MAMMIFÈRES
Cytherealconvexa (pl .VIII, fig. 7 ,
ISpirorbes (fig. 7, S)
MARNES JAUNES/Os de poisson
feuilletées \Cerithium plicatum
ISpirorbes
' Cy ther e al plana ( fig. 7 , C , D , 1
On ne trouve ordinairement que les moules intérieurs et extérieurs de ces coquilles , le testa presqu’entièrement disparu , ou s’est réduit en un calcaire blanc pulvérulent , circonstance qui a rendu impossible jusqu’à présent leur détermination exacte.
MARNES VERTES. . . . Point de fossiles.
"Aiguillons et palais de raie / Presque toutes ces coquilles
Ampullaria patula? Isont écrasées et difficiles à re-
I Iconnoitre.
MARNES JAUNES \Centhium plicatum 1 Les deux C(jrites de k forma
MÊLÉES DE MARNES eeuil-<~ cùlctum J tion raarinequi recouvre le gypse,
\ Crtherea elegans \paroissent ne se trouver que dans
LETEES BRUNES | . semisulcata? ? jcette formation: nous ne les
lavons pas encore vues dans le
Cardium obliquum I calcaire de la formation marine
^ Nucula margaritacea \inférieure.
^ / Les deux bancs d’huîtres sont
lOstrea Hippopus /souvent séparés par des marnes
MARNES CALCAIRES J — Pseudochama I sans coquilles ; mais nous ne pou-
a grandes huîtres 1 — longirostris I vous pas encore dire exactement
I (quelles sont les espèces qui appar-
tiennent à chaque banc, et si
7T . ] même elles ne s’y trouvent nas
Lochlearia J ■ J 1
< indistinctement ; nous pouvons
I — Cjaihula j toutefois avancer que les huîtres
MARNES CALCAIRES J — spatulata jdes marnes gypseuses ne se trou-
apeutes HUITRES 1 — Linguatula Jvent Point le calcaire infé-
| ° I rieur, et qu elles sont generale-
'Balanes f ment bien plus semblables aux
■ Pattes de crabes ! huîtres de nos côtes que celles du
Vcalcaire grossier (i).
Il nous reste à dire quelques mets sur les principales différences qu’offrent les collines qui appartiennent à cette formation. Les collines gypseuses forment comme une espèce de longue et large bande qui se dirige du sud-est au nord-ouest, sur une largeur de six lieues environ. Il paroît que dans cette zone il n’y a que les collines du centre qui présentent distinctement les deux masses de gypse. Celles des bords, telles que les plàtrières de Clamart, Bagneux , Antoni, le Mont-Valérien, Grisy , etc., et celles des extrémités, telles que les plàtrières de Chelles et de Triel ne possèdent qu’une masse. Cette masse nous paroît être analogue à celle que les carriers nomment la première, c’est-à-dire la plus superficielle, puisqu’on y trouve les os fossiles de mammifères qui la caractérisent, et qu’on ne ren-
(i) M. de la Jonkaire vient de trouver dernièrement à Montmartre, entre ces deux bancs d’huîtres, un petit lit de nodules de calcaire compacte en sphéroïdes aplatis , qui renferment une multitude de petites coquilles semblables aux bulimes , cyclostomes , paludines ou phasianelles qu’on trouve à Mayence , etc. Nous reviendrons sur ce sujet à l’article de la description particulière de Montmartre.
5o DESCRIPTION GÉOLOGIQUE
contre pas dans ses marnes ces gros et nombreux cristaux de gypse lenticulaire qu’on observe dans les marnes de la seconde masse.
Quelquefois les marnes du dessus manquent presque entièrement ; quelquefois c’est le gypse lui-même qui manque totalement ou qui est réduit à un lit mince. Dans le dernier cas la formation est représentée par les marnes vertes accompagnées de strontiane. Les formations gypseuses du parc de Versailles, près de Saint-Cyr, celles de Viroflay sont dans le premier cas; celles de Meudon, de Ville d’Avray sont dans le second cas.
Nous devons rappeler ici ce que l’un de nous a dit ailleurs (i), c’est que le terrain gypseux des environs de Paris ne peut se rapporter exactement à aucune des formations décrites par M. Werner ou par ses disciples. Cette formation n’est cependant pas aussi locale qu’on pourroit le croire, et le rapprochement que M. Gillet deLaumont et l’un de nous avoient indiqué dès 1807 entre ce gypse et celui d’Aix en Provence, est confirmé par les observations ultérieures dont nous rapporterons les résultats principaux à la suite de la description des terrains gypseux du bassin de Paris.
Article VII.
Des grès et sables marins supérieurs.
Les roches siliceuses dont nous allons parler, et qui forment un troisième dépôt de sable et de grès, ne diffèrent de la partie marine de la formation gypseuse que par leur nature minéralogique. Dans la division géologique que nous avons donnée au commencement de ce traité, nous avions compris dans la même formation, c’est-àdire dans la formation marine supérieure, les couches qui recouvrent la masse gypseuse, à compter des marnes jaunes feuilletées, et par
(1) Brongniart , Traité élémentaire de Minéralogie , t. I , p. 177.
conséquent les grès qui sont l’objet de cet article; mais la nature des roches est si différente, les coquilles marines cessera d’une manière si tranchée après les huîtres des marnes, pour ne reparoître en place qu’au-dessus de la grande masse de sable, que nous avons cru devoir suivre, dans la description de cette couche, une séparation qui paroit si naturelle. Cette séparation est si fortement prononcée par l’absence de tout corps organisé dans la grande masse sableuse, que nous avons hésité pendant long- temps sur le terrain dans lequel nous la placerions , et que nous en avions fait un article distinct dans notre première édition. Mais de nouvelles réflexions, de nouvelles observations, dues en grande partie à MM. Omalius d’Halloy et Héricard-Ferrand, nous permettent de nous décider et de placer cette masse de sable et do grès dans le terrain dont elle fait réellement partie.
Le terrain de sable et grès, tant celui qui ne montre aucune coquille en place que celui qui en renferme, fait partie intégrante de la dernière formation marine; il n’est jamais recouvert que par la formation du terrain d’eau douce supérieur et par les meulières qui lui appartiennent.
Ce terrain est composé de sable siliceux et de grès , en bancs souvent très-épais et très-étendus, mais ces bancs ont rarement leurs deux surfaces parallèles; l’une et l’autre, et surtout la supérieure, offrent souvent des saillies et des cavités très-irrégulières mais à contours arrondis, qui ne se correspondant presque jamais, donnent à ces bancs une épaisseur très-variable et très-inégale ; les dépressions supérieures et inférieures étant souvent opposées , amincissent tellement les bancs de grès dans certains points qu’elles les séparent en plusieurs masses, ou au moins leur permettent de se séparer avec la plus grande facilité lorsque le sable qui les supportoit a été entraîné par les eaux. Alors ces portions de bancs rompus ont roulé sur les flancs des collines qu’ils formoient, et les ont couverts de gros blocs arrondis et comme entassés sur ces pentes. Telle est la disposition des grès sur les pentes des coteaux dans la forêt de Fontainebleau, à Palaiseau, etc.
D’après ce que nous venons de dire sur la masse de sable et de grès sans coquille , on voit que ce terrain peut être subdivisé en deux parties : la partie inférieure, souvent très-épaisse, est composée d’un grès ou d’un sable qui non-seulement ne contiennent point de fossiles en place, mais qui sont souvent très-purs et fournissent des sables estimés dans les arts, et qu’on va recueillir à Etampes, à Fontainebleau, à la butte d’Aumont, et dans ce cas ils donnent naissance aux grès solides. Ceux-ci sont quelquefois ou altérés par un mélange d’argile, ou colorés par des oxides de fer et mêlés de beaucoup de paillettes de mica. Vers la partie supérieure on trouve des rognons de minerai de fer souvent irréguliers et presque géodiques disposés en lits horizontaux, et même des lits épais de près de deux décimètres d’un minerai de fer rougeâtre ou brunâtre et très-sablonneux. On peut observer aisément ces diverses circonstances dans la plupart des masses de sable qui terminent les buttes ou plateaux élevés, et notamment dans les bois de Chaville, sur la colline de Sanois, sur celles de Montmorency, de Meudon, du Plessis-Piquet, de Fontenay-aux-Roses , etc. Quelquefois enfin la partie supérieure de ces bancs de grès est imprégnée de chaux carbonatée qui les a pénétrés par infiltration lorsqu’ils sont recouverts du terrain calcaire d’eau douce ; tel est le cas des grès de plusieurs parties de la forêt de Fontainebleau.
Nous venons d’insister plusieurs fois sur cette circonstance , que la masse inférieure de la formation de grès supérieur ne montroit aucune coquille ni autre débris organique en place. En effet, malgré les recherches très-nombreuses qui ont été faites depuis dix ans, tant par nous que par plusieurs naturalistes , et notamment par M. Héricard-Ferrand , on n’a pu découvrir dans cette masse aucun banc ou lit de coquilles disposées régulièrement, et qui démontrent, par leur état d’intégrité, qu’elles ont vécu dans les lieux où on les trouve. Mais dans plusieurs cantons des environs de Villers-Cotterets, et notamment près de Thury et de Betz , M. Héricard-Ferrand a reconnu plus de douze endroits où les dépôts de sable ferrugineux renferment un grand nombre de coquilles dont les espèces paroissent
être les mêmes que celles du calcaire grossier. Mais toutes ces coquilles sont ou brisées ou usées comme si elles avoient été roulées. Il u’y a que les petites espèces, renfermées et comme encaissées dans les cavités des grandes, qui aient échappé à cette altération. Elles sont donc hors de place 3 et ce fait n’infirme point encore la généralité de nos observations sur l’absence de tout banc de coquilles en place dans le terrain de sable et de grès.
Cependant on trouve mêlés avec ces coquilles, on trouve dans les cavités de la plupart d’entre elles des millions de petits corps organisés probablement de la famille des Céphalopodes, et que M. de Lamarck a nommé des discorbites. M. Héricart-Ferrand fait remarquer que ces petits corps qui ont de l’analogie avec les camerines semblent en tenir la place dans cette partie inférieure et sableuse de la formation marine supérieure.
Cette masse inférieure du troisième dépôt de grès est dans beaucoup de lieux terminée par une roche de grès ou de calcaire ou calcareo-siliceuse qui est remplie de coquilles marines et qui constitue au-dessus de la craie un second terrain marin très-distinct.
Ce terrain varie de couleur, de solidité, et même de nature; tantôt c’est un grès pur, mais friable et rougeâtre (Montmartre); tantôt c’est un grès rouge et argileux (Romainville, Sanois) ; tantôt c’est un grès gris (Levignan) ; enfin il est quelquefois remplacé par une couche mince de calcaire sableux, rempli de coquilles, qui recouvre de grandes masses de grès gris dur et sans aucune coquille (Nanteuille-Haudouin).
Ce grès renferme des coquilles marines d’espèces assez variées et qui au premier aspect paroissent semblables à celles des bancs inférieurs du calcaire; quelquefois le test de la coquille a entièrement disparu, et il n’en reste plus que le moule (Montmartre, Romainville).
Ce qui nous fait dire que cette dernière formation marine est nonseulement supérieure à celle du gypse, mais encore aux bancs étendus et souvent très-puissans de grès et de sable sans coquilles, c’est premièrement sa position bien évidente au-dessus des masses de grès
de Nanteuil-le-Haudouin , et en second lien la masse considérable de sable rougeâtre dénué de tout fossile, sur laquelle elle est placée à Montmartre, h Romainville, à Sanois, et dans tous les lieux où on a pu l’observer.
Les coquilles que renferme ce grès sont quelquefois différentes de celles qu’on trouve dans la formation marine inférieure , et se rapprochent davantage de celles des marnes calcaires qui surmontent le gypse , ainsi que le fait voir la liste suivante.
Coquilles de la formation marine la plus supérieure.
Oliva mitreola
Fusus ? voisin du longœvus
Ccrithium cristatum
— lamellosum
— îmrtabile?
Solarium ? Lam., pl. VIII, fig. 7
Melania costellata ?
Melania ?
Pectunculus puh'inatus
Crassatella compressa ?
Donax retusa ?
Citherea nitidula
— Icevigaia
— elegans?
Corbula rugosa
Ostrea Jlabcttula
Nanteuil-le-Haudouin.
Romainville.
Montmartre , Romainville.
Levignan.
Montmartre.
Montmartre.
Montmartre.
Nan teuil-le-Haudoui n.
Montmartre.
Montmartre.
Montmartre.
Montmartre.
Montmartre.
Montmartre , Nanteuil-le-Haudouin.
Montmartre.
Montmartre.
Il y a donc aux environs de Paris trois sortes de grès , quelquefois très-semblables entre eux par leurs caractères minéralogiques, mais très-différens par leur position ou par leurs caractères géologiques. Le premier, le plus inférieur, fait partie des couches inférieures de la formation du calcaire marin grossier ; il suit immédiatement les argiles plastiques et le lignite d’origine non marine qui en fait partie ; il renferme généralement les memes espèces de coquilles que le calcaire grossier.
Le second paroît appartenir aux assises supérieures de ce même calcaire; au-dessous du premier on trouve le terrain d’eau douce et
au-dessus le terrain marin, tandis que le second présente des rapports absolument inverses, ainsi qu’on peut l’observer à Beauchamp, à Triel , etc.
Le troisième surmonte la formation gypseuse et même la formation de marne marine qui la recouvre : c’est le plus étendu ; il est quelquefois entièrement superficiel et ne paroit contenir dans sa masse aucune coquille , mais souvent aussi il présente à sa surface supérieure un grand nombre de coquilles mannes qui y forment comme un nouveau terrain marin plus ou moins calcaire.
En observant cette dernière formation marine, placée dans une position si différente des autres, on ne peut s’empêcher de réfléchir aux singulières circonstances qui ont du présider à la formation des couches que nous venons d’examiner.
En reprenant ces couches depuis la craie, on se représente d’abord une mer qui dépose sur son fond une masse immense de craie et des mollusques d’espèces particulières. Cette précipitation de craie et les coquilles qui l’accompagnent cesse tout-à-coup; la mer se retire, des eaux d’une autre nature , très-probablement analogue à celle de nos eaux douces, lui succèdent, et toutes les cavités du sol marin se remplissent d’argiles , de débris de végétaux terrestres et de ceux des coquilles qui vivent dans les eaux douces ; mais bientôt une autre mer produisant de nouveaux habitans, nourrissant une prodigieuse quantité de mollusques testacés, tous différens de ceux de la craie, revient couvrir l’argile, seslignites et leurs coquilles, et dépose sur ce fond des bancs puissans, composés en grande partie des enveloppes testacées de ces nouveaux mollusques. Peu à peu cette production de coquilles diminue et cesse aussi tout-à-fait ; la mer se retire et le sol se couvre de lacs d’eau douce; il se forme des couches alternatives de gypse et de marne qui enveloppent et les débris des animaux que nourrissoient ces lacs, et les ossemens de ceux qui vivoient sur leurs bords. La mer revient encore : elle nourrit d’abord quelques espèces de coquilles bivalves et de coquilles turbinées. Ces coquilles disparoissent et sont remplacées par des huîtres. Il se passe ensuite un intervalle de temps pendant lequel il se dépose une grande masse
de sable. On doit croire ou qu’il ne vivoit alors aucun corps organisé dans cette mer, ou que leurs dépouilles ont été complètement détruites; car on n’en voit aucun débris dans ce sable; mais les productions variées de cette troisième mer reparoissent , et on retrouve au sommet de Montmartre, de Romainville, de la colline de Nanteuil-le-Haudouin , etc., les mêmes coquilles qu’on a trouvées dans les marnes supérieures au gypse , et qui , bien que réellement différentes de celles du calcaire grossier, ont cependant avec elles de grandes ressemblances (i).
Enfin la mer se retire entièrement pour la troisième fois ; des lacs ou des mares d’eau douce la remplacent et couvrent des débris de leurs habitans presque tous les sommets des coteaux et les surfaces même de quelques-unes des plaines qui les séparent.
Article VIII.
Du troisième terrain d'eau douce comprenant les marnes et les
meulières .
Ce troisième et dernier terrain d’eau douce, car on n’a jamais rien vu au-dessus de lui, se distingue des deux précédens par sa position et par quelques caractères géognostiques, mais ces derniers caractères ne sont pas assez tranchés et assez bien établis pour faire connoître avec certitude ce terrain lorsqu’il se présente isolément; c’est sa position bien déterminée aux environs de Paris et bien distincte de celle du second terrain d’eau douce qui ne laisse aucun doute sur la différence de ces deux terrains séparés par une formation marine. Sans cette circonstance la distinction de ces deux formations eût été très-difficile à établir, et quand elle n’existe pas, quand chacun de ces terrains se présente seul , on est fort embar-
(i) M. Prévôt nous fait espérer une comparaison exacte et une détermination précise des coquilles de ces deux terrains marins.
ùl
tassé pour dire à laquelle des deux lormations appartient celui qu’on rencontre.
Ce terrain lacustre ou d’eau douce supérieur est composé suivant les lieux de roches très- différentes : ce sont des marnes calcaires , blanches, friables ou au moins tendres (la plaine de Trappe), des silex cornés, translucides, blonds, gris, bruns (les environs d’Epernon) , des silex jaspoïdes, opaques, blancs, rosâtres, etc. (la montagne de Triel, Montreuil, etc.), des silex meulières poreux ou compactes, rougeâtres , grisâtres et blanchâtres , tantôt sans aucune coquille , tantôt comme pétris de limnées , de planorbes , de potamides , d’helix, de gyrogonites , de bois silicifiés , et d’autres débris de corps organisés qui doivent avoir vécu dans les eaux douces ou à la surface du sol (les plateaux de Meudon, Montmorency, Sanois, la Ferté-sous-.Touarre, etc.).
Nous allons d’abord parler de la roche qui domine ordinairement dans ces terrains, aux environs de Paris: c’est la meulière poreuse et sans coquilles.
Ces meulières sont immédiatement supérieures aux sables qui renferment les grès. Cette superposition est très-distincte sur les talus qui bordent la grande route de Chartres, à la descente du bois de Sainte-Apolline au village de Pontchartrain.
La formation des meulières consiste en sable argilo-ferrugineux , en marne argileuse verdâtre, rougeâtre , ou même blanche, et en meulière proprement dite. Ces trois substances ne paroissent suivre aucun ordre dans leur superposition; la meulière est tantôt dessus, tantôt dessous et tantôt au milieu, ou du sable ou de la marne argileuse. Elle y est très-rarement en couches continues, mais plutôt en morceaux anguleux comme résultant de couches minces brisées et enveloppées dans la marne argileuse ou dans le sable argilo-ferrugineux.
La meulière est, comme on sait, un silex criblé d’une multitude de cavités irrégulières, garnies de filets siliceux, disposés à peu près comme le tissu réticulaire des os , et tapissées d’un enduit d’ocre rouge. Ces cavités sont souvent remplies de marne argileuse ou de sable argileux. Elles ne communiquent point entre elles.
La plupart des meulières des environs de Paris ont une teinte rougeâtre, rosâtre et jaunâtre; quelques-unes, et ce sont les plus rares et les plus estimées, sont blanchâtres, avec une nuance bleuâtre.
Nous 11e connoissons dans les meulières dont il est ici question , ni infiltration siliceuse mamelonée à la manière des calcédoines , ni cristallisation de quartz, et ce caractère nous paroît assez bon pour les faire distinguer hors de place des meulières du calcaire siliceux. Elles sont cependant quelquefois, comme ces dernières, presque compactes.
Lorsqu’on choisit dans une masse de meulière une partie compacte et exempte de terres étrangères mélangées, on reconnoît par l’analyse qu’elle est presque entièrement composée de silice (1).
Mais un autre caractère géologique des meulières proprement dites , de celles qui par la continuité de leur masse sont les plus propres à donner des pierres à meules , c’est l’absence de tout corps organisé animal ou végétal, marin ou d’eau douce. Nous n’en avons jamais vu aucun ; Guettard et M. Coquebert-Montbret , dans les descriptions qu’ils ont données, le premier, des meulières d’Houlbec , et le second, de celles des Molières , font la même observation, ce qui doit inspirer beaucoup de confiance dans la généralité de ce caractère, quoiqu’il soit négatif.
La formation des meulières repose assez souvent sur un banc de marne argileuse, qui paroît appartenir à la formation du gypse quand le dépôt de sable et grès marins supérieurs manque , ce qui est fort rare ; dans quelques endroits elle est séparée de ces marnes par un banc plus ou moins puissant du sable ou du grès appartenant à cette formation.
Quelquefois ces meulières ne sont recouvertes que par la terre végétale, mais souvent aussi on trouve encore au-dessus d’elle tantôt les meulières compactes, les silex ou les marnes qui renferment les coquilles d’eau douce ou d’autres débris de corps organisés non
(1) Hccht , Journ. des Min. , n°. 22 , p. 333.
marins, tantôt le terrain de transport ancien, consistant en cailloux roulés dans un sable à gros grains, comme à Houlbec, près de Pacysnr-Enre.
Les autres roches qui composent ce troisième et dernier terrain d’eau douce sont les silex et les marnes calcaires.
Tantôt ces deux pierres se présentent indépendamment l’une de l’autre, tantôt elles sont mêlées et comme pétries ensemble.
Le calcaire d’eau douce à peu près pur, est le plus commun ; le mélange de silex et de calcaire vient ensuite; les grandes masses de silex d’eau douce sont les plus rares.
Ce silex est tantôt du silex pyromaque pur et transparent; tantôt un silex opaque à cassure largement conchoïde et terne, semblable à celle du jaspe (Triel) ; tantôt c’est un silex carié qui a tous les caractères de la meulière proprement dite, mais qui est généralement plus compacte que la meulière sans coquilles (forêt de Montmorency, Saint-Cyr, Sanois, etc.).
Quoique les caractères extérieurs du calcaire d’eau douce soient peu tranchés, ils sont cependant assez remarquables, lorsqu’ils existent. Il suffit souvent d’avoir acquis l’habitude de voir ce calcaire pour en reconnoître des fragmens présentés isolément , et privés des coquilles qui le caractérisent essentiellement.
Tout celui que nous connoissons aux environs de Paris est blanc ou d’un gris jaunâtre, il est tantôt tendre et friable comme de la marne et de la craie , tantôt compacte , solide , à grain fin et à cassure conchoïde ; quoique dans ce dernier cas il soit assez dur, il se brise facilement et éclate en fragmens à bords aigus à la manière du silex, en sorte qu’il ne peut pas se laisser tailler. .
Nous ne parlons ici que du calcaire des environs de Paris; car à une plus grande distance on trouve du calcaire très-compacte d’un gris brun qui se laisse très-bien tailler et polir, malgré les infiltrations spathiques qui l’ont pénétré et qui n’ont pas entièrement rempli ses cavités : nous donnerons pour exemple le marbre de Château- Landon , qui est en bancs extrêmement puissans , renfermant des limnées et des planorbes, et présentant tous les caractères attribués
6o DESCRIPTION GEOLOGIQUE
au calcaire d’eau douce , si toutefois il peut être rapporte a celte
dernière formation. .
Que ce calcaire soit marneux ou qu’il soit compacte, il fait voir
très-souvent des cavités cylindriques irrégulières et à peu près parallèles, quoique sinueuses. On prendra une idée exacte de ces cavités, en se représentant celles que devroient laisser dans une vase épaisse et tranquille des bulles de gaz qui monteraient pendant un certain temps de son fond vers sa surface : les parois de ces cavités
sont souvent colorées en vert pâle.
Enfin le terrain d’eau douce est quelquefois compose de calcaire et de silex mêlés ensemble; ce dernier est carié , caverneux , et ses cellules irrégulières sont remplies de la marne calcaire qui enveloppe (plaine de Trappe, Charenton).
Le calcaire d’eau douce, quelque dur qu’il paroisse au moment où on le retire de la carrière , a souvent la propriété de se désagréger par l’influence de l’air et de l’eau; de là vient 1 emploi considérable qu’on en fait comme marne d’engrais dans la plaine de Trappe , près Versailles , dans celle de Gonesse et dans toute a
Mais ce qui caractérise essentiellement cette formation, c est la présence des coquilles d’eau douce et des coquilles terrestres presque toutes semblables pour les genres à celles que nous trouvons dans
nos marais; ces coquilles sont des limnées , des planolbes , des p
mides , coquilles turbinées voisines des céntes , des cyclostomes , des hélices etc. On y trouve aussi ces petits corps ronds et cannelés que M. de Lamarck Lommés gyrogonite , et qui d’après les observant de M. Léman paroissent être des graines d une espece de chara. 11 est assez remarquable qu’on ne trouve point e..co quilles bivalves dans ce terrain, du moins aux environs de Pans (i). La plupart des coquilles renfermées dans le terrain deau douce
dans les terrains d’eau douce du midi de la France , de
pliique des terrains d’eau douce.
DES ENVIRONS DE PARIS. £r
supérieur ayant été décrites spécialement par l’un dé nous (i), nous renverrons aux descriptions et aux figures qu’il en a données, et nous emploierons les noms qu’il leur a imposés, comme nous avons employé ceux de M. de Lamarck à l’égard des coquilles marines.
Les fossiles qui appartiennent particulièrement au terrain d’eau douce supérieur, sont les suivans :