CARACTÈRE DU PÉRIPLE DE SCYLAX
des terres. Mais je reviens au continent, dont je m'étais écarté.
» A la Cilicie succède la nation syrienne Après le fleuve
Thapsakos on trouve Tripolis de Phénicie... >»
Ici se termine la portion du Périple consacrée aux côtes de l'Asie-Mineure. Ce fleuve Thapsakos, dont Scylax fait la limite de la Cilicie du côté de la Syrie, n'a été connu sous ce nom d'aucun autre géographe de l'antiquité. M. LetronneO pense que ce ne peut être que l'Orontes , qui forme en effet dans Hérodote, comme nous le verrons au chapitre suivant, la frontière commune de la Phénicîe et de la Cilicie.
11 serait superflu d'ajouter ici aucune remarque au commentaire succinct dont nous avons accompagné notre traduction. Les indications de Scylax montrent quelle profusion de colonies helléniques couvrait , au sixième siècle avant notre ère , tout le pourtour du Pont-Euxin et la côte orientale de la mer Égée jusqu'aux confins de la Lycie ; et lors môme que le Périple lui-même ne serait pas là pour nous apprendre combien ces parages étaient devenus familiers aux navigateurs ioniens, cette quantité de colonies ne nous permettrait pas de douter que les parties maritimes de l'Asie-Mineure ne fussent dès lors aussi bien connues qu'elles l'aient jamais été à aucune époque ultérieure jusqu'à nos jours. Quant aux progrès que pouvaient avoir fait alors les connaissances des Grecs asiatiques sur l'intérieur de la Péniusule, le Périple ne nous fournit aucune lumière. Seulement le peu de débris parvenus jusqu'à nous des ouvrages géographiques d'Hécatée de Milet, contemporain de Scylax, nous révèlent que sur certaines provinces au moins ces connaissances étaient déjà très-circonstanciées ; et le précieux ouvrage d'Hérodote, postérieur d'un demi siècle à peine à ceux de Scylax et d'Hécatée , va nous montrer jusqu'où elles s'étendaient en effet.
1 Observations citées, p. 223.
ASIE-MINEURE. [5e SIECLE AV. J.-C