M DESCRIPTION HISTORIQUE
pôro Ta^eet de oe temple^ vient se joindre le soa«* venir des faits mëmorables qui s'y sont passés par saite d'iuie dévotion particulière envers la sainte Vierge. On a vu y accourir pendant plusieurs siècles j «ne multitude de personnages de tout 4ge et de toute condition^ attires dans ce lieu par la vénération particulière qu'ils avoient pour la patrone de l'église de Chartres^ et qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours. On se représente la foule de pèlerins qlù assiégeoient les portiques de ce temple pour obtenir la grâce d'être admis dans son enceinte. Pluàeors rois de France y sont venus en pèlerinage. Après la bataille de Mons-en-Puelle y gagnée sur les Flamand» le i8 août i3o4>Pbilippe-le-Bel^ en reconnaissance de cette victoire , fit hommage à la Vierge de l'aroKure qu'il portoit le jour de la bataille ^*\ Philippe de
■I I ■ I ' I ■ 1^—— I I I 1 I III - I I I I 1 i n I »
^^ PhiHppé-le-Bel fonda dans l'ëglise ds Cliartrea, un lerrice i«08 le nem de Notre-Dame de la Victoire, et affecta à ecftte fondation une rente annuelle et perpétaelle de cent livres. En i367 , Charles V^ dans la vue de décharger le trésor de l'Etat de cette redevance^ donna au Chapitre de Chartres la terre des BaiTcs, située dans la commune de Béville-le-Comte , pour l'acquit de cette fondatîen et de plusieurs autres , que fit ce prince. Ces fondations furent réunies le i9 aoÀt, jour ou Ton céUbroit k lâte eommémoraiive de la victoire de PhUippe-îe-BeL A cette époque on exposoit autrefois à Tun des piliers de la nef qui fait face au chœur du côté droit y l'armure dont ce prînee avoit fait hommage à la Yiérge, Cette armure et les vêtements qui en dépendent sont déposés dans la bibGothèque publique de Chartres : ils consistent en un casque couronné^ une cotte de maillés, des hiÉMsàrdff^ des gantektB^ des euùiarite eé ime «anriaole «tune
DE liA CATHÉDRALE DE CHARTRES, 5j
Valois vint à Chartres pour rendre grâces à la mère du Sauveur^ de la victoire éclatante^ qu'il avoit ren*portée à Cassel lo s3 aoxit x328 ^^K
ËBfin l'on se rapjielle que ce fut dans cette boH*-
éioSeràuge picfûée et cdtômt^e. îiiâépetîdatâlAên% àeà ùb\ef qu« |e vienâ de désigné»', on vojbit afant là Réfokitîoiiy éaam la cathédrale de Chartres , une cotte d'armes de yeloars violet, semée de fleurs-de-lis brodées en or, ainsi «qu'une épée et une ceinture de velours noir garnie de perles , dépendantes de la méine armure : ces derniers objets ont disparu sans que leur destination ait été conïkoe , car ils Hé sont pas parmi cevx que tious atonjï désignés. Je ferai obsenrer que Farmure conservée dans 1* bibliotiièqtte de cttletills, i^est pas celle de yhilippe* le-Bel i eUe ne peut avoir été propre qu*à un jeune homme de treize à quatorze ans> et ce jeune homme, suivant toute apparence , paroît être Charles de Valois , fils de Philippe-le-Bel , que cfe monarque envoya k Chartres pour acquitter le vœu qu'il aVoit fait sur le champ de bataille.
SoucHET dit avoir vu contre le dernier pilier de la nef, à droite, un grand cheval bardé, sur lequel étoitla représentation d'un roi ariné de toutes pièces. Ce monument , érigé en mémoire de la victoire de Philippe-le-Bel , éft tombé de vétusté, comme le dit cet auteur dans àon Histoire manuscrite de Charires ; bibliothèque du Roi , dép6t des manuscrits. M. Souchet , chanoine de la cathédrale de Chartres^, mourut en i654.
^^' Philippe de Valois entra (disent les historiens) dans la cathédrale de Chartres, revêtu de l'armure et monté sur le même cheval qu'il avoit h la bataille de Cassel ; d'après son vœu y il présenta Fun et l'autre devant l'autel delà sainte Vierge, et les racheta ensuite suivant l'usage de ce temps y pour la somme de mille livres. Sougxet , Histoire manasc. de Chartres^
lîque que le vainqueur de la Ligue courba son front victorieux pour y recevoir Fonction des mains de Nicolas de Thou ^*^ ; que ce prince le meilleur des rois^ jura dans son cœur la félicité des Français qui chériront toujours sa mémoire^ comme ils conserveront éternellement le souvenir de ses vertus. L'Eui^ope entière ne cessera de l'pfTrir pour modèle aux rois qui voudront faire le bonheur de leurs sujets.
Cet édifice a de longueur dans teuvre SgG pieds ^ sur io3 pieds de largeur d'un mur à Fautre, et io6 pieds de hauteur sous def de voûte.
La longueur de la nef depuis la porte royale jusqu'à la grille du choeur^ est de 222 pieds ^ sur 4^ pieds de largeur d'un mur de face à l'autre. La nef est accompagnée de deux bas-côtés formant péristyles de droite et de gauche^ de chacun aS pieds 8 pouces de largeur sur 48 pieds de hauteur sous
^^ Nicolas de Thou fut ëréque de Chartres , depuis l'aimée 1573 jusqu'en iSgg.
La TÎile de Reims étant au pouvoir de la Ligue , Henri IV prit la résolution de se faire sacrer II Chartres. Cette cérémonie eut lieu le 27 février i5g^; et comme il étoit impossible de se procurer la Sainte- Ampoule de Reims , on fit venir celle de Marmoutiers. Henri IV dit à cette occasion : « Je veux oster » tout scrupule II mes subjets, et satisfaire à l'ancienne cous- » tume des François : que pour faire cognoistre de plus en plus » au peuple, que celui-là, quoique bien légitime, voulant » monter au trône , doit eslre sacré pour prouver qu'il est » véritablement persuadé de la religion de ses ancêtres. ».
DE LA CATHÉDRALE DE CHARTRES. 5g
clef de voûte j le sol ^e ces péristyles étant plus élevé que celui de la nef, on y monte par plusieurs marches, dont le nombre à chaque travée est subordonné à la pente plus ou moins grande du pavé de la nef. Ces bas-côtés éclairés par une suite de grandes fenêtres garnies de vitres peintes, sont doubles derrière le chœur , et le second bas-côté est plus élevé que le premier, d'une marche.
La croisée a de longueur depuis une porte jusqu'à Tautre, igS pieds, sur 4o pieds de largeur j elle est accompagnée de deux bas-côtés formant équerreavec ceux de la nef.
Les murs de face de l'entrée de la nef entre les deux clochers , sont aussi remarquables par le caractère de leur ancienne construction , que par la singularité du style des arcades et des chapiteaux des colonnes qui en décorent les bases. Deux portes percées au bas, conduisent sous chacune des tours, dont l'intérieur est voûté en ogive.
Les deux faces latérales de la nef, sont percées de sept grandes arcades ogives sur deux rangs de piliers de 8 pieds 6 pouces de diamètre , ornés sur chaque face, de colonnes engagées. Ces piliers étoient autrefois décorés des statues des douze apôtres qui avoient huit pieds de proportion : elles ont été détruites pendant la Révolution. Le retour d'équcrrc des deux parties latérales de chaque croisée présente trois arcades de front sur chaque face.
La nef et les bas-côtés sont pavés en dalles de pierres de Berchères fort mal assorties entre elles, et
6o DESCRIPTION HISTORIQUE
qui présentent un pavage irrégulier et désagréable à l'œil. L'ancien Chapitre avoit projeté de le faire renouveler en entier^ mais les événements de la Révolution en empêchèrent l'exécution ^*^ Le pavé de la nef a une pente assez sensible qui commence vers l'extrémité de la nef du côté du chœur et finit à la porte royale ^^\
On voit au milieu de la nef, un labyrinthe exécuté en pierre bleue de Senlis; les Chartrains l'appellent communément la Lieue; il a 768 pieds de développement depuis l'entrée jusqu'au centre. On appelle labyrinthe un compartiment de pavç, formé de plates-bandes, droites on courbes , de pierres de différentes couleurs qui, par la variété de leurs contours, imitent le plan des labyrinthes. Les chrétiens ont emprunté des anciens et surtout des Egyptiens
^^^ Si ce pavage eut été exécuté , nous aurions peut-être à regretter aujourd'hui la destruction du curieux labyrinthe qui fait l'ornement du pavé de la nef.
^ Voici ce qui a donné lieu h la pente qui existe dans Ifi pavé de la nef. Fosr faciliter les nojens de nettojer et laver Téglise dans les temps ou l'affluence des pèlerins étoît considérable et continuelle y on imagina de relsver le pavé dans certaines parties et de le baisser dans d'autres y afin de donner une pente suffisante pour l'écoulement des eaux.: voilà pourquoi , dans les parties basses de la nef ^ on est obligé de monter quelques degrés pour arriver aux bas-côtés. Il est aisé de s'apercevoir que ce travail a été fah poslcrlenrement à la construction de Fédificc , puisque les bases ûes piliers qui le soutiennent, se tronvent eutcirrées propoitioiiuement à l'élévation plus ou moins grande du pavé.
DE LA CATHÉDRALE t)E CHARTRES. 6i
i^usage à*€Xi orner le pavé des basiliques. Chez les Chrétiens^ ces labyrinthes étoient considères comme l'emblème da temple de Jérusalem j à Fépoque des Croisades on y faisoit des stations qui tenoientlieik du pèlerinage de la Terre-Sainte, comme cela s'observoit dans la cathédrale de Reims au treizième siècle.
A Vun des piliers de la nef est adossée une chaire en bois^ dans laquelle on monte par deux escaliers tournants. Elle a été exécutée en i8i i , sur les dessins du sieur Guittard , maître menuisier de Ghaiv très , qui l'a lui-même construite.
L'intérieur de cette église est éclairé par deux rangs de grandes fenêtres^ et par trois grandes roses -garnies de vitres peintes qui répandent dans son en-^ oeinte ce ciair^bscur, ce demi-jour qu'on aime à rencontrer dans les édifices consacrés à la divinité. Le Chapitre de Chartres , peu sensible à cette impression mélancolique que produit l'obscurité des lieux saints, a fait substituer dans le chœur à l'époque de ses embellissements en 1772 et 1773, plusieurs panneaux de vitres blanches à ceux de couleur ., ce qui produisit une disparate choquante ^\
^^^ Au Heu de conserver à l'intérieur de cette basilique cette teinte vénérable qu'elle avoit reçue des siècles , le Cbapitre , «vers 177^ 9 i|i Ût blanchir par les sieurs Borani, milanais, qui «ift indiqué par des traits au pinceau les différentes coupes des frierMS. Depuis quelques années on a blanchi fort inutilement la partie centrale de la croisée ; mais le badigeon dont on s* est "servi ayant été poussé à l'ocre jaune ^ il en résulte une discordance choquante avec la teinte générale du reste de l'édifice.
6^ DESCBÎPtION HISTORIQUE
Les grands vitraux de la nef, de la croisée , dit chœur 9 des bas-côtés et des chapelles ^ sont ornés de figures représentant plusieurs saints personnages ^ un grand nombre de sujets de l'ancien et du nouveau Testament, et des tableaux sur lesquels sont figurées les corporations d'arts et métiers qui ont contribué , soit par leurs cotisations ou par des travaux manuels, à la construction de ce superbe édifice. Dans les parties circulaires en forme de rose, qui surmontent les pans de vitres de la partie supérieure de l'église, sont représentés des toîs, des ducs, des comtes^ des barons, armés de pied en cap , ayant chacun leur écu chargé d'armoiries, et montés sur des chevaux richement harnachés et caparaçonnés : tous ces personnages sont pour la plupart des bienfaiteurs de cette église.
EXPLICAlTION
DE« SUJETS FEINTS SVK LES VITBES DE JJL PARTIE SUPERIEURE DE L'ioLISE ^*\
Fenêtres de la façade principale.
Le sujet représenté dans les interstices de la grande rose au-dessus de la porte Royale , est le Ju-
^ Les détails de cette explication^ ainsi que plusieurs autres, m'ont été fournis par M. Hérisson , avocat et bibliothécaire de la ville de Chartres. Je décris ces vitraux en commençant par ceux de la façade principale , et suivant le côté septentrional de l'église , je reviens par la partie méridionale jusqu'au clocher* vieux.
gement dernier; dans la rosette du centre^ est placé sur un nuage le Père-Eternel. Les douze médaillons enchâssés dans les intervalles des compartiments de la rose , présentent les douze apôtres. Douze autres médaillons offrent des personnages de diverses conditions, attendant delà divinité Tarrét de leur destin. La grande croisée placée au-dessous de la rose est ornée des sujets suivans : i<> La sainte Vierge. 2^ L'entrée de Jésus-Christ dans Jérusalem^ et les traits principaux de sa vie ^ formant vingt-cinq sujets. La croisée k droite sous la rose, contient dans quatorze panneaux, les circonstances de la vie de Jésus-Ghrist. L'autre croisée placée à gauche offre Tarbre de Jessé ou la généalogie de la Vierge , et -vingt^deux sujets parmi lesquels on remarque quatorze prophètes.
Fenêtres du côté du septentrion y depuis le clocher^
neuf.
Première fenêtre. Dans la partie circulaire . en forme de rose est un évêque. I^es pann^ux de* la première forme représentent trois sujets de la tentation de Jésus-Christ. Deuxième forme, trois prophètes. ' < ■ , *
20 Fenêtre, rose, un évéqUe. 3^ forme, saint Laurent. 4® forme, saint Etienne. Un tisserand travaillant de son état.
3e Fenêtre, rose, saint Nicolas. 5® forme, des évangélistes et des, ouvriers dont Fun tient une espèce d'aumusse. 6^ forme, saint Nicolas. Trois cor-
($4 DESCRIPTION HfdTOKIQUE
roy^urs OH pardiemimers^ dont d€fttx tireirt le bout d'un cuir passé dans une boucle.
4* Fefictre, rose, la Vierge couronnée. 7* forme^ plusieurs prophètes ou ap6très. 8« forme, un prophète. Trois personnes <|ui comptent de Targent sur une table; ce sont ^vraisemblablement des changeurs.
5^ Fenêtre, rose, saint Georges. 9» forme, Sano^ tus Egidius. io« (orme , le martyre de saint Georges.
6e Fenêtre, rose, trois personnages. Tua tient le manche d'une charrue et labowe, le deuxième conduit les chevaux, et le troisième parle au pre-r mier. n® forme, Jésus-Christ et le^crifice dfAbraham. i2<^ forme ^ les mêmes personnages.
70 Vitrage, rose, la sainte Vierge, i3« forme, Sanctus Martinus. i4* forme, saint Maffia donne à un pauvre qui lui demande Tauiixônie, uue pATÛè de son manteau.
Fenêtres de la croisée septentrionale.
8« Fenêtre, rose, la sainte Vierge. iS® formé , le Père éternel reçoit la sainte Vierge dans le ciel. Un écu d'azur semé de France a«i kÈibel de cinq pendans de gueules. 16® forme, naissance de la sainte Vierge. Un homme à genoux devant une croix; sur sa soubreveste, sont les mêmes armoiries citées-cidessus. On Ut autour Finscription suivante : P. V.
COMTE DE CleRMONT EN BeAUVOISI^.
Philippe, comte de Glermont, de Mortain, de Boulogne et de Damnmrtin, fîk de Philippe Au-
SUR LA CATHÈpKALE OE CHARTRES. 65
gusle et d'Agnès de MéraLvàe sa troisième ibmme, naquiCen 1200. Il assista en 1226 au sacre de saint Louis son neveu, à Reims où il portoit Yépée royale , et mourut au tournois qui eut lieu à Gorbie en 1 233, et fut enterré à Tabbaye de Saint-Denys, U avoit épousé Mahaut, comtesse de Boulogne.
9e Fenêtre j rose, un chevalier portant les mêmes armoiries que celles du personnage précédent. C'est la représentation du même Philippe, oomte de Boulogne, revêtu de son armure. 17e forme, la Visitation de la Vierge. Une femme à genoux portant sur son vêtement les mêmes annoiries que celles cidessus désignées, avec cette inscription: M^haut. Mahaut, comtesse de Boulogne et de DoiWfiartin, fille unique et héritière de Renaud , comte de Dapimartin , et de Ide , comtesse de Bqulogns , épousa , en 12 16, Philippe, comte de Boulogne; en ï233, elle fit hommage au roi du comté de Boulogne qui lui étoit échu par sa mère^ Devenue veuve, elle se remaria en 1235 avec Alphonse III, roi de Portugal, qui finit. par la répudier. Elle mourut vers Tan 1258.
i8« Forme, saint Joseph et la sainte Vierge, Une femme à genoux : sur son vêtement sont des armoiries semblables à celles de la précédente. On y ht le ^ nom suivant : Jehanne. Jeanne de Boulogne , comtesse de Clermont et d'Aumale, fille de Philippe comte de Clermont et de Mahaut de Boulogne , épousa en 1 245 , Gaucher de Cbastillon , seigneur de Montjay , et mourut sans enfants e^ jaSi . ,
M DESCRIPTION HISTORIQITE
• io« Fenêtre, ly et 20« formes^ elles sont vitrées en verre blanc.
La grande rose placée au-dessus du portail du c6te du septentrion , est divisée en plusieurs compartiments dont les intervalles sont garnis de vitres peintes. Dans la rosette du centre se voit la sainte Vierge debout, tenant son fils. Les panneaux enchâssés entre les compartiments présentent douze rois de TAncien-Testament ; douze bannières de France, et les douze petits prophètes^ Osée, Joël , Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sopbonie, Aggée, Zacharie, et Malachie.
Huit formes au-dessous de la rose , dont quatre sont semées de France et quatre semées de Castille dentelées. Des cinq grandes formes de vitres placées au-dessous, celle du milieu représente sainte Anne avec cette inscription : Ave Mater Anna. Sous cette figure est un écu aux armes dé France.
lie Fenêtre, rose, le Père-Eternel. 2i« forme, -deux apôtres. 2 2® forme, deux autres apôtres.
12® Fenêtre , rose, un prêtre à genoux devant un calice. 23© forme, deux apôtres. 24® forme, deux lautres apôtres.
i3e Fenêtre, rose, la création du monde. 25^ forme, saint Eustacbe. Un chevalier portant un écu gironné d'argent et de gueules de 12 pièces au lambel de 5 pendants d'azur. Ce personnage est Jean, duc de Bretagne, fils de Pierre Mauclerc, né en 1217. Saint Louis le fit chevalier à Melun; le duc lui fit en même temps hommage-lige du duché de
»E Ul GATttÉDRALE DE CfiÀRTRES. 67
Bretagne, au mois de mars 1289; ^ suivit ce roi dans son deuxième voyage d'Afrique , et se trouva au siège de Tunis, en 1270. Enfin il mourut en 1286, laissant plusieurs enfants qui lui succédèrent. 26e forme, la nativité de Jésus-Christ etTadoration des Mages. Une femme debout portant les mêmes armes que le personnage ci-dessus désigné. C'est Yolande de Bretagne ayant les mains jointes. Cette princesse, fille de Pierre Mauclerc, d'abord promise à Richard d'Angleterre, comte de Corno uailles, puis accordée à Jean de France, comte d'Anjou, en 1227, ^^^ mariée en 1238, avec Hugues XÏ, dit le Brun, sire de Lusignan, comte de la Marche et d'Angouléme. Elle mourut à Bouteville, le 10 octobre 1272, laissant plusieurs enfants.
Fenêtres du Chœur.
1 4® Fenêtre, rose, Jésus-Christ sur un trône. 27e forme, la sainte Vierge tenant sou fils. Un écu . parti au premier de Bar qui est d'azur à deux barres adossées d'or semé de croix recroisettées d'or au deuxième de gueules à cinq annelets d'or, 2 et i. 28e forme, plusieurs pèlerins. Un ecclésiastique à genoux revêtu d'une aube, ayant un collet rouge et un manipule, et présentant une espèce de patène, autour de laquelle est gravée cette inscription: Ro- BERTUSDE Baron, Carnotensis Cancellarius; c'est -probablement le donateur de cette vitre.
i5^' Fenêtre, rose, un cavalier armé tenant un
68 BESCBIPTION HISTORIQUE
guidon aux armes de Castille^ suivi d^un lévrieri Ce personnage est Ferdinand III ^ roi de Castille^ mort en i^Sn. 29« forme^ saint Jean-Baptiste^ devant lequel est une femme portant une couronne crénelëe ou sommée de tours ^ avec cette inscription audessous : D. n. a. a. Jou. Baptista. Domina Johan- KES Baptista. 3o® forme , saint Jacques. Un roi couronné parlant à saint Jacques; on lit l'inscription suivante : Rex Gastilije. Un écu de gueules chargé d'une tour^ sommé de trois châteaux d'or ^ qui est de Castille , autour cinq barons d'or et d'argent. Ce personnage est Ferdinand III, roi de Castille. (Voyez ci-dessus. )
i6c Fenêtre, rose, un chevalier portant une bannière, aux armes d'azur, semée de croix pommetéês ou trefflées d'or à la bande d'argent. C'est la représentation de Thibaut V I , dit le Jeune , comte de Blois, mort en 1218. Si^ forme, saint Martin. Un homme à genoux devant lequel sont les armoiries ci-dessus désignées, d'azur semé de croix trefflées à la bande d'argent. Ce personnage est Louis comte de Sancerre, sixième comte de Blois^ qui, vers l'année 1220, épousa Blanche de Courtenay , fille de Robert de Courtenay, Bouteiller de France, de laquelle il eut plusieurs enfants. 32« forme, saint Martin. Un homme à genoux devant lequel sont les armoiries ci-dessus : c*est Bouchard , seigneur de Marly , cadet de la maison de Montmorency , ainsi que Mathieu de Marly et leurs épouses. Ils passèrent un accord avec le Chapitre de l'église cathédrale de.
ï)£ LA CATHÉDRALE DE CHARTRES, 69
Chartres en juillet 12 12. Le titre scellé de leurs sceaux^ se trouve dans le chartrier de cette église^ conservé avec beaucoup d'autres manuscrits ^ dans la bibliothèque publique de Chartres.
I7« Fenêtre, rose, un cavalier armé^ portant la bannière de France : c'est la représentation du roi saint Louis (1270). 33® forme, saint Denys, et saint Louis à genoux présentant un reliquaire ; près de ce m'ince est un écu aux armes de France* Un autre personnage à genoux près duquel sont les armes de France; c'est Lmuis^ fils aîné de saint Louis. Il na- «[uit le 21 septembre I243, mourut à Paris en 1260, et fut inhumé à l'Abbaye de Royaumont.
35® Forme, Jésvis- Christ apparaissant à saint Pierre. Dans un autre panneau , il donne les clefs à saint Pierre. Le peintre verrier a- placé une tbiare BUT la tête de ce dernier, et Ta décoré du PalUum. Quatre personnes , dont l'u^e tient une balance et pèse sur un comptoir, un vase d'orj près de ce comptoir est un autre personnage portant la main sur un monceau d'argent monnoyé j proche et vers le milieu, est un vase d'or j à l'autre extrémité, sont deux personnes, dont l'une prend des pièces d'argent d'un autre monceau pour les donner à un personnage portant un capuchon sur sa tête, et une bourse à la main.
36« forme, l'ange couvert d'yeux, de l'Apocalypse j Rex David.... Un boucher tuant un bœuf, un porc est pendu à un crochet.
37 e forme y un ange qui encense la Vierge. #eof-
froy avec son fib tenant une coupe et un encensoir^ plus loin est sa femme ^ prés d'elle un homme tenant une espèce de bannière : on lit le nom suivant : Gaufridus.
38* Forme, la' sainte Vierge debout tenant son fils. Deux hommes portent une corbeille pleine de pains.
39® Forme, un ange qui encense la Vierge. Deux hommes portent une corbeille pleine de pains. .
4o« Forme , l'ange de l'Apocalypse couvert d'yeux. Une personne près d'un ballot, accompagnée d'une autre qui le lie. Près^ d'elles sont deux marchands pelletiers placés à un comptoir, avec des espèces d'aumusses; l'un porte un capuchon sur sa tête.
4i« Forme, DieuJe-Père et le Saint-Esprit, placés au-dessus de Jésus-Christ, baptisé par saint Jean.
Trois personnes qui pèsent et comptent de l'or et de l'argent. Sur le milieu d'un comptoir est un vase d'or j et à l'extrémité un homme portant la main sur un monceau de pièces d'argent; a l'autre extrémité un autre homme verse des pièces d'or qui tombent d'un vaisseau ressemblant à une cornue. L'un des personnages qui pèsent de l'or^ porte un chaperon sur sa tête. Ce sont des changeurs.
i8« Fenêtre, rose, un chevalier portant un écu de gueules au lioil d'argent ou cheval effrayé, avec un guidon danché d'argent et de gueules de l'un et de l'autre* C'est la représentation d'Amaury VI ^ comte' de Montfort, connétable de France en i23i, sous le règne de saint Ljouis, Le qonnétablç de
Montfort continua la guerre contre les Albigeois ( accusés de renouveler les erreurs des Manichéens et des Ariens ) , après la mort de son père arrivée en 1234^ et confirma une donation faite au Chapitre de l'éghse de Chartres. 11 mourut en 1241.
42® Forme, saint Barthélémy, avec cette inscription : Sânètus Bartolomeus, Un homme armé^ dans une attitude suppliante j derrière lui est placé un écuyer , tenant d'une main une gaule et de l'autre conduisant un cheval j cet écuyer porte un écu de gueules à trois besans d'argent > deux et une ; audessus est l'inscription suivante : Willelmxjs, Le premier personnage représenté sur cette vitre, est Guillaume de la Ferté-Hernaud, dans le Perche. Il fit une concession à l'abbaye de Saint-Père de Chartres, étant à la Ferté. Dans un titre du mois de" mai 1207, ^^ ^^^^ ^^ autre de 1221^ il confirma une doniMion de dîmes faite par les abbés et religieux de cette abbaye à maître Jean Lambert.
Ces titres sont conservés dans la bibUothèque de Chartres parmi ceux de l'abbaye de Saint-Pèr^.
43e Iforme, la sainte Vierge tenant un sceptre fleuri. Un écu d*azur diapré ou br odé de c mpartiments d'pr, à la bande d'argent côtoyé de deux cotices d'or an lambel de cinq pendants de gueules.
I9« Fenêtre; la rose ou partie circulaire qui surmonte le^ deux formes de vitres, représente un che* valier portant un écu de gueules au lion d'argent avec un' guidon danché d'argent et de gueules de Tun et de If autre. Ce chevalier e$t Simon de Mont-
ya DESCRIPTION HISTORTQTTE
fort^ oomie de Leicester^ frère da cotinétable de ce nom ; il vivoit vers Tannëe i^So.
44* Forme, saint Vincent* Un ecclésiastique k genoux et les mains jointes devant \m oratoire , est placé au has du vitrage. Sur deux bandes rouges sfe lit Finscription suivante : Petkus BÂiLLÂRn..... Pierre Baillard , chanoine de la cathédrale de Chartres^ revêtu desc^s habits canoniaux, donateur de cette vitre , mort en 1 1^^.
43® Ferme, saint Paul. Deux personnages tenant chacun de leur côté une espèce de cuir passe dans une boude , d'où pend un morceau d'étolïe rouge ; il est vraisemblable que ces ouvriers sont des selliers : le lieu de la scène offre l'entrée d'une ville ^ dont les murs sont crénelés^ et la porte flanquée de deux guérites ou tourelles.
2o« Fenêtre, un chevalier portant un écu d'or à trois tourteaux de gueules au lambei de cinq pendants d'azur qui est de Taulay. Ce personnage à cheval offbe la représentation de Pierre de Couiv tenay, seigneur de Couches, Mehun, Selles, et Château-Renard.) fils de Robert de Courteuay, seigneur de ChampigndleS) boulciller de France, deustième fils dt Pierre de France, seigneur de Courtenay, dernier des enfants de jLouis VI dit le Gros. Robert eut pour frère aîné Pierre, seigneur de Courtenay, empereur de Constanlinople. Pierre de Gmirtenay fit honmiage A saiat Louis , dans la ville de Mantes , de la seigtteâtie de Couches en juin i i^S^^^t ittourut en Egypte a ta i^le de la bat^Ue de ki Massoure
qui eut lieu le 8 février laSo. Il avoit épousé Perrenelle de Joigny, dont il n'eut qu'Amicie de Courtenay , femme de Robert II , cornée d'Artois , en lîSg. 46® forme 5 le martyre de saint Euslache dans le bœuf- ardent. Un chevalier armé , à genoux devant une croix j derrière lui est un écu d'or à trois tourteaux de gueules, au lambel de cinq pendants d'azUr. C'est le même Pierre de Gourtenay dont il a été parlé ci-dessus.
47® Forme, le martyre de saint Laurent, exposé sur un gril.
Un liomme à genoux dans l'attitude de la prière, velu d'une tunique; derrière lui sont les mêmes armoiries qu'à la rose et à la 46* forme ; c'est Raoul de Courtenay , seigneur d'IlUers et de Nervy , frère de Pierre de Courtenay seîgntnir de Gonches. Il vendit lUi^rs à Robert de Courtenay son frère , doyen de l'église de Chartres , en 11^47 ? ^t depuis évcque d'Orléans. Raoul de Courtenay accompagna Charles de Franco, comte d'Anjou, à la conquête du royaume de Naplcs , et qui lui donna le comté de Chiéti. ïl mourut en 1271, et ne laissa qu'une fille ; mais sa postérité fut continuée en la personne de Guillaume de Courtenay , son frère , seigneur de Ghampignelles qui accompagna saint Louis en Afrique.
21 e Fenêtre, rose, un chevalier portant un écu d'or à deux léopards ou deux lions mal dessinés, de gueules.
4^* Forme, Padoration des Mages. tJn homme à
genoux; derrière lui soot les armes de Montmorency , d*or a la croix de gueules cantonnée de quatre aigles ou altérions d'azur.
49® Forme ,- la fuite en Egypte. Deux figures représentant des ouvriers j entre eux est un panneau , sur lequel sont des armoiries échiquetées d'argent et d'azur; au-dessus est l'inscription suivante : Viiera Colina de Caméra Régis.
Croisée méridionale.
aa® Fenêtre, saint Jean-Baptiste, représenté dans la rose au-dessus des deux formes de vitres. 5o® forme, Sanctus Christophorus. Sanctus Nicasius. Une figure debout avec le nom suivant : Idefroi. 5i^ forme, Henri Clément, seigneur d'Argcnton et duMeZ;, maréchal de France, recevant l'oriflamme des mains de saint Denys placé debout devant lui , avec son nom écrit eu caractères gothiques. Sanctus Dyonisius. Dans un titre de l'abbaye deSaint-Denys, daté du mois de février 1 263 , il est désigné ainsi : » Herris Marichautde France y sire d*Argenton et de MeZy chevalier. Il mourut en I265.
Un écu d'azur à la croix ancrée d'argent à la bande de gueules , et à la bordure de gueules.
23e Fenêtre, rose, la sainte Vierge devant laquelle est une femme vêtue d'hermine , représentant Alix, comtesse de Bretagne, fille aînée et héritière de Guy de Thouars, comte de Bretagne, à cause de Constance safemme, fut mariée en I2i3 à Pierre
de Dreux dit Mauclerc , duc de Bretagne; elle mourut le 1 1 août 1221 , et fut inliuméc à Tabbaje de Villeneuve, près de Nantes. Alix laissa trois enfants de son mariage, Jean, Artus et Yolande.
52© Forme , Sânctus Cosma, debout. Un personnage çnpied avec le nom suivant: Idefroi. 53eformc, Sânqtus Gervasius, Sanctus P^otasius placés, tous deux debout. Bans la même forme, est représenté Pierre de Dreux, surnommé Mauclerc ^*^, les mains jointes et dans Tattilude de la prière , portant une cotte d'armes aux armes de Dreux, échiquetée d'or et d'azur au franc quartier d'hermines ^^\ Pierre de Dreux duc de Bretagne, comte de Richemont, deuxième fils de Robert II, comte de Dreux, et d'Yolande de Coucy , sa deuxième femme, épousa AUx de Bretagne en I2i3, et se distingua dans plusieurs actions mémorables. Il accompagna Thibaut , roi de- Navarre , en i aSg , dans la guerre qu'il fit contre les Sarrasins. A son retour, il assista à la fameuse assemblée convoquée par saint Louis pour résoudre le voyage d'outre-mer j il accom-
^*^ Claude Blondeau, dans sa Bibliothèque canonique, dit qu'on le surnomma Mauclerc ( synonyme d'ignorant ) ,| parce qu'il fut un des premiers qui s'opposèrent aux entreprises des ecclésiastiques sur la juridiction sdculière.
^^ Pierre de Dreux, dit Mauclerc, passe pour avoir e'ie' le premier qui ait fait entrer des hermines dans la composition de ses armoiries. Traité des Marques naiioiiales ^ par Béneton de Peyrjns, Paris , 1739, pages 47 et 48.
j6 DESCniPTION HISTORIQUE
pagna ce roi^ cju'il servit dignement à la bataille de la Massoure. EnGn, il mourut sur mer au retour de cette expédition^ le 22 juin i25o. Son corps fut porté à Braine-le-Comte, près de Soissons, et inhumé dans l'église de Saint-Yved de cette ville.
24* Fenêtre, rose, la sainte Vierge, vêtue de Lieu, ten&nt son fils. 54* forme, un prophète. Les armes de Dreux décrites ci-dessus. 55« forme, le prophète Osée, écrit Ossée. Un personnage à genoux dont le nom est inconnu.
La grande rose placée au- dessus du portail méridional , est divisée en plusieurs compartiments très délicatement découpés , et dont les interstices sont garnis de vitraux peints. Dans le centre de la rose , est représenté le Sauveur du monde a^ssis sur un Irône et donnant la bénédiction de la main droite. Les intervalles des compartiments en pierre sont ornés dans leur circonférence des figures suivantes : 10 Huit anges, et les quatre animaux, symboles mystiques des quatre évangélistes. 2<> Les vingtquatre vieillards de l'Apocalypse. 3® Douie bannières 4UX armes de. Dreux,.
Dans les cinq grandes formes de vitres placées au-dessous de la rose, sont représentés en figures colossales, les quatre grands prophètes qui ont prédit la venue du Messie, et les quatre évangéhstes qu'il choisit pour être les interprètes de la morale divine.
10 Jérémie portant saint Luc sur ses épaules.
20 Isaïe porte également saint Mathieu.
DE LA CATHÉDBALE m CHARTRES. 77
30 La sainte Vierge debout tenant son fils, est placée au milieu.
49 Ezéchiel qui supporte saint Jean.
5® Daniel portant saint Marc.
Au bas des formes de vitres sont des comtes et des comtesses^ avec les armes de Dreux. Au-dessou» de la figure de la Vierge, est un écu aux mêmes armes de Dreux.
ii5^ Fenêtre, rose, un chevalier portant un écu aux armes de Dreux : c'est le même Pierre de Dreux surnommé MauclerCj armévde toutes pièces, dont il a été parlé ci-dessus.
56® Forme, un prophète. Les armes de Dreux décrites ci-dessus.
5^e Forme, le prophète Michée. Une femme à genoux.
26e Fenêtre, rose, un évêque. 58^ forme, deux prophètes j un apôtre debout. Les armes de Dreux*. 59e forme , deux prophètes pu apôtres. Un ecclésiastique revêtu d'une soutane rouge et d'une aube, à genoux devant un autel j au-dessous est le nom suivant : S. Entouer.
27e Fenêtre, rose, un ecclésiastique placé entre deux arbres.
60e Forme, saint Paul debout. Gi^ saint Pierre dans la même attitude.
Côté méridional de la nef.
28« Fenêtre, rose, S. Ambrosius. 62^ forme, S. Symphorianus. La 63« forme est masquée par le buffet d'orgue.
78 DESCRI/TION HISTORIQUE
29® Fenêtre, rose, S. Gregorius. Les 64^ et G5« formes sont masquées par le buffet d'orgue.
3o^ Fenêtre, rose, S. Augustinus. 66^ forme, masquée par l'orgue. 67^ forme, un évéque debout. Un tourneur exerçant sa profession.
3i« Fenêtre, S. Hieronimus. 68© forme, saint Jacques debout. Trois pèlerins, un homme, une femme , un enfant.
69® Forme, un personnage assis.
32® Fenêtre, rose, saint Solein. 70© forme, sainte Foi, debout.
71e Forme, la sainte Vierge. Ave Maria.
33® Fenêtre, rose^ Dieu le Père. 72© forme, saint Pierre debout. Des boulangers qui font du pain. 73® forme, saint Jacques debout. Des garçons boulangers portant du pain.
34® Fenêtre, rose, S. Hiêronimus. 74® forme, saint Laumer.
75e Forme , sainte Marie Tégyptiennc.