Amatkaryo, fusilier indigène, rég. matr. n
6 Orientaux étrangers, dont deux enfants (filles) du capitaine des Chinois.
41 Ambonais.
65(*) autres indigènes (Binoungkounais, etc.).
12 prisonniers.
7 femmes de soldats et enfants.
Ensemble 141 personnes.
Les personnes mentionnées sous les no». 3 à 6 ont péri par l'effondrement de la caserne d'artillerie n**. 14, bâtie en pierres, et qui avait de plus une toiture en tuiles. De Rooy y fut blessé si grièvement qu'il est mort à bord de l'-Arend», un bateau à vapeur de l'Etat, en route pour Makasser. Le fusilier Einogg est mort de saisissement. Les orientaux étrangers ont été ensevelis sous les murs en pierre du quartier des Chinois ; la plupart des indigènes, sous les lourds piliers en pierre des hangars du marché n°. 40; les femmes et les enfants de soldats ont trouvé la mort par l'effondrement du hangar des femmes nO. 24, qui avait une toiture de tuiles en pierre; et les prisonniers, par la démolition de la prison, bâtie aussi en pien'es. Les bâtiments en bais, et ceux qui avaient été construits en matériaux légers, suivant la construction dite -regelbouw», sont restés la plupart en bon état; et même, lorsqu'ils se sont renversés, ils n'ont pas causé mort d'homme.
Heureusement, le nombre des victimes de ce tremblement déterre très, violent était relativement minime ; à cause des nombreux édifices en pierres qui existent à Ambon, il aurait certainement été bien plus grand si la commotion ne s'était pas produite à une heure aussi favorable de la journée. Comme nous l'avons dit, les écoles étaient vides; le dîner n'avait pas encore été pris, de sorte que personne ne s'était encore couché pour la sieste. Si la catastrophe avait eu lieu pendant la nuit, le nombre des personnes qui y auraient perdu la vie aurait été peut-être vingt fois plus grand.
On ne connaît pas exactement le nombre des blessés, il est évalué à 300.
(1) Il y a une présomption fondée que ce chiffre est trop élevé. Quelques Binoungkounaii, signalés comme „disparus'\ paraissent avoir quitté l'île déjà avant le tremblement de terre.
Les d/gâts aux propriétés particulih'es sont estimés à 800 000 fl. ; ceux qu'ont subis les édifices du gouvernement sont bien plus considérables.
LfOrs de mon enquête au sujet des causes et des conséquences de ce tremblement de terre, on m'a posé la question s'il ne serait pas prudent d'abandonner Ambon comme siège de l'administration. Après mûre réflexion, j'ai dû répondre négativement, et cette réponse était basée sur les considérations suivantes.
D'abord, bien qu'elle soit sujette aux tremblements de terre, la ville d'Ambon offre de très grands avantages. C'est une localité particulièrement salubre; elle possède une eau potable excellente, provenant du granité ou du gravier graniticjue (juaternaire, et elle offre un assez bon mouillage pour les b/lteaux. Le danger de victimes humaines à la suite des grands tremblement43 de terre futurs peut-être réduit à un minimum, si on renonce aux bâtiments et aux murs en pierre. Si j'ai donc conseillé de conserver Anibon comme chef-lieu de la province, c'est sous la réserve expresse (|ue tous les édifices du gouvernement, même les casernes, fussent reconstruits en matériaux légers, suivant le mode dont nous avons déjà parlé plus d'une fois; et que l'administration locale insistât auprès des Européens et des Chinois de ne plus construire dorénavant de maisons en pierre et de les recouvrir autant que possible d'une toiture légère en atap ou en plaques minces de fer galvanisé «voir mémoire n°. 41, pp. 26 à 28).
Lors de mon voyage à Ambon en 1904, j'ai constaté (|ue, dans la reconstruction des b.^timentM, on a effectivement tenu compte de mes recommandations Des habitations fortement lézardées, un petit nombre seulement étaient encore debout; la plupart étaient abandonnées, une seule était encore habitée. Il cnt il espérer que ces édifices dangereux seront aussi bientôt démolis.
D'ailleurs, le déplacement du siège de l'administration aurait eu de graves inconvénients; car d'abord, il n'existe pas dans toute l'île un terrain convenable pour une localité aussi grande. Banda ne pouvait venir en ligne de compte, car elle a également à souffrir de cominotions terrestres et marines. On avait recommandé la localité Amahei, à CVram, située à la baie d'Elpapouti, comme un endroit particulièrement favorable; mais on a dû y renoncer complètement, surtout î\ cause de l'absence d'eaux courantes suffisantes, de l'état
sanitaire peu avantageux, et de la constitution du sol d'Amahei, formé de matériaux meubles (jui s'élèvent à peine de quelques mètres au-dessus du niveau de la mer; par suite d'un mouvement sismique de la mer, la langue de terre à l'ouest de la plaine d'Amahei «pourrait donc bien être un jour submergée, et alors le terrain plus large, situé à l'est, éprouverait indubitablement aussi de très grands dégâts»* (voir mémoire n°. 41, p. 35).
Voilà ce que j'ai écrit le 4 mai 1898; 17 mois plus tard, le 30 septembre 1899, une grande partie d'Amahei a été inondée par une onde sismique venant de Céram, et 350 personnes ont été noyées!