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3^ïv PRÉFACE.
chiens, l'égalait au moins par rintérél et la rareté des
objets qui la composaient. C'étaient des journaux et
des brochures d'un grand prix. M. de La Bédoyère ne
devait pas laisser échapper une occasion si heureuse;
il s'en saisit en effet, et l'héritage de M. Maurin échut,
comme celui de M. Deschiens, à M. de La Bédoyère.
Des collections moindres vinrent encore se fondre
ou plutôt se perdre dans la sienne. Elles n'étaient
point sans célébrité : l'une était celle connue sous le
nom de Portier de l'Oise, et l'autre celle d'Alissant
de Chazet, qui tenait un bon nombre de journaux
des mains de Delisle de Salle.
Ainsi, M. de La Bédoyère sut conquérir tout ce que ses rivaux avaient enlevé ; plus ils avaient pris, plus il se trouva riche, et l'on peut dire qu'ils n'avaient amassé que pour lui. Aussi, se vit-il au point de n'avoir, pour ainsi dire, rien à désirer; la moisson était faite, il n'y avait plus qu'à glaner de temps en temps.
Mais l'œuvre de M. de La Bédoyère n'était point encore achevée} il savait combien l'ordre est nécessaire dans une collection si nombreuse, et il songeaità l'airangement des richesses qu'il avait acquises. Mais le poids des années se fît sentir, et ses forces, eu commençant à l'abandonner, l'avertirent qu'il approchait du terme. 11 dut renoncer au travail long et pénible du classement et laisser sa collection telle qu'elle lui était venue.
C'est en effet une tâche bien rude que de mettre en ordre une masse aussi considérable. Une fois à l'œuvre, on se voit livré à soi-même, on ne trouve devant soi ni guide à suivre, ni prédécesseurs à imi-
PRÉFACE. XV
ter. Toutefois, l'histoire, avec ses personnages d'une part, ses événements de l'autre, indique déjà d'ellemême deux grandes divisions. M. Deschiens, dont nous aimons à répéter ici le nom, partagea sa collection en trois parties : hommes, matières^ journaux.
Nous les avons admises dans notre travail ; et nous en avons ajouté d'autres, forcés comme nous l'étions par l'abondance des matières qu'il nous fallait ordonner. Pour les subdivisions, nous avons dû nous éloigner de ce collectionneur. Nous avons eu, avant tout la pensée de faciliter les recherches de l'historien et du curieux, et de donner à chaque pièce une place où on la puisse trouver sans peine. Voici nos sept divisions, qui ont donné lieu chacune à un nouvel ordre alphabétique :
1° Hommes^ c'est-à-dire les œuvres politiques des personnages de la Révolution et les écrits dont ils sont l'objet j
2° Matières. Cette série offre plus de variétés. Ce sont des pièces qui traitent des événements particuliers, de l'administration, des mœurs, etc.; ce sont aussi des pamphlets, des almanachs, des chansonniers, des placards, etc. Cette division, par la quantité même des sujets qu'elle embrasse, nous a paru exiger de nombreuses subdivisions (i);
3*^ Journaux. Ce mot fait assez entendre ce que contient cette catégorie. Les deux mille feuilles périodiques de tous les formats s'y trouvent chacune à sa lettre;
4** et 5^ Historiens et Mémoires. Ici les volumes
(i) On peut, pour les titres de ces subdivisions, consulter la table. Cette simple énumératioQ facilitera les recherches. ^
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PRÉFACE
succèdent aux brochures, on compte par tomes, non plus par cartons;
6® Gravures y portraits 3 caricatures et assignats ;
'f Autographes et documents inédits.
Ces deux dernières catégories complètent et terminent la collection qui, pour laisser parler les chiffres dans toute leur simplicité, se compose, sans compter les gravures ni les autographes, de plus de quinze mille cinq cents volumes ou cartons. Telle est cette collection justement célèbre; tels sont les soins dont elle a été l'objet. Deux hommes lui ont consacré leur vie; il n'a pas fallu moins de deux existences pour la rendre ce qu'elle est aujourd'hui. TJ'aussi longues années^ d'aussi grands sacrifices, ne pourraient pas maintenant arriver à un semblable résultat. M. Descliiens et M. de LaBédoyère ont vécu dans une bonne époque, M. Deschiens surtout; les temps sont changés; les sources où ils ont puisé sont laries; le champ est devenu stérile. Ce qui était possible alors est impossible aujourd'hui. Il faut jouir de leur collection et renoncer à l'idée d'en former une semblable. On doit donc craindre, comme un malheur véritable, de la voir dispersée. Quel sera désormais son sort ? Sous quel nom, sous quels auspices poursuivra-t-elle sa destinée? Se trouvera-t-il un homme, une ville, un Etat qui lui assure une nouvelle existence ? C'est ce que l'avenir ne tardera pas à nous apprendre.
Fa.
Paris, le lo novembre i86a.
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