CHAPELLE DE SAINT ANDRÉ & TOUR DU PHARE
La chapelle de saint André et la tour du phare sont construites en briques limées , dont la couleur rouge produit un gracieux contraste avec des encadrements en pierre blanche de Soyssel.
Charles - Félix a fait bâtir cette chapelle , avec une façade d'architecture romande , sur les ruines d'une ancienne chapelle de même style , où la tradition porte que saint Bernard de Clairvaux a célébré la messe au douzième siècle.
Le premier plan de la façade est formé par une porte , où l'on arrive par neuf degrés , accompagnée de deux fenêtres latérales en arcs à plein ceintre. Le second plan, qui est séparé du premier par une frise et une corniche , se compose d'une fenêtre centrale , surmontée d'un fronton accosté de deux pyramides. La porte conduit dans un péristyle, où l'on a conservé les vestiges des constructions antiques, et au-dessus duquel est placée la tribune royale.
De riches vitraux peints parles frères Mullcr, de Berne, éclairent l'intérieur ; on remarque sur ceux de la fenêtre centrale : saint Charles-Borromée , patron du Roi ; sainte Christine , patronne de la Reine , et la sainte Vierge entourée des anges.
Un pavé d'albâtre de Maurienne , en losanges blancs et noirs ; des murs revêtus de stuc ; une voûte en ogive , supportée par treize colonncttes , et peinte d'azur étoile «l'or ; un autel à la romaine , en marbres suisses de di-
verses couleurs ; un excellent tableau , représentant le martyre de saint André , œuvre d'Ayrès , artiste piémontais : telle est la décoration intérieure de la chapelle de saint André.
Cette chapelle communique par la tribune avec le premier étage du pavillon de la Reine , et par le péristyle avec les corridors du rez-de-chaussée. Sa hauteur est de dix métrés du pavé à la voûte, sa longueur de onze mètres et demi , et sa largeur de cinq mètres soixante-cinq centimètres. La base de la tour , qui fait corps avec l'absyde de la chapelle , a été utilisée pour une petite sacristie , au-dessous de laquelle sont les caveaux destine» à la sépulture des moines.
Un rocher perpendiculaire , contre lequel se brisent les eaux du lac , sert de piédestal à la tour du phare ; le fanal qu'on y allume dans les nuits orageuses guide les bateliers surpris par la tempête. Cette pensée bienveillante , due au Roi Charles-Félix , fournit une preuve touchante de la bonté de son cœur.
Extérieurement , la tour a la forme d'un cône à la base ; elle s'élève ensuite en octogone , et se termine par une galerie de style gothique. L'intérieur se compose d'un escalier tournant surmonté d'un observatoire , dont la dimension et les ornements imitent la chambre de la poupe du vaisseau royal Marie-Thérèse.
La hauteur de la galerie au-dessus du niveau du lac est de quarante - cinq mètres. A part l'élévation do la perspective , la vue , depuis ce point culminant, est à peu près la même que celle des terrasses et des fenêtres des bâtiments.
A gauche : — La pointe Saint-Gilles, — l'embouchure
du eanal de Savières , qui joint le lac au Rhône , — les
it
prairies et les fertiles cultures de la vallée de Chautagne ,
— le rocher et le château de Chàtillon , — les champs fleuris de Chindricux ; — et dans le fond du tableau : les montagnes du Jura , qui séparent la France de la Suisse.
En face : — Le village et le vignoble de Brison couronnes par le sommet de la montagne de Ce^sens.
A droite : — La colline de St-Innoccnt , — le port de Puer , — la ville d'Aix , — la riante colline de Tresserve ,
— le château de Bonport , — les rocs du Viviers ; — et mit le dernier plan : les montagnes des Bauges, — la Dent de Nivolet , — la grande chaîne des Alpes , dont la crête est toujours blanchie par la neige.