‹ Description géologique des environs de ParisChapitre 19 sur 94 · I04 DESCRIPTION GÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

I04 DESCRIPTION GÉOLOGIQUE

L’argile plastique se voit encore au sud d’Houdan, dans la vallée où se trouve le village de Gondé. C’est au-dessous du sol même d’atterrissement, qui constitue le fond de la vallée, que se montre l’argile ; elle est grise ; ses premières couches renferment souvent des cristaux de sélénite , circonstance qui se présente souvent dans les bancs de cette argile.

Tout auprès de Paris, au sud de cette ville, le terrain de calcaire grossier s’amincissant en descendant vers la vallée de la Seine, a permis de reconnoître la présence de l’argile plastique qui lui est inférieure et de l’exploiter au moyen de puits peu profonds qu’on cherche à creuser, pour éviter des frais d’extraction, au fond des carrières dans lesquelles on exploite la pierre à bâtir. De semblables puits, percés dans les carrières de la vallée de Bièvres près Gentilly et Arcueil, au bas de la plaine de Montrouge, au sud et au sud-est des villages de Yaugirard et d’Issy, ont appris que le banc d’argile se soutenoit avec assez de constance et même de régularité dans toute cette étendue; on ne l’a pas traversé complètement, par conséquent on ne peut admettre la craie au-dessous de cette argile que par analogie; mais en allant jusqu’au point où la craie forme le promontoire de Meudon , on voit distinctement l’argile plastique en couche inégale et peu puissante recouvrir cette roche.

L’argile plastique de ce canton est assez rarement accompagnée de fausse glaise; on n’y connoissoit point d’autre indication de lignite que des veines et enduits noirâtres et charbonneux que nous avions remarqués dans les parties superficielles de l’argile plastique trouvée en creusant un puits au lieu dit la Ferme de V Ecole militaire y h l’entrée orientale de Yaugirard, jusqu’au moment où M. Prévost en a reconnu des indices certains dans le fond d’un puits de la plaine de Montrouge au pied de Bagneux.

Cette argile est brunâtre, bleuâtre, marbrée de jaune d’ocre et surtout de rouge; elle contient souvent une grande quantité de pyrites qui en altèrent la qualité, et qui la rendent peu propre à la fabrication des poteries destinées à éprouver l’action d’un feu violent. Cependant, en la choisissant exempte de ces corps étrangers et en La

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mêlant avec du ciment de la même argile, c’est-à-dire avec une poudre grossière résultant de la trituration de cette argile cuite , on peut en faire des briques très-bonnes et en état de résister au feu.

Nous avons parlé de l’argile plastique précédée des fausses glaisës ou glaises mêlées de sables, de coquilles et d’indices de lignites, et même de résine fossile que nous avons reconnue au fond des grands puits creusés à Marly; nous avons parlé de l’argile plastique d’Auteuil renfermant les mêmes matières; mais depuis ce que nous avons dit sur ce lieu à la page 259, M. Bequerel a fait des observations nouvelles qui font connoitre des circonstances propres à établir l'analogie la plus complète entre ce gisement et ceux que nous avons indiqués ailleurs.

Il y a reconnu l’argile marneuse brune , avec quelques empreintes de végétaux charbonneux, des morceaux de lignite et des nodules, de la grosseur d’une amande et beaucoup au-delà, de succin très-bien caractérisé, tantôt jaune opaque, tantôt jaune transparent, avec une écorce d’un rouge de rubis. Celui-ci se trouve dans l’argile plastique rouge. Ce succin a présenté à M. Bequerel le phénomène de la double réfraction d’une manière très-sensible. Il se présente quelquefois en couches minces dans le lignite vers l’écorce, circonstance qui a déjà été remarquée par M. Schweigger dans le succin de Pologne.

M. Bequerel a reconnu dans ce même gisement la chaux phosphatée terreuse en nodules brunâtres, disséminés dans l’argile comme le succin , et accompagnés de fer phosphaté en très-petits cristaux.

On rencontre vers la surface de cette couche d’argile des masses de la grosseur de la tète, et souvent aussi beaucoup plus petites, d’un calcaire presque compacte ou composées de petits nodules compactes comme agrégés ensemble par concrétion. Ces masses de calcaire ont leurs arêtes émoussées, leurs angles, tant saillans que rentrans, arrondis comme si elles avoient été plongées dans un liquide dissolvant. Elles montrent la plus grande analogie avec celles que nous avons trouvées à Bougival près Marly dans une position géologique analogue , et dont nous avons fait mention à la page 3i 2 , renfermant comme elles, dans leurs cavités, des cristaux de strontian®

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