‹ Description historique et raisonnée d'une collection de tableaux des écoles italienne, flamande, hollandaise, française et espagnole, appartenant à mesdames Dumont de FrainaysChapitre 38 sur 44 · ÉCOLE HOLLANDAISE · texte numérisé non relu

ÉCOLE HOLLANDAISE

Philippe TlDEMAN.

y 8. Un philosophe donnant des leçons aux femmes et aux jeunes filles d’Athènes; d’autres disent que c’est saint Paul prêchant la foi aux Corinthiennes. Ce beau groupe de femmes est placé près d’un portique de l’ordre dorique, dans lequel on aperçoit la statue de la Prudence. Des arbres et une ricbe campagne forment le fond de ce tableau, qui est peint dans la manière de Gérard Lairesse. On y admire de belles carnations et des draperies bien exécutées.

Philippe Tideman naquit à Hambourg en iCSy. Étant entré de bonne heure dans l’école de Lairesse, il devint le plus habile de ses élèves. En considérant le lieu de sa naissance , nous aurions pu le classer parmi les peintres flamands; mais comme il commença ses études et qu’il les perfectionna complètement dans l’école de Lairesse, nous avons cru devoir le ranger au nombre des peintres de l’École hollandaise, dont il a le coloris lumineux, l’esprit

cernent avec îeurs modèles ou originaux , et examiner le goût du dessin, celui du coloris, et le caractère du pinceau. Il est rare qu’un artiste qui sort de son genre ne laisse pas échapper queh ques traits qui le décèlent.

pittoresque dans la composition, la douceur et la pureté dans le maniement du pinceau.

On connaît de Philippe Tidman beaucoup de tableaux d’église , des plafonds , et aussi des tableaux de chevalet, représentant des sujets tirés de l’histoire et de la fable, qui sont traités de la manière la plus ingénieuse; celui que nous possédons en est un exemple. Ce peintre mourut en 1707, à l’âge de cinquante ans; voyez dans la précédente description , page 34 , * 7 , ce que nous avons dit sur

Gérard Lairesse , son maître.

Pierre de HOOGE.

y g. Quoiqu’on ne sache rien de positif sur le lieu de la naissance de Pierre de Hooge, qui écrit ainsi son nom P. D. Hooch, comme l’indique le tableau dont il va être question, 011 le place constamment au nombre des peintres hollandais. De Hooge fut élève de Nicolas Berghem, et produisit quelques tableaux dans le genre de ceux de son maître; ayant ensuite changé de manière, il chercha à peindre dans le goût de Metzu et de Miéris. Sans arriver à la perfection de ces deux peintres célèbres, De Hooge , toutefois , parvint à produire des tableaux d’un fini précieux et d’une grande vérité de co loris.

Le tableau que nous avons de ce peintre célèbre est la preuve qu’il a quelquefois rivalisé les produc-

tioîis de Miéris ; il s’y est peint lui-même, dans son appartement, avec sa femme et ses enfans. On y remarque la pureté et la perfection des têtes, le fini précieux des étoffes, ainsi que la beauté du coloris.

Pierre de Hooge est figuré debout , enveloppé de sa robe de chambre, de soie cramoisi; sa femme, assise près de lui, vêtue d’une robe de satin blanc, tient sa petite fille sur ses genoux. Le fils aîné , debout, est naturellement placé près de sa mère, et son frère puîné est devant elle. Derrière ce groupe on voit une console sur laquelle se trouve un plat d’argent contenant des fruits ; un riche tapis , jeté sur une chaise , couvre une partie de la console , et la croisée de l’appartement fait le fond du tableau qui est signé , et porte la date de i65o. Les costumes un peu singuliers des deux enfans sont ceux de l’époque.

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