Marne calcaire blanche
Nous ne connoissons pas l’épaisseur de ce lit , ni le terrain sur lequel il repose.
Cette troisième masse, mesurée en totalité à la carrière delà Hutte-au- Garde , et prise du banc de gypse le plus haut , c’est-à-dire 1 mètre audessus du souchet , a , dans sa partie la plus haute , de 10 à 1 1 mètres.
On voit parles détails que nous venons de donner que cette troisième masse offre plusieurs faits remarquables; la présence bien constatée des coquilles marines au milieu des marnes du gypse et du gypse même, n’est pas le moins intéressant. Ce fait avoit été annoncé par M. Desmarets , de l’Institut; il avoit été observé de nouveau par M. Coupé (1) , avec des circonstances de plus ; enfin , il vient d’ètre constaté par MM. Desmarets fils et Prévost, qui ont donné (2) la description détaillée des couches qui renferment les coquilles, et la détermination précise de leurs diverses espèces. On ne peut donc douter que les premières couches de gypse n’aient
(1) « A Montmartre , au fond de la troisième masse , est une couche de craie argileuse >• cassante, fendillée, épaisse de 8 à g pieds; dans les fragmens de sa région supérieure » sont des empreintes de divers coquillages minces et des espèces de crustacés roux , les » mêmes espèces qu’à Grignon. » (Coupé, Journ. de Phys. , brum. an 14, pag. 387. ) Cette partie inférieure du terrain gypseux n’est plus à découvert ( 1821 ).
(2) Journal des Mines, vol. NXV, p. 2i5. Nous donnons (pl. I, D, fig. 5) la figure jointe à ce mémoire , afin de rendre aussi complète qu’il est possible la description de Montmartre.
a36 DESCRIPTION GÉOLOG IQUE
été déposées dans lin liquide analogue à la mer , puisqu’il nourrissoit les mêmes espèces d’animaux. Cela n’infirme pas les conséquences qui résultent de l’observation des couches supérieures; elles ont été formées et déposées dans un liquide analogue à l’eau douce, puisqu’il nourrissoit les mêmes animaux.
Nous devons faire remarquer, i°. que le premier banc de cette troisième masse, pris à la carrière de la Hutte-au-Garde, est plus élevé que le dernier banc de la deuxième masse, au-dessous de laquelle on a toujours cru que la troisième étoit placée ; 2°. que cette troisième masse forme une sorte de petite colline à l’ouest de Montmartre , et que nous ne sachions pas qu’on l’ait jamais vue immédiatement au-dessous de la deuxième ; 3°. que ses bancs ne sont point horizontaux, mais très-évidemment inclinés au sud-ouest, c’est-à-dire vers la plaine (i).
On a creusé dernièrement plusieurs puits et fait quelques tranchées au pied de Montmartre, et , au sud de cette butte , dans Paris même; ce qui nous a donné les moyens de rencontrer dans d’autres points qu’à la carrière de la Hutte-au-Garde la nature et la succession des bancs qui forment sa base. Nous les avons observés à l’extrémité de la rue de Rochechouart, au haut de la rue des Martyrs, près l’hôpital Saint-Louis, etc. Les puits creusés vers le haut de la rue de Rochechouart nous ont donné des détails et des renseignemens précieux (2).
(1) Il ne faut point additionner l’épaisseur des trois masses pour avoir la puissance totale de la formation gypseuse ; on auroit une épaisseur trop considérable ; d’ailleurs nous venons de dire que la troisième masse n’est pas , comme on l’a cru , au-dessous des deux autres.
(2) Nous devons la connoissance de ces détails et la suite régulière d’échantillons qu’on en a conservés , au zèle éclairé de M. Bélanger, architecte.
Détail des couches qu on a traversées en creusant le puits situé à l’est de l’ahattoir de la rue de Rochechouart.
Nos. des bancs. Épaisseur.
mètre.
De l’ouverture au banc , n°. 1 , ce ne sont que des terres rapportées. . 1 3,85
N°. 1. Gypse saccaroïde jaunâtre 0,22