EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE
Façade principale.
L'église cathédrale de Chartres, l'un des plus grands et des plus beaux monuments du moyenâge, que nous ayons en France, est bâtie en pierre dure et bien appareillée, d'une construction solide. La disposition générale du plan est grande et noble > et les proportions en sont heureuses^ Ses dehors offrent un aspect imposant; le caractère mâle et sévère de la masse de son architecture ( sans y comprendre les constructions postérieures) indique le premier âge du style improprement appelé gq^ thique ^^\
5^?^ L'architecture appelée gothique ^ dont la vérî table origine
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Cet édifice, bâti sur le sommet d'uiie colline, domine majestueusement sur toute là ville ; mais une place maïKfue devant la façade, pour en considérer les détails.
n^a pas encore été parfaitement définie , présente depuis Yé^ poque de son premier emploi dans la constraction de nos templfeS, difFérehlfi caraëlères propres à chacun des siècles qui ont terminé la longue période de la décadence de Fart au quatnème siècle , jusqu'à sa restauration au seizième , et que Ton désigne ordinairement sous le nom générique de moyen^dge* L'architecture du commencement du onzième siècle , entée sur le style lombard ( considéré comme l'état de l'art dégénéré des anciens , et qui fut introduit en France sous Charlemagne) , se distingue par une lourdeur excessive et par des arcs en pleincintre, dont les retombées reposent sur des chapiteaux chargés de bas-reliefs composés de figures bizarres, et d'ornements dont plusieurs offrent par fois d'heureuses réminiscences de l'art des Grecs et des Romains. L'architecture de la fin du onzième siècle et celle dq douzième , présentent plus de délicatesse et de témérité que la précédente. A cette époque la sculpture étoit aussi beaucoup mieux soignée. On doit remarquer dans le onzième siècle, qu'aux voàte» en plein cintre succédèrent les voiiles ogives , qui*, par leur division eu angles rentrans et saillans très délicatement travaillés , présentent une légèreté et un svelte qu'on ne trouve pas dans les voûtes en berceau.' Voilà le premier âge du stjle improprement appelé gothique. Enfin lesVeîzième et quatîotrziè me siècles nous présentent cette architecture portée an plus haut période de sa perfection. Au retour des croisades > vers la fin du treizième siècle , les arts dépendants du dessin furent très cultivés, et lés artistes qui avoient voyagé en Asie' iaveei saint 'Louis, en apportèrent un nouveau genre de décoration, et introduisirent particulièrement
La façaile principale^ remarquable par sa proporlion colossale f la simplicité et l'irrégularité de seâ masses^ présente deux grosses tours carrées^ surmontées de deux hautes pyramides de forme octogone^ dont Tune d'un travail extrêmement riche et délicat^ produit une heureuse opposition avec les ^^rands corps lisses de cette façade* Leur élévation cxtraérdinaire les fait apercevoir de très loin. La hauteur du clocher^vieux j depuis le pav(é jusqu'au croissant, est de 34^ pieds; celle du clocÉer^neufest de 378 pieds ^ leur largeur prise dans la base est de 5o pieds. L'intervalle qui les sépare étant égal à leur diamètre , il en résulte que la façade entière a i5o pieds de largeur. Les profils des soubassements des deux tours pr-ésentent des différences assez •remarquables : ceux du clocher^ieux sont plus
dans l'archite^ure le stjle arabesque ; àks lors les ogîres allongées et élégantes prirent la place des voûtes surbaissées ^ et l'on vît bientôt^ à l'instar des mosquées, noâ temples s'élever majestueusement ^ et leur intérieur se revétîr de dorures et de couleurs brillantes I qui, réunies & la ricbesse des vitraux peints , étalèrent le luxe le plus imposant. Tel a été l'état de Farcbitecture du moyen-âge, depuis le onzième siècle jusque vers la fin du quinzième. Les relaticms qui s'établirent entre la France et l'Italie pendant le règne de Oharlet VIII , et qui se continuèrent sous ses successeura , contribuèrent beaucoup & l'introduction d'un nouveau style d'architecture et 4 l'abandon du gothique , dont il est pernus toutefois de r^r^terl'élégance et la légèreté, surtout pour un certain ordtie detuoiiunients.
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pars^, la disposition des contreforts présente un as- Jïect plùsçi'égulier. ^*^
Trois grandes portes précédées d'un perron élevé de ^ 'marches^ et pratiquées sous des voussures ogives^ décorées de figures et de rinceaux d'ornements^ divisent également la partie de cette façade qui règne entre les deux clochers. Elles représentent divers sujets tirés de TApocaljpse et de la Yij8 de la ssunte Vierge.
^ Sur CeUe.du milieu^ dite Importe Royale ( ainsr nommée^ parce que c'est par cette porte que les rois de France étoient teous dans cette église), on voit dans la partie supérieure de l'enfoncement , Jésus- Qiipist 4àns un ovale lumineux assis sur son trône , tet^n^ de la main gauche le livre des sept sceaux , puis ayant la droite élevée comme pour donner la bénéiliction. La figure du Sauveur vêtue d'une longue tunique et d^une espèce àe péplum ou manteau enrichi de broderies, est environnée des sym-
^ ^'^ Il n'existe en France aucun exemple de deux pyramides accouplées construites en pierre, dont Félévatioii puisse entrer en parallèle avec celle des clochers de la cathédrale de Chartres. Il faut excepter de celte règle la tour pvraraidale de l'église de Strasbourg, qui est seule. Les deux pyramides qui surmontent le portail dé la cathédrale de Coutances, si admirables par Funi té qui règne dans leur ensemble , sont beaucoup moins élevées que celles de Chartres ; il en est de même des deux flèches de Féglise de Saiut-Ëtienue de Gaen (dite V Abbaye aux Hommes) , et de plusieurs autres.
bolcs des quatre évangëlistes désignés dans la vision d'Ezéchiel^ savoir : Le lion (saint Marc); le bœuf (saint Luc); Taigle (saint Jean); et l'ange ( saint Mathieu ) : cette manière de représenter la divinité est conforme à celle généralement adoptée dans les onzième et douzième siècles^ qui nous avoit été transmise par les Grecs ^^K Au-dessous de celte représentation^ sont placées sur une même ligne les figures des prophètes au nombre de i^. Dans les arcs ogives qui forment la voussure du portail^ se voient les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, tenant di^ vers instruments de musique, des coupes d'or remplies de parfums, et chantant aux noces de l'agneau un cantique nouveau, avec la harpe y le sistre et le psaltérion. Ces instruments de musique, parmi lesquels on reconnqît le violon à trois et à quatre cordes, sont aussi curieux qu'inléressants par la richesse et la variété de leur forme ^^\ Le fond du
'*^ llusieurs églises de la Bourgogne, constrnîtes dans le onzième siècle , offrent sur l^jur frontispice les mêmes reprë* sentation.i. Voy. les Notes et les Dissertations sur l'Histoire de Boi:r^(9gnc , j-ar dôm Pianche» et dom Merle , tome I , p. 47^»
^ Viï de ces violons et plusieurs des grandes statues qui décorent les (rois portails de cette façaile, ont éié gravés^ et se trouvent dans les Monumens français inédits pour servir à Vhistoire des arts , etc, , publias par M. Willemain. Cet ouvrage exécute avec le plus grand soin et l'exactitude la plus scrupu^ Icuse, d'après les monuments et les manuscrits, offre une galerie aussi utile qu'intéressante, de costumes civils et mili-
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cadre ogive au-dessus de la porte est décoré de plusieurs anges tenant dans leurs mains des astroiabes y ou espèces de cadrans servant à indiquer le cours des astres ^^\
Les deux faces latérales de ce portail sont ornées de grandes statues placées dans Tordre suivant : sur la gauche, il y a d'abord deux reines et un roi; ensuite un autre roi et un saint ^ qui sont les plus près dé l'entrée. L'autre à droite en entrant , corn-;mence par un saint; après viennent un roî et une reine et un autre roi. Tous pprteht le nimÎ3e ou cercle lumineux : l'un des deux rois tient un livrc^ deux reines en ont aussi chacune un; on doit observer que c'est la marque ordinaire dés fondateurs
laires^ d'îaâlr^mçnU 4© mu3Îq«ié, de nieubles de Km t<B espèce; de décorations intérieures et extérieures - 4)e maisons ^ et dç détails d'archite<:lure çt d'ornements, depuisle commencement de la monarchie jusques et compris le règne de Louis XIV. Cette belle collection , unique en son genre., qui a exigé de l'auteur de longues recherches > non-seulement à ï*aHs, mais dans nus provinces , doit être distinguée d'une autre publiée*sur la même matière , compilation exécutée saùs goût et sans le moindre discernement, d'après le$ gravures des» Monumens de la monarchie française du Père Mo-^tfaucoï^,, et autres recueils aussi inexacts;
^*^ Ces astrolabes paroissent appartenir" k des temps beaucoup plus anciens^ où Ton décernoit un culte aux astres; ils Dut passé siiccessivenient dés temples payens dans la décoration des temples chrétiens , oit l*onii également représenté d'autres lignes de ce calte , dans lej temps d'igùoraùc€f et de barbarie.
OU des bienfaiteurs^ qui étoit alors en usage. Le^ i:ouleaux déploya que tiennent les rois et les reines^ indiquent le consentement ou la permission qu'ils ont donné pour cette construction.
Le deuxième portail à droite représente différents traits de la vie de la sainte Vierge. On voit succès^ sivement dans trois divisions distinctes : i^ Un ange qui annonce aux bergers la naissance de Jésus- Christ. Le lit de la Vierge se fait remarquer par sa forme élégante. 2® La présentation de Jésus-Christ au temple par la sainte Vierge et saint Joseph j de l'autre côté est le vieillard Siméon. 3<> Dans la partie supérieure du tympan, la Vierge assise, un sceptre à la, main^ tenant l'enfant Jésus sur s^ genoux ; à ses côtés sont deux anges tenant chacun un encensoir. Sur les faces latérales de ce portail sont plal^éùs ^ grandes «ialues de rois et dô reines dont Icd noms ne sont point connus.
Le troisième portail à gauche représente dans la partie supérieure au-dessus de la porte , Jésus - Christ, la main droite éleve'e, accompagné de deux anges, et au-dessous les quatre anges désignés dans le septième chapitre de l'Apocalypse. Ces quatre anges placés aux quatre coins de la terre , retenoient les quatre Tenls,* afin qu'ils ne soufflassent point sur la terre ni sur la mer : plus bas se voient dix petites figures. Dans les arcs ogives de la voussure du portail, on remarque plusieurs figures grotesques , deç quadrupèdes , les siSPes du zodiaque et les travaux agricoles des doua^ mois de l'année , le tout gros-
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sièremejtitâculptié.Les sigaes du liodiaque qui sont iliQQnipIets^ se trouveut dispo^s de la manière $air vauLe; i^ L'eçreyisse. 2® Le verseau. 3^ J^es gé-» me^ux* 4^ Le sagittaire. 5^ La vierge. Ç® Le Jion* 7 «Le taureai^ 8^ Le scorpion. 90 Le bélier. L'ôrdrç daws lequel dévoient être placés les sigpes* du zor diaque^ ^ trouve interverti par des transpositions , qui prouvent l'ignorance des ordonnateurs des tra-» yaux^ qui n'étoient guidés p^r aucuine conlioissance açt;roij(oniique.
Ajajf. §ignes du zodiaque , le sculpteur, conformément à JVsage, a cryi devoir associer les travaux champêtres d^s douze mois de Faniiée qift y corresr pondeût. Ils sont distribués delaiùaiiière suivant^ lo Lç Ja^us Bifrom devant une tabLe> ojt ftepant uuq coupe k boire, a^ Un bùdiçron feisaijt la opupe des bois. 3° Une fiemme occupée à /çn^seme^c^îr;. 4® Ua bom^ie; abattant le gland pour la nourriture doai pourceaux. 5^ La qbâsse au faucon ou le printerap/s. ^o Ua homme qui paroît être un moine jetant ^a cucule à l'entrée d'un mon;*6ttère. 7^ Un vigneron plantant des ceps de vignes^ 8"^ Un paysan qui bat en grange. çf> Un vigneron foulant les raisins dans Lir cuve, qiji'uji} vendangeur s'pcioupe à remplir. 10° Un homme travaillant à la moisson. n*^Un autre conduisant son cheval au labourage. 120 Un paysan occupé à faucher un pré. iS^ Un autre plantant un arbre. /. -
Nous p^roissons aimir emprunté des Egyptiens et des Indiens l'usage çl^ sculpter les douze signes du.
nÔ DESCRIPTION niSTOniQUE
zodiaque^ sous les portiques de nos temples. Les architectes du moyen-âge ont suivi en cela l'opinion de leur temps, et le goût de décoration de ces peuples, qui nous fut transmis par les excursions lointaines et par les Croisades. La plupart de ces prétendus monumonts astronomiques ne sont que des ornements qu'on s'est accoutumé^ dans les temps d'ignorance, à donner aux temples chrétiens , comme on les plaçoit auparavant aussi dans les tanples paycns, sans en bien connoître la nature, et sans savoir les adapter aux temps ou Ton vivoit ^^\ L'exécution de ces représentations zodiacales étoit souvent confiée à des ouvriers qui n'y entendoient rien, et qui commcttoient par fois des bévues semblables à celles du zodiaque que nous venons de décrire , , dont le sens incomplet et la transposition des signes attestent que ces artistes n'avoient d'autre intention que celle de rappeler l'époque des travaux propres à chaque saison, ou même uniquement de se conformer à une coutume de tout temps suivie par les architectes du moyen-âge.
Les deux faces latérales de ce portail sont décorées de six grandes statues , trois de chaque côté , représentant les principaux bienfaiteurs de cette
église.
Toutes les statues qui décorent ces trois porti-
^^ Exameh et Explication du Zodiaque de Denderah, etc.> j^ar M. Tabbé Halma. Paris, 4822, pages 9 et suiv.
DE lA cathédrale de CHARTRES. 27
ques, sont aussi intéressantes pour l'histoire de Târt", que pour celle du costume français dans les onzième et douzième siècles j elles sont vêtues de longues tuniques, recouvertes par une espèce de manteau , qui quelquefois ouvert sur le devant , laisse apercevoir de riches ceintures et de très belles étoffes gauffrées. On doit surtout remarquer la forme variée des couronnes , ainsi que les longues tresses de cheveux (dont quelques-unes sont enveloppées de ru- • bans ) que portent la plupart des reines et des princesses, comme un signe caractéristique de la liberté et de la puissance de la noblesse, suivant l'usage observé sous la première, la deuxième et le commencement de la troisième race des rois de France ^*\ La plupart de ces statues confiées aux sculpteurs les plus habiles , ont été exécutées avec une si grande perfection pour le temps , qu'on doit les distinguer par la dignité du st^le , comme les plus intéï^essantes parmi celles qui décorent les portiques des monuments du moyen-âge. 11 en est de même des colonnes décorées d'^itrelacs et de rinceaux d'ornements cViin très bon goût, qui séparent les statues^ de ces trois portiquesv Enfin toutes ces sculptures sont tel-
^^* La plupart des Allemandes portent encore de pareilles tresses de cheveux, qui font une partie essentielle de la parure de leur tête. La chevelure longue que portent encore les habitants de la <Sampagne^ peut être coiisidërée comme un monu* ment de leur affrauchissement dans le moyen-âge.
a8 DESCRIPTION HISTORIQUE
lemcpt empreintes du caractère oriental^ que Von scroit tenté de croire qu'elles fuient exécutées par des artistes grecs. Grâce au zèle des habitants de Chartres^ les traqes du vandalisme ne réveillent paa ici coipmQ ailleurs les souvenirs les plus afiUg^ants.
Les personnages représentés sur ces portiques , sont les rois et reines^ ducs et comtes qui côntri* huèrent à la réédification de cette basilique* Tels . «ont: Robert l, aille Pieux, roi de France; la reine son épouse; Ganut*le-Grand, roi d'Angleterre et de Danemarck; Eudes II, comte de Chartres; Ri« cfaard U, quatrième duc de ^Normandie; Guil« laume V, duc d'Aquitaine; la princesse Mahaut, duchesse de Normandie, et plusieurs autres princes et seigneurs leurs contemporains , qui donnèrent des sommes considérables pour travailler à la construction de cet édifice. .
Les chapiteaux et couronnements qui surmontent les colonnes et les statues de ces portiques , ainsi que le pourtour des chambranles, sont décorés d'nne ^te de petits bas-reUef^ , représentant pour la ipkipart les mystères du i\ouveau testament. Ces petites figures sont d'une exécution très soignée. Plusieurs des chapiteaux des colonnes de la porte rofule, présentent ^naelques réminiscences du cljftpiteau corintliien. Un autre chapiteau que l'on voit a gauche à Ventrée de la nef, offre deux dragons ailés buvant dans une coupe, imitation imparfaite de quelques bas-relieis antique.
Au-dessus de ces portiques , sont trois grandes
' fenêtres vitrées en verre peint. Immédiatement audessus de ces fenêtres, se voit une grande rose remarquable par la délicatesse de ses compartiments' en pierre. Cette rose est surmontée d'une galerie qui sert à communiquer d'un clocher à l'autre : un peu plus haut que cette galerie, sont placées dans des niches , seize grandes statues de rois et de reines tenant des sceptres, qu'on présume avoir été les bienfaiteurs de celte église j ces statues uè sont pas d'un aussi bon style que celles des trois portiques. Dans 1er grand pignon qui surmonte la façade de l'église, se voit une représentation en relief de l'apothéose de la sainte Vierge ; deux ançes, l'un placé à droite, l'autre à gauche, portent des encensoirs. Cepignon est .surmonté d'une statue, que l'on croit être celle de saine Aventin , premier évêque de Chartres. Ensuite s'é-i lèvent SUT deux lignes parallèles, les deux clochers: l'un , dit le clpcher-vieux , étonne par sa masse énorme , sa forme pyramidale et ses belles proportions. Vers le haut de cette pyramide, et près d'une ouverlure, il existe une échelle en fer par laquelle on monte à la croix, qui est entée dans un globe de cuivre doré,' et surmontée d'un croissant de^ même matière, qui y fut posé en 1681. L'ordonnance mâle de ce clocher se distingue spécialement par l'heureux accord des lignes, parfaitemient eu harmonie avec la sévérité du style de l'église. * » Ce clocher est percé sur chaque face de plusieurs fenêtres ogives , dont les ^lus élevées sont surmontées de frvintons aigus, et accompa^uiécs d'obélîs-
3o DESCRIPTION HISTORIQUE
qucs qui flanquent les angles de la tour. Il coDle— faoit autrefois trois grosses cloches, appelées bour^ dons y qui ont clé cassées et fondues en 1792 ^*^ La charpente qui les supportoit, est remarquable par sa belle conslruclion. On y voit deux poinçons dont les culs-de-lampe sont ornés de bas-reliefs : sur l'un est un écusson aux armes de France, dont le nombre des fleurs-de-lis, réduit à trois, indique le règne de Charles VI ^*); sur Tautre cul-de- lampe, sont le» armes de l'ancien chapitre de Chartres. ^^>
^' La plus grosse de ces trois cloches, appelée Afane, avoît d'abord été jetée en fonte le 29 avril i5io, par Pierre Koël et Pierre Saînet , fondeurs ; .elle fut refondue en.i^aS , avec quatre autres cloches de la même église, par François Sabattier, Antoine et Claude Brocard et Jacques Cliauchard , très habiles fondeurs.
^ Le premier exemple que l'on puisse produire de troi* fleurs-de-lis seules dans Técu de France , est tiré du contre-scel du sceai^ , que Philippe III dit le Bardi^ lai&sa aux régenls du royaume, lors de son départ pour la guerre d'Aragon en i285, Charles V est le ' premier qui réduisit les fleurs-de-lis sans nombre, à celui de trois , deux et une, afin d'honorer dans ce nombre mystique les trois personnes de la Trinité. Cependant l'usage n'en devint général que sous Charles VI , qui , par une ordonnance de i38o, fixa à trois le nombre des fleurs dans l'écu de France, Dom De Vaines, Dictionnaire de Diplomatique, ' Paris, 1774* tome II, p. 273.
^ Les armoiries de l'ancien Chapitre de Chartres étoient d^azur à une chemise d'argent. Le chapitre avoit adopté cette pièce dan» ses armes, afin de rappeler que son église possédoit la tonique de la Vierge^ qui lui avoit été donnée en 877 par Cbarles-le-Chauye , roi de France.
Le second clocher, dit le clocher-neîif ^ commande Tadmiration , tant par la hardiesse de sa structure, que par la richesse et la délicatesse de ses ornemens. Ù est divisé en plusieurs étages voûtés en pierre j le premier, situé à la hauteur du comble de l'église, est appelé la chambre de la sonnerie. Sur le mur de cette chambre , du côté du midi , se voit une grande pierre blanche , sur laquelle est gravée une inscription dont les caractères sont gothiques. Cette inscription a été placée dans cet endroit, pour conserver à la postérité , la mémoire du funeste incendie arrivé l'an i5o6 , et qui réduisit en cendres une partie de ce cloclier. C'est le clocher qui est censé parler :
Je fu iadis de plomb et de bois oonstmict y Gran4 , bault , et beaa y et de somptueux ouurage , ' Jusques à ce que tonnerre et orage M'ba consommé , dégasté et détruict.
Le iour de saincte Anne , vers six heures de nuict , En l'an compté mille cinq cens et six :
Je fus bruslé , démoli et recuit y Et auec moi de grosses cloches six.
Après Messieurs en plein Chapitre assis , Ont ordonné de pierre me refaire y A grande voulte, et pilliers bien massifs , Par Jehan de Beaulse , ouvrier qui le sceut faire.
L'ai;i dessus dict , après pour me refaire , Firent asseoir le vingt-quatriesme four , Du mois de Mars , pour le premier afibire, Première pierre et aultres sans séfour.
Et en Apuril huictiesme iour exprès y RsNi d'^liers; éuesque de renom y
33 DESCRIITION HISTORÎQtrfe
Perdit Id vie ^ au Uetl duqtfel apvèa , Fust EiunD mis paT postulation.
lin ce temps U qn'auois nécessité , Auoit des gens qm pourmoy lors veilloient: De bon cœur, fuat hyrer ou esté , Dieu leur pardoint ^*', car pour lui trauailloient. i5o8-
Dans rétage au-dessus de la chambre de la son-^ nerie se voit la charpente dans laquelle étoient suspendues cinq cloches d'accord avec les trois bourdons de l'autre tour j elles ont été cassées de même que ces dernières à Tépoque de la révolution, à Texception de la plus petite des cinq appelée PiaCy qui a été conservée , et dont on se sert pour annoncer les oflScest elle pèse 1800 livres.
En 18 16, la fabrique de Téglise de Chartres a fait fondre deux cloches dont la plus grosse pèse 3,5oo, et la seconde 2,800 livres. Ces deux cloches ont été nommées par Monsieur, comte d'Artois, et Madame, duchesse, d'Angouleme, représentés par M. le vicomte de Sesmài^o» et Madame la comtesse de Gantaut-Biron. EUeg ont ^lé fondues par ISicolas CavilUer, de Carré-Puits (iSomme).
On peut éirculer autour de 'ce clocher, par une galerie , dont la balustrade à jour^ forme une riche ceinture horizontale , qui surmonte quatre grandes fenêtres à froûtons aigus , percées sur chacune ^es
^'^ r^i donne.
faces de la tour. Sur les piliers angulaires de la tour s'élèvent quatre obélisques d'une structure élégante et hardie qui se^ rattachent au corps du clocher y par de légers arcs-boutariits dont l'extrados est- orné de jolies découpures. Sur chacun- de ces obélisques ^ et à une certaine hauteur , sont grouj^ées trois statues représentant les douze apôtres avec leurs attributs. Gîtte partie du clocher offre sUr chaque face une grande fenêtre , surmontée, ^d'un pi* gnon de stylé arabesque- travaillé à jour. Sur le pi-r gnon du côté de la place du parvis, se voit une grande statue en pierre représentant Dieu le Père, tenant d'une main un livre, et de l'autre un globe sitmiiôtilé d^îïiè"'<5ro1x *ën^fér7 syîabôte de" sa sUuvë^ raine puissaiice.' Autour du socle sur lequel est placée cette statue , on lit l'inscription suivante en cJaractères gothiques : Jehan de Beauce qui a faict
CE CLOCHER, m'A FAICT FAIRE, l5l3.
C'est dans cette partie du clocher , que l'architecte, Jean de Beauce, a cru -devoir étaler un grand luxe d'ornements j ce sont des ceps de vignes découpés à jour, qui suivent les contodfs des arôs ogives, ainsi que des entrelacs et des rinceaux da meilleur goût. Toutes les sculptures qui décorent ce clocher, ont été exécutées par les mêmes artistes auxquels on doit celles de la clôturé du chœur de cette église ^*\
. ^*' Sablon , Histoire de t Eglise de Chartres , ëdit. de 1697 , page 62. '
De la galerie qui vient d*être décrite , on monte un escalier pratiqué dans une tourelle à jour , hors d'oeuvre, et Ton arrive dans une chambre de forme octogone et voûtée en pierre , dans laquelle sont deux lits et une cheminée. Cette chambre sert à loger les deux hommes qui sont gagés par la ville , pour veiller nuit et jour aux incendies. Lorsqu'ils en découvrent , d'abord , ils annoncent , par le moyen d'un porte-voix ( qui s'entend de toute la ville ) le quartier où le feu s'est manifesté; ensuite ils sonnent le tocsin sur une cloche placée au-dessus de leur chambre ^'\ Près de la porte qui conduit sur la ga-
^'' Voici ce qai donna lieu à cet juâage. Les fréquens incendies qui arri voient dans cette vtile ( dont presque toutes les maisons sont construites en pans de bois ) , particulièrement celui de 126a, et la nécessité d'y établir une borloge publique, excitèrent singulièrement l'attention des Chartrains. Sur la demande qu'ils adressèrent en 1 269 à Philippe-le-Hardi , fils de saint Louis , ils obtinrent que le chapitre de la cathédrale seroit obligé de faire monter et entretenir une horloge ( pour toute la ville } f. dont le timbre placé dans l'un des clochers ou autre lieu éminent, servi roit en même temps au tocsin ; qu'à cet effet le chapitre entretiendroit deux hommes pour coucher dans le clocher y pour veiller nuit et jour, et sonner l'alarme en cas d'incendie ou d'autre accident. On construisit cette horloge y et le timbre fut placé dans le petit clocher qu'on vojoit, avant la Révolution , sur le centre de la croisée* Au mois de septembre i5qo, on descendit de ce clocher le timbre de l'horloge, et l'on en fit refondre un beaucoup plus fort, qu'on plaça au dernier étage du clocher-neuf. Le mécanisme de l'horloge fut placé
lerie, on lit l'inscription suivante gravée sur une pierre attachée au mur de cet observatoire ^^^ :
Ob viNDiciTAM, smauLÀRi Dei munere ^
ET A FLAMMIS ILLJESAM nJLNC PTRAMIDEM, ANNO 1674 » ï5 DECEMBRIS PER INCURIAM VIGILtIM , HIC EXCITATO AC STATIM EXTINCTO INCENDIO, TANTI BENEFICII MEMORES SOLEMNI POMPA , GRATHS DEO PRIUS PERSOLUTIS, DEGANUS ET CAPITULUM CARNOTENSE HOC POSTERITATI MOKUMEWTUM POSUERE»
De cette chambre on monte au dernier étage du clocher. C'est une lanterne de forme octogone, percée de deux fenêtres sur chaque pan , dans la^ quelle est suspendue la cloche del'horlogej vulgairement appelée la cloche du guet y parce qu'elle sert de tocsin pour les incendies. Cette cloche, qui pèse io,54cJ livres, a six pieds 4 pouces de diamètre, et 5 pouces d'épaisseur. On y voit la salamandre ,
au bas de ce clocher , dans un petit bâtiment construit à cet effet , afin que le mouvement pût agir plus librement sur le timbre. Le beau cadran qu'on y voit, et qui, suivant l'ancien usage étoit divisé eh vingt-quatre heures , ne fut posé qu'en i526. Ce petit édifice est remarquable par l'excellent style de sa coniiposition , qui indique la nuance qui sépare en France le gothique du bon goût. Derrière cet édifice et entre les contreforts de la tour, il existe un réservoir toujours plein d'eau, pour servir , en cas d'incendie , dans le bâtiment.
^^ Voyez ci-dessus , page i5 , ce qui a été dit à l'occasion de l'incendie de 1674*
devise de François I , sous le règne duquel elle a été fondue. C'est dp. ce dentier, étage du clocher, que Ton jouit d'une vue admirable sur les vastes et fertiles pleines de ia Beau ce.
Au-dessus db cette lanterne, s^éTève une haute pyramide en pierre de forme octogone , dont les arêtes sont enrichies d'ornements en saillie ; elle est surmontée d'une croix de fer de 8 pieds de hauteur sur 5 pieds de< largeur, entée- dans un vase de bronze de 5 pieds 6 pouces de hauteur sur 2 pieds 6 pouces de diamètre. Ce vase , y compris l'armature en fer placée dans Tintérieur, pèse 976 livres. Il est revêtu de serpens entrelacés. On monte à la croix par le moyen d'une échelle en fer , fixée à la pyramide: Nous avons déjà dit que le liaut de cette pyramide fàt rétabli en pierre de Vernon et la croix refaite à neuf par les soins de Claude Auge, sculpteur lyonnois.Gèlte réparation! qui' coûta là somme de mille francs au Chapitre , fut commencée en 1691 , et' achevée le 8 août 1692 ^*\
Le style de la reconstruction de cette partie du clocher neuf, offre un exemple de l'architecture dite gothique y portée à un période voisin de sa décadence,, et dans laquelle on distingue plusieurs formes qu'elle a empruntées du style arabe. L'ar>chiteûte Jean de Beauce , en homme expérimenté
^^ Sablqn, Histoire de l'Eglise de Chartres, etc., édît. de
ut. LA CATHÉDRALE DE CHARTRES, 3;
idans son art , a «i allier Félégance des formes d la richesse des détails^ à une solidité'déjà éprouvée par d3lltsieurs .siècles , ^ dont la nature dos matériaux '^raurtit une longue durée.
En se'dirigeaint 'au cê%é du midî^ on voit «ur l':an^e d'un des coatrefi^rts , au bas <iïi cfochét- •vieux i un cadraim solaire en pierre portant la dirte Jde 1578, et soutenu par un ange qui pst inhérétft au coips de la tour. O^itre que fa 'sé!iâptiil?e de^cet abge est parfait^n^tit ' seïn!blal>lé à celle des trois portails delà façade, c'est xqu'il ^st encore appuyé ■sur Aine base «qui 'paroît avoir été faite en même J;eai.]p5 que le clocher^ ce ^i porter oit à croir^e que IC' padran solaire ^ontil a été parlé ci-dessus , n^est que le renouveU^n^t d'un aUtrfe cadran beaucoup piltts ancien qui seraf saijis 4out« tombé de vétusté, -S«tr l'autre ccwtft'efort dû clocher^wux ( toujours ^ <;ôté du midi ), est placée la figure d^Hï quadrupède assez renommé dans le pays, et vulgairement . appelé VAne qui pieUt. Cet âne qui est supporté àav une console ornée de deux marmousets, parpît jouer d'un instrument à cordes , qu'on reconnoit pour être une harpe ^ mais que Ton a pris mal à propos pour une vielle- Cette idée bizarre de placer sur le jpaujr d'un (emple, la configuration grotesque d'un km pinçant de la harpe , doit 4tre, je crois ^ considérée oomme un monument des superstitions et des extravagances de \di fête de Vâne^. en usage dans plusieurs églises de France dès le onzième siècle , et dont le sculpteur , imbu de cette superstition , aura
peut-être voulu conserver la mémoire^ en plaçant ici la figuré de cet animal ^".
Sur le troisième éperon du même côté, se voit à la même hauteur, un autre animal dont la tête manque ; cetle figure paroît être celle d'une truie qui file; on la trouve également reproduite sur le frontispice de la cathédrale de Saint Paul de Léon dans le département du Finistère. Ce monument représente une truie à mamelles gonfiées , assise et filant avec une quenouille ; le peuple Fappelle vulgairement la truie quijile ^^\
Dans le seizième siècle les artistes plus entraînés que jamais à se Uvrer aux écarts de leur imagination, plaçoient encore de ces quadrupèdes immondes jusques dans l'intérieur des temples. Nous citerons Texemple suivant : sur le jubé de l'église de Saint- André de Chartres, construit en i5oi, on voyoit autrefois, entre autres configurations grotesques, un cochon dressé sur ses pieds de derrière, battant le beurre dans une tinette, au-dessous d'un chêne.
^*^ Le but de la Fête de VAne étoit d'honorer l'humble et utile animal qui avoit assisté à la naissance de Jésus-Christ^ et qui Tavoit porté sur son dos , lors de son entrée à Jérusalem. L'église métropolitaine de Sens étoit celle oh cette solennité se faîsoit avec le plus d'appareil. Voyez Description ctun Dyptique qui renferme un Missel de la Fête des Fous , etc. , par A. L. Millin, Paris, 1806, in-40.
^ Mangourit, Monuments historiques de la Bretagne; Mé^ moires de la Société des Antiquaires de France, tome 11^ p. 200.
DE LA CATHÉDRALE DE CHARTRES. Sg
la tète levée et ouvrant la mâchoire pour mauj^er le glaild suspendu à Tarbre ^^^
Façade méridionale.
Toute la partie latérale de l'église , du côté du midi y présente un caractère à la fois sévère et imposant. La disposition des piliers butans ^ et la grande saillie du croisillon précédé d'un vaste porche à trois portiques, produit un grand eiSet dans la perspective de ce temple , dont l'aspect est vraiment pittoresque, vu de la place vulgairement appelée le cloître de Notre-Dame,
Les piliers butans de la nef, au nombre de six> sont ornés de statues placées dans des niches. Chaque pilier butant se compose de trois arcs-boutans qui, comme autant de contre-fiches, servent à appuyer les murs contre la poussée des voûtes. Celui du miUeu est remarquable par lés colonnes dont il est soutenu, et qui forment des rayons disposés comme ceux d'une roue. Ces colonnes sont liées entre elles par de petits cintres qui supportent et donnent une grande solidité à cet arc-boutant d'une construction assez matérielle.
Le portail de ce côté eit précédé d'un vaste porche à trois portiques , formant péristyle, d'une structure admirable, et auquel on monte par un
^^ Notice manuscrite sur l'Eglise collégiale et paroissiale de Saint-André de Chartres , par M. Hérisson.
4o DESCRIPTION HISTORIQUE
perron composé de,dix*sept marches. Ge magnifique porche est soutenu par des massifs ou piédroits^ décorés d'une longue suite de bas-reliefs et accompagnés d'une grande quantité de colonnes ^ dont presque tous les fûts sont d'une seule pierre. Les trois portiques sont surmontés de pignons et d'une suite de dix-huit statues de rois et de reines placées dens des niches^ surmontées de pyramides. On aura une idée de la beauté et de la richesse de ce morceau d'architecture, unique dans son genre, lorsqu'on saura que toutes les statues et les bas^relie£s qui le décorent, ont été jadis peints et dorés , ce que prouvent les manuscrits , et ce que l'on reconnoit d'ailleurs par des fragments de peinture et de dorure qui ont échappé à l'injure de l'air et des siècles, qui ont insensiblement déposé sur toutes ces figures, une couche de poussière que l'on devroit s'empresser de faire nettoyer.
Sur le trumeau de la porte du milieu , est représenté Jésus-Christ tenant 4e livre des Saints Evangiles afin d'indiquer qu'il est la lumière du monde^^^ ; la couverture du volume est richement ornée; la tonique du Sauveur est peinte par le bas de trois bandes de couleur rouge , et le bord de son manteau est peint en pourpre. C^ manteau a été originairement doré ainsi que le nimbe orné d'une croix grecque. Sous le piédestal de cette statue, est placée
^^^ Ego sum lux mundi.
DE LA CATBÉDBALE DE CHARTBFS, 4i
xûans deux divisions^ la figure à genoux de Pierre idit ilf^Mcfcrc/ duc de Bretagne, la tête ceinte d^une ooui^ODne enridiie de perles, distribuant des pains Idausune ^orWlle portée par des serviteurs; plus •Ims est Ailix sa femme ^ assise^ paroissant faire la tméitie distribution.
De chaque côté de la statue de- Jésus-Christ, sont placées sur deux lignes parallèles , les statues des douze apôtres ^vec leurs attributs. Dans le tympîan qui formç le fond du cadre ogive de la porte, est j!éprésenté le| sujet du Jugement dernier^ tableau 4|ui entroit assez généralement dans la composition ;4es portails des églises construites dans les douzième ^ treisôème âèdes^ afin de rendre d'une manière {>liis çensible -aux yeux du peuple, le dogme de la ^résurrection des morts Contre les hérésies qui s'éle- Voient albflrs. Le Père-Eternel est assis sur son trône, ayant ia ^ainte Vierge à sa droite, et saint Jean à sa gauche^ comme patron de Jean Cormier, médecin de Henri I, roi de France, qui fit élever à ses 4épens, la façaide de ce portail, vers Tan 1060 ^*\ Dans la partie supérieure du tympan qui termine le cadre ogive, sont placés deux anges soutenant la croix du Sauveur. Plus bas, dans le même bas-relief,
^^ plusieurs li^storiens ODt ,aUriJ>uë ( sans preuves ) à ç^ pieux médecin , la mort de Heurî I , auquel il ayoit fait prendre ,un médicament qui devint fatal à ce prince , h une ëpçque où la médecine étoit encore dans une sorte d'enfance parmi nous. Ij3 ^EUF , 1)issert. ^ur VttUU d^ Pans, etc. , tome II , p. iqS.
deux autres anges tiennent les divers instruments de sa Passion. Au-dessous du Père-Eternel et des persohnages qui raccompagnent , s'eflfectue la séparation des élus et des réprouvés. Au milieu est placé saint Michel Archange, pesant, sous un sens .figuré, les âmes des mortels; la balance ayant été mutilée , on ne voit plus que les vestiges des bassins , dont Fun contenoit la figure d'un juste et l'autre celle d'un démon qui fait ses efforts pour faire pencher la balance de son côté.
Ceux qui sont condamnés aux peines éternelles vont s'engouffrer dans l'énorme gueule d'un dragon , où plusieurs démons les font entrer à coups de fourches ; sur le côté un diable saisit une religieuse , tandis qu'un autre prend une reine par> la main et paroit s'entretenir avec elle. Les contours des arceaux de la voussure de ce portail, sont remplis de figures. Sur la droite sont les justes qui jouissent de la béatitude céleste, et à gauche les réprouvés condamnés aux peines de l'enfer.. Le fronton qui surmonte le centre du porche , est décoré de la statue de la Vierge dân^ une gloire au milieu des anges. Cette représentation de l'apothéose de la Vierge reproduite sur la plupart des frontons de cette basilique, avoit sans doute pour but de rappeler le culte spécial, dont elle a été constamment honorée dans tous les temps par les nombreux pèlerinages qui s'y faisoient.
Dans le tympan du portail à droite, sous le porche , sont représentés quelques traits de la vie
de saint Martin, évêque de Tours. Saint Martin vint deux fois à Chartres vers Fan 368 , et ce thaumaturge y laissa de précieux souvenirs de ses vertus en opérant deux miracles dans ce diocèse ; Tun dans une bourgade, qui occasionna la conversion de ses habitants, et Pautre dans la ville de Chartres, en présence de deux évéques dont il étoit accompagné ^^K
Dans le premier bas-relief du tympan, le saint a cheval partage son manteau en deux, pour en donner la moitié à un pauvre qui lui demande l'aumône près de Tune des portes de Ja ville d'Amiens. La seconde partie présente deux bas-reliefs : dans l'un, on voit saint Martin revêtu de ses habits pontificaux, au lit de la mort; l'autre bas-relief offre son tombeau. La troisième et dernière partie du tympan représente le saint évéque de Tours ^ dont l'ame monte au ciel pour y jouir de la béatitude éternelle.
Sur les deux faces latérales du portail sont placées huit grandes statues , disposées de la manière suivante : I® Un diacre, un évéque ayant une mitre à une pointe , et deux autres évéques portant chacun une mitre à deux pointes. Les ornements en sont très riches. De l'autre côté de ce portail, se voit uùe statue d'évéque, portant la barbe, coiffé d'une mitre a deux pointes j il est accompagné d'un acolyte te-
^*' SoLPicius Skverus , Sancti Martini Turonensis, cap. H et V de P^irtiUibus sancti Martini, Paris , i5i y.
44 DESÎCBIPTION HISTORIQUE
naoit un livre ouvert; vient eusuite uu autre évéqûe ayant une xnStre à ' une pointe surmontée d -une Jbioup^e; il porte sur r.épaule dcoite un oiseau de piroie, aiUibut qui dans le mo;y;ea-age servoit à dis^ tinguer la noblesse de la rotuce ^^\. L'attitude de cet ^véque diffère decelle des autres prélats.^ en ce <ju'il .a une main sur la poitrine^ et que de l'autre il tient son bâton pastoral; ses gants sont ricbem^at brodés^ ^.ses doigts sont à découvert*. La quati^ème figure qui eat un acolyte , porte la barbe ^ et sa iéte est nue .conune celle de l'autre acolyte j il tient un livre ,et. une crosse; sur son manipule sont tracées des ileurs-derlis.
Le tympan du portail situé à gauche^ sous le porche , présente deux divisions inscrites dans l'é^ twdue du cadre ogive : dans la plus haute , on
^^ Le laucou fut pendant long-temps un emblème très expressif de la puissance féodale. Le i5 d'août de chaque année, le seigneur de Maiutenon présentoit au chapitre de Chartres ^ tin épervier saih , entier et prenant proie , k titre dej^i et hommage envers son seigneur suzerain, dont il tenoit plusieurs fiefi, BouLLiARD, Bisit.de VEgU de Chartres, ^digfi 1 73. — Le Trésorier 4e réglise cathédrale d'Auxerre avoit le droit -d'assister k Tof- £ce d^vin les jours solennels , avçc un épervier sur le pojng : ^ le seigneur de Sassai avoit celui de poser l'oiseau ;sur le coin de l'auteLLc Beup, Mémoires sur V Histoire ecclésiastique et civile à^Auxerre» Paris , 1743, tome t, page 766. Voy. dans le Mercure de France y juin 1732 , page 1248, la prise de possession d'un canpnicat dans la cathédrale d'Auxerre ^ par le seigneur de Ghastelluz, qui portoit un faucon sur le poings à sa réception.
DE liA CATHÉDRALE DE CHARTRES. 45
aperçoit Jésus-Christ accompagné de deux anges à genoux en adouatio» devant lui. Léihas^relief de la partie inférieure du -tympan, représeiijte le mdrtyre de saint Etienne, ' ^ ' « ;
l©s parties latérales du« portai! ^ontJ décorées de plusieurs sîtataes disposées de la «lanière suivantes A la^-gauchô du spectateur , se voit. Un guerrier armé détouèe^piècesylBnant de la main- droite une en**r sieignç militaire , et de^fel'gaucl^e, uii bouclier' orné de bisrades de ïer,< terminées; par des fleurs*de41l5 gravées dm creux. Ge chevalier portant le nimbe ou ceixîle lumineuKï derrière là tête ( ainsi que les autres personnages ) paroît être Eudes , comte de x Ghartresi La figure suivante représente ^ un éve^ue ' tenant une cisosse de^a main gauche, et de la droite donnant la bénédiction; à ses côtés sont' placés deux clercs âei^ant d'acolytes et tenant éhacunJ un livre'placé sur le- ^pectoral. Les livres offrent- des eouvlertures très richesi, aiiisi que lesorûemeaïts de leurs tuiïiqUes. Le support i de la* figute de révêqtte> est composé d'une église entourœ de flanmies. Il est vraïÉterabïable que Fdn a voulu Résigner T'évéque Fulbert , sous Tépiscoj^at duquel fut incendiée Vé^: glisede Chartres ^*^ De Fautre côté du portail est- - 1-1 i , — ^ - i ... - - -- ■'-■-' '
' ^*^ L'ëvêque Fulbert avec seè deux acolytes, ainsi que le, comte dé Chartres, reprësetités sous le portique ci-dessus décrit, otrt été gtSitéset font partie' de la belle cdlcctîôii' ât!^' MonU^ ments français inédits , de: Vert, cit; L'aat^r- dé- cet> oâvi^ftge nous a founû d'atiles r^s^gnements.
placé un évéque portant les mêmes attributs , et dans la même action ; il est accompagne' de deux acolytes tenant des livres, celui de gauche porte la barbe. Cet évêque qui a pour support un lion , est sans doute Thierry ou Théodôric , successeur immédiat de Fulbert et continuateur des travaux de cet édifice. La statue suivante représente un guerrier armé à peu prés de même que celui qui a été décrit plus haut, à Fexceplion qu'il ne porte point d'enseigne. Plusieurs des évêques qui décorent ces portiques, porteùt le PalUum , et leurs rochets sont garnis de moussehne brodée en point à jour d'un riche dessin.
Au-dessus du grand porche et sur une même ligne, sont cinq fenêtres au-dessus desquelles est placée la grande rose, à compartiments en pierre , enrichie de panneaux de vitres peintes^ dans le grand fronton qui surmonte cette façade , est représenté le triomphe de la Vierge : deux anges l'encensent et indiquent les hommages qu'elle reçoit comme reine du ciel.
Les angles du pignon sont flanqués de deux tourelles octogones surmontées de pyramides en pierre^ On va d'une tourelle à l'autre par une galerie bordée d'une balustrade en pierre découpée à jour ; indépendamment de ces tourelles , il existe du même côté, trois tours , dont deux sont appuyées sur les murs latéraux de la croisée de l'église , et accompagnent le portail auquel elles servent de contre-forts. La troisième tour est élevée sur la troisième travée du
has-côt^ du chœur. Ces tours qui ne sont point achevées, n'excèdent pas la hauteur de la galerie pratiquée au bas du grand comble.
Façade septentrionale.
Toute la partie latérale de Féglise, du côté du septentrion, ofFre un> aspect aussi imposant que celui du n^di. Les piliers butans présentent la même disp^osition : ils sont aussi décorés de statues ^^K
Le portail de ce côté est précédé d'un vaste porche à trois portiques, formant péristyle, et auquel on monte par un perron composé de sept marches. Ce porche dont les avant-corps ^ont décorés de statues, est d'une composition plus sévère que celui du midi.
Sur le trumeau du portail du milieu , est placée la statue de la sainte Vierge tenant l'enfant Jésus. Dans le tympan au-dessus de la porte, sont représentés dans plusieurs bas-reliefs sculptés suivant Tusage de ce temps dans l'étendue du cadre ogive. 10 La Vierge au lit de la mort. 2° Les disciples de
^*^ Au bas des piliers butans, contre les murs latéraux de la nef, du midi et du septentrion , sont adossées de roisi^rables bicoques dont Faspect hideux dëpare l'extérieur de ce bel édifice. Il seroit à souhaiter qu'on s'empressât de faire disparoître ces baraques ; leur démolition , désirée depuis long-temps , n'a pu être retardée que par des motifs d'un bien foible intérêt ou par insouciance. Enfin nous formons des vœux pour que ce beau monument soit isol^ de tout ce qui le dérobe à l'admiration des amateurs.
JésuSfChrist procèdeDt à son inhumatioa en plaçante son corps dans un sépulcre. 3^ Dans la partie la plus élevée du tympan y se voit la mère du Sauveur prés de son fils bien-aimé, et entourée des anges^ des archanges, des saints et des bienheureux qui célèbrent par des concerts de joie , son arrivée dans le ciel. Toute l'étendue de la voussure du porche est rempUe de petites figures représentant les trônes et ks dominations du ciel. ,
Les statues qui décorent les faceâ latéi^les du portail du milieu, représeûtent une suite de personnages de l'Aticieû et dU Nouveau Testament. A la gauche du spectateur, se voit Abraham prêt à im-moler Isaac son fils , par lé commandement dti Sei^ gneur, qui vouloit éprouver sa foi, et vers lequel il' tourile la tête. Plus loin Abraham tient Un bélier , qu'il vint offrir* en holocauste à Dieu. A. côté de ce patriarche est Melchisédech, prôtrç du très-haut? et roi de Sal^cn , tenant ufa encensoir à la main. Il' fut au-devatit d'Abraham à son retour de la défaite des rois ligués , lui' donna la bénédiction ,*et oflTrit'à Dieu du pain et du vin en actions de grâces de cette victoire.. Abraham doiina à de prince la dixUie des dépouilles de ses ennemis.
Sur la fî^ce lî^térale à la droite du spectateur, sont représentés plusieurs apôtres , parmi lesquels on reconnoit saint Pierre en costume d'évêque, portant les clefs suspendues à son bras.
Le tympan placé daus la partie supérieure du portail à droite représente Job couvert d'ulcères ,
DE LA CÀlUâmAU: DE CHàRTRES. 49
coudre m9 la. finnier ^ plofig^ àuns la plais pi^ fo&ée mkéFe/£^^ loin se Toit %é démon qoi diercfatt k le tenter en lui promettant beaucoup de richesse») mais 4e Fautre eôtë le Seigneur appaisott à S 6b > pour Paffisrmir dans sa croyance et l'eiippéeber de auecoiâbeP à la tentation. Sous ce ba0«relief ^fit teprésenté le Jugement de Salomon. Dans le oeoitoa» des areeaux de la y^^osswte da ce portail^ sont s<eulptés ^ki^imrt autres sujets de FAneî^i^Testa* meât piarmiles^u^ fin remarque jSamsop luttant ee^reunlion. *
Dans le contour de Togiye de Pavant-corps â%i porche qui ^on^espond à ce portail^ sotat Iculptës les dou^e signes du Tiodiaque y réunion as^ez singulière d'allégopiçs prises dans les deux religions qui se sont suceédeesj et sur le deuxième bamdettiu de f ogr?e y le$ ' travaux agricoles correspondant aux douze mois de^iannée^ ces comp^^iments de figurer sont espacés par 'des trèfles et autres découpures qui décorent toiAè la voussure de If avant-corps é.n porcke.
Les detfx côtés de ce portail sont ornés de gràudes statues.
^âns te tympan du portail situé à gauche sous le porche, sont représentés les sujets suivants: l^ JLa jiaissajace de Jésus - Christ. 2^ Un ange wnonçant cette nouvelle aux hergers. 3o Dans la partie supérieure^ l'adoration des mages. Dans les contours des arceaux de la voussure du portail, sont représentés du côté droit, les dnq vierges
Bo DESCRIPTION HlâTORiQtTE
sages tenant leurs lampes droites et pleines; et da côte gauche les cinq vierges (biles qui l^s tiennent renversées: cette allégorie du royaume des cieux^ figurée par les dix vierges invitées aux noces des deux époux ^ a été reproduite sur la plupart des monuments du moyen-age consacrés au culte , afin de démontrer que la pureté des mœurs est essentielle à ceux qui aspirent aux béatitudes étemelles. Les colnpartiments de figures de la voussure de l'avant-corps du porche sont espacés de même que le précédent 9 par des trèfles et autres découpures qui produisent un effet satisfaisant.
Les piédroits des avant-corps du porche^ sont décorés de colonnes et de statues dont la plupart sont d'un assez bon style. Elles représentent plusieurs personnages de l'Ancien-Testament ^ avec leurs noms gravés ^i caractères gothiques sur les piédestaux ^^' ^ tels que David , Salomon^ Esther ^ etc. Autour d'un des piliers , on voit Eliézer serviteur d'Abraham^ et près de lui Rébecca^ qu'il alla chercher en Mésopotamie pour être l'épouse d'Isaac. Parmi les autres statues on remarque celle d'un prince en habit long, la tête ceinte d'une couronne en
^^^ On doit regretter que les sculpteurs qui ont exécuté toutes les statues qui décorent les portiques de cet édifice > n'aient pas pris la sage précaution de nous transmettre les noms des personnages qu'elles représentent , comme on a fait à celles citées ci' dessus; nous aurions élé à mémo d'expliquer avec certitude quels sont ceux d'entre ces personnages qui ont con* tribué par leurs libéralités à la ronstraction de cette église.
DE LA CATHÉDRALE DE CHARTRES. 5t
totme de diadème, avec un sceptre à la main, que Fon présume être celle de Pierre de Mauclerc^ duc de Bretagne j à côté de ce duc est la statue d'Alix son épouse-^ reconnoissabic à sa coiffure bretonne. Plus loin sont trois autres statues , dont la première en dehors est un vieillard ayant son manteau sur sa tête et tenant un rouleau déployé. La deuxième représente un comte, et la troisième une veuve, la main droite sur la poitrine, et tenant un livre de la gauche. Une quatrième figure offre un vieillard un encensoir à la main, c'est Aaron.
De l'autre côté, à l'un des piliers de l'avaut-corp« du porche en regard du troisième portail , on voit la statue d'un comte en habit long j à côté de ce personnage, est un saint vêtu en hermite tenant un rouleau. A l'autre pilier opposé , sont placées deux statues représentantles mêmes personnages; à l'angle opposé et en retour du même pilier , se voit un évêqùe qui paroît s'entretenir avec une femme , tenant un livre, et la main élevée : elle a un voile sur sa tête. Toutes les statues groupées autour des piédroits du porche n'ont point de nimbes, à l'exception de celle de l'évêque.
Ce magnifique porche paroît avoir été bâti à la même époque que celui du midi, c'est-à-dire, vers le miUeu du douzième siècle, comme l'indiquent le caractère de son architecture, et le travail des statues et des ornements ^\ La plupart des sta-
^*^ Ces deux porches ont été gravés , et publiés dans les Monuments français inédits, etc. , déjà cités.
Sa DËSCRIPtlCm HISTORIQUE
tiies qiii décorent ces deux porches^ sont généfakment d'un meilleur style que celles des trois portiques de la façade principale.
h^ partie supérieure au-^iessus de ce por<che est pereee de cinq grandes fenêtres surmontées par une rose d'un très grand diamètre , à compartiments en pierre^ garnis de panneaux de vitres peintes; dans \d pignon qui termine jia façade de la croisée est représenté l'dpotliéose de la Vierge^ accompagnée de deux anges tenant chacun mi encensoir. Les angles de ce pignon sont flanqués de deux tournes octogones surmontées de calottes en pierre.
Les murs latéraux du croisillon de Téglise^ sont appuyés de droite et de gauche^ par deux tours carrées, dont les sommités sont de niveau avec la galerie qi|i règne au bas du grand comUe. Une autre tour de la même forme que les précédentes, s'élève sur la troisième travée au-dessus des bas-côtés du chœur. Ces trois tours , d'après le système général de l'édifice, dévoient être élevées encore d'un étag«, et surmontées par des couronnements pyramidaux , comme il y a tout lieu de le présumer ; mais la même cause qui, dans beaucoup d'autres églises, a empêché fl'achever la. seconde tour ou toute autre partie du monument, se sera opposée à ce que celles-ci reiçussent leurs sommités ; ainsi elles sont restées tronquées ^^\
^^^ C'estpresque toujours parle manque de fonds ^oocasioan^ par la mort de l'ordonnateur des travaux d'une grande importance , et qui exigent^, pour leur exécution , des sommes et un
DE LA CATHÉDRALE HE CHAUtRES. 55
La couverture du grand comble est ea plomb. Cet édifice découvert en grande partie en l'an II ( 1794) pendant les événements de la révolution^ est resté exposé aux injures de l'air ^ aux intempéries deè; saisons ^jusqu'en l'an V ( 1797), époque à laquelle plusieurs habitants de Chartres entreprirent de le Éaire recouvrir à leurs frais 5 depuis ce temps^^ la couverture en plomb a été parfaitement entretenue par les administrateurs de la fabrique de Péghse^ qui l'on fait totalement réparer en i8a4 ^^
La charpente du grand comble vulgairement appelée /^^ybre^, par rapporta l'immense quantité de bois qu'elle renferme^ est construite en cliataignier du plus fort équarrissage^ dont on faisoit autrefois un très grand emploi pour les combles et befirois des édifices religieux. Les combles de cette éghseont de hauteur perpendiculaire, depuis l'extrados de la voûte jusqu'au faîtage, 44 pieds. Leur construction mérite l'attention des amateurs. L'assemblage de chaque ferme se compose d'un entrait d'un poinçon, de deux chevrons, et de deux croix de Saint-André , servant à contre-bouter les fermes.
Avant les événements de la Réyolution , il existoit au-dessous du comble, deux petits . clochers ,
temps cousidérables , que la plupart de nos aucicns monumenKs soDt- restés imparfaits.
^*^ On a ctangë à cette époque la disposition des nappes de plomb de le. couverture: précédemment, elles étoient placées honzontalettent. Tontes les nappes ont été mises dans leur longueur y sur le plan incliné de la toiture ^ afin de donner moins de prise aux vents qui les soulevoient auparavant.
dont l'un situé sur le centre de la croisée , contenoif un instrument en bois appelé grue^ qui servoit pour assembler les fidèles à l'église pendant les jours de la semaine sainte où Ton ne sonne point l^s clocbes: c'étoit dans ce clocher du centre qu'étoit jadis l'ancien timbre de Thorloge. L'autre clocher, placé vers le milieu de la toiture du chœur, contcnoit six petites cloches appelées commandes , parce qu'elles servoient durant la célébration du service divin, pour avertir les sonneurs de mettre en branle les grosses cloches des deux grands clochers.
Au-dessus du rond-point du chœur, au lieu d'une croix, est placé un ange en plomb doré, plus grand que nature et tournant sur pivot pour servir de girouette.
On peut circuler facilement autour du grand comble, par le moyen d'une galerie bordée d'une balustrade en pierre, formant une large frise oii ceinture horizontale qui surmonte cet édifice de toutes parts. La partie de cette galerie qui se trouve en face de chaque arc-boutant, présente des demilunes pratiquées sur des encorbellements en forme de culs^de-lampes.Une autre galerie avec balustrade en pierre , donne également la facilité de circuler au-dessus des voûtes des tas-côtés de la nef et des chapelles autour du chœur. Huit escaliers servent pour monter dans toutes les parties de ce monument, savoir : un dans chaque clocher j et les six autres escaliers sont pratiquées dans les tours élevées, sur les parties latérales de l'église. On compte
BË LÀ CÀTHÉDBÀLE DE CHARTRES. 55
378 marches pour arriver jusqu'à la lanterne du clocher-neuf.
Après avoir décrit tout ce que l'architecture et les décorations extérieures de ce temple oifirent de curieux et d'intéressant^ nous allons pénétrer dans son intérieur, où de nouveaux objets appellent l'attention et fixent les regards.