Marne calcaire blanche très-dure 0,1 G
17. Quatre lits de marnes grises ou brunes , formant ensemble environ. . . . o,5o
18. Enfin la pleine masse de gypse , que les ouvriers sous-divisent en sept
lits , auxquels ils donnent différens noms. C’est dans cette masse qu’on a trouvé le plus d’os fossiles 2,5o
Cette masse pose sur un plancher de marne.
(*) Cette épaisseur, déduite de rapports d’ouvriers, ne s’accorde pas avec celle qui résulte des mesures que nous avou6 prises nous-mêmes, depuis cette époque, avec le baromètre.
Nous avons été examiner la diposition du terrain à Longjumeau, dans la vallée de l’Yvette , et la profondeur de cette vallée nous a permis d’étudier avec détail la succession des couches supérieures de la formation gypseuse dans ce lieu.
Lorsqu’on commence à descendre, on remarque des deux côtés du chemin une masse considérable de sable dans laquelle la route est creusée. Ce sable renferme vers sa partie supérieure un grand nombre de silex et de meulières d’eau douce qui contiennent des planorbes, des limnées, des potamides et d’autres coquilles fluviatiles, et en outre des empreintes de tiges de végétaux, notamment des bases de tiges de nymphéa reconnus par M. Adolphe Brongniart, et qui ont déjà été indiqués à l’article des terrains d’eau douce supérieure sous le nom de nymphéa arethusœ. On y rencontre aussi beaucoup de bois changés en silex, et des graines de différentes espèces assez bien conservées (i).
A l’ouest est une autre sablonnière un peu plus basse que la précédente; on n’y trouve pas de bois pétrifié, mais des pierres calcaires, sablonneuses, presque fissiles, et d’un gris bleuâtre : ces pierres sont pleines d’empreintes noirâtres de feuilles et de tiges qui paroissent avoir appartenu à des graminées aquatiques; elles répandent par le choc une odeur fétide.
On retrouve ensuite un sable jaunâtre (n°. i ), veiné de blanc et de cramoisi. Cette couche renferme dans sa partie inférieure des coquilles très-friables des genres tellines, lucines, corbules , cérites et même des huîtres (2) , mais de l’espèce de celles qu’on trouve à Grignon , et non de celles qu’on trouve à Montmartre , dans le sable jaune argileux. On y yoit aussi des balanes, des dents de
(1) Voyez la figure et la détermination de ces différens fossiles dans le Mémoire cité plus haut , Annales du Muséum , t. XV, p. 38i ; et la détermination plus précise des végétaux, dans le chapitre consacré à cet objet à la fin de ce mémoire.
(2) Patella spirirostris. Corbula gallica.
Cjiherea nitidula , analogue à la variété — rugosa.
qu’on trouve à Montmartre , etc. Cerithium plicatum.
— lævigata. Murex clathratus , etc.
Corbula striata.
25 o DESCRIPTION GÉOLOGIQUE
squale et des côtes qui paroissent avoir appartenu à un cétacée analogue au lamantin. Ces côtes sont tranformées en silex. Il n’y a pas de doute que cette couche ne corresponde, par sa position et par les fossiles qu’elle renferme, au banc de sable du sommet de Montmartre, de Mesnilrnontant , d’Orgemont près Sanois, etc.
Viennent ensuite les petites huîtres noirâtres (n°. 2) analogues à celles qui précèdent les marnes vertes à Montmartre ( ostrea lingulata) ; ici elles sont mêlées de noyaux pierreux du cytlierea nitidula. Nous avons trouvé au-dessous d’elles des dents de squale et un lit de marne blanche de vingt-deux centimètres d’épaisseur, tout percé de vermiculaires 5 puis une nouvelle couche (n°. 3) d’huîtres d’une trèsgrande dimension (1) (elles ont jusqu’à quinze centimètres de longueur), formant un lit de 0,8 d’épaisseur ; on voit entre les lames voisines de la charnière des cristaux de quarz hyalin très-petits mais très-nets; du sable gris-jaunâtre, o,65, renfermant des moules de coquilles très-nombreux, et enfin un lit mince d’argile feuilletée d’un gris-brun.
On rencontre peu après les marnes vertes avec la strontiane sulfatée qui les accompagne constamment : au-dessous paroît la petite couche d’argile jaune feuilletée qui renferme ordinairement les cythérées; mais nous n’avons pu les découvrir ici. Enfin viennent les marnes calcaires blanches, les marnes jaunâtres et d’autres marnes blanches que nous n’avons pu suivre, parce que le gazon et la culture recouvrent tout dans cette partie dont la pente est moins rapide ; mais nous avons appris qu’on avoit fait à Longjumeau, au bas de la descente du chemin venant de Paris , des fouilles pour y trouver le gypse. On l’y trouve en effet, et on l’eût exploité si l’eau, très-abondante dans le fond d’une vallée aussi profonde, 11’eût rendu les travaux trop dispendieux.
En traversant Longjumeau et remontant du côté de Balainvilliers, on voit à peu près les mêmes couches que celles que nous venons de décrire.
(1) Osirea hippopus etpseudo-chama.
A Juvisy on voit encore les huîtres, l’argile verte, la strontiane sulfatée ; mais le gypse très-enfoncé, comme à Longjumeau, n’est plus visible.
Essone est le dernier point au sud où paroisse encore la formation gypseuse. Elle n’y est plus représentée que par les marnes vertes et par quelques traces de strontiane sulfatée. C’est ici que commence le terrain du calcaire siliceux.
Il paroît cependant que la formation gypseuse , représentée par les marnes vertes, s’étend sur toute la Beauce, et que c’est aux marnes du gypse qu’il faut rapporter la couche de glaise qu’on trouve partout dans ce pays au-dessous du sable qui en forme la surface.
En revenant vers le nord , et remontant la vallée de Bièvre , on peut suivre sans interruption la formation gypseuse jusque dans le vallon de Versailles et dans celui de Sèvres. Dans ce dernier on a reconnu sur les pentes de Chaville et de Viroflay les marnes vertes; elles sont employées à faire des briques et des tuiles, et celles de ce dernier village ont été long-temps les seules qu’on pût employer avec succès pour en faire les étuis ou gazettes dans lesquelles on cuisoit à la manufacture de Sèvres la porcelaine appelée tendre. On a même exploité du gypse sur les hauteurs de Ville-cl’ Avray ; mais on n’a pas obtenu assez de bénéfice de cette exploitation pour la continuer.
M. Defrance a trouvé à la suite de ce même coteau, et près de Pioquencourt , des morceaux de calcaire marneux arrondis d’un seul côté, comme s’ils avoient été usés en place par les eaux. Ces pierres sont coquillières et percées par des pholades qu’on y voit encore. On observe aussi sur quelques-unes d’entre elles , des huîtres fossiles qui y adhéroient naturellement. Ces huîtres, qui sont celles des marnes du gypse, nous ont fait reconnoitre que ces pierres n’appartenoient pas à la formation du calcaire marin, mais plutôt à celle du gypse; elles nous indiquent en outre, par leur forme, par les coquilles qui les ont percées et par celles qui y adhèrent , qu elles faisoient partie d’un rivage de l’ancienne mer.