S DESCRIPTION HISTORIQUE
du nom. U fit d'abord réparer^ aveo beaucoup de luxe et de magnificence ^ la couverture du chœur , ainsi que celle de la chapelle de la Vierge; puis il fit sur-élever la tour centrale d'un nouvel étage en pierre , de 56 pieds de hauteur^ par Roulland^le-Roux ^ maitre maçon de la Cathédrale , et sqr lequel on établit en 1 5 1 7 un beffroi provisoire en charpente , pour placer les quatre cloches offertes par la libéralité de plusieurs particuliers en i5i4f année de Tin* cendie. Cependant , quelle que fût la célérité que l'on mit d'abord dans l'exécution des réparations les plus urgentes 9 vingt-huit ans s'écou* }èrent avant que l'on pût réaliser le projet de restauration de la grande pyramide^ dcmt l'exécution , pendant cet espace de temps , fnt l'objet de délibérations et de plusieurs marchés passés avec divers entrepreneurs. Ce retard si contraire aux désirs des fidèles n'était au reste ^ue la rigoureuse conséquence de la pénurie des fonds et de la diversité des opinions^ divisées ( disent les actes capitulaires) sur le parti que l'on prendrait d'élever la nouvelle pyramide/ soit en bois ^ soit en pierre pour ne point l'exposer «LUX chances d'un nouvel incendie. La question resta donc flottante jusqu'en 164^, époque à
laquelle le Chapitre , ayant recueilli les fond» nécessaires; fit eommencer les travaux. Toute* les pièces d'assemblage étant disposées , on fit le levage en i545 , et les travaux s'exécutèrent avec tant de célérité, que sa construction fut terminée en i544> à l'exception delà plomberie, qui ne fut totalement achevée qu'en i55o.
Robert Becquet, de Rouen (t) , et Toussaint Dubuc, son associé , sont les deux habiles maîtres charpentiers qui entreprirent et exécutèrent cette magnifique pyramide, dont la dépense s'éleva à un peu plus de 7,000 livres du temps, somme qui représenterait aujourd'hui celle de 56,000* livres de notre monnaie, en admettant toutefois que le marc d'or , sous le rapport du p<Mds, fut le même en 1542 qu'en idS7 (2).
Depuis l'érection de cette pyramide , les craintes du Chapitre ne furent malheureusementque trop justifiééspar les périlsimminenls
(1) Rouea et Darnetal se disputent l'honneur d'aToir donné le Jour à Robert Becquet , bien qae tout porte à croire que Rouen soit sa patrie. On ignore Tannée de sa naissance , mais 00 sait qu'il mourut en i55i,.dan8 une maison située auprès de Tabbaye de Saint-Amand do cette Yille, qu'il tenait à bail, laissant une yeuYÇ et un fils qui portait |e nom de Guillaumg.
<4i) Mtre de M. Débite à M. AUyoiae , page i6.
•4 DESCRIPTION HISTORIQVB
auxquels elle se trouva exposée dans l'espace de près de trois siècles^ soit par le feu du ciel, soit par la négligence des plombiers.
Le dimanche a5 février 1625, la foudre tomba sur l'église de Notre-Dame , mais il n'en résulta aucun dégât. Le même événement se renouvela le 8 décembre 1627.
Le I a juillet 1643, le tonnerre en tombant vint frapper les galeries de la lanterne , et sortit par l'une des ouvertures de la pyramide , mais il n'y fit aucune dégradation. Le Chapitre de la Métropole , plus religieux que physicien , encore imbu du vieux préjugé qui attribuait aux cloches la vertu miraculeuse de conjurer les tenxpétes , arrêta qu'à l'avenir on sonnerait les cloches à l'approche des orages. L'expérience a fait depuis justice de ce pernicieux usage, que de salutaires ordonnances ont enfin supprimé.
Le ^4 juillet lyiS, vers sept heures et demie du soir, le Chapitre disant faire des réparations à la pyramide, le feu prit à la charpente par la faute de l'un des ouvriers qui eut l'imprudence de vider sa pipe encore allumée sur l'une des pièces vermoulues; mais grâce à la promptitude des secours, et surtout de ceux donnés par un serrurier nommé Jean Souchonnêt, on parvint
à réteindre, après trois heures de travail (i).
Le 17 août 1727 , vers trois heures de l'aprèômidi , les plombiers qui travaillaient aux réparations de la couverture du comble du chœur ayant négligé d'éteindre leur fourneau avant d'aller prendre leur repas, le feu prit à la charpente, et fut éteint de suite à l'aide des secours que l'on s'empressa d'y porter (2).
Tant d'assauts livrés à cette flèche par les éléments avaient sensiblement altéré sa base et provoqué une inclinaison vers le sud-ouest.
Pendant une très^-longue suite d'années, cette inclinaison, fort peu sensible » était devenue tellement grave vers la fin du dernier siècle, que Ton cFu1f ne pas devoir différer plus longtemps les travaux nécessaires à la consolidation de cette flèche, qui menaçait évidemment d'une chute prochaine. En 1804, trois architectes de Rouen , MM. Vauquelin, Bouet et Le Brument, furent consultés sur les moyens de procéder à l'exécution de cet important travail. On présenta alors plusieurs projets de restauration et de re-
(1) Flambeau astronomique ou Calendrier royal pour la connaissance des temps, année 1714, pag. 70.
(2) Ibid,, année 1728, pages 189 et 190.
•é DESCRIPTION HISTORIQUE.
dressement, dont le $u€cè» parut douteux ; on proposa même la démolition de la partie supérieure de la pyramide, afin de la reconstruire tout entière; mais ce dernier projet» trop dis* pendieux , ne fut point adopté*
On se borna donc à consolider ce grand corps de charpente, et MM, Vauquelin etBouet restèrent chargés de cette entreprise, dont Texécu* tk>n ne fit pas moins d'honneur aux talents de ces architectes qu'à ceux de MM. Hébert et Lescanne, entrepreneurs de charpenterie, qui renouvelèrent presque totalement les bois de toute la partie centrale de la flèche, dont la plomberie fut entièrement réparée. Ces travaux ne furent terminés qu'en 1808 , et coûtèrent la somme de3o,ooo fr. au gouvernement (x). Cette pyramide, qui avait résisté à tant d'épreuves, iut frappée par la foudre, le dimanche i5 septembre 1802, vers cinq heures et un quart du matin. Ce chef-d'œuvre de Robert Becquet,.
qui s'élevait si majestueusement au-dessus de la ville de Rouen depuis près de trois siècles , fut ainsi réduit en cendres dans l'espace de quelques
(1) Voir pour de plus amples détails la Notice sur Vincmdie de la Cathédrale de Rouen, par M. £.-H. Langlois. Rouen, 189», ln-8. fig.
DE UL CATHÉDRALE DE BOUfiN. 67
heures. La nouyelle de œt événement^ aniK>Dcé tout aussitôt son apparition, répandit l'alarme dans la ville, sans décourager ses habitants , qui accoururent de toutes parts, le jpréfet et les autorités en tête, pour porter les secours néces^ saires et soustraire à l'action du feu cet admi-* rable monument; mais la rapidité des flammes, poussées par un vent nord'-est , avait tellement agrandi le foyer de l'incendie ^ qu'on perdit tout espoir de le sauver. L'élévation inaceés^ sible du foyer, l'impossibilité de pouvoir en cir^ conscrire l'étendue, la diffioulié de se garantir de la lave brûlante de plomb fondu qui s'échap^ pait en cascades des gargouilles^ firent échouer tant de généreux efforts opérés par une foule de citoyens de toutes les classes, qui semblaient ne s'être rendus sur le théâtt-e de tant de désas^ très que pour assister au triste spectacle de la chute de cette immense aiguille. Sapée dans sa base par l'inoendie, tout point d'appui venant à lui manquer, elle s'abattit tout entière vers le sud-ouest^ direction de son inclinaison originelle, et tomba avec un fracas épouvantable sur l'angle d'une des tours qui accompagnent le portail delà Calende, où, brisée en éclats, la croix avec une partie du poinçon vint fondre sur une
68 DESCRIPTION HlâTOarQUE
maison voisine qu'elle perça d'outre en outre. L'incendie qui venait de consumer la pyramide trouva de nouveaux aliments dans la toiture du chœur, qui fut totalement détruite ^ ainsi que celle de la croisée et un tiers du comble de la nef. Le comble de la riche chapelle de la Vierge échappa y comme par miracle, et dut sa conservation à soiv escarpement du principal corps de l'édifice. Enfin, grâce au zèle des autorités et à l'activité des habitants , on parvint à arrêter les progrés de l'incendie et à soustraire à ses ravages l'intérieur du vaisseau, qui n'^n ressentit aucune atteinte.
La consternation fut le sentiment général de la population de cette cité qui venait de perdre l'un de ses plus beaux ornements; mais tout espoir n'était point perdu: le principal corps de l'édifice resté intact, les arts secondés par la munificence royale et par la souscription de la ville , pouvaient reproduire cette magnifique création de la renaissance en la rendant même plus homogène avec le monument.
Le ministre de l'intérieur, instruit de cet évé«nement par le préfet du département, transmit à M. Alavoine, architecte (qui restaurait la cathédrale de Séez ), l'ordre de se rendre de suite
DE LA GATHËDBALE DE.BOUEN. M
a. Rouen pour constater les dégâts de rmcen* die et conférer avec le préfet sur les moyens d'en réparer les désastres. Après irisiteifaite^ un rapport fut présenté par Tarchitecte au préfet et transmis au minisire; d'une autre part, le cardinal de Bernis , archevêque de Rouen^^ lut un mémoire circonstancié de cet événement dans le cabinet de Louis XYIII, dont il obtint les assurances les plus positives pour le rétablissement de sa cathédrale. On procéda d'abord au déblaiement général et aux réparations, les plus urgentes; il était indispensable dé reconstruire les combles et les toitures y car^ si les voûtes restaient à découdvert , c'en était fait du monument.. Il n'en était pas de même de la flèche; bien qu'elle fôt nécessaire à l'effet pittoresque de l'édifice» comme à la rigueur il pouvait très^bien subsis-» ter sans cet ornement, et que la dépense de cette reconstruction paraissait énorme, on hésita, et d'abord^ il ne fut question que de restaurer la base de la tour ,t sans songer à k flèche. Ce fut alors que, par un élan de zèle etd'amour-propre bien entendu, ne voulant pas que leur cathédrale fut privée de ce riche ornement, les habitants de Rouen et même du dé*
7» DBSCaiPTKW HISTORIQUE
partemienlt firent sponuc^ment un sacrifice pour exoiter )a iDunifioenoe et l'émulation de l'Êt^t etlLjenipalner à cette dépense qu'il redoutait. Une souscription ouTcrte dans la ville produisit i6oyOco francs environ ^ et le eonseil^général vota, de son côté y 4^,000 francs.
L'architecte de ce monument, feu Alavoine, déjà connu avantageuseknent par des travaux d'une grande importance , avait res^uré avec succès, en partie par les procédés du fer fondu, l'église cathédrale de Séez en Noriimndie, dont l'vnedes flèches a été reconstruite. Ses moyens d'exécution ayant été éprouvés et inconnus comme ceux qui présentaient, sous, tous les rapports, les résultats les plus satisfaisants et des conditions de durée à Tabride tout événement , cet artiste n'eut plus qu'à s'inspirer des plus beaux modèles que nous ont laissés les architectes du moyen âge , afin de donner à sa pyramide toute l'élégance et la légèreté qui caractérisent ce style, en lui imprimant le cachet du temips. Il prit pour type principal la belle llèche pyramidale de la cathédrale de Salisbury , en Angleterre, et après des études consciencieuses, cet architecte présenta en 182a, au préfet de la Seine^Inférieure , deux
D£ LA GATHÉDRAUS HE BOOEN. 7t
projets^ l'un conçu dans le style du moyen àjge, l'autre^ dans celui de la renaissance. La prélièrënce fut accordée au premier^ comme se trour vaut plus en harmonie avec le caractère général de l'édifice^ et les procédés de fer fondu ^ pour son exécution, furent également adoptés.
Le rétablissement des combles des bas côtés fut achevé dans les premiers jours de i8a5. Le ^5 mars de la même année, toute la nef était couverte en plomb comme la partie qui n'avait point souffert. Lescomblesduchœur, diminués en hauteur de plusd'un mètre, et ceux desdeux bras de la croisée, furent eux-mêmes bientôt réparés; mais ici on a préféré la couverture eh euivre, comme plus solide et moins sujetteà de fréquentes réparations (i). On s'occupa ensuite de la consolidation générale des voûtes, dont l'extrados fut revêtu d'une chape en ciment. En 18^4^ on commença le déblaiement de la plate*
' (1) Cette oonvertiire , qui est dana le système de «elle en oaivre de la Bourse de Paris, n'exige point l'emploi des soudures sur place » c'est-à-dire que si une ou plusieurs tables ont besoin de réparations , oa peut les détacher facilement, étant ind^ndantes les unes ém autres, les travailler à Tatelier , puis les remettre en place, sans avey* besoin d'allumer du feu sur les toits, dont l'usage a été si souvent fniieste aux monuments.
forme, et lé remplacement par incrustation des pierres calcinées par Faction du feu dans l'intérieur de la tour. Dans le cours de cette année et des suivantes, on a incrusté et sculpté 911 morceaux de pierre aux quatre Êices extérieui;es du dernier étage de la tour , sur laquelle s'élève la flèche, afin de réparer les dégradations de l'incendie. Cette tour a été restaurée avec le plus grand soin , et le troisième étage sur-élevé de quelques pieds, afin de le mettre en pro* portion avec les étages inférieurs , et d'établir par un corps lisse intermédiaire une transition moins brusque entre les fenêtres de la tour et la riche balustrade qui lui sert de couronnement. Ce n'est qu'en 1827 qu'on commença à exécuter dans les usines de Conches des modèles à mouler et à couler les pièces de fonte qui devaient entrer dans la construction de la pyramide, et qui ne furent placées qu'après avoir été soumises aux épreuves les plus sévères; il en a été de même des boulons, qui ont été éprouvés par une tension plus que décuple de celle qu'ils doivent supporter. Les années i85o et i83i ont été employée&à continuer ces divers travaux et à la fabrication des boulons. La charpente en fer coulé fut terminée en i85i.
Cette charpente , qui prend naissance dans l'intérieur de la tour 9 se compose de quatre étages, ayant ensemble Sg pieds 5 pouces de hauteur, et est formée de 3^5 pièces de fer coulé , qui pèsent ensemble 191,742 kilogrammes. Les étages supérieurs, faisant partie du corps pyramidal qui surmontera la tour, sont au nombre de quatorze; sept sont déjà élevés, et ont été construits dans le cours des années suivantes jusqu'en décembre i836.
Quelques plaintes ont été faites sur la lenteur de ces travaux , qui n'ont pas été exécutés avec toute la célérité que l'imagination et le désir de jouir de l'ensemble de ce monument auraient pu le faire espérer. Obligé de lutter pour ainsi dire contre les éléments et l'intempérie des maisons, dans une région aussi élevée, l'architecte n'a pu faire travailler à son œuvre qu'environ cinq mois de l'année; c'est ainsi qu'on s'expliquera, par lesdifficultésqu'il aéprouvées, la marche lente de cette construction , qui , n'ayant subi aucune interruption, se continue présentement sous la direction de MM. Dubois et Pinçhon , architectes , qui ont succédé à M. Alavoine, décédé le 1 4 novembre i834-
Le chevet ou rond-point de l'église , vu des
n INESGRIPTION HISTORIQUE
oours de rarohevâehé , présente un bei aspect"; quatorze grands arcfr-boutants appuient le mut* extérieur y et servent à contre^buter la poussée des voûtes ; le pourtour du cbœur est envî^ roQué de trois galeries qui forment à diverses hauteurs des espèces de ceintures d'mtrelaos; mais ce qui excitait plus particulièrement l'ad* miration dans ce grand édifice, c'était la ma** gnifique pyramide qui s'élevait au centre de l'église. Sa construction appartenait à plu^ sieurs époques , comme je l'ai fait remarquer dans l'historique qui précède. C'est pourquoi je me bornerai à décrire ce qui concerne sa composition générale et particulière. Le soubassement de la pyramide repose sur les quatre piliers angulaires de la croisée , qui sont con* tre*butés à l'extérieur par plusieurs arcs-^boutants placés dans les angles. Sur ce soubassement s'élève une tour carrée dont les fenêtres àoompartiments éclairent l'intérieur de l'église ; c'est pourquoi on l'appelle la lanterne. La partie supérieure de cette tour, servant de base è 1a pyramide, est percée de huit fénestrelles sut* chaque face, et décorée d'une grande quantité de sculptures dont le caractère indique le passage du styje ogival à celui de la renaissance.
Parmi oea* sculptare^ on remarquait huit grandes statues représentant plusieurs ^ints personnages et btenfaileure de cette égliâe^ au rang desquels %uraient renlèvement au oièl de la Madeleine; saint Maurile^ archevêque de Rouen 9 restaurateur de la pre^ mière pyramide en io63; Georges d'Âmboise^ deu:iièa)e du nom, en habits pontificaux; Arthus Fillon , chanoine de Rouep » et plu*sieurs autres totalement inconnus. Cette belle tour est décorée de trois galeries à diverseë hauteurs^ et dont la plus élevée se faisait remar^ quer par une riche balustrade composée de pilastres cannelés, supportant un appui orné de froi:)toûs et de vases» Les angles de la tour soat accompagné^ de contre-forts dont la construction a été nécessitée pour servir de points d'appui à la poussée des différentes voûtes. Sur la tour carrée s'élevait une pyramide en charpente couverte en plomb, chef-d'œuvre de hardiesse, d'élégance et de légèreté; Ig. prcr mière partie reposait sur une base asitez haute et\ retrait^, et présentant l'aspect d'un portique orné de colonnes e| d'un fronton sur chaque face, Ava^tla j^^évolution, elle était d&* Corée des armes des cardinaux d'AmboisCj^
placées sur les frontons y ayant deux anges pour supports. Âu-*dessus de ce corps d'architecture régnait une espèce d'attique ; c'est ià que finissait l'escalier en bois; on montait depuis cet endroit jusqu'à la hauteur de deux lucarnes^ par des échelles en bois; à commencer de la plate-forme jusqu'à la naissance de l'obélisque , étaient quatre rangs d'arcades d'une grande légèreté; ensuite s'élevait l'obélisque, de forme carrée, orné d'astragales, et surmonté d'une grande croix en fer avec un coq.
Cette pyramide, dont la. construction faisait honneur aux talents de Robert Becquet, qui en fut tout à la fois l'architecte et le charpentier, avait de hauteur , depuis le pavé de l'église jusqu'à l'extrémité du coq, 596 pieds. On y montait par cinq cents marches , dont deux cents en pierre > et trois cents en bots. La charpente de cette pyramide se composait, à partir de la galerie, de 5,472 pièces de bois; la croix dont elle était surmontée était composée de cinq barres de fer, doiit celle du milieu avait plus de 5 pouces d'équarrissage ; sa hauteur était de 16 pieds depuis le poinçon jusqu'à ]a crête du coq; le croisillon avait 7 pieds d'enVergure. Cette croix pesait en totahté i54o livres, non
compris les liens de fer qui la tenaient^ dont le poids était de 3i5 livres; le coq pesait 4^ livres, il avait ^o pouces de large de Textrémité du bec à celle de la queue ; il fut descendu le 4 octobre 16421, et remis le 16 du même mois. Ce même coq fut redescendu le lundi i •' août i8o5, et replacé le 26 août par les sieurs Delahaye frères , chargés des réparations à faire à la pyramide (i). Il y avait autrefois cinq cloches dans cette pyramide: elles ont été descendues et cassées en lygS. Ce n'est que depuis le concordat de 1 801 qu'il en avait été replacé une, détruite dans le dernier incendie. La flèche qui remplace celle que nous venons de décrire, entièrement construite en fer coulé , et dont la moitié est déjà élevée sur la tour en maçonnerie, consistera en une haute pyramide octogone, composée de quatorze étages évidés à jour, et réunis par des arêtiers décorés de volutes, qui aboutiront à une élégante lanterne, à laquelle on parviendra par un escalier en spirale, situé au centre de la flèche. Ce lanternin sera accompagné d'une galerie en saillie.
(1) Calendrier ecclésiastique du diocèse de Rouen, pour Vannée 1804^ pages76et 77,
7g BBKHIPTION HISTORIQUE
bordée d'une balustrade à jour et surmontée par un couponnement pyramidal^ au-dessus duquel s'élèvera une croix à double croisillon. lA base de laflèdie^ percée, sur ses quatre fàcesy de grandes baies surmontées de pignons à jour^ sera accompagnée de quatre clochetons élevés sur les angles de la tour , et qui se raccorderont et se relieront avec les faces principales de la pyramide , au moyen d'u^e balustrade à jour aussi en fer coulée
Voici le détail et les proportions de la flèche actuellement en construction*
Le plan supérieur de la corniche de là tour , restaurée par l'architecte Alavoine , est élevé au-'dessus du pavé de l'église à une hauteur de aoo pieds 3 pouces 9 lignes , ou 65 met. 07 cent •
La dharpente en fer coulé, qui supporte la flèche , et vient prendre ses pointsd'appuidans l'intérieurde la tour, a 1 1 met.
59 cent, en contrebas du des- * sus de la corniche : cette char* pente la dépasse de i 20
Sept des quatorze étages de la pyramide sont maintenant
DE LA GATHÉDRALE DE ROUEN. n
Report 66inèt.:i7cetit.
posés. La hauteur de ebacnii de ces étages étant de 4 niét« 5o cent., ils font en totalité. . 5t 5o
Hauteur totale actuelle. - . 97 77 cent.
. Ce qui fait 5oo pieds 1 1 pouces 9 lignes d'élé-* vation au-dessus du sol de l'église, et 3:2 mètres 70 centimètres ou 100 pieds 8 pouces au-dessus de la tour*
En montant ces sept étages , on a aussi élevé la cage de Tescalier intérieur.
Cette partie exécutée en fer fondu contient 1 2 1 5 pièces de fonte , pesant ensemble . . 408,4^0 kilog. 4^ décag.
Il a été employé dans le bas une armature en fer , composée de 1 25 pièce» , dont le poids est de i ,845 4^
Les assemblages sont maintenus par 7,874 boulons en fer, qui pèsent en totalité 6,662 64
Poids total de ce
qui est posé 4^6,958 44 décag.
Pour compléter Tensemble de cette construc^ tion, il reste encore à faire, dans la partie inférieure, la balustrade à jour, servant de couronnement à la tour, les quatre clochetons et les quatre pignons qui décoreront le bas de la pyramide, et enfin le noyau et les marches de l'escalier; dans la partie supérieure, les sept étages restants, avec l'escalier et le couronnement.
Une partie des matériaux nécessaires pour la continuation de la pyramide est rendue dans les magasins et ateliers de la cathédrale , et un étage tout ajusté est prêt à poser. Ces pièces en approvisionnement sont au nombre de 47i> ^t pèsent ensemble 96,990 kilogrammes 29 décagrammes : il s'y trouve en outre laaS boulons, dont le poids total est de 55o kilogrammes 16 décagrammes.
Pour l'assemblage des pièces posées et celles prêtes à l'être, il a été percé jusqu'à ce jour 2o,56i trous de divers diamètres, et dont les longueurs réunies forment celle de 585 mètres 5o centimètres (i).
(1) La plupart des détails relatifs à la construction de la nouTelle flèche nous ont été fournis de la manière la plus obligeante par M. Dubois, son architecte.
DE LA GATOÉDRALE DE SOUEN. 81
D'aporès le calcul approximatif des pièces qui i>estent àfaire ^ on estime que* le poids' total dé laflèohe/renâtuë de ses omeikïents accessoires^ et y compris la charpente en fer, approchera de 60O9O00 kilogramqies 9 bu 1,200,000 livres^ mais ne dépassera pas cechfflPre* Sa hauteur, à partir du pay^ de l'église jusqu'au siMimet de la croix, sera d'environ ii45 mètres on/44<> pieds ^ 44 pieds de plus que la précédente* Eile surpassera donc celle des clochers les plus élevés de l'Europe. iLa dépense de sa con^ s traction n'est pas évaluée, dit-on, à plus de 5oo,ooo francs.
La légèreté et l'élégance de cette flèche, l'homogénéité et l'unité qui existent entre elle et l'édifice qu'elle couronne si majestueusement, n'ont j)u atténuer les regrets que la destruction de l'ancienne a laissés parmi la population de cette ville , qui admirait dans celle de Robert Becquet la disposition en retraite des différents corps d'architecture superposés, calculée avec l'élévation de l'aiguille, dont la silhouette se dessinait et se massait si avantageusement dans la perspective aérienne de la ville.
Les hautes flèches gothiques sont appelées , à
^ DESCaiPTiON BBItttlOCIE
juste titre, ct'istallisation.de la pensée faumaitte ; knbées vers Dku^ elles figurent, siihrant l'espre^îon de Wordsworth , ces inflexibles doigts levéà pour montrer le ciel à l'adoration des cfa^tiens, comme l'unique but et la récompense de leurs œuvres.
Nous terminons ici les remarques et les ol>servations que nous avons faites à l'extérieur de ce grand édifice. Nous allons maintenant pénétrer dans l'intérieur, où de nouveaux oèjets doivent nécessairement appeler nôtre attention.
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Plan de l'Eglise métropolitaine de Roiien-
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