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d'hui Éphèse n'existe plus 0), et Smyrne, favorisée par son heureuse situation au fond d'un vaste golfe, lui a succédé sans peut-être l'égaler.
Strabon visite de même le littoral de la Carie 00, couvert, comme celui de la Lydie, de villes d'origine hellénique, s'arrêtant à chaque pas, selon sa coutume , ici pour raconter l'histoire des endroits célèbres, là pour exposer les traditions ou rechercher les origines, ailleurs pour disserter sur la parenté ou les migrations des anciens peuples , d'autres fois pour raconter une anecdote caractéristique ou parler des hommes éminenls que chaque ville avait vus naître. Plus d'un fait curieux nous a ainsi été transmis ; mais il ne faudrait pas s'attendre , néanmoins , à trouver dans les fréquentes excursions archéologiques de notre géographe les secours ni les lumières que les méthodes plus sévères de la critique moderne eussent probablement su tirer des sources abondantes qui lui étaient encore ouvertes. Habitué aux discussions un peu verbeuses des écoles grecques, Strabon s'abandonne à d'immenses dissertations sur de très-petits sujets ; et dans ces longues discussions sur un vers d'Homère ou de quelque autre poëte ancien , il lui arrive souvent d'oublier les choses pour les mots. La vraie critique historique, celle qui veut apprécier avant tout la valeur relative ou absolue des anciens monuments , qui en discute la portée et qui soit grouper dans un ordre lumineux tous les éléments d'un problème ; celle qui dans une question de races interroge à la fois et soumet à un contrôle réciproque l'histoire écrite et les traditions , les langues et le type physique : cette critique , instrument si puissant dans les mains de quelques-uns de nos savants modernes , n'existait pas au temps de Strabon. Jamais les anciens ne soupçonnèrent l'utilité des études principales qu'elle suppose, l'étude comparée des langues, notamment, et celle de la conformation extérieure des peuples au point de vue historique. En histoire comme en physique , les sciences d'observation étaient nées à peine , et ne marchaient qu'en tâtonnant dans l'horizon borné où elles étaient confinées.
1 Ses ruines font encore l'admiration des voyageurs, près d'un lieu nommé ATasalouk.
P LU». XIV, p. 561 et suiv.
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Après les villes helléniques de la Carie maritime , lassos , Mynde, Halicarnasse , Keramos, Knide, Kaunos, le géographe ne trouve à citer dans l'intérieur du pays que trois villes notables , Mylasa, Stratonicée et Mabanda; il n'y avait plus ensuite que des bourgs , les uns de la banlieue de ces dernières, les autres de la banlieue des villes maritimes (0. Stratonicée, moins ancienne que les deux autres villes intérieures, était d'origine macédonienne, et ses fondateurs l'avaient ornée d'édifices magnifiques.
La grande et belle île de Rhodes arrête longtemps aussi les pas de notre auteur ; puis il revient au continent, et parcourt la Lycie, Auxta. « La côte, nous dit Strabon, en est rude et d'un accès difficile; néanmoins on y trouve de très-bons ports, et elle est occupée par une nation sage. Son territoire est de la même nature que celui de la Pamphylie et de la Cilicie Trachée (qui viennent ensuite); mais les habitants de ces deux provinces ont fait de leur pays un repaire de brigands , soit en exerçant eux-mêmes le métier de forbans, soit en offrant un abri aux vaisseaux des pirates, et en leur ouvrant des marchés où ceux-ci viennent exposer en vente le fruit de leurs rapines : c'est à Sidê, ville de Pamphylie, que ces brigands avaient établi leurs chantiers , et c'est là qu'ils vendaient à l'encan leurs prisonniers , sans même chercher à dissimuler qu'ils vendaient des hommes libres^). Les Lyciens, au contraire, se sont toujours conduits en hommes civilisés et sages; et quoique leurs voisins, par leurs pirateries, aient réussi (dans un temps) à s'emparer de toutes les mers jusqu'en Italie, les Lyciens n'ont point été tentés de les imiter. Ils sont toujours restés fidèles aux principes sur lesquels était réglé leur gouvernement, connu sous le nom de corps lyciaque.
» Ce corps est composé de vingt-trois villes qui ont voix dans l'assemblée publique à laquelle chaque ville envoie des députés, et qui se tient dans celles qu'ils choisissent. Les plus considé-
1 Ibid. p. 658 D. Mylasa a gardé le rang de ville sous le nom de Melatto; les deux autres n'existent plus- Les voyageurs ont retrouvé les ruines d'Àlabanda près d'un lieu nommé Arab-Hi*$ar , et celles de Stratonicée a Eski- Hissar, ou le Vieux Château.
» On sait que les Romains avaient à grand'peine réprimé ces brigandages.
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rables de ces villes ont chacune trois voix , les moyennes deux, et les autres une seule voix. Elles contribuent dans la même proportion aux dépenses et aux autres charges publiques. Les plus grandes , selon Artémidorc , sont au nombre de six : savoir, Xanthos, Patara, Pinara, Olympos, Myra et 77a». Celle-ci est située sur le chemin qui mène à Kibyra 0). >» La première en rang d'importance était Xanthos , dont il n'existe plus aujourd'hui que les ruines. Parmi les autres cités lyciennes, Strabon nomme encore Kragos, que dominent les huit cimes de la montagne du même nom-, puis Telmissos, Limyra, Phellos, Antiphellos et Phaselis. La plupart de ces villes nous sont déjà connues par les descriptions d'auteurs plus anciens. Les deux plus grandes rivières du pays sont le Xanthos et le Limyros. Le Xanthos avait primitiveiuent porté le nom de Sirbès. On sait que c'est en Lycie que l'on plaçait communément l'origine du Taurus (»).
Depuis l'extrémité de la Cilicie où elle touche à la Pamphylie, jusqu'à Soloi et à Tarsos où finit la Cilicie Trachée, le pays ne consiste qu'en une lisière étroite entre la côte et la montagne. C'est à Tarsos seulement que la côte commence à s'élargir et à s'étendre en plaine au pourtour du golfe issique G).
Olbia , place très-forte , marquait le commencement de la Pamphylie Wj peu après venait un fleuve considérable nommé Katar haktès, qui se précipitait comme un torrent d'une roche élevée, avec une telle impétuosité que le bruit frappait au loin l'oreille du navigateur (5>. Attalia, fondée par le roi Attale Philadelphe , était à l'orient de la bouche du fleuve. Les ruines de celte dernière ville sont aujourd'hui connues sur cette côte peu fréquentée sous le nom grec de Palaïa Attalia , Attalia la Vieille; et le même nom, prononcé par les Turks Sattalièh, a été transporté un peu plus loin à l'ouest à une autre ville , qui est l'an-
1 Lib. XIV, p. 664 » t. IV ; 2e partie , p. 355 de la trad. fr.
* Les récentes explorations de M. Charles Fellow ont beaucoup éclaire! l'ancienne géographie lycienne ; voy. le rolume suivant.
* Ibid. , 66& B.
* Ibid, , p. 667.
5 Comp. Mêla, 1, là. C'est le Douden-sou. Corancez, itinér. d'une partie peu connue de VAsie-Min. , p. 38* ; Leake, Tour in Atia-Minor, p. 10|. édit. in-8.
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cienne Olbia (»\ Deux rivières notables se rencontraient ensuite, le Kestros etV Eurymédôn • sur la première , non loin de la côte , était la ville de Perghé ; sur la seconde, dans une situation à peu près semblable , celle d'Aspendos. Plus loin encore on trouvait Sidê, colonie des Kuméens de Tlonie, puis le fort Korakésion, où commençait la Cilicie.
Cette province , la dernière de l'Asie-Mineure du côté de la Syrie, occupait le reste du littoral jusqu'au fond du golfe d'Jssos 00. La nature l'a partagée en deux parties bien distinctes. Celle de l'ouest, âpre et montagneuse, avait reçu des Grecs le 6urnom de Trachée, ou plutôt Trakhée, Tpa^efa, qui exprime cette nature du pays; la seconde, presque toute en plaines, était distinguée par l'épithèle de lH$ià;, Cilicie des Plaines (3). Le promontoire Anemourion (Cap Anamour) est sur cette côte le point qui se rapproche le plus de l'île de Cypre ; Kélendérii et Séleucit, EsXsoxsia, se succèdent ensuite sur ou près de la côte, parmi beaucoup d'autres lieux moins importants. A Soloi (Soliy dans la transcription latine), commence la Cilicie des Plaines; non loin de là est l'embouchure du Kydnos, rivière qui sort du Tau rus et passe à Tarsos ou Tarse. Nous apprenons de Strabon que les habitants de Tarse s'étaient tellement distingués par leur application à la philosophie et aux belles-lettres, qu'ils avaient à cet égard surpassé Athènes et même Alexandrie, les deux centres les plus renommés du savoir hellénique. Après le Kydnos on rencontrait le Pyramos («) , qui baignait les murs de Mallos, un peu au-dessus de son embouchure. Sur le golfe issique , qui commence vers la bouche du Pyramos, Strabon nomme le bourg d'Aigaiai . qui existe encore sous le nom d'Aïas; puis les Pyles Amanides , défilé formé par un des épaulements extrêmes de l'Amanus et par le rivage même ; puis la petite ville d'Juot , avec son port, en deçà de la rivière Pinaros; pins oqfio, après
1 Corancez et Leake , loc. ch. Beaufort , Karamania , p. 127. » Lib. XIV, p. 668 et sujv.
3 Et non Cilicie Champêtre, comme traduisent trop littéralement ceux gui s'attachent au latin , Cilicia Campesirit.
4 Strabon oublie ici de mentionner le Saros qui &e jette dans )a mer entre le Kydnos et le Pyramos, et dont il a parlé précédemment dans $a description de la Kataonie. Mallos n'existe plus.