‹ Description historique et raisonnée d'une collection de tableaux des écoles italienne, flamande, hollandaise, française et espagnole, appartenant à mesdames Dumont de FrainaysChapitre 5 sur 44 · VU · texte numérisé non relu

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l’appela pour dîner : Un instant, répondit-il, je n ai plus quun des douze Apôtres à peindre. »

L’Ecole vénitieime est, de toutes les Écoles, celle où l’art du coloris a été porté au plus haut degré de perfection ; Jean Beliin passe pour en être le fondateur. Nous n’avons point de tableau de cette École , qui est une division de l’École italienne.

Les deux frères Hubert et Jean Van Heyck se firent remarquer par leurs beaux ouvrages à l’eau d’œuf et à l’huile , dans un temps où l’art de peindre était encore dans l’enfance. Jean , après la mort de son frère Hubert, découvrit, en iSqo, que Fbuile se mêlait parfaitement avec les couleurs; il ne peignit plus que de cette manière : elle fut immédiatement suivie dans toutes les Ecoles. Dans une collection de tableaux flamands , on aime à trouver un ouvrage qui date de l’époque des premiers essais de la peinture. Si nous n’avons pas de tableau de Jean Van Heyck , ni de son frère Hubert , pour ouvrir la suite assez nombreuse de ceux que nous possédons de cette im.portante École , nous en avons deux de Cornelis Eogelbrechtsen , son élève. A un coloris savant et harmonieux , ces deux tableaux précieux joignent une vérité surprenante dans les attitudes et dans les airs de tête; iis représentent deux sujets importans de la Passion de Jésus.

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Les peintres vénitiens et flamands ont généralement peint par glacis. Pour peindre par glacis , on commence par empâter fortement le tableau dans les lumières et aussi dans les ombres , et cela d’un ton plus clair que celui auquel on veut parvenir. On revient ensuite sur cette préparation avec des couleurs légères , transparentes , délayées avec de l’huile siccative, en frottant avec le pinceau, ou en passant légèrement sur ce qui est fait. Si vous voulez avoir une idée de cette manière brillante de peindre, consultez les tableaux de Titien, de Giorgion, dePaul Yéronèse, notamment les deux magnifiques Rubens de notre riche Collection : ils se composent chacun de plus de dix-sept figures de grandeur naturelle, représentant la cruauté de Tomyris, reine des Scythes, exercée sur Cyrus, roi de Perse, et la continence de Scipion. Rubens a peint ces deux tableaux étant à Venise , et , en les voyant , vous serez convaincu qu’il a eu l’intention de rivaliser avec les plus beaux ouvrages de Titien et de Tintoret : il y est parvenu Ces deux chefs-d’œuvre vien-

nent de la Galerie d’Orléans. Quant au Van Dyck que nous possédons , représentant le Triomphe de V Église romaine, il est plus beau que tous les tableaux historiques de ce maître qui sont au Musée du Roi.

Nous avons encore d’autres tableaux de l’É-

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