‹ Description géologique des environs de ParisChapitre 53 sur 94 · Argile grise feuilletée · texte numérisé non relu

Argile grise feuilletée

21. Sable agglutiné avec infiltration calcaire et ferrugineuse, devenant vers

le bas plus friable et plus fin

22. Calcaire compacte , mais marneux. On n’a pas pu en mesurer l’épaisseur.

23. Six à sept mètres plus bas on voit du calcaire dur, mais cependant comme poreux et tufacé, et six à sept mètres encore plus bas, se trouve le calcaire marin coquillier.

a44 DESCRIPTION GÉOLOGIQUE

environs de La Ferté-sous-Jouarre, sur la rive gauche de la Marne, des buttes gypseuses absolument semblables par leur structure à celles de la rive droite, que nous avons décrites au commencement du § Ier. Ces buttes, la plupart exploitées, sont celles de Yillaré au sud de Vitry, de Tarteret à l’est de La Ferté , de Jouarre, de Barusset au sud de Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux, et plus à l’ouest, en allant vers Meaux, les petites buttes de Dieu-E Amant, de Baubry, de Boutigny et de Nanteuil-les-Meaux.

On trouve ensuite, en allant toujours vers l’ouest , les plâtrières de Quincy. On y voit les marnes argileuses vertes qui recouvrent ordinairement le plâtre, et au-dessus le terrain siliceux d’eau douce. Les couches gypseuses renferment des os fossiles ; ce qui doit faire supposer qu’elles appartiennent à la première masse.

La colline d’Ebly appartient à la formation gypseuse. Il y a de ce point, jusqu’auprès du confluent de la Marne avec la Seine, une grande étendue de terrain sans plâtre ; mais on doit remarquer que le calcaire marin disparoît également , et que ces deux formations reparoissent en même temps près de Creteil.

La colline qui domine Creteil, au sud-est et au pied de laquelle se voit le hameau de Mesly, fait partie de la formation gypseuse. Le sommet de cette colline est plus élevé de quelques mètres que l entrée des plâtrières. On trouve d’abord des marnes argileuses vertes, des marnes calcaires dures et des rognons de gypse cristallisé, vulgairement nommés grignard.

On y admet aussi les trois masses. La première est à trente mètres de profondeur; elle avoitun mètre seulement de puissance : elle est maintenant épuisée. La seconde est à trente -quatre mètres; elle a environ un mètre quinze centimètres de puissance. La troisième , qui est à trente-huit mètres de profondeur, a un mètre trois décimètres d’épaisseur; c’est elle qu’on exploite actuellement. Elle est composée de deux bancs distincts. Ces masses sont séparées par des lits de marne feuilletée. On n’a point encore trouvé d’os fossiles dans ces couches de gypse.

Ou ne connoît au sud de la ligne que nous venons de parcourir

aucune carrière de plâtre, ni même aucune colline qui puisse être regardée comme appartenant à cette formation.

§ III. Rive gauche de la Seine.

La rive gauche de la Seine présente une vaste étendue de terrain qui appartient à la formation gypseuse. On n’y retrouve pas du plâtre dans tous ses points; mais partout on y voit les marnes vertes, les cristaux de sélénite, et souvent même les huîtres et les masses de strontiane sulfatée qui caractérisent cette formation. La carte en fait voir l’étendue. Nous ne parlerons donc que de quelques lieux plus remarquables que les autres.

La superposition du gypse sur le calcaire est encore très-évidente dans ce canton. Ainsi , dès qu’on monte à Thiais, à Villejuif, à Bagneux, à Châtiîlon, à Clamait, on quitte le plateau calcaire et ou s’élève sur le terrain gypseux.

Les premières carrières sont celles de Villejuif. On y voit les huîtres, les marnes vertes, les strontianes sulfatées et des bancs de gypse exploitables.

Il y a également du gypse vers l’extrémité occidentale de ce plateau, dans le vallon de Meudon, sur le chemin de ce village aux Moulineaux ; mais on ne l’a pas exploité.

En suivant les pentes de ce même plateau , on trouve les plâtrières de Bagneux, de Châtiîlon et de Clamart, qui forment la première ligne de ce côté , et qui se ressemblent dans tous les points : en décrire une, c’est faire connoître les autres.

Il y a vingt mètres environ de l’ouverture des puits à la première masse, c’est-à-dire des marnes à la masse exploitée; car on se garde bien de traverser les sables qui, plus au sud ou à l’ouest, recouvrent les formations gypseuses. On trouve d’abord les marnes grises et jaunes sablonneuses renfermant des coquilles fossiles d’huître , comme à Montmartre. La masse de gypse varie beaucoup d’épais-

seur; elle est, d’après le rapport des ouvriers, mince sur les bords des coteaux, et elle diminue même tellement d’épaisseur, qu’elle ne vaut plus les frais d’exploitation; mais vers le milieu elle a jusqu’à six mètres de puissance.

C’est dans ce canton et dans le village de Fontenay-aux-Roses qu’on a traversé toute la masse de gypse, et qu’on a pénétré jusque dans la formation calcaire, en creusant un puits, ainsi que nous l’avons annoncé dans la première section. Ce puits étant terminé et muraillé lorsque nous l’avons examiné , nous n’avons pu avoir une connoissance exacte des couches qu’on a traversées; nous avons été obligés de nous fier aux rapports qu’on nous a faits, constatés par les déblais que nous avons vus sur le sol. Il en résulte qu’on a cl’abord rencontré une couche de sable de trois mètres, puis des marnes sablonneuses renfermant des huîtres, environ un mètre; ensuite quatre à cinq mètres de marne verte et du mauvais gypse ; enfin des couches nombreuses et épaisses de marnes , puis encore du gypse. On a alors trouvé ce calcaire tendre qu’on nomme mauvais moellojis , et on est arrivé au calcaire dur coquillier appelé roche. C’est à cinquante-six mètres qu’on a rencontré cette pierre et qu’on a trouvé de l’eau; mais, depuis cette époque, nous nous sommes assurés cl’une manière encore plus précise de cette superposition, et nous avons pu voir clairement le passage de la formation gypseuse à la formation du calcaire marin. Nous sommes descendus dans une des carrières de pierre calcaire la plus voisine de Bagneux; et quoique la position gênante où on se trouve dans ces puits ne nous ait pas permis de détailler toutes les couches de marne qu’on avoit traversées pour arriver au calcaire, nous avons pu faire les observations suivantes.

Le calcaire exploité se trouve dans ce puits à environ vingt-deux mètres de la surface du sol; il est recouvert par des bancs alternatifs de marne calcaire blanche peu solide, et de marne argileuse feuilletée : ces derniers sont très-minces. Au milieu de ces bancs nous avons reconnu un petit lit de gypse dur, de deux à trois centimètres d’épaisseur; il porte sur l’une de ses surfaces des empreintes de co-

quilles marines difficiles à déterminer, mais qui nous ont paru appartenir à des lucines et à des cérites. Nous n’avons point vu la couche de marne verte, et les ouvriers nous ont assuré qu’elle n’existoit pas ici.

Avant d’arriver au calcaire marin , on trouve un banc de sable gypseux d’environ cinq décimètres d’épaisseur; il contient aussi des coquilles marines ; on peut même y reconnoître très-distinctement des cérites tuberculées, quoiqu’elles soient très-friables et presque toujours brisées. Le même banc renferme en outre de petits rognons blancs de strontiane sulfatée; il est soutenu par une couche de gypse impur, épaisse d’un décimètre environ. Ce gypse, quelquefois très-dur, forme un assez bon ciel à la carrière; mais dans d’autres endroits il est friable et rubané de blanc et de fauve. Il repose presque entièrement sur le calcaire marin, car il n’en est séparé que par un lit mince de deux à trois centimètres de marne trèsargileuse.

Le premier banc de calcaire qui se présente au-dessous de lui appartient au lit que les ouvriers appellent roche , et qui est principalement caractérisé parles cérites, les ampullaires, les lucines et les bucardes qu’il renferme. C’est une pierre très-solide et d’une fort bonne qualité.

Nous avons reconnu dans les lits de sable argileux et de sable calcaire qui précèdent le gypse dans la butte de Clamart, un lit qui renferme une grande quantité de cérites et d’autres coquilles marines.

De Bagneux à Antony nous ne connoissons pas d’exploitation régulière de gypse : il paroît que les couches y sont trop minces; mais on y voit les marnes du gypse et les huîtres qui les caractérisent.

Nous avons reconnu , près du château de Sceaux , les huîtres dans des sables argileux, et près des cascades on voit les marnes vertes et les sphéroïdes de strontiane sulfatée.

A Antony, l’entrée des carrières à plâtre est au plus à dix mètres au-dessus du fond de la vallée; d’où il résulte, comme les détails

suivans (i) vont le prouver, que les couches de gypse sont beaucoup inférieures au lit de la Bièvre.

En suivant la Bièvre et pénétrant dans la vallée , on reconnoit partout, au niveau du fond de cette vallée, les marnes vertes renfermant les grands cristaux de gypse et des masses volumineuses de strontiane sulfatée à retraits prismatiques.

C’est à cette vallée que se terminent les lits de gypse susceptibles d’exploitation. Il y a bien encore sur la rive droite de la Bièvre une assez grande étendue de terrain appartenant à la formation gypseuse; mais le plâtre y est ou trop peu abondant ou trop enfoncé au-dessous du niveau des eaux, pour qu’on puisse l’exploiter avec avantage.

mètres.

(i) t. Terre franche, et au-dessous une couche de silex 0,20

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