AVANT-PROPOS
Ecole florentine, Ecole vénitienne , Ecole lombarde. On divisa l’Ecole flamande en Écoles flamande, allemande et hollandaise; l’École française seule demeura sans subdivision. L’Ecole espagnole resta hors de cette nomenclature : elle n’était pas encore reconnue.
Pour fondateur, l’École romaine eut Raphaël, le plus beau génie qui ait encore paru dans l’art de peindre ; l’École florentine regarde Michel - Ange comme son premier maître ; l’École vénitienne reconnut dans Titien et Giorgion les premiers introducteurs de l’art du coloris et du clair-obscur. L’École lombarde doit sa naissance à Corrége. Les Écoles allemande , flamande et hollandaise considèrent Albert Durer, Hubert et Jean Yan Heyck et Ilolbein comme leurs premiers fondateurs; Jean Cousin le fut de l’École française. On pourrait regarder Velasquez, né en i5g9 , comme le fondateur de l’École espagnole. Je ne m’étendrai pas sur chacune de ces Écoles en particulier; je parierai seulement de celles auxquelles appartiennent nos tableaux.
Malheureusement, nous ne possédons aucun ouvrage du beau génie d’ürbin, dont l’aisance et les grâces dans l’art de composer, de placer une figure et de l’ajuster, n’ont jamais été imitées , et auquel on est redevable des plus beaux ouvrages du Vatican, ainsi que des talens supérieurs qui lui ont succédé , et aux progrès des-
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queis il a participé par ses modèles et par ses leçons.
Nous possédons de l’Ecole italienne un délicieux tableau de Jean-Baptiste Mola, représentant Saint Jean composant V Apocalypse ^ ouvrage dans le style de Dominiquin. Nous avons de l’Ecole florentine une tête de Madeleine d’une expression admirable, peinte sur bois par Carlo ou Carlino Dolci. Pour la peindre , ce célèbre artiste s’est inspiré du dessin gracieux de Corrége et du beau coloris de Van Dyck. Enfin , nous possédons de Geotiiescus un excellent tableau dans lequel on remarque de l’expression et de la sévérité 5 il représente V évanouissement de sainte Thérèse ^ qu’un ange délivre de son brûlant amour pour Jésus.
De l’Ecole lombarde , dont la naissance est due au célèbre Corrége, que l’on nomme avec raison le Peintre des Grâces^ nous avons un Louis Carrache représentant une Bacchante qui fait danser des petits Faunes, et un Lucas de Jordane , tableau dans lequel on remarque un beau coloris et une grande facilité. Son père lui donna le surnom de Fa presto y c’est-à-dire qui fait vite; pour prouver sa grande facilité, on raconte ce qui suit : « Lucas de Jordane avait un atelier dans la maison de son père, avec lequel il demeurait 5 un jour qu’il était à peindre pour une église un sujet du Nouveau Testament y son père
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