‹ Description historique et raisonnée d'une collection de tableaux des écoles italienne, flamande, hollandaise, française et espagnole, appartenant à mesdames Dumont de FrainaysChapitre 42 sur 44 · GENRE E A M I 1. 1 E R · texte numérisé non relu

GENRE E A M I 1. 1 E R

Sébastien BOUPiDON.

84. Voici un tableau du genre familier , que Ton peut attribuer à Sébastien Bourdon, peintre adroit , qui a su plier son génie à toute espèce de sujets, et son talent à toutes les formes. La composition simple de ce tableau , son coloris vrai et son fini précieux, le place au-dessus de beaucoup d’autres du même peintre. Il représente une Fileuse dans l’intérieur de son habitation champêtre ; elle est assise devant son rouet. On voit autour d’elle toutes sortes de légumes, et dans le fond de la chambre la batterie de cuisine.

Vous remarquerez la beauté du clair-obscur de ce tableau , la fraîcheur de la lumière qui éclaire la scène, et aussi la précision du pinceau dans les accessoires. Voyez dans la précédente Description , n°*22, 23, 24 et 25, pages 4^, 4^> 44 4^?

que nous avons dit de Sébastien Bourdon , et des autres tableaux que nous possédons du même maître.

François DETROY.

85. Ce beau tableau de l’École française, d’une composition riche et d’un coloris vigoureux, esf une de ces productions auxquelles on donne le titre de tahLeau cV apparat. Le sujet qu’il représente a

de l’intérêt, quoiqu’il soit complétenient d’imagination : c’est l’alchimie personnifiée.

Cet être de raison figuré debout , de grandeur naturelle, se montre sous les traits d’une belle femme qui est dans l’entbousiasme de la découverte qu’elle imagine posséder par l’opération qu’elle vient de faire. Elle est debout, richement vêtue, et foule aux pieds les productions de la nature et des arts; elle a la tête levée, le regard vers le ciel, qu’elle semble encore invoquer pour le succès de ses folles entreprises. En voyant cette tête d’expression , vous éprouverez un certain plaisir; et si elle fait impression sur votre mémoire, vous la comparerez aux belles têtes de femmes peintes par Guide.

Le peintre a fort adroitement exprimé la nullité de l’aichimie , connue sous le nom Aq grand-œwre ^ ou de l’art de faire l’or. Pour peindre la nullité de l’opération que vient de faire le personnage, et indiquer qu’elle se dissipe en fumée, on voit sortir d’un vase, qui est appuyé sur son ,bras , et soutenu par son bras gauche, une vapeur légère qui s’en échappe. L’autre main , ouverte et en rapport avec l’expression de son visage, indique l’admiration; car elle est dans la persuasion du succès , et ne voit pas ce qui se passe. A cette peinture poétique, Detroy a ajouté un génie adolescent qui s’appuie sur l’alchimie; il observe, en riant, des bules de savon qu’il vient de souffler, et qui, en s’élevant en l’air, s’évanouissent.

François Detroy, l’un des bons peintres de l’Ecole française, avait une imagination brillante : son tableau est riche en couleurs ; les draperies sont jetées avec adresse, peintes avec goût et vigueur; le Génie identifié à sa compagne, et qui se groupe avec elle, est bien dessiné et d’un beau coloris. Ce peintre habile , né à Toulouse en ï645, mourut à Paris en T'ySo, après avoir joui des honneurs de l’Académie, et de tous les avantages dont la cour favorisait alors les artistes. Il peignait très bien les portraits, auxquels il donnait un caractère historique. Detroy eut pour élève son fils, Jean-François, dont nous possédons deux tableaux , Suzanne au hain ^ et Loth et ses Filles, Voyez dans la première Description les n“^ 29 et 3o , page 49-

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