ANCIENNES DIVISIONS GÉOGR. ET ADMINISTR
fond avec l'histoire si tristement agitée de l'empire bizantin.
C'est vers ce temps , nous l'avons vu , c'est-à-dire à la fin du quatrième siècle ou au commencement du cinquième, que le nom & Asie- Mineure commence à entrer comme dénomination spéciale dans la langue géographique (0.
Nous n'avons pas parlé jusqu'à présent des changements ou modifications apportés , à diverses époques successives, dans l'ancienne division des provinces de la Péninsule. Tant que ces divisions dérivent de traditions historiques ou de la circonscription naturelle des peuples différents d'une même contrée , elles restent dans le domaine de l'histoire géographique , à laquelle elles fournissent fréquemment de précieuses indications pour remonter aux temps antérieurs à l'histoire écrite; mais elles perdent à la fois et ce caractère et cette utilité, dès que cessant d'être en rapport avec l'ethnographie et l'ancienne histoire , elles ne reposent plus que sur des convenances administratives. Or, tel est, depuis le temps de Strabon, le caractère exclusif des nouvelles divisions de provinces introduites dans l'Asie-Mineure. Ces nouvelles divisions ne procédèrent d'abord que par la subdivision des anciens pays, plus rarement par agglomération, sans introduire de dénominations nouvelles autres qu'une distinction numérique ; plus tard, sous les successeurs de Constantin, vinrent d'autres circonscriptions avec une nomenclature entièrement différente des dénominations antérieures. Comme il peut être de quelque utilité de connaître ces divisions et ces dénominations successives , nous en avons formé , à la suite du présent chapitre , plusieurs tableaux rangés dans leur ordre chronologique.
Les derniers siècles de la période que ce chapitre embrasse, jusque vers l'an 700, ne nous offrent aucun fait de quelque intérêt pour l'histoire géographique. Déjà dès cette époque les incursions des Huns et des Colhs , celles des Tzanes dans le Pont, et les courses des Isaurcs dans les provinces du sud , avaient ruiné beaucoup de villes anciennes; le zèle plus ardent qu'éclairé de quelques empereurs , et particulièrement d'Àrcadius, fils de Théodose, pour la démolition des temples des an-
» Ci-dessus, p. 159.
[7e SIECLE AP. J.-C
ciens dieux (0 , avait aidé à cette œuvre de destruction, avancée encore par les fréquents tremblements de terre auxquels une grande partie de la Péninsule était sujette, et que complétera la torche des hordes turkomanes que les temps qui vont suivre amèneront en Asie-Mineure. Les Arabes musulmans les y avaient devancées, mais sans y former d'établissements à demeure jusque dans le cours du huitième siècle , époque où la Cilicie orientale et quelques parties de la Cappadoce voisines de l'Euphrate passèrent sous la domination des Khalifes de Bagdad.
C'est là que commence une nouvelle période dans l'histoire géographique de la Péninsule : — période de transition analogue à notre Moyen Age d Europe , où l'état de choses ancien vient expirer et se transformer en une situation intermédiaire , d'où sortira par degrés , en géographie comme en politique , ce qui constitue l'état moderne tel que l'a créé le lent travail des siècles.
1 Arcadius ordonne, par une loi du 13 juillet 399 , de démolir les temples de la campagne, afin d'enlever aux païens tout ce qui pouvait encore alimenter leur superstition; les temples des villes avaient sans doute été déjà abattus. Par un autre rescritdu 1er novembre 397, le même prince avait ordonné d'employer aux réparations des chemins, des aqueducs, des ponts et des murailles des villes , les matériaux provenant de la démolition des temples. Tillemont , Hist. des Emper. , t. V, p. khk et 449.
APPENDICE AU CHAPITRE VIII