‹ Description géologique des environs de ParisChapitre 61 sur 94 · MEULIÈRES , SILEX ET MARNES · texte numérisé non relu

MEULIÈRES , SILEX ET MARNES

Les roches que nous avons appelées Meulières sans coquilles , appartiennent , comme nous l’avons reconnu depuis la première édition de ce Traité, et comme nous l’avons dit (Art. VIII de la Ire. Section , p. 56), à la même formation que les meulières pétries de coquilles d’eau douce, et doivent être réunies à cette formation; mais leurs caractères minéralogiques et les usages remarquables qui en résultent étant tous différens de ceux des autres roches siliceuses de ce terrain et des marnes, nous croyons devoir en présenter l’énumération géographique séparément , et avec d’autant plus de raison qu’elles sont bien moins répandues que les autres roches.

§ I. Des meulières proprement dites dans le bassin et hors du

bassin de Paris.

Cette pierre se trouve dans beaucoup d’endroits du bassin de Paris et de ses annexes immédiates , au-dessus du grès marin supérieur; mais elle n’y est souvent qu’en petite quantité. Nous devons donc nous borner à citer les lieux où elle se présente en masses assez puissantes et assez continues pour être susceptibles d’exploitation, soit qu’on l’extraie comme pierre de construction , soit qu’on en retire des masses assez volumineuses et assez solides pour donner des meules ou au moins des portions de meules à moudre (i).

(i) Biuguière avoit déjà dit que ces meulières ne renfermoient que des coquilles d eau

douce.

I. Sur la rive droite ou septentrionale de la Marne et de la Seine.

i°. A l’est et près de Paris, sur la pointe orientale du plateau de Belleville, dans les environs de Fontenay-sous-Bois, on commence à voir quelques débris de meulières compactes, renfermantbeaucoup de coquilles d’eau douce, et notamment des bulimes. Ces meulières sont mal caractérisées.

20. Au nord de Paris, sur le plateau de la forêt de Montmorency , principalement sur sa partie méridionale;ce sont des lits interrompus de meulières compactes , très-riches en coquilles d’eau douce , planorbes, limnées et potamides très-bien conservées. Ces meulières sont exploitées pour les constructions, et on peut très-bien en observer le gisement et toutes les modifications , immédiatement au-dessus du village et même de l’église de Saint-Prix, sur le bord méridional du plateau, et jusqu’au-dessus du village de Saint-Leu.

3°. Sur la colline de Sanois, qui forme le coteau méridional de la vallée de Montmorency; presque tout ce vaste plateau est comme pavé de meulières compactes, qui ne diffèrent en rien de celles du plateau de Montmorency. On y trouve les mêmes coquilles, dans la même abondance, et on rencontre de même les potamides sur son bord méridional. C’est au nord de Cormeil, vers l’étranglement du plateau, que se présentent les exploitations les plus nombreuses et les plus profondes de meulières.

4°. Plus à l’ouest, au-dessus des coteaux qui bordent la Seine, de Triel à Meulan, on remarque encore quelques lits de meulières. Mais ce terrain siliceux d’eau douce ne présente plus ici aussi bien les caractères attribués aux meulières; il prend davantage ceux du silex jaspoïde (1).

(0 R y a bien ailleurs des pierres qu’on nomme aussi meulières ou pierres à meules , mais elles 11’appartiennent pas à la formation dont il est ici question : ce sont ou des parties presque entièrement siliceuses de calcaire siliceux, et quand on a acquis un peu d’habitude, il n’est pas necessaire de voir ces pierres en place pour les distinguer de la meulière du terrain

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