A AMBON
(Figures 58 de rannexe m et 54 à 56 de Tannexe IV. Figures 67 à 72 d'après des photographies, daus le texte.)
Carte u". IV.
On ne connaît que peu de chose des nombreux tremblements de terre qui ont eu lieu à Ambon à des époques reculées; ce n'est que sur les violentes commotions, qui ont été accompagnées de la dévastation des localités habitées par les Européens, que Ton possède des rapports quelque peu détaillés, qui permettent de déduire la direction de ces secousses.
Ces rapports m'ont appris qu'il faut distinguer à Ambon deux espèces de tremblements de terre; dans la première, les secousses sont dirigées sensiblement du nord-est au sud-ouest, dans la seconde, les commotions ont une direction à peu près perpendiculaire à la première.
Les premièrea secousses ne sont généralement pas très fortes à Ambon ; elles ont leur origine i\ Haroukou, Saparoua ou Céram, et ne se manifestent à Ambon (jue par des ondulations faibles; on ne mention ne des dégfits importants au chef-lieu que pour une seule de ces commotions. Au contraire, les secondes sont beaucoup plus énergiques; le centre des mouvements paraît se trouver tout près de l'île, et la propagation des oscillations a lieu suivant un plan, transversal à la direction longitudinale d' Ambon.
Qu'il me soit permis de présenter tout d'abord quelques considérations générales sur les méthodes employées pour déterminer la direction des tremblements de terre et sur les différentes observations que l'on peut faire lors de ces commotions. Je m'occuperai ici exclusivement des Indes Néerlandaises où, sauf à Batavia, il n'existe nulle part des instruments pour observer les ébranlements sismiques.
Si l'on place sur une table, reposant sur un seul pied, quelques objets longs et étroits, p. ex. des flacons à eau de Cologne oblongs ou d'autres objets pareils, et que l'on donne un grand coup au pied de cette table, la plupart de ces corps tombent en sens inverse du choc; d'autres, plus pesants, se mettent à vaciller et, à une nouvelle secousse, ils tombent soit en sens inverse du choc^ soit dans le sens même ; mais, dans les deux cas, dans le plan vertical où ce choc s'est produit. Si donc plusieurs objets sont tombés p. ex. vers l'ouest, on sait que le choc ne venait ni du nord ni du sud, mais que la direction de l'ébranlement se trouvait dans un plan dirigé ouest-est; souvent il est impossible de constater si le choc était dirigé de l'ouest à l'est, ou bien de l'est à l'ouest. Mais, après un violent tremblement de terre, la plupart des objets sont certainement tombés à V encontre du choc; et de plus, ces commotions sont presque toujours accompagnées de bruits^ qui précèdent immédiatement la secousse et qui renseignent sur la direction où se trouve le foyer. D'autre part, la direction de la secousse peut-être bien constatée quand on peut déterminer le sens des oscillations d'objets librement suspendus, tels que des lampes à suspension, ce qui cependant n'est possible qu'exceptionnellement après cessation du phénomène.
Dans les tremblements de terre volcaniques, l'ébranlement part d'ordinaire d'un seul point, et les points situés dans le voisinage sont, en règle générale, atteints plus tôt ou plus tard par la commotion, suivant qu'ils sont plus ou moins rapprochés de ce centre.
Au contraire, dans les tremblements de terre tectoniques — et ce sont les seuls auxquels nous ayons afUiire à Ambon, euégardàTabsence de volcans — les mouvements émanent le plus souvent de plusieurs points, ou d'un plan, car ils sont la conséquence d'afiaissements et de dislocations le long de failles. Dans ce cas, des points différents de la surface, qui se trouvent dans le plan du choc, peuvent être atteints simultanément, soit verticalement, soit sous un certain angle, selon qu'ils sont situés verticalement au-dessus des centres du mouvement ou bien à côté. D'après la direction et la violence de l'ébranlement, le mouvement sera perçu à la surface, dans ce dernier cas, comme un choc vertical ou horizontal. Pour des chocs à peu près verticaux, le mouvement sera essentiellement vertical ;
s'ils ont une faible inclinaison, le mouvement sera surtout horizontal; mais, comme dans les deux cas la force dirigée obliquement peut être décomposée en une composante verticale et une autre horizontale, dans les violents tremblements de terre tectoniques, lesc^^tio; mouvements se manifesteront généralement ensemble, et tel a été nettement le cas à Ambon, dans la commotion de janvier 1898.
Dans divers tremblement de terre on a observé dans les monuments des mouvements rotatoires, ou des déplacements de la partie supérieure relativement au pied; ce que quelques auteurs ont attribué à des mouvements excentriques. Sans vouloir contredire en général cette opinion, je dois déjà faire observer qu'en 1898 on a constaté à Ambon aussi un pareil déplacement rotatoire, que Ton doit cependant interpréter tout autrement, notamment par la forme même de la tête du monument, qui tend à prendre une position d'équilibre par rapport au plan dans lequel le mouvement a lieu. Nous revenons plus loin sur ce fait.
Au sujet de la vitesse de propagation des secousses, on ne doit guère s'attendre, en général, à trouver des données pour les tremblements de terre de l'Inde, parce que ces déterminations exigent des observations de temps très précises, et que dans l'Inde les horloges diffèrent assez souvent de plusieurs minutes, surtout dans les îles, telles qu' Ambon, qui ne sont pas encore reliées télégraphiquement avec Batavia.
Dans la liste suivante, j'ai réuni tous les tremblements de terre qui me sont connus par la bibliographie. Les sources sont les mêmes que celles que j'ai mentionnées dans ma liste des tremblements et éruptions à Banda, dans le «Jaarboek van het Mijnwezen in Nederlandsch Oost-Indië 1900, p. 17», ce sont: Valentijn. Beschrijving van Oud- en Nieuw Oost-Indiën, deel II en III; le Maandelijksche Nederlanthche Mercurius, 1764, 1766, 1774 et 1778; les Nederlandsche Jaarboeken 1765; les Nieuwe Nederlandsche Jaarboeken 1766 et 1767; JuNGHUHN. Chronologisch Overzicht der Aardbevingen en uitbarstingen van vulkanen in Nederlandsch Indië. Tijdschrift voor Nederlandsch Indië, Vnde Jaargang, Iste deel 1845, blz. 30—68; le Natuurkundig Tijdschrift voor Nederlandsch Indv'^ depuis la 1^ année 1850 (imprimée en 1851) jusqu'à ce jour; et quelc^ues données disséminc'es dans divers autres écrits.
Liste des tremblements de terre et de mer observés à Ambon.
1G29. Un tremblement de terre et de mer qui a eu lieu à Banda, et qui, d'après Valentun II, 2, p. 80, s'est fait sentir aussi, mais faiblement^ à Ambon.
1644. Commotion assez forte, le 12 mai, depuis le matin jusqu'à 8 heures du soir, «la plus violente que, de mémoire d'homme, on eût observée dans cette province; elle était accompagnée de pluie, de tonnerre et d'éclairs; elle dura toute la nuit. Des murs se sont lézardés dans la maison du gouverneur». Valentun II, 2, p. 145.
id. 17 mai. Encore un tremblement de terre, dans lequel «les deux façades de la maison du gouverneur se sont écroulés. De 8 à 10 jours, le sol ne fut pas en repos.» Il n'y eut pas mort d'homme, mais le 17 «beaucoup de constructions s'effondrèrent, un soldat périt et un enfant d'esclave eut la jambe cassée.» Cette commotion fut ressentie aussi à Houamoual (Valentun écrit Hoewamohel), mais plus faiblement. Valentun II, 2, p. 146.
1648. 29 février Violente commotion «qui ne causa toutefois aucun dégât, bien qu'elle arrivât avec grand bruit». Valentun II, 2, p. 155.
1671. Entre le 17 et le 18 octobre. Principalement à Saparoua. Légèrement à Ambon.
1673. 12 juin.(')
1674. 17 février. Commotion très forte. Pour celle-ci et les deux précédentes, voir Valentun II, 2, pp. 230 à 237.
1683? JuNGHUHN (Java, édition allemande, II pp. 838 et 920) signale dans cette année un tremblement de terre à Ambon. D'après Valentun (Banda, III, II, 2, p. 17) il y a bien eu un tremblement de terre à Banda, mais pas à Ambon.
1687. 19 février. Violente commotion. Valentun II, 2, p. 248. Les secousses ont duré jusqu'au 4 avril 1687.
Q) WiCBMANN (89, p. S et p. 2 note 8} donne par erreur le 12 juillet.
1689? JuNGHUHN, dans Overzicht p. 36, rapporte cette année et la date du 19 janvier d'après Valentijn ; ce sera sans doute une faute d'impression, au lieu de 1687, car pour 1689 Valentijn ne fiiit mention d'aucun tremblement de terre à Ambon; et il ne parle pas de février, mais dit seulement «le 19 du mois suivant* (c'est-à-dire le mois qui a suivi le violent incendie à Ambon du 11 janvier 1687).
1705. En octobre «il y eut ici aussi divers tremblements de terre, les plus violents qu'on eût observés de longtemps, et ressentis principalement à Houwamohel et à Hitou». Valentun II, 2, p. 261. W. FuNNELL aussi rapporte un tremblement de terre î\ Ambon, qui a duré deux jours, dans la description de son voyage avec Dampier, à la mer du Sud, en 1705 (Wallace, The Malay Archipelago, 1869, I, p. 460).
1708. 28 novembre, le soir entre 10 et 11 heures, crue des eaux à Ambon, mais sans tremblement de terre. Valentun II, 2, p. 271.
1710. 15 au 17 février. «Le 15 février 1710, au matin, il s'est produit ici un violent tremblement de terre, consistant en 3 secousses; de même le 16, encore le matin, à 4 heures, ainsi que le 17, où il y en eut deux, à midi, suivis encore de deux autres. Le 16, le sol n'est pas demeuré en repos îlHaroukou». Valentijn II, 2, p. 275. Il paraît donc que ce fut un tremblement de terre venant du côté de Haroukou.
1711. «Le 5 septembre, la nuit, entre 10 et 11 heures, il y a eu un soulèvement de la mer comme il y en a eu encore un de mon temps; mais cette fois il a duré jusqu'à huit heures et demie du matin. En une demi heure, les eaux se sont trois fois soulevées et abaissées très rapidement de 4 pieds; deux maisons ont été emportées à Hâtive et 2 enfants ont été noyés. Tous les puits de Mardheika étaient à sec. La hauteur était la plus plus forte au côté sud de l'anse; les effets se sont pourtant fait sentir aussi aux trois maisons (Roumah tiga, Verb.), mais non à Poka.»
«On apprit encore que le même jour il y eut un violent tremblement de terre à Orna (Haroukou, Verb.), et au même moment où les eaux ont commencé à monter ici. U y eut
aussi un tremblement de terre à Honinioa (Saparoua, Verb.) et à Noussalaout, et les eaux s'élevèrent aussi autour de ces deux îles, ainsi qu'à Oma (13 à 14 fois) et à l'isthme de Baguwala.» • Peu après, on apprit encore qu'à la même heure il y avait eu un violent tremblement de terre à Banda, qui avait été indubitablement la cause principale de cette crue des eaux.» Valentijn II, 2, p. 280. Ce fut donc là encore un mouvement sismique venant de l'est, de Haroukou ou de Banda. Il ne paraît pas y avoir eu un tremblement de terre effectif à Ambon.
1754. 18 août. Violent tremblement de terre, fort surtout à Haroukou. De nombreuses secousses, moins fortes, se sont fait ressentir durant tout le mois d'août et même jusqu'au 10 septembre. Le mouvement venait encore de Test, ainsi que nous le verrons plus en détail ci-après Nederlandsche Jaerboeken. Negende Deels, Tweede Stuk. Te Amsteldam, 1755, pp. 814 à 831. Pour cette commotion Junghuhn, dans son Chronologisch Overzicht (Tijdschr. v. Nederlandsch Indië Vil, I, p. 36), cite Valentijn comme source, ce qui n'est évidemment pas exact, car Valentijn a quitté Ambon en 1712, et son grand ouvrage, Beschrijving van Oud- en Nieuw Oost-Indiën, a paru de 1724 à 1726 (').
1777. Dimanche 30 mars (lerjour de Pâques), à 9 '/j h. du matin, différentes secousses assez vives, accompagnées de bruits venant du nord-ouest. Pas de victimes. Des ébranlements plus faibles ont suivi jusqu'au 9 j uin. Maandelijksche Nederlandsche Mercurius XLIV, 1778, p. 205. A proximité de Liliboï il s'est formé dans le sol, à la suite d'une des commotions, une crevasse de 12 pieds de long et tellement profonde qu'on n'en put trouver le fond(?). A Alang, un quartier de roc de 4 toises de long et 2 toises de large tomba à la mer; et de la montagne de grandes masses de pierres sont tombées dans la vallée.
1781. Mentionné par Junghuhn, qui cite de nouveau à tort Valentlfn comme source ; mentionné aussi incidemment dans une lettre
(1) Valentijn est parti d'Ambon, en mai 1712, par le navire Ouwerkerk; le 8 juin il arrivait à Batavia ,,où il ne débarqua que le 12 de ce mois, un dimanche, parce que les 863.000 livres de girofles, que le navire contenait, devaient ôtre d'abord déchargées'*! Valentijn II, 2, p. 281.
ofl&cielle du gouverneur des îles Moluques A. A. Ellinqhuysen, du 4 novembre 1836, par laquelle il fait savoir (jue, d'après les rapports des plus anciens habitants d'Ambon, le tremblement de terre de 1835 était beaucoup plus violent que ceux de 1781 et de 1880.
C'est peut-être le môme tremblement de terre que celui dont parle Labillardière, quand il communique que, 12 ans avant son arrivée à Ambon, en 1792, il s'était produit dans cette île un tremblement de terre. Mais, comme je ne trouve nulle part mention d'un tel phénomène en 1780, je suppose qu'on devra lire 11 ans au lieu de 12. M. Labillardière. Relation du voyage à la recherche de la Pérouse, Tome I, Paris, An Vni, édition in 4°, p. 324.
1816. JuNGHUHN (Java, édition allemande H, pp. 826, 839 et 923) parle d'un tremblement de terre A, Ambon, dans lequel le sol s'ouvrit en divers endroits et vomit de l'eau, et qui accompagna la violente éruption du Tamboro à Soumbawa; il cite comme source: Rapfles. History of Java I, p. 25. Toutefois, dans la description que cet auteur donne de Téruption du Tamboro, il n'est question nulle part d'Ambon.
D'après Wichmann (Tijdschrift van het Koninklijk Nederlandsch Aardrijkskundig Genootschap, XV, 1898, p. 18) la source est : G. A. Stewart. Description of a volcanic éruption in the Island of Sumbavva. The Edinburg Philos. Journ. 1820, in, p. 392; il y est fait mention d'un violent tremblement de terre à Ambon le 11 ou le 12 avril 1815, pendant lequel de l'eau jaillit d'une crevasse dans le sol.
1828. 19 octobre. Lesson. Voyage autour du monde sur la corvette la Coquille. (Trésor historique et littéraire) Bruxelles 1839, m, p. 164.
Les rapports qui suivent sont empruntés pour la plupart au Natuurk. Tijdschrift voor Ned. Indië.
1830. 28 mars, 10 heures du matin; mouvement horizontal de l'est à l'ouest, assez violent; quelques maisons se sont écroulées. De petits mouvements ont continué jusqu'au 7 avril 1830.
1835. 1 novembre, à 3 h. du matin. Violent tremblement de terre,
dont il est question dans deux lettres du gouverneur Etxinq- HUYSEN, que nous citerons plus loin, et dans un rapport du 1er lieutenant Janssen dans «de Oosterling», nide jaarg., le stuk, p. 135. Les mouvements ont duré jusqu'à la fin de l'année.
1886. Dans cette annoe on a ressenti des secousses à diverses reprises, principalement du 22 au 25 février, le 3 septembre, et violentes le 16 septembre. ^Dc Oosterling", nide jaarg., le stuk, p. 139. Communication de Janssen.
1837. Le 21 janvier, îI 9 h. du soif. Violent à Haroukou, Saparoua et Nousa laut. Ressenti aussi dans toute l'île d'Ambon, «Konsten Letterbode» 1837, II, p. 207.
1841. 16 décembre, à 2 h. du matin. Faible commotion; i/^ d'heure plus tard tremblement de mer; l'eau monta de 4 il 5 pieds au-dessus de son niveau le plus élevé. A Bourou, entre 1 et 2 h. du matin, tremblement de terre plus violent qu'à Ambon; et à Aniblau forte commotion de la mer. Il n'est pas impossible que pour Ambon le mouvement fût venu de l'ouest.
1843. 18 janvier, 18 février, 15 mars, 14 avril, 15 mai, 3 et 8 août, 16 septembre.
1846. 20 juillet, dans l'après-midi, entre 1'/, et 2 h. et le 21 juillet, de 6Vj à 7 h. du soir. Secousses venant de l'est
1849. 28 mai, le soir. Ce fut un tremblement de terre à Saparoua, (^ui s'est propagé faiblement jusqu'à Ambon.
1860. 18 et 20 mars. (Junghuhn, Java II, p. 839, édition allemande), 7/8 (la nuit du 7 au 8) octobre. Et le 8 octobre, à 11'/, h. du matin, une secousse violente.
1861. 4 février, 7 et 24 juillet, 18 octobre, 20 novembre à 11 h. 55 m. du soir.
1862. 26 novembre. Rien qu'un faible mouvement ondulatoire, mais de longue durée, à 7 h. du matin. Il a duré 3Vj minutes et fut suivi, à 8 h. 35 m. d'une commotion très sensible de la mer. Les tremblements sur terre et sur mer furent très violents à Banda, ainsi qu'à Céram et à Saparoua, et se sont même fait sentir à Bourou, Batjan et Ternate. Dr. J. Hartzfeld. Militair summier ziekenrapport van Amboina over de jaren 1851 en 1852. Geneeskundig Tijdschrift voor Nederlandsch-
Indië III, 1864, p. 249, On a probablement aflFaire ici à un tremblement de terre tectonique, venant de Céram. 1858. 12 avril, à 4 h. 10 m. du matin, direction est-ouest; 13 et 16 avril; 30/31 décembre.
1854. 18 et 24 novembre.
1855. 12 mai, 5 octobre, 4 décembre.
1856. 10 mai.
1867. 8 février, 13 mai (tremblement de mer).
1858. 23 octobre, 9 novembre.
1859. Pas de tremblements de terre.
1860. 27 mai.
1861. 29 décembre. Léger tremblement de terre? Probablement des vibrations aériennes dues à l'éruption qui eut lieu à Makian, car à cette date, et aussi le 30 décembre, on a entendu des bruits violents, comme des coups de canon, venant du nordnord-ouest (Verb.).
1862. 17 octobre, 17 et 25 novembre.
1868. Aucun tremblement de terre.
1864. 22/23 mai, 26 mai; 6, 7 et 18 septembre, 2 octobre.
1866. 1 et 28 janvier; 23 et 30 juillet; 29 août; 13, 22 et 23 décembre.
1866. 5 janvier.
1867. 21 mai, 20 décembre.
1868. 13 janvier.
1869. Pas de tremblements de terre.
1870. 13 février, 30 décembre. La dernière commotion s'est fait sentir aussi à Hila, Saparoua, Amahei et Bourou.
1871. Aucune commotion.
1872. 11 avril.
1878. 2 mars, 4 novembre.
1874. 25 mars.
1876. Pas de tremblement de terre; le 13 août, à Hila.
1876. 11 avril; 28 mai (aussi à Hila), et à Bourou violentes commotions sur terre et sur mer; 27 et 28 juillet; 13 octobre.
1877. 6 juin (dans la nuit du 5 au 6 juin, à 12 h. 15 m.). De Banda on rapporte une secousse dans la nuit du 6 au 7 juin, à 12 h. 20 m. Ces heures sensiblement concordantes font pressentir qu'il s'agit
ici de la même secousse, et que la date 6/7 est fautive (voir Javasche Courant 1877, nos. 56 et 78).
1878. 9 et 16 juin; 5 juillet; 17 et 18 octobre; 9 décembre.
1879. 22 mars; 2, 10 et 11 décembre.
1880. Pas de commotions.
1881. 18 janvier.
1882. 21 septembre, 10 octobre. L'un et l'autre aussi à Banda.
1883. 15 août, 26 novembre.
1884. 12 et 24 mars, 10 décembre.
1885. 30 mars, 2 avril et 30 avril; le dernier a été ressenti aussi à Banda et à Temate ; 1, 17, 22 et 29 mai (secousses presque quotidiennes du 15 au 31 mai); 11 juin, 15 octobre, 9 décembre.
1886. 29 et 30 juillet, 4 août, 18 septembre et 12 décembre.
1887. 7 février, 18 juin, 8 et 15 juiUet.
1888. Pas de commotions.
1889. 17 novembre.
1890. 24 décembre.
1891. 22 février et 10 août.
1892. 12 avril, 4 juin, 30 et 31 octobre. Ce dernier à midi; n'est donc pas celui qui eut lieu à Banda, le 31 octobre à 9 h. 30 m. du matin. 18 novembre et 24 décembre.
1893. 20 avril, 27 août.
1894. 9 et 12 juin, 4 septembre.
1896. Pas de tremblements de terre.
1896. 2 janvier, 12 avril, 10 novembre et 17 décembre.
1897. 28 octobre.
1898. 6 janvier, à 1'/* b. de l'après midi. Tremblement de terre très violent. Dans ce mois, du 6 au 31, il y eut des secousses presque quotidiennes, qui, en comparaison du choc principal, étaient toutes très faibles et n'ont pas causé de dégâts. Le choc du 22 janvier, à 7 h. 15 m. du soir, a seul fait tomber quelciues pierres des murs déjà lézardés de l'hôpital. D'après les observations qui ont été faites, du 22 janvier à fin mai, par le personnel de l'hôpital et qui m'ont été communiquées par le lieutenant-colonel J. A. B. Masthoff, on a ressenti des secousses aux dates qui suivent. Je n'ai pas regardé comme
tremblements de terre ce qui figure dans le rapport sous le nom de «gerommel en dreuningen» (bruits sourds et trépidations), mais je l'ai considéré comme des ébranlements de l'air dus à un tonnerre éloigné; il est possible cependant qu'il y ait eu aussi de légers tremblements du sol.
Janvier. Du 6 au 21, tous les jours, d'après les habitants d'Ambon.
Janvier. Du 22 au 31 ; journellement, à l'exception des 23, 24 et 29 janvier, dates auxquelles on n'a pas ressenti de secousses sensibles; des roulements souterrains sont signalés le 24, D y a donc eu des commotions dans 23 jours, en janvier.
Février. Du 1 au 28. Pas de tremblement de terre les 2, 6, 9, 10, 13, 15, 21, 23, 25 et 26 de ce mois; le restant du mois, journellement. Donc 18 jours de commotions.
Mars. Du 1 au 31. Tremblements les 5, 6, 7, 8, 14, 16, 17, 18, 19, 24, 25, 26 et 30; donc dans 18 jours.
Avril. Du 1 au 30. Seulement le 4 et le 5 (le matin îl 5 h. 25 m., la seule commotion que j'aie observée moi-même au chef-lieu entre le 14 mars et le 28 mai, et qui fut très faible), les 10, 12, 13, 19, 20, 24, 27 avril; donc dans 9 jours.
Mai. Du ] au 31. Du 1 au 29 mai, rien. Le matin du 30 mai, à 12 h. 25 m. (nuit du 29 au 30) 3 secousses; les deux premières étaient faibles et de courte durée; la troisième, encore plus faible.
Juin. Du 1 au 30. Rien.
Juillet. Du 1 au 22. Rien.
Juillet. 23. A 11 h. 14 m. du matin une secousse sensible, mais faible. Cette commotion n'appartient plus au tremblement de terre de janvier; les mouvements qui étaient la consécjuence de la forte commotion du 6 janvier ont pris fin le 27 avril, donc environ 4 mois après le choc principal.
Après le 23 juillet, on ne mentionne plus qu'une seule secousse à Ambon pour le reste de l'année 1898, notamment le 21 novembre; elle a été ressentie aussi à Saparoua, et elle y a produit quelques dégâts en crevassant les murs de la prison.
1899. 11 et 13 février; 16 mars; 21 et 22 avril; 14 et 15 juillet; 9 août; 30 septembre (c'est là le grand tremblement de terre
et de mer de Céram, qui s'est fait sentir aussi à Ternate et à Banda); 7 et 24 octobre (le dernier aussi à Banda); 5 novembre; 5 décembre.
1900. 24 octobre et 10 novembre.
1901. 11 février, 20 mars.
1902. 24 février.
1903. 13 octobre.
Parmi les secousses que nous venons d'énumérer, il y en a quelquesunes qui ont été ressenties simultanément à Ambon et à Banda. Ce sont les suivantes:
Août 1629 (violente à Banda, faible à Ambon).
17 février 1674 (violente à Ambon, très faible à Banda).
*26 novembre 1852 (violente à Banda, faible à Ambon).
(?) 6 juin 1877 (pas trop certain, car les dates ne correspondent pas).
21 septembre 1882.
10 octobre 1882.
*30 avril 1886.
*30 septembre 1899.
24 octobre 1899.
Ensemble 9 tremblements de terre, dont 3, marqués d'un *, ont été ressentis en même temps à Ternate, et dont le foyer était probablement à Céram. En laissant de côté la secousse un peu douteuse du 6 juin 1877, il n'y a, parmi les 250 secousses ressenties à Ambon et dans plus de 350 pour Banda, pas plus de 5 commotions communes aux deux îles, chiffre qui certes est d'une insignifiance imprévue. L'indépendance des secousses dans ces deux îles se manifeste encore plus clairement quand on considère les violenta tremblements de terre qui suivent, lesquels n'ont été ressentis cjuc dans l'une des îles ou qui ne l'ont été que faiblement dans l'autre:
12 et 17 mai 1644. Violent à Ambon, non ressenti à Banda.
17 février 1674. Violent à Ambon, faible à Banda.
18 août 1754. Violent à Ambon, nul à Banda.
1 novembre 1835. Violent à Ambon, très faible à Banda.
23 novembre 1890. Violent à Banda, nul à Ambon. 6 janvier 1898. Très violent à Ambon, non ressenti ou ressenti à peine à Banda.
Les années qui suivent se caractérisent par des secousses particulièrement nombreuses dans l'une des îles, mais qui n'ont presque jamais été ressenties dans les deux à la fois.
Ambon. Banda,
25 8ecou8ses.
Cela montre une fois de plus <|ue, pour Ambon et pour Banda, nous avons affaire à deux centres d'activité tout-à-fait distincts. En laissant de côté les secousses tectoniques venues d'ailleurs, qui se sont propagées jusqu'à Banda, les commotions dans cette île sont produites par l'activité du volcan Gounoung Api, tandis (ju'à Ambon les tremblements de terre sont de nature exclusivement tectonique. Sur les 5 tremblements de terre les plus violents, ceux des années 1644, 1674, 1687, 1754 et 1835, nous possédons des notions quelque peu étendues, dont nous donnerons ici un extrait avant de pjisser à la description de la commotion de 1898, la plus violente de toutes.
Tremblement de terre des 12 et 17 mai 1644.
Nous avons sur ce phénomène un rapport de Valentijn, dans Ouden Nieuw Oost-Indiën II, 2, pp. 145 et 146; nous l'avons déjà communiqué en partie plus haut. Par la première secousse du 12 mai, les murs furent lézardés et ils s'écroulèrent au second choc, celui du 17 mai,
probablement plus fort. La montagne en arrière d'Ambon était crevassée en divers points, et les redoutes de Bagonala (c'est-à-dire Paso Vbrb.), Hila et Oma (Haroukou) avaient beaucoup souffert. La commotion fut ressentie aussi à Houamoual (Klein-Ceram), bien qu'elle y fût moins violente (lu'fl Ambon. Il n'y est pas fait mention de la direction des secousses; mais, comme Haroukou aussi avait été fort éprouvée, ce qui me paraît le plus vraisemblable, c'est que cette direction était de l'est à l'ouest. Il y eut un mort et un blessé.
Tremblement de terre du 17 au 18 octobre 1671.
Ce fut une violente commotion îl Saparoua, qui fut ressentie aussi à Haroukou, î\ Paso et au chef-lieu Ambon. Valentltn II, 2, p. 230, a fait à ce sujet la communication suivante: -Entre le 17 et le 18 octobre un fort tremblement de terre H Honimoa (Saparoua Verb ). Non seulement la redoute Velzen, à Hatouwana, fut renversée et la forteresse Hollandia i\ Sirisorri démantelée, mais même le terrain et les montagnes éprouvèrent en générai de grands dégAts parl'éboulement de divers fragments d'un poids incroyable, par les crevasses qui se sont formées dans le sol, etc. . . . La plage de Hatouwana s'était par suite affaissée de plus d'un pied; le récif qui se trouve en avant de la négorie de Papero, encore bien davantage .... Et cependant (bien (^u'on eût ressenti des secousses effroyables) il ne périt que peu de personnes (leur nombre n'a pas été relevé, soit par négligence, soit par ignorance). Depuis ce jour et cette heure, cette commotion a bien duré encore un mois à Honimoa; la terre n'était absolument pas en repos; puis elle a continué par intervalles toute l'année, et à la môme heure que les fortes secousses avaient lieu, elles furent ressenties aussi à l'île d'Oma : Haroukou Verb.), à l'isthme de Bagouala (Paso Verb.) et au fort Victoria (bien que moins violentes). La seule secousse importante au fort a eu lieu le 12 juin 1673, le soir vers 6 heures». Dans le tremblement de terre de 1671, l'ébranlement est donc venu de Saparoua et s'est dirigé par Haroukou vers Ambon; par conséquent, sa direction doit avoir été, pour Ambon, de l'est à l'ouest, bien (jue cette circonstance ne soit pas mentionnée d'une manière formelle.
Tremblement de terre du 12 juin 1673.
Celui-ci se rattache probablement aux précédents, car, après le mois d'octobre 1671, des secousses se sont fait sentir -pendant plus d'une année», mais par intervalles. D'après Valentijn H, 2, p. 230, il a eu lieu le soir i\ 6 heures environ; «alors on a observé diverses secousses violentes qui ont disloqué quelques-uns des murs intérieurs du fort et quelques autres bâtiments en pierre.»
Orand tremblement de terre du 17 février 1674 (').
Le récit de cette commotion vient, dans le travail de Valentijn, immédiatement après celui des deux précédentes, 1. c. II, 2, pp. 230 à 237 (d'après Leupe, ce récit proviendrait de Rumphius, bien que Valentijn n'en fasse pas mention. Voir P. A. Leupe, dans les Verhandelingen der Kon. Akademie van Wetenschappen, Afd. Natuurkunde, XII('), 1871, pp. 17 et 61. Néanmoins, dans aucun des documents anciens je n'ai pu trouver le nom de Rumphius comme auteur de ce récit). J'en fais suivre ici les parties les plus importantes
«Le samedi soir, entre huit heures et demie et huit heures, par un beau clair de lune et un temps calme, sans aucun bruit avant-
(1) II est fait pour la première fois brièvement mention de ce tremblement de terre dans une lettre adressée le 14» avril 1674) par le gouverneur d'Amboine, Aktom Hubdt, au gouverneur général à Batavia. Un deuxième rapport, plus étendu, figure dans une lettre du même au même, en date du 17 juin 1674>. Ces deux rapports ont été cités dans le „Dagh Register gehouden int Casteel Batavia" Anno 167+, pp. 121 et 122 et pp. 173 à 175" édité en 1902. Le deuxième rapport est assez étendu ; et il est probablement déjà un extrait du „Cort Verhaal etc.", bien détaillé cependant; ce dernier n'existe pas dans les Archives de l'Etat à la Haye, comme annexe à la lettre du 17 juin 1674. Il a été transmis d'Amboine à Batavia, par lettre du 18 septembre 1674, et il en existe une copie aux Archives de l'Etat. Le titre de cette pièce est: .,^Cort Verhaal ran de schrickehjcke aartbninqen eenuje^n tijdt kenvaarts en toornaementlijk op den 17 fehruary dezes jaars 1674 met (t ongehoorde watoflordl mitsyaders droeve onfjelucken ende iconderlijcke htjsonderheden ontrent deseke ten dirn dat/eti in d^eylanden van Amhoina toorgerallen^ g^lych sulcx in het daqreqister neefstiy en omstandiff aangeteeckent en daaniit getrocken is'\ Ce rapport a été imprimé aussi sous un titre un peu modifié: „Waeraclitig Verhael etc.". Gedruckt naer de Copye van Batavia, In 't Jaer onses Heeren 1765.
Aux Archives de l'Etat il existe aussi une copie du Dagregister van Amboinaover 1674.
On trouve toutes ces pièces dans Batavias Inkomend Briefboek 1675, Xo. 3 (s'occupant de 1674; et non dans le Briefboek de 1674, ainsi que le mentionne Wicbmann, 89 p. S, note 2).
Le récit de Valbntijn II, 2, pp. 280 à 237, est presque identique au „Cort Verhaal".
(S) Et non XIII, ainsi qu'il est imprimé par erreur sur le travail.
coureur, toute la province, savoir les régions de Leytimor, Hitou, Noussatelo, Céram, Bourou, Manipa, Amblauw, Kelang, Bonoa, Honimoa, Noussalaout, Oma et autres localités voisines (principalement les deux premières) ont été éprouvées par des secousses et un tremblement de terre si violents, que beaucoup de personnes croyaient que le grand jour du Seigneur était arrivé .... 75 des «petalcken» ou habitations des Chinois, ainsi qu'une grande maison, se sont écroulées dès la première secousse, qui était excessivement violente; sous les décombres furent ensevelies 79 personnes, parmi lesquelles la femme du Koopman (marchand-administrateur) Georgius Everhardus Rumphius, avec la plus jeune de ses filles et encore deux personnes de sa maison; puis, la veuve du secrétaire Johannes Ba.sting(1) et 4 autres Européens; en outre, 35 personnes furent grièvement blessées à la
tête, aux bras et aux jambes on entendait continuellement
un vacarme, analogue à des coups de canon, qui venait de loin, le plus souvent du nord et du nord-ouest (donc, un mouvement venant du nord Verb.) ; d'où Ton pouvait conclure suffisamment que quelques montagnes se déchiraient ou que des fragments s'en détachaient, ainsi qu'on a pu le constater au pointdu jour sur le terrain de Hitou, principalement aux montagnes de Wawani et de Ceyt. Le violent ébranlement a duré toute la nuit, de sorte qu'on n'avait pas une demi-heure de repos. Toutefois, les chocs les plus forts venaient d'en bas, comme si l'on heurtait nos pieds avec de grosses poutres. On pouvait aussi, en écoutant bien, entendre faiblement un clapotement des eaux souterraines (!j L'église malaise fut tout- à-fait disloquée; le pilier du sud avait dévié en dehors (ceci indique aussi
un choc venant du nord Verb.) La maçonnerie neuve non
encore parfaitement sèche du fort, était renversée depuis l'entrée principale juscju'îl la cambuse de l'administrateur en chef ; les cheminées avaient percé le toit; quelques-unes avaient culbuté par dessus le toit . . . . La maison en pierre H !'■ Eléphant» (Batou gadjah Verb.), servant de buanderie, s'est aussi totalement écroulée; elle est devenue un amas de décombres; mais (grâce à Dieu , dans toutes ces ruines on n'a trouvé qu'une victime, une femme mise en prison pour adulte) Au Dagregister van het Easteel Victoria il y a „la veuve de TancieD Secrétaire du Couseil de Justice, Joannes Bastinck."
têre ; et même, personne n'a été blessé, sauf la petite fille du seigneur Gouverneur, qui, en s'enfuyant du fort, reçut une blessure latérale au front (le crâne était percé).»
■Dans les montagnes de Leytimor, ainsi qu'on Ta appris quelque temps après révèncraent, le tremblement de terre a été aussi ressenti très fortement. A Nakou, 7 maisons étaient démolies, et plusieurs grosses pierres, détachées de la montagne, ont passé en roulant à côté de quelques personnes, mais sans produire de dégâts .... La route entre Oma (faute d'impression : il faut Ema, car Oma est l'île d'Haroukou, et ici il est question du village d'Ema Vbrb.) et Soya (Soja di atas Verb.) était crevassée sur une étendue d'au moins 23 toises; en certains endroits cette crevasse avait 2 à 3 pieds de largeur, en d'autres elle était comme entaillée».
Vient ensuite le récit des événements à la côte nord de Hitou, où des courants de boue et une commotion de la mer ont occasionné beaucoup de désastres.
Au même moment que le tremblement de terre fut ressenti au fort, on le constata depuis Louhou jusqu'à Ceyt, c.-à-d. «'étendant du sud au nord: il fut suivi bientôt d'une épouvantable -montagne de mer» (comme on l'a appris plus tard de personnes dignes de foi) aux environs de oud- (vieux) Lebelehou (au-dessus de Saïd Verb.). Surgissant du sol elle s'éleva brusquement â pic, se porta un peu du côté de la mer, puis se sépara en 3 parties, dont 2 se sont dirigées vers l'intérieur de l'île et la 3<? vers la mer, enlevant sur leur passage, arbres, maisons, hommes, en un mot tout ce qu'elles rencontraient. Les dégâts causés à cette côte seront mentionnés plus loin; certainement 2243 personnes périrent, dont 31 Européens, ce qui fait avec les 79 qui précèdent un total de 2322 victimes».
La suite du récit fait voir qu'il y a eu non seulement des torrents de boue, mais un véritable tremblement de mer, par lequel le fond de la mer devint visible entre Noussatelo (les trois îles près d'Asiloulou) et Ourien (Ouring).
-A Noussatelo, l'eau s'était en un instant écoulée si loin du côté d'Ourien, (lu'on ne voyait plus que le fond, sur lequel on reconnaissait à peine encore un peu d'eau; puis, elle est revenue, et 3 fois de suite elle coula ainsi d'un côté â l'autre de la partie la plus basse de
Pîle, au centre de laquelle les vagues venaient s'entrechoquer avec violence .... A Hitoularaa, on estime que l'eau a monté de 10 pieds plus haut que d'habitude .... A Mamalo, environ 40 maisons de la négorie ont été emportées, mais aucun homme n'a péri .... Il est à présumer, que la montagne liquide dont nous venons de parler est sortie de dessous la localité mentionnée, oud-Lebelehou, ou du moins que l'eau est venue de la terre ferme même de Hitou, parce que plusieurs personnes qui se trouvaient dans des bateaux, à peu de distance du rivage, n'ont observé d'autre mouvement qu'une légère agitation. Cette colonne liquide, après s'être dirigée un instant vers la mer, s'est divisée en 3 parties; l'une est allée à l'est, vers Ceyt, une autre î\ l'ouest, vers Negri Lama et Ourien; la troisième a pris son cours directement vers la côte de Céram, ou du côté du cap «drooge rijst-hoek». Cette eau avait une si mauvaise odeur, que les gens qui se trouvaient dans des bateaux, à une faible distance de la côte, se sentaient mal à l'aise ou tombaient faibles; elle était si sale, que ceux qui y étaient tombés paraissaient sortir de la boue .... IjCS deux hautes montagnes de Wawani et de Manisau, en arrière de Ceyt, ont jeté dans les vallées voisines des fragments de roche tels, que le cours de la rivière qui coule entre les deux en a été bouché; il s'est formé ainsi en haut un lac intérieur qui, non sans danger, menace de se déchaîner un jour ou l'autre. La vague qui traversa le -drooge rijst-hoek», ou passa à côté de lui, causa aussi des dégfits à Klein-Ceram ou pays d'Houwamohel. La plage, à l'ouest du récif, fut changée en sable et un grand fragment du cap Way, du côté de l'est, fut englouti. La négorie près de la forteresse Overburjr, à Louhou, fut totalement emportée avec tous ses canots, car l'eau s'y éleva à un niveau qui dépassa de 3 brasses le niveau ordinaire».
11 est impossible d'attribuer cette dernière cata.strophe au torrent de boue venant de la rive opposée; elle doit avoir été produite par une commotion de la mer qui, ainsi que nous l'avons vu, a été ressentie aussi beaucoup plus î\ l'est, à Hitou lama (ît à Mamala, donc bien loin des torrents de boue de Saïd, et qui y a fait monter le niveau de la mer de 10 pieds.
«On a aussi ressenti les secousses il Bourou, à Amblauw et à Manipa,
à Kelang et à Bonoa; et à Manipa on a observé aussi le soulèvement des eaux .... Le tremblement de terre a été également violent à Oma, à Honimoa et à Noussalaout .... De Banda on reçut la nouvelle, que le même jour et à la même heure, aussi par un clair de lune et un temps calme, il y a eu quelques légères secousses et une faible crue des eaux; mais il n'y a pas eu de dégâts .... Le dimanche six mai, lorsque le phénomène avait déjà diminué pendant une quinzaine de jours, on a de nouveau ressenti 2 fortes commotions».
Telles sont les parties les plus importantes de ce rapport relativement détaillé. On y a quelque peu entremêlé les effets des torrents de boue et des commotions de hi mer; mais il montre clairement qu'on avait affaire à un tremblement de t^rre et de mer, et que le dernier s'est fait ressentir principalement à la côte du nord de Hitou ; mais il n'y est pas question d'un mouvement quelque peu important des eaux de la baie d'Ambon. Puis, on y voit encore que l'ébranlement venait du nord, et (jne les torrents de boue étaient produits par les eaux des rivières, qui, mélangées au sable et à l'argile provenant de l'éboulement des montagnes, sont descendues du flanc nord du Touna; l'une de ces rivières paraît même avoir été endiguée totalement pendant quelque temps, de manière à former un petit lac ou une mare bourbeuse. Mais à aucun endroit ce rapport ne donne lieu de croire à une éruption du Wawani ou d'une autre montagne d'Ambon, pendant la grande catastrophe de 1674.
Les dernières secousses dont il soit fait mention, ce sont celles du 6 mai 1674; elles sont donc arrivées 2 '/j mois après le choc principal.
Tremblement de terre du 19 février 1687.
H a été décrit par Valentijn, qui était venu à Ambon à peu près */^ d'année auparavant (') et qui, en qualité de témoin oculaire, rapporte ce qui suit (l.c. H, 2, p. 248): «Le 19 du mois suivant on a eu ici un tremblement de terre si violent (ju'on n'en avait pas ressenti de pareil depuis l'année 1674. Il commença un certain soir .... à peu près
(1) Valentijn est arrivé à Ambon le 30 avril 1686, avec la flûte Voorschoten (van Troostknburo de Bruijn. Biographisch Woordenboek van Oostindische Predikanten, pp. 430 et 437).
à six heures et demie De toute la journée on n'avait rien
ressenti qui pût faire croire à un tremblement de terre; mais j'avais à peine reconduit sa Seigneurie et Madame son épouse (le gouverneur Padbruqge et sa femme Verb.) qu'il arriva une forte secousse, et puis un mouvement si violent de la terre que je ne savais ce qu'il m'arrivait; car j'avais vraiment des nausées, comme une personne atteinte du mal de mer; je voyais et je sentais audessous de moi le sol s'élever et s'abaisser comme les vagues de la mer; et le mouvement était si violent, que les branches des arbres de la route, près de notre habitation, se recourbaient jusqu'à terre. C'était effrayant à voir, et personne ne pouvait se tenir sur ses jambes; tout le monde était obligé de s'asseoir par terre pour ne pas
tomber Le premier choc et les secousses suivantes ont bien
duré un quart d'heure; mais vers huit heures et demie, il survint un nouveau choc si violent, suivi de mouvements si intenses, que nous n'avons pîis osé nous aventurer dans la maison de toute la
nuit Après cette date, nous avions tous les jours un léger
bercement, ou bien une faible commotion, qui ont continué jusqu'à l'arrivée de Monsieur Dirk de Haas (lequel parut ici le 4 avril avec le vaisseau Sumatra); de sorte que ce jour même il y eut encore un
tremblement de terre bien que je n'aie pas appris qu'il eût
causé d'autres dégâts que la chute de 4 ou 5 maisons dans la montagne et de nouvelles crevasses qui se sont produites dans les murs du fort.»
Tremblement de terre du 18 août 1754.
On trouve un rapport sur ce tremblement de terre dans le Dagverhaal van Amboina ten Kasteele Victoria, Anno 1754, réproduit dans les Nederlandsche Jaarboeken, Negende Deels Tweede Stuk, bdz. 814—831 Amsteldam 1755.
Ce rapport débute ainsi «Le dimanche 18 août il a plu à Jéhovah d'envoyer dans ce pays, l'après-midi un peu avant quatre heures, par un temps calme et un ciel serein, un tremblement de terre si violent, venant de Pest^ que de mémoire de personnes vieilles, et même d'un âge très avancé, on n'en avait jamais ressenti de pareil ; l'ébranlement fut si fort qu'il semblait que la terre allait être mise en
pièces avec tout ce qu'elle portait; ce qui fait que les personnes qui se trouvaient à l'église ou dans les maisons, ainsi que les militaires qui étaient au fort, devaient en toute hâte s'enfuir pour éviter le danger imminent de l'effondrement de ces lourds bâtiments.»
On a reconnu bientôt que ce mouvement venait en réalité de l'est, par les rapports reçus de l'île d'Haroukou, située à l'est d'Ambon, où la commotion a été la plus forte; le choc principal y a eu lieu à 3Vi h.; il fut suivi bientôt d'une crue des eaux de la mer; et entre le 18 et le 20 août on a ressenti 64 secousses, 38 du 21 au 23 août et 20 du 24 au 31 août ; ce qui fait ensemble 122 secousses ; le 7 septembre, de grand matin, il survint encore une secousse, presqu 'aussi violente que le choc principal du 18 août, accompagnée aussi d'une élévation des eaux. Les piliers du hangar du marché, à Ambon, n'étaient pas couchés vers le nord ou le sud, mais vers l'ouest. Le rapport dit à ce sujet: ■ On a eu dans cette épreuve un témoignage manifeste de la miséricorde divine, car elle est arriv(^e précisément un dimanche, avant la troisième sonnerie des cloches; si elle s'était produite un autre jour de la semaine, des centaines de personnes y auraient perdu la vie; un jour de marché p ex., où trois à quatre cents personnes viennent ici pour leur commerce; et si la catastrophe avait eu lieu juste avant ou après l'heure du service divin, il y aurait eu aussi plus de victimes, car le «passer» (hangar du marché), qui reposait sur soixante quatre piliers en maçonnerie et était recouvert d'une toiture en tuiles, était tellement ravagé que la vue en faisait frémir; tous les piliers étaient par terre, tournés vers V ouest, et démolis jusqu'à la base». De plus, l'hôpital et l'hôtel de ville s'effondrèrent en partie; et le fort, le quartier, le chantier, les églises hollandaises, le moulin à poudre et l'église malaise furent endommagés. Par l'effondrement du hangar du marché et la chute des murs, 6 personnes furent tuées, savoir 5 femmes esclaves et 1 enfant. Le rapport dit encore: «Au chantier de l'Equipage de la Compagnie, au -Roodenburg», et en d'autres endroits encore, l'eau a jailli du sol comme d'une fontaine, mêlée à une espèce de sable bleuâtre, comme si c'était de la boue, avec dégagement d'une vilaine odeur de soufre; de plus, en beaucoup d'endroits, il s'est produit dans le sol des déchirures larges de deux doigts et plus».
A Ambon il v a eu le J8 août 14 secousses; le 19, 21; le 20, 9; le 21, 3; le 22, 7; le 23, 3; le 24, 1; le 26, 2; le 27, 1; le 28, 1; le 30, 2 et le 31 août 1 secousse; ensemble donc 65 commotions. Puis il y a eu encore une secousse le 6 septembre, 2 le 8 septembre et 1 commotion faible le 10 septembre.
Le tremblement de terre à été également violent à Saparoua; les secousses y ont duré du 18 août au 3 septembre; mais elles n'ont occasionné aucun dégât. Apres le choc principal du 18 août, il y a eu ici également une crue de la mer.
A la redoute, au corps de garde et à l'habitation du sergent, à l'isthme de Bagouala, il y a eu des dégâts considérables; à Hitou lama, à Hila et à Lariké on a ressenti aussi de nombreuses secousses.
Enfin, le phénomène a été ressenti fortement à Pîle de Manipa. Il n'existe pas de rapports en ce qui concerne les îles Kelang et Amblau.
Le foyer de cet ébranlement paraît s'ôtre trouvé près d'Haroukou ; et le mouvement s'est propagé de cet endroit vers l'ouest et vers l'est.
Tremblement de terre du V novembre 1835.
Il est fait mention de cette commotion dans deux lettres oflBcielles, du 4 novembre 1835 et du 2 mars 1836, adressées par le gouverneur des îles Moluques A. A. Ellinghuysen au gouverneur général, et qui reposent dans les archives du bureau de la résidence à Ambon.
11 y est rapporté, que le phénomène eut lieu de bonne heure, dans la matinée du 1 novembre, à 3 heures. Une caserne bâtie en pierres, à deux (!) étages, s'est effondrée, tuant 21 soldats et 9 femmes et enfants. D'autre part, par l'efiondrement de maisons et de murs,
12 hommes et 17 femmes et enfants périrent encore ailleurs, ce qui fait en tout 59 victimes. 66 personnes furent blessées. Ija direction des premières secousses, les plus violentes, était incertaine; mais les commotions suivantes, qui ont continué encore pendant 2'/i mois après le Ir novembre, venaient la plupart du nord et du nord-ouest, exactement comme pour le tremblement de terre de 1674. Les montagnes de Hitou, vis-à-vis d'Ambon, du côté de l'isthme de Bagouala (Paso), étaient crevassées çà et là, et les terres meubles s'étaient éboulées en divers points. Les dégâts se sont élevés à 300 000 fl. environ. Quant aux effets de ce tremblement de terre à la côte nord de Hitou, ces
à la côte du sud, il est tout naturel d'attribuer le tremblement de terre à une nouvelle dislocation le long de cette crevasse ou faille dans la croûte terrestre. Depuis la formation de cette crevasse, qui est au moins d'âge pré-cr^.tac<', il s'est produit sans doute très souvent des mouvements, qui se continuent encore de nos jours et se manifestent par des vibrations de la surface, occasionnâmes par des secousses plus ou moins obliques, (jui peuvent produire des ondulations horizontales aussi bien (juc des secousses verticales. Comme le nombre des maisons écroulées verticalement est relativement plus élevé à Wakal qu'à Ambon, le choc parait s'être produit plus d'aplomb à Wakal qu'à Ambon, c'est à dire dans une direction se rapprochant davantage de la verticale.
Comme Hitou se compose, dans sa j)artie centrale, do gravier meuble et de calcaire corallien, la faille n'a pu y être constatée; mais l'effet du tremblement de terre vient nous éclairer sur ce point et nous montre que la crevasse s'étend, depuis Ambon, dans la direction de Wakal et probablement plus loin encore, par la baie de Pirou vers l'étroite langue de terre qui relie Céram à Houamoual (Klein-Ceram).
Je parlais tantôt d'une dislocation et non d'un déplacement ou d'un glissement le long de cette faille, parce qu'un tel déplacement, si tant est qu'il ait eu lieu, doit avoir été de peu d'importance, car nulle part on n'a pu constater à la surface un changement de niveau qui se serait produit pendant le tremblement de terre.
Le foyer des mouvements souterrains, que nous devons nous représenter ici non comme un point, mais plutôt comme une ligne ou même comme un plan sensiblement vertical, d'une notable étendue, doit avoir été situé en-dessous de Wakal, ou un peu au nord de cette localité, puiscjue cette négorie a eu tant à souffrir de secousses verticales. Il parait que lors des tremblements de terre antérieurs tel ne fut pas toujours le cas; il en fut bien ainsi en 1835, mais non en 1674, car alors il y eut en même temps un tremblement de mer, de sorte que le fond de la baie de Pirou a dû être atteint plus fortement à cette époque qu'en 1835 et en 1898. A propos de la violente commotion de 1898, on fait à peine mention d'un mouvement sismique de la mer à la côte nord de Hitou; et dans la baie d' Ambon, les
mouvements de la mer n'étaient pas non plus très violents; on rapporte seulement (^ue les navires amarrés dans la rade ont éprouvé une forte houle, et qu'un bateau à vapeur amarré près du hangar au charbon a buté contre le quai. Mais dans ce tremblement de terre, on n'a pas eu affaire à un tremblement de mer proprement dit, c'est îl dire à une suite d'oscillations ; ce qui prouve que le fond de la baie d'Ambon n'a pas pu être ébranlé tout entier et que les mouvements ne se sont pas propagés de l'ouest ou de l'est vers Ambon, car dans ce dernier cas on a toujours constaté des mouvements de la mer tout autour de cette île. C'est uniquement grâce à l'absence d'un mouvement considérable des eaux que le nombre de victimes a été beaucoup plus ]>etit en 1898 qu'en 1674, bien que la commotion la plus récente ait été incontestablement la plus violente qu'on ait jamais éprouvée à Ambon.
C'est par Ambon que nous commencerons la description des localités dévastées, parce (juc c'est pour cet endroit ([\ie nous avons pu rassembler le plus grand nombre de données. Kn effet, non seulement la plupart des personnes ({ui pouvaient nous renseigner demeurent à Ambon, mais d'autre part il y avait là, malheureusement, de nombreux édifices en jneire, dont la chute dans une direction déterminée indiquait la direction du choc. Mais, en s'écroulant, ces bâtiments ont fait de nombreuses victimes; les murs en pierre se rompent à la base et, le plus souvent, se renversent immédiatement en écrasant les habitants. Les lourds toits couverts de tuiles en pierre doivent également être condamnés. Si dans ce terrain, exposé aux ébranlemients sismicjues, on n'avait, comme de raison, construit que des bâtiments en matériaux légers, en planches ou en gaba-gaba (pétioles des feuilles du palmier sagou), avec une toiture légère en atap, alors, même dans un tremblement de terre aussi violent que celui de 1898, le nombre des victimes aurait été peu élevé. 1. Amhon.
Un plan d'Ambon, à l'échelle 1 : 5000, est représenté fig. 54 de l'annexe V ('). On y a indiqué les maisons qui se sont effondrées
(1) Lors de ma visite à Amlx)n. en 1901<, je me suis aperçu que les noms de certaines
ues avaient été chang'és depuis 1898. La Doodenstraat et lu Groeneg-euzenstrant s'appellent
à présent toutes deux Groeuegeuzenstraat. Seblah graaf est devenu Ellinkhuizenstraat
complètement, celles qui n'ont été démolies qu'en partie, les bâtiments dont les murs sont seulement lézardés, les habitations légèrement endommagées et enfin celles qui n'ont rien souffert. Les flèches indiquent dans quel sens les murs se sont renversés.
Un coup d'oeil sur ce plan fait voir, que la très grande majorité des flèches sont dirigées sensiblement au nord-ouest ou au sud-est, et que par conséquent la direction de la commotion doit se trouver dans un plan orienté du nord-ouest au sud-est. Toutefois, cette détermination ne peut être très précise, car les murs tombent toujours perpendiculairement à leur orientation; et comme le front des maisons n'est pas toujours en parallélisme, la direction dans laquelle les murs du nord se sont renversés ne peut pas être constamment la même. D'autre part, comme les murs orientés dans le sens du choc ne peuvent pas se renverser dans cette direction, ils auront pris une position tout-à-fait différente Effectivement, on a rencontré différents murs de bâtiments, ou de petites clôtures de propriétés, qui étaient couchés vers le sud-ouest, entre autres dans la Paradijsstraat. Et même on a constaté que pour une seule et même maison le mur du nord était tombé au nord-ouest et celui de l'est au sud-ouest.
Dans la partie occidentale d'Ambon, nombre de murs se sont renversés non seulement dans la direction normale ± nord-ouest, mais encore dans une direction perpendiculaire à celle-là, savoir à peu près vers le nord-est; tel est le cas pour les entrepôts (plan n". 38) à l'embouchure de la rivière Titar; par contre, dans la partie orientale, p. ex. à la maison de M. Moorrkes (plan n*^. 8), beaucoup de murs sont tombés vers le sud-ouest. Je crois ne pas devoir attribuer cette circonstance à la cause que je viens de citer, mais à un second mouvement, sensiblement perpendiculaire à la secousse principale, et qu'on a constaté aussi ailleurs. La faille dont nous avons parlé plus d'une fois, où le choc était le plus violent, longe à peu près la Prinsenstraat; elle s'étend sous la prison (n°. 48), qui s'est écroulée
et Moordenaarsstraat est devenu Pretoriastraat. La partie nord de la PrinseDStraat s appelle maintenant Kleine Olifantsstraat. Le chemin (|ui conduit de la maison de la résidence à Batou merah, en long-eant le côté est d'Ambon, se nomme à présent Batou gndjah-laan, depuis la maison de la résidence jusqu'à la Prinsenstraat; il porte le nom de Batou medjastraat jusqu'à la Hospitaalstraat, et plus loin, jusqu'au pont sur la rivière Batou merah, celui de Belakang Soja-straat.
d'aplomb, et sous l'feole moyenne (burgerschool) fn°. 45) en se dirigeant vers la mer. Tout ce (jui se trouve à gauche de cette faille semble avoir 6prouv6, outre le choc principal, une secousse vers le sud-ouest; ce qui se trouve à sa droite, une commotion vers le nordest; de sorte que dans ces parties de la ville beaucoup de murs se sont renversés perpendiculairement au choc principal, et la plupart même à Venconire de la secousse secondaire, c.-à-d. au nord-est pour la partie occidentale d'Ambon et au sud-ouest pour la partie orientale.
A la grande église protestante (n". 35), il a été possible de déterminer d'une manière précise la direction suivant laquelle le choc s'est produit. Les 8 lampes à vernis noir, suspendues dans ce temple, se sont mises à osciller sous la secousse; par le mouvement régulier des poutres auxquelles les lampes étaient fixées, ces oscillations ont constamment augmenté d'amplitude, jusqu'à ce que finalement, par un écart de 45'', les lampes ont frappé contre les murs de l'église et y ont laissé des taches ou marques noires, qui ont permis de déterminer très exactement pour chacune d'elles le point de rencontre avec le mur. En joignant ce point au point de la lampe à 3 branches qui a frappé le mur, on a naturellement obtenu avec précision la direction de la secousse; on a trouvé ainsi, tant pour les 4 lampes du sud que pour les 4 lampes du nord, 310® vers 130°, donc une différence de 5"* seulement avec la direction du nord-ouest au sudest. En d'autres points d'Ambon la direction paraît avoir été de 315° et même de 320° ; des crevasses dans les carrelages des maisons du fort sont e. a. perpendiculaires à la direction de 320°.
Il est donc clair que nous avons afiaire i(;i principalement à un mouvement ondulatoire ; et ce mouvement a même été vu et senti distinctement par certaines personnes qui se trouvaient dehors, à tel point qu'elles étaient obligées de s'asseoir au plus vite pour ne pas tomber. Nous citerons plus loin des faits (jui prouvent qu'il s'est produit également des chocs suivant la verticale.
La maison de la résidence, construite en planches (plan n". 11, a peu souffert. Toutefois, les murs d'une nouvelle bâtisse, accoUée i\ la galerie de derrière, étaient crevassés; et, des annexes en pierre (no. 2), l'une était totalement cflTondrée et l'autre partiellement. La maisonnette de bains (avec une tête d'éléphant en pierre, d'où
le nom «batou gadjah») était aussi fort endommagée. Ainsi qu'on peut le voir au plan, ces bains recevaient Teau par une conduite qui communique avec la rivière Batou gadjah; l'eau s'écoule dans un étang du jardin du résident, et de là, sous le nom de Waï Titar, vers la mer en passant par le quartier des Chinois.
I^e n** 4 est ce qu'on nomme la «maison pour tremblements de terre» du rt^sident; c'est la maison la plus grande et la mieux bâtie de cette i espèce dans tout Ambon; elle est construite en planches avec une toiture en atap très légère. I^es mouvements y ont été aussi violents que partout ailleurs à Ambon ; les occupants ont été jetés sur le sol, et cependant la maison n'a pas du tout souffert par la commotion.
Les piliers en pierre placés devant le cimetière européen (n©. 5) se sont tous renversés, mais il n'a pas été possible de constater dans quelle direction ils étaient tombés, car, à mon arrivée, ils avaient déjà été enlevés. Divers édifices en pierre étaient plus ou moins endommagés et l'un d'entre eux mérite une mention si)éciale. C'est le monumemt du tombeau de G. C. Ch. Kohler, » résident nommé de Banda», érigé en 1838. Il est bAti en briques et les faces étaient enduites de plâtre. Ce monument est représenté fig. 63 de l'annexe IV; la base est en forme de prisme carré; en haut il se termine par une j)etite pyramide quadrangulairc. Lors du tremblement de terre, la colonne s'est rompue suivant un plan de jonction horizontal, et il ne resta plus aucune liaiscm entre les deux parties. Or ce (jui est remarquable, c'est (jue la portion supérieure libre a tourné de 20^ sur la partie inférieure du monument, dans la direction indiquée par la flèche dans la fig. 58, de sorte «jue l'azimuth de l'une des faces latérales, (lui était auparavant de 20°, est ré(hiit maintenant à 0°; cette face s'est donc orientée exactement vers le nord. En projection horizontiile, ce fragment suj)érieur du monument se jïrésente comme un carré avec deux diagonales, et on reconnaît (jue ce fragment s'est déplacé d'ime telle façon, que la direction du choc, qui était de 315o environ, coïncide arec Vune de ce^ difujonales. Après la rupture, les faces du prisme ainsi (jue les faces inclinées de la pyramide furent atteintes diftéremment par la commotion, ou plutôt par le mouvement ondulatoire du sol ; la pyramide supérieure chancela quelque temps
de côté et d'autre jusqu'il ce que, par la coïncidence de la direction du choc avec l'une des diagonales, il se fût établi une sorte d'état d'équilibre, la partie supérieure s'étant placée symétriquement par rapport au plan vertical passant par la direction de la secousse. Je pense que cette explication est applicable à d'autres cas encore, observés dans les tremblements de terre antérieurs, où l'on a cru devoir invoquer un mouvement excentrique autour d'un certain point qui n'était pas situé dans l'axe du monument. Dans un mouvement pareil, il faut qu'au point de rotation il reste au moins encore quelque liaison entre les parties supérieure et inférieure, ce qui certes n'était pas le cas pour le monument dont nous parlons.
Dans la partie septentrionale d'Ambon, où sont situés les quartiers Halong, Mardika et Soja di bawah, les murs sont tombés en partie dans la direction normale, p. ex. à l'ancienne villa Rodenberg (n*. 7), à la maisonnette n''. 10 et autres ; tandis que pour la maisonnette n*. 8 de M. Moorrees, et celle n". 9 de M. Tuinenburq, occupée alors par le capitaine intendant Kj.ôppel, les murs et les armoires se sont renversés, partie au nord-ouest, partie au sud- ouest, soit qu'ils ne pouvaient se déplacer dans la direction de la mer, soit par l'eflFet du mouvement secondaire déjà cité plus haut, perpendiculaire au premier, et dirigé par consé(iuent du sud-ouest au nord-est. Les objets renversés par cette commotion sont presque tous tombés à rencontre du choc, c'est à-dire vers le sud-ouest.
Dans l'atelier du «Waterstaat» (administration des ponts et chaussées) (n^ 11) tout était tombé du coté de la mer, donc dans la direction normale; il en était de même à la cantine militaire (n°. 12). Les deux murs, à la face du nord-ouest et à celle du sud-est, s'étaient écroulés en entier, comme s'ils avaient été emportés par un gros boulet de canon; à la face du nord-est et à celle du sudouest, les murs étaient encore en partie debout, mais ils étaient fortement lézardés. Les figg. 67 et 68 donnent une représentation de cette ruine ; la première figure a été prise de l'intérieur de l'île ; la fig. 68, du côté de la mer. Ce sont des reproductions d'après des photographies, que le lieutenant-colonel J. A. B. Masthoff , chef du service de santé à Ambon, a eu la bienveillance de prendre pour moi. Ici donc, ce sont les murs perpendiculaires à la direction
du choc qui se sont renversés totalement; ils ont toujours eu plus à soufirir que ceux qui sont parallèles à cette direction, ainsi qu'on l'a pu observer à différentes autres maisons.
Rendons-nous à présent au fort Nieuw- Victoria ; nous y voyons que presque tous les bâtiments ont été endommagés. Seuls les deux magasins A poudre (n®. 19), le grand et le petit, sont restés tout-àfait indemnes , et les trois habitations des lieutenants (n*. 27) n'ont éprouvé que peu de dégâts; ce qu'il faut attribuer, pour ces dernières, à cette circonstance qu'elles étaient encore neuves et solides, et pour les magasins, à la très forte épaisseur des murs.
La porte principale, celle du sud, bâtie en 1757 du côté de l'intérieur de l'île, a été rompue îi 2 m. au-dessus du sol; la voûte aussi est crevassée, bien que les murs soient très épais.
Le n*. 13, un hangar du génie pour la peinture et la scierie, qui a été construit en matériaux légers, s'est effondré sans causer d'autres dégâts. Mais l'écroulement de la caserne d'artillerie n°. 14, bâtie en pierres, qui se trouve à côté, a causé la mort d'un caporal et de trois canonniers qui ont été ensevelis sous les ruines, tandis qu'un autre artilleur fut blessé si grièvement qu'il est mort pendant son transport à Makasser. On peut voir par là, que le violent choc principal s'est produit si inopinément et si brusquement (^ue personne n'a eu le temps de s'enfuir de ce bâtiment relativement petit, l'n peu plus au nord se trouve le logis des adjudants sous-officiers, auquel confine l'habitation d'un capitaine et d'un lieutenant (n®. 16); de l'autre côté de la route est situé un bloc de deux habitations de capitaines (n*. 16); et, plus au nord-est encore, on arrive à l'habitation du commandant d'artillerie (n**. 17). Dans le pavage en ciment de ces maisons, on pouvait voir deux crevasses sensiblement parallèles; la crevasse princii)ale avait, à l'extrémité ouest, une direction de 30°; elle se recourbait en forme de crochet vers le sud; puis, dans une direction de 45^ et de 50**, elle traversait ces bâtiments pour atteindre l'arrière de l'habitation n". 17, où la péndopo (galerie ouverte) s'est écroulée brusquement. La deuxième déchirure, un peu plus au nord, ne pouvait s'observer sur une aussi grande étendue; à mon arrivée, on ne pouvait la voir que dans les maisons no». 15 et 16. La distance de ces deux crevasses, qui étaient perpendiculaires à la direction du
choc, était en moyenne de 75 m. environ, ce qui peut correspondre à la longueur d*onde du sol Cependant, cette distance ne sera pas la longueur d'onde elle-même, mais son quadruple, car ailleurs on a observé, entre des crevasses parallèles, une distance de 18 Vi m. (18'/i x4z=:74m.). Dans la galerie de derrière de l'habitation n". 17, une armoire s'était déplacée de plus de 1 m., contrairement au sens du choc (à peu près vers 322°). Les deux pieds de devant avaient sauté hors des baquets d'eau qui se trouvaient au-dessous; les deux autres baquets avaient suivi le mouvement de l'armoire.
Un peu plus loin, on arrive à un point (n®. 18), où l'on a pu observer un phénomène qui donne une bonne idée de l'énorme énergie de cette commotion. L'artillerie y avait disposé, en série régulière, quelques vieux canons hors d'usage, ainsi que le représente la partie supérieure de la fig. 66 de Tannexe V. I^es 12 premiers reposaient librement sur des rails en fer, qui avaient une direction de 10°; les axes des canons étaient donc dirigés de 280° vers 100°. Les canons nos. 1 à 10 ne pesaient pas moins de 3000 kilogrammes chacun; les nos. n et 12, 1500 kg. Venaient ensuite encore trois canons, nos. 13 à 15, de 1600 kg. chacun, placés sur des traverses en bois; et puis, encore un 16e, aussi de 1500 kg., couché sur 2 blocs en bois. Après le tremblement de terre, les canons avaient pris la position indiquée à la partie inférieure de la fig. 56; les axes avaient pris toutes espèces de directions, représentées dans la figure. De plus, le n**. 6 s'était fortement déplacé vers l'est; le n*. 6 se trouvait avec la bouche sur le n". 7 ; le n**. 8 était lancé sur le n". 9. Des trois canons 13 à 15, le n*. 15 était jeté en bas des traverses; le n". 14 s'était déplacé exactement dans la direction du choc; et le n°. 13 à peu près dans cette direction. Le n®. 16 aussi avait été jeté à bas de ses supports; mais, à mon arrivée, on l'avait déjà remis en place, de sorte que ce canon doit être mis hors de cause. Ce déplacement de corps pesant 3000 kilogrammes, projetés non seulement les uns à côté des autres, mais même les uns sur les autres, fait voir l'énergie violente avec laquelle les forces ont agi dans cette commotion. Tia question, s'il y a eu ici, outre le mouvement ondulatoire, encore un mouvement vertical, ne peut pas être résolue avec certitude; car un soulèvement rapide du sol, suivi d'un affaissement brusque de
celui-ci, avec les rails qu'il portait, par suite d'un mouvement ondulatoire, est peut-être suflSsant pour donner aux canons les positions que nous venons d'indiquer. Cependant, une ou plusieurs secousses verticales, avant ou après le mouvement ondulatoire, peuvent avoir augmenté l'effet; d'autres phénomènes, dont nous nous occuperons tantôt, me font présumer d'ailleurs, qu'à Arabon il y a eu enjeu non seulement une force horizontale, mais encore une force verticale.
Dans la fig. 69, on a représenté les canons no». 1 à 16, et dans la fîg. 70, les nos. 1 à 12, d'après des photographies dont je suis de nouveau redevable au lieutenant-colonel Masthoff. Des circonstances locales, notamment le voisinage d'un bâtiment servant de magasins et d'ateliers pour l'artillerie, qui était éloigné des canons de moins de 8 m., nous ont forcé de placer l'appareil de photographie plus près des canons qu'il ne convenait; c'est par là que dans la fig. 69 les dimensions des canons no». 13 et 14 sont démesurément grandes, relativement à celles des canons situés plus loin vers la gauche.
Un peu plus loin, nous arrivons au magasin à poudre n^ 19, dont nous avons déjà parlé; à cause de l'énorme épaisseur de ses murs, il n'a pas soufiFert; puis, nous venons au n". 20, le magasin d'habillements, dont le toit s'est effondré et dont les murs étaient fortement crevassés ; le n". 21 était une baraque, servant de salle de gymnastique, située en dehors des murs du fort; elle reposait sur des poteaux en bois, fixés par des goupilles en fer dans les assises en pierre. Tous ces poteaux avaient sauté hors de leurs appuis, et ils s'étaient placés à côté des tenons, ce qui, d'après moi, ne peut avoir été produit par un mouvement ondulatoire, mais seulement par une 8eco7L88e verticale. Le toit était complètement distordu.
La porte extérieure, près de ce hangar, était lézardée dans sa voûte. La longue bâtisse n". 22, la chambrée de la le et de la 3e compagnie, était heureusement ime construction en bambou, à piliers en bois avec toiture en atap. Elle s'est totalement efibndrée, mais on n'a pas eu à déplorer mort d'homme.
Aux cuisines des soldats, n*^. 23, les murs s'étaient effondrés avec le toit. Le logis que l'on appelle le hangar des femmes, n*. 24, situé en dehors du fort, avait, par malheur, une toiture en tuiles; par l'effondrement de cette toiture plusieurs femmes indigènes, femmes
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Fig. 71, La „Watsrpoort" du fort Nieuw- Victoria ft Ambon.
de soldats, ainsi que des enfants ont trouvé la mort. L'atelier de Parmurier, n°. 25, était une construction en bois, bâtie en planches, avec une toiture de «sirappen» (tuiles en bois). Le seul objet en pierre dans cette maisonnette, c'était un petit mur de la forge. D'après le récit de l'armurier, qui se trouvait dans le bâtiment au moment de la commotion, l'atelier a été secoué de côté et d'autre à plusieurs reprises; il s'est produit de forts craquements; mais en somme il est resté debout sans dommage. Le petit mur en pierre seul a été rompu et renversé. C'est bien là une des preuves les plus convaincantes de la préférence absolue qu'il faut accorder aux constructions en bois sur tout ce qui est bâti en pierre, dans les lieux sujets aux tremblements de terre. A l'ouest de cet atelier était le cachot, dont les murs fort épais ont été seulement lézardés. L'unique détenu a passé ici quelques moments d'angoisse durant le cataclysme; mais heureusement, il ne lui est pas arrivé d'accident.
La -Waterpoort" n". 26, surmontée de la hampe du pavillon (voir notre fig. 71), a été érigée en 1775 et porte l'inscription : «Jta relinquenda ut accepta» ('), maxime^ bien vaine depuis la commotion de 1898! Les murs épais de cette porte ont été disloqués et rompus par le tremblement de terre.
De part et d'autre de cette porte, il y avait sur le mur deux canons, marqués sur le plan par les lettres a et 6 ; ils étaient montés sur leurs affûts, a à peu près dans la direction du choc et b dans une direction perpendiculaire. Par la secousse, a s'est déplacé dans le sens de la floche, mais b est demeuré en place.
Le mur extérieur, voisin de la côte, construit en 1770, qui portait déjà des traces de commotions antérieures, a reçu encore quelques crevasses en 1898. Les 3 habitations des lieutenants n°. 27, dont nous avons déjà parlé, ont peu souffert; les bâtisses adjacentes seules étaient fortement lézardées.
Aux bureaux de la résidence et des postes (n°. 28), datant de 1785, les murs étaient si fortement lézardés qu'on a dû abandonner le bâtiment immédiatement après le cataclysme.
(i) „A laisser telle qu'elle a été reçue". („Rendez moi telle que vous m'avez trouvée").
Les autres bâtiments situés à l'intérieur du fort, et qui n'ont pas été metionnés spécialement, étaient tous plus ou moins endommagés et devenus inhabitables à cause du mauvais état des murs.
Le môle, en dehors du fort, s'était affaissé et les pilotis à vis s'étaient recourbés en partie. On n'a pas pu constater que la mer y fût plus profonde qu'auparavant, et il en était de même à une plus grande distance de la plage.
Le grand et magnifique hôpital militaire {n\ 29j, à la rive droite de la rivière Tomo, a aussi beaucoup souffert. Quelques-uns des bâtiments se sont effondrés totalement; d'autres, en partie. La cuisine h s'est renversée à l'encontre du clioc; le mur du sud, dans le sens du choc; le mur de l'ouest, formant la façade antérieure qui longe la «Hospitaalstraat-, s'est rompu à la base et s'est affaissé un peu vers le nord-est, car il ne pouvait se renverser contrairement à la direction du choc. Seul le corps de garde a, ainsi que le bureau et l'infirmerie des officiers /, avaient peu souffert. Dans le carrelage de la galerie de devant de la grande infirmerie g, on pouvait voir diverses crevasses parallèles, nombreuses surtout A. des distances de 18.0 m. Ce chiffre donne peut-être la longueur des ondes du sol; et dans ce cas, la distance de 75 m. entre les deux grandes crevasses du fort, qui est sensiblement le quadruple de ce chiffre, représenterait la distance de 4 ondulations successives.
Les murs des édifices de la Olifantenstraat, tels que le n". 30, l'école normale pour institeurs indigènes, le n". 81, l'école des externes et salle de gymnasti(iue, le n '. 47, les locaux des élèves-instituteurs indigènes, le n**. 32, la première école, le n'. 46, l'école primaire publique (celle-ci peu endommagée), et les bâtiments qui suivent jusciu'à l'Esplanade, se sont pres(iuc tous renversés dans la direction normale du nord-ouest; <iuel(iues-uns, vers le sud-est. Les bâtiments qui longent l'Esplanade, diij)uis la rue de traverse Tanah Tinggi jusqu'au club n**. 34, sont tous fortement lézardés, l'ancien bâtiment du -Landraad- n". 33 p. ex.; quehiues-uns, tels que l'entrepôt du «Waterstaat», se sont entit'rement effondrés.
Dans le bâtiment du club n°. 34, un mur plâtré avec ses solives transversales a été jeté contre un pilier en bois; et, comme celui-ci ne })ouvait pas se déplacer, le mur est revenu avec de fortes lézardes,
et une colonne en maçonnerie s'est rompue à la base, ainsi que le représente, à Téchelle de 1 : 20, la fîg. 55 de l'annexe V.
Du côté est de l'Esplanade, les murs de la plupart des maisons étaient fortement fissurés; quelques bâtiments s'étaient écroulés, les uns en partie, d'autres même complètement.
La grande église n". 35 s'était effondrée en partie; dans le pavage il y avait un trou, que l'on reconnut pour un ancien tombeau. Nous avons déjà parlé des lampes de cette église et de la direction de leurs oscillations. L'école Frôbel n^ 37, située à côté, était très endommagée; mais un monument îlla mémoire de Tilenius Kruyïhofp, érigé tout près de ces bâtiments, le n". 36, est resté tout-à-fait intact ; même les fondaments ne se sont pas crevassés, ce qui doit être attribué entièrement à la solidité de cette construction.
Dans le quartier des Chinois, la dévastation fut à son comble, parce que tous les bâtiments y étaient construits en pierre et rapprochés les uns des autres. Il y a eu de nombreuses victimes ici, de même que sous les hangars du marché, n**. 40, qui reposaient sur d'épais piliers en pierre. Les murs se sont renversés, les uns dans la direction normale, les autres dans une direction perpendiculaire, comme aux entrepôts n°. 38, l'annexe de l'habitation du capitaine des Chinois, n*. 39, où deux de ses filles ont trouvé la mort, un mur à l'est du marché et d'autres encore. Il semble qu'il ait agi ici un mouvement secondaire, sensiblement perpendiculaire au choc principal.
Les murs épais de plus d'un mètre de l'ancienne «Burgerwacht» (garde civique) (n^. 41) étaient crevassés en divers points; mais, informations prises, ces déchirures dateraient, en grande partie, de commotions antérieures.
Les hangars en pierre de la Société royale des paquebots (K. P. M. sur le plan} étaient très fortement lézardés; les quais déchargement et de déchargement s'étaient affaissés.
Dans la rue Ouri mèsèng, la plupart des murs sont tombés dans la direction normale, vers la mer; tels sont ceux des annexes de la maison n". 42, occupée alors par M. vax P]upen. L'habitation même, de construction spéciale en bois dite «regelbouw, n'avait que peu souffert, et elle a été aménagée provisoirement comme école des
filles, après la catastrophe. Puis encore, la partie de derrière de l'habitation de M. Kèsouli, le n° 49, une maison occupée par un Pangeran (prince) Javanais banni, qui s'est efibndrée totalement. Le tombeau de l'empereur de Solo, qui jadis a vécu lil, aussi en bannissement, était seulement crevassé.
Dans la Paradijsstraat, on a pu observer encore les deux mouvements: les murs de Técole des filles, n®. 43, sont tombés vers le sud-ouest; ceux qui entourent la propriété de M. Roskott, n^ 44, sont tombés les uns au nord-ouest, les autres au sud-ouest. A une seule et même maison, située un peu plus il l'est, on a pu observer les deux directions dans les murs renversés; mais, à la maison qui forme le coin de la Paradijsstraat et de la Prinsenstraat, le n". 45, les murs étaient couchés dans la direction normale seulement.
Nous avons déjà parlé des n"«. 46 et 47 de la Olifantenstraat. Enfin, d'après des témoins oculaires, la grande prison en pierre n". 48 a été démolie soudain verticalement, d'un seul coup; on a môme prétendu avoir ressenti une secousse verticale venant d'en.bas. Un nombre de prisonniers (douze) relativement considérable y ont perdu la vie.
Les murs de l'église des indigènes à Batou gantoung, n°. 50, étaient fort lézardés, et le mur de front (dirigé de 80° vers 260°) s'était rompu horizontalement.
Nous terminons par là la description des dévastations à Ambon; et il ne nous reste plus qiV'X faire connaître le nombre des victimes.
D'après les rapports officiels, on a eu à déplorer la mort de 141 personnes, parmi lesquelles 9 Européens. Ce sont: