48). Les dénudations sont fort restreintes, de sorte qu'on ne peut pas voir distinctement si la roche existe uniquement en fragments dans une brèche ou à l'état de roche ferme; ce dernier cas est le plus vraisemblable, car la même roche vitreuse apparaît un peu plus à l'ouest, à la côte du nord. Dans le lit de la rivière Maspaït, qui est coupée à 168 m. d'altitude, la roche éruptive n'est pas mise à nu; il n'y affleure qu'un calcaire tendre, argileux par altération (nos. 46 et 47), qui enclave de nombreux fragments d'une andésite riche en verre (n^ 45).

De Hitou lama, un chemin conduit en direction ouest vers Hila, Kaïtetou et Sa^id en suivant la plage et passant par Wakal, Cette route passe le plus souvent par de l'alluvium et des terres basses quaternaires. A 185 m. à l'est du passage de la rivière Waoulou, on gravit une petite colline de 11 m. de hauteur, sur un calcaire quaternaire qui renferme beaucoup de fragments d'un verre andésitique et inclut des cristaux séparés de cordiérite (n**. 217); on y trouve aussi de nombreux blocs volumineux d'un mélaphyre poreux, sombre (n**. 218). En descendant ce mamelon, on atteint la rivière Waoulou, et 290 m. plus loin, la Waï Loula, à la rive droite de laquelle est dénudée une paroi, de

6 m. d'épaisseur au moins, formée d'une roche vitreuse etbrécheusé (nos. 21, 21bi8, 22) analogue à celle citée plus haut au n\ 48. Les roches de la Waï Loula et de la colline de tantôt sont donc à une distance de 290 -f- 185 =z 475 m. l'une de l'autre, et ne sauraient être confondues. Cependant, dans son mémoire n*. 32, p. 71, Martin les comprend sous le même nom de «Tandjoung Hatelatîwe». La colline consiste en brèches quaternaires, tandis que la brèche vitreuse de la Waï Loula paraît être une roche massive, bien qu'ici encore l'affleurement soit fort limité, et que plus avant dans l'intérieur de l'île on retrouve du calcaire et des brèches.

Nous retournons maintenant à la côte sud de Hitou et nous suivons la plage à Poueat de Rov/mah tiga. Entre le hameau Nipa et la dousoun Këmiri est l'embouchure de la Waï Ami ; après avoir remonté quelque temps le cours de cette rivière, nous gravissons la petite colline, située à la rive droite et qui est recouverte en haut de calcaire corallien. La constitution de cette colline avancée pouvait être bien observée, car, par suite du tremblement de terre de 1898, il s'était produit sur le versant un fort éboulement qui a été indiqué sur notre carte nMV et dans la fig. 34 (annexe IV) comme éboulement n**. 2. Ce mamelon se compose entièrement de matériaux meubles jusqu^à 134 m. d'altitude, avec fragments d'une andésite quartziffere à mica (n**. 2); en arrière est située une colline plus haute, qui consiste également en brèches incohérentes et se recouvre, à 179 m., de calcaire corallien (n^ 4) avec tridacnes et autres fossiles. Dans le lit de la Waï Ami gisait un grand bloc brécheux, dt'taché de la paroi de la rive gauche, dont fut enlevé un fragment d'andésite (juartzifère à mica (n". 3).

Si à partir de Nipa on poursuit sa route vers l'ouest, en suivant la plage, on trouve pour la première fois une roche i\ la côte près d'un petit cap situé dans la dousoun Sahourou et nommé Tandjoung Batou; il n'apparaît ici que des conglomérats quaternaires d'andésite quartzifère à mica (n®. 107a); les blocs roulés sont en partie très volumineux, de sorte que la roche éruptive massive ne i)eut être fort éloignée. Viennent ensuite les dousouns Touhoulérou et Waï Laâ, d'où part un sentier vers le Gounoung Kt^rbau; puis, la ri\âèrc Laâ elle-même; ensuite, le cap Batou koubour, où se montre un peu de calcaire corallien jusqu'à 4 m. au-deasus de la mer; enfin on arrive

à la dousoun Batou koubour, où un banc de roche compacte vient un peu au-dessus de la surface de la mer; c'est la roche dont proviennent les fragments du conglomérat de Tg. Batou, dont il vient d'être parlé; on y trouve aussi une andésite quartzifère à mica (n*^. 1076), séparée en plaques épaisses, qui ont une direction de 290° et une inclinaison de 20'' au sud (sud 20® ouest), ce qui indique un point d'éruption situé au nord. La partie supérieure de ce banc s'est solidifiée en une masse vitreuse, ce qui prouve clairement qu'il existe un rapport entre les roches vitreuses et les andésites ; la croûte vitreuse (n^ 107c) a une épaisseur de Vj na.

Nous gravissons maintenant le Oounoung Kerbau^ en partant delà dousoun Waï Ijaâ. En passant sur des brèches altérées, on atteint une cime avancée, de 300 m. d'altitude, qui consiste aussi en brèches ; peut-être même en andésite ferme, mais l'affleurement n'est pas suffisant pour établir ceci avec certitude. Au nord de cette cime, on descend jusqu'à 268 m.; à 269 m. nous avons détaché d'un grand bloc l'échantillon n^. 108a. Ensuite, le sentier monte vers un petit plateau, dont l'altitude moyenne est de 280 m. et la longueur de plus de 300 m. ; on n'y voit aucune roche ferme et tout paraît consister en matériaux incohérents altérés. On arrive alors à la montée abrupte vers la cime proprement dite du Kërbau, depuis 280 jusqu'à 478 m., avec des pentes de 25° et même de 30°, en partie le long d'une paroi de roche massive, parfois semblable à une brèche ou à un conglomérat, dont on a pris divers échantillons ; elle est de couleur plus foncée que les andésites, d'ordinaire à cavités rondes et elle donne l'impression d'un vieux mélaphyre; pour les raisons données plus haut, nous la regardons comme une division basique de nos Ambonites. Déjà au pied de cette cime, à 280 m. d'altitude, fut recueilli l'échantillon n°. 1086 ; à 319 m., le n". 108c; à 327 m., le n". lOSd; enfin, à 332 m., le n». 108. On ne voit plus d'autre espèce de roche jusqu'au sommet. A partir de ce niveau, des parois d'une roche fixe ne sont plus à nu; mais on voit çà et là des fragments de conglomérats et de brèches de mélaphyre. Du côté du nord, le G. Kôrbau descend jusqu'à 440 m. environ, et il s'étend alors à peu près horizontalement vers le G. Damar, ainsi qu'on peut le voir sur notre fig. 34 (annexe IV).

A présent se pose la question de savoir laquelle des deux roches

est la plus ancienne, le ixiélaphyre de la cime du G. Kôrbau, ou bien l'andésite de la cime avancée de 300 m. et de la plage, à la dousoun Batou koubour. J'ai cru autrefois que le pied de la montagne, qui consiste en andésite quartzifère et mica, était la partie la plus ancienne du Kërbau, et avait été percée au centre par le mélaphyre (43, p. 4). De nombreuses inclusions de quartz et de cordiérite dans ce mélaphyre paraissaient indiquer qu'il en était ainsi, car ces minéraux pouvaient provenir de l'andésite, qui renferme presque toujours du quartz et souvent de la cordiérite. Mais une nouvelle exploration de la montagne, en 1904, m'a donné la conviction que le mélaphyre du Kôrbau est probablement la roche la plus ancienne, et qu'elle a été percée par l'andésite au versant sud. On ne peut indiquer au juste où se trouvait le point d'éruption de cette andésite; il est invraisemblable que nous ayons à la chercher dans la cime avancée de 300 m., d'abord, parce que celle-ci paraît se composer de matériaux quaternaires et ne donne pas l'impression d'un point d'éruption ; en second lieu, parce que le petit plateau susnommé, situé au nord de cette cime à 280 m. environ, et qui est constitué par des matériaux andésitiques incohérents, doit probablement être regardé comme une terrasse quaternaire, appliquée horizontalement contre le mélaphyre du Kërbau; en troisième lieu, parce que l'inclinaison de la coulée de lave dans la dousoun Batou koubour, à présent de 20o, serait certes bien plus faible, si cette lave avait découlé de la petite cime, qui est éloignée, en direction horizontale, de 1750 m. de Batou koubour. Il est donc probable que le point d'éruption de cette andésite était beaucoup plus rapproché de la côte, qu'il se trouvait à une altitude plus faible, et qu'il est maintenant enseveli sous des matériaux quaternaires.

Malheureusement, on ne peut pas constater sur le terrain s'il en est réellement ainsi; on doit se contenter de la probabilité, que le mélaphyre est la roche la plus ancienne. Dans ce cas, il s'ensuit naturellement que les inclusions de cordiérite et de quartz dans ce mélaphyre ne peuvent pas provenir de l'andésite, mais doivent être originaires de roches plus anciennes, granité ou gneiss.

Au commencement de 1898, on pouvait voir du côté nord du G. Kërbau une grande masse éboulée, brune vers le haut et d'une couleur plus jaune vers le bas; cet éboulement avait été produit par

le grand tremblement de terre de janvier 1898. La partie supérieure s'élevait à 414 m. et consistait en une terre brune, meuble, avec fragments de mélaphyre, dans laquelle se trouvait une argile tendre, dont la teinte variait du jaune au brun de foie; cet éboulis avait glissé, jusque dans la Waï Laa, et avait obstrué cette rivière en partie, au-dessus de 278 m.; elle renfermait, en cet endroit, à côté de blocs de mélaphyre, un grand nombre de fragments d'une roche vitreuse, sombre. De ce point, nous avons fait l'ascension de la rive droite de la vallée, et à 382 m. d'altitude nous avons atteint la route de Hatiwi bësar à Hila.

Cette route, la seconde route à ^at?er« i/îtou, commence à la dousoun Batou loubang, appartenant à la négorie Hatiwi bësar, et aboutit à la côte du nord, à la Waï Tilipolo, à l'est de Hila. Elle passe d'abord par des conglomérats compactes, puis par des brèches meubles d'andésite et de roche vitreuse. A l'altitude de 176 à 180 m. se trouve une couche de calcaire corallien, et au-dessus de 230 m. le sol devient plus brun et de grands morceaux de roche vitreuse y font saillie; entre autres, à 350 m. environ, où l'on rencontre les gros blocs de verre -Tongkou batou» (n^ 154). Quelques indigènes prétendent que ces masses ont été apportées jadis de la rivière Laâ en cet endroit, pour y faire service «d'autel» (peut-être comme lieu de sacrifices?), mais cela me paraît invraisemblable. Un peu plus au nord s'élève une petite cime de 400 m., nommée G. Malintang, exactement à l'ouest du G. Kërbau; plus au nord encore, à 382 m., est le point où débouche le sentier vers le G. Kërbau, dont nous avons parlé tantôt ; cet endroit se nomme G. Malamang ila. Le sol reste toujours brun et renferme des morceaux de verre. Depuis 410 jusqu'à 423 m. d'altitude, on trouve deux couches de calcaire corallien, séparées par une brèche de roche vitreuse. Vient ensuite le G. Damar, à 469 m., le plus haut point de la route, et un peu plus loin, un petit affluent supérieur de la Waï I^aâ. On arrive maintenant, dans une partie assez plate, le plateau du Damar, à 441 m., à la ligne de partage des eaux entre les côtes nord et sud, et un peu plus loin, à 410 m., à la Waï Hosou, un affluent supérieur de la Waï Tomo; on y voit peu de roches ; de temps en temps un petit morceau de verre gisant dans une argile jaune ou brune. Cela continue ainsi quelque temps jusqu'à la

Waï Hatou tëlou, un autre affluent de la Waï Tomo, que Pon traverse à 330 m. Sur la petite cime, à la rive droite de ce cours d'eau, on trouve, depuis 347 jusqu'à 310 m., de nombreux blocs d'une andésite riche en verre (n*. 153), qui affleure en cet endroit ou existe comme roche ferme à une faible profondeur. D'ici jusqu'à la côte du nord, tout se réduit à des brèches incohérentes; on ne rencontre qu'une seule couche de calcaire corallien, à 90 m. d'altitude, et audessous de ce point les brèches contiennent aussi de petits morceaux de calcaire, mais on ne voit pas de couches proprement dites.

Nous retournons à présent à la baie d'Ambon et nous suivons la côte vers l'ouest. Les lits de la Piah këtjil, de la Piah bësar et de la Witi contiennent tous des blocs roulés d'andésites, de roches vitreuses et de brèches. Ces rivières n'ont pas été explorées en détail, à cause du niveau élevé des eaux et faute de temps.

La Wdi Lawa fut explorée à partir de Tawiri, d'abord dans la vallée même jusqu'à 143 m., puis à la rive droite, parce qu'il était impossible de pénétrer plus avant dans le lit de la rivière ; on monta jusqu'à l'altitude de 336 m. et on passa la nuit en cet endroit. Ensuite, on descendit dans la Waï Lawa, on traversa la rivière à 200 m. et à la rive gauche on monta vers l'arête Këhouli; celle-ci fut atteinte à 480 m., et alors on fit, dans une direction nord-nord-ouest, l'ascension de la cime orientale du Loumou loumou (748 m.).

Depuis Tawiri, on trouve sur cette route d'abord de l'alluvium jusqu'à 12 m. d'altitude; puis des brèches quaternaires incohérentes avec morceaux de verre sombre (n". 109), au milieu desquelles, à 3 km. environ de Tawiri, une roche ferme sombre, séparée en prismes (n^. 110), devient visible sur une courte distance. Ce point n'est plus qu'à 66 m. d'altitude, et il est représenté sur la fig. 41 (annexe IV). Le verre de mélaphyre a parfois un aspect brécheux, rien que par altération; parfois ce sont réellement des brèches incohérentes qui reposent sur la roche massive. Vient ensuite, dans le lit de la rivière, une argile grise quaternaire (n°. 111), non stratifiée, probablement le produit de désagrégation d'une roche diabasique, à grain fin, pyritifère, qui affleure çà et là comme roche massive dans le lit, sur une faible étendue, mais toujours dans un état de forte altération. Plus haut dans la rivière, à 132 m., on trouve de nouveau une roche

de verre bréchcuse; et, à 143 m., un mélaphyre vert-grisâtre (n^ 112), ressemblant à la roche du Kërbau. A cause de la hauteur de Peau et des amas de pierres, il fut impossible de pénétrer plus avant dans le lit même du cours d'eau, et on fut obligé de gravir le versant de la rive droite, c'est-à-dire le pied sud-est du G. Kadera. On suivit celui-ci jusqu'à 336 m. d'altitude, et on passa la nuit près d'un petit affluent de la Waï Lawa. Cet endroit est nommé «Batou bôsar» (grande pierre), à cause des très grands blocs brécheux d'une roche vitreuse andésitique sombre, dont on a recueilli le n". 113. Le lendemain, on descendit vers la Waï Lawa, dans laquelle on rencontra, à 290 m., la même roche de mélaphyre que celle trouvée la veille à 143 m. (échantillon n*. 112). On fit ensuite l'ascension du flanc occidental du G. Këhouli, dont on atteignit la crête à 480 m. On ne put y voir que peu de roches à cause de la densité de la végétation et de la couverture de mousse, et il en fut de même plus loin, à la montée vers le Loumou-loumou, ainsi que cela arrive le plus souvent sur les arêtes montagneuses de Hitou. A 539 m., on trouva quelques blocs d'andésite dans l'argile ; et à 567 m. des morceaux d'une roche vitreuse sombre et d'andésite. Il est probable que ces fragments provenaient de brèches, mais on ne put l'établir avec certitude. La cime à l'extrémité orientale de la chaîne du Loumou-loumou, dirigée de l'ouest à l'est, a une altitude de 748 m. et elle est plate au sommet. Ici encore on n'aurait pu observer la composition du sol si, à l'est de ce sommet, le tremblement de terre n'avait produit deux éboulements de terrain, au-dessus d'un petit affluent de la Waï Witi, nommé Waï Batou medja. De cet endroit, on jouissait d'ailleurs d'une vue magnifique sur la partie nord-est de Hitou, le G. Setan, l:i baie de Hitou lama et Wakal. D'après Koperbeiiq, ce sommet consiste en matériaux meubles, sable, argile et gravier de roches andésitiques ; malheureusement on n'y a pas recueilli d'échantillons. A partir de cette cime on en visita une autre, située plus à l'ouest, de 782 m., que quelques indigènes désignent sous le nom de G. Tëlaga Radja (c'est toutefois le G. Oulou Kadera). Le projet de visiter le petit lac «Tëlaga Radja», situé au nord-ouest de cette cime, dut être abandonné, car le guide qui accompagnait Koperberg prétendait ne pas pouvoir le trouver, ou du moins ne pas connaître un

chemin qui y conduisait. On est donc descendu de ce sommet vers le sud, par des brèches de la roche vitreuse sombre, pour arriver au cours supérieur de la Waï Lawa. A 497 m. il y a ici un petit lac, nommé «Tëlaga Parampouan» ou «Tôlaga*Bounga» ; ce n'est en réalité qu'une mare peu profonde, de 100 m. de diamètre à peine, sans aucune trace de phénomènes volcaniques ; la boue en est froide ; il n'y avait rien à constater d'un dégagement d'hydrogène sulfuré, et sur la boue croissent des lentilles d'eau. A 352 m. on peut voir, dans un affluent de la Waï Lawa, une cascade sur la roche brécheuse d'andésite que nous connaissons; on regagna alors le bivac de la soirée précédente, et on revint à Tawiri par le même chemin que la veille.

Il ressort de cette excursion que le gravier incohérent, apporté peut être par les eaux (?), atteint sur la crête du Loumou-loumou une altitude de 750 m. environ; sur les versants, il paraît avoir été balayé par Teau pour une grande partie; mais on ne peut le voir distinctement à cause de l'exubérante végétation et de la couverture de mousse.

Quelques jours auparavant, le topographe van den Bos, parti de Saïd, avait fait l'ascension du sommet du Loumou-loumou situé un peu plus à l'ouest, à 761 m., afin de faire des relèvements. Il a vu qu'au nord de la crête du Loumou-loumou il y a encore une arête plus basse, avec deux sommets, respectivement de 694 et 635 m. (voir carte n°. I), et qu'entre ces deux et les deux cimes de 751 et 782 m. se trouve le lac Tëlaga Radja, que les indigènes décrivaient comme une mare d'eau froide, peu profonde, de faibles dimensions, sans dégagement d'hydrogène sulfuré. Faute de temps, il n'a pas été levé par lui.

A Tawiri commence une grande plaine alluviale, qui continue jusqu'à Hatourou et qui a une largeur moyenne de 1000 m. A I^ha est l'embouchure de la Waï Laha. (N.B. Nous avons donc ici successivement 4 rivières avec des noms presque consonnants: W. Lela, à Roumah tiga; W. Laâ, î\ Batou koubour, W. Lawa, à Tawiri et W. Laha, à Laha). En arrière de Laha se trouvent des collines quaternaires, de 67 m. d'altitude, tout à fait plates au sommet. A Laha, il y avait autrefois, au rivage, une fortification qui est complètement

en ruines à ])ré8ent. Depuis Hatourou jusqu'à Liliboï, la bande d'alluvium n'a que 100 à 200 m. de largeur: mais en quelques points il apparaît une roche ferme à la côte. En premier lieu, tout près de Hatourou, on a le «Batou Bëdiri», consistant en bancs épais, dressés, d'une roche andésitique micacée, en partie séparée en prismes (n°. 114); la même roche se montre aussi dans le lit de la large rivière Sëkoula, avant Hatourou, en nombreux blocs roulés, et les deux récifs peu élevés i<Batou douwa», situés à Hatou, sont constitués par la môme roche. Au nord de Hatou on trouve, contre les collines quaternaires, deux bords de calcaire corallien ; le bord inférieur, depuis 130 jusqu'à 135 m., l'autre, depuis 202 jusqu'à 225 m. environ. A 217 m. on y trouve une grotte, nommée «Liang Liawat», dont l'entrée descend obliquement; à l'intérieur, il n'y a rien à voir de particulier, sinon qu'elle est habitée par de nombreuses chauves-souris. Nous sommes revenus d'ici par les Batou douwa; le sentier passe par des brèches meubles et du gravier d'andésite micacée. Le bord corallien inférieur se trouve ici plus bas que plus loin à l'ouest, à 89 m. d'altitude environ. Dans la Waï Hatou, à peu près à '/^ km. du rivage, se dresse une paroi rocheuse massive d'andésite à cordiérite (n°. 116), séparée en prismes qui paraissent diverger quelque peu en forme d'éventail. De nombreux blocs roulés d'une andésite commune (n® 115) sont disséminés en aval dans le lit de la rivière. Au-dessous du point où l'on peut voir le n". 116, des grès tendres, bien stratifiés, quaternaires ou pliocènes (n°. 117), sont à nu dans la rivière, D := 43°, 1 = 37° au sud-est. Ils sont très fissiles et alternent avec des couches de brèche (n". 118), contenant de petits cailloux roulés et aussi de grands fragments de verre andésitique (n®. 119); viennent ensuite des brèches plus dures avec ciment arénacé, le tout se succédant en position concordante. C'est là un des rares points où l'on reconnaît une inclinaison notable aux sédiments jeunes. Cependant, l'étendue où l'on peut voir ces couches ne dépasse pas 3 m.; et il ne me paraît pas impossible que ces couches inclinées ne forment qu'un fragment détaché de la roche massive.

A la côte, la roche ferme apparaît de nouveau au -Hatou Poroh» et tout près de là, un peu plus dans l'intérieur de l'île, aux deux collines par lesquelles passe la route, qui sont élevées respectivement

de 29 et 42 m., et sont séparées par la petite rivière Titileh; cette roche ferme est recouverte de brèches et de conglomérats. Le Hatou Poroh est l'extrémité d'une longue arête, dont le point le plus haut, le G. Oupa, a 467 m. d'altitude. Ce G. Oupa est déjà une cime avancée de la haute chaîne du Latoua. Le Hatou Poroh (ou Porroh) consiste en un banc épais, long de 60 m., d'une andésite compacte (n^ 120), reposant sur un conglomérat dur de la même roche, lequel a été creusé en tunnel par les flots sur une longueur de 12 m. environ. A cette roche massive succède de nouveau le conglomérat ferme; puis, des brèches incohérentes et du gravier. Le conglomérat dur n'est pas nettement limité à son contact avec la roche compacte, il est donc évident qu'ils tiennent ensemble.

A partir de Liliboï, Kopebberq a fait une excursion vers la montagne Latoua, mais dans des circonstances très défavorables ; des pluies abondantes, qui empêchaient presque tout coup d'œil sur l'île, rendaient l'exploration très difiicile. On a d'abord suivi la vallée de la Sëkawiri, qu'on nomme aussi la -grande rivière» (Waï Elah ou Ajër bësar). Le rapide Hatou assa, consistant en diabase (n". 121) a déjà été mentionné plus haut, ainsi que la roche de péridotite serpentinisée (n®. 123) qui se montre plus haut. A 2'/, km. environ de la côte, on a quitté la vallée et fait l'ascension de la rive droite, d'abord sur de la diabase, et bientôt après sur une andésite à biotite, qui constitue le dos étroit du Hatou Lalikoul, ainsi que les contreforts peu prononcés, qui portent les noms de G. Lawali (174 m. s G. Hatounou (299 m.) et G. Ribou (584 m.). A 577 m. un sentier descend au sud vers Tandjoung Namakoli. On a passé la nuit à proximité du sommet du Hatou Lalikoul (650 m.), où de gros blocs d'andésite à biotite (n*. 124) font saillie dans le sol. A 704 m., sur le versant oriental de la cime Sapak aja (718 m.), on a trouvé pour la première fois quelques morceaux d'un mélaphyre à grain fin; mais la cime elle-même paraît se composer encore d'andésite micacée, et la limite du mélaphyre semble passer au nord de cette montagne; mais on n'a pu le constater avec certitude. On a contourné ensuite le Sapak aja, du côté ouest; puis, au versant oriental, la cime suivante, qui a été indiquée sous le nom de G. Loumou, mais qui, d'après les relèvements, doit être ou bien le Hita kapal lui-même (830 m.), ou

bien son contrefort méridional; on passe ici plusieurs petits affluents de la Sëkawiri. Enfin, on a suivi une petite arête étroite qui aboutit, vers le nord, contre la partie supérieure du Latoua, un bloc de pierre à parois sensiblement verticales. Cette arête futsuivie jusqu'à 809 m., ce qui était une entreprise très pénible, même périlleuse, et on dut renoncer à monter plus haut à cause du grand escarpement et de la faible largeur de ce dos. La petite cime qui est située au nord du terme de cette expédition, et dont on reconnut plus tard qu'elle était, non le Latoua proprement dit, mais un contrefort méridional, fut alors jugée plus haute d'une soixantaine de mètres; mais les relèvements ultérieurs ont montré que ce sommet avancé a une altitude de 853 m., et ne s'élève donc que de 49 m. au-dessus du point le plus haut qui fût atteint. C'est là (ju'on a recueilli le mélaphyre n°. 125, analogue à la roche du KÔrbau (comparez la fig. 42, annexe IV). Au retour, on a suivi partout la crête jusqu'au Hatou Lalikoul, de sorte qu'on n'a pas coupé les affluents de la Sëkawiri. Ici encore, on n'entendit pas prononcer le nom de Hita kapal; il paraît donc qu'il n'est connu que d'une partie de la population, comme c'est le cas pour la dénomination Wawani. Au Hatou Lalikoul fut recueilli, à 629 m., encore un échantillon d'andésite micacée (n\ 126); puis on prit à 577 m. le sentier qui conduit à Namakoli. On n'y voit pas beaucoup de roche inaltérée; dans le sol (luaternaire apparaissent des fragments de serpentine, laquelle roche (n". 9) constitue le Tandjoung Namakoli lui-même.

La région côtière de Liliboï à Alang, avec la péridotite et le granité qui y apparaissent, a déjà été décrite plus haut. Entre Alang et Tandjoung Tapi, il se montre çà et là, à la côte, du calcaire corallien et de la péridotite ; le terrain quaternaire y renferme principalement des morceaux de serpentine avec (jnelques fragments de grès.

A TamJjov/ng Tapi^ le mélaphyre et, un peu plus loin, le calcaire corallien affleurent à la côte ; la route y passe par une colline haute de 60 m. Le mélaphyre (n®. 12 et n". VZbis) est tout à fait analogue à la roche du Tandjoung Nousaniwi, à Leitimor; elle est de même séparée en formes irrégulièrement sphériques et présente des croûtes vitreuses. La roche est traversée de fissures dans lesquelles il s'est déposé du calcaire spathique; elle est parfois recouverte d'un

conglomérat de la même roche, et d'autres fois de calcaire corallien. L'intérieur des boules (d, fig. 63) est un mélaphyre ordinaire, à grain fin, de teinte grise ou gris-verdâtre, dans lequel, ainsi qu'on le voit au microscope, la base vitreuse de la pâte a été dévitrifiée par des microlithes d'augite; toute l'olivine y est transformée en serpentine; c, ft, a, est la croûte vitreuse, dont la richesse en verre augmente graduellement vers la périphérie. La partie supérieure de d contient déjà des particules sombres, plus riches en verre; mais au contact de c la limite est assez nette; c et 6 sont ternes, noir foncé, et renferment, comme d, du verre dévitrifié; l'olivine est en partie encore fraîche et limpide, en partie serpentinisée ; a est un verre noir foncé, brillant, brun pur en plaques minces, où toute l'olivine est encore fraîche; ce minéral existe non seulement en gros cristaux, mais aussi en ces microlithes incomplets, élégants (Wachsthumsformen), que A. Bodmer-Beder a représentés d'après les diabases à olivine de la chaîne du Plessur, dans le canton des Grisons en Suisse (Neues Jahrb. f. Min. Xllter Beilage Band. S. 249, Fig. 13 und 14). L'un d'eux est représenté fig. 64. D'ordinaire, la croûte tout entière n'est pas plus épaisse que de 2 à 3 cm.

Le contact du mélaphyre avec les roches andésitiques n'est malheureusement pas mis à nu; le mélaphyre est recouvert de conglomérats quaternaires; viennent ensuite, à la côte, d'abord du calcaire corallien, puis de l'alluvium; et ce n'est que passé la Waï Jakaque se montre l'andésite. A Tandjoung Tomoltetou ou Batou ajam, cette roche est hornblendifêre et micacée (n". 138), et on peut la suivre, par Wakasihou, le long de la côte jusqu'au delà de Lariké. Sur elle repose un conglomérat de la même roche, se terminant en un mur escarpé, dans lequel les rivières ont creusé des lits étroits. Dans ces lits on peut voir parfois la roche éruptive; mais les bords consistent en gravier et conglomérats incohérents, que nous rangeons dans nos jeunes sédiments (^pliocène et quaternaire) et qui atteignent une altitude de 250 m. au moins. I^e calcaire corallien ne se montre ni dans ce mur ni contre lui ; on ne peut l'observer que sur la plage et seulement à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer.

Dans la rivière de Lariké, ou Waï Lila, on peut très bien voir ces matériaux incohérents (n°. 139), le conglomérat ferme qui se trouve

en bas appartient probablement à la roche éruptive même: mais sur lui reposent, avec une épaisseur de 200 m. au moins, peut-être davantage, des débris et des fragments quaternaires, incohérents, d'andésite, où l'on n'observe aucune disposition en couches, et qui, à la rivière, forment des bords très escarpés, presque verticaux.

Dans la négorie Lariké, à la rive droite de la Lila, et un peu en aval du pont en pierres, on trouve une petite source thermale, qui dégage une forte odeur d'hydrogène sulfuré; une deuxième source existe plus au nord, à la rive gauche de la Waï Bouaja, à l'altitude de 6 à 8 m.; ici de l'eau froide jaillit avec force d'une ouverture d'environ 2 dm. de diamètre ; elle dépose un peu d'ocre ferrugineuse, mais n'a pas l'odeur du sulfure d'hydrogène.

Un peu plus loin, très près du rivage, il y a une masse rocheuse abrupte, le «Hatou Gëlëdihou» ou «Watou lajar», qui saute aux yeux déjà de loin. Cette roche est représentée sur la fig. 46 de l'annexe IV. Elle consiste entièrement en un conglomérat ferme d'andésite, dans lequel les flots ont creusé une grotte c en forme de niche. Au rivage qui lui est opposé, on observe le môme conglomérat, dans lequel apparaît, sur une longueur de plus de 6 m., de l'andésite massive divisée en plaques (n*. 140).

Plus au nord, on arrive à la baie Labouhan Laï, où existe, le long de la côte et en avant des collines escarpées de conglomérat, un peu d'alluvium et de calcaire corallien. La Waï Simé forme la limite de Lariké et d'Asiloulou. Avant Asiloulou, les roches pendent vers la mer avec une inclinaison si raide qu'on a dû faire passer la route par-dessus la colline. Jusqu'à 60 m. d'altitude, elle passe sur de l'andésite ferme, puis sur du conglomérat dur jusqu'à 93 m ; et enfin, jusqu'au point le plus haut, à 130.4 m., sur des terres meubles quaternaires, dans lesquelles on reste encore à la descente, jusqu'à Asiloulou.

Leè trois îles près cV Asiloulou, Nousa Ela^ Nousa Hatala et Nousa Laïn, consistent en calcaire cora lien, sous lequel le conglomérat d'andésite apparaît en quehiues points.

D'Asiloulou on a entrepris une excursion dans le lit de la Wai Soula, qui coule entre des parois escarpées de conglomérat, sous lequel on ne voit qu'en quelcjucs endroits de l'andésite massive à biotite et à cordiérite. Mais, même à une assez grande hauteur au-

dessus du fond de la vallée, se trouvent des couches d'andésite ferme interposées dans les conglomérats, de telle sorte que ces roches alternent l'une avec l'autre. Comme nous l'avons déjà décrit plus haut, les sources de la Waï Soula et le lagon Lana se trouvent dans la diabase.

A la Waï Soula succède la Waï Poula, qui roule aussi des cailloux d'andésite. Vient ensuite la Waï Afétila. qui débouche dans du calcaire corallien, superposé et adossé à du conglomérat d'andésite, dans lequel a été creusée une grotte de 8 m. de longueur (fig. 46 de l'annexe IV); comme le point le plus bas de la grotte, à l'entrée, se trouve à peu près à 5 m. d'altitude, cet afifouillement a eu lieu par les eaux de la mer à une époque reculée, dans une période quaternaire, lorsque le sol était de 4 à 5 m. plus bas qu'à présent. Ici le calcaire corallien ne s'élève pas à plus de 2Vi ou 3 m. audessus de la mer.

Tout près de la côte, le conglomérat continue jusqu'à Ouring; de cet endroit jusqu'à Lima s'étend une bande d'alluvium, large de 100 à 300 m., en avant des collines quaternaires; à proximité de Lima, à l'embouchure de la Waï Ela, elle atteint même une largeur de 600 m. La Waï Siah (à Ouring), la Waï Ama, la Waï Koulélou, la Waï Moulia et la Waï Siah II charrient toutes les mêmes cailloux roulés d'andésite, provenant en partie de terres meubles quaternaires, en partie de conglomérats durs qui constituent les cimes escarpées G. Këlërihou (417 m.) et G. Héna Kastetou (617 m.), en arrière d'Ouring et de Lima. De plus, on trouve dans ces rivières quelques fragments roulés d'une diabase altérée, qui, dans leur cours supérieur, paraît affleurer en divers endroits, sur une étendue plus ou moins grande.

L'ascension du G. Latoua fut faite une seconde fois, en partant de Ldma. On suivit d'abord le lit de la Waï Ela, où existe, sous le terrain quaternaire, un affleurement d'andésite à biotite, qui, avec les conglomérats qui l'accompagnent, forme parfois des parois verticales. Environ à 2 km. de Lima, on trouve dénudé, entre ces conglomérats, un mélaphyre gris foncé (n®. 146), avec cavités dans lesquelles il s'est déposé de la calcédoine et qui, à ce qu'il paraît, ne forme pas un filon dans ces conglomérats, mais est recouvert par ces derniers.

Bientôt on arrive, dans la rivière, à la diabase, dont les gros blocs obstruent tout à fait le lit, de sorte qu'on a dû suivre un sentier sur la rive gauche de la Waï Ela. A 230 m., on passe la Waï Houhoun, qui a sa source au mont Hena Kastetou ; on suit alors la rive droite de la Waï Sala, affluent de droite de la Waï Houhoun; à 415 m., on traverse la petite rivière Waï Lana, affluent de droite de la Waï Sala; ce petit cours d'eau forme une petite plaine marécageuse, dans laquelle croissent beaucoup de palmiers sagou. Pour autant qu'elle est visible, la roche est demeurée partout andésite et conglomérat; au sud, le petit marécage est borné par un mur escarpé de conglomérat, haut presque de 200 m. ; et tout en haut de ce mur, on peut reconnaître de l'andésite séparée en prismes. Cette paroi abrupte est le prolongement septentrional du G. Tili (838 m.). A 500 m. d'altitude environ, on atteignit le cours supérieur de la Waï Ela et on passa la nuit à 511 m. Le lendemain, on remonta le cours de la Waï Ela; au confluent de celle-ci avec la Hatou Koï (515 m.i, un affluent de droite qui a sa source à la montagne du même nom, on trouve dénudé, aussi bien dans l'affluent que dans la rivière principale, du mélaphyre (n^. 149) par-dessus lequel la Hatou Koï forme une cascade; toutefois, la roche environnante reste une andésite riche en verre, avec brèches et conglomérats, dont on put recueillir un échantillon (n**. 148), même à l'altitude de 617 m. Bientôt après, à 660 m. environ, commence une autre roche, savoir du mélaphyre (n°. 150), à la montée abrupte vers le sommet du Latoua proprement dit. A peu près à 50 m. au-dessous de celui-ci, on a encore rencontré du mélaphyre, mais en petits fragments très altérés. L'ascension de la partie supérieure, fort escarpée, par-dessus les racines des arbres couvertes de mousse, était excessivement fatigante; on finit cependant par atteindre le sommet, un dos très étroit, plat, dirigé du sud au nord, représenté sur la fig. 44 de l'annexe IV; l'extrémité nord a 870 m., celle du sud 882 m. d'altitude; c'est en même temps le plus haut point de tout l'ouest de Hitou, car le Touna n'atteint que 875 m. La descente fut encore plus pénible que la montée; elle fut décidée aussitôt, car la vue était de suite très bornée et fut bientôt réduite à rien par les nuages qui s'étaient formés. Lorsqu'on fut descendu jusqu'à 760 m., on eut pour un instant une vue sur le Latoua, qui se présentait tel qu'il est

dessiné dans la fig. 43 de l'annexe IV. On s'aperçut maintenant que le plus haut point qu'on avait atteint en partant du sud (de Liliboï), le point G (809 m.), n'était pas situé près du plus haut sommet A du Latoua, mais près d'une cime avancée B, dont l'altitude fut fixée plus tard, par des relèvements, à 858 m. Le retour fut alors entrepris par la même route, jusqu'au refuge (511 m.) où on passa la nuit. Le lendemain, on suivit encore la première route, jusqu'au petit affluent marécageux Lana. De ce point, on visita le sommet Sëribou éwan (710 m.); puis, on suivit l'arête qui se dirige au nord-ouest, et qui aboutit au rivage, à la Waï Moulia, et enfin, on revint A, Lima par la plage.

Cette excursion de trois jours au Tjatoua, qui eut lieu de nouveau dans des circonstances très défavorables, contrariée le plus souvent par de fortes averses, dans un terrain à végétation épaisse, mise en rapport avec celle qui fut entreprise de Liliboï au même Latoua, a appris, que les plus hautes cimes consistent en mélaphyre; les parties les plus basses, en roches andésitiques avec brèches et conglomérats, qui, en divers endroits, recouvrent le mélaphyre.

Nous arrivons finalement au Touna; la route de Saïd au sommet de cette montagne, qui a été décrite plus haut en traitant des diabases, côtoie les versants ouest et sud. La moitié inférieure du Touna consiste, il l'ouest juscju'à 410 m., et en certains points, entre autres à la petite cime avancée Wawani, jusqu'à 467 m. d'altitude, en conglomérats, brèches et graviers incohérents d'andésites (n^s. 13 et 14) que je rattache aux dépôts jeunes (quaternaires et pliocènes). Plus haut, s'adosse à la montagne de l'andésite à pyroxène massive (n^ 15), qui, dans la petite rivière Wanii (395 m. d'altitude), repose sur de la diabase. Dans la rivière Tamboro, affluent de droite de la Waï Houloun, que l'on passe à 369 m., la roche (n". 16) renferme du grenat. Un peu plus loin, on descend et on remonte successivement jusqu'à 403 m., vers l'endroit nommé -«I^tahouhoulehou», où, à l'entrée d'un ravin, de l'hydrogène sulfuré avec de la vapeur d'eau se dî'gage entre des fragments d'andésite, blancs par décomposition (n®. 17a). I^s petites branches et les feuilles (jui sont répandues sur le sol sont revêtues d'une mince croûte de soufre fn®. 17). La roche qui, dans la rivière Wanii, à 410 m. d'altitude environ, repose sur de la diabase

et sur du tuf diabasique, est une andésite à biotite (n^. 18c); et à peu près la même roche, mais sans mica, apparaît à la ligne de partage des eaux entre les rivières Houloun et Loï 628 m. d'altitude •, près de la première maisonnette (n". IScZ), et un peu plus à l'est, à la descente vers la maisonette n". 2, dans un petit affluent de la Waï Touna (± 550 m.) (n°. 18e); elles sont Pune et l'autre fort altérées, ce qui les a fait prendre auparavant pour de la diabase. Le dernier échantillon est tellement changé par l'action de vapeurs acides, qu'il s'est formé du gypse, et que dans les fissures il s'est même déposé une légère couche de soufre, conséquence évidente d'un dégagement d'hydrogène sulfuré qui a été décomposé par de la vapeur d'eau chaude. Dans le petit cours d'eau Touna, affluent de la Waï Loï, à la maisonnette n". 2 (505 m.), on trouve aussi de l'andésite à l'état de roche massive (n«. 18/); et d'ici jusqu'au sommet du Touna on ne voit rien d'autre que de petits morceaux altérés de la même roche; mais nulle part des échantillons frais.

Le terrain entre le Touna et le Lmimiou-loumou fut visité en 1904. C'est dans ce terrain qu'est situé le lac Tëlaga Radja. Pour l'atteindre, on prend à Saïd le sentier cité tantôt, d'abord à l'ouest, puis au sud du Touna, jusqu'à la maisonnette n". 2 à la rivière Touna, à 505 m. d'altitude. Ensuite, on descend par la rive gauche de ce cours d'eau, juscju'à son confluent avec la Waï Loï. Déjà avant d'atteindre ce point, dans un petit affluent de la Waï Touna, on trouve de la diabase; et dans la Waï Loï même affleure la magnifique diabase cristalline n®. 19i, décrite plus haut ; pour le reste, le versant du Touna se compose entièrement d'andésite ou de brèches et conglomérats de roches andésitiques. Le sentier coupe maintenant la Waï Loï; puis, à la rive droite, il monte en pente raide le long du versant occidental du G. Koukousan et du G. Setan (Loumou loumou), jusqu'à 573 m. d'altitude. Ici le terrain devient plus plat; le plus haut point est à 633 m.; et puis, en descendant légèrement, on arrive bientôt à un espace en forme de cuve entre les cimes de 782 m. (Oulou Kadera) et 751 m. (Loumou-loumou) de la chaîne du Loumou-loumou et les cimes, situées plus au nord, de 694 et 635 m. C'est dans cet espace en cuve que se trouve le Tëlaga Radja, à 619 m. d'altitude. D'après les levés eflectués par M. de Cortb, qui

m'accompagnait dans mon excursion, ce petit lac (fig. 66 de l'annexe V) est de forme irrégulière; il n'a que 88 m. de longueur et 35 m. de largeur dans la période de sécheresse. Comme il n'a pas de décharge, le niveau de l'eau monte à l'époque des pluies et il inonde alors la partie plate de la vallée, qui s'élève au bord du lac à 3 m. au-dessus du niveau de l'eau. Le lac atteint alors plus de 100 m. en longueur et une largeur de 60 m. au milieu. La profondeur n'en a pas été déterminée, mais elle paraît être peu considérable. De tous les lacs de Hitou, il a seul quelque apparence d'un lac de cratère, car il est entouré d'une ceinture de montagnes et est enfermé dans un cirque. Le bord de ce cirque est le plus bas du côté de l'est, au point de 633 m. nommé plus haut, sur le sentier de Saïd. Toutefois, il n'y a aucune trace d'action volcanique; il n'y a pas de dégagement de gaz et l'eau du lac est froide et potable. Nous l'avons employée pour préparer nos mets.

Comme c'est ordinairement le cas à Hitou, on ne rencontre que très peu de roches fraîclies dans le sentier de la Waï Loï au Tëlaga Radja. Le sol consiste en argile brune et brun-jaunâtre, couverte de mousse, dans laquelle apparaissent (;à et 1î\ des fragments d'andésite et même, à proximité du lac, d'andésites très riches en verre. Les cimes (jui entourent le lac paraissent consister toutes en matériaux incohérents, conglomérats et brrches de ces andésites vitreuses; sur notre chemin, nous n'avons pas trouvé do couK'Cs de lave. T^ fond de la cuve, où se trouve le Tëlaga Radja, se comi)ose aussi de brèches d'une roche and('sitique noir- foncé, ^ éclat résineux; le n°. IHg a été recueilli entre le lac et notre refuge, la «maisonnette* indiquée sur la carte fig. 66. Cette roche est tout â fait analogue aux brèches que KopERBERG a trouvées plus au sud, sur les versants des monts Kadera et Këhouli. T^ «Batou bësar» p. ex., dans un petit affluent de droite de la Waï Lawa, à 336 m. d'altitude, consiste aussi en brèches d'une roche vitreuse sombre, dont on a recueilli le n*^. 113. Nous pouvons donc admettre que le Loumou loumou se compose essentiellement de roches vitreuses, et le Tonna, d'andésites moins riches en verre.

Malgré cette différence dans le caractère pétrographique, il est possible cependant que ces deux montagnes ou arêtes appartiennent

à un seul et môme point d'éruption ancien. Le bord du cratère (voir carte n". I) s'étendrait alors du G. Koukousan (657 m.) vers les trois sommets du Touna (804, 861 et 876 m.), en passant par le G. Setan ou Loumou loumou I (748 m.), le G. Oulou Kadera (782 m.), le G. Loumou loumou II (751 m.), la cime de 742 m., le G. Walawaa (815 m.), le Hatou Sëliin et le collet à 623 m. du sentier de Saïd. Cette ligne enferme un espace en fer à cheval, ouvert au nord-est, d'un diamètre de 3 km. Dans cet espace sont les sources de la Waï Loï et d'un grand nombre de ses affluents; on peut y voir la roche sous-jacente, porphyre quartzifère et diabase, tandis que les versants consistent partout en roches andésitiqucs, dans la partie nord en andésites à cordiérite et à grenat, dans la partie sud, surtout en brèches riches en verre.

Dans la partie méridionale de ce fer à cheval se trouve le point d'éruption le plus récent, le Télaga Radja, auquel on peut encore observer un bord de cratère (jui passe par les sommets de 751, 782, 635 et 694 m. d'altitude. Le petit lac de ce nom doit être considéré comme un ancien lac de cratère, et il importe de faire remarquer que, même à ce point d'éruption le plus récent, on ne constate plus nulle part de trace d'action volcanique ; l'eau du lac est même potal^le. Aussi, les sources d'hydrogène sulfuré du Touna ne sont-elles pas situées dans l'espace en fer à cheval, mais en dehors, et tout près de la diabase, qui est cachée sous l'andésite et qui est partout riche en pyrite par suite de ces émanations. Je suis donc tenté de mettre ces sources gazeuses en rapport avec l'éruption de la diabase plutôt qu'avec celles des jeunes andésites du Touna. L'absence même des derniers symptômes d'activité volcanique dans le Tôlaga Radja indique un âge avancé, même pour ce point d'éruption le plus jeune, donc, à plus forte raison, pour le cône plus ancien Touna- Walawaa Loumou loumou. La forme essentiellement plate des dos du Loumou-loumou, du Walawaa et même du Touna, semble prouver que l'éruption du cône le plus ancien a eu lieu sous la mer; comme les crêtes de ces montagnes sont constituées par des matériaux meubles, Koperbekg se crut autorisé de regarder la partie supérieure du sommet Setan du G. Ix)umou-loumou, élevé de 748 m., comme formé de matériaux quaternaires apportés par les eaux. J'ai cru devoir admettre auparavant

au

la même hypothèse pour les sommets du Touna, où l'on voit si peu de roche massive. Cependant, après avoir examiné le Tëlaga Radja, qui est situé beaucoup plus bas et qui n'a rien d'un point d'éruption sous-marin, je pense maintenant qu'il est plus probable, que l'ancien bord de cratère, dont les fragments Touna, Walawaâ et Loumou loumou sont, par la nature des choses, plus ou moins horizontaux, se compose de déjections volcaniques anciennes, meubles, qui ont été formées au-dessus de la mer. Ces déjections incohérentes, qui recouvrent les brèches et les conglomérats plus fermes, peuvent avoir fourni par une forte désagrégation les terres meubles, très pauvres en roches dures, tout aussi bien que l'auraient fait des matériaux quaternaires.

TTaï Ela, La Waï Ela, qui a son embouchure à 1100 m. à l'est de Saïd, et sa source au versant nord du Touna, transporte de nombreux blocs roulés d'une très belle andésite à grenat et à cordiérite (n®. 19). La roche renferme un grand nombre d'enclaves sombres, qui ont été examinées dans l'espoir de trouver paimi elles des granités ou des gneiss à cordiérite, d'où aurait pu provenir la teneur en cordiérite des andésites, par fusion et recristallisation de ce minéral. Mais j'ai reconnu que ce sont toutes des andésites cristallines riches en cordiérite.

Waï Loti. Dans la Waï Tx)ï, déjà décrite plus haut, on trouve d'abord de l'alluvium avec cailloux roulés d'andésite (n". 19a); puis des terrasses inclinées, quaternaires, formées de cailloux roulés, avec fragments de la même roche (nos. 196 et 19c); à l'affluent Kapa, à peu près à IVj km. de Kaïtetou, l'andésite affleure (nos. I9rf et 196) et renferme parfois de gros cristaux de quartz (n^. 19/}. Dans le lit de la rivière, on trouve de la diabase en fragments roulés de plus en plus nombreux; et dans son cours supérieur, entre autres à son confluent avec la Waï Touna (voir plus haut), cette roche existe à l'état massif. Au point extrême où la rivière put encore être explorée, on trouve une roche blanche, pyritifère (n®. 19/i), qui appartient aux porphyres (juartzifères.

En ce qui concerne maintenant le mode de formation de ces roches èrupHves^ ainsi que des brèches et conglomérats qui les accompagnent, on doit les considérer en grande partie comme sous-marines; car, parmi les roches compactes, il se présente beaucoup de produits

vitreux, parfois à Pétat de croûtes sur les andésites communes. T^es brèches et aussi les conglomérats durs doivent être considérés, en partie, comme des produits d'éruptions simultanées, car ils se recouvrent parfois de plaques de roche compacte ou alternent avec celles-ci. Une autre partie cependant est plus jeune et s'est formée incontestablement plus tard dans la mer; à cette dernière appartiennent non seulement des brèches et graviers incohérents, mais aussi des conglomérats qui atteignent parfois une grande solidité; c'est pourquoi leur distinction avec les brèches et conglomérats «eruptifs» est extrêmement diflBcile, dans ce terrain très boisé et mal dénudé, parce que rarement ces roches ont été déposées en couches. Ce n'est que là où elles alternent avec des roches arénacées, d'un grain fin, comme dans la Waï Hatou, où l'on a pu reconnaître la direction et l'inclinaison à des grès, que l'on doit regarder comme des produits tuffeux, que leur origine sédimentaire ne souffre pas le moindre doute. Sur notre carte n^ I, on a essayé d'établir une séparation, d'une part entre les roches éruptives et les brèches et conglomérats qui les accompagnent, et d'autre part les produits sédimentaires que nous rangeons dans les formations quaternaires et tertiaires très jeunes (pliocènes). Toutefois, cette séparation n'est exacte qu'en principe, et on ne pouvait attendre davantage d'une simple excursion de reconnaissance. Un relèvement détaillé, topographique et géologique, de Hitou exigerait beaucoup plus de temps que nous ne pouvions consa(;rer, durant notre séjour ù Ambon, à l'exj)l()ration de cette île. Ija position des points d'éruption, <|ui ont fourni les produits andésitiques, ne peut être indicjuée avec certitude (jue dans quelques cas, car il n'est pas rare qu'ils se recouvrent de matériaux quaternaires, ainsi que cela a lieu, entre autres, pour le point d'éruption au sud du G. Kërbau. Je considère comme des points d'éruption: le Salahoutou, avec de nombreux points d'éruj)tion ])lus jeunes disséminés sur son manteau; le Touna-Walawaii-Loumou loumou, avec le Tëlaga Radja, plus récent; l'espace en cuve, où coule la rivière Sëkoula (à Hatou rou), que domine un bord au<iuel appartiennent le G. Kadera, le G. Waleateh et une cime aiguë de 617 m.; l'arête Sapak aja-Hatou Lalikoul, qui paraît représenter un bord de cratère s'ouvrant vers le nord; le Sëribou Ewan-Tili, diflBcile à reconnaître,

avec de nombreuses cimes avancées (G. Këlërihou e. a.) en arrière d'Ouring. Il doit exister encore un grand nombre d'autres points d'éruption, ensevelis à présent sous une couverture quaternaire.

Nous revenons maintenant à la description des andésites àbronzite et (les andésites quartzifères à bromite. Elles renferment assez souvent, à côté de plagioclase, de la bronzite (ou de l'hypersthène) et du (juartz, des cristaux de cordiérite bleue et de grenat rouge brunâtre. Il s'y présente souvent des roches riches en verre, i\ aspect d'obsidienne ou de rétinite.

N. 31. Fragment d'une brèche (quaternaire) du focher Batou Anjout, que l'on appelle aussi Batou Tëmbaga et Batou Hatoubou; ce sont des récifs au nord du cap Batou lompat, qui s'élèvent peu au-dessus de la haute mer. La source thermale, qui y existe d'après Valrntyn et Arriëns, était couverte par les eaux durant mon exploration, car la marée était haute à ce moment.

La roche a une pâte gris-clair, demi -vitreuse, avec des parties altérées, jaune trouble, poreuse çà et là ou à cavités irrégulières. En cristaux porphyriques, (quelques quartz, des plagioclases et des cordiérites bleues, en grains ou en petits piismes. Au microscope, c'est le plagioclase qui prédomine tout-à-fait parmi les feldspaths; la présence de sanidine est fort incertaine; elle manque peut-être complètement. De la bronzite avec inclusions de minerai de fer, l)léo(;hroï(iue entre le brun-clair et le vert- clair. Du quartz, avec quelques inclusions de verre de la forme du cristal. De la cordiérite en grains irrégulièrement limités, avec baguettes de sillimanitc, bleuclair en section. Ces cristaux gisent dans une pâte abondante qui consiste en un verre limpide avec particules de plagioclase et une très forte i)roportion de bronzitcs vert-clair, en petites lamelles et baguettes de teinte verte; il y a en outre des granules de minerai de fer. I^a roche est aussi fraîche que certaines andésites â hypersthène tertiaires, riches en verre; toutefois, dans ces dernières, l'absence d'augite parmi les cristaux porphyriciues est très rare. Certaines parties du verre sont modifiées en une masse blanc-clair, qui polarise comme la calcédoine. Ces parties ne présentent que des limites irrégulières avec la pâte limpide; cette modification doit probablement

être attribuéa à la source thermale. Andésite quartzifire à bronxiU^ riche en verre.

N**. 174. Du pied du Gounoung Setan, côté est, à la rivière qui se nomme Waï Nitounahaï suivant Koperberg. On trouve ici, outre des roches vitreuses, des andésites à pâte plus lithoïde (n". 174), de teinte gris-brunâtre, avec cavités nombreuses ; les seuls cristaux visibles, ce sont des cordiérites et des quartz. Au microscope, des plagioclases, en partie à extinction de 30°, de la bronzite, du quartz, de la cordiérite, du minerai, le tout dans une pâte de particules de feldspath et de verre dé vitrifié en microlithes Les bronzites sont en partie transformées en chlorite trouble. La dévitrification a été opérée par des baguettes étroites de pyroxène, des filaments minces de minerai, droits ou courbes, des grains de minerai et des granules bruns par transparence. Andésite qtuirtzifère à hronzite^ riche en verre.

N**. 168. Blocs de la petite cime à la rive gauche de la rivière Hatou tôlou, depuis 347 jusqu'à 310 m. d'altitude, sur la route de Hatiwi bësar à Hila. En échantillons, c'est une roche dense, à éclat demi-vitreux; des fragments noirs gisent dans une pâte brune, nettement séparés, ce qui rend la roche brécheuse. Au microscope, la pâte brune devient de teinte très claire et translucide. En cristaux porphyriques, rien que du plagioclase, du pyroxène vert clair, exclusivement rhombique (bronzite), des grains cristallins de cordiérite, irrégulièrement délimités, à demi fondus dans la masse, avec baguettes de sillimanite; puis quelques grains de minerai de fer. La pâle renferme un verre limpide et incolore, rempli de bâtonnets de bronzite, quelques microlithes de plagioclase, des taches brunes notnbreuses et des grains d'bydroxyde de fer, qui produisent la teinte jaune ou brune des échantillons. Certaines bronzites sont sujettes à un commencement de décomposition, et présentent, dans des fissures, des dépôts de chlorite et d'hydroxyde de fer; ces derniers dépôts proviendront donc, ici et ailleurs encore, non seulement du minerai de fer, mais aussi de la bronzite.

Les fragments noirs, qui existent dans la masse jaune comme des corps anguleux ou arrondis, franchement délimités, deviennent transparents en plaques minces; ils renferment les mômes éléments que le verre clair, notamment du plagioclase, de la bronzite et de la

cordiérite corrodée; mais la pâte consiste ici en un verre brun-clair^ avec microlithes de bronzite, minerai de fer et beaucoup de taches d'iiydroxyde de fer dans les cassures et les crevasses. Aux bords des morceaux sombres, il s'est déposé une quantité énorme d'hydroxyde de fer en grains bruns, ce qui fait ressortir davantage leur limite avec le verre de teinte claire; mais tous les deux sont d'ailleurs étroitement unis. Je crois pouvoir admettre que le verre sombre est le plus ancien, et que par une nouvelle fusion partielle il a fourni le verre clair, l'élément colorant s'étant en môme temps condensé dans les granules de minerai de fer. Ces brèches et conglomérats, et d'autres analogues, jouent à Hitou un grand rôle, et sont sans aucun doute étroitement liés aux roches éruptives. Andésite à bronziie très riche en verrCj brécheuse.

N°. 116. Roche affleurant dans la Waï Hatou, à '/% km. du rivage, séparée en prismes. Roche terne, gris-clair, avec beaucoup de cordiérite, des feldspaths ternes et quelques quartz ; la cordiérite est en cristaux prismatiques courts nettement limités. Cette roche renferme des cavités d'une forme irrégulière, dans lesquelles se sont déposés de petits cristaux qui appartiennent à la tridymite, d'après l'analyse de M. Huffnagel, à Delft. Au microscope, de grands plagioclases, quelques-uns limpides, mais la plupart totalement remplis de particules brunes d'un verre trouble. Bronzite. Quelques cordiérites à délimitation irréguliùre, avec inclusions de sillimanite, et entourées parfois de cristaux de feldspath. Du minerai, peu de quartz, quel(|ues rares cristaux de biotito à bords sombres. Ceux-ci gisent dans une pâte floconneuse qui contient, outre des microlithes de plagioclase et du rainerai, un verre qui a été dévitrifié par des baguettes, fibres et lamelles extrêmement fines de bronzite, de teinte verte très claire. Andésite à bronzite^ avec biotite et quartz.

N". 115. Blocs roulée de la Waï Hatou, en aval du n°. 116. Roche gris-foncé, avec quelques quartz et des feldspaths ternes. Au microscope, cristaux porphyriques de quartz limpide en sections nettement hexagonales, sans inclusions li(iuides, et de plagioclase clair. Pas de grandes bronzites. Pâte de teinte claire, totalement remplie de cristaux de feldspath irrégulièrement limités, groupés parfois en sphéroïdes; cristaux de bronzite, transformés en partie en une masse brune; puis du minerai. Andésite quarixifire à bronzite.

N". 120. Du rocher Hatou Poroh, qui affleure dans la mer, au nord-est de Liliboï. Roche grisâtre, sombre, avec cordiérites et quelques gros quartz qui atteignent jusqu'à 20 mm. La croûte d'altération est jaune-grisâtre clair. Cette roche n'a pas été polie. Andésite quartzifère à bromite.

N«. 14. Au (rounoung Touna, côté ouest, à 364 m. d'altitude. Probablement encore originaire de brèches grossières. Roche gris-clair, à- grain fin, à petites taches blaches, formées par des feldspaths altérés de 1 mm. et moins encore. Çà et là poreuse. Au microscope, on voit qu'elle est altérée, car les pyroxènes sont totalement transformés en chlorite et en hydroxyde de fer, que le polissage a fait disparaître en grande partie, de sorte qu'on n'observe plus que des trous à bords granuleux bruns. En cristaux porphyriques, rien que du plagioclase et un peu de minerai. Dans la pâte, un très grand nombre de feldspaths, en partie en niasses arrondies, sphéroïdales ; puis du verre incolore, dévitrifié par des baguettes et des aiguilles très fines de pyroxène vert-clair, ainsi que des granules bruns translucides. Andédte à pyroxine, altérée, riche en verre.

N°. 16. Blocs de la hauteur d'une maison, au versant ouest du Gounoung Touna, à 410 m. d'altitude. Roche gris-bleuâtre, à feldspaths blanc terne, grands quartz (12 mm.), grands grenats brun-rougeâtre et petites cordiérites bleues. Au microscope, on observe que cette roche aussi n'est plus fraîche, car les feldispaths sont tout-à-fait transformés en une matière kaolinique trouble, blanc-jaunâtre. Les phuiues de cette roche friable ne contiennent plus ni cordiérite, ni grenat, mais uni<iuement des bronzites longues, étroites, pléochroïques, qui sont encore fraîches et qui ne présentent un commencement de transformation en une matière trouble que sur les contours et dans des fissures, perpendiculaires à c. Puis, de gros quartz, dans lesquels la pâte s'est engagée; enfin de la pyrite et fort peu de lamelles de biotite. Ces éléments gisent dans une pât^ trouble, qui renferme un verre incolore, tout-à-fait rempli de paillettes et fibres de pyroxène, des j)articules de feldsi)ath troubles par décomposition et de la pyrite. Cotte roche a été probablement di'composée par l(îs vapeurs d'hydrogène sulfuré. AmUfdtc qnartzijhrc a bronziie, altérée.

N**. 16. Gros blocs de la petite rivière Tamboro, côté ouest du Gounoung Touna, à 869 m. d'altitude. Ces blocs n'auront pas roulé fort loin, car ils sont volumineux et anguleux, tandis que la rivière est fort petite. C'est une roche gris-clair, à grain fin, un peu poreuse, avec cristaux porphyriques de cordiérite bleue (6 mm.), des grenats rouge-brunâtre (8 mm.), souvent nettement délimités en hexagones dans les sections et beaucoup de feldspaths ternes (2 i\ 3 mm.). De plus, quelques quartz limpides, en très petit nombre mais de dimensions colossales, 20 mm.; mais ils se présentent d'une façon très irrégulière dans la roche, de sorte qu'il y a des échantillons qui n'en contiennent pas; ce sont des fragments d'origine étrangère, qui ont été inclus dans la roche par fusion. Au microscope, c'est la même roche que le n*. 15, mais à l'état frais. Parmi les cristaux porphyriques, il y a beaucoup de plagioclase basique, à stries nettes, et beaucoup d'inclusions de particules brunes de la pâte ; puis, quelques cristaux limpides, simples, en rectangles allongés, à petit angle d'extinction (4®) et qui appartiennent peut-être à la sanidine, mais plus probablement à un plagioclase acide (oligoclase ou andésine). Le quartz n'est pas fortement représenté dans les plaques; il est en grains limpides, arrondis. De grandes cordiérites, qui ont jusqu'à 8 mm. de longueur, pléochroïques de bleu-clair à incolores, troubles en partie par suite de la présence de touffes épaisses de sillimanite et de petits cristaux verts de pléonaste. Des parties fraîches dans les cordiérites, consistant en plagioclase basique, grenat, bronzite, biotit« et minerai, ne sont pas des inclusions, mais appartiennent probablement à la pâte au-dessus ou au-dessous des cristaux de cordiérite. De grands grenats, de teinte légèrement rosée, à bord gris, trouble (kélyphite), qui, vu â un fort grossissement, consiste en petites fibres de pyroxène d'un vert très clair et en granules de pyrite ; des inclusions apparentes de plagioclase, de bronzite, de biotite et, dans les fissures, de la pyrite, font encore probablement partie de la pâte, (|ui est irrégulièrement délimitée au contact des grenats et a été coupée lors de la taille des plaques. De nombreuses bronzites avec inclusions de minerai et en partie brunes par transformation. Pyrite. La pâte trou})le contient beaucoup de particules de feldspath, des microlithes de pyroxène, des grains noirs de minerai et des granules

bruns, translucides, ainsi qu'un verre limpide. Andésite à bronzite, aveo quartz, cordiérite et grenat. La roche contient quelques fragments nettement limités, qui sont tout-àrfait cristallins, et qui consistent essentiellement en cristaux limpides de plagioclase, avec quelques bronzites et de la pyrite. On doit les considérer certainement comme des sécrétions un peu plus anciennes du magma, et appartiennent aux andédtea cristallines.

N\ 17a. Fragments situés à l'endroit appelé Latahouhoulehou, versant ouest du Gounoung Touna, à 403 m. d'altitude. Entre ces fragments, il se dégage, en divers points, de Thydrogène sulfuré qui a rendu blanche et farineuse la surface des blocs environnants. Ces fragments contiennent de petits quartz, des feldspaths blancs et troubles par décomposition, des cordiérites bleues et de grands grenats, de 5 mm. Au microscope, la roche ressemble fort à la précédente; le plagioclase et la brouzite sont plus frais qu'on ne l'aurait attendu d'une telle roche. Elle renferme aussi des inclusions cristallines, consistant en plagioclase, bronzite, cordiérite, minerai, pyrite et pléonaste, ce dernier en octaèdres bleuverdâtre et violets, qui parfois sont réunis en cordons; les cordiérites ont été fondues sur les bords, et c'est dans leur voisinage que gisent principalement les autres minéraux, même les pléonastes bleus, comme preuve qu'il y existait auparavant de la matière de cordiérite; dans quelques fragments, on peut voir aussi du grenat. Andésite à bronzite décolorée. Certains fragments sont revêtus, comme les rameaux et les feuilles qui jonchent le sol, d'une croûte jaune-grisâtre de soufre (n". 17 , provenant de la décomposition de Thydrogène sulfuré par les vapeurs d'eau chaude. L'abondance de pyrite dans les diabases et dans ces andésites doit être attribuée à l'hydrogène sulfuré. Cependant, dans les andésites, les pyrites n'acquièrent jamais ni la taille, ni les belles formes cristallines de celles des diabases. Nous avons déjà dit plus haut que ces émanations gazeuses n'ont pas lieu dans une dépression cratériforme, mais au versant de la montagne et qu'elles n'ont rien de commun avec une activité volcani(j[ue. En Europe aussi l'hydrogène sulfuré se dégage bien plus dans des régions sans volcans que dans les terrains volcaniques. En d'autres endroits de Hitou, entre autres au nord de Souli, ce gaz se dégage dans un terrain plat, quaternaire, loin du Salahoutou.

N®. 152a. J'ai reçu du régent de Saïd un échantillon d'une roche altérée, probablement de l'andésite, à cristaux nombreux de pyrite, dodécaèdriques pentagonaux, de la taille de 1 à 8 mm.; il a été trouvé à l'état de bloc roulé dans la Waï Houloun, et provient probablement de l'endroit nommé Latahouhoulehou.

N^ 18d. Qros blocs à la maisonnette n"^. 1, à 623 m. d'altitude, versant ouest du Gounoung Touna. Roche gris terne, à grain fin, avec feldspaths blancs troubles. Ressemble en échantillons à certaines diabases, mais au microscope on voit que c'est une andésite. En cristaux porphyriques, du quartz à inclusions de verre; de grands plagioclases, totalement transformés en opale limpide, et qui restent éteints quand on les fait tourner entre niçois croisés: des bronrites, transformées aussi en opale brune. Minerai de fer avec leucoxène et pyrite. La pâte consistait primitivement en particules de quartz et de feldspath avec microlithes de pyroxène. Mais le feldspath y est à présent totalement transformé en opale ou en quartz, et le pyroxène en un minéral chloriteux. Puis, des granules de minerai et une base non polarisante, soit verre, soit opale. And/aite quartzifire à brontHe, opalisée par l'action de liquides.

N*". 18e. Roche affleurant dans un affluent de la Waï Touna, à peu près à 650 m. d'altitude, côté sud du Gounoung Touna. En échantillons elle est à grain fin, avec du gypse dans les fissures et çà et là avec un enduit de soufre. Au micro8co])e, de grands plagioclases, blanc trouble, transformés en particules polarisantes de quartz et de calcédoine. Pâte de plagioclases étroits, troubles, un peu de quartz et cristaux de pyroxène, entièrement transformés en fibres brunes de chlorite ; minerai, pyrite et base de verre incolore avec quelques petits grains bruns. Andésite à pyroxhhe transformée.

N°. 19. Blocs roulés de la Waï Ela, côté nord du Touna. Roche gris-clair, avec cristaux porphyriques de grenat (6 mm.), de cordiérite (5 mm.) en prismes, du quartz, feldspaths troubles et quelques paillettes noires de biotite. Au microscope, elle ressemble encore fort au n°. 16; elle renferme seulement un peu plus de biotite ainsi qu'un peu de hornblende. En cristaux porphyriques: du quartz, en cristaux limpides, pas très nombreux, de la grosseur de 2 mm.; beaucoup de plagioclase, en larges cristaux tabulaires, à grands angles d'extinction

et avec des inclusions do verre brun, de minerai et de cristiiux de pyroxène ; certains plagioclases sont finement poussiéreux. La sanidine est probablement absente; les petits feldspaths simples appartiennent aussi au plagioclase. De grandes bronzites, en sections allongées, à fissures nombreuses et inclusions de minerai; des cordiérites bleu clair, souvent en cristaux corrodés, avec des plagioclases et des bronzites sur les bords, et avec des inclusions de touffes de sillimanite, de minerai et de verre; puis, du minerai et des grenats de teinte rosée. Ensuite, quelques paillettes de biotite, criblées par de l'apatite, et (iuel([ues sections brunes de liornblende, j)eu allongées, à bords noirs, grenus. Par ces deux derniers minéraux, la roche forme la transition aux andésites à mica et à hornblende. T^a pAte contient une base vitreuse limpide, à microlithes de bronzit^, du plagioclase et du minerai. Andédte quartzifère à bronzite^ contenant du micui et de la hornblende.

N". 19a. Fragment roulé de la Waï TiOÏ, un peu en amont de Kaïtetou. Roche gris-clair, dont quelques j)arties sont poreuses et renferment de rhydroxyde de fer. décrétions de grenats et de cordiérites, ainsi que des ([uartz; au demeurant, d'un grain fin. Au microscope, c'est une amï/dte (piartzifère à bronzitc commune. Par le polissage, les grands cristaux d(î quartz, de cordiérite et de grenat ont disparu de cette roche friable et tant soit peu altérée; par suite, ils n'existent pas dans les phujues.

N". 19b. Koithe gris-verdAtre, très altérée; c'est un fnigmcnt de couches <iuaternaires inclinées des terrasses de la rive gauche de la Waï Loi, au dessus de Kaïtetou. Au microscope, c'est une ande^nt-e à pyroxhie fort df/composife; dans la jmtc, il y a beaucoup de particules de feldspath, groupées partiellement en agrégats rayonnes; puis de la chlorite et de Phvdroxvde de fer.

N°. 19(î. Grand bloc roulé des mêmes terrasses inclinées de la Waï Loi. Jloche gris-clair, avec quartz et cordiérite. 11 s'y trouve de grandes cavités irrégulières, dans lesqu(ïllcs il s'est déposé une croûte de paillettes cTistallines jaunAtres, qui consistent, d'a])rès l'analyse de M. HuKFNAfiEL, de nouveau en tridy mi te avec quelques petite cristaux de (luartz. Au microscope;, andésite quartzifhe a bronzitc^ commune.

N®. 19d. Koche gris-clair, avec des grenats et des cordiérites de la Ion-

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et avec des inclusions do verre brun, de minerai et de cristaux de pyroxène ; certains plagioclases sont finement poussiéreux. La sanidine est probablement absente; les petits feldspatbs simples appartiennent aussi au plagioclase. De grandes bronzites, en sections allongées, à fissures nombreuses et inclusions de minerai; des cordiérites bleu clair, souvent en cristaux corrodés, avec des plagioclases et des bronzites sur les bords, et avec des inclusions de touffes de sillimanite, de minerai et de verre; puis, du minerai et des grenats de teinte rosée. Ensuite, quelques paillettes de biotite, criblées par de Papatite, et quelques sections brunes de hornblende, peu allongées, à bords noirs, grenus. Par ces deux derniers minéraux, la roche forme la transition aux andésites à mica et à hornblende. I^a pâte contient une base vitreuse limpide, à microlithes de bronzite, du plagioclase et du minerai. Andésite tfuartziffire à bronzite, contenant du miai et de la hornblende.

N". 19a. Fragment roulé de la Waï Loï, un peu en amont deKaïtetou. Roche gris-clair, dont quelques parties sont poreuses et renferment de Phydroxyde de fer. Sécrétions de grenats et de cordiérites, ainsi que des quartz; au demeurant, d'un grain fin. Au microscope, c'est une and/site quartzifhre à Irronzite commune. Par le polissage, les grands cristaux de quartz, de cordiérite et de grenat ont disi^iru de cette roche friable et tant soit peu altérée; par suite, ils n'existent pas dans les p1a(]ues.

N". 19b. Roche gris-v(;rdAtre, très altérée; (^'est un fragment de couches quaternaires intdinées des ttîrrasses de la rive gauche de la Waï Loi, au dessus de Kaïtetou. Au microscope, c'est une andésite à pyroxhie fort dccomposéc; dans la pâte, il y a l)eaucoup de particules de feldspath, groupées partiellement en agrégats rayonnes; puis de la chlorite et de Thydroxyde de fer.

N°. 19c. Grand bloc roulé des mêmes terrasses inclinées de la Waï Loï. Roche gris-clair, avec (juartz et cor<liérite. 11 s'y trouve do grandes cavités irrégulières, dans lesquiîUes il s'est déposé une croûte de paillettes cristallines jaunâtres, (|ui consistent, d'après l'analyse de M. HuFFNAfiEL, de nouveau en tridymite avec quelques petits cristaux de quartz. Au microscope, andésite quartzipre à bronzite^ commune.

N°. 19d. Roche gris-clair, avec des grenats et des cordiérites de la Ion-

Fig. 75(7. Crisial de cordiérite, de l'andésite à broniite N. 19* de la rivière Loi.

e N. (9* de la ririère Loi.

gucur de 15 tnm.; on y observe aussi quelques paillettes de mica noir Elle affleure à la rive gauche de la Waï Loï, à 1 '/« km. environ de Kaïtetou. C'est apparemment la même roche que celle dont provient le n». 19c; comme cette dernière, elle contient de grandes cavités où s'est déposé de l'hydroxyde de fer. Elle n'a pas été examinée au microscope. Andésite à bronzite biotitifôre.

No8. 19e et 19f. Roche noir foncé, à pâte dense, présentant de grandes cavités et affleurant dans la Waï Loï, à proximité du n^. 19d. En sécrétionn, uniquement quelques cristaux de <iuartz de 2 à 10 mm. (jui, dans certains échantillons (n®. 19/), atteignent même 65 mm. de lorgueur et 20 mm. d'épaisseur. Ces cristaux sont de nouveau d'origine étrangère. Au microscope, le n"*. 19e présente une pâte très riche en verre, avec de nombreux microlithes de bronzite, des particules de feldspath en plus petit nombre et de petites cordiérites, dont nous parlerons plus loin. Le verre lui même est incolore, mais à grains bruns excessivement Ans. Les bronzites brunes sont parfois décomposées, sur les bords et dans les cassures, en hydroxyde de fer brun, qui s'est tléposé également dans les crevasses de la roche. En cristaux porphyriques, de la bronzite, presciue pas de plagioclîise, du niincîrai, et de très grands cristaux de cordiérite, qui ont jusqu'à 10 mm de longueur et auxquels ou peut voir très distinctement (^ue çà et là ils ont été fondus sur les bords et mélangés à la pâte. A l'un do ces cristaux, représenté fig. 75, on peut observer (ju'en certain» points la pâte est très irrégulièrement délimitée au contact de la substance de la cordiérite. Or, ce qui est remarquable, c'en^t (ju'autour de ce grand cristal la pâte contient de petits cristiiux limpides de cordiérite, en rectimgles et en Hections hexagonales; ces dernières sont des mâcles répétées, consistant en 6 secteurs, dont deux secteurs opposés s'éteignent toujours ensemble lors<ju'on tourne la préparation entre niçois croisés, ce qui indique qu'ils correspondent. Comme on les trouve dans le voisinage des grandes cordiérites corrodées, il est naturel d'attribuer leur présence à une recristallisation de la matière de la cordiérite fondue dans la pâte. Ces grandes cordiérites corrodées contiennent en inclusions des grenats et de la magnétite, ainsi que de nombreux grains de quartz, disposés en cordons dans l'intérieur du cristal, et autour

desquels les petits cordons de sillimanite se recourbent régulièrement. En la tournant entre niçois croisés, la substance de la cordiérite s'éteint à la fois sur toute la surface ; par conséquent, lors de sa cristallisation, elle a emprisonné les cordons déjà recourbés de quartz et de sillimanite. D'après Rosenbusch, ces formations et d'autres analogues sont des fragments originaires de gneiss; c'étaient primitivement des marnes, qui sont devenues cristallines par pression ; il s'est formé de la sorte du quartz, de la sillimanite et du grenat ; et en môme temps s'opérait la cristallisation de la cordiérite, qui enfermait les éléments de la roche plissée, dont nous venons de parler. Une portion de la substance de la cordiérite s'est refondue dans la masse de la roche éruptive. et par là les cristaux ont pris une forme irrégulière. Plus tard, par une modification dans les conditions chimiques et physiques, le magma était sursaturé de APO^; alors, en présence de magnésie, d'oxydule de fer et de beaucoup d'acide silicique, il s'est séparé de nouveau de la cordiérite, en partie en cristaux réguliers et en mâcles (triplets) libres dans le magma, en partie comme accroissement de l'ancien cristal corrodé; par là, celui-ci présente sur les bords des parties cristallographiquement bien délimitées et qui, au point de vue optique, sont orientées de la môme manière que l'ancien cristal ; de cette manière la masse du cristal do cordiérite, qui est représenté fig. 75, s'éteint toute entière. Seulement, la nouvelle substance est un peu plus pure et un peu moins biréfringente (lue l'ancien grain de cordiérite, et on y trouve aussi çà et là de larges stries plagioclastiques, des lamelles qui, lorsqu'on tourne la préparation entre niçois croisés, deviennent visibles dans certaines positions, mais qui s'éteignent aussi simultanément, ce qui les distingue de suite des plagioclases. Les gros (|uartz, dont il a été fait mention ci-dessus, sont aussi des inclusions étrangères, probablement issues de gneiss. Andésite à bronzite riche en verrcj avec cordiérite.

c. Andésite à hornblende.

Les roches à hornblende sont très rares à Hitou et elles peuvent diflBcilement prétendre à former un groupe distinct, car on peut les classer soit dans les andésites à bronzite communes, soit dans les andésites à biotite avec une teneur plus ou moins forte en hornblende.

N. 19. Bloc roulé de la Waï Ela, côté nord duTouna, Cette roche a déjà été décrite plus haut; c'est une andésite quartzifhre à bronzite avec hornblende et un peu de biotite.

N", 138. Roche affleurant dans la tranchée de la route entre Alang et Wakasihou, à Tandjoung Tomoltetou, nommé aussi Tg. Batou ajam, il 20 m. d'altitude; elle est fendue en parallélépipèdes. En échantillons, elle est gris-clair, avec quelques cavités. Sécrétions de quartz, de cordiérite et de biotite, ainsi que de feldspath blanc trouble. Au microscope, en cristaux porphyriques, de grands plagioclases, souvent troubles à l'intérieur par suite d'un grand nombre d'inclusions de particules de la pâte; de la bronzite, en cristaux relativement petits, du quartz, en grains arrondis, de grandes cordiérites avec sillimanite, en partie troubles par décomposition. De la biotite et quelques belles sections de hornblende, avec bordure de grains noirs ; aux sections transversales on peut voir non seulement les faces du prisme m, se coupant sous un angle de 124", mais aussi les detuc pinacoïdes, de sorte que ces sections ne sont pas hexagonales, mais octogonales. Pftte de feldspath, pyroxène, minerai et verre. Andésite quartsdfere à bronzite et à mica^ avec hornblende.

^^. 167. Blocs roulrs de la Waï Houhou, originaires du monticule Houhou, au nord du Salahoutou, à l'ouest de Liang. Roche gris-clair, avec de nombreuses cavités allongées, dans lesquelles s'est déposée une croûte d'hydroxyde de fer. En cristaux porphyriques, rien que de petits feldspaths altérés et quelques petits prismes noirs de hornblende. Au microscope, de gros cristaux de plagioclase, beaucoup de bronzite, moins de hornblende brune, mais en gros cristaux; de la cordiérite fort corrodée, entourée de plagioclases limpides, que l'on reconnaît aux inclusions de pléonastes verts; des grains de minerai en petite quantité ; le tout dans une pâte de feldspath, de pyroxène et de particules de minerai, ainsi que du verre limpide. Les homblendes ont des bords noirs, grenus, enserrent de la bronzite et du minerai, et sont criblés d'apatite. Le quartz et la biotite font défaut. Dans cette roche aussi la teneur en hornblende n'est pas assez forte pour la ranger dans les roches à hornblende proprement dites; c'est plutôt une andisite à bronzite, homblendif^e.

d. AndéHte à mica et andésite quartzifère à mica.

Ce groupe est fort répandu, mais il n'est pas franchement séparé des andésites à bronzite, car celles-ci renferment parfois un peu de biotite, ainsi que nous l'avons vu aux n«8. 19 et 116, et au n^. 138 (jui est à hornblende.

N^ 162. Originaire d'une brèche dans le lit de la Waï Reuw, affluent de droite de la Waï Routoung, à 180 m d'altitude; massif du Salahoutou. Roche jaune brunâtre, un peu poreuse, dans laquelle on n'observe que des grains de (juartz et des lamelles noires de biotite. Au microscope, cette roche est tr<'S friable et fournit de mauvaises plaques, dans lesquelles p. ex. la plupart des quartz ont disparu par polissage. Du quartz, du plagioclase, de la biotite et du minerai en cristaux porphyriques dans une pâte trouble, composée de particules de feldspath et de (luartz avec des grains bruns, et colorée en jaune par de l'hydroxyde de fer. Andésite quartdpre à mica. 11 n'existe pas de bronzite dans les plaques.

N°. 168. Gros blocs au rivage, à un bon kilomètre au nord de Wao, apportés du Salahoutou par les rivières Sëlaka, Toua, et autres. Roche gris-clair, un peu poreuse, avec un très grand nombre de cordiérites en beaux petits prismes et des grains de (luartz. Au microscope, grands cristaux de plagioclase, une très grande quantité de quartz, de la cordiérite en rectangles bien limités, mais aussi en grains irréguliers, et, dans ce cas, entourés de cristaux de plagioclase; de la bronzite, un peu de biotite et du minerai gisent dans une masse abondante de verre, qui est dévitrifié par des cristaux d'une finesse extrême, principalement des partic^ules de pyroxène et des granules de minerai. Puis, de Thydroxyde de fer. I^es belles cordiérites bleues renferment, en inclusions, «juehiues petits prismes de zircone, du pléonaste vert foncé et un très grand nombre de {petites baguettes de sillimanite, lescjuelles s'y trouvent parfois disposées en belles zones, parallèles aux limites du crisUil, tandis que l'intérieur et le bord extérieur du cristal sont totalement dépourvus de sillimanite. Ces cristaux de cordiérite, à limites régulières, avec la sillimanite et le pléonaste, sont incîontestablcment des sécrétions du magma, (jui était sursaturé de A1*0' il la suite de la fusion de fragments â cordiérite.

And/aite quartzifhre à bronzite^ avec mica. Par la faible proportion de biotite, la roche ne fait pas partie des vraies andésites i\ biotite, mais elle se rattache au numéro suivant.

N°. 172. Roche affleurant au Tandjoung Hourouman, à la côte nord de Hitou. En échantillons, elle est tout-à-fait analogue au n**. 168, mais elle renferme plus de biotite. Elle est également de teinte grisclair, et contient un très grand nombre de prismes de cordiérite, du quartz, ainsi que des paillettes de mica noir. Au microscope, du quartz, du plagioclase, de la bronzite, beaucoup de biotite et de la cordiérite avec un très grand nombre d'inclusions de grains de pléonaste, situés en cordons les uns derrière les autres. La pâte trouble renferme beaucoup de verre, qui est dévitrifié, principalement par des lamelles de pyroxène. Andésite quartzifire à mica,

N»8. 178 et 214. Le premier échantillon a été recueilli par l'ingénieur KoPERHKRG, le second, par moi-même, à la masse rocheuse située à la rive droite de la Waï Moki, côte nord de Hitou, représentée fig. 49 de l'annexe TV. Ces deux roches sont gris foncé, et renferment des feldspaths blanc terne; le n®. 214 contient aussi quelques quartz; le n°. 178 est séparé en bâtons. Au microscope, plagioclases abondants, toujours à grands angles d'extinction qui prouvent que les feldspaths sont tn"S basic^ues, la plupart assurément de Panorthite, parfois peutêtre de la bytownite; bronzite, quartz, biotite à bords de minerai en grains noirs et ressemblant par là fort à de la hornblende; puis du minerai. Dans le n°. 214, la cordiérite est en cristaux très irréguliers, corrodés, avec bordure de cristaux de plagioclase et de bronzite. La pfite renferme un verre, qui le plus souvent est limpide et incolore, mais qui est coloré en brun à certains endroits et rempli de microlithes de pyroxène et de plagioclase, les derniers en proportion plus faible, ainsi (jue de grains de minerai. Ces roches, comme l'andésite à hornblende voisine, n®. 167, de la Waï Houhou, sont très fraîches et donnent ainsi l'impression de roches éruptives tertiaires. Andésite qv/irtzijère à biotite.

N". 30. Fragment recueilli dans des brèches et conglomérats, au pied du Gounoung Setan, à proximité de la côte nord de Hitou. Roche gris-clair, très ridie en mica, â plagioclases ternes, quartz blancs et jaunes, avec beaucoup de biotite et quelques grenats, qui atteignent

jusqu'à 6 mm., et dont les cristaux sont nettement limités. Au microscope, on reconnaît (|ue la roche est tant soit peu altérée. Les cristaux en question gisent porphyriquement dans une pâte trouble, contenant des microlithes de plagioclase et de bronzite, ces derniers bruns par décomposition ; des grains noirs de minerai, d'autres grains bruns et un peu de verre. Andésite quartzifère à mica^ avec grenat.

N*'. 215. C'est la même roche (pe le n". 30, un fragment arrondi des brèches du Grounoung Setan, mais encore plu» altéré. Elle est aussi riche en mica et renferme de beaux grenats. Andésite quartzifère à micaj avec grenat

N». 210. Enlevé à de gros blocs, dans des brèches grossières, au Gounoung Eri, près de Negri lama, îi 178 m. d'altitude. Roche grisclair, à grain fin, avec beaucoup de cristaux de cordiérite, des feldspaths, du mica et du quartz. Au microscope, les cristaux porphyriques que nous venons de nommer et des bronzites, dans une pâte qui renferme du verre, des grains de minerai, du plagioclase et des microlithes de bronzite, les derniers en proportion moindre. Andésite quartzifère à mica.

N®. 46. Fragments d'un calcaire tendre de la rivière Maspaït, sur la route de Hitou lama à Roumah tiga. Roche gris-clair, poreuse, à cristaux porphyriques de quartz, plagioclase, cordiérite et biotite. Au microscope, on observe en outre quelques petites bronzites et du minerai. I^a pâte de la roche consiste en un verre incolore, dévitrifié par des particules de pyroxène. Andésite qaartzifere à mica^ riche en verre.

No8. 2 et 3. Fragments de matériaux incohérents (luatemaires de la rive droite et de la rive gauche de la Waï Ami, à Nipa, vis-à-vis d'Ambon. Le n". 2 est de teinte blanche et renferme de nombreuses biotites et quelques grains de (juartz. Le n". 3 est moins altéré, grisclair, et contient également des paillettes de mica et des grains de quartz; de plus, des plagioclases. Au microscope, on constate l'absence de grandes bronzites, de sorte que seuls du quartz, du plagioclase, de la biotite et du minerai y existent en cristaux porphyriques. La pâte renferme un verre limpide, çà et là brun-clair cependant, dans lequel gisent de nombreuses particules de plagioclase, souvent groupées radialement, et qui présentent parfois une croix d'interférence

peu distincte entre niçois croisés, mais s'éteignent le plus souvent en secteurs. Puis, de petites bronzites, en partie brunes par décomposition, et des grains de minerai de fer. AndédUs quartssifhes à mica.

N^ 107a. Gros blocs de conglomérats et brèches quaternaires de Tandjoung Batou, dans la dousoun Sahourou. Roche gris-clair, çà et là poreuse, avec quartz, mica, plagioclase et de grandes cordiérites (9 mm.) en cristaux bien limités. Au microscope, elle n'offre presque rien de nouveau I^es minéraux que nous venons de nommer y existent en cristaux porphyriques avec de la bronzite et du minerai; la pâte renferme un verre limpide, avec microlithes de bronzite, plagioclase et minerai. And/site quartzifère à mica.

N°. 107b. Roche affleurant au pied du Gounoung Kërbau, au hameau Batou koubour, à l'ouest de Tandjoung Batou koubour, au rivage. La roche est gris-clair, à grain fin, et ne présente, en échantillons, que quelques sécrétions de lamelles de mica; elle fait voir aussi, eu grand, une texture fluidale, par une alternance parallèle de couches plus ou moins riches en verre. Au microscope, du quartz, des plagioclases limpides et de la biotite ; ce sont là les seuls cristaux porphjnriques. La bronzite manque. La pâte abondante offire un aspect particulier, car dans une masse vitreuse, grenue, gisent un très grand nombre de particules de feldspath, la plupart en agrégats de forme ronde, sphéroïdalfe, qui présentent parfois, entre niçois croisés, une croix d'interférence peu distincte; il y a ensuite des particules vertes de chlorite, provenant probablement d'une décomposition de la bronzite. Le verre proprement dit est limpide et incolore; mais il renferme des baguettes et des fibres de pyroxène vert-clair extrêmement petits, des grains de minerai bruns et noirs et puis un très grand nombre de très petits corps ronds, bruns par transparence, à bords noirs, et qui sont probablement des pores gazeux. Andésite quarizifère à mica^ riche en verre. La partie supérieure de ce banc rocheux s'est solidifiée à l'état de verre; elle sera décrite avec les roches vitreuses.

No«. 108a et lOSaWs. Le premier a été recueilli en 1898 ; le second, en 1904, au versant sud du Gounoung Kërbau, à 269 m. d'altitude; ils sont probablement originaires de brèches grossières. Roche gris blanchâtre à texture parallèle et à bandes vitreuses sombres ; contient des lamelles de mica, des cristaux de quartz et quelques feldspaths.

En échantillons, elle est analogue au n°. 1076, et elle donne aussi, au microscope, la même image. Cristaux porphyriques de quartz, en partie nettement limités; pour une autre partie, en formes très corrodées; des plagioclases très frais, avec un angle d'extinction maximum de 26® des deux côtés de la ligne de suture; de la biotite, en longues sections, traversées par de l'apatite. La bronzite manque; elle est probablement transformée en chlorite et en grains bruns de limonite qui sont disséminés partout, parfois en formes qui rappellent l'augite. La pâte renferme un verre limpide et incolore, rempli de sphéroïdes arrondis de particules de feldspath, qui sont parfois groupés radialement d'une manière irrégulière, et des fibres de bronzite vert clair extrêment fines, ainsi qu'un peu de grains de minerai. Andésite quartzifere à mica, rich^ en verre. Se rattache au n*. 1076 déjà décrit et au n". 107c que nous allons décrire plus loin.

Quelques parties, enclavées dans le n°. 108, consistent en une andésite presque entièrement cristalline. Elles renferment du quartz, du plagioclase, de la bronzite, de la biotite, de la cordiérite avec sillimanite et beaucoup de pléonaste vert-foncé, puis du minerai. On peut voir çà et là entre ces éléments un peu de verre avec quelques microlithes de bronzite. C'est aussi une andésite quartdfh'e à mica^ avec bronzite et très peu de pâte.

N^ 114. Récifs Batou Bëdiri, à l'est de Hatourou, à la côte, séparés en prismes. Roche altérée, gris jaunâtre clair, avec mica, quartz, feldspaths ternes et quelques grandes cordiérites. Au microscope, pas de cordiérite. I^ pâte trouble renferme un verre incolore, rempli de lamelles de pyroxène d'un vert très clair. Andésite qv^rtzi/ère à mica,

N®. 124. Gros blocs de pierre au sommet de l'arête Hatou Lalikoul, à 648 m. d'altitude. Roche tant soit peu altérée. Dans une pâte grisclair, à grain fin, du quartz, de la cordiérite, de la biotite et des feldspaths ternes. Au microscope, une andésite qv^artzi/he à mica ordinaire.

N°. 126. Originaire également du Hatou Lalikoul, mais recueilli un peu plus à l'est, à 629 m. d'altitude. Kn échantillons, gris-clair, compacte, avec de petites biotites noires et quelques quartz. Au microscope, andésite quartzifère à mim. ordinaire.

N*. 140. Du Hatou GÔlédihou ou Watou lajar, près de Lariké ; roche éruptive séparée en plaques, à la côte (voir fig. 46 de l'annexe IV).

Roche gris-jaunâtre, altérée, à feldspathe ternes, quartz et biotite. Au microscope, beaucoup de pyrite ; les bronzites sont totalement décomposées. Andésite quartzifîre à mica, altérée.

N". 18c. Du Gounoung Touna, côté est, dans la rivière Wanii, reposant sur de la diabase. Roche gris-clair, à feldspaths ternes, biotite, grenats, et cordiérite. Au microscope, on voit que la roche renferme de la bronzite, mais peu ou point de quartz et un peu de biotite seulement. Les grenats et les cordiérites n'existent pas dans les plaques. Andésite à bronzite^ biotitifère.

N''. 18f. Du Gounoung Touna, versant sud, dans la rivière Touna, à la maisonnette n". 2. Roche gris-clair, avec beaucoup de feldspaths ternes, quelques gros quartz, peu de biotite, du grenat et de la cordiérite. Au microscope, andffdte quartzifère à mica^ mais avec peu de mica. Dans les plaques, il n'y a encore une fois ni cordiérite ni grenat.

e. Roches vitreuses des andésites et des dadtes.

Plusieurs des roches qui viennent d'être décrites sont plus ou moins riches en une pâte à base vitreuse. Nous ne décrirons â présent que celles qui, déjà à l'œil nu, présentent un éclat vitreux ou résineux plus ou moins net.

N^ 160. Du versant est du Gounoung Kadcra (massif du Salahoutou\ â 366 m. d'altitude, à proximité du petit lac Tëlaga Namang. En échantillons, c'est une roche vitreuse, altérée, gris-blanchâtre, très poreuse, avec des morceaux de verre gris-foncé, moins altérés, dans lesquels il y a des feldspaths ternes. Au microscope, on voit un verre ponceux, à cristaux porphyriques de quartz et de plagioclase. I^e verre est limpide comme de l'eau; il contient d'abord des baguettes et des filaments très nombreux, extrêmement fins et vert clair, d'un minéral qui fait partie du groupe des pyroxènes. Ensuite, un grand nombre de pores gazeux, la plupart allongés, aigus ou ovales, dont les parois sont parfois enduites d'un pigment brun. Ces pores sont disposés les uns derrière les autres avec leurs grands axes orientés de la môme façon; ils donnent â cette roche une texture fluidale nette. Ponce d'andcsite quartzifère.]

N". 165. Fragment de brèches quaternaires, à la cascade Embouang, dans la rivière Taïsoui ; bloc roulé dans cette rivière. Les fragments

très riches en verre, de teinte içris-claîr, contiennent beaucoup de lamelles de mica et passent, par altération, à une argile sableuse, blanc-jaunàtre. La roche n'a pas été polie. Verre (Vandisite à mica.

N®. 168. Récif peu élevé «Batou Mètèng», à la côte, pied nord du Salahoutou. Une brèche, composée de fragments d'une roche vitreuse noir terne, dans des débris plus fins des mêmes matériaux. Non taillé en plaque. Brèche de verre d^andéèite à bronzite.

N®, 169. Roche vitreuse, séparée en bâtons, du même gisement que le n". 168 et originaire aussi de la même brèche. Le fragment gisait librement sur la plage. La roche a un éclat résineux et contient des feldspaths blanc terne. Au microscope, beaucoup de plagioclase limpide, de petites bronzites et du minerai en cristaux porphyriques dans un verre limpide, tout-à-fait rempli d'un réseau de baguettes et de filaments extrêmement fins d'un pyroxène vert-clair avec granules de minerai adhérents. Toutefois, le verre, inclus dans les plagioclases, est légèrement brun. Verre d'andésite à bronzite qu'il faut ranger parmi les r/tinitea (pechstein), car tous les verres de Hitou contiennent de l'eau, et de plus cette roche présente un éclat résineux.

N«. 171. Bloc roulé de la Waï Tomol, au cap Tomol. Brèche avec morceaux de verre gris foncé, comme le n*'. 168. N'a pas été polie. Brèche de verre d^and/site à bronzite.

N". 216. Paroi escarpée du Gounoung Setan, au versant nord-ouest ; au-dessus de cette roche une petite rivière forme ime cascade. Roche vitreuse grisâtre sombre, à cavités où s'est déposé de l'hydroxyde de fer. Au microscope, un verre limpide qui est jaune clair le long des fissures, probablement par dépôt d'un peu d'hydroxyde de fer, et qui est entièrement rempli de filaments de pyroxène excessivement fins et de grains de minerai, forme la pâte de cette roche. Dans celle-ci sont distribués, en petite quantité, quehiues quartz, plagioclases, bronzites, minerai et cordiéritcs; ces dernières en partie en cristiiux bien délimités à inclusions de pléonaste, mais en partie aussi en grains irrégulièrement limités et fortement corrodés, riches en sillimanite, qui se sont fondus partiellement dans la masse vitreuse environnante, laquelle est légèrement colorée en jaune dans leur voisinage. Verre d^andesite à bronzite (rétinite). Contient, d'après l'analyse de l'ingénieur Koperbebg, 5.57 pet. H*0.

N-. 48. Gros blocs dans de l'argUe brune, sur la route deRoumah tiga à Hitou lama, au nord de la ligne de faîte, à 195 m. d'altitude. Hoche vitreuse tout-à-fait compacte, de teinte gris-clair, mais rendue brécheuse par des morceaux de verre plus foncés qui sont intimement unis à la roche principale. Il y existe aussi des morceaux ponceux et des fragments d'une andésite à bronzite (n\ 48*) terne, gris-clair. La roche a un éclat vitreux et ressemble à de l'obsidienne, quand on fait abstraction de sa structure brécheuse. Au microscope, divers fragments de verre gisent les uns contre les autres et sont intimement liés par de minces couches d'un minéral limpide. Parmi ces fragments, quelques-uns sont tout-à-fait limpides, incolores et presque dépourvus d'interpositions ; seulement, on y remarque de très grandes inclusions liquides, qui ont jusqu'à 29 microns en diamètre, à libelle mobile, ce qui constitue une inclusion assez rare dans une masse vitreuse. (') D'autres fragments sont dévitrifiés par des microlithes, notamment des filaments de pyroxène ; d'autres encore renferment des pores gazeux, parfois en formes allongées, et sont par là ponceux; d'autres enfin sont troubles, par un amas de fines particules de feldspath et de pyroxène, ces derniers parfois en agrégats floconneux, brun-clair, excessivement ténus; ce sont les fragments n°. 48*. I^a plupart renferment des cristaux porphyriques de plagioclase et de bronzite, ainsi que des cordiérites corrodées à inclusions de sillimanite. Tous ces morceaux de verre sont entourés d'une bordure limpide étroite, qui polarise en fibres, et consiste en calcédoine (les fibres ont un caractère optique négatif), un minéral qui s'est déposé aussi dans les fissures du verre. Tuf vitreux silidjie ou sable vitreux,

N<». 21, 21bis et 22. Mur rocheux à la rive droite de la Waï Ix)ula, à proximité de son embouchure. En échantillons, la même roche vitreuse et brécheuse, gris-clair, que le n". 48; mais les morceaux de verre sont plus petits. Au microscope aussi, elle est analogue au n". 48; quelques éclats de verre sont de teinte jaune-clair. Il existe aussi dans le verre des inclusions liquides, mais plus petites que celles du n°. 48. Dans les fissures et autour des fragments, on trouve

(1) Dans les roches de ce gisement (nO. é-S) et du ..cap Hate1auwé'\ analogues à nos numéros 21 et 22 de la Wai Loula, des inclusions liquides ont déjà ét(^ signalées antérieurement par ScHROBDKR VAN DBR £oLK (Mémoire S4, pp. 117 et 119).

de nouveau des bandes étroites de calcédoine polarisant en fibres. Parmi les cristaux porpbyriques, du plagioclase et de la bronzite ainsi que quelques cordiérites. D'après l'analyse chimique, elle renferme 5.36 pet. H* 0. TuJ vitreux silidfié.

N®. 217. Petite colline, de 11 m. d'altitude, située à 185 m. à l'est de la rivière Waoulou, dans le sentier qui s'étend le long de la côte nord de Hitou. Ce mamelon consiste en un calcaire dolomitique grisbrunâtre, qui fait avec l'acide chlorhydri<iue une effervescence faible à froid mais forte à chaud. Ce calcaire contient une très forte proportion de gravier fin de roches éruptives, des cordiérites libres, ainsi que de gros morceaux d'un verre brécheux, grisâtre-clair (n". 217), tout-à-fait analogue au n . 21. Tuf vitreux siliciJU, en fragments dans un calcaire quaternaire.

N<>. 107c. Ceci est la croûte vitreuse, de '/i °^- d'épaisseur, de la roche n". 1076, décrite plus haut, du hameau Batou koubour, à l'ouest de Tandjoung Batou koubour. En échantillons, c'est un verre à éclat résineux, gris-verdâtre clair, avec paillettes de biotite, qui devient blanc-jaunâtre et farineux par altération. Au microscope, un verre limpide, alternant avec des traînées de verre jaune et sombre par des interpositions brunes et noires comme au n**. 1076. Ces interpositions sont en partie des grains de minerai de fer ou d'un composé de fer, en partie des espaces creux, des pores gazeux, à parois brunes. Dans le verre limpide on n'observe pas ces particules brunes, mais uni(]uement des microlithes de bronzite et des agrégats de feldspath arrondis en sphéroïdes irréguliers. Les seuls cristaux porpbyriques sont du plagioclase et de la biotite. Verre d^ andésite quartzifire à mica.

W. 154. Grosses pierres «Tongkou batou»-, à 350 m. d'altitude environ, sur la route de Hatiwi à Hila. Roche vitreuse gris foncé, semblable au n°. 21, mais non brocheuse. Au microscope, c'est un verre décoloré par places, mais le j)lus souvent brun-clair, et toutà-fait rempli de fins microlithes de pyroxène et de quelques grains de minerai. Cristaux porpbyriques de plagioclase, de bronzite et de minerai; hydroxyde de fer secondaire. Les plagioclases ont parfois beaucoup d'inclusions de verre brun. Verre d^ andésite à bronzite (rétimte),

N". 118. Fragment d'une brèche, enlevé près du refuge, dans un

affluent de droite de la Waï Lawa, à 336 m. d'altitude. Roche vitreuse, à 6clat résineux, noir sombre, à feldspaths blancs et ternes. En échantillons et au microscope elle ressemble parfaitement au n®. 18^ (voir plus bas). Seulement, elle est moins fraîche: dans des fissures ont pénétré de l'hydroxyde de fer et de la calcédoine; ce dernier minéral remplit aussi des cavités de la roche. Le verre brun, que les feldspaths contiennent en petites particules très nombreuses, est brun trouble et parfois fibreux par altération. Le verre brun de la pâte est rempli de baguettes étroites de bronzite, mais le tissu en est moins serré qu'au n°. ISg. Voir plus loin la description de cette roche. Verre (Vœadésite à bronzite,

N*". 119. Fragment de couches inclinées (quaternaires ou pliocènes) de grès et de brèches, nos. 117 et 118, dans la Waï Hatou. Roche vitreuse gris-clair à feldspaths ternes et cordiérites bleues. N'a pas été polie. Verre d^andésdte à branzite,

N°. 148. Echantillon de })r«'che8 de la Waï Ela, au sud de Lima et au nord du Latoua, à 617 m. d'altitude. Broche gris-clair à morceaux de verre gris foncé. Au microscope, une pâte trouble avec quehiues cristaux porphyriciues de (juartz et de plagioclase. Le trouble de la pâte est produit par des fibres très fines de pyroxî'ne et des granules bruns; le verre lui-uiéme est incolore. Verre (Vandhite à bronzite.

N^ 18g. Fragment d'une brèche, recueilli en 1904 au lac Tëlaga Radja, à 619 m. d'altitude. Cette brèche forme le fond de l'espace cratériforme dans lequel est situé le lac. La roche est noir foncé et à éclat résineux. A l'œil nu on ne voit que de petits feldspaths; dans des cavités, il s'est déposé du gypse. Au microscope, une roche très fraîche. En cristaux porphyriquos, du plagioclase, â grand angle d'extinction et un très grand nombre d'inclusions de particules brunes de verre; de la bronzite, avec inclusions de globules de verre et de magnétite. La pâte abondante consiste en un verre brun clair, qui est lui-même bourré de microlithes de bronzite et de plagioclase, les derniers en quantité moindre ; il y a aussi un peu de minerai et çâ et là quelques granules bruns excessivement fins. Verre d^and/site à bronzite.

f. Mtflaphyre et verre.

Les roches de ce groupe se distinguent, déjà à l'œil nu, par leurs teintes grisâtres foncées, des andésites à bronzite qui ont la plupart une couleur claire. Elles contiennent des ca^nté8 qui sont la plupart parfaitement rondes ou à peu près, contrairement aux cavités allongées et irrégulières des andésites à pyroxène. Les parois de ces cavités sont parfois tapissées de calcite et de zéolithes. Ces roches n'ont aucune ressemblance avec les basaltes tertiaires ou plus jeunes de Java et de Sumatra; elles rappellent plutôt les anciens mélaphyres d'Europe.

N^ 218. Trouvé uniquement en blocs isolés, au môme endroit que le n". 217, la roche vitreuse qui apparaît en fragments dans le calcaire, sur la route de Wakal il Hila, dans la petite colline de 11 m., à 185 m. à l'est du passage de la rivière Waoulou. 11 est probable que le u?. 218 existe en fragments non dans du calcaire, mais dans une brèche quaternaire; on n'en a trouvé que des blocs incohérents sans brèche environnante, aussi au versant du mamelon jusqu'à la mer. En échantillons, c'est une roche à grain fin, grisâtre sombre, sans gros cristaux, mais à cavités rondes nombreuses (bulles) qui sont ou vides, ou remplies en tout ou en partie de calcaire spathique. Au microscope, beaucoup de petits cristaux d'olivine, tous transformés en serpentine vert-jaunâtre terne et hydroxyde de fer brun foncé ; il n'y existe plus de matière d'olivine inaltérée. Ce sont là les seuls cristaux porphyri(iues. La pâte est un mélange microgranuleux de plagioclases longs et étroits, de baguettes courtes, vert-clair, de pyroxène, dont les plus grandes sont nettement pléochroïques et à extinction droite, appartiennent à la bronzite, et sont parfois juxtaposées à de l'augite; mais la plupart des baguettes présentent une extinction oblique et appartiennent à l'augite; il y a encore du minerai. Entre ces cristaux on peut voir un verre grenu, noir ou brun foncé. Le caractère de cette roche est tout autre que celui des andésites; elle contient, d'après l'analyse du Professeur S. J. Vermaes à Delft, 50.32 pet. de SiO' seulement, tandis que les andésites ont une teneur en acide silicique de 61 à 75 pet. Melaphyre.

N", 108b. Du Gounoung Kôrbau, à 280 m. d'altitude. En échantillons.

gris, à grain fin, avec des taches altérées, jaunes. Pas de sécrétions de cribtaux, mais de nombreuses cavités qui, par altération, ont pris une forme irrégulière. Au microscope, la roche n'est plus très fraîche ; dans la pâte beaucoup de chlorite, à côté d'augite, de plagioclase et de minerai, ainsi que du verre grenu, foncé, qui contient de petits cristallites courbes (pyroxène?). Quelques gros cristaux, tranformés en serpentine, proviennent d'olivine. Mélaphyre.

N^ 108b*. En 1904 on a recueilli encore une fois, en ce point ou peutêtre un peu plus haut, à 290 m. d'altitude, du mélaphyre dans lequel on a trouvé un petitfragmentd'unerochejaunegri6âtre,arénacée et quelque peu schisteuse (n". 1086*), long de 7 cm. et de 1 cm. d'épaisseur. Au microscope, on a reconnu que c'était une roche élastique consistant en beaucoup de quartz, plagioclase et augite en grains cristallins irrégulièrement délimités, avec minerai de fer titane et delatitanite rouge clair, pléochroïque, en grains allongés et pointus. L'augite verte, de teinte très claire, n'est pas pléochroïque et contient de petits globules de verre et des granules de minerai de fer. On a mesuré des angles d'extinction de 42®. Les plagioclases sont tWîS frais; quelques-uns ont des angles d'extinction de 29 et de 32® ; par contre, d'autres n'ont qu'une extinction maxima de 19 et 22**. Entre ces particules cristallines se trouve une masse jaune ou d'un brun très léger, qui parfois ne polarise pas distinctement et pourrait être prise alors pour du verre; en d'autres places, elle offre une polarisation nette en grains fins ; il est probable que c'est de l'opale, un minéral qui polarise assez souvent distinctement, ce qu'il faut attribuer à des tensions qui se sont produites lors de la dessiccation de la gelée d'acide silicique. L'opale enveloppe les grains cristallins comme une bordure mince et elle comble aussi partiellement les espaces entre les particules; aux bords de ces espaces, il y a alors de l'opale limpide, tandis que le centre est occupé par des particules brunes, troubles, probablement des particules d'argile ferrugineuse, et par de petits grains noirs de minerai. La forte teneur en quartz rend invraisemblable que ce sable soit un produit d'éruption du Kërbau lui-môme, que le mélaphyre aurait englobé dans sa masse. Je le tiens pour un morceau de grès, qui a été transformé par métamorphisme de contact lorsqu'il a été enclavé dans le mélaphyre, et qu'ainsi il

s'est formé du plagioclase et de l'augite, aussi bien que de la titanite rouge. Bloc de grh iransforTnc par métamo'tphùme de contact.

N^ 108c. Du Gounoung Kërbau, à 319 m. d'altitude. Roche grisbleuâtre, à grain fin, avec de grandes cavités rondes et une croûte d'altération jaune. Au microscope, cristaux porphyriques de plagioclase, souvent à bords ternes, quelques olivines transformées en serpentine vert-brunâtre, longues bronzites pléochroïques et quelques cordiérites fort corrodées, irrégulièrement limitées, rendues troubles par des amas de sillimanite et renfermant un nombre extraordinairement grand de cristaux de pléonaste. Cette cordiérite a apparemment été englobée dans la roche en fusion et provient d'autres roches plus anciennes, du gneiss (qui toutefois n'apparaît nulle part à Ambon) ou du granité, que le mélaphyre a percées. La pâte est la pâte ordinaire; elle renferme du plagioclase, de l'augite, un peu de bronzite, du minerai et du verre brun ou du verre grenu foncé, ainsi que de la chlorite. Mélaphyre à bronzite, avec inclusions de cordiérite.

N^ 108d. Gounoung Kërbau, à 327 m. d'altitude. En échantillons, tout-à-fait analogue au n°. 108c. Au microscope, encore exactement la même roche que la précédente; elle contient aussi de grands pyroxènes, qui appartiennent à la bronzite, des olivines décomposées, et des fragments, à limites irrégulières, d'agrégats cristallins de quartz et de cordiérite enclavés par fusion dans la roche, qui ont fait monter la teneur en nilice jusqu'à 60 pet. à peu près. Mélaphyre, avec bronzite, quartz et cordiérite.

N®. 108. Gounoung Kërbau, â 332 m. d'altitude. En échantillons, la même roche que les deux précédentes, aussi avec des cordiérites bleues et des fragments de teinte gris-jaunâtre, qui sont de la cordiérite, avec inclusions de grains de quartz. Au microscope, les mêmes cristaux porphyriques, olivine (décomposée), plagioclase, })ronzitc et augite à la fois, minerai et grandes cordiérites corrodées, qui contiennent de nombreux grains de quartz. IjCs deux derniers minéraux se ressemblent fort, mais sous le rapport opticjue on peut aisément les distinguer. Quelques cordiérites présentent distinctement des stries de mâcles répétées. Dans la pâte, du plagioclase, de l'augite, du minerai et du verre en grains bruns ou foncés. Mélaphyre à bronzite,

N°. 109. De la Waï Lawa, en amont de Tawbi, à 49 m. d'altitude.

Bloc originaire d'une brèche. En échantillons, une brèche formée de morceaux brun-foncé à éclat demi-vitreux, tant soit peu poreux, gisant dans une pâte altérée brun-jaunâtre des mômes matériaux, mais plus fins. Au microscope, un verre brun de chocolat, transformé dans les fissures en une matière brun-jaunâtre, trouble. Ce verre renferme de très petites baguettes de pyroxène, qui se groupent parfois en étoiles, et des granules de minerai. Grands pores gazeux. Les cristaux porphyriques manquent; la roche a d'ailleurs tont-à-fait le caractère d'un verre de melaphyre, comme on le rencontre en d'autres endroits, avec une teneur nette en olivine et se transformant aussi en un produit hydrofère brun-jaunâtre.

N**. 110. De la Waï Lawa, affleurant dans le lit du ruisseau ; roche se séparant en prismes (fig. 41 de l'annexe IV). Roche grise, à grain fin, sans gros (iristaux et aussi sans cavités. Au microscope on n'observe, parmi les grands cristaux porphyriques, que quelques bronzites et augites, assez bien d'olivines qui, 1res exceptionnellement, sont encore inaltérées en partie, et de temps en temps un cristal de quartz corrodé, évidemment une inclusion étrangère. Pâte de plagioclase, pyroxène (le plus souvent de l'augite), minerai et verre grenu, foncé. Comme produits secondaires, de la calcite, de la serpentine et de la pyrite. Melaphyre, quartzifèrc.

N**. 112. Roche affleurant dans le lit de la Waï T^awa, â 143 m. d'altitude. Gris-verdâtre. altérée, â grain fin. Dans les fissures, du (juartz; dans les cavités, du calcaire spathique et de la calcédoine. Au microscope, roche fort altérée; à la place des olivines on trouve de l'opale, entourée de car})onateH; l'opale polarise faiblement, en taches irrégulières, ainsi (jue c'est souvent le cas; pour de la calcédoine la polarisation est beaucoup trop faible. Les carbonates, qui se sont déposés en formes sphériques, montrent, en sections, des anneaux alternativement incolores et bruns: les premiers consistent en calcaire spathic^ue, les autres, en dolomie, peut-être ferrugineuse, ce que l'on constate déjîl à leur difierence de solubilité et d'effervescence par l'action de l'acide chlorhydri(iue à froid. Dans l'acide chaud, les anneaux bruns aussi se dissolvent rapidement. T^s petites augites de la pâte sont en grande partie transformées en calcite et en chlorite. IjCS rectangles et les baguettes de plagioclase sont encore

âsé

limpides. Il y a encore du verre brun clair, mais en petite quantité. Mélaphyre, altéré.

N". 126. Du Gounonng Latoua, cime avancée méridionale, à 809 m. d'altitude. Roche gris foncé, à grain fin, avec grandes cavités rondes, dans lesquelles s'est déposée une croûte d'une matière blanche, kaolineuse. Ressemble complètement aux roches du Kërbau. Au microscope, de l'olivine, encore une fois transformée entièrement en calcaire spathique, coloré en brun par de l'hydroxyde de fer ; du plagioclase; à la fois de la bronzite et de l'augite, parfois juxtaposées; tous ces éléments forment des cristaux porphyriques dans une pâte sombre, dans laquelle il y a des lamelles allongées et étroites de plagioclase limpide, et un verre brun clair, entièrement rempli de petites baguettes d'augite avec granules de minerai adhérents. Selon le Dr. P. H. VAN DER Meulen, assistant à Delft, la teneur de cette roche en acide silicique est de 50.31 pet. Mélaphyre.

W. 150. Du Gounoung Latoua, pied nord, 660 m. d'altitude. Roche gris-clair, altérée, à cavités, analogue à la précédente. Au microscope, la même roche, avec beaucoup de chlorite dans la pâte et une masse de verre dévitrifiée par des cristallites, avec des baguettes et des filaments vert clair, auxquels sont suspendus des grains et des baguettes de minerai. Parmi les pyroxènes porphyriques, il y a plus d'augite que de bronzite, ces deux éléments sont parfois juxtaposés.Af éZopAyre.

N°. 149. Roche affleurant dans le lit de la Waï Ela, au confluent d'un petit cours d'eau, la Hatou Koï, àolôm. d'altitude. Roche grise, à grain fin, avec cavités rondes où se sont déposés du calcaire spathique et de l'hydroxyde de fer. Au microscope, elle ressemble un peu à certaines diabases, mais le feldspath est beaucoup plus frais que dans ces roches anciennes, le n®. 147 p. ex. Quelques formes appartenant nettement à de l'olivine, remplies de spath calcaire et de chlorite; de l'augite, sans bronzite. Pas de gros plagioclases. Les cavités sont comblées par de beaux anneaux de spath calcaire alternativement bruns et ferrugineux ou blancs et purs. Par l'action de l'acide chlorhydrique froid, les derniers seuls font effervescense et se dissolvent rapidement; les autres ne se dissolvent (^ue dans l'acide chaud. Outre l'hydroxyde de fer, ils renferment peut-être aussi de la magnésie, de sorte que ce seraient des anneaux de dolomie ferru-

gineuse alternant avec des anneaux de calcaire apathique. Il n'a pas été fait d'analyse spéciale des anneaux bruns. La pâte contient des baguettes de plagioclase très limpides, de Paugite, des grains de minerai, de la chlorite et du verre grenu, foncé. Mélaphyre.

N°. 146. Paroi rocheuse à la rive droite de la Waï Ela, à 2 km. de Lima ; à ce qu'il paraît, elle est recouverte de conglomérats et de brèches d'une andésite à biotite. En échantillons, cette roche est tout-à-fait analogue au n**. 149; elle contient des cavités rondes, remplies sur les bords de minerai de fer brun ; au centre, des fibres de calcaire spathique, groupées en rayons, qui donnent une croix noire entre niçois croisés. Au microscope, elle contient uniquement quelques gros plagioclases, dans une pâte de baguettes de plagioclase, d'augite, de minerai et de verre sombre, grenu. Comme produits secondaires, du calcaire spathique, de la calcédoine et beaucoup d'hydroxyde de fer. Mélaphyre,

N». 12 (recueilli en 1898) et n°. 12bis (recueilli en 1899). Roche de Tandjoung Tapi, décrite en détail plus haut (voir aussi fig. 63). En échantillons, roche de teinte grise ou gris-verdâtre ; à proximité de la croûte, elle est cependant plus foncée, par suite de la présence de particules riches en verre. Les parties inférieures de la croûte (c et b, fig. 63) sont ternes, noir foncé, et renferment déjà beaucoup de particules de verre; par suite d'une solidification brusque, la portion extérieure a s'est solidifiée comme du verre; cette couche extérieure, qui d'ordinaire n'a pas plus d'épaisseur (^ue 2 mm., est d'un noir brillant et a l'éclat résineux.

N°. 12, partie a de la fig, 63. Croûte de verre extérieure. Au microscope, un verre pur, couleur chocolat, avec cristaux porphyriques d'olivine et des toufies brunes de cristallites. Les divines, à peu près incolores, sont d'une fraîcheur idéale ; dans les fissures seules il y a un commencement de décomposition en une matière brune; elles renferment en inclusions de petits octaèdres bruns, transparents, de picotite et des globules de verre brun-clair avec bulle d'air adhérente. Ces divines se présentent non seulement en cristaux bien développés, limités par des faces places, mais encore en microlithes incomplets, très élégants, dont l'un d'eux est représenté dans la fig. 64. Le plagioclase et le pyroxène font complètement défaut. Les toufies

brunes consistent en filaments excessivement fins, qui sont entremêlés et superposés dans tous les sens et qui, à un fort grossissement, deviennent verdâtres et transparents II est probable qu'ils se composent de substance pyroxénique (augite) et que la couleur franchement brune des touffes doit être attribuée en partie au verre brun dans lequel elles gisent, et qui est vraisemblablement interposé aussi entre les cristallites les plus fins. Il se peut encore, que la teinte des filament-s même soit d'un vert-brunàtre très léger, ce qu'on ne peut pas constater avec certitude au microscope. Le verre brun pur n'est altéré que très localement en une matière jaune terne qui, comme nous le verrons lorsque nous parlerons de la composition chimique, contient beaucoup d'eau et se comporte vis à vis du verre comme la palagonitc par rapport à la tachylyte. Verre de mAaphyre,

N». 12, Parties h et c de lafig. 63. Dans une section transversale, faite radialement à travers les sphères de mélaphyre, et par laquelle on coupe successivement a, 6, c et d dans la mr*me plaque, on remarque que de a vers b les touffes de cristallites augmentent en nombre, se rapprochent les unes des autres et finissent par être si serrées, que toute la pâte en devient trouble et qu'on ne voit plus nulle part de verre pur. Une section longitudinale par cette roche (6 et c donnent la même image microscopicfue ) fait voir seulement des olivincs porphyri(iues dans le verre dévitrifié ; elles sont eu grande partie encore fraîches, mais une partie cependant en est déjà transformée et devenue jaune et brune. I^cs cristallites se sont disposés en forme de peigne ou de brosse autour de microlithes limpides, en forme d'aiguilles, qui paraissent appartenir à l'augite; car l'extinction en est parfois droite, mais le plus souvent oblique, et elles ont une teinte verte très claire, ainsi qu'on le verra mieux dans la roche suivante. Croûte de mélaphyre,

N®. 12. Partie d de la fig. 63. Ceci est la roche principale, car la croûte, a, 6 et c ensemble, a à peine 3 cm. d'épaisseur; c'est seulement dans la croûte (\ue l'on trouve l'olivine à l'état inaltéré; dans la roche principale toute l'olivine est complètement décomposée. Ici encore la pâte est un verre dévitrifié par dos cristallites, qui contient de petits pyroxènes, en baguettes, filaments et grains, des grains de

minerai et de longs microlithes de feldspath, en forme d^aiguilles, auxquels se sont fixés, à la façon d'une brosse, des microlithes encore plus petits. Ces longs microlithes de plagioclase sont limpides et incolores, à extinction oblique, et ils ont une disposition radiale irrégulière; entre ces rayons se sont déposés les cristaux de pyroxène et les cristallites. Quelques pyroxènes sont un peu plus grands, vert clair, renferment du minerai de fer et appartiennent à l'augite. En cristaux porphyricjues rien que de Polivine, totalement transformée en un hydroxyde de fer brun foncé, et qui paraît donc appartenir à une variété très riche en fer (hyalosidérite). Cette roche a tout-àfait le caractère des roches du Kërbau et du Latoua, qui, elles aussi, ne contiennent plus d'olivine inaltérée. Mélaphyre.

No. 12^8 de la collection de 1899. La roche no. 12^»», recueillie en 1899 à Tandjoung Tapi, est tout-à-fait analogue au n". 12 de 1898. Les plaques préparées de la croûte vitreuse du n". 12bi8 sont identi(j[ues à celles du n". 12, partie a. Elles contiennent, à côté de grands cristaux d'olivine, de nombreux microlithes incomplets d'olivine, dont on a représenté deux spécimens dans la fig. 65. En outre, cette roche renferme quelqu(îs plagioclases et augites porphyriques. Les cristallites s'y sont réunis en partie sous forme de masses sphéritiues ou spheroïdales, dans lesquelles les filaments sont groupés plus ou moins radialement; quelques-uns de ces sphéroïdes contiennent au centre un cristal de feldspath.

Composition chimique des Ambonites.

1^8 analyses chimiques suivantes de diverses Ambonites de T/citimor et de Hitou, j'en suis redevable à la l>ienveillance toute spéciale du Prof. Dr. Cl. Winkler (actuellement dôcédé), du Prof. Dr. O. Brunck à Freiberg en Saxe, et de mon ancien coll('gi:c S. J. Vermaes, à présent professeur à Delft, lesquels ont fait en partie ces analyses eux-mêmes et ont fait exécuter les autres, sous leur direction, dans les laboratoires de (îhiniie de l'Académie des mines à Freiberg en Saxe et de l'Ecole Polytechnique à Delft.

En ce qui concerne la composition des andésites, il importe de faire observjBr que certains éléments, notamment le (juartz, laeordiérite et le grenat, qui sont en partie d'origine étrangère, sont distribués

IG

dans ces roches d'une manière tellement irrégulière, que non seulement des échantillons différents d'un même gisement, mais parfois même des parties différentes d'un seul et même échantillon contiennent des quantités variables de ces minéraux, et doivent donc nécessairement présenter une composition différente. C'est pourquoi, on a toujours réduit en poudre fine des morceaux volumineux et aussi frais que possible, et de cette poudre on a pris un échantillon pour le soumettre à l'analyse.

Quant aux mélaphyres, il faut faire une distinction entre deux groupes: d'abord ceux de Tandjoung Nousaniwi, TandjoungTapi, du Gounoung Latoua et de la Waï Ela, qui ne renferment ni quartz ni cordiérite; en second lieu, ceux de la Waï Lëleri, à Leitimor, du Gtounoung Kërbau et de la Waï Lawa à Hitou, qui contiennent ces minéraux en formes très corrodées, lesquelles doivent être considérées comme des inclusions étrangères, enlevées à du gneiss ou à du granité, lorsque ces roches ont été percées par le mélaphyre. Ce dernier groupe est naturellement beaucoup plus acide (lue les mélaphyres sans quartz, de sorte que leur teneur en acide silici<iue peut se rapprocher de celle de certaines andésites à bronzite. Toutefois, ce mélaphyre se distingue nettement, dans ce cas, de l'andésite il bronzite, par la teneur beaucoup plus faible en alumine et la proportion plus forte de chaux et de magnésie.

La sécrétion de cordiérites dans les andésites à bronzite, (jui sans doute avait lieu partiellement dans le magma lui-même, est une conséquence d'une sursaturation de ce magma par de l'alumine, probablement à la suite de la fusion de schiste argileux ou de fragments à cordiérite provenant de roches anciennes (granité ou gneiss), suivie d'une recristallisation dans le magma de cordiérite avec sillimanite et pléonaste, par suite d'une modification dans les conditions chimiques et physiques. Il me semble aussi qu'une partie du grenat, savoir les cristaux (jui ont une forme cristalline franche et qui ne présentent pas de bord trouble de kélyphite, s'est cristallisée dans l'intérieur du magma.

SiO»

ll.ôO

Fe'O'

FeO

MirO

traeoH

CaO

Na'-O

TiO« — 0.03

Ti 0* — traces

Total = 100.35 102.52 99.84

Le n». 164 est la liparite de la cascade Embouang, dans la rivière Taïsoui, à Hitou; elle a été analyst^c par M. D. Funk, premier assistant au laboratoire de l'Académie des mines à Freiberg, en Saxe.

Le n®. 191 est la liparite de la Waï Polang, à I^eitimor; (a) a été analysée par le Prof. S. J. Vkrmaes, à Delft, et (6) par M. D. Funk à Freiberg en Saxe.

La composition de ces deux roches est à peu près la même. IjSl forte teneur en potasse montre qu'on a affaire il des liparites et non à des dacites, bien que le plagioclase prédomine parmi les cristaux porphyriques. La comparaison de ces analyses avec celles des anciens porphyres quartzifi^res nf>«. 1 et 64, données plus haut, fait voir que les premières roches présentent non seulement une teneur plus forte en alumine et en chaux, mais surtout en soude; pour le reste, elles correspondent assez bien. Le morceau du n°. 191 analysé à Delft, provenant d'une roche très pamyre en biotite, paraît ne pas avoir contenu de biotite du tout, car on n'y a trouvé que des traces de magnésie.

N". 16. Andésite à bronzite^ du flanc ouest du mont Touna, à Hitou ; enlevée à de gros blocs dans la petite rivière Tamboro, à 369 m. d'altitude. Renferme de la cordiérite avec inclusions de sillimanite et de pléonaste, du grenat, ainsi qu'un peu de (juartz. Quelques

échantillons contiennent de gros cristaux de quartz, longs de 20 mm.; mais ces morceaux là n'ont pas été choisis pour l'analyse.

Poids spécifique =. 2.624.

SiO« = 60.94.

FeO = 5.20 (et Fe*0»).

MgO = 2.33.

CaO = 3.35.

Na»0 = 1.29 (2.77).

Xj. \J .... .... — Otéux,

Total . . . = 99.00.

Analysée par M. Ernst Curt Sieber de Schneeberg, en Saxe.

La teneur en potaase (4.88) m'a paru trop élevée, car, d'après l'analyse microscopique, il n'existait pas de sanidine dans la roche, ou du moins il n'y en avait que fort peu. Aussi, une nouvelle analyse, faite par M. F. A. Unger, candidat-ingénieur des mines à Delft, a-telle donné K» = 2.46, Na» = 2.77, chiffres dont on a fait usage dans le calcul ci-dessous.

H importe d'examiner si nous avons encore affaire ici à un magma sursaturé d'alumine, ainsi qu'on l'a déjà fait voir pour diverses andésites contenant de la cordiérite.

Dans le mémoire très remarquable de Jozep Morozewicz, Kxperimentelle Untersuchungen ûher die Bildung der Minérale im Magma (Tschermak's Mineralogische und Petrographische Mittheilungen, XVIII 1899, S. 1—90 und 105—240) l'auteur donne, à la page 69, trois analyses de roches à cordiérite qui sont en même temps riches en acide silicique et qui, d'après les rapports moléculaires de K* O 4- Na'0-f-CaO, MgO, Al*()^ etSiO*, sont toutes les trois sursaturées d'alumine relativement aux bases de silicate d'alumine. Un calcul analogue, fait pour notre roche n**. 16, fait voir (qu'elle fait tout-à-fait partie du même groupe. Je réunis ici les quatre analyses.

SiO» — 60.14

TiO» —

Fe'O' + FeO — 6.80

CaO — 5.80

MgO — 6.15

Na'O — 2.39

Total. . 99.56 101.53 100.46 98.06

I est un produit artificiel de fusion, où s'est séparé de la cordié-

rite (MoRozKWicz).

II est une vitrophyrite à cordicrite de l'Afrique du Sud, d'après MoLENGRAAFij^ (Neues Jahrb. f. Min. 1894 I, p. 79).

III est une andésite à mica, à cordiérite et riche en verre, de la colline Hoyazo (Cabo de Gâta), d'après Osann. (Zeitschr. d. d. geol. GeseUschaft XL, 1888, S. 701).

IV est notre andésite à bronzite n**. 16 du mont Touna àAmbon, renfermant de la cordiérite et du grenat (les alcalis, d'après M. Ungbk).

Les rapports moléculaires de ces roches sont:

K'O -h Na'O -h CaO I . . . . 0.87 II ... . 0.35 m . . . . 0.57 IV ... . 0.75 (*)

On voit donc, que dans ces quatre roches le magma était sursaturé d'alumine par rapport aux bases de silicate d'alumine. Dans un tel magma il se peut ({ue, dans diverses circonstances, dépendant

:MgO;

SiO»

(1) Les chiffres trouvés pour I, II et III présentent de lég'ers écart« avec ceux donnés par MoROZEWicz, probablement jmrce que, en reprenant les calculs, j aurai fait usage de poids atomiques un peu différents. Je me suis servi de ceux admis par F. W. Clakee (The constants of nature. Part V, 18U7).

(t) Quand on se sert des (juautités d'alcali trouvées par M. Siebkr, ce chiffre se change en 0.76.

principalement des proportions relatives de MgO et de SiO' données par MoROZEWiGZ, il cristallise un ou plusieurs des minéraux : spinelle

(pléonaste)(j p^Q,Al*0»), sillimanite (A1*0», SiO*), et, en présence

de MgO, FeO et beaucoup d'acide silicique, aussi de la cordiérite

(2R0, SiO»-f-2R»0', 3 SiO*, où R = Mg, avec plus ou moins de Fe).

No. 21. Roche vitreuse et brocheuse, ressemblant à de l'obsidienne;

tuf vitreux silicifié ou sable vitreux d'andésites, de la Waï Loula,

côte nord de Hitou. Poids spécij^ 2.296.

Acide silicique . . . . = 75.84

Oxyde d'aluminium . . =: 9.96

Oxyde do fer =z 0.49

Oxydule de fer .... =: 1.71

Oxyde de calcium . . = 1.11

Oxyde de magnésium . . = 0.18

Oxyde de potassium . . = 2.26

Oxyde de sodium . . . i= 1.82

Eau z= 5.36

. = 98.73 Dr. Otto Brunck, à Freibcrg

Total .

L'analyse a été faite par le Prof, en Saxo.

N". 101. Melaphyre de la côte de Leitimor, au nord-est du cap Nousaniwi. Séparée en formes sphériques et présentant des croûtes de verre, que l'on enleva avec soin avant de pulvériser l'échantillon.

Poids spécif. = 2.404.

Acide silicique .... zn 47.03

Oxyde d'aluminium . . =. 16.10

Oxyde de fer = 5.55

Oxydule de fer .... = 3.03

Oxyde de calcium . . . =i 9.60

Oxyde de magnésium . := 7.08

Oxyde de potassium . . = 0.98

Oxyde de sodium . . . = 3.79

Eau = 7.16

Total

Analysé par M. Franz Jaronski, de Kielce en Russie. La teneur en eau doit être mise sur le compte de la serpentine et de la chlorite de cette roche.

N*. 102. CroûU vitreuse foncée du mélaphyre

Poids spécif.

Acide silicique . . .

Acide titanique . . .

Oxyde d'aluminium .

Oxydule de fer . . .

Oxyde de calcium . .

Oxyde de magnésium

Oxyde de potassium .

Oxyde de sodium . .

Chlorure de sodium .

Acide sulfurique. . .

. :zz

Eau

Total . .

Analysée par M. Theodok Dôring, Assistent-Hûtteningenieur à Preiberg.

Cette croûte vitreuse a donc, en général, la même composition que le mélaphyre n°. 101 ; elle est seulement un peu plus acide et contient beaucoup moins d'eau, parce que les minéraux du verre sont encore très frais.

N**. 102*. Produit de d/fcomposition jaune du verre n*. 102.

Poids spécif. = 2.258.

Acide silicique . . . . = 40.00

Acide titani(j[ue . . . . =z: 1.65

Oxyde d'aluminium . = 15.53

Oxyde de fer j= 8.54

Oxydule de fer .... = 1.27

Oxyde de calcium . . . := 7.76

Oxyde de magnésium. . = 0.58

Oxyde de potassium . . = 3.39

Oxyde de sodium . . . = 3.97

Acide carbonique . . = 3.37

Eau = 19.44

Total .

La matière se décompose en grande partie par l'acide chlorhydrique. Analysé par M. Theodor Doring, Assistent-Hûtteningenieur à Freiberg.

N^. 108. M(flaphyre de Tandjoung Nousanîwi, couche supérieure, sans croûtes vitreuses.

Poids spécif. = 2.576

Acide silicique . . . . = 48.48

Oxyde d'aluminium . . = 15.68

Oxyde de fer = 4.13

Oxydule de fer .... = 3.29

Oxyde de calcium . . . := 11.00

Oxyde de magnésium. . = 7.17

Oxyde de potassium . . := 0.63

Oxyde de sodium . . . = 3.55

Eau = 6.05

Total

Analysé par M. Johann Sigismund von Winarski, à Jekaterinoslaw, en Russie.

La composition ne diffcTC que fort peu de celle du mélaphyre n® 101. Ici encore la teneur en eau doit être attribuée en grande ]>artie aux produits de décomposition de Polivine et du pyroxène.

N°, 108d. MéUvphyre du Gounoung Kërbau, à Hitou, avec quartz et cordiérite fondus dans la roche et provenant de roches plus anciennes.

Poids spécif. =: 2.596 Acide silicique . .

Oxyde d'aluminium Oxvde de fer. . .

Oxydule de fer . .

Oxyde de calcium .

Oxyde de magnésium.

Oxyde de potassium Oxyde de sodium .

Acide phosphorique Eau

Total

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