QUI OBIIT ANNO DNI
Par un acte notarié , que renferme la châsse de Saint Angilbcrt , il parait que l’église actuelle fut rebâtie sur l’emplacement de l’ancienne, dont on conserva, dit-on, quelques parties. Voici ce que l’on y lit :
« L*an i685 , le 9 septembre, jour de di- » manche, sur les quatre heures après midi,
» issue des vêpres , messire François d’Aligre, » abbé de Saint-Jacques de Provins.... en pré- » sence de niessire Charles d’Aligre, son frère.. • » abbé commendataire de Saint -Riquier.... » s’est transporté au-devant de la -porte du » chœur de V église de ladite Abbaye , lieu » du sépulchre où reposaient depuis 843 ans » les reliques et ossernens de Saint Angil - » bert , y abbé de ladite Abbaye > ( auquel » lieu ledit saint corps a été transféré par Ri- » bodo , lors abbé , 28 ans après son décès » arrivé le 18 février 8 1 4 ^ ayant ordonné sa » première inhumation au-devant de la grande » porte de l’église, qu’il avait magnifiquement » fait bâtir, aussi bien que toute l’Abbaye, » où il a gouverné sainctement jusqu’au 110m* » bre de 4oo religieux ) , où estant parvenu au- » rait fait découvrir ledit tombeau , où se sont » trouvées deux plaques de plomb qu’il s’est » fait apporter et lire, sur l’une desquelles, » qui est la plus petite , est gravé : Angilber- » tus , àbbas ; et sur la seconde, large d’un » pied , est gravé : Anno ab incarnatione » Dni. MCXXVIII1 , à domno Anschero , » abbate aperlum est hoc sepulchrum » S . Angilberti et corpus ejus adstanii po pulo ostensum ac denuo clausum** ....... »
DE SAINT-RIQïHER. 93
II résulte de cet authentique, s °. que Ribolde, abbé de Saint-Riquier sous Louis-le- Débonnaire, fit transporter à la porte du choeur de l’église d’alors , le corps de Saint Angilbert qui, suivant ses dernières intentions, avait été inhumé par humilité devant la principale porte de ce temple, de même que le rot Pépin devant celle de l’église abbatiale de Saint-Denys, quoiqu’il n’eut pas les mêmes motifs que ce dernier; 20. que le tombeau de Saint Angilbert fut ouvert et son corps montré au peuple en 1129, Par l’abbé Anscher dit le Senior , et qu’en i685 le même corps fut trouvé et reconnu par l’abbé d’Aligre, devant la porte du choeur actuel où il reposait depuis 843 ans , et d’où il fut retiré pour être mis dans une belle châsse d’argent qui a été remplacée par une autre que l’on voit aujourd’hui dans le sanctuaire de Saint-Riquier.
Pour conserver le souvenir de ces deux sépultures d’Angilbert , il existait^ avant la révolution de 1789, deux épitaphes de ce pieux abbé, gravées , l’une sur une plaque de cuivre placée devant la porte de l’église , lieu présumé de la première sépulture ( cette plaque a été enlevée) ; l’autre sur un marbre incrusté dans
le pavé près de la grille du chœur, a été conservée (0. Elle est conçue en ces termes :