CHEZ GRARE, LIBRAIRE, RUE SAINT-GILLES
as gi&-TtcxA4 aa
ÿ-'îÀiiri y. oh -fX
w^'Vî .H 7 ï r-
.j ^ «... i • î ,, \\:. i. ' ni vüi ro^
ml %
ixus.mm.ti
r.4i(<i if i 4 K i#t|
m Ou / -/ffii j ♦ m - ♦
IFarcienne Abbaye Moyale de Saint- Miquler, Fune des pins illustres de Tordre de Saint -Benoît,, offre aux regards des amateurs une église d'une struetore admirable 9 considérée avec raison comme I nné des merveilles delà Picardie. Célèbre dès son origine par la fameuse école que Charlemagne y fonda ? sous les auspices du savant Alcuin ^ c’est dans celte antique
AVANT-PROPOS
Abbaye que les princes de la dynastie Carlo vingicnne, et les en fan s de la haute noblesse , furent élevés et reçurent une éducation digne de leur rang. L’on vit également sortir de son sein une foule de savans et d’homnïes distingués par leurs connaissances , qui firent refleurir les sciences et les lettres , dont la culture répandit tant d’éclat sur le règne de ce grand homme 9 pour retomber^ sops ses faibles successeurs , dans la barbarie la plus complète.
Combien d’autres faits auxquels ce célèbre monastère doit son illustration !
Théâtre des combats et plusieurs fois réduit en cendres 5 toujours il se releva du sein de scs ruines , par la pieuse sollicitude de ses Abbés , secondée par la muni* licence des rois de France et des seigneurs de cette contrée.
Le Ponthieu , dont Phistoirc est féconde en évènemens et riche en monu-
AVANT-PROPOS
mens d’un haut intérêt , n’a jamais été décrit ; on ne possède sur ce pays qu’un trèspetit nombre d'anciens ouvrages, purement historiques, dont les crédules auteurs donnent a tête baissée dans les récits les plus absurdes , et manquent souvent d'exactitude dans ceux qui sont avoués par la saine critique.
Parmi tant de Religieux bénédictins qui ont fait honneur a leur ordre, par leurs immenses travaux et leur érudition , il paraîtra sans doute tout-à^fait étrange qu’aucun de ceux qui ont habité cette maison n’ait songé à en publier l’histoire et la descriplion de son église. Voulant faire sortir ce beau monument peu connu , de l’oubli dans lequel il a été pour ainsi dire enseveli jusqu’à ce jour, nous avons moins consulté nos forces que notre zèle pour ce genre d’étude. Encouragé par le succès qu’a obtenu la nouvelle Description de V Eglise Cathédrale (V Amiens , honorée du
vin
suffrage de l’Institut , et dans la vue de compléter nos précédentes investigations sur les monumens gothiques les plus remarquables de cette province , nous avons pensé que le public daignerait accueillir avec la même bienveillance la Description d’un édifice qui possède tant de titres à son admiration.
Afin de prévenir ses désirs et ceux des Abbevillois, nous avons cru devoir appeler leur attention sur l’ancienne Collégiale de Saint-Vulfran d* Abbeville , en décrivant ce monument 5 qui, malgré son état d’imperfection, présente une façade imposante et régulière. Les détails de sculpture de ses trois portiques, pleins d’intérêt , se rattachent a Fhistoire de cette cité, et spécialement à celle des corporations religieuses des arts et métiers.
Le bibliothécaire de la ville, M. Louandre , très-versé dans ses annales , et qui
AVANT-PROPOS
a fut successivement connaître par une savante Biographie et une Histoire de cette cite^1), son illustration, aux différentes époques de la monarchie, s’est empressé y avec une bienveillance toute particulière y de nous seconder dans notre entreprise , en nous fournissant des détails curieux sur son ancienne Collégiale. M. Arnédée Hiver ^ propriétaire à Saint- Miquier, nous a également fourni d’utiles renseignemens sur son antique Abbaye.
Qu’il nous soit permis de leur en témoigner publiquement notre reconnaissance.
Quant a nous y nous nous estimerons heureux si nous avons pu atteindre le but que nous nous étions proposé dans cet essai , et si les étrangers y trouvent autant d’intérêt que les habitans du pays.
(1) Biographie cl* Abbeville et tle ses environs , etc. Abbeville, imp. de Bevérité, 1829. Histoire ancienne et moderne d* Abbeville et de son arrondissement , etc. Abbeville, 183ft et 1835 ; un vol. in-8° de GOG pages.
X AVANT-PROPOS
Depuis la réaction qui s’est opérée dans la littérature et les arts , on entoure pour ainsi dire d'un culte religieux les restes vénérables de nos vieux édifices du moyenâge. Considérés pendant long-temps avec une sorte d’indifïerencc et même avec dédain , nos yeux se sont tout-a-coup dessillés pour admirer ces précieuses reliques des âges passés. Une jeunesse studieuse, avide d’interroger et de connaître les traditions de notre histoire civile et religieuse , ainsi que les variations et les progrès des arts du dessin , s’empresse chaque jour d’en retracer sur ses album les détails les plus piquants et les plus empreints d’originalité. Tout est en marche vers l’étude du passé, pour l’enseignement de l’avenir.
DE L’ÉGLISE